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CPSD/703
30 octobre 2019
Soixante-quatorzième session, 14e séance – matin

Quatrième Commission: viabilité et sécurité des activités spatiales, deux éléments essentiels au service du développement durable et du bien-être de tous

La Quatrième Commission (questions de politiques spéciales et décolonisation) a, ce matin, entamé l’examen de la coopération internationale touchant les utilisations pacifiques de l’espace, l’occasion pour de nombreuses délégations de brosser un tableau de leurs programmes spatiaux respectifs, mais aussi d’insister sur le potentiel que recèle l’espace pour le développement durable.  Dès lors, il est apparu comme impératif, pour celles-ci, d’assurer la viabilité et la sécurité des activités spatiales à des fins exclusivement pacifiques et au bénéfice de tous.

À l’ouverture du débat, le Président du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS) a souligné que le Comité poursuit actuellement l’élaboration du nouvel agenda et du plan de mise en œuvre de « Espace 2030 » dans le but de maximiser les avantages des activités spatiales et de leurs applications pratiques pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

L’idée de l’espace au service du développement durable, mais surtout des économies nationales, a été défendue par de nombreuses délégations ce matin.  Qu’il s’agisse des applications spatiales en matière de télécommunication, de navigation, de gestion des catastrophes naturelles, de météorologie ou encore d’observation de la Terre et de l’imagerie, le quotidien de tous dépend aujourd’hui de l’espace, ont noté les intervenants.  C’est ce qui explique, pour la RPDC, qu’autant de nations se lancent de nos jours à la conquête de l’espace, dans la mesure où l’exploration de l’espace devient de plus en plus partie intégrante de toute économie nationale.

Le monde émergent n’est d’ailleurs pas à la traîne puisque l’Union africaine a décidé de créer une agence spatiale africaine, installée au Caire, alors qu’un groupe arabe a également été créé pour promouvoir la recherche et la coopération régionale dans les activités spatiales, pour ne citer que deux exemples.  Pour donner un ordre d’idée du potentiel spatial en tant que vecteur de la croissance économique et du développement, l’Union européenne a avancé le chiffre de 90 milliards de dollars pour l’économie européenne au cours des 20 premières années d’exploitation de son système Galilée, qui sera pleinement opérationnel en 2020 avec une constellation de 30 satellites.

L’augmentation frappante du nombre d’États membres du COPUOS, qui sont passés de 77 à 92 en quatre ans et celui des organisations observatrices de 34 à 41, est bien la preuve, pour le Président du Comité, de l’intérêt accru pour les discussions en son sein.  Le Comité se penche désormais sur un large éventail de nouveaux sujets, tels que l’exploration et l’innovation spatiales, les activités liées aux petits satellites, la dépollution des débris spatiaux, la gestion du trafic spatial, le régime juridique de la gouvernance de l’espace, mais surtout pour la coopération internationale sur les dossiers spatiaux.

Si toutes ces questions revêtent un intérêt certain pour les délégations, la menace de la militarisation et d’une nouvelle course aux armements dans l’espace est celle qui les préoccupe le plus.  Face aux annonces publiques faites par certains États de vouloir se doter de capacités offensives dans l’espace pour protéger leur sécurité nationale, de nombreuses délégations ont exigé un régime juridiquement contraignant pour l’interdiction de toute forme d’armes dans l’espace et de son utilisation à des fins belliqueuses.  La promotion de mesures internationales de confiance et de transparence et de codes de conduite ou encore d’accords bilatéraux et multilatéraux est certes nécessaire mais cela ne représente que des mesures intermédiaires qui ne sauraient, selon ces délégations, se substituer à un régime juridiquement contraignant.

L’Union européenne ne semble pas être sur la même « orbite » puisqu’elle a préconisé plutôt une approche sur une base volontaire, ce qui lui semble plus réaliste à court terme pour parvenir à des comportements responsables dans l’espace.  Des discussions sur un instrument ou des normes volontaires pour gouverner les activités humaines dans l’espace viendraient complémenter, selon l’Union, les 21 principes directeurs sur la viabilité à long terme des activités spatiales adoptés par le COPUOS, cette année, par un engagement politique supplémentaire et en créant un cadre de coopération plus structuré.  Ces principes directeurs, dont s’est félicitée l’UE, viendront renforcer la transparence et la confiance dans ce domaine, même si, comme l’a remarqué l’Argentine, leur mise en œuvre dépendra en grande partie de la coopération internationale.

Se faisant l’écho de nombreuses interventions, l’Afrique du Sud a mis en exergue que les bénéfices de l’espace extra-atmosphérique devaient être partagés entre tous les États, quel que soit leur niveau de développement scientifique, technique et économique, et pas seulement entre puissances spatiales.

La Quatrième Commission poursuivra ses travaux demain, jeudi 31 octobre, à partir de 10 heures.

COOPÉRATION INTERNATIONALE TOUCHANT LES UTILISATIONS PACIFIQUES DE L’ESPACE - A/74/20, A/C.4/74/L.7

Déclaration liminaire

Dans son discours introductif, le Président du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS), M. ANDRÉ JOÃO RYPL (Brésil) a présenté le rapport annuel du Comité qui donne un aperçu complet des travaux et des réalisations du Comité et de ses organes subsidiaires cette année.  Le Comité a adopté le préambule et les 21 lignes directrices pour la viabilité à long terme des activités spatiales du COPUOS et pris des décisions importantes concernant les travaux ultérieurs.  Le Président a saisi cette occasion pour souhaiter la bienvenue à Chypre, à l’Éthiopie, à la Finlande, à Maurice et au Paraguay en tant que nouveaux membres du Comité, ce qui porte à 92 le nombre de membres.  L’Union européenne est devenue observatrice permanente auprès du Comité, ainsi que l’Organisation internationale de normalisation (ISO), CANEUS-International et For All Moonkind, les toutes dernières organisations non gouvernementales internationales dotées du statut d’observateur auprès du Comité.

Rappelant que 2018 a marqué le cinquantième anniversaire de la première Conférence des Nations Unies sur l’exploration et les utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique, M. Rypl a affirmé être déjà en mesure de faire le point sur les premiers résultats du processus UNISPACE+50 depuis son lancement en 2015, à savoir une forte croissance depuis quatre ans, le nombre de membres du Comité étant passé de 77 à 92 États membres et de 34 à 41 organisations observatrices.  Cela s’est accompagné d’un intérêt accru pour les discussions au sein du Comité et de ses sous-comités, qui comprennent désormais un large éventail de nouveaux sujets, tels que la santé mondiale, l’exploration et l’innovation spatiales, les activités liées aux petits satellites, la dépollution des débris spatiaux, la gestion du trafic spatial, le régime juridique de la gouvernance dans l’espace, ainsi que la gouvernance et les méthodes de travail du Comité et de ses organes subsidiaires.

Le Comité poursuit actuellement l’élaboration du nouvel agenda et du plan de mise en œuvre de « Espace 2030 » dans le but de maximiser les avantages des activités spatiales pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et la réalisation des objectifs de développement durable, en tenant compte des besoins particuliers des pays en développement, a rappelé le Président.  Ce comité et ses sous-comités, appuyés par le Bureau des affaires spatiales, constituent des plateformes uniques pour la coopération internationale dans le domaine de l’exploration et l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique à des fins pacifiques, pour la gouvernance mondiale de ces activités, pour le développement du droit spatial international, pour la promotion du dialogue entre les nations spatiales émergentes et spatiales et pour la promotion d’une implication accrue de tous les pays dans les activités spatiales, y compris par le renforcement des capacités.  Il est important de renforcer encore le rôle du Comité et de ses sous-comités, a estimé M. Rypl, en tant qu’instance permettant de promouvoir le dialogue et la coopération entre les États membres et les organisations dotées du statut d’observateur permanent auprès du Comité et de renforcer les partenariats entre les États, les organisations intergouvernementales et non gouvernementales, les entreprises et des entités du secteur privé.

« Cette année marque le cinquantième anniversaire de la mission Apollo 11, lorsque l’homme a, pour la première, fois marché sur la surface d’un autre corps céleste.  Cet alunissage était un événement emblématique qui témoigne du pouvoir que l’exploration et l’innovation spatiales ont sur notre imagination », a confié M. Rypl.

Les activités dans l’espace extra-atmosphérique se développent avec l’émergence de nouvelles technologies et de nouveaux acteurs à un rythme sans précédent.  L’espace est véritablement devenu pluriel et cela devrait nous inciter à constater que la plupart des États représentés au sein du Comité sont désormais engagés dans des activités spatiales d’une manière ou d’une autre, a-t-il souligné.  Il est de notre devoir de continuer à coopérer pour favoriser le développement de l’exploration, des sciences et des technologies spatiales et préserver l’environnement spatial, a conclu le Président.

Déclarations

M. MOHAMMAD KURNIADI KOBA (Indonésie), au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), et en sa capacité nationale, a souligné que l’amélioration de l’accès de tous les pays aux technologies spatiales doit être une priorité du Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique, l’ASEAN encourageant le Bureau des affaires spatiales à poursuivre ses activités de renforcement des capacités, en particulier dans les pays en développement.  Il a ajouté que l’ASEAN attache une grande importance à l’utilisation des technologies spatiales pour la réduction des risques de catastrophe, cela en appuyant le Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030 ainsi que rôle dévolu aux technologies spéciales pour réaliser les objectifs fixés par l’Accord de Paris sur le climat.  S’exprimant ensuite en sa capacité nationale, le délégué a indiqué que son pays fait siens les 21 principes du Comité sur la durabilité des activités spatiales durables et souhaite que se poursuivent les discussions sur leur mise en œuvre au sein du nouveau groupe de travail pertinent.  

« Une large partie du budget européen est consacrée à nos systèmes de navigation satellitaire Galilée et EGNOS, ainsi qu’au système d’observation terrestre Copernic », a expliqué Mme CARINE CLAEYS, de l’Union européenne, avant de préciser que 7% de l’économie européenne dépend des systèmes de navigation satellitaires.  Le système Galilée sera pleinement opérationnel en 2020 avec une constellation de 30 satellites, a-t-elle annoncé.  D’après des études indépendantes, il devrait générer 90 milliards de dollars pour l’économie européenne au cours de ses 20 premières années d’exploitation.  La représentante a souligné l’importance d’un « comportement responsable » dans l’espace extra atmosphérique: « Nous pensons que le scénario le plus réaliste à moyen terme est de se mettre d’accord sur un instrument juridique ou des normes volontaires », a-t-elle ajouté.  « Les sujets abordés pourraient inclure la limitation et la dépollution des débris spatiaux, qui sont en partie créés par les tests d’armes antisatellites, ainsi que la prévention des collisions », a suggéré Mme Claeys.

M. TONG HAI LIM (Singapour) a annoncé que son pays s’était porté candidat pour devenir membre du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique, afin de participer pleinement au dialogue et à la coopération internationaux sur la promotion des usages pacifiques et durables des activités spatiales.  Selon lui, il convient de renforcer la pertinence du cadre de gouvernance mondiale de l’espace, notamment en restant en phase avec les dernières avancées technologiques.  Le représentant a aussi signalé l’intérêt des travaux de l’Organisation pour la science, la technologie et l’innovation, qui aide les petits États à contribuer à leur niveau à la promotion des usages pacifiques de l’espace extra-atmosphérique.

M. KITTITHEP DEVAHASTIN NA AYUTHAI (Thaïlande) a réaffirmé l’appui inconditionnel de sa délégation au droit de tous aux usages pacifiques de l’espace extraatmosphérique.  Son pays, membre actif du Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique, réitère, a-t-il dit, la responsabilité collective des États de résoudre les problèmes de gestion des débris spatiaux et du trafic spatial susceptibles d’entraver la bonne conduite des activités spatiales.  Le représentant a, par ailleurs, signalé que son pays élabore actuellement une loi sur l’espace qui ouvrira la voie à la création d’une agence spatiale nationale.  Cet instrument permettra à la Thaïlande de concrétiser ses aspirations en garantissant la conduite systématique, cohérente et responsable de ses activités spatiales, a-t-il indiqué.

Mme MARÍA ANTONIETA SOCORRO JÁQUEZ HUACUJA (Mexique) s’est félicitée de la recommandation pour que Singapour, le Rwanda et la République dominicaine deviennent membres du COPUOS.  L’augmentation du nombre de membres du Comité est la preuve, à ses yeux, de l’importance accordée par les États à la coopération internationale dans les activités spatiales pacifiques.  Elle a fait part de ses inquiétudes par rapport à la possibilité d’une nouvelle course aux armements et d’une militarisation de l’espace extra-atmosphérique.  « Certains États ont publiquement annoncé qu’ils cherchaient à se doter de capacités offensives dans l’espace pour protéger leur sécurité nationale », s’est-elle indignée.  Dès lors, la promotion de mesures internationales de confiance et de transparence et de codes de conduite ou encore d’accords bilatéraux et multilatéraux est nécessaire mais ne représente que des mesures intermédiaires.  Elles ne sauraient, selon la délégation, se substituer à un régime juridiquement contraignant pour l’interdiction de toute forme d’armes dans l’espace et de son utilisation à des fins belliqueuses, a tranché la déléguée.  Il est inacceptable que de façon délibérée ou accidentelle, les systèmes de télécommunication, météorologiques et de navigation dont dépendent les activités quotidiennes de la planète entière soient mis en péril, a-t-elle souligné.  Les agences spatiales et les experts sont des acteurs indispensables pour la lutte contre les changements climatiques et les catastrophes naturelles, a poursuivi la représentante, en demandant à la communauté internationale de tout faire pour assurer la viabilité et la sécurité à long terme des activités pacifiques dans l’espace.  Le Mexique est fier qu’une femme de l’agence spatiale mexicaine ait présidé le COPUOS en 2018.

M. MARTÍN GARCÍA MORITÁN (Argentine) a reconnu l’intérêt commun pour toute l’humanité et le droit de tous les États à participer à l’exploration et à l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique à des fins pacifiques et au service du développement humain.  Le Traité de 1967 sur les activités spatiales reste, selon le représentant, essentiel pour maintenir la paix et la sécurité internationales et promouvoir la coopération internationale dans ce domaine.  Ce Traité est la pierre angulaire du régime juridique international qui régit l’espace, a affirmé le représentant, mais il a reconnu néanmoins que la communauté internationale doit trouver des solutions communes aux nouveaux défis.  À cet égard, l’Argentine a salué les 21 lignes directrice relatives aux activités spatiales durables du COPUOS, soulignant que leur mise en œuvre exigera la coopération internationale.

Pour éviter une course aux armements dans l’espace, les négociations, dans le cadre de la Conférence du désarmement, d’un traité juridiquement contraignant sur la prévention d’une telle course sont nécessaires, a affirmé le représentant.  En attendant, a poursuivi le représentant, il faudra adopter des mesures internationales de confiance et de transparence pour les activités spatiales.  L’Argentine développe pour sa part un programme spatial à des fins exclusivement pacifiques, a assuré M. García Moritán, y compris des satellites et des lanceurs de satellites.  L’an dernier, elle a mis sur orbite le premier satellite de la mission SAOCOM, développé pour le compte de la Commission nationale des activités spatiales (CONAE).  La constellation sera complète en principe au début de l’année 2020 avec le lancement du deuxième satellite SAOCOM chargé de l’observation de la Terre et de collecte de données météorologiques, a précisé le représentant en conclusion.

M. FRANCISCO JAVIER GUTIÉRREZ PLATA (Colombie) a estimé que les débats sur l’espace extra-atmosphérique doivent continuer de se dérouler dans « un cadre multilatéral inclusif prenant en compte les intérêts de tous les États ».  Il a estimé que le COPUOS était l’enceinte dans laquelle devaient avoir lieu ces débats, avant d’indiquer qu’elle occupera une vice-présidence du Comité l’an prochain.

M. ADEL ALFAWZAN (Arabie saoudite) a déroulé les réalisations spatiales de son pays.  « En 1976, le royaume d’Arabie saoudite a contribué à la création d’Arab Sat », a-t-il expliqué.  « Arab Sat, le premier satellite de la constellation a été lancé en 1995.  Depuis, 16 autres ont été mis sur orbite », s’est-il enorgueilli.  Le représentant a indiqué que l’Institut saoudien de l’Espace avait été créé fin 2018 et que celui-ci avait signé un accord ce mois-ci avec son homologue russe.  « Nous avons aussi des accords de coopération dans ce domaine avec l’Europe et les États-Unis », a-t-il précisé.  L’Arabie saoudite a également mis sur orbite deux satellites d’observation nommés A5 et B5 en décembre 2018 ainsi qu’un satellite d’observation de la terre, a-t-il ajouté.

M. KIM IN CHOL (République populaire démocratique de Corée - RPDC) a expliqué que l’exploration de l’espace devient de plus en plus partie intégrante de toute économie nationale.  Voilà pourquoi on peut constater une augmentation du nombre d’États qui se lancent à la conquête de l’espace, ce qui prouve que les applications pratiques de l’utilisation pacifique de l’espace sont cruciales pour les économies nationales, a souligné le représentant.  Dans ce contexte, la promotion de la coopération internationale des activités spatiales à des fins pacifiques sera essentielle à la réalisation des objectifs de développement durable, a-t-il soutenu, en reconnaissant les efforts du COPUOS et du Bureau des affaires spatiales dans ce contexte.

Cependant, la coopération internationale en vertu du Traité sur l’espace extra-atmosphérique de 1967 est confrontée à des difficultés liées à « l’obstruction de certaines puissances » selon lui.  Le délégué en a voulu pour preuve l’impossibilité pour la RPDC d’obtenir un statut d’observateur auprès du COPUOS à cause de l’opposition de certains pays et de leurs politiques de « deux poids, deux mesures ».  Pourtant la RPDC, a-t-il argué, est une nation spatiale qui conçoit des satellites et a ratifié le Traité de 1967 et d’autres instruments internationaux dans ce domaine.  La délégation n’a donc vu aucune raison pour que la RPDC, en tant que pays qui met sur orbite des satellites et État partie aux instruments précités, ne puisse participer aux réunions du COPUOS.  Dès lors, il a reproché aux pays qui soulèvent des objections pour la participation du sien aux travaux du COPUOS d’avoir des motivations politiques qui ne devraient plus être tolérées.

« Les retombées positives de l’espace extra-atmosphérique doivent être partagées par tous les pays, pas seulement par ceux qui disposent de capacités spatiales », a expliqué M. XOLISA MFUNDISO MABHONGO (Afrique du Sud).  Il s’est félicité de la décision de l’Union africaine de créer une agence spatiale africaine, installée au Caire.  Selon lui, « l’économie africaine dépend de plus en plus de l’espace ».  « Nous nous félicitons de la décision de créer un groupe de travail sur la viabilité des activités spatiales » au sein du COPUOS, a-t-il ajouté.  Il a finalement insisté sur la nécessité de passer par un cadre multilatéral pour définir les nouvelles normes spatiales internationales.

Mme SARA ALMUHAIRI (Émirats arabes unis) a appelé à promouvoir le dialogue sur les activités pacifiques dans l’espace.  L’an dernier, les Émirats arabes unis ont entamé une nouvelle phase dans l’exploration spatiale avec la participation du premier astronaute émirati à une mission spatiale.  La poursuite des activités spatiales et l’investissement dans ces activités à des fins pacifiques sont essentiels, a souligné la représentante, qui a annoncé que les Émirats avaient rédigé la première loi sur les activités spatiales au Moyen-Orient, et que son pays avait mis des satellites en orbite.  Mille cinq cents personnes travaillent désormais dans le secteur spatial aux Émirats, dont 47% de femmes, a-t-elle fait valoir, en précisant que l’une des ambitions du programme émirati est l’exploration de la planète Mars.  Il faut promouvoir la coopération internationale dans ce domaine, a-t-elle dit, ce qui a amené les Émirats à signer des accords de coopération avec certaines nations, notamment avec la Fédération de Russie, ainsi qu’avec des institutions spéciales.  Un groupe arabe a été créé pour promouvoir la recherche et la coopération régionale dans le domaine spatial, a encore annoncé la représentante.  L’un de ses premiers projets sera de lancer un satellite météorologique pour les pays arabes.  Les Émirats arabes unis plaident en faveur de cadres juridiques pour assurer la viabilité de l’exploration et de l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, a précisé Mme Almuhairi, qui a conclu en disant que son pays accueillera la soixante et onzième Conférence internationale sur la navigation spatiale en 2020.

« Toutes les règles spatiales devraient être édictées au sein du COPUOS et non en dehors », a soutenu M. ELTON KHOETAGE HOESEB (Namibie), ajoutant que « l’objectif est d’éviter une course aux armements dans l’espace ».  Il a affirmé que son pays est fier d’accueillir « le plus grand système de télescopes optiques au monde », avec cinq télescopes et des scientifiques en provenance de 13 pays.  Le représentant a insisté sur l’importance des technologies spatiales pour observer et lutter contre les changements climatiques.

M. WISAM ALQAISI (Iraq) a salué les applications positives des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique sur le quotidien des personnes, notamment dans les domaines de la communication, la gestion des catastrophes naturelles, la navigation et la météorologie.  Nul n’ignore que l’Iraq fait partie du COPUOS, a déclaré le représentant, pour lequel le cinquantenaire de la Conférence des Nations Unies sur l’exploration et les utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique et le programme « Espace 2030 » témoignent d’une vision commune du potentiel de l’espace en tant que vecteur de développement durable pour tous.  Le représentant a souligné que les lacunes technologiques ne devaient pas pénaliser les États concernés ni les empêcher de tirer parti des applications pacifiques des sciences spatiales.  Pour sa part, l’Iraq a accordé une priorité aux activités pacifiques dans l’espace extra-atmosphérique.  En coopération avec le Gouvernement italien et l’UNIDO, le premier satellite iraquien type universitaire a pu être développé, a confié le représentant.  L’Iraq utilise également les données spatiales pour mesurer la présence de gaz dans l’air et se sert de l’imagerie spatiale pour mesurer l’impact du conflit dans les zones libérées de Daech, a ajouté M. Alqaisi.  Il a rendu hommage à toutes les institutions spatiales qui lui ont fourni des données dans ce cadre.  En conclusion, il a condamné et refusé toute militarisation de l’espace extra-atmosphérique et appelé à développer un régime international juridiquement contraignant pour garantir les usages strictement pacifiques de l’espace.

M. KENTARO KANETO (Japon) a appelé la communauté internationale à coopérer plus activement sur la question de la menace que font peser les débris spatiaux, le Japon développant des projets technologiques pour permettre leur retrait actif.  Une agence spécialisée sur cette question s’efforce, en lien avec les services de l’État, de mettre au point des systèmes efficaces de retrait, a-t-il ajouté.  Le représentant a, d’autre part, souligné l’aide apportée par le Japon, aux côtés du Bureau des affaires spatiales, aux pays en développement, parmi lesquels le Kenya, le Guatemala, Maurice, l’Indonésie et la Moldavie, pour que ceux-ci puissent renforcer leurs capacités d’exploitation de l’espace à des fins socioéconomiques.  Pour ce qui est de la coopération régionale, le délégué a signalé que son pays organise chaque année, dans le cadre du Forum régional Asie-Pacifique des agences spatiales, une conférence majeure sur l’apport des technologies spatiales dans la résolution des problèmes régionaux tels que la gestion des catastrophes.

« L’Inde s’est lancée dans les technologies spatiales, il y a 50 ans, et 160 applications spatiales ont été mise au point jusqu’à présent », a expliqué M. DEEPAK MISRA (Inde), avant de détailler les succès enregistrés par le programme spatial de son pays en 2019.  Un centre dédié à la réalisation d’un vol habité a été créé cette année et une conférence sur ce sujet se tiendra à Bangalore en 2020, a-t-il poursuivi.  Le représentant a ensuite détaillé la série d’accords bilatéraux et multilatéraux qu’a conclus son pays qui, en tant que membre de l’initiative UNISPACE+50, a lancé un programme de renforcement de capacité sur la réalisation de petits satellites, baptisé UN Space Nano-satellite Assembly and Training (UNNATI).  Selon lui, ce programme de développement de nanosatellites constitue « une contribution unique offrant d’excellentes opportunités aux entités dans les pays en développement » pour renforcer leurs capacités spatiales.  Le délégué a conclu en affirmant que « La coopération internationale et le consensus » sont indispensables pour mettre en place de nouvelles normes et règlements dans l’espace extra-atmosphérique.

M. MOHANNAD ADNAN MOUSA SHADDAD (Jordanie) a rappelé qu’un centre régional pour les sciences et techniques spatiales avait été créé en 2012 en Jordanie.  Il est chargé, entre autres, de favoriser la coopération régionale dans ce domaine, mais également d’offrir des cours de formation.  La Jordanie a lancé en 2018 l’un des plus petits satellites du monde, CUBE-SAT, conçu par des experts locaux alors que le satellite GY1 l’a été par des étudiants jordaniens formés à la NASA et à l’agence spatiale des Émirats arabes unis, a expliqué le représentant.

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