Conseil de sécurité: forte d’une alternance politique « historique », la RDC doit maintenant pacifier l’est du pays, selon la Représentante spéciale

CS/13741
18 mars 2019
8486e séance – matin

Conseil de sécurité: forte d’une alternance politique « historique », la RDC doit maintenant pacifier l’est du pays, selon la Représentante spéciale

Alors que pour la première fois de son histoire, la République démocratique du Congo (RDC) vient de connaître une alternance pacifique à la tête de l’État, sa partie orientale continue d’être le théâtre d’affrontements armés et d’une grave crise humanitaire et sanitaire, exigeant l’engagement du futur gouvernement, a mis en garde la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la RDC.

Présentant le dernier rapport du Secrétaire général sur les activités de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation dans ce pays (MONUSCO), qu’elle dirige, Mme Leïla Zerrougui s’est félicitée de l’investiture du Président Étienne Tshisekedi, après son élection le 30 décembre 2018.  Si les résultats ont été contestés par une frange de l’opposition, la majorité des Congolais a accueilli « avec soulagement » l’entrée en fonctions du nouveau Chef d’État, qui succède à M. Joseph Kabila.

Le processus électoral constitue, pour Mme Zerrougui, une « étape décisive » vers le renforcement de la démocratie et de l’état de droit en RDC.  Les « premières indications données par le Président Tshisekedi concernant ses priorités », dont le Secrétaire général s’est félicité, ont été suivies de mesures de « décrispation », à commencer par la remise en liberté de prisonniers politiques et d’opinion, a noté la Représentante spéciale.  Au moment où l’opposant et candidat malheureux à la présidentielle, M. Martin Fayulu, est en mesure de tenir librement des meetings partout dans le pays, des annonces ont été faites en faveur du retour de personnalités politiques en exil, « un cap à maintenir », a dit la haut-fonctionnaire.

Des discussions pour la formation d’un nouveau gouvernement sont en cours entre le Front commun pour le Congo (FCC), qui a remporté la majorité des sièges législatifs sur les plans national et provincial, et la plateforme Cap pour le changement (CACH), soutien de la candidature du Président Tshisekedi, a encore indiqué Mme Zerrougui.  Elle a précisé qu’en attendant, le Chef de l’État a nommé les membres de son Cabinet et publié son programme d’urgence pour les 100 premiers jours de son mandat. 

Dans ce contexte, Mme Anny Tenga Modi, Directrice exécutive de l’ONG « Afia Mama », s’est lancée dans un plaidoyer en faveur des Congolaises, prônant l’amendement de la loi électorale qui devrait prévoir un quota d’élues.  La RDC a imputé la faible participation des femmes au sein des institutions à leur « timidité », à leur manque de formation, mais aussi à l’existence de « barrières traditionnelles ».

La Belgique s’est félicitée du renforcement des relations bilatérales esquissé par le Président Tshisekedi et a milité pour la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, dont la faible présence explique « la violence inouïe » des attaques intercommunautaires planifiées à Yumbi, les 17 et 18 décembre 2018, qui ont provoqué la mort d’au moins 535 personnes et le déplacement de plus de 19 000 autres. 

À l’est du pays, les Maï-Maï et les Forces démocratiques alliées (ADF) multiplient les attaques contre les Forces armées de la RDC (FARDC), les civils et, à plusieurs reprises, contre le personnel humanitaire et celui de la MONUSCO, a dénoncé la Représentante spéciale parlant, dans les Kivu, d’une « violence structurelle » profondément enracinée et d’une dynamique des conflits directement liée à des questions identitaires, d’accès aux terres et aux ressources, et de problématiques régionales.  Avec la « montée des tensions » entre le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda, les États-Unis ont appuyé la décision de la MONUSCO de « réorienter » les efforts vers l’est de la RDC.  « Personne ne gagnera à une guerre par procuration dans les Grands Lacs », ont averti les États-Unis.

Dans son rapport, le Secrétaire général recommande au Conseil de sécurité de proroger, pour une période d’un an, soit jusqu’au 31 mars 2020, le mandat de la Mission, et d’ajuster sa présence, et notamment dans les provinces occidentales, « où il y a moins de problèmes, en particulier depuis les élections ».  Le Chef de l’Organisation propose de réduire le personnel en uniforme de 1 600 hommes, de 35 policiers et d’une unité de police constituée, et de 30% le nombre d’observateurs militaires.

Alors que la Fédération de Russie se disait prête à plancher sur un projet de résolution, la Chine et l’Indonésie qui a déployé 1 041 Casques bleus en RDC, ont toutes deux souhaité que le Gouvernement congolais et les pays fournisseurs de contingents puissent formuler des propositions sur le futur mandat, « dans la perspective d’une transition graduelle des responsabilités sécuritaires aux Forces armées congolaises ». 

Pour reconfigurer la Mission d’ici cet automne et entamer une transition vers d’autres formes d’appui à terme, la France a annoncé qu’elle compte proposer un « examen stratégique de l’action de la Mission », car, a-t-elle argué, il est indispensable que le Conseil puisse s’appuyer sur une évaluation approfondie de la situation et des besoins.  La RDC a plaidé pour l’insertion de la composante « désarmement, démobilisation, réintégration (DDR) » dans le nouveau mandat de la MONUSCO, « comme deuxième priorité stratégique après la protection des civils ».

Une telle disposition, a-t-elle expliqué, serait de nature à appuyer la dynamique postélectorale de « reddition massive » de combattants de groupes armés dans l’espace Kasaï, les deux Kivu, l’Ituri et le Haut-Katanga et à pousser d’autres à faire de même, ce qu’a vivement espéré la Côte d’Ivoire.  Pour la Représentante spéciale, l’un des défis actuels consistera à identifier rapidement des « options de réintégration » pour les centaines d’individus qui ont déposé les armes.

LA SITUATION CONCERNANT LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO (S/2019/159 ET S/2019/218)

Déclarations

M. LEÏLA ZERROUGUI, Représentante spéciale du Secrétaire général pour la République démocratique du Congo (RDC) et Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation dans le pays (MONUSCO), a commencé par dire que son intervention d’aujourd’hui allait se faire dans un contexte nettement plus serein qu’en décembre ou janvier derniers.  « La passation de pouvoir, la première dans l’histoire de la RDC, s’est déroulée de façon pacifique entre un président sortant et un président élu », a-t-elle dit.  « Je n’occulterai pas ici le fait que les résultats des scrutins ont été contestés par une frange de l’opposition, mais nous pouvons aussi affirmer que la majorité des Congolais a accueilli avec soulagement la prise de fonctions du Président Tshisekedi », a-t-elle ajouté.  La haut-fonctionnaire a souligné que le processus électoral, toujours en cours avec les élections programmées des gouverneurs et la tenue des scrutins reportés dans quatre circonscriptions en raison de l’insécurité et de l’épidémie d’Ebola constitue, à ses yeux, une étape décisive vers le renforcement de la démocratie et de l’état de droit dans le pays.  Néanmoins, a-t-elle observé, les réactions de certains partis politiques et de leurs partisans aux résultats des élections sénatoriales de la semaine dernière « nous interpellent et révèlent la fragilité du processus politique en RDC ».

Lors de ses premières interventions publiques, le Chef de l’État s’est engagé à travailler en faveur de la consolidation de la paix, de l’état de droit et de la démocratie, et de la promotion des droits de l’homme.  Il a fait des déclarations d’intention suivies d’actes concrets, surtout en matière de « décrispation », a poursuivi Mme Zerrougui.  Les prisonniers politiques et d’opinion viennent d’être libérés, les réunions tenues sur l’ensemble du territoire par l’opposant et candidat à la présidentielle, M. Martin Fayulu, se déroulent sans entrave et des annonces ont été faites en faveur du retour des opposants politiques en exil.  Selon la Représentante spéciale, il est important de maintenir ce cap, notamment en préservant des espaces d’expression pour l’opposition, qu’elle a encouragée à travailler étroitement avec l’ensemble des partis politiques, les autorités congolaises et la société civile.  « Des discussions pour la formation d’un nouveau gouvernement sont actuellement en cours entre le Front commun pour le Congo (FCC), qui a remporté la majorité des sièges législatifs sur les plans national et provincial, et la plateforme Cap pour le changement, qui avait soutenu la candidature du Président Tshisekedi », a-t-elle indiqué.  Les deux parties se sont entendues la semaine passée sur la prochaine désignation d’un formateur qui sera en fait le futur premier ministre, s’est félicitée Mme Zerrougui, qui a espéré que la nouvelle équipe gouvernementale sera bientôt opérationnelle pour pouvoir travailler en fonction des orientations du programme du Président Tshisekedi.  L’un des défis actuels, a-t-elle précisé, consistera à identifier rapidement des « options de réintégration » pour des centaines d’ex-combattants de groupes armés au sein de leurs communautés et à s’attaquer aux causes profondes du conflit.

La Chef de la MONUSCO a fait ensuite état de plusieurs développements préoccupants dans l’est de la RDC.  Dans la région Grand Nord du Nord-Kivu, épicentre de la deuxième pire épidémie d’Ebola jamais observée dans le pays, les Maï-Maï et les Forces démocratiques alliées (ADF) continuent de mener des attaques contre les Forces armées de la RDC (FARDC), les civils et, à plusieurs reprises, contre le personnel humanitaire et celui de la MONUSCO.  La Mission n’épargne aucun effort pour protéger les civils et soutenir les FARDC et la Police nationale, alors que les équipes civiles poursuivent activement leurs bons offices, leur action de plaidoyer et les initiatives de dialogue au niveau local.  À la suite des attaques perpétrées contre les dispensaires ouverts à Butembo et à Katwa, la Mission a redéployé des personnels en uniforme et civil pour renforcer la sécurité des personnels médicaux, sur fond de préparatifs des élections nationales et provinciales.

À Minembwe, dans le Sud-Kivu, des affrontements entre des milices de deux communautés ont conduit à des déplacements notables de population, avec comme corollaire un risque d’aggravation de la situation sur place.  La MONUSCO appuie le renforcement de la présence des FARDC dans la zone, en plus d’avoir déployé des unités de combat et mené des efforts de médiation intercommunautaire, a précisé Mme Zerrougui.  Si le Gouvernement a exprimé sa volonté de renforcer sa réponse, reste que dans les Kivu, une « violence structurelle » est profondément enracinée, et que « la dynamique des conflits est directement liée à des questions identitaires, d’accès aux terres et aux ressources, et de problématiques régionales ».  Aussi un engagement additionnel sera-t-il nécessaire pour répondre à ces facteurs d’insécurité.  Les massacres « choquants » perpétrés à Yumbi en décembre 2018, qui ont fait 535 morts, 111 blessés et provoqué le déplacement de 19 000 personnes rappellent de manière troublante à quelle vitesse les violences peuvent dégénérer, a souligné la haut-fonctionnaire.  Dans ce contexte, elle a encouragé le Conseil de sécurité à continuer d’appuyer la consolidation des gains réalisés par le pays ces derniers mois et à le soutenir contre les menaces qui demeurent.  « Nous devons appuyer le Gouvernement dans ses efforts pour répondre aux attentes de la population congolaise, promouvoir le dialogue politique et saisir les opportunités, en particulier celle de réduire de manière conséquente les groupes armés présents dans certains secteurs », a-t-il déclaré.

Intervenant par visioconférence à partir de la RDC, Mme ANNY TENGA MODI, Directrice exécutive de l’ONG « Afia Mama », a fait le point sur la situation des femmes et des filles dans le pays, en commençant par saluer la maturité civique du peuple congolais et par rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie pendant le processus de transition à la tête du pays.  Plusieurs femmes, a-t-elle souligné, figurent parmi les victimes.  Le processus électoral, a-t-elle rappelé, a été marqué par des contestations et des manifestations publiques, notamment contre des projets de loi liberticides et l’imposition par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la machine à voter.  Malgré les failles, comme le manque de sensibilisation de l’opinion publique et le peu d’efforts pour assurer la parité parmi les candidats, les élections sont néanmoins « une référence » pour la région, a estimé l’oratrice.  Elle a tout de même dit craindre des conflits interethniques si les élections locales ne sont pas suffisamment accompagnées et appuyées.  Mme Modi a insisté sur l’importance de la participation des femmes aux processus de consolidation de la paix.  Elle a prôné une meilleure sensibilisation des hommes dans les parlements national et provincial à l’importance de la parité.  Des mesures spécifiques s’imposent également pour promouvoir l’intégration des femmes dans les forces de défense et de sécurité.  Elle a aussi réclamé l’application des lois et des mesures sur le programme « femmes, paix et sécurité » et milité pour l’amendement de la loi électorale qui devrait prévoir un quota pour les femmes.

M. JONATHAN R. COHEN (États-Unis) a déclaré que, depuis son entrée en fonctions, le Président Tshisekedi a réagi à ce « moment historique » en s’engageant à lutter contre la corruption, à mettre fin aux violations des droits de l’homme par les Forces armées congolaises, à améliorer la sécurité, à favoriser les investissements et à promouvoir le développement.  « Il s’est également engagé à collaborer étroitement avec la MONUSCO pour neutraliser les groupes armés et ouvrir la voie au retrait et au départ de la Mission », a souligné le représentant.

Deux mois à peine après ce transfert historique du pouvoir, le peuple congolais commence déjà à constater des développements positifs, a estimé M. Cohen.  Le mois dernier, le Président Tshisekedi a décidé d’arrêter et de poursuivre en justice les policiers accusés d’avoir tiré sur des manifestants pacifiques.  Il a libéré des prisonniers d’opinion et s’est engagé à réformer l’Agence nationale de renseignements, responsable d’abus, et à fermer les centres de détention non officiels.  Grâce en partie à ce vent de changement, des milliers de combattants déposent les armes « dans l’espoir de passer à une vie civile pacifique », s’est félicité le délégué.

Le représentant a appuyé la décision de la MONUSCO de réorienter les efforts de Kinshasa vers l’est de la RDC et de redoubler d’efforts pour s’attaquer aux causes profondes de la violence.  Dans cette région, la montée des tensions entre le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda est un motif de préoccupation, notamment en ce qui concerne les informations faisant état d’attaques transfrontalières.  « Personne ne gagnera à une guerre par procuration dans les Grands Lacs », a-t-il prévenu, en exhortant toutes les parties à s’abstenir de recourir à la violence et à respecter l’intégrité territoriale de tous les États de la région.

Deux ans après l’assassinat des experts de l’ONU Michael Sharp et Zaida Catalan, les États-Unis continuent de réclamer des comptes aux responsables de ces meurtres.  « Nous exhortons ce Conseil à continuer d’appuyer fermement le mécanisme de suivi de l’ONU à l’appui des enquêtes congolaises », a ajouté M. Cohen.

Mme AMPARO MELE COLIFA (Guinée équatoriale) a estimé que les Congolais avaient su tirer parti de l’occasion historique de rendre possible le premier transfert de pouvoir de façon démocratique et civilisée.  Elle a salué les progrès réalisés depuis les élections et s’est félicitée des décisions rendues publiques par la CENI informant de la poursuite du processus électoral et établissant le calendrier électoral des élections directes combinées avec celle des députés dans plusieurs circonscriptions.  La représentante a célébré la nomination de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo comme second Vice-Président de l’Union africaine lors de la trente-deuxième réunion des chefs d’État et de gouvernement à Addis-Abeba.  « Nous accueillons avec optimisme ses déclarations, dans lesquelles il réitère son engagement à travailler en faveur de la consolidation de la paix, de l’état de droit, de la démocratie, et la nécessité de renforcer le développement socioéconomique, d’éliminer la corruption, d’aborder le fléau des groupes armés, de lancer des réformes importantes dans le secteur de la sécurité et de renforcer les bonnes relations dans toute la région. »

La représentante a dit apprécier les mesures prises par le Gouvernement, comme la libération des prisonniers politiques, l’amélioration de la situation humanitaire et des droits de l’homme en RDC, tout en soulignant qu’il y a toujours 12,8 millions de personnes en attente d’aide humanitaire et de protection et en lançant un appel à la communauté internationale pour qu’elle alloue des fonds suffisants pour actualiser le plan de réponse humanitaire.  Condamnant les attaques subies fréquemment par le personnel humanitaire, elle a appelé toutes les parties aux conflits armés à garantir le plein accès à ce personnel dans de bonnes conditions de sécurité.  Enfin, elle a salué les progrès faits sur le plan du désarmement, avant d’appeler les États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et autres acteurs internationaux à continuer de participer à la période postélectorale pour consolider la stabilité et la « gouvernabilité démocratique » de la RDC. 

Dans le cadre de l’ouverture de l’espace politique et de la construction de l’état de droit, M. MARC PECSTEEN DE BUYTWERVE (Belgique) a salué les dernières déclarations et gestes du nouveau Président, comme la libération de certains prisonniers politiques, ainsi que les récentes évolutions dans le contexte européen et bilatéral qui témoignent, selon lui, d’une volonté réelle « d’intensifier nos relations ».  Il a rappelé que le processus électoral n’était toutefois pas encore clos à Beni-Butembo et Yumbi, et, qu’entretemps, la formation d’un nouveau gouvernement se fait attendre.  Il a également pris note des témoignages qui font état d’une corruption de grande ampleur dans le cadre des élections sénatoriales.  La Belgique appelle le Président Tshisekedi, en tant que garant des institutions, à rétablir l’ordre institutionnel et l’état de droit, et à initier de manière crédible une lutte contre la corruption qui menace la gouvernance du pays.  Pour le représentant, la consolidation d’institutions nationales solides, compétentes et impartiales doit permettre de renforcer la légitimité de l’État, de prévenir de futures crises institutionnelles et de favoriser un enracinement durable de la culture d’alternance politique.

Le représentant s’est ensuite attardé sur « l’ampleur » de la tâche pour la restauration de l’État et de la pacification du territoire en RDC.  Il a rappelé « la violence inouïe » des récentes attaques intercommunautaires planifiées à Yumbi, la persistance des combats entre groupes armés dans le Masisi, les attaques mortelles des ADF dans le territoire de Beni et les récents combats à Minembwe.  La restauration de l’autorité de l’État, en a-t-il conclu, est indispensable pour assurer la pacifique du territoire, la résolution des causes profondes des conflits et la sécurité des populations ainsi que le développement et l’état de droit au profit du peuple congolais. 

La Belgique, a-t-il poursuivi, reste particulièrement attentive à l’avenir de la MONUSCO tant les défis demeurent grands pour assurer la protection des civils, stabiliser le pays et rétablir l’autorité de l’État.  Cet avenir doit reposer sur une véritable stratégie de sortie qui devra se fonder sur des points de référence clairement identifiés par une revue stratégique indépendante.  Le représentant a prôné un mandat intérimaire qui serait limité pour à la fois approfondir la réflexion sur ces points de référence et d’éviter un risque d’immobilisation dans un contexte changeant. 

M. CHRISTOPH HEUSGEN (Allemagne) a constaté que la situation s’était améliorée depuis la dernière intervention de Mme Zerrougui, saluant notamment l’ouverture de l’espace politique par le Président Tshisekedi.  Il a appelé les autorités congolaises à poursuivre dans cette voie, encourageant par ailleurs le Représentant de la RDC à répondre, dans son intervention, à l’appel de la Directrice exécutive d’Afia Mama à une sensibilisation des hommes et des forces armées à l’importance de la parité.  Il faut plus de femmes sur les listes des élections municipales et plus de femmes parmi les observateurs électoraux.  Une éducation civique plus vaste s’impose, a-t-il insisté, se félicitant qu’une femme soit Conseiller militaire du Président congolais.  Le représentant allemand a ensuite voulu que l’on fasse le maximum pour renforcer l’état de droit, combattre la corruption et l’impunité, déplorant notamment que les forces armées soient toujours accusées de la violence sexuelle.

Le représentant s’est par ailleurs dit inquiet de la situation entre les pays voisins de la RDC et de ses répercussions dans l’est congolais.  Il a dit attendre avec intérêt la vision du Président de la RDC quant à l’avenir de la MONUSCO.  La stratégie de sortie ne peut être un objectif en soi.  Le message qu’il faut envoyer, c’est que la communauté internationale reste engagée.

Mme MOGASHOA (Afrique du Sud) a appuyé l’appel du Secrétaire général à réorienter les priorités de la MONUSCO vers l’est de la RDC et à proroger le mandat de la Mission pour une nouvelle période d’un an.  Cette prorogation, a-t-elle précisé, doit tenir compte de la vision du futur gouvernement qui doit avoir le temps nécessaire pour définir ses priorités avant le retrait de la MONUSCO. Toute stratégie de sortie doit être envisagée en fonction de l’évolution et de l’évaluation de la situation sécuritaire sur le terrain.  Mme Mogashoa a insisté sur l’importance qu’il y a à fermement appuyer la Brigade d’intervention de la MONUSCO pour neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les Forces démocratiques alliées (ADF).  Elle a prôné une approche plus proactive, notamment par le biais de la Stratégie internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation.  Elle a également engagé les signataires de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération à mettre en œuvre leurs engagements.  Elle a aussi prévenu que pour être efficaces les stratégies de désarmement, démobilisation et réintégration doivent tenir compte des perspectives économiques des personnes démobilisées.

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) a encouragé le nouveau Président congolais à démontrer son engagement à faire les réformes nécessaires à un développement inclusif et durable de son pays.  S’il y parvient, les historiens vont étudier les dernières élections comme un tournant important, en dépit des faiblesses du processus électoral.  S’il n’y parvient pas, a-t-elle mis en garde, ces élections seront vues comme une nouvelle déception pour la société congolaise qui s’est massivement prononcée en faveur du changement.  Les défis à relever passent par des réformes institutionnelles, sociales et économiques profondes, a souligné la représentante, qui s’est félicitée du projet des 100 jours du Président Tshisekedi, notamment la lutte contre la corruption, le renforcement des bonnes relations avec la région et la réouverture de la Maison Schengen. 

Elle a souligné l’importance des prochaines élections dans les villes de Beni, Butembo et Yumbi, demandé une enquête sur les violences intercommunautaires de décembre dernier à Yumbi et plaidé pour l’accès humanitaire aux zones touchées par l’Ebola.  Il convient, a poursuivi la représentante, d’adapter la MONUSCO à la réalité postélectorale, la priorité devant être la protection des civils.  La Mission doit également soutenir la transformation politique et le renforcement du pouvoir de l’État à tous les niveaux.  Pour la Pologne, a souligné la représentante, le Conseil de sécurité devrait donner quelques mois aux nouvelles autorités congolaises pour définir leur agenda et démontrer leur volonté de coopérer étroitement avec les Nations Unies en vue de stabiliser le pays.  Elle a invité le Secrétaire général à mener une évaluation stratégique indépendante de la Mission.

M. GBOLIÉ DÉSIRÉ WULFRAN IPO (Côte d’Ivoire) a noté avec satisfaction la stabilisation de l’environnement sociopolitique et sécuritaire en RDC, deux mois après les élections présidentielle, législatives et provinciales.  Les mesures prises par le Président Tshisekedi renforceront « sans aucun doute » cette dynamique positive, a-t-il poursuivi, citant la libération de 700 détenus, l’intensification des efforts diplomatiques en vue de la restauration de la confiance et du renforcement de la coopération entre la RDC, les pays voisins et la communauté internationale, et la reprise du dialogue avec les acteurs nationaux et internationaux.

La stabilité postélectorale a conduit le représentant à croire que l’amélioration de la situation sécuritaire à l’est du pays reste possible.  Il a exhorté les groupes armés opérant sur le territoire congolais, notamment dans le Kasaï, les provinces du Tanganyika et de l’Ituri, à s’inscrire dans le processus d’apaisement, à cesser toute activité déstabilisatrice et à s’engager résolument dans le processus de désarmement, démobilisation et réintégration en cours.  Il a appelé à un renforcement de la coopération entre la MONUSCO et les Forces armées de la RDC, ainsi qu’à la poursuite des opérations militaires conjointes, indispensables, selon lui, pour la neutralisation des groupes armés.  Le représentant s’est dit préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire dans l’est du pays, laquelle a été exacerbée par le retour d’Angola d’au moins 300 000 Congolais.  Il a appelé la communauté internationale à soutenir les efforts du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et demandé que la MONUSCO redéploie ses troupes et ses moyens pour se concentrer sur les foyers de violence et poursuivre le processus de stabilisation.

Mme MELANIE HIDALGO (République dominicaine) s’est inquiétée de la situation dans l’est de la RDC et a appelé les autorités congolaises, les pays de la région et la communauté internationale à mettre en œuvre les stratégies régionales contre les groupes armés.  Elle a estimé que les programmes de réintégration doivent mettre l’accent sur la situation des jeunes et appuyer le renforcement de leurs capacités.  Elle a également fait observer que le succès de programmes de collecte des armes dépend de l’offre de perspectives d’avenir durables aux anciens combattants.  La représentante s’est aussi souciée de la situation humanitaire, qui a provoqué un nombre considérable de déplacés, et a appelé les bailleurs de fonds à honorer leurs promesses.  Elle s’est notamment inquiétée de l’épidémie d’Ebola qui a déjà fait plus de 500 morts, et du fait que les équipes de secours ne peuvent pas atteindre les zones touchées en raison de l’insécurité.  Elle a condamné les attaques récentes contre le personnel humanitaire et médical.

Passant aux droits de l’homme, Mme Hidalgo a salué la décision du Président Tshisekedi de gracier 700 prisonniers politiques.  Elle s’est cependant dite alarmée par les violations des droits de l’homme perpétrées par les Forces armées congolaises et les groupes armés.  Elle a salué les efforts de la MONUSCO pour prévenir les attaques contre la population civile, estimant néanmoins que les mécanismes d’alerte précoce méritent d’être renforcés.  Elle a aussi jugé indispensable de travailler avec le Gouvernement pour mettre en œuvre un plan d’action de lutte contre la violence sexuelle.  Toute modification du mandat de la MONUSCO, a-t-elle conclu, doit se fonder sur une évaluation complète de la situation politique, sécuritaire et des droits de l’homme dans le pays.

M. PAUL DUCLOS (Pérou) s’est félicité des premières mesures mises en œuvre par le Président Tshisekedi, notamment la libération de 700 prisonniers politiques, dont nombre avaient été arrêtés avant les élections de décembre dernier.  Il a aussi salué l’accord sur le retour du représentant de l’Union européenne à Kinshasa, les efforts de lutte contre la corruption et les avancées réalisées pour la tenue d’élections à Beni, Butembo et à Yumbi.  Il s’est cependant inquiété de l’insécurité qui prévaut dans les régions du Kivu, du Kasaï et de Tanganyika, ainsi que de la situation humanitaire « critique ».  Le Pérou, a-t-il ajouté, est également alarmé par l’épidémie d’Ebola et espère que le troisième plan de réponse stratégique élaboré par le Ministre de la santé avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) permettra de contrôler cette crise.  Le représentant a salué le travail courageux du personnel médical au travers et la volonté affichée de créer un climat de confiance et de sérénité au sein de la population.  Il a demandé des mesures robustes contre l’impunité, en particulier pour les violences sexuelles.

M. WU HAITAO (Chine) s’est félicité du transfert pacifique de pouvoir en RDC, dont le nouveau Président est en train de former un nouveau gouvernement, témoignage de la réappropriation de ses priorités nationales par ce pays africain.  Il a souligné l’importance pour la MONUSCO de respecter pleinement la souveraineté de la RDC dans le cadre des efforts qu’elle déploie pour renforcer la sécurité et aider à contenir l’épidémie d’Ebola.  Plaidant pour un rôle plus important des partenaires internationaux, le représentant a attiré l’attention sur ce que pourra faire le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).  Pour l’heure, la MONUSCO est indispensable pour maintenir la paix et la stabilité, a ajouté le délégué, qui s’est prononcé en faveur de la prorogation du mandat de la Mission.  Il a souhaité que le Gouvernement et les pays fournisseurs de contingents puissent faire à cette occasion une évaluation en temps voulu et formuler des propositions au sujet du futur mandat, dans la perspective d’une transition graduelle des responsabilités sécuritaires aux Forces armées congolaises. 

M. DAVID CLAY (Royaume-Uni) a insisté sur l’importance d’aider les victimes de violence sexuelle et a parlé d’un projet lancé dans 15 villages de la région d’Ituri qui, s’est-il félicité, a démontré qu’il est possible de venir en aide aux victimes et de réduire l’incidence de ce type de violence.  Il a ensuite appelé à des efforts redoublés pour traduire en justice les auteurs de violences sexuelles et sexistes.  Le représentant s’est inquiété des violences de décembre dernier à Yumbi, qui auraient fait plus de 800 morts et a insisté pour que les responsables soient traduits en justice.  S’agissant du processus électoral, il s’est inquiété des derniers ratés du processus électoral et de l’impact que cela pourrait avoir sur les prochaines élections locales.  À son tour, il a souligné la nécessité d’un examen complet de la MONUSCO avant de se prononcer sur le renouvellement de son mandat.

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a déclaré que, depuis le début de l’année 2019, les développements positifs se poursuivent en RDC.  Il s’est félicité des visites effectuées par le nouveau Président congolais à ses homologues des Grands Lacs ainsi de sa participation au Sommet de l’Union africaine.  Il a souhaité que la RDC profite de cette période de transition pour renforcer sa coopération avec les pays voisins.  Sur le plan sécuritaire, en dépit d’une amélioration relative, la violence se poursuit dans de nombreuses régions, en particulier dans le Nord-Kivu, où les groupes armés prennent pour cible de manière répétée les populations civiles, a déploré le représentant.  Il s’est néanmoins félicité de la décision de certains groupes armés de déposer les armes, appelant les autres à faire de même.  Il a rappelé que la crise humanitaire demeure un sujet de préoccupation dans l’est du pays, avec 12,8 millions de personnes qui souffrent de malnutrition aigüe, une situation aggravée par l’épidémie d’Ebola.  En conclusion, le représentant a exhorté les autorités congolaises à faire la lumière sur l’assassinat des deux experts de l’ONU, il y a deux ans.

M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie) s’est félicité des progrès en RDC, tout en soulignant qu’il reste encore à organiser les élections à Beni, Butembo et Yumbi, à désarmer, démobiliser et réintégrer les groupes armés et à veiller à ce que le futur gouvernement puisse s’attaquer aux questions pressantes dont la moindre n’est pas l’épidémie d’Ebola.  Le représentant s’est félicité du travail de la MONUSCO et a rappelé qu’elle compte 1 041 soldats indonésiens dont 28 femmes.  La Mission a un budget de 1,11 milliard de dollars.  Cela semble énorme mais, a fait observer le représentant, n’oublions pas que les 17 000 soldats de la paix travaillent dans un pays de 84 millions d’habitants éparpillés sur 2,34 millions de kilomètres carrés.  Cela veut dire qu’un Casque bleu doit protéger une moyenne de 4,941 personnes dans une zone de 1 347 kilomètres carrés.

S’il a dit comprendre les appels à une stratégie de sortie et à l’éventuel retrait de la Mission, le représentant s’est tout de même montré préoccupé qu’une mission aussi importante que la MONUSCO soit, « au pic de son action » priée de réduire ses capacités.  Le mandat et les ressources doivent aller de pair et le Conseil ne peut plus travailler en silos.  Pour assurer la bonne exécution des mandats, le Conseil doit discuter du budget des missions avec l’Assemblée générale.  Au moment où l’on parle du renouvellement du mandat de la MONUSCO, le représentant a insisté sur la nécessité de consulter les pays contributeurs de troupes et d’effectifs de police et le Gouvernement congolais.  « Au bout du compte, nous sommes là pour sauver des vies, pour protéger les faibles.  La paix est un luxe que les Congolais méritent depuis longtemps.  Travaillons ensemble avec les Congolais et leur nouveau gouvernement pour assurer une paix durable en RDC », a conclu le représentant.

M. DMITRY A. POLYANSKIY (Fédération de Russie) s’est félicité que, pour la première fois en RDC, le pouvoir politique ait fait l’objet d’un transfert pacifique à une opposition non armée.  Il a appelé les Congolais à ne tolérer aucune forme de violence, se disant à cet égard préoccupé par les attaques qui se multiplient entre les groupes armés et les Forces armées congolaises dans l’est du pays.  Selon lui, il faut progresser dans la démobilisation et la réintégration sociale des combattants qui sont prêts à déposer les armes.  Il a estimé que la MONUSCO doit continuer d’accompagner les efforts des autorités congolaises pour consolider la paix, tout en se disant opposé « par principe » à toute forme d’ingérence dans les affaires intérieures de la RDC.  Il s’est dit prêt à travailler sur un projet de résolution relatif au mandat de la MONUSCO.  

Rappelant que le Conseil de sécurité avait suivi de très près le processus électoral en RDC qui a conduit à « la première alternance pacifique à la tête du pays depuis son indépendance », M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a salué les gestes « forts » du Président Tshisekedi depuis son entrée en fonctions dans le sens de l’apaisement et de la réconciliation nationale, de l’ouverture de l’espace politique et en faveur du respect de l’état de droit, citant notamment la libération de 700 détenus politiques.  Le représentant a cité les prochaines étapes de la vie institutionnelle qui seront autant d’occasions de montrer les nouvelles orientations prises: les élections législatives et provinciales dans les zones qui n’ont pas pu voter en décembre, la formation du nouveau gouvernement et, en début d’année prochaine, l’organisation des premières élections locales de l’histoire de la RDC.  Il a également rappelé l’engagement pris par le Président Tshisekedi à mettre un terme aux conflits dont souffre le pays, à l’est en particulier, et aux affrontements intercommunautaires.  Plusieurs groupes armés ont déjà fait part de leur intention de déposer les armes, « une nouvelle donne porteuse d’espoir », a estimé M. Delattre, à condition que « collectivement nous fassions le nécessaire pour que ces miliciens puissent être désarmés et réintégrés ».  Sur tous ces aspects, la MONUSCO a un rôle à jouer, selon lui.

Pour la France, les défis importants qui restent à régler sont l’action « prédatrice » des congolais comme étrangers, financés par l’exploitation illégale des ressources naturelles, les tensions intercommunautaires comme les violences de Yumbi, les enquêtes sur les violences électorales; la lutte contre les violences sexuelles et celle contre l’épidémie d’Ebola.  Tous ces changements et défis, a estimé le représentant, vont nécessiter que l’ONU adapte son engagement dans le pays et reconfigure ses modes d’action pour appuyer au mieux le retour à la paix et à la stabilité dans l’ensemble du territoire congolais.  La France, a annoncé M. Delattre, compte donc proposer une revue stratégique de l’action de la Mission car il est indispensable que le Conseil puisse s’appuyer sur une évaluation approfondie de la situation et des besoins afin de reconfigurer la Mission d’ici cet automne et d’entamer une transition vers d’autres formes d’appui à terme.  Cette reconfiguration devra être entreprise en coordination avec les autorités congolaises, a-t-il précisé.

M. IGNACE GATA MAVITA WA LUFUTA (République démocratique du Congo) a parlé de la « grandiose » cérémonie de la première passation pacifique et historique du pouvoir au sommet de l’État congolais, suivie par l’installation des Assemblées nationale et provinciales et de la préparation des élections à Beni, Butembo et Yumbi, programmées pour le 31 mars 2019.  Il a aussi parlé des voyages que son nouveau Président a effectués auprès de ses homologues de l’Angola, du Kenya, de la République du Congo et de la Namibie, sans oublier sa présence au Sommet ordinaire de l’Union africaine à Addis-Abeba d’où il est revenu avec le titre de Vice-Président de l’organisation régionale.  Le représentant a également parlé du retour des exilés politiques et d’opinion et de la libération des prisonniers, notamment ceux qui étaient qualifiés de « cas emblématiques ».  Les tractations se poursuivent, a-t-il indiqué, sur la formation du gouvernement et, en attendant, le Président a nommé les membres de son Cabinet et publié son programme d’urgence pour les 100 premiers jours de son mandat.  Répondant aux commentaires de son homologue allemand, le représentant a convenu que les questions soulevées par la Directrice exécutive de l’ONG « Afia Mama » sont importantes et a assuré qu’elles seront prises en compte.  Les femmes, a-t-il affirmé, font partie intégrante de toutes les institutions du pays.  Il a imputé leur faible nombre à leur « timidité », à leur manque de formation mais aussi aux barrières traditionnelles.

Quant à la situation sécuritaire, le représentant a dénoncé en particulier les ADF dont le mode opératoire exige, selon lui, que les Forces armées congolaises et la MONUSCO revoient leurs stratégies.  Il a estimé que la dynamique des vagues de reddition massives des combattants dans l’espace Kasaï, les deux Kivu, l’Ituri et le Haut-Katanga doit être encouragée pour pousser d’autres groupes à faire de même.  Il a appelé la communauté internationale à soutenir ce processus de désarmement pour que les anciens combattants bénéficient de l’encadrement dont ils ont besoin pour leur réinsertion sociale.  Il a donc plaidé pour l’insertion de la composante « désarmement, démobilisation, réintégration (DDR) » dans le nouveau mandat de la MONUSCO, comme deuxième priorité stratégique après la protection des civils.

Le représentant a indiqué que son pays a effectivement fermé les sites qui servaient d’hébergement aux éléments FDLR, rapatriés désormais au Rwanda.  Une mesure semblable a été prise pour quelques éléments des ex-M23, basés en Ouganda, qui ont regagné la RDC.  Venant à la MONUSCO, il a plaidé pour un renouvellement d’un an du mandat, soit jusqu’en mars 2020.  Il faut, a-t-il précisé, redimensionner qualitativement les troupes qui doivent être aguerries et dont le nombre doit être réduit, à l’exception de la Brigade d’intervention rapide.  Il faut doter ces troupes en moyens et en équipements de manière à renforcer leurs capacités opérationnelles contre les menaces asymétriques, la priorité étant accordée à la Brigade d’intervention rapide.  Les élections étant terminées, le déploiement des troupes, a ajouté le représentant, doit prendre en compte les zones dans lesquelles la menace est avérée et un désengagement doit être envisagé dans les zones où la menace n’est plus attestée.

Les priorités stratégiques, a-t-il poursuivi, sont la prise en compte du DDR, la problématique du pillage des ressources naturelles et la dimension régionale de la crise de manière à obtenir des pays voisins, d’où proviennent les groupes armés étrangers, qu’ils s’engagent dans des dialogues politiques avec lesdits groupes.  En prévision de la stratégie de sortie, le représentant a estimé que l’on peut déjà amorcer le transfert des tâches de la MONUSCO au Gouvernement, à l’équipe de pays des Nations Unies et à d’autres parties concernées suivant un calendrier précis et établi de commun accord.

Le représentant a aussi estimé que pour faire face aux violences sexuelles et à l’utilisation des enfants dans les conflits armés, il faut éradiquer les groupes armés, appliquer le régime des sanctions pour mettre un terme au financement de ces groupes et à leur approvisionnement en armes et en munitions et exiger à toutes les entités qui interviennent dans le circuit illicite des activités de ces groupes le respect absolu des sanctions.

 

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