Comité spécial de la décolonisation: le Secrétaire général plaide pour que la voix des 17 territoires non autonomes soit entendue

AG/COL/3328
21 février 2019
1re séance plénière – matin

Comité spécial de la décolonisation: le Secrétaire général plaide pour que la voix des 17 territoires non autonomes soit entendue

Pour réaliser la décolonisation, les voix des peuples des territoires non autonomes doivent être entendues, a estimé ce matin le Secrétaire général de l’ONU, à l’occasion de l’ouverture de la session 2019 du Comité spécial de la décolonisation. 

M. António Guterres a félicité le Comité spécial pour ses efforts inlassables visant à soutenir les peuples des territoires non autonomes dans la réalisation de leur droit à l’autodétermination, mais aussi pour avoir su entretenir le dialogue et la coopération avec les puissances administrantes et toutes les autres parties concernées.  Il est essentiel, a dit le Secrétaire général, que les peuples des territoires non autonomes comprennent les différentes options pour déterminer leur statut politique et leur droit de choisir librement leur avenir.  Il y a toujours 17 de ces territoires dans le monde et « chacun d’entre eux mérite notre attention, chacun d’entre eux attend toujours son autodétermination ».

En novembre dernier, a noté le Secrétaire général, les Néocalédoniens ont exprimé leur choix par un référendum qui a été un jalon important dans le processus de décolonisation.  M. Guterres a salué la coopération de la France, puissance administrante, tout au long du processus référendaire, conformément à l’Accord de Nouméa de 1998.  Il a également relevé le rôle positif du Comité spécial qui a effectué deux missions sur place, en prévision du référendum.

Après avoir formé son Bureau, le Comité spécial a adopté son programme de travail* et relevé qu’à ce jour, aucun pays ne s’est proposé pour accueillir, cette année, son séminaire régional.  La Présidente élue, Mme Keisha Aniya McGuire, de la Grenade, a imputé cette situation aux coupes budgétaires de ces dernières années qui ont empêché le Comité de s’acquitter correctement de deux volets importants de son mandat, à savoir l’organisation de son séminaire régional et l’envoi de missions dans les territoires non autonomes.

Le Président sortant, M. Walton Alfonso Webson, d’Antigua-et-Barbuda, a suggéré de poursuivre les discussions avec le Royaume-Uni sur l’éventualité d’organiser le séminaire régional dans l’un de ses territoires d’outre-mer même si la Fédération de Russie a dit craindre des problèmes de visas.

Le Président sortant a profité de l’occasion pour inviter les membres du Comité à réfléchir à ce qui a réellement été accompli à deux ans de la fin de la troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme.  Le succès du Comité, a-t-il prévenu, sera jugé à l’aune des progrès dans le processus de décolonisation.  L’Indonésie a souligné qu’il n’y a pas de solution à taille unique et argué que le processus de décolonisation sera propre à chacun des 17 territoires non autonomes.  La Syrie, également Rapporteur du Comité, a estimé que le Comité peut être fier de lui contrairement à la Ligue des États arabes qui a légitimé la guerre, en donnant à certains pays un droit de colonisation.  La plupart des territoires non autonomes ayant pour puissance administrante trois membres permanents du Conseil de sécurité, la Syrie a insisté sur la responsabilité du Comité de clore le chapitre de la colonisation.

Clore ce chapitre ne peut se faire sans la collaboration des puissances administrantes, a acquiescé le Président sortant qui s’est réjoui du dialogue fructueux de ces deux derniers mois entre le Bureau du Comité et certaines puissances administrantes.  Le Bureau a en effet eu l’occasion de s’entretenir avec la Nouvelle-Zélande de la question de Tuvalu, de l’amélioration de la gouvernance du territoire et de sa résilience aux changements climatiques, et avec le Royaume-Uni, de la possibilité de dépêcher une mission dans ses territoires et d’y organiser le séminaire régional de 2019.  Il a aussi été question du blanchiment d’argent et de l’impact du Brexit sur le statut de Gibraltar.  La question de ce territoire a aussi été abordée avec l’Espagne, alors que celles de la Nouvelle-Calédonie et de son référendum ainsi que de la Polynésie française ont été discutées avec la France.

La nouvelle Présidente a promis de renforcer le dialogue avec les puissances administrantes, mais aussi avec les représentants des territoires non autonomes et toute autre partie concernée par le processus de décolonisation des 17 territoires non autonomes.  Nous espérons que la Présidente sera aussi imperturbable que « Mc Gyver », a dit l’Indonésie dont le jeu de mot avec « McGuire » a provoqué l’hilarité.  Cuba, Sierra Leone, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Iraq, Nicaragua, Fédération de Russie, Sainte-Lucie, Timor-Leste et Tunisie ont tous souligné la pertinence toujours réelle du Comité spécial. 

Le Bureau du Comité est composé de Mme Keisha Aniya McGuire, de la Grenade, à la présidence; et de Mme Ana Silvia Rodríguez Abascal, de Cuba; et de MM. Francis Mustapha Kai-Kai, de la Sierra Leone; et Dian Triansyah Djani, de l’Indonésie, aux vice-présidences.  M. Bashar Ja’afari, de la Syrie, occupe le poste de Rapporteur.

 

*A/AC.109/2019/L.2

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