La Quatrième Commission achève ses travaux avec l’adoption de huit projets de résolution relatifs à l’UNRWA et aux pratiques israéliennes

CPSD/713
15 novembre 2019
Soixante-quatorzième session, 25e séance - matin

La Quatrième Commission achève ses travaux avec l’adoption de huit projets de résolution relatifs à l’UNRWA et aux pratiques israéliennes

La Quatrième Commission (chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation) a conclu ce matin ses travaux, en adoptant, à l’issue de votes, huit projets de résolution relatifs au mandat de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et aux pratiques israéliennes, ainsi que le programme de travail de sa soixante-quinzième session, adopté par consensus.

En adoptant ces textes, la Quatrième Commission cible notamment les colonies de peuplement israéliennes dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, auxquelles un projet de résolution à part entière est consacré.  Il appelle à l’arrêt immédiat et complet de toutes les activités de peuplement, soulignant que ces implantations israéliennes, y compris dans le Golan syrien occupé, sont illégales et constituent un obstacle à la paix et au développement économique et social.  

Un autre texte, portant sur les « pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est », exige qu’Israël renonce aux détentions arbitraires, aux déplacements forcés, à la démolition d’habitations, à l’emploi excessif de la force, à la construction du mur ainsi qu’au blocus de la bande de Gaza.  Israël se verrait aussi appelé, aux termes d’un texte sur le Golan syrien, à renoncer à imposer aux citoyens syriens de ce territoire occupé la nationalité israélienne.

La Quatrième Commission a, par ailleurs, adopté un texte sur les « Travaux du Comité spécial chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés », qui met notamment en avant l’impartialité de cet organe et exige qu’Israël collabore avec lui.  Ce Comité se verrait en outre prié de continuer à enquêter sur le traitement et le statut des milliers de prisonniers et de détenus qui se trouvent dans les prisons et centres de détention israéliens situés dans le Territoire palestinien occupé.

Un autre texte, relatif à l’« Aide aux réfugiés de Palestine », souligne la nécessité de poursuivre l’œuvre de l’UNRWA, « en attendant le règlement équitable de la question des réfugiés de Palestine ».

L’Office figurait d’ailleurs au cœur d’un projet de résolution, qui a recueilli neuf votes de plus que l’an dernier, comme s’en est félicité le représentant palestinien, et porte spécifiquement sur les opérations de cet organisme d’aide dans ses cinq zones de déploiement.  Par ce texte, l’Assemblée générale se dirait profondément préoccupée des tentatives visant à discréditer l’UNRWA, qui a pourtant démontré ses capacités opérationnelles. 

La Quatrième Commission a aussi adopté un projet de résolution sur les « Biens appartenant à des réfugiés de Palestine et produit de ces biens » ainsi qu’un autre sur les « Personnes déplacées du fait des hostilités de juin 1967 et des hostilités postérieures », qui souligne la nécessité de leur retour accéléré.  Elle a également fait sien un projet de résolution sur l’applicabilité de la Convention de Genève au Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et aux autres territoires arabes occupés.

Ces huit projets de résolution ont tous été adoptés après une mise aux voix demandée par Israël, qui a voté contre l’ensemble de ces textes.  Pour son représentant les huit résolutions dudit « paquet palestinien », qu’il a qualifiées de confuses et redondantes, ont pour seul but de figer pour toujours une vision manichéenne du monde selon laquelle les Palestiniens auraient toutes les vertus et les Israéliens tous les torts.  Les aspirations et préoccupations d’Israël méritent elles aussi d’être entendues.  Il a argué que cet ensemble de résolutions est loin de promouvoir la paix et la sécurité.  Il conforte, selon lui, les Palestiniens dans leur intransigeance et leurs positions maximalistes, sans exiger d’eux la moindre remise en cause, et renforce en Israël le sentiment que cette Assemblée est incapable de jouer un rôle constructif dans le règlement de ce conflit.

« Il est intolérable, dans une enceinte qui prône l’égalité entre les États, de traiter Israël de façon inégale », a renchéri la délégation des États-Unis, qui, elle aussi, a dénoncé l’adoption de textes qui s’opposent clairement à Israël sans même tenir compte des actes terroristes commis contre ce pays, ni des actions du Hamas à Gaza.  Dans ses remarques de clôture, le Président de la Quatrième Commission, M. Mohammed Hussein Bahr Aluloom, de l’Iraq, a précisé qu’au cours de cette session, la Commission avait adopté un total de 35 projets de résolution et 3 projets de décision.  Vingt-deux de ces textes concernaient la question des territoires non autonomes, et 75 délégations, ainsi que 130 individus et organisations, ont participé aux discussions sur la décolonisation.

Déclaration générale

Pour le représentant d’Israël, les huit résolutions dudit « paquet palestinien », qu’il a qualifiées de confuses et redondantes, ont pour seul but de figer pour toujours une vision manichéenne du monde selon laquelle les Palestiniens auraient toutes les vertus et les Israéliens tous les torts.  Les aspirations et préoccupations d’Israël méritent, elles aussi, d’être entendues, a-t-il affirmé.  Est-il inconcevable d’ajouter à la dénomination de Haram el-Charif dans les résolutions celle de mont du Temple? Est-il acceptable que le mandat de l’UNRWA soit renouvelé de manière automatique sans que cette Commission n’exige la moindre garantie de la part d’une agence qui vient d’être frappée par un scandale sans précédent? s’est-il demandé.  Pour la délégation israélienne, cet ensemble de résolutions est loin de promouvoir la paix et la sécurité.  Il conforte les Palestiniens dans leur intransigeance et leurs positions maximalistes, sans exiger d’eux la moindre remise en cause, et renforce en Israël le sentiment que cette Assemblée est incapable de jouer un rôle constructif dans le règlement de ce conflit.  Pour toutes ces raisons, et puisqu’il s’agit d’une question de principe, Israël a annoncé qu’il voterait contre cet ensemble de résolutions.

ADOPTION DE PROJET DE RÉSOLUTION SUR L’OFFICE DE SECOURS ET DE TRAVAUX DES NATIONS UNIES POUR LES RÉFUGIÉS DE PALESTINE DANS LE PROCHE-ORIENT (A/C.4/74/L.10, A/C.4/74/L.11, A/C.4/74/L.12, A/C.4/74/L.13)

Les États-Unis ont annoncé qu’ils s’opposeraient à l’ensemble de résolutions qui, selon eux, prennent pour cible Israël.  « Cela n’aide pas la cause de la paix », a estimé la représentante, en jugeant déplorable qu’une institution censée traiter tous ces membres équitablement en profite pour s’attaquer à un seul, Israël.  Elle a également regretté l’absence de mention des attaques lancées contre des civils israéliens, du terrorisme, et de condamnations du « barrage de roquettes qui s’abat actuellement sur Israël ».  « Nous allons voter contre ces résolutions et incitons tous les autres États à en faire autant », a-t-elle indiqué.

La représentante a aussi qualifié de « biaisée » la résolution intitulée « Aide à la Palestine ».  « Comme vous le savez, nous avons cessé de verser notre contribution à l’UNRWA, et nous ne pouvons soutenir un Office basé sur une croissance infinie de son nombre de bénéficiaires », a-t-elle expliqué, avant d’ajouter que d’aucuns devraient demander des comptes à l’Office.  « Nous devrions transférer certains services à des agences gouvernementales ou autres pour aider les Palestiniens », selon la délégation américaine.  Les États-Unis ont indiqué qu’ils demeurent engagés en faveur d’un règlement global et juste, estimant que la cause de la paix sera réellement défendue quand le parti pris de l’ONU contre Israël cessera.

Aux termes du projet de résolution portant sur l’Aide aux réfugiés de Palestine, adopté par 170 voix pour, 2 contre (États-Unis et Israël) et 7 abstentions (Cameroun, Canada, États fédérés de Micronésie, Guatemala, Îles Marshall, Nauru et Vanuatu), l’Assemblée générale soulignerait la nécessité de poursuivre l’œuvre de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), ainsi que l’importance de ses opérations, lesquelles doivent être menées sans entrave, et de ses services, y compris l’aide d’urgence, au regard du bien-être, de la protection et du développement humain des réfugiés de Palestine et de la stabilité de la région, en attendant le règlement équitable de la question des réfugiés de Palestine.

Elle exhorterait tous les donateurs à continuer d’intensifier leurs efforts afin de répondre aux besoins prévus de l’Office, notamment ceux qui résultent de l’augmentation des dépenses ou qui découlent des conflits et de l’instabilité dans la région et de la gravité de la situation socioéconomique et humanitaire, en particulier dans le Territoire palestinien occupé, ainsi qu’aux besoins dont il est fait état dans les récents appels de contributions et dans les plans relatifs à la bande de Gaza aux fins des secours d’urgence, du relèvement et de la reconstruction, tout comme dans les plans régionaux mis en place pour faire face à la situation des réfugiés de Palestine en République arabe syrienne ainsi que de ceux qui ont fui dans d’autres pays de la région.  L’Assemblée générale déciderait de prolonger le mandat de l’Office jusqu’au 30 juin 2023.

En adoptant le projet de résolution sur les « Personnes déplacées du fait des hostilités de juin 1967 et des hostilités postérieures », adopté par 162 voix pour, 6 voix contre (États fédérés de Micronésie, États-Unis, Canada, Îles Marshall,  Israël et Nauru) et 9 abstentions (Australie, Cameroun, Colombie, Guatemala, Honduras, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Rwanda, Togo et Vanuatu), l’Assemblée générale réaffirmerait le droit de toutes les personnes déplacées du fait des hostilités de juin 1967 et des hostilités postérieures de regagner leurs foyers ou anciens lieux de résidence dans les territoires occupés par Israël depuis 1967.  Elle approuverait, en attendant, les efforts déployés par le Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient pour continuer à fournir toute l’aide humanitaire possible, à titre de mesure d’urgence provisoire, aux personnes de la région actuellement déplacées et  adresserait un appel pressant à tous les gouvernements, ainsi qu’aux organisations et aux particuliers, pour qu’ils versent de généreuses contributions, aux fins énoncées ci-dessus, à l’Office et aux autres organisations intergouvernementales et non gouvernementales intéressées.

Les « Opérations de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient » ont fait l’objet d’un projet de résolution, adopté par 165 voix pour, 6 voix contre (Cameroun, Canada, États fédérés de Micronésie, États-Unis, Îles Marshall et Israël) et 7 abstentions (Australie, Cameroun, Guatemala, Nauru, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Rwanda et Vanuatu), par lequel l’Assemblée générale demanderait une nouvelle fois à tous les États et à toutes les institutions spécialisées et organisations intergouvernementales et non gouvernementales de maintenir, voire d’augmenter leurs contributions au financement du budget-programme de l’Office.  Elle demanderait instamment au Gouvernement israélien de rembourser rapidement l’Office de tous les frais de transit et des autres pertes financières occasionnés par les retards et les restrictions à la liberté de circulation et d’accès imposés par Israël.  Elle lui demanderait aussi de cesser d’entraver la circulation et l’accès du personnel, des véhicules et des fournitures de l’Office et d’arrêter de prélever des taxes, des droits supplémentaires et des redevances, ce qui nuit aux activités de l’Office.

Par ailleurs, elle demanderait aussi à Israël, Puissance occupante, de se conformer pleinement aux dispositions de la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949, ainsi qu’aux Articles 100, 104 et 105 de la Charte des Nations Unies et à la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies afin d’assurer en toutes circonstances la sécurité du personnel de l’Office, la protection de ses institutions et la sûreté de ses installations dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.  Elle se dirait profondément préoccupée par les tentatives visant à discréditer l’Office, qui a pourtant démontré ses capacités opérationnelles.

Par le projet de résolution consacré aux « Biens appartenant à des réfugiés de Palestine et produit de ces biens », adopté par 162 voix pour, 6 voix contre (Canada, États fédérés de Micronésie, États-Unis, Îles Marshall, Israël et Nauru) et 9 abstentions (Australie, Brésil, Cameroun, Guatemala, Honduras, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Rwanda, Togo et Vanuatu), l’Assemblée générale prierait le Secrétaire général de prendre, en consultation avec la Commission de conciliation des Nations Unies pour la Palestine, toutes les mesures nécessaires afin de protéger les biens et les avoirs des Arabes et leurs droits de propriété en Israël.  Elle demanderait une fois de plus à Israël de fournir au Secrétaire général toutes facilités et formes d’assistance pour l’application de la présente résolution et à l’ensemble des parties intéressées de communiquer au Secrétaire général tous les renseignements pertinents dont elles disposent au sujet des biens et des avoirs des Arabes et de leurs droits de propriété en Israël.  L’Assemblée engagerait instamment les parties palestinienne et israélienne à examiner l’importante question des biens des réfugiés de Palestine et du produit de ces biens, dans le cadre des négociations de paix liées au statut final.

ADOPTION DE PROJETS DE RÉSOLUTION SUR LE RAPPORT DU COMITÉ SPÉCIAL CHARGÉ D’ENQUÊTER SUR LES PRATIQUES ISRAÉLIENNES AFFECTANT LES DROITS DE L’HOMME DU PEUPLE PALESTINIEN ET DES AUTRES ARABES DES TERRITOIRES OCCUPÉS

Explications de position avant le vote

L’Union européenne (UE) a indiqué qu’elle n’a pas exprimé d’avis juridique sur le terme « déplacement forcé » employé dans plusieurs résolutions au titre du point 51.  Elle a précisé que l’usage du terme « Palestine » ne peut équivaloir à une reconnaissance de cet État, ne préjuge pas de la position individuelle des États qui la composent sur ce sujet et donc de sa capacité à accéder au traités et conventions mentionnés ici.  L’Union européenne considère comme malheureuse la révision du texte intervenue moins de 24 heures avant le vote, car elle a créé une ambiguïté inutile.  Elle a également estimé que les termes employés pour désigner les Lieux saints doivent refléter l’importance et la signification historique à la fois de la ville de Jérusalem et de ses Lieux saints pour les trois religions monothéistes.  Elle comprend que le terme « obligation » se réfère à « l’importance de respecter » le statu quo historique.  L’UE souligne l’importance d’utiliser des termes qui respecte les sensibilités religieuses et culturelles.  Le choix des termes à venir pourrait affecter le soutien collectif de l’UE à cette résolution.

De son côté, le représentant du Brésil a annoncé que son pays s’abstiendrait de voter le projet de résolution L.14, proposant de rationaliser le nombre de textes pour leur passage devant l’Assemblée générale. Concernant le projet sur le Golan syrien occupé, le représentant a réaffirmé sa condamnation du recours à la force pour acquérir de nouveaux territoires.  Il a cependant estimé que la résolution était « partiale », ne traitant que des actions d’Israël, et a annoncé que son pays s’abstiendrait à nouveau.

Aux termes du projet de résolution relatif aux « Travaux du Comité spécial chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés », adopté par 82 voix pour, 11 voix contre et 78 abstentions, l’Assemblée générale féliciterait le Comité de son impartialité et des mesures qu’il prend pour s’acquitter des tâches qu’elle lui a confiées en dépit de l’obstruction rencontrée dans l’exercice de son mandat.  Elle exigerait une nouvelle fois qu’Israël, Puissance occupante, collabore avec le Comité spécial dans l’exécution de son mandat.  Elle déplorerait les politiques et les pratiques d’Israël qui portent atteinte aux droits de l’homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés.

L’Assemblée se déclarerait gravement préoccupée par la situation de crise créée dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, en particulier dans la bande de Gaza, par les pratiques et mesures israéliennes illégales, condamne en particulier toutes les implantations israéliennes et la construction du mur, le blocus de la bande de Gaza ainsi que l’usage excessif et aveugle de la force et les opérations militaires contre la population civile, les actes de violence commis par des colons, les provocations et les incitations entourant les Lieux saints, la destruction et la confiscation de biens, le déplacement forcé de civils, la détention et l’emprisonnement de milliers de civils et toutes les sanctions collectives contre la population civile palestinienne, et demande la cessation immédiate de ces agissements.

Elle prierait également le Comité spécial de continuer à enquêter sur le traitement et le statut des milliers de prisonniers et de détenus, y compris les enfants, les femmes, et les représentants élus, qui se trouvent dans les prisons et centres de détention israéliens, et se dit profondément préoccupée par les conditions de détention pénibles des prisonniers et les mauvais traitements qu’ils subissent, de même que par les récentes grèves de la faim.

En adoptant le projet de résolution sur les « Colonies de peuplement israéliennes dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et le Golan syrien occupé », par 156 voix pour, 6 voix contre (Canada, États fédérés de Micronésie, États-Unis, Îles Marshall, Israël et Nauru) et 15 abstentions, l’Assemblée générale réaffirmerait que les implantations israéliennes dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et le Golan syrien occupé sont illégales et constituent un obstacle à la paix et au développement économique et social.  Elle exigerait d’Israël de reconnaître l’applicabilité de jure de la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949 au Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et aux autres territoires arabes occupés par Israël depuis 1967, y compris le Golan syrien occupé, et d’en respecter scrupuleusement les dispositions, ainsi que de s’acquitter de toutes les obligations que lui impose le droit international et de mettre fin immédiatement à toute action entraînant la modification du caractère, du statut ou de la composition démographique du Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et du Golan syrien occupé.

L’Assemblée générale exigerait une fois de plus l’arrêt immédiat et complet de toutes les activités de peuplement israéliennes dans l’ensemble du Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et le Golan syrien occupé, et demanderait à cet égard l’application intégrale de toutes les résolutions du Conseil de sécurité sur la question.  Elle condamnerait à cet égard les activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé et toutes les activités entraînant la confiscation de terres, la perturbation des moyens d’existence de personnes protégées, le transfert forcé de civils et l’annexion de territoire, de fait ou par l’adoption d’une loi nationale. Elle exige d’Israël, Puissance occupante, qu’il s’acquitte de ses obligations juridiques.

Par le projet de résolution sur les « Pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est », adopté par 154 voix pour, 8 voix contre (Australie, Canada, États fédérés de Micronésie, États-Unis, Guatemala, Îles Marshall, Israël et Nauru) et 14 abstentions, l’Assemblée générale affirmerait de nouveau que toutes les mesures et décisions prises par Israël, Puissance occupante, dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, en violation des dispositions applicables de la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, sont illégales et n’ont aucune validité.  Elle exigerait d’Israël, Puissance occupante, qu’il renonce à l’ensemble des mesures contraires au droit international ainsi qu’aux lois, politiques et actes discriminatoires dans le Territoire palestinien occupé qui ont pour effet de violer les droits de l’homme du peuple palestinien et notamment de tuer ou de blesser des civils, de les détenir ou de les emprisonner arbitrairement, de les déplacer de force, notamment de chercher à transférer de force des familles bédouines, ainsi que de détruire ou de confisquer leurs biens, en particulier de démolir les habitations, notamment en guise de châtiment collectif, en violation du droit international humanitaire, et d’entraver de quelque manière que ce soit l’acheminement de l’assistance humanitaire. L’Assemblée condamnerait tous les actes de violence, y compris les actes de terreur, et toutes les provocations, incitations et destructions, notamment tout emploi de la force par les forces d’occupation israéliennes contre des civils palestiniens en violation du droit international, en particulier dans la bande de Gaza, y compris contre les journalistes, le personnel médical et les agents humanitaires, lesquels ont fait un nombre considérable de morts et de blessés, dont des femmes et des enfants. L’Assemblée condamnerait également tous les actes de violence commis par des militants ou des groupes armés, notamment les tirs de roquette dirigés contre des zones civiles israéliennes, qui font des morts et des blessés.

Enfin, elle engagerait instamment les États Membres à continuer d’apporter une aide d’urgence au peuple palestinien pour remédier à la crise financière et à la situation socioéconomique et humanitaire catastrophique, notamment dans la bande de Gaza.

En adoptant le projet de résolution sur le « Golan syrien occupé », par 155 voix pour, 2 voix contre (États-Unis et Israël) et 19 abstentions, l’Assemblée générale demanderait à Israël, Puissance occupante, de se conformer aux résolutions concernant le Golan syrien occupé, en particulier la résolution 497(1981), par laquelle le Conseil de sécurité a décidé notamment que la décision prise par Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration au Golan syrien occupé était nulle et non avenue et sans effet juridique sur le plan international, et exigé qu’Israël, Puissance occupante, rapporte sans délai cette décision.  L’Assemblée demanderait également à Israël de renoncer à modifier le caractère physique, la composition démographique, la structure institutionnelle et le statut juridique du Golan syrien occupé et en particulier de renoncer à y établir des implantations.  Elle demanderait en outre à Israël de renoncer à imposer aux citoyens syriens du Golan syrien occupé la nationalité israélienne et des cartes d’identité israéliennes, et de renoncer à ses mesures de répression à l’égard de la population de ce territoire.  L’Assemblée demanderait une fois de plus aux États Membres de ne reconnaître aucune des mesures ou décisions législatives et administratives susmentionnées.

Explications de vote

Le représentant de la République arabe Syrienne a invoqué Socrate, qui aurait dit que 2% d’un peuple comprend ce qu’il dit et 3% pense qu’il comprend ce qu’il dit alors que 95% des personnes préfèrent mourir plutôt que de comprendre ce qu’elles disent.  Ces pourcentages ont probablement changé aujourd’hui, mais il reste une toute petite minorité qui ne comprend pas ses propres mots, et le délégué syrien a pensé que cela s’applique aux politiciens israéliens. 

Au cours de cette décennie, les résolutions sur l’occupation israélienne des territoires palestiniens et du Golan syrien ont fait l’objet d’un vote, a-t-il rappelé.  Malgré cela, à chaque session, il est choqué de constater que certains persistent à nier qu’il y a occupation sur le terrain.  Elle est pourtant bien réelle et doit cesser, conformément aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, s’est-il impatienté.  « Les États Membres ne sont pas en train de réinventer la roue, ils essayent simplement de transmettre un message aux Israéliens », a-t-il souligné avant de remercier les délégations qui ont voté en faveur du paquet de résolutions au titre des points 50 et 51 de l’ordre du jour de la Commission.  Par le biais de leur appui massif à ces résolutions, les États Membres témoignent de leur désaveu de l’occupation de territoires et des activités de colonisation israéliennes, a argué le représentant, en indiquant qu’il s’agit, pour la Syrie, d’une question juridique dont les diplomates doivent se saisir.

Remarquant que les États-Unis sont le plus grand partenaire militaire d’Israël et le « protègent » au Conseil de sécurité depuis des décennies, la délégation syrienne leur a reprochés, en votant contre le texte sur le Golan syrien occupé, d’apporter la preuve de leur « manque d’intégrité ».  La Syrie a regretté que les Américains n’aient pas choisi d’être à la tête d’une coalition internationale en faveur de la restitution des terres palestiniennes et syriennes et de la création d’un État palestinien.  « Nous récupèrerons le Golan par la voie de la paix ou de la guerre », a mis en garde le représentant syrien en guise de conclusion.

Le représentant de la République islamique d’Iran s’est félicité de l’adoption des résolutions qui, selon lui, montre l’appui de la communauté internationale à la cause palestinienne.  « La poursuite de l’occupation, les agressions et les atrocités telles que les meurtres de femmes, d’enfants et de personnes âgées, comme aujourd’hui à Gaza, sont un exemple de ce qui se poursuit depuis des décennies », a-t-il accusé.  « La rhétorique de défense israélienne est un écran de fumée pour détourner l’attention de la communauté internationale de ces crimes », a-t-il affirmé, répondant aux dénonciations d’Israël contre le manque de démocratie de son pays.  Le représentant a regretté que, malgré toutes les résolutions de l’ONU, le « régime d’occupation, appuyé par certaines puissances administrantes, ne modifie pas son comportement ».  

« Aujourd’hui, c’est notre journée nationale et nous enterrons nos victimes », a regretté le représentant de l’État de Palestine, indiquant que 34 civils, dont 8 enfants, avaient été tués depuis le début des violences à Gaza, notamment une famille entière hier.  Il a condamné les actions de la Puissance occupante comme des « actes barbares » et demandé que les responsables soient traduits en justice.  Le représentant palestinien s’est néanmoins réjoui que le mandat de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche Orient (UNRWA) ait été renouvelé par 170 votes pour, soit 9 de plus que lors du dernier vote.  Il a aussi noté que seulement deux pays avaient voté contre.  Il s’est dit reconnaissant envers la communauté internationale, qui a su résister « aux pressions et au chantage ».  « L’UNRWA est une réalisation capitale des Nations Unies », a-t-il martelé, remerciant les 30 000 employés de l’Office.  Il a aussi remercié Pierre Krähenbühl, (ex-Commissaire général de l’agence, qui a démissionné suite à une enquête du Bureau des services de contrôle interne).  Ce dernier défendait « une position de principe », raison pour laquelle il aurait été « pris pour cible », selon le délégué palestinien.

ADOPTION D’UN PROJET DE DÉCISION SUR LA REVITALISATION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

La Commission a également adopté sans mise aux voix un projet de décision sur le « Projet de programme de travail et de calendrier de la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) pour la soixante-quinzième session de l’Assemblée générale », par lequel l’Assemblée générale déciderait que les travaux de la Commission débuteraient le 5 octobre 2020 et s’achèveraient le 13 novembre 2020.

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