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AG/PAL/1426
20 novembre 2019
397e séance – après-midi

Le Comité des Palestiniens transmet quatre projets de texte à l’Assemblée générale et entend un exposé alarmant sur la situation humanitaire à Gaza et dans le Territoire palestinien occupé

Le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien a recommandé, cet après-midi, l’adoption de quatre projets de résolution par l’Assemblée générale, au cours d’une brève réunion qui a notamment été marquée par les mises en garde du Coordonnateur spécial adjoint pour le processus de paix au Moyen-Orient et Coordonnateur résident des Nations Unies et Coordonnateur humanitaire pour le Territoire palestinien occupé, M. Jamie McGoldrick.

L’Observateur permanent de l’État de Palestine a appelé à cette occasion les délégations « à prêter main forte » au moment de la mise aux voix de ces quatre projets de résolution à la fois en se portant coauteurs et en votant en leur faveur.  Trois d’entre eux sont des reconductions techniques, a-t-il précisé en parlant de ceux relatifs au travail du Comité, à la Division des droits des Palestiniens et au programme d’information spécial sur la question de Palestine du Département de la communication globale tandis que le quatrième, qui porte sur le règlement pacifique de la question de Palestine, a été allégé sans pour autant en écarter les principes de fond.

La mise aux voix aura lieu le 3 décembre à l’Assemblée générale, le Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, M. Nerville Gertz, insistant pour que la communauté internationale vienne témoigner son soutien à la cause palestinienne dans un contexte sous haute tension, alors que le Secrétaire d’État américain, M. Mike Pompeo, vient de déclarer que les colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie ne sont pas nécessairement illégales au regard du droit international.

L’Observateur permanent de l’État de Palestine, M. Riyad Mansour, est revenu sur le débat de ce matin au Conseil de sécurité au cours duquel cette position unilatérale de Washington a été abordée.  En réponse, la partie palestinienne a jugé impératif d’exiger la pleine application du droit international et de chacune des résolutions pertinentes du Conseil, suivie en cela par Cuba, l’Arabie saoudite et la Tunisie ainsi que la Ligue des États arabes et l’Organisation de la coopération islamique.

M. Mansour s’est dit satisfait des échanges de ce matin au Conseil ainsi que des délibérations officieuses qui ont eu lieu hier.  Comme il l’a rappelé, la Présidente du Conseil s’est adressée aux médias pour faire une déclaration générale ce matin, y compris sur ces délibérations officieuses, alors que les pays européens ont condamné toute idée d’annexion et réaffirmé l’illégalité de ces colonies.  Les 10 membres non permanents du Conseil de sécurité ont également lu un texte à la presse et, par la suite, M. Mansour s’est adressé aux journalistes pour remercier tous ceux qui ont défendu cette position.  Il s’est dit reconnaissant pour cette démonstration de force face à « cette posture d’attaque du Gouvernement américain », y voyant un appui sans faille à la cause palestinienne et à la réalisation de la solution des deux États avec Jérusalem-Est comme capitale.

M. Mansour a également condamné la violence qui a fait plus de 30 morts à Gaza ces derniers jours, dont des femmes et des enfants.  Il a exigé qu’une enquête indépendante soit menée pour que les responsables de ces « actes odieux » soient traduits en justice, en profitant pour appeler à nouveau à la levée du blocus de Gaza.  Compte tenu de l’escalade des tensions, l’Observateur a évoqué la possibilité d’une réunion de la Ligue des États arabes et de l’Organisation de la coopération islamique, en vue de réfléchir ensemble aux mesures à prendre pour faire face à ceux « qui mettent à mal le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité ».  Cette annonce a été confirmée par les deux institutions en question qui vont tenir une réunion d’urgence le 25 novembre et ont unanimement condamné la prise de position américaine sur les implantations israéliennes en Cisjordanie, la qualifiant de « nulle et non avenue ».  Pour la Ligue, ce revirement de Washington nuit à la légitimité morale des États-Unis, mais il s’agit d’une position « isolée » face aux 14 autres membres du Conseil de sécurité, comme son représentant l’a fait remarquer.

Venu présenter son dernier rapport en date et faire le point sur la situation humanitaire dans le Territoire occupé palestinien, le Coordonnateur spécial, M. McGoldrick, a tiré la sonnette d’alarme face à une économie anémique à Gaza, avec un taux de 70% de chômage chez les jeunes, et seulement quatre heures d’électricité par jour avant qu’un don de carburant du Qatar n’ait permis de les étendre à 13 heures quotidiennes.  Le haut fonctionnaire a également fait état d’un système sanitaire au bord de l’effondrement, marqué par des pénuries de médicaments et de machines de dialyse; plus de 1 200 blessés par balle dans le contexte de la Grande Marche du retour qui sont sur la liste d’attente au risque de perdre un membre par amputation faute de soins; des autorisations de sortie fréquemment refusées même aux malades en situation critique; une hausse frappante des troubles psychosociaux comme les suicides et la violence domestique, ou encore un territoire où 97% de l’eau n’est plus potable, alors que le travail de l’UNRWA* est entravé par des problèmes financiers.  Pour M. McGoldrick, il faut impérativement un engagement politique pour changer la donne à Gaza, soulignant que 1,4 million de personnes sur 2 millions de Gazaouis dépendent de l’aide humanitaire.

Passant à la Cisjordanie, le Coordonnateur spécial a fait état d’une augmentation de la violence liée aux colons israéliens et dénoncé l’impunité dont ceux-ci jouissent en s’indignant notamment du fait que les colons peuvent s’arroger des terres publiques et privées, laissant les Palestiniens sans recours. À Jérusalem-Est, c’est le problème des expulsions de familles palestiniennes de leurs foyers qui se poursuit, a expliqué le haut fonctionnaire.  En effet, selon ses données, les autorités israéliennes auraient démoli 10 bâtiments résidentiels et expulsé 200 familles palestiniennes.  Sans solution politique, l’avenir est extrêmement précaire dans le Territoire palestinien occupé, a conclu M. McGoldrick sur une note grave.

Le Président du Comité a, par ailleurs, profité de cette réunion pour rappeler que, le 27 novembre, serait observée la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien et passer en revue les différents événements prévus à cette occasion.  L’Organisation de la coopération islamique a annoncé la tenue d’une série de manifestations culturelles et autres, notamment à Djedda et en Malaisie.

La Vice-Présidente et Rapporteuse par intérim du Comité, Mme Adela Raz, a présenté le rapport du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.

La prochaine réunion du Comité sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.

*Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.

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