Kosovo: le Conseil de sécurité pris à témoin de l’impasse dans le dialogue entre Belgrade et Pristina

CS/13693
7 février 2019
8459e séance – après-midi

Kosovo: le Conseil de sécurité pris à témoin de l’impasse dans le dialogue entre Belgrade et Pristina

Même si un accord a été trouvé sur la future périodicité des réunions sur la situation au Kosovo -plus que deux par an-, les membres du Conseil de sécurité ont affiché, cet après-midi, leurs divisions, après avoir été informés par le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Zahir Tanin, d’un regain de tensions avec la Serbie, obstacle à la reprise du dialogue entre les deux capitales sous les auspices de l’Union européenne.

« Gestes d’hostilité et accusations mutuelles continuent de l’emporter sur les efforts en vue de revenir à la nouvelle phase de ce dialogue », a résumé M. Tanin, qui est également Chef de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK).  « Où en est la perspective d’un engagement politique constructif? » s’est-il interrogé à la suite du Secrétaire général dans son rapport.  L’absence, à Pristina, d’une position commune sur les conditions propices à la reprise du dialogue avec Belgrade a atteint un point de rupture ces derniers jours, soulevant des préoccupations quant à la viabilité de la coalition gouvernementale au pouvoir au Kosovo, a analysé le haut fonctionnaire.

Dans son rapport, le Secrétaire général rappelle que, le 6 novembre, Pristina a imposé une taxe de 10% sur les marchandises en provenance de Serbie et de Bosnie-Herzégovine, « au motif principal que Belgrade n’avait de cesse d’affaiblir la stature du Kosovo sur le plan international ».  Le 21 novembre, au lendemain du vote de l’Assemblée générale d’INTERPOL contre son adhésion, le Kosovo a porté à 100% cette taxe et interdit l’entrée sur son territoire de toutes les marchandises portant la mention « MINUK Kosovo » et « Kosovo et Metohija ».

Dans ce climat de tension, l’Assemblée du Kosovo a adopté, le 14 décembre, trois lois qui prévoient des modifications importantes du mandat, du rôle et des effectifs de la Force de sécurité du Kosovo, pour en faire une « armée multiethnique et professionnelle ».  Belgrade a condamné l’adoption de ces textes, qualifiés d’« acte d’agression politique » contre la Serbie et de violation de la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité.

Si le Représentant spécial a rappelé, avec d’autres, que cette résolution, qui a autorisé le déploiement de la MINUK, constitue le « seul socle juridique » légiférant la présence de la Force internationale de sécurité au Kosovo (KFOR), et que tout ajustement de la Force de sécurité du Kosovo devait être « transparent et inclusif », le Royaume-Uni a considéré que sa transformation en armée ne constitue en rien une violation de la résolution du Conseil.

Dénonçant au contraire cette décision, le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Serbie, M. Ivica Dačić, a dit craindre l’instabilité dans les Balkans occidentaux.  Pristina, a-t-il accusé, a montré qu’elle peut violer les accords sans souffrir d’aucune conséquence.  Qui nous dit que cette armée ne sera pas un jour utilisée contre la population serbe du Kosovo? s’est inquiétée la Fédération de Russie.

Mais c’est à la décision « inconcevable » d’interrompre la libre circulation des biens, du capital et des personnes que M. Dačić s’est le plus vigoureusement attaqué aujourd’hui, en assurant que le « soi-disant Kosovo » avait choisi de faire payer à la « petite Serbie » le fait que 13 pays soient revenus sur leur décision de reconnaître son indépendance et son échec à devenir membre d’INTERPOL et de l’UNESCO.  La plupart des membres du Conseil ont demandé la levée de cette taxe à l’importation, notamment la France, qui a expliqué qu’il s’agissait là d’un obstacle à la reprise du dialogue bilatéral sous l’égide de l’Union européenne. 

« Ces droits de douane sont une réponse directe à la campagne “agressive et brutale” menée par le Gouvernement serbe contre le Kosovo », a tranché Mme Vlora Çitaku, du Kosovo.  « Pourquoi accorderions-nous à la Serbie une courtoisie qu’elle nous refuse? » s’est-elle demandé.  Quant à la future armée, c’est une décision à la fois constitutionnelle et avisée pour la mise en place des mécanismes sécuritaires nécessaires à la participation du Kosovo aux alliances euro-atlantiques.  La réalité, a poursuivi Mme Çitaku, est que la Serbie use de tous les prétextes imaginables pour repousser l’inéluctable, à savoir la reconnaissance du Kosovo en tant qu’État libre et indépendant.  Vingt longues années après le conflit, a répondu le Vice-Premier Ministre serbe, il est plus que temps de tourner cette page de l’histoire des relations « serbo-albanaises » et de nous diriger vers une paix durable.

La Fédération de Russie a en effet dénoncé les intimidations contre la minorité serbe, l’impuissance de la médiation de l’Union européenne et les retards pris dans la création d’une association ou communauté de municipalités à majorité serbe.  Les défis auxquels le Kosovo fait actuellement face sont essentiellement traités dans un cadre d’intégration européenne avec la coopération de l’EULEX, a souligné la Belgique qui a voulu que l’on « adapte » les efforts de la MINUK à cette évolution.  Les États-Unis ont d’ailleurs demandé au Secrétariat de l’ONU de lancer un examen stratégique de la Mission afin d’envisager une « stratégie de sortie » après 20 ans de présence.  Le Chef de la diplomatie serbe s’est inscrit en porte-à-faux et a prié le Conseil de sécurité de s’abstenir de toute décision hâtive.  « Les affirmations selon lesquelles la Mission n’est plus nécessaire et n’a pas rempli son mandat ne reflètent aucunement la réalité », a-t-il asséné. 

« La perspective européenne demeure une motivation importante pour la paix et la stabilité dans la région », a constaté en conclusion le Représentant spécial, en prévenant que « l’atténuation des tensions, le renforcement de la confiance mutuelle et la levée des obstacles au dialogue » restent cruciaux.

RÉSOLUTIONS DU CONSEIL DE SÉCURITÉ 1160 (1998), 1199 (1998), 1203 (1998), 1239 (1999) ET 1244 (1999)

Rapport du Secrétaire général sur la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (S/2019/102)

Déclarations

M. ZAHIR TANIN, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), a déclaré que les trois derniers mois avaient été caractérisés par des actions et une rhétorique qui, dans l’ensemble, n’a pas contribué à la reprise du dialogue politique entre Belgrade et Pristina.  « Gestes d’hostilité et accusations mutuelles continuent de l’emporter sur les efforts pour revenir à la nouvelle phase du dialogue, qui a été largement discutée il y a plusieurs mois maintenant », a résumé le haut fonctionnaire.  L’exigence minimale que l’on est en droit d’attendre pour la poursuite d’un dialogue consiste, selon lui, à trouver les moyens d’apaiser le climat actuel et pas de multiplier les tentatives de le perturber.  « L’absence, à Pristina, d’une position unifiée sur les conditions propices à la reprise du dialogue avec Belgrade a atteint un point de rupture ces derniers jours, soulevant des préoccupations au sujet de la viabilité future de la coalition gouvernementale actuelle au Kosovo. »

Où en est la perspective d’un engagement politique constructif? s’est interrogé M. Tanin.  Il a rappelé qu’une attention considérable avait été accordée à la hausse de 100% des tarifs douaniers imposée au début du mois de novembre dernier par Pristina aux biens en provenance de Serbie et de Bosnie-Herzégovine.  Cette mesure a été remise en cause par de nombreuses parties, et Belgrade a fait de sa levée une condition à la reprise du dialogue, tandis que Pristina a proposé d’y mettre fin sous certaines conditions.  Si au Kosovo, une équipe de négociateurs élargie a été établie en décembre, les délibérations internes se poursuivent pour définir une position commune.  Au mois de décembre, l’Assemblée du Kosovo a adopté trois textes de loi relatifs « au comportement et aux activités » de la Force de sécurité du Kosovo, tous vigoureusement critiqués par le caucus serbe et Belgrade, a relevé le Représentant spécial.  La résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité, a-t-il pointé, constitue le seul socle juridique légiférant la présence de la Force internationale de sécurité au Kosovo (KFOR), laquelle a rappelé que tout ajustement doit être transparent et inclusif.

En vue de contribuer efficacement à cet aspect important de la normalisation et de la réconciliation, la MINUK a redoublé d’efforts pour faciliter le rapprochement au Kosovo, par le biais d’initiatives dans les domaines du dialogue intercommunautaire, de la promotion de la diversité linguistique en vertu de la loi, de l’autonomisation des jeunes et de l’égalité entre les sexes.  La Mission a ainsi poursuivi la mise en œuvre d’initiatives et de législations relatives aux droits de l’homme, a expliqué son Chef, en soulignant que d’importants progrès avaient été accomplis dans les travaux du Groupe de travail sur les personnes disparues.  « De telles activités ne devraient pas être entravées par l’influence politique afin de maintenir l’élan sur cette question vitale en vue d’une réconciliation durable », a-t-il mis en garde.  La promotion sincère de l’égalité entre les sexes est un autre domaine qui mérite une attention particulière, a souligné le Représentant spécial, qui a indiqué que la MINUK soutient les initiatives favorisant la création d’entreprises dirigées par des femmes.  Par ailleurs, la Mission, a-t-il ajouté, accorde une place spéciale à l’autonomisation des jeunes, y compris dans le cadre d’un partenariat avec deux organisations non gouvernementale (ONG) dirigées par des jeunes pour favoriser la réconciliation durable grâce à la sensibilisation aux droits humains. 

« La perspective européenne demeure une motivation importante pour la paix et la stabilité dans la région », a constaté le haut fonctionnaire.  Il est donc important que les dirigeants du Kosovo continuent de prioriser les initiatives essentielles pour leur peuple, notamment dans le domaine de l’état de droit et de la lutte anticorruption, des droits de l’homme, du renforcement de l’indépendance de l’appareil judiciaire et de l’élaboration d’une législation conforme aux normes de l’Union européenne et à d’autres normes internationales.  Le Représentant spécial a, en conclusion, souligné la nécessité pour tous les membres du Conseil de sécurité de soutenir les contacts entre Belgrade et Pristina.  « La réduction des tensions, le renforcement de la confiance mutuelle et la levée des obstacles au dialogue sont cruciaux pour la stabilité régionale », a-t-il prévenu.

M. IVICA DAČIĆ, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Serbie, a tout d’abord expliqué que sa délégation ne réclame pas la tenue de réunions pour faire de la surenchère, mais pour contribuer à la stabilisation de la situation au Kosovo et Metohija.  Il s’est félicité du fait qu’un accord ait pu être trouvé afin d’éviter des débats incessants, au sein du Conseil de sécurité.  Ce qui importe le plus, c’est que cet organe continuera d’examiner les rapports du Secrétaire général sur la MINUK, a commenté le Vice-Premier Ministre qui a également fait observer que le Conseil débat deux fois par an de la Bosnie-Herzégovine et du Mécanisme international chargé d’exercer les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux sans que cela soit contesté.

M. Dačić a averti que la conjoncture actuelle est délicate et a rappelé que son gouvernement a appelé à maintes reprises à la création de conditions propices à la tenue d’un dialogue sans condition préalable.  Il a regretté l’échec à mettre pleinement en œuvre l’Accord de Bruxelles et l’absence de pourparlers « pour des raisons que vous connaissez tous ».  Il a assuré que la Serbie s’était abstenue de toute action unilatérale et expliqué que le dialogue se trouve dans l’impasse à cause de la décision unilatérale « du soi-disant Kosovo » d’imposer des droits de douane de 100% sur tous les articles en provenance de la Serbie et de la Bosnie-Herzégovine.

Nous avons commencé l’année 2019 avec des défis majeurs pour lesquels on peine à entrevoir des solutions, a poursuivi le Vice-Premier Ministre qui, outre les droits de douanes, a pointé la décision de créer des forces armées du Kosovo et les nombreux appels à la création d’une « grande Albanie ».  Loin d’être un appel au compromis, cette situation peut créer l’instabilité dans la région, a-t-il averti.  Pristina, a-t-il dénoncé, a démontré qu’elle peut violer les accords et opérer un raid dans un territoire à majorité serbe sans souffrir d’aucune conséquence.  Le Vice-Premier Ministre a dénoncé l’absence de la Communauté des municipalités serbes mais aussi les tentatives « répétées » de saisir le nord du Kosovo et Metohija et les appels à « l’unification » des parties nord et sud de la ville de Kosovska Mitrovica.  Il s’agit, a-t-il accusé, d’une tentative d’expulser les Serbes du nord de la ville comme ils l’ont été du sud.

Le Vice-Premier Ministre est revenu sur la décision « inconcevable » d’interrompre la libre circulation des biens, du capital et des personnes.  Il a accusé Pristina d’avoir agi ainsi après que 13 pays sont revenus sur leur décision de reconnaître l’indépendance du Kosovo et après son échec à devenir membre d’INTERPOL.  M. Dačić a également commenté l’échec de Pristina à devenir membre de l’UNESCO, déplorant dans la foulée que la proposition serbe d’inclure la protection du patrimoine culturel à l’ordre du jour du dialogue n’ait pas été entendue.  Il a affirmé que le « soi-disant Kosovo » persiste à présenter des données fallacieuses selon lesquelles il aurait été reconnu par 116 pays.  Il a rappelé que 74 États Membres de l’ONU avaient voté en faveur de son adhésion à INTERPOL et qu’il lui manquait 36 voix.  Maintenant Pristina rejette la faute sur « la petite Serbie », s’est emporté le Vice-Premier Ministre.

À ceux qui appellent à réviser le mandat de la MINUK, M. Dačić a fait observer que le mandat a déjà été réduit de 90% par rapport à 1999, déplorant que la Mission ait été « trop réduite, trop rapidement ».  Évoquant les « nombreuses erreurs » qui ont été commises, selon lui, ces 20 dernières années, il a appelé le Conseil de sécurité à ne pas les répéter et à s’abstenir de toute décision hâtive.  Les affirmations selon lesquelles la Mission n’est pas nécessaire et n’a pas rempli son mandat ne reflètent aucunement la réalité, a-t-il asséné.  Le Vice-Premier Ministre a voulu que l’on condamne les propos de M. Ramsuh Haradinaj selon lequel la MINUK et le Secrétaire général établissent de faux rapports.

M. Dačić a ensuite salué le début des audiences de « certaines personnes du Kosovo et Metohija » par le Bureau du Procureur spécial du Kosovo et a espéré que les peines seront bientôt prononcées, insistant sur l’importance de dévoiler les auteurs des crimes commis contre les Serbes et autres personnes non albanaises.  Il s’est félicité que d’anciens membres de la structure de commandement de la « soi-disant armée de libération du Kosovo » aient été appelés à comparaître.  Il a indiqué que la Commission serbe des personnes disparues a des preuves selon lesquelles 580 Serbes et non-Albanais avaient été incarcérés dans 140 prisons illégales.  Il a appelé à poursuivre les enquêtes, notamment sur la « maison jaune ».  Il s’est alarmé du fait que le « criminel de guerre » Sulejman Selimi ait été nommé Conseiller au Premier Ministre du « soi-disant Kosovo ».  Cela laisse beaucoup de place à l’optimisme, a-t-il ironisé.

Aux yeux du Vice-Premier Ministre, ces enquêtes revêtent une importance cruciale pour la stabilisation du Kosovo et Metohija et la « réconciliation historique », mais aussi pour repousser les « mensonges sans scrupules » véhiculés au niveau le plus élevé, selon lui, par les fonctionnaires albanais du Kosovo afin de masquer leurs crimes et de continuer à se présenter comme des victimes du conflit.  Il a vivement dénoncé leur « manipulation vicieuse » des données, soulignant, entres autres, que 2 725 Serbes et non-Albanais figurent parmi les tués ou portés disparus.  Une ferveur toute particulière est mise en branle pour dissimuler le fait que la plupart des crimes ont été commis après le retrait, en juin 1999, des forces de l’armée régulière de Serbie, a affirmé M. Dačić qui a avancé que 377 Albanais avaient été tués par leurs compatriotes.  Pristina, a-t-il encore accusé, ne dit pas non plus qu’un grand nombre d’Albanais portés disparus ont été kidnappés et probablement tués par l’UÇK (Armée de libération du Kosovo).

Poursuivant, le Ministre serbe s’est alarmé de la hausse de 30%, depuis 2017, des incidents contre les Serbes du Kosovo et Metohija.  Dès lors, comment progresser sur le retour des déplacés ou la création d’une société démocratique et multiethnique? a-t-il lancé.  Il faut, a-t-il insisté, parler, aujourd’hui et demain, de chacune des 200 000 personnes déplacées du Kosovo et Metohija et de leur droit de regagner leur foyer, comme pour n’importe quelle autre personne en Europe et au monde.

M. Dačić a assuré que la Serbie s’est pleinement engagée à poursuivre le dialogue, un dialogue qui ne se tiendra que lorsque Pristina aura révoqué sa décision sur les droits de douane.  Un tel acte serait raisonnable et ouvrirait la voie au dialogue, a-t-il confirmé.  Mais si Pristina s’y oppose, elle montrera qu’elle ne recherche ni accord, ni compromis, mais plutôt le chantage.  Vingt longues années après le conflit, il est plus que temps de tourner cette page de l’histoire des relations « serbo-albanaises » et de nous diriger vers une paix durable, a-t-il affirmé.

« Je m’exprime devant vous avec la franchise et la correction que cette enceinte requiert mais je ne n’arrive pas à comprendre pourquoi, pour l’amour du ciel, nous sommes ici pour la troisième fois en quatre mois à discuter encore du Kosovo.  Il est ahurissant et tout simplement incroyable que ce Conseil ait tenu davantage de réunions sur le Kosovo que sur la Syrie, le Yémen ou le Venezuela », a déclaré Mme VLORA ÇITAKU, du Kosovo.  Elle a jugé inacceptable que son « voisin du Nord » ait transformé l’enceinte du Conseil « en scène de théâtre », depuis laquelle il peut faire au monde la lecture de ses « contes de fées », véritables fictions auxquelles lui-même ne croit pas. 

« La MINUK n’a plus de rôle et de mandat au Kosovo et ces réunions n’ont aucun sens », a poursuivi la représentante.  De fait, cette « mascarade » est bien la preuve que la Serbie n’a pas l’intention de s’engager dans un dialogue véritable avec le Kosovo sur la normalisation des relations, a-t-elle déclaré.  « Le dialogue entre nos deux pays n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais sur le droit du Kosovo d’exister en tant que nation libre. »  La représentante a accusé la Serbie de refuser de considérer le Kosovo comme un égal, ajoutant: « C’est le problème de la Serbie. »  « Mais je ne comprends pas pourquoi nous avons à nous réunir si souvent pour discuter de l’univers parallèle dans lequel ils ont choisi de vivre », a-t-elle taclé, en exhortant les membres du Conseil à mettre un terme à cette « parodie ».  « Nous n’allons pas mettre notre existence entre parenthèses jusqu’à ce que la Serbie ait une révélation et décide qu’il est temps d’accepter le Kosovo comme un égal. »

Mme Çitaku a rappelé que la décision de créer une armée est à la fois constitutionnelle et avisée pour la mise en place des mécanismes sécuritaires nécessaires à la participation du Kosovo aux alliances euro-atlantiques.  « C’est également une décision qui atteste de la maturité du Kosovo en tant qu’État », a-t-elle ajouté avant d’expliquer la décision d’imposer des droits de douane sur les exportations serbes n’a pas été prise « à la légère ».  « Ces droits sont une réponse directe à la campagne “agressive et brutale” menée par le Gouvernement serbe contre le Kosovo. »  La représentante a également rappelé qu’aucun bien portant le label « MINUK Kosovo » ne peut traverser la frontière avec la Serbie.  « Pourquoi est-ce que le Kosovo accorderait à la Serbie une courtoisie qu’elle nous refuse? » a-t-elle demandé, en insistant sur l’effet économique minimal de ces droits pour la Serbie. 

La réalité est que la Serbie use de tous les prétextes imaginables pour repousser l’inéluctable: la reconnaissance du Kosovo en tant qu’État libre et indépendant.  Mme Çitaku a rappelé les raisons douloureuses qui motivent la poursuite du dialogue avec la Serbie.  « Nous avons 20 000 raisons, pour chaque femme qui a été violée par les forces serbes.  Nous en avons 1 370 de plus pour chaque enfant tué au Kosovo par les forces serbes.  Nous avons 1 600 raisons pour chacune des personnes disparues. »

La Serbie doit vouloir la paix, la Serbie doit vouloir un accord, et si elle le veut vraiment, elle doit agir, a encouragé la représentante non sans fustiger les intimidations subies par la communauté serbe du Kosovo qui ose penser différemment de Belgrade.  La Serbie, a-t-elle affirmé, ne voit en eux que les « instruments de sa politique étrangère déstabilisatrice ».

Alors que le Kosovo va bientôt fêter le vingtième anniversaire de sa « libération », Mme Çitaku a insisté sur la détermination de son gouvernement à parvenir à une paix durable, « pour nos enfants, nos athlètes, nos artistes, nos scientifiques » que rien ne décourage, pour « les femmes courageuses du Kosovo qui brisent les plafonds de verre » et pour ceux qui sont tombés au champ d’honneur.  Même s’il reste encore un long chemin à parcourir, je suis aujourd’hui autant remplie d’espoir pour notre jeune République que je l’étais le 12 juin 1999, lorsque le Kosovo a été « libéré » de la Serbie. 

Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) a relevé la persistance des tensions au Kosovo, où les communautés ne se sont pas toujours traitées « avec gentillesse et respect ».  La situation a considérablement évolué depuis le déploiement de la MINUK, le Kosovo n’étant plus un « pays » en conflit.  Le Conseil de sécurité est saisi de nombreuses questions primordiales, et grâce à l’accord conclu pour réduire la fréquence des réunions au Conseil, nous avons pris une mesure « adéquate », a estimé la représentante.  Le rapport le montre, a-t-elle néanmoins reconnu: les tensions à Belgrade et Pristina se sont aggravées au cours de la période à l’examen et il faut espérer qu’une solution sera trouvée.  L’Union européenne a proposé un dialogue, a rappelé Mme Pierce.  Il y a d’autres conflits pour lesquels aucune perspective d’accord de ce type n’existe.  J’encourage donc, a-t-elle insisté, les dirigeants de Pristina et de Belgrade à reconnaître l’importance de ce dialogue.  La représentante s’est ensuite félicitée de l’établissement d’une équipe de négociateurs kosovars qui s’est réunie pour la première fois en février.  S’agissant de la transition de la Force de sécurité du Kosovo, elle a estimé que c’est la prérogative de Pristina de se doter d’une armée nationale légitime, et qu’une telle décision n’est pas une violation de la résolution 1244 (1999) du Conseil du sécurité.

M. CHRISTOPH HEUSGEN (Allemagne) a demandé une réduction de la fréquence des réunions du Conseil sur le Kosovo, avant de pointer les progrès accomplis.  Il n’est pas nécessaire de se réunir autant, a-t-il déclaré, avant de noter le nombre important de femmes entrepreneuses au Kosovo.  Le représentant a plutôt réclamé une évaluation stratégique de la MINUK et replacé le dialogue sur la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina dans une « perspective européenne ».  Il a d’ailleurs espéré que le Kosovo deviendra bientôt membre de l’Union européenne et souligné que la seule manière pour la Serbie de devenir également membre est de reconnaître le Kosovo.  Le délégué a mentionné les long voyages que les responsables serbes n’ont pas hésité à faire pour convaincre les pays de revenir sur leur décision de reconnaître le Kosovo.  Eu égard à son objectif de devenir membre de l’Union européenne, « la Serbie se tire une balle dans le pied », a commenté le représentant.

M. JONATHAN R. COHEN (États-Unis) s’est félicité de l’accord auquel le Conseil est parvenu pour mettre fin à la pratique des réunions d’information trimestrielles sur la MINUK, indiquant qu’à partir de l’an prochain, il y aura deux réunions « sur la question, et pas nécessairement sur la MINUK ».  Il a ensuite jugé regrettable le ton de certaines déclarations, jugeant que c’est « l’une des raisons pour lesquelles de nombreux membres du Conseil hésitent à maintenir ces réunions, se demandant si elles contribuent réellement, ou au contraire nuisent, aux perspectives de paix et de sécurité internationales ».

Le représentant a estimé que la MINUK a rempli son mandat initial.  Si l’ONU doit continuer de jouer un rôle important au Kosovo, ce doit être par l’intermédiaire de l’équipe de pays et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).  Aussi le représentant a-t-il souhaité que le Secrétariat lance un examen stratégique de la MINUK afin d’élaborer une stratégie de sortie.  Il a assuré que son pays soutient toujours le dialogue facilité par l’Union européenne entre le Kosovo et la Serbie, qui ont une occasion unique de conclure un accord global de normalisation.  Nous pensons que cela est réalisable cette année et ne pas saisir cette chance serait « un revers », a-t-il mis en garde.  Le Kosovo et la Serbie, a-t-il insisté, doivent prendre des mesures immédiates pour réduire les tensions, éliminer les obstacles et créer les conditions permettant d’avancer rapidement dans le dialogue et pour le Kosovo, cela veut dire suspendre immédiatement les droits de douane sur les importations serbes et bosniaques.  Il est temps d’imprimer un élan et d’ouvrir la voie européenne, a dit le représentant aux deux parties.

Face à la situation décrite par le Représentant spécial pour le Kosovo et dans le rapport du Secrétaire général, Mme ANNE GUEGUEN (France) a salué le travail de la MINUK pour promouvoir la sécurité, la stabilité et le respect des droits de l’homme au Kosovo et dans la région ainsi que ses activités en matière de rapprochement des communautés et de promotion de l’agenda femmes, paix et sécurité.  Près de 20 ans après l’adoption de la résolution 1244, il faut continuer à être attentif à la question du recentrage des actions de la MINUK, a-t-elle soutenu, ajoutant que cela doit se faire en tenant compte de la situation sur le terrain, de sa performance et des initiatives menées par les autres acteurs régionaux et internationaux, en particulier la mission de l’Union européenne, EULEX Kosovo.

Pour la France, la normalisation des relations entre Pristina et Belgrade dépend du dialogue entre les deux parties, mené sous l’égide de l’Union européenne.  À ce titre, la représentante a regretté plusieurs incidents et décisions unilatérales qui, ces derniers mois, ont pesé sur ce dialogue, en particulier la décision du Gouvernement du Kosovo d’imposer une taxe de 100% sur les produits en provenance de Serbie et de Bosnie-Herzégovine.  La France, a-t-elle souligné, renouvelle sa demande pour que cette taxe soit annulée, ou, a minima, suspendue.  La représentante a appelé à la reprise du dialogue, qui est bloqué à l’heure actuelle, dans les meilleurs délais et au respect des engagements pris en matière de sécurité.  Elle a aussi appelé les deux parties à faire preuve d’esprit de compromis et de volonté politique pour qu’un accord global et définitif puisse être adopté, ce qui constituerait une étape majeure dans la stabilisation des Balkans occidentaux et les progrès sur la voie d’une perspective européenne.  La représentante a rappelé que la responsabilité première des perspectives européennes de la Serbie et du Kosovo incombe avant tout aux responsables politiques de ces pays et que cela passe par les réformes nécessaires à la consolidation et au renforcement de l’état de droit.  Seule la normalisation complète des relations entre Pristina et Belgrade permettra de concrétiser cet avenir européen, a-t-elle conclu.

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a remercié la Guinée équatoriale pour avoir inscrit à l’ordre du jour du Conseil la situation dans la « province du Kosovo », « une position de principe ».  Laissez-moi expliquer à Mme Çitaku pourquoi nous sommes ici aujourd’hui, a-t-il dit, en l’accusant, à son tour, de raconter « des contes de fées avec l’appui de parrains occidentaux ».  La principale enceinte des discussions sur le Kosovo, c’est ce Conseil, a professé le représentant.  Il a insisté sur le caractère volatile de la situation dans la province, ajoutant que les autorités « kosovares albanaises » échappent désormais au contrôle des Occidentaux.  Il s’est tout de même demandé dans quelle mesure ces autorités ont pu se livrer à ces actes provocateurs contre la Serbie sans l’appui de ces pays.  Il a fustigé les droits de douane imposés aux importations serbes et la décision du « soi-disant parlement du Kosovo » de créer une armée, en violation de la résolution 1244 (1999).  Les parrains occidentaux ont donné un blanc-seing aux autorités kosovares, s’est emporté le représentant, avertissant qu’il n’y a aucune garantie que cette armée ne sera pas un jour utilisée contre la population serbe du Kosovo.  Il a d’ailleurs dénoncé les intimidations subies par cette communauté, l’impuissance de la médiation de l’Union européenne dans le dialogue sur la normalisation et les retards pris dans la création d’une association ou communauté de municipalités à majorité serbe.  La Fédération de Russie a une vision cohérente et plaide pour une solution viable, mutuellement acceptable, respectueuse de la résolution 1244 et soutenue par le Conseil, a affirmé le représentant.  L’imposition d’une normalisation, assortie de calendriers factices, est destructrice, a-t-il prévenu.  Il a conclu en évoquant le « Rapport Marty » selon lequel des responsables kosovars se seraient livrés à des trafics d’organes et a demandé que la lumière soit faite sur ce sujet.  « La réputation de la justice internationale est en jeu », a-t-il estimé, avant d’attirer l’attention sur les déprédations commises contre des monastères orthodoxes au Kosovo. 

M. MA ZHAOXU (Chine) a estimé que les droits de douane imposés à certaines importations et la transformation de la Force de sécurité du Kosovo en une armée ne contribuent pas à favoriser le dialogue entre Pristina et Belgrade.  Il a espéré que les deux capitales s’efforceront d’œuvrer à la normalisation de leurs relations et à la mise en œuvre des accords existants.  Il a encouragé les deux parties à placer les intérêts de leurs peuples au-dessus de considérations politiques.  Il a estimé que le Conseil de sécurité doit continuer à examiner la situation au Kosovo. 

M. MARC PECSTEEN DE BUYTSWERVE (Belgique) a dit regretter le « timing » de l’adoption, par l’Assemblée kosovare, des lois renforçant le mandat et la capacité de la Force de sécurité du Kosovo, ainsi que l’absence de consensus « au niveau externe et interne ».  Il a également appelé les autorités kosovares à supprimer immédiatement les droits de douane sur les importations en provenance de la Serbie et de la Bosnie-Herzégovine.  Le représentant a souligné que la conclusion d’un accord global et juridiquement contraignant sur la normalisation des relations est le seul moyen de parvenir à la stabilité régionale.  Il a appelé les « Présidents serbe et kosovar » à s’investir pleinement dans le dialogue mené sous l’égide de l’Union européenne.  Il a aussi insisté sur l’importance de créer un environnement propice au dialogue et d’y associer la société civile.  Le représentant a par ailleurs accueilli le compromis sur la réduction du cycle des réunions et de la présentation des rapports, faisant observer que les défis auxquels le Kosovo fait actuellement face sont essentiellement traités dans un cadre d’intégration européenne avec la coopération de l’EULEX.  Il a voulu que l’on adapte les efforts de la MINUK à cette évolution.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a salué l’accord sur la fréquence des réunions relatives à la situation au Kosovo.  Il s’est néanmoins ému de l’adoption par l’Assemblée du Kosovo de trois lois relatives à la création d’une armée, ainsi que de la hausse de 100% des taxes sur les marchandises importées de Serbie et de Bosnie-Herzégovine.  Il a ensuite réitéré l’importance d’impliquer les femmes et les jeunes dans une vision d’avenir pour le Kosovo, se félicitant des initiatives prises à cet égard par la MINUK.

M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie) a déclaré que la mise en œuvre de la résolution 1244 (1999) reste et demeure le cadre fondamental pour résoudre le conflit dans la région.  Chaque partie est censée honorer « sa part du contrat » conformément à la résolution, et cela, sans exception.  Ce serait regrettable de dilapider des années de progrès avec des violations de la résolution qui viendraient presque certainement rompre la paix et la sécurité dans la région.  Le Gouvernement indonésien, a ajouté le représentant, respecte la souveraineté et l’intégrité territoriale des États Membres et ne tolèrera aucun acte qui les violerait.  Les différends devraient se régler par le dialogue et tenir compte des préoccupations légitimes de chaque partie.  Mais, a prévenu le représentant, la transformation de la Force de sécurité du Kosovo en une force armée et l’imposition de 100% de droits de douane à des pays particuliers ne sont pas les signes d’un engagement constructif et peuvent rapidement anéantir la confiance entre les deux parties.  Le représentant a fermement soutenu le dialogue facilité par l’Union européenne pour obtenir des résultats durables et concrets. 

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a appuyé le processus de normalisation entre Pristina et Belgrade, sous l’égide de l’Union européenne, pour régler les questions en suspens et parvenir à un règlement global.  S’il a reconnu la sensibilité politique de la décision de créer une armée nationale, le délégué a estimé qu’il s’agit néanmoins de la prérogative d’un « État souverain ».  Il a invité au dialogue sur ce sujet et plaidé pour des solutions susceptibles de jeter les bases de la stabilité dans la région. 

M. GBOLIÉ DÉSIRÉ WULFRAN IPO (Côte d’Ivoire) s’est dit toujours préoccupé par le regain des tensions et la persistance des défis à la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie, et a averti que cette situation pourrait compromettre les efforts de la mission « État de droit » de l’Union européenne.  Il a également prévenu que la mise en œuvre des lois sur la transformation de la Force de sécurité du Kosovo en une armée nationale pourrait avoir des implications sur les mandats de la MINUK et de la Force internationale de sécurité au Kosovo (KFOR), et se révéler incompatible avec les dispositions de la résolution 1244 (1999).  

Le représentant a ensuite lancé, aux autorités kosovares, un appel à la suppression des droits de douane de 100% sur les produits importés de Serbie et de Bosnie, notant que cette barrière tarifaire entrave les efforts pour parvenir à un accord entre le Kosovo et la Serbie, dans la perspective d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne.  Il a appelé les deux parties à prendre les dispositions nécessaires pour éliminer tous les obstacles à la création de l’association ou communauté des municipalités à majorité serbe au Kosovo.  À ses yeux, la fragilité du contexte actuel appelle à la reprise sans délai des négociations menées par la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Federica Mogherini.  Le délégué a également appelé la communauté internationale à contribuer de manière significative au Fonds spécial destiné à venir en aide aux minorités roms, ashkali et égyptienne du Kosovo.

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) a plaidé pour une « évaluation stratégique » de la MINUK en vue d’une réduction des effectifs et de la préservation des ressources financières.  Il n’y a aucune raison de maintenir le niveau actuel de l’engagement onusien, a-t-elle déclaré.  Elle a appuyé, à son tour, le dialogue entre Pristina et Belgrade, le jugeant crucial pour le processus d’intégration de la Serbie et du Kosovo à l’Union européenne.  La transformation de la Force de sécurité du Kosovo en armée n’est pas en contradiction avec la résolution 1244 (1999), a-t-elle estimé, préconisant un processus « graduel et transparent », dans le respect de la Constitution du Kosovo.  « La Pologne considère que le Kosovo est pleinement capable de décider de son avenir », a conclu la déléguée. 

M. JOSUÉ ANTINOE FIALLO BILLINI PORTORREAL (République dominicaine) a encouragé Pristina et Belgrade à faire preuve de davantage de souplesse dans leurs positions, en vue de mettre pleinement en œuvre la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité et les Accords de Bruxelles de 2013, et de reprendre leur dialogue sous les auspices de l’Union européenne.  Il s’est félicité des initiatives prises par la MINUK pour impliquer les jeunes et les femmes dans la dynamique de normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie.  Il a estimé que le moment est venu de renoncer aux confrontations infructueuses et d’envisager un avenir fondé sur le respect mutuel et la coexistence pacifique.

M. JERRY MATTHEWS MATJILA (Afrique du Sud) s’est déclaré préoccupé par le regain des tensions au Kosovo, s’agissant notamment des zones sous protection spéciale, où des projets de construction se poursuivent.  Toutes les parties concernées devraient s’engager à faire respecter et protéger l’intégrité et le patrimoine religieux et à respecter l’état de droit, ainsi que les décisions du Conseil de surveillance et de mise en œuvre, a-t-il estimé.  Il a repris à son compte l’évaluation du Secrétaire général sur la nécessité de poursuivre les contacts avec les autorités, la société civile et les partenaires bilatéraux et internationaux, afin de soutenir la consolidation de la paix et les mesures de renforcement de la confiance entre les communautés du Kosovo. 

M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) s’est dit heureux de la tenue de cette réunion, qu’il a jugée « constructive ».  Il a déploré la recrudescence des tensions entre Pristina et Belgrade et dénoncé les droits de douane qui frappent les importations serbes au Kosovo.  Il a appelé les parties à redoubler d’efforts pour trouver une solution globale et réaffirmé le respect de son pays pour la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Serbie.  La résolution 1244 (1999) demeure au fondement d’une solution juste au Kosovo, a souligné le représentant. 

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