La Commission de consolidation de la paix élit son nouveau bureau et adopte le rapport de sa douzième session

CCP/131
28 janvier 2019
Treizième session, Comité d’organisation, 1re séance – matin

La Commission de consolidation de la paix élit son nouveau bureau et adopte le rapport de sa douzième session

Ce matin, la Commission de consolidation de la paix (CCP) a élu par acclamation le Bureau de sa treizième session, portant ainsi à sa présidence, jusqu’au 31 décembre 2019, M. Fernandez de Soto Valderrama, de la Colombie.

La Commission a également réélu les pays suivants pour présider ses formations de pays pour la période allant jusqu’au 31 décembre 2019: le Brésil pour la Guinée-Bissau; le Canada pour la Sierra Leone; le Maroc pour la République centrafricaine; la Suède pour le Libéria et la Suisse pour le Burundi.

Avant de céder la place à son successeur, le Président sortant de la douzième session, M. Ion Jinga, de la Roumanie, qui occupera, aux côtés de M. Mohamed Fathi Ahmed Edrees, Représentant permanent de l’Égypte, les fonctions de Vice-Président de la treizième session de la CCP, a présenté un bref bilan de sa présidence.

M. Jinga a notamment souligné que l’objectif de la Commission a été de rechercher plus de cohérence et de synergies à l’échelle du système onusien et international pour appuyer les efforts de consolidation de la paix en Gambie, en République centrafricaine, en Guinée-Bissau, au Libéria et en Sierra Leone. 

Pendant sa douzième session, la Commission a également renforcé son rôle consultatif auprès du Conseil de sécurité, et le Président sortant a encouragé la CCP à aligner encore davantage son calendrier de travail sur celui du Conseil afin de renforcer la cohérence et d’éviter la compartimentalisation des efforts, en particulier dans le contexte du Sahel. 

M. Jinga n’a pas manqué de souligner l’importance du partenariat stratégique de la Commission avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), et a remercié les membres de la CCP d’avoir soutenu sa proposition de tenir une réunion annuelle entre la CCP et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA. 

Cette dimension régionale figure d’ailleurs parmi les trois priorités autour desquelles M. Valderrama a dit vouloir structurer sa présidence.  Ce dernier a notamment annoncé son intention de répondre à une invitation de l’Organisation des États Américains (OEA) pour explorer prochainement des voies possibles de coopération. 

Il a aussi dit souhaiter renforcer le partenariat et la coopération avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque interaméricaine de développement ou encore avec la CEDEAO et l’Union du fleuve Mano et, bien entendu, avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine avec lequel, a-t-il précisé, la Commission poursuivra la nouvelle pratique de réunions annuelles.

Le Président de la treizième session de la CCP a aussi insisté sur le rôle d’accompagnement de la Commission dans le processus de consolidation de la paix au Libéria après le retrait récent de la mission de maintien de la paix.  À ce titre il a dit vouloir donner la priorité à la mise en œuvre du plan national pour la consolidation de la paix du Gouvernement libérien, et au dialogue sur le développement du pays dans ce contexte. 

Parmi ses autres priorités, M. Valderrama a cité le renforcement du « rôle de trait d’union » de la CCP entre les organes principaux et les entités pertinentes des Nations Unies, ainsi que de sa fonction consultative auprès du Conseil de sécurité. 

« Cela revêtira une dimension particulièrement importante lorsque le Conseil se penchera sur les questions de réduction des missions de paix et des missions politiques et du renouvellement de mandats, dans la mesure où la CCP peut apporter au Conseil de sécurité des connaissances vastes et diverses en matière de consolidation de la paix », a-t-il commenté.

Ce dernier a aussi dit vouloir améliorer davantage la synergie entre la CCP et le Fonds pour la consolidation de la paix, et poursuivre la mise en commun des bonnes pratiques en matière de consolidation de la paix, notant que cela avait été possible dans le passé grâce à l’organisation de réunions auxquelles des pays comme le Burkina Faso, la Sri Lanka, la Somalie et la Colombie ont pu échanger et partager leurs expériences. 

« Ce processus a mis en avant que malgré les origines diverses dans le monde et à des moments différents dans leurs histoires, ces pays rencontrent des situations et problématiques semblables et peuvent tirer profit des expériences des autres », a-t-il souligné, jugeant utile d’étendre cette expérience à de nouveaux pays tout en faisant appel aux pays dans le giron de la CCP.

À la veille du septième et dernier examen du dispositif de consolidation de la paix qui aura lieu en 2020, M. Valderrama a également annoncé son intention d’organiser des consultations officieuses avec les États Membres pour comprendre quelles sont leurs attentes par rapport à cet examen.

Les Vice-Présidents entrants ont également fait quelques remarques.  M. Edress a notamment fait part de son intention de renforcer les partenariats stratégiques entre la CCP et l’UA et de travailler à revitaliser le cadre africain de la consolidation de la paix, tandis que M. Jinga a attiré l’attention sur la valeur ajoutée des rapports de la CCP, élaborés sur la base de visites sur le terrain, une pratique qu’il a encouragé M. Valderrama à poursuivre.

Le Sous-Secrétaire général chargé du Bureau d’appui à la consolidation de la paix, M. Oscar Fernandez-Taranco, est également intervenu ce matin pour insister, entre autres, sur le besoin d’une synergie renforcée entre la CCP et le Fonds pour la consolidation de la paix, encourageant notamment la Commission à avoir des discussions politiques sur le Fonds et ses actions « sans pour autant en compromettre l’indépendance ».  Une réunion à cet effet aura lieu dans la semaine à venir, a-t-il précisé.

« Ce qui est essentiel dans la réforme en cours de l’architecture de maintien de la paix, c’est que les Nations Unies seront mieux à même de procéder à une planification précoce et stratégique en s’appuyant sur la palette entière des outils et entités pour favoriser la consolidation de la paix », a-t-il fait valoir.

La réunion a également été marquée par l’intervention des présidents des formations pays de la CCP qui ont présenté les grandes lignes de leur travail actuel et à venir.

Président de la formation Guinée-Bissau, le représentant du Brésil, a fait état de retards dans le processus électoral en cours dans le pays.  Alors que les contributions au Fonds d’affectation spéciale pour les activités du Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau s’élève à 1,8 millions de dollars, il a mis l’accent sur l’importance du financement pour aider le pays à offrir des services de base à sa population et poursuivre ses réformes, rappelant dans la foulée que le Conseil de sécurité doit se pencher sur le renouvellement du mandat du BINUGBIS en fin février.   

Lui emboitant le pas, le représentant de la Suède, qui préside la formation Libéria, a rappelé qu’outre le retrait de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), le pays a connu son premier transfert démocratique du pouvoir.  Il a annoncé qu’il présentera, jeudi, le plan national de développement du Libéria aux membres de la CCP. 

Rappelant qu’il avait siégé au Conseil de sécurité jusqu’en décembre 2018, le délégué suédois a par ailleurs expliqué avoir insisté, tout au long de son mandat sur l’importance du travail des formations pays et a espéré qu’à l’avenir des discussions régulières pourront être organisées entre le Conseil et la CCP.  Il a aussi remarqué que 2019 doit être une année charnière pour progresser dans les réformes amorcées au sein de l’ONU, et a souhaité que ce processus permette à la CCP d’asseoir son rôle dans l’architecture de la consolidation de la paix.

À son tour, Le représentant de la Suisse, qui est à la tête de la formation Burundi, a rappelé le rendez-vous électoral de 2020, même si, à ce stade, la formation compte se consacrer à l’appui aux efforts de médiation et à la poursuite du dialogue entre le Gouvernement et les acteurs de la communauté internationale au sujet du plan de développement du Burundi qui a été présenté l’an dernier.  Elle vise aussi à renforcer les acquis sur la base de l’Accord de paix d’Arusha et à soutenir les efforts en cours pour la réconciliation nationale, a ajouté le délégué, qui a par ailleurs demandé des précisions sur la forme que prendra le dialogue entre la CCP et les nouveaux coordonnateurs résidents de pays. 

Le Président de la formation Sierra Leone, le représentant du Canada, est revenu, de son côté, sur le rôle « très important » joué par celle-ci avant et juste après les élections en Sierra Leone, précisant que depuis lors, elle s’est concentrée sur les discussions avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.  Il a par ailleurs estimé que la communication d’informations pertinentes aurait été d’autant plus importante si cela avait pu se dérouler en amont des élections en Sierra Leone.  Dans ce cas, la CCP doit travailler avec le Gouvernement et l’équipe pays pour définir les priorités du pays dont les institutions doivent à présent fournir des résultats concrets, a conclu le représentant canadien. 

Enfin, le Maroc, en qualité de président de la formation République centrafricaine, a annoncé que sa prochaine visite sur place est prévue à la mi-février et qu’il briefera le Conseil de sécurité le 21 février sur la situation dans ce pays.

En fin de séance, le Guatemala et l’Allemagne sont intervenus en leur capacité de membres de la CCP, le premier pour appuyer l’idée du rapprochement entre la Commission et l’OEA, et l’autre pour indiquer qu’en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, elle est prête à assumer le rôle de coordonnateur officieux entre cet organe et la CCP. 

Relevant que la majeure partie du travail de la CCP se fait en Afrique, le représentant du Kenya a appelé à mettre l’accent sur le lien stratégique entre le travail effectué au Siège, à New York, et ce qui se fait sur le terrain, notamment en termes de soutien aux accords de paix, de missions de transition et d’initiatives pour les femmes et les jeunes.  Le Kenya encourage aussi la CCP à réfléchir aux causes profondes des conflits, en collaboration avec d’autres entités et organes onusiens. 

Le Bangladesh a, quant à lui, souhaité que le nouveau système de coordonnateurs résidents soit reflété dans les travaux de la CCP, tandis que l’Union européenne a mis l’accent sur l’importance que revêt l’année 2019 en termes de réformes au sein de l’ONU. 

En début de séance, la CCP a adopté le rapport* de sa douzième session, tel qu’oralement amendé.

*PBC/12/OC/L.1

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