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AG/12226
12 décembre 2019
Soixante-quatorzième session, 45e séance plénière – matin

L’Assemblée générale proclame le 20 juillet « Journée mondiale du jeu d’échecs » et adopte des textes sur la culture de paix

« Alors que le jeu d’échecs symbolise le champ de bataille, il est devenu dans la psyché étroitement lié à la paix: l’échiquier étant vu comme un champ de la diplomatie et du multilatéralisme », a expliqué l’Arménie, ce matin, avant que l’Assemblée générale ne proclame le 20 juillet, « Journée mondiale du jeu d’échecs », adoptant dans la foulée et par consensus des textes relatifs à la culture de paix et à l’enquête sur la mort de l’ancien Secrétaire général, Dag Hammarskjöld.

En présentant la résolution sur la « Journée mondiale du jeu d’échecs », dont la date correspond à celle de la création, en 1924 à Paris, de la Fédération internationale des échecs, l’Arménie a souligné que ce jeu, l’un des plus anciens, des plus intellectuels et des plus culturels, associe à la fois sport, raisonnement scientifique et aspects artistiques.  Il favorise l’équité, l’inclusion et le respect mutuel et peut contribuer à créer un climat de tolérance et de compréhension entre les peuples et les nations.  Les échecs, a poursuivi l’Arménie, peuvent apporter de précieuses contributions à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, pour ce qui est, entre autres, du renforcement de l’éducation, de l’égalité des genres et de l’avancement des femmes et des filles.  L’Arménie a dit espérer que la Journée mondiale permettra de se réengager en faveur des valeurs intrinsèques qui unissent les Nations Unies.  Elle a d’ailleurs rappelé que la devise de la Fédération internationale des échecs est « Gens una sumus »: « Nous sommes une seule famille ». 

La résolution sur la « Promotion du dialogue, de l’entente et de la coopération entre les religions et les cultures au service de la paix », oralement amendée, a été présentée par les Philippines qui ont expliqué que le texte, compte tenu du contexte actuel, est plus utile que jamais.  Ses deux objectifs sont de promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel pour parvenir à la paix et à la stabilité; et de renforcer les mécanismes d’un dialogue constructif entre les positions les plus divergentes.  La résolution souligne aussi l’importance du rôle de l’UNESCO et les contributions précieuses de l’Alliance des civilisations à tous les niveaux.  Elle prend note du « document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et le vivre-ensemble » signé par le pape François et le grand imam d’Al‑Azhar, Ahmed el‑Tayeb, le 4 février 2019 à Abou Dhabi, et salue l’ouverture du corridor du Kartarpur Sahib ainsi que l’acte « historique » que constitue l’accord que l’Inde et le Pakistan ont conclu pour exempter de visa les pèlerins de toutes confessions, en particulier les Nanak Naam Levas et les Sikhs du monde entier. 

Cet accord n’a pas empêché le Pakistan de décrier aujourd’hui l’islamophobie aux proportions « meurtrières » en Inde, alimentée par le parti au pouvoir « BJP-RSS ».  Il a dénoncé la loi, « de toute évidence antimusulmane », approuvée hier par le Parlement indien qui « accorde la nationalité à toutes les minorités sauf les musulmans ».  Le Pakistan est aussi revenu sur « l’annexion du Jammu-et-Cachemire et l’oblitération de son identité » et a demandé à la communauté internationale de se réveiller, avant qu’il soit trop tard pour la paix et trop tard pour des millions de Cachemiriens, de Pakistanais et d’Indiens qui risquent de périr dans un conflit entre deux États nucléaires. 

La résolution sur la « Suite donnée à la Déclaration et au Programme d’action en faveur d’une culture de paix » a été présentée par le Bangladesh qui a expliqué que le texte se félicite du Forum de haut niveau sur la culture de la paix qui s’est tenu le 13 septembre 2019 à l’occasion du vingtième anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action.  Il se félicite aussi que ces deux documents maintiennent leur pertinence au regard des trois piliers des Nations Unies, lesquels sont interconnectés et se renforcent mutuellement, pour relever les défis actuels et prie la présidence de l’Assemblée générale d’envisager d’organiser un forum de haut niveau sur la mise en œuvre du Programme d’action le ou vers le 13 septembre 2020. 

Si quelque chose a changé depuis l’adoption de la Déclaration, il y a 20 ans, a dit l’Équateur, ce sont les technologies de l’information et des communications, notamment les médias sociaux qui pourraient être une arme mais aussi un outil pour promouvoir une culture de paix et de non-violence.  Il est essentiel, ont renchéri les Maldives, soutenues par l’Arabie saoudite, d’en modérer les contenus, y compris en langue locale.  À propos de cette « violence virtuelle », le Panama a salué les initiatives des Nations Unies en faveur d’une communication ouverte et fluide avec les grandes entreprises des technologies et des réseaux sociaux pour trouver les moyens de réduire les discours de haine et les contenus extrémistes sur Internet.  La résolution invite d’ailleurs le Secrétaire général à réfléchir aux mécanismes et stratégies qu’il conviendrait d’adopter, en particulier dans le domaine de l’informatique et des communications, pour mettre en œuvre la Déclaration et le Programme d’action. 

Dag Hammarskjöld s’en serait peut-être félicité, lui qui était un « homme de paix » avec une « foi dans les gens et dans cette Organisation ».  Aujourd’hui, la Suède a présenté la résolution relative à l’enquête sur les conditions et les circonstances de la mort de l’ancien Secrétaire général et de ceux qui l’accompagnaient.  Le texte prie le Secrétaire général de reconduire dans ses fonctions l’Éminente Personnalité chargée de l’enquête, et demande aux États mentionnés dans le rapport d’apporter à cette dernière une coopération et une assistance sans réserve et d’encourager les particuliers et les entités privées à communiquer tous les documents pertinents.  

L’Assemblée générale se réunira de nouveau cet après-midi pour se prononcer sur les recommandations de sa Première Commission chargée du désarmement et de la sécurité internationale.

ENQUÊTE SUR LES CONDITIONS ET LES CIRCONSTANCES DE LA MORT TRAGIQUE DE DAG HAMMARSKJÖLD ET DES PERSONNES QUI L’ACCOMPAGNAIENT

Présentant le projet de résolution A/74/L.20, M. OLOF SKOOG (Suède) a déclaré que, depuis 2015, le juge Mohamed Chande Othman a supervisé des progrès majeurs, d’abord comme Président du Groupe indépendant d’experts puis comme Éminente Personnalité nommée par le Secrétaire général.  Son dernier rapport, publié au début du mois d’octobre, est substantiel et présente de nouvelles informations précieuses.  L’Éminente Personnalité conclut qu’il est toujours probable qu’une attaque extérieure ou une menace d’attaque ait été la cause de l’accident.  Des questions spécifiques, a estimé M. Skoog, exigent un suivi et c’est la raison d’être du projet de résolution présenté aujourd’hui. 

La résolution, a expliqué le représentant, contient un dispositif de six paragraphes dont les plus importants sont les paragraphes 1, 3 et 4.  Le paragraphe 1 prie le Secrétaire général de reconduire dans ses fonctions l’Éminente personnalité.  Cette enquête exhaustive, a souligné le représentant, ne peut que bénéficier de la continuité et nous sommes convaincus que personne n’est mieux placé que le juge Othman pour poursuivre et conclure l’enquête.  Beaucoup a déjà été fait et, en conséquence, nous croyons qu’il est possible de conclure l’enquête pendant le prochain mandat de l’Éminente Personnalité. 

Mais, a prévenu le représentant, il faudra la pleine coopération des États Membres.  Le paragraphe 3 demande justement aux États mentionnés dans le rapport d’apporter une coopération et une assistance sans réserve à l’Éminente Personnalité, notamment en nommant sans tarder des responsables indépendants de haut niveau chargés de déterminer si les archives de leurs services de sécurité, de renseignement et de défense contiennent des informations pertinentes.  Ce paragraphe encourage aussi l’Éminente Personnalité à poursuivre ses échanges avec tous les responsables de haut niveau, y compris ceux qui ont achevé leurs travaux, pour tirer parti de leur travail et de l’expertise qu’ils ont acquise. 

Dans son rapport, a poursuivi le représentant, l’Éminente Personnalité reconnaît que les États Membres mais aussi des particuliers ont partagé informations et expertise.  En conséquence, le paragraphe 4 demande aux États Membres d’encourager les particuliers et les entités privées à communiquer tous documents concernant la mort de Dag Hammarskjöld et des personnes qui l’accompagnaient pour que l’Éminente Personnalité puisse les examiner. 

Le représentant a dit compter que ce projet de résolution, comme les années précédentes, soit adopté sans vote car il est de notre responsabilité commune de rechercher la vérité sur cette question.  Les Nations Unies et tous les États Membres doivent continuer à n’épargner aucun effort pour faire la lumière sur ce qui s’est passé avec le vol SE-BDY, l’« Albertina ».  Nous le devons aux familles de ceux qui ont péri, il y a 58 ans, et nous le devons aux Nations Unies en tant qu’Organisation, a insisté le représentant.  Dans ce qui est sa dernière intervention à la tribune de l’Assemblée générale, il a tenu à souligner à quel point la Suède est fière de Dag Hammarskjöld et du travail qu’il a accompli comme Secrétaire général de l’ONU.  C’était un homme qui croyait fermement dans l’égalité des droits entre les nations, petites ou grandes.  C’était un champion de la paix, doté d’un sens du devoir et d’une vision extraordinaires.  C’était un homme spirituel d’une grande intégrité.  Il avait la foi dans les gens et dans cette Organisation.  Pour honorer son héritage, j’espère que nous pourrons renouveler notre engagement en faveur du multilatéralisme et renforcer les Nations Unies, a conclu le représentant. 

CULTURE DE PAIX

Pour l’examen de cette question, l’Assemblée générale était saisie des rapports du Secrétaire général sur la « Promotion d’une culture de paix, du dialogue, de l’entente et de la coopération entre les religions et les cultures au service de la paix » (A/74/476) et sur « Un monde contre la violence et l’extrémisme violent » (A/74/195). 

Mme RABAB FATIMA (Bangladesh) a présenté le texte intitulé « Suite donnée à la Déclaration et au Programme d’action en faveur d’une culture de paix » (A/74/L.23).  Le texte, a-t-elle expliqué, se félicite d’abord du Forum de haut niveau sur la culture de la paix qui s’est tenu le 13 septembre 2019 à l’occasion du vingtième anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action.  Le projet de résolution se félicite aussi que ces deux documents maintiennent leur pertinence au regard des trois piliers des Nations Unies, lesquels sont interconnectés et se renforcent mutuellement, pour relever les défis actuels.  Cela est confirmé par le fait que le texte a inspiré un certain nombre de nouvelles résolutions. 

Le texte d’aujourd’hui, a poursuivi la représentante, se félicite également de ce que le Forum ait offert aux États Membres, aux entités des Nations Unies, à la société civile, aux ONG et à toutes les autres parties prenantes, l’occasion d’échanger des idées et de faire des suggestions sur la manière de promouvoir la culture de paix au XXIe siècle; reconnaissant que le thème « Donner à l’humanité les moyens de se transformer », reflétait le poids de la culture de paix pour, entre autres, une mise en œuvre pleine et efficace du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Le texte note enfin l’appui des États Membres à la culture de paix, au niveau national. 

La résolution, a conclu la représentante, revient à son libellé originel comme en atteste le paragraphe 16 qui se contente de prier la présidence de l’Assemblée générale d’envisager d’organiser un forum de haut niveau sur la mise en œuvre du Programme d’action le ou vers le 13 septembre 2020. 

Le projet de résolution intitulé « Journée mondiale du jeu d’échecs » (A/74/L.24) a été présenté par M. MHER MARGARYAN (Arménie).  Il s’agit, a-t-il expliqué, de proclamer le 20 juillet, Journée mondiale du jeu d’échec, date de la création en 1924 à Paris de la Fédération internationale des échecs.  L’un des jeux les plus anciens, les plus intellectuels et les plus culturels, les échecs associent à la fois sport, raisonnement scientifique et aspects artistiques.  Ils favorisent l’équité, l’inclusion et le respect mutuel et peuvent contribuer à créer un climat de tolérance et de compréhension entre les peuples et les nations.  Les échecs, a poursuivi le représentant, peuvent apporter de précieuses contributions à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et des objectifs de développement durable, pour ce qui est, entre autres, du renforcement de l’éducation, de l’égalité des genres et de l’avancement des femmes et des filles. 

Le jeu d’échecs, a souligné le représentant, fait partie de la culture arménienne.  Ce pays de trois millions d’habitants, s’est-il enorgueilli, a été champion du monde et champion olympique.  Nous comptons, s’est vanté le représentant, le plus grand nombre de grands maîtres par habitant au monde, et les échecs sont même inscrits dans le cursus scolaire.  Alors que ce jeu symbolise le champ de bataille, il est devenu dans la psyché étroitement lié à la paix: l’échiquier étant vu comme un champ de la diplomatie et du multilatéralisme.  Le représentant a conclu en voulant que la Journée mondiale permette de se réengager en faveur des valeurs intrinsèques qui unissent les Nations Unies.  Il a d’ailleurs rappelé que la devise de la Fédération internationale des échecs est « Gens una sumus »: « Nous somme une seule famille ».

Mme KIRA CHRISTIANNE DANGANAN AZUCENA (Philippines) a présenté le projet de résolution sur la « Promotion du dialogue, de l’entente et de la coopération entre les religions et les cultures au service de la paix » (A/74/L.25)Il y a deux choses que l’on ne peut pas reprendre: une flèche tirée d’un arc ou une balle tirée d’un fusil, et un mot blessant prononcé de la bouche.  Aucune excuse ne peut soigner la plaie.  Nous devons donc nous montrer prudents avec nos paroles comme avec nos armes.  Le monde, a poursuivi la représentante, est confronté aujourd’hui à des conflits complexes et à d’autres problèmes tout aussi complexes qui causent des souffrances humaines et des pertes économiques énormes, et compromettent la coopération socioéconomique qui pourrait réparer les dégâts. 

Nous voyons, s’est inquiétée la représentante, une tendance croissante à la xénophobie et à l’intolérance religieuse, sous-tendues par les politiques identitaires et l’émergence des idéologies extrémistes.  La suspicion et l’ignorance des différentes religions et civilisations sont exploitées, et la radicalisation propagée par les groupes extrémistes pour avancer leur agenda de créer des sociétés terrorisées.  Il fut un temps où la terreur était l’arme du faible contre le fort, dans sa lutte pour la liberté et la justice.  Aujourd’hui, c’est la terreur pour la terreur: ce n’est pas un moyen et son objectif ultime, ce sont des sociétés apeurées où tout le monde craint son voisin. 

Le projet de résolution est donc plus utile que jamais, a souligné la représentante, en expliquant ses deux objectifs et d’abord celui de promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel pour parvenir à la paix et à la stabilité.  L’autre objectif, c’est de renforcer les mécanismes d’un dialogue constructif entre les positions les plus divergentes.  Pour illustrer l’ouverture, l’inclusivité et la transparence des négociations, la représentante a attiré l’attention sur le paragraphe 9 qui salue l’acte historique que constitue l’accord que les Gouvernements indien et pakistanais ont conclu pour exempter de visa les pèlerins de toutes confessions, en particulier les Nanak Naam Levas et les Sikhs du monde entier. 

La résolution souligne aussi l’importance du rôle de l’UNESCO et les contributions précieuses de l’Alliance des civilisations à la promotion du dialogue interreligieux et interculturel à tous les niveaux.  Les négociations peuvent parfois être difficiles mais le processus a été inspiré à tout moment par notre idéal partagé de promouvoir la culture de paix, a conclu la représentante. 

Déclarations

Au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), M. SAM TERENCE CONDOR (Saint-Kitts-et-Nevis) a expliqué qu’essence même de la diversité culturelle, sa Communauté reconnaît l’importance qu’il y a à promouvoir le dialogue interculturel et interreligieux.  Cette approche va dans le sens de l’attachement de la CARICOM au règlement pacifique des conflits et des différends, en tant que vecteur du développement économique et social mais aussi de la sécurité et de la stabilité.  Les disparités au sein d’un pays et entre les pays restent pourtant une source de préoccupation mondiale, compte tenu du fait que les inégalités croissantes et la pauvreté provoquent l’intolérance et la rancœur.  C’est la raison pour laquelle la CARICOM est d’avis que le Programme 2030 doit résoudre le problème des inégalités croissantes entre pays et faire en sorte que la mondialisation profite à tous et non pas juste à certains.  La CARICOM reconnaît le rôle des femmes et des jeunes dans la promotion d’une culture de paix.  Pour capitaliser sur la jeunesse, le Programme de sensibilisation et d’action des Caraïbes (AAA) a été lancé en vue d’associer les jeunes à la prévention et la réduction de la criminalité et à la promotion de l’intégration sociale, a expliqué le représentant.

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. VITAVAS SRIVIHOK (Thaïlande) a expliqué que l’ASEAN, créée il y a 52 ans alors que ses 10 États membres faisaient face à de multiples épreuves, a développé un processus de décision basé sur le consensus.  L’Association procède de la même manière en dialoguant avec ses partenaires de la région et au-delà.  L’ASEAN aspire à la promotion de la culture de paix et à la prévention pour éduquer et autonomiser les populations, détecter et prévenir les conflits armés et soutenir la paix à travers une approche multisectorielle, complète et intégrée.  Partageant avec les États Membres des Nations Unies une aspiration à un monde en paix et un sens profond de la responsabilité collective, l’ASEAN reconnaît le besoin de renforcer les mécanismes et les moyens d’action à travers un dialogue constructif, une meilleure compréhension, des valeurs d’inclusivité et de modération pour parvenir à une culture de paix globale.

L’Association a réitéré son engagement à dialoguer avec ses partenaires extérieurs à l’aide de ses mécanismes dédiés, tels que le mécanisme « Diplomatie préventive et mesures de confiance » sous l’égide du Forum régional de l’ASEAN, et à travers d’autres engagements constructifs.  Entretenir les habitudes du dialogue est impératif pour créer une atmosphère favorable, dans le but de faire progresser la compréhension des points de vue de chacun sur la situation régionale, a conclu le représentant.  

M. CARLOS RON MARTÍNEZ, Vice-Ministre des affaires étrangères du Venezuela, a réitéré l’importance de redoubler d’efforts en faveur de la consolidation d’une culture de paix, ce qui exige un engagement et des actions réels de la part de tous les États Membres.  Selon lui, préserver les générations futures du fléau de la guerre et parvenir à une paix durable ne sera possible sans une solidarité avec les personnes les plus vulnérables, sur la base du respect de l’intégrité et de la diversité culturelles, de l’égalité et de l’équité.  Un monde de paix ne sera possible que lorsque la justice sociale sera une réalité, a insisté le représentant, et que l’égalité d’accès à la santé, à l’alimentation, au logement, à l’éducation, à la culture, à la sécurité sociale, à la science, au sport et à tous les autres droits fondamentaux sera garantie.

M. Ron Martínez s’est élevé contre les campagnes xénophobes et l’instrumentalisation des questions de la migration et des réfugiés à des fins politiciennes, ce qui porte gravement atteinte aux valeurs qui ont inspiré l’ONU et à la possibilité de parvenir à une paix durable.  L’histoire a montré que les grandes aspirations, qui ont pu parfois sembler trop idéalistes, sont possibles à réaliser à force de travail et de volonté politique, a poursuivi le représentant.  Elles se sont même traduites à de nombreuses occasions en de grands accords de paix entre des groupes en conflit armé, en programmes sociaux qui ont assuré les droits sociaux et économiques de peuples entiers et en mouvements de libération qui ont accordé la liberté, l’indépendance, la souveraineté et l’autodétermination à des nations sous le joug colonial. 

Pour sa part, le Venezuela a largement contribué au programme international et régional en faveur du multilatéralisme, de la coopération ou de la promotion de la solidarité et de la culture de paix, a assuré M. Ron Martinez.  Il a cité en exemple les initiatives régionales de son pays en faveur de la coopération économique solidaire et le rôle qu’il vient d’assumer à la tête du Mouvement des pays non alignés, dont les efforts en faveur de la proclamation du 24 avril comme Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix, il y a exactement un an. 

En conclusion, le représentant vénézuélien a de nouveau condamné l’imposition « illégale » de mesures coercitives unilatérales contre le Venezuela par les États-Unis.  Il a exigé la « levée immédiate » de ces mesures qui violent le droit international, la Charte des Nations Unies, les droits de l’homme et qui constituent « des punitions collectives criminelles et inhumaines » incompatibles avec les valeurs de la culture de paix.

M. FAHAD M. E. H. A. MOHAMMAD (Koweït) a décrié le radicalisme et les conflits religieux qui s’appuient sur le rejet de l’autre.  Il a dénoncé le fait que certains en viennent à se servir de l’extrémisme violent comme moyen d’expression, en s’en vantant dans les médias sociaux.  Il a, une nouvelle fois, condamné les attentats de Christchurch en Nouvelle-Zélande contre un lieu de culte musulman, avant de demander que les contenus extrémistes soient bannis d’Internet.  Il ne saurait y avoir de développement sans paix pérenne et vice-versa, a-t-il souligné, rappelant les actions de promotion de la paix et de la sécurité internationales du Koweït quand il assurait la présidence du Conseil de sécurité en juin dernier.  La culture de paix est ancrée dans la vie quotidienne des Koweïtiens et leur Constitution dispose même que la paix est l’objectif de l’État. 

M. SAUD HAMAD GHANEM HAMAD ALSHAMSI (Émirats arabes unis) a déclaré que son pays a proclamé 2019 « Année de la tolérance ».  Il s’est félicité de la visite que le pape François vient d’effectuer à Abou Dhabi, « une première ».  Après cette visite, a-t-il dit, un monument sera établi et regroupera une synagogue, une église et une mosquée pour symboliser la coexistence pacifique entre les religions.  La semaine prochaine, a annoncé le représentant, mon pays organise une conférence sur les jeunes et la tolérance, une initiative qui vient s’ajouter aux sessions de formation mises sur pied, avec ONU-Femmes, pour donner les moyens aux femmes arabes de promouvoir la culture de paix et la tolérance.  Des femmes d’Afrique seront également conviées aux prochaines sessions, a-t-il annoncé, avant de se féliciter de l’élection de son pays au Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO.

M. AHMED NASIR (Maldives) a mis l’accent sur le rôle de l’éducation pour développer et entretenir une culture de paix, louant les progrès réalisés dans ce domaine au niveau mondial tout en reconnaissant qu’il reste beaucoup à faire puisque 262 millions d’enfants dans le monde étaient déscolarisés en 2017.  Les inégalités demeurent le plus gros obstacle à une culture de paix.  Durant des décennies, les habitants de l’archipel des Maldives éloignés de la grande région de Male n’ont pas bénéficié d’un accès égal au développement ni même aux ressources de première nécessité.  Ils n’étaient tout simplement pas une priorité pour les décideurs.  C’est pourquoi, a expliqué le représentant, le Gouvernement actuel s’est engagé à mettre en place une politique de décentralisation, afin de rééquilibrer le développement de l’archipel.

Pour entretenir une culture de paix, les médias et les médias sociaux doivent s’assurer que la liberté d’expression ne soit pas manipulée pour inciter à la violence et à la haine.  Les médias sociaux sont devenus un véhicule très pratique de propagation de tels discours qui créent des divisions au sein de la société.  Sans une régulation adéquate, en particulier pour restreindre la propagation de rhétoriques populistes, du racisme, de la xénophobie et des falsifications, notre investissement collectif dans la culture de paix disparaîtra rapidement, a prévenu M. Nasir.

Il est donc essentiel de modérer efficacement les contenus publiés dans les médias sociaux.  Mais dans un petit archipel comme les Maldives, la langue locale est généralement utilisée pour ces activités malveillantes.  Il a donc réclamé que les médias sociaux mettent en place des mécanismes appropriés pour modérer les contenus en langue locale.  Les lacunes dans la modération empêchent la culture de paix de s’épanouir dans une société comme la nôtre, a prévenu M. Nasir, qui a appelé les entreprises concernées à prendre leurs responsabilités, surtout pour modérer les contenus.

M. ALMAABROK (Libye) a aussi mentionné les vagues de violence, de terrorisme et de déplacements dont les causes sous-jacentes sont à trouver dans la pauvreté, la discrimination, les inégalités et les violations flagrantes et quotidiennes des droits de l’homme, qui se sont banalisées.  Face à cela, la communauté internationale se doit d’agir résolument pour promouvoir la paix et les principes de justice et d’égalité.  La paix ne peut exister dans l’injustice, a martelé le représentant, qui a jugé urgent d’agir contre l’extrémisme violent et l’exploitation préjudiciable d’Internet par des individus et groupes qui incitent à la haine et à la violence.  Consolider et étayer la culture de paix est indispensable et l’ONU est l’enceinte par excellence pour cultiver une culture de paix et soutenir le droit à l’autodétermination et le respect de la diversité religieuse et culturelle, partout dans le monde, par le dialogue et la médiation. 

Les bons offices de l’ONU dans le maintien de la paix et de la sécurité s’avèrent précieux.  Le représentant n’a pas manqué de saluer les initiatives de l’UNESCO, avant de saluer aussi l’initiative, lancée en juin dernier par le Secrétaire général, pour contrecarrer les discours de haine, mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité et obtenir les ressources financières, humaines, techniques et logistiques nécessaires à la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes. 

« Tant que la dissuasion nucléaire sera utilisée comme moyen de prévenir la guerre, les êtres humains ne jouiront pas d’une culture de paix », a d’emblée soutenu Mme ANA SILVIA RODRÍGUEZ ABASCAL (Cuba), pour qui l’actuelle expansion des arsenaux nucléaires constitue une menace directe pour la paix.  La représentante s’est également déclarée préoccupée par la menace pour la prospérité, la paix et la sécurité mondiales que représentent le fossé entre riches et pauvres et les disparités entre pays développés et en développement.  Dans ce contexte, a-t-elle précisé, Cuba est convaincue que, pour préserver et promouvoir la paix, les politiques des États devraient tendre vers l’élimination de la menace de guerre, l’engagement à régler pacifiquement les différends internationaux et la promotion du droit au développement. 

De plus, a poursuivi la représentante, il ne peut y avoir de paix sans un respect total de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États et de l’autodétermination des peuples, ce qui signifie que « le recours à des mesures coercitives unilatérales comme instrument de politique étrangère doit cesser ».  Selon Mme Rodríguez Abascal, la promotion et le développement d’une culture de paix rend nécessaire de condamner tous les actes, méthodes et pratiques de terrorisme, « y compris le terrorisme d’État », et de prendre des mesures concrètes pour combattre ce fléau. 

Comme l’Assemblée générale le souligne dans sa résolution annuelle, adoptée depuis 28 ans à une écrasante majorité, mettre un terme au blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis constituerait une action en faveur de la paix, a fait valoir la déléguée.  De même, a-t-elle souligné, il ne peut y avoir de culture de paix quand les États-Unis lancent une nouvelle campagne de dénigrement contre Cuba dans le cadre de leur politique d’hostilité croissante.  Cette campagne vient après l’échec des mesures visant à mettre le peuple cubain « à genoux », a-t-elle affirmé, accusant par ailleurs l’Ambassade des États-Unis à Cuba de guider et de financer des mercenaires et d’inciter à la violence et au non-respect des forces de l’ordre.  « Les nouvelles agressions contre Cuba échoueront, tout comme la politique du blocus menée depuis 60 ans a échoué », a-t-elle conclu, réitérant l’engagement de son pays en faveur de la promotion d’une culture de paix. 

M. MOHAMMED SALEM M. AL ASSIRI (Arabie saoudite) a déclaré qu’au cours des 20 dernières années, la culture de paix a fait son chemin dans les esprits, ce à quoi les mécanismes et initiatives onusiens ont largement contribué.  Il a cependant appelé à davantage d’efforts contre l’influence négative des réseaux sociaux quand ils servent de plateforme pour la propagation des discours de haine, de la discrimination et de la violence.  Il faut exploiter la facette positive des plateformes électroniques pour diffuser davantage les valeurs d’entente et de paix.  Le représentant a voulu que l’on prête attention aux jeunes.  L’Arabie saoudite s’efforce, par la bonne compréhension des buts et principes de la Charte, de favoriser la paix, consciente qu’il y va de son rôle et de son prestige puisqu’elle est gardienne des lieux saints.  Le représentant a rappelé l’ouverture, en 2012, d’un Centre d’entente et de compréhension mutuelle et exprimé le vœu que celui-ci soit le centre d’une lueur d’espoir pour renouveler l’engagement en faveur des valeurs morales.

Quel meilleur hommage pourrions-nous rendre aux 75 ans de la Charte des Nations Unies que de parvenir à un monde plus pacifique? a demandé M. LUIS GALLEGOS CHIRIBOGA (Équateur).  L’année prochaine sera essentielle non seulement pour les commémorations historiques mais aussi parce qu’elle nous donne l’occasion de moderniser et d’améliorer l’architecture de la consolidation de la paix de l’ONU et donc du monde, a souligné le représentant.  Il a cité la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui aura lieu en 2020, année qui marquera également le compte à rebours pour réaliser les objectifs du Programme 2030. 

Si quelque chose a changé depuis l’adoption de la Déclaration en faveur d’une culture de paix voici 20 ans, ce sont les technologies de l’information et des communications, a fait observer M. Gallegos Chiriboga, rappelant que les médias sociaux pourraient être une arme mais aussi un outil pour promouvoir une culture de paix et la non-violence.  Cela dépend de la capacité de la communauté internationale à faire face aux défis existants, à freiner la diffusion des discours de haine et à tirer parti des nouvelles technologies, a-t-il expliqué, mettant l’accent sur le paragraphe 19 du dispositif de la résolution soumise à adoption.

La culture de paix est ancrée dans la Constitution de l’Équateur.  Pour autant, cela n’est pas suffisant face à la violence extrême et à la criminalité organisée, a reconnu M. Gallegos Chiriboga, rappelant les actes de violence extrême qui se sont produits dans son pays début octobre, avec des techniques de guérilla pour terroriser la population.  La haine ne se combat pas par la haine, a-t-il plaidé, mais avec des institutions et la promotion permanente d’une culture de paix.  Lors de ces événements, la force publique équatorienne n’a fait usage d’aucune arme létale, comme l’ONU et l’Organisation des États américains en ont été informées. 

M. OMAR KADIRI (Maroc) a présenté le Maroc comme un lieu de tolérance et de brassage des peuples et des cultures depuis des générations.  Il a salué la visite que le pape François vient d’y effectuer, en mars dernier.  Selon le délégué, l’éducation est un puissant rempart contre l’intolérance.  C’est pourquoi les manuels et cursus scolaires marocains sont régulièrement revus pour s’assurer de l’inclusion des valeurs du vivre-ensemble.  Dans le cadre de sa coopération internationale, le Maroc accueille de nombreux prédicateurs musulmans qui viennent se former aux valeurs de la tolérance, a relevé le délégué. 

Il s’est félicité du rôle que son pays a joué pour l’adoption du Plan d’action de Fès sur le rôle des chefs religieux dans la prévention des incitations à la violence qui pourraient conduire à des atrocités.  Il s’agit d’un document des Nations Unies adopté en 2015.  Le représentant a également salué la Déclaration de Marrakech sur les droits des minorités religieuses dans le monde islamique adoptée en 2016.  Le Maroc ne ménage aucun effort pour promouvoir le dialogue et la paix, a souligné le représentant, indiquant que son pays est ravi d’accueillir, l’année prochaine, la première session africaine du Forum mondial de l’Alliance des civilisations. 

Mme ISBETH LISBETH QUIEL MURCIA (Panama) a salué l’appel du Secrétaire général relatif à la nécessité de profiter de la créativité et de l’énergie des jeunes pour faire face aux défis posés à la culture de paix, tels que la polarisation, l’intolérance, l’extrémisme violent et le terrorisme.  Elle s’est dite convaincue que l’éducation est le principal outil de prévention et de sensibilisation de la population face aux conduites intolérantes, aux discours de haine et à l’extrémisme. 

Pays à forte population de jeunes, le Panama a fait le pari de l’investissement dans le développement social des jeunes, estimant que leur intégration dans le monde académique et/ou dans le marché de l’emploi, dûment dotés d’une pensée critique, limite l’influence des courants xénophobes, extrémistes et violents auxquels ils sont confrontés.  De la même manière, le sport joue un rôle important dans la construction de sociétés pacifiques.  La représentante s’est d’ailleurs félicitée de la résolution relative à la Journée mondiale des échecs.  Reconnaissant que la violence est devenue aussi virtuelle, Mme Quiel Murcia a salué les initiatives des Nations Unies en faveur d’une communication ouverte et fluide avec les grandes entreprises des technologies et des réseaux sociaux pour trouver les moyens de réduire les discours de haine et les contenus extrémistes sur Internet.

Aujourd’hui, a estimé M. MUNIR AKRAM (Pakistan), l’islamophobie a atteint des proportions « meurtrières » en Inde.  Le vaisseau amiral du BJP au pouvoir est le RSS, l’organisation « fasciste » créée il y a près d’un siècle, presque en même temps que le nazisme, dont le fondateur, Madhav Sadashiv Golwalkar, a endossé l’objectif d’Hitler de « purifier la race aryenne » allemande en éliminant les Juifs.  Il a aussi milité pour « extirper » les musulmans et les autres minorités de la population « aryenne » hindoue.  La lecture de « Mein Kampf » était obligatoire pour le RSS et comme les nazis, la swastika était leur symbole.  Leurs gangs de voyous violents se comportaient comme les chemises brunes d’Hitler.  C’est d’ailleurs un membre du RSS qui a assassiné le Mahatma Gandhi.  Après une longue diatribe contre ladite organisation, M. Akram s’est dit effrayé par les cris de ralliement du RSS: « Le seul endroit pour les musulmans, c’est le cimetière ou le Pakistan ».  Le Gouvernement indien, a-t-il prévenu, met déjà en œuvre son plan de nettoyage ethnique dans plusieurs parties de l’Inde.  Hier, a-t-il dénoncé, le Parlement indien a approuvé une loi « de toute évidence antimusulmane » sur la citoyenneté laquelle « accorde la nationalité indienne à toutes les minorités sauf les musulmans ». 

L’annexion du Jammu-et-Cachemire et l’oblitération de son identité, a-t-il poursuivi, est le premier objectif du Gouvernement BJP-RSS qui a désormais décidé d’imposer ce qu’il appelle lui-même « la solution finale ».  Après 130 jours, le Cachemire est toujours coupé du monde et personne ne sait ce qu’il s’y passe.  Par ses actes, a dit craindre le représentant, l’Inde propulse l’Asie du Sud au bord de la catastrophe.  L’Inde, a-t-il estimé, pourrait lancer une autre opération fallacieuse pour justifier une autre agression contre le Pakistan.  Son armée a déjà parlé de la possibilité d’une « guerre limitée sous le parapluie nucléaire ».  Le Pakistan, a affirmé le représentant, ne veut pas la guerre mais il répondra vigoureusement, avec toutes ses capacités. 

Il est grand temps, a-t-il dit, que la communauté internationale se réveille à ce péril « clair et présent » et agisse pour atténuer une crise provoquée par l’Inde.  L’ONU est « partie » au différend du Jammu-et-Cachemire, d’où son obligation de garantir l’application des résolutions du Conseil de sécurité.  Il est aussi de la responsabilité de l’ONU de protéger les droits de l’homme fondamentaux du peuple cachemirien, dont le droit à l’autodétermination.  Le représentant a espéré que le monde agira avant qu’il soit trop tard pour la paix et trop tard pour des millions de Cachemiriens, de Pakistanais et d’Indiens qui risquent de périr dans un conflit entre deux États nucléaires.    

Dans le contexte actuel marqué par la montée de l’extrémisme violent, du terrorisme et des discours de haine, Mme ANNUAR (Brunéi Darussalam) s’est dite convaincue que l’objectif commun de promouvoir une culture de paix et de non-violence et de lutter contre l’intolérance est plus pertinent que jamais.  Elle a saisi cette occasion pour brosser un tableau de ce que fait son pays dans ce registre tant sur le plan national qu’à travers la coopération régionale et internationale.

Ainsi la représentante a expliqué que, dès le plus jeune âge, ces valeurs de paix et de respect sont enseignées aux enfants à Brunéi Darussalam.  Il y existe également une éducation civique obligatoire dans les écoles.  La promotion du dialogue interreligieux et interculturel est l’une de principales composantes de cette société.  Le Gouvernement prend néanmoins les devants pour lutter contre toute menace potentielle de radicalisation ou d’extrémisme violent à travers des campagnes de sensibilisation dans les médias et sur Internet mais également aux prêches du vendredi.  Les enseignants, les chefs de village et les leaders religieux jouent un rôle de premier plan pour contrecarrer les enseignements et idéologies négatifs qui pourraient mettre en danger la paix dans l’institution familiale, la société et l’État, a expliqué la représentante.

En tant que membre de l’ASEAN, Brunéi Darussalam aspire à créer une communauté inclusive, résiliente, centrée sur la personne et fondée sur des règles.  Le pays reste attaché à la Déclaration de l’ASEAN sur une culture de prévention pour une société pacifique, inclusive, résiliente, saine et harmonieuse.  Il participe également aux dialogues et conférences interconfessionnels ainsi qu’aux travaux du Groupe des Amis de l’Alliance des civilisations de l’ONU.

M. YASHAR T. ALIYEV (Azerbaïdjan) a insisté sur le lien entre culture de paix et objectifs de développement durable.  Il a salué le Processus de Bakou, lancé par son pays en 2008, pour un dialogue effectif et efficace entre les cultures et les civilisations.  Le Forum mondial sur le dialogue interculturel, qui fait partie intégrante de ce Processus, est organisé tous les deux ans, depuis 2011, en partenariat avec l’UNESCO, l’Alliance des civilisations et d’autres entités.  La cinquième édition du Forum a eu lieu, en mai dernier à Bakou, sur « le dialogue comme outil contre la discrimination, les inégalités et les conflits violents ».  Le Bureau des Nations Unies de lutte contre le terrorisme y a organisé une manifestation parallèle sur « les meilleures pratiques pour renforcer la résilience des jeunes contre l’extrémisme violent ».  Le mois dernier, l’Azerbaïdjan avait également organisé le second Sommet mondial des dirigeants religieux qui, cette fois, sont venus de 70 pays.  La Déclaration de Bakou en a résulté et elle appelle les dirigeants religieux à promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel. 

Mme PAULOMI TRIPATHI (Inde) a estimé que l’éducation de qualité et le développement durable sont des outils de choix contre la radicalisation des enfants et des jeunes.  Aujourd’hui, a-t-elle ajouté, la paix est étroitement liée à l’égalité des sexes.  En effet, a-t-elle expliqué, la pleine participation des femmes au processus de prise de décisions à tous les niveaux est indispensable à la quête de la paix.  Les femmes, a-t-elle martelé, doivent participer plus largement au maintien et à la consolidation de la paix. 

L’Inde, a-t-elle dit, est la plus grande démocratie du monde mais aussi la deuxième nation la plus peuplée au monde.  Sa civilisation voit dans la nature une source de vie et attribue une valeur particulière à l’harmonie avec la nature.  Si l’Inde a la population hindoue la plus grande au monde, elle a aussi l’une des populations musulmanes les plus importantes.  Elle est d’ailleurs le pays d’un nombre significatif de fidèles de toutes les religions du monde.  L’histoire de l’Inde est par essence une conversation entre les civilisations, une conversation avec la nature.  Nous en Inde, a dit la représentante, nous comprenons l’importance des alliances entre les religions, les cultures et les groupes ethniques.  Nous avons toujours appuyé les efforts visant à jeter des ponts entre nations, peuples, religions et cultures.  Au moment où la culture de paix gagne en validité dans un monde pétri d’inégalités, de violence et de méfiance, l’Inde, a conclu la représentante, est profondément déterminée à la faire triompher. 

Mme KRISTIN EMILY JANSON (Canada) a insisté sur l’importance de la diversité culturelle et religieuse dans la construction de sociétés ouvertes, à l’instar notamment de son propre pays.  Pour les Canadiens, entretenir un dialogue constructif entre différentes identités culturelles et religieuses n’a en effet rien de théorique, a affirmé la représentante.  « C’est une réalité pratique vécue localement et au quotidien entre voisins, familles, étudiants et collègues », a-t-elle précisé.  À ce titre, la représentante a indiqué que la Canada a appuyé, dans la résolution sur la Journée mondiale du jeu d’échecs, l’inclusion par l’Arménie d’une mention sur l’importance de garantir des chances égales aux femmes et aux filles dans le contexte des activités récréatives et sportives.

La représentante a également salué le Bangladesh pour avoir œuvré en faveur de l’adoption par consensus de la résolution sur la suite donnée à la Déclaration et au Programme d’action en faveur d’une culture de paix, laquelle reconnaît le rôle des femmes et de la jeunesse dans l’instauration d’une culture de paix, ainsi que dans la prévention et la résolution des conflits.  La déléguée a en outre remercié le Pakistan et les Philippines pour le leadership dont ils ont fait preuve dans le cadre des négociations de la résolution sur la promotion du dialogue, de l’entente et de la coopération entre les religions et les cultures au service de la paix.  Citant l’exemple du processus de réconciliation entamé par le Canada avec ses peuples autochtones, la représentante a souligné l’importance de l’appui aux efforts de réconciliation et de paix par le dialogue interculturel.  « On ne saurait parvenir à un monde plus pacifique et prospère sans la participation active des peuples autochtones », a-t-elle insisté.  La représentante a enfin appelé à redoubler d’efforts pour lutter contre les appels à la haine, le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, l’islamophobie et tout autre préjugé culturel ou religieux dans le monde.

M. JAIME HERMIDA CASTILLO (Nicaragua) a déclaré que si le monde s’est doté de l’ONU, de sa Charte et du droit international pour atteindre la paix, il est néanmoins encore témoin de violations constantes du droit international, avec des agressions militaires, des renversements de régime, des coups d’État contre des gouvernements légitimes et démocratiquement élus et des guerres économiques avec leurs sanctions et leurs blocus économiques, commerciaux et financiers, imposés par l’hégémonie d’une puissance « impériale » et la loi du plus fort.  Il faut qu’un tel ordre international disparaisse, s’est écrié M. Hermida Castillo, préférant le respect des normes de la coexistence humaine et de la culture de paix, ainsi que le recours systématique au règlement pacifique des différends.  Nous devons, au sein de cette Organisation, lutter en faveur de la paix et la dignité de tous nos peuples, a-t-il invité, assurant que le Nicaragua demeurera un facteur important de stabilité, de paix et de sécurité. 

Le pays travaille d’ailleurs à la mise en œuvre de sa « Stratégie pour une culture de la dignité, du respect, de la non-violence, de la réconciliation et de la paix », dont l’axe fondamental est le rôle de la femme et des jeunes dans l’intégration sociale et le développement.  La Stratégie dispose aussi d’un système d’alerte précoce des signes de violence et des risques contre la vie sous toutes ses formes. 

Adoption de la résolution sur la « promotion du dialogue, de l’entente et de la coopération entre les religions et les cultures au service de la paix » (A/74/L.25)

Le représentant de l’Arménie a dit défendre fermement la lutte contre les discriminations.  Il a donc regretté que ses propositions aient été ignorées dont celles sur le rôle de l’éducation.  Il a déploré le fait qu’un État Membre ait profité des négociations pour s’attaquer à son pays.  La promotion du dialogue, a-t-il tranché, ne saurait prospérer dans un contexte de privation de libertés.  Le représentant s’est dissocié de l’alinéa 31 lequel mentionne « le Forum mondial sur le dialogue interculturel, organisé tous les deux ans par l’Azerbaïdjan ».

Son homologue de l’Azerbaïdjan a naturellement salué la mention du Forum mondial et dénoncé les remarques « déplacées » de l’Arménie.  Ce genre d’intervention, a-t-il taclé, montre clairement que « la culture de la paix est inexistante dans ce pays ». 

Le représentant des États-Unis a tenu, malgré le consensus, à confirmer la position de son pays pour le Programme 2030.  Il s’est aussi dissocié du paragraphe 13 de la résolution selon lequel les libertés d’expression et de croyance seraient en contradiction, alors qu’elles se renforcent. 

L’observateur du Saint-Siège a tenu à saisir cette occasion pour réitérer l’engagement bien connue de l’Église catholique en faveur du dialogue interreligieux et interculturel, comme composante importante de la cause de la paix.  Un tel dialogue, a-t-il insisté, joue un rôle crucial dans l’édification de sociétés pacifiques, justes et inclusives.  Il a souligné, dans ce contexte, le rôle majeur des leaders religieux et des organisations confessionnelles dans le développement de chaque être humain et l’avancement du bien commun.  Parmi les nouveaux éléments de la résolution, l’observateur a relevé la référence au « document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et le vivre-ensemble » que le pape François et le grand imam d’Al‑Azhar, Ahmed el‑Tayeb, ont signé le 4 février 2019 à Abou Dhabi.  Ce document, a-t-il expliqué, reconnaît explicitement la contribution fondamentale d’un échange et d’un dialogue fructueux pour une promotion généralisée de la culture de tolérance, d’acceptation des autres et du vivre-ensemble pacifiquement.  Le document représente donc un exemple de taille d’un dialogue interreligieux qui s’efforce de faire avancer la paix et la stabilité sociale, le respect de la diversité et le respect mutuel et de créer un environnement favorable à la paix et à la compréhension mutuelle.

Le Saint-Siège est aussi heureux de voir une référence au corridor de Kartarpur Sahib, dans un esprit d’harmonie interconfessionnelle et de voisinage pacifique, et à l’accord que les Gouvernements indien et pakistanais ont conclu pour exempter de visa les pèlerins de toutes confessions.  L’observateur a félicité les délégations de l’Inde et du Pakistan pour le consensus auquel elles sont parvenues sur ce paragraphe. 

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