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AG/12219
27 novembre 2019
Soixante-quatorzième session, 36e séance plénière – matin

L’Assemblée générale met aux voix, pour la deuxième année consécutive, la résolution sur la situation en Afghanistan et souligne qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit

La situation en Afghanistan a été débattue, aujourd’hui, à l’Assemblée générale, qui, pour la deuxième année consécutive, est passée par une mise aux voix pour adopter sa résolution annuelle dans laquelle elle souligne qu’il « n’existe pas de solution purement militaire » pour assurer la stabilité dans le pays. 

L’Allemagne, facilitatrice des négociations sur un texte qui comprend, cette année, un dispositif de 73 paragraphes, s’est rendue à l’évidence: malheureusement cette année, le consensus n’est toujours pas possible.  Quelques délégations s’opposent sur la nature de la « situation sur le terrain » mais au bout du compte, le résultat est toujours de soutenir l’Afghanistan.  Oui, a confirmé la Fédération de Russie qui a demandé le vote, avouant qu’elle aurait souhaité un texte « avec moins de mots et plus d’objectifs réels », faute de quoi « on ira vers une impasse qui ne réglera nullement le conflit afghan.  Le but ultime de la résolution, a martelé la Fédération de Russie, doit être d’accompagner le peuple afghan vers la paix, en le laissant prendre les décisions sur son avenir. 

La préoccupation principale de la résolution, qui a été adoptée par 137 voix pour et les abstentions de la Fédération de Russie et des Palaos, demeure la fragilité de la situation en matière de sécurité, a souligné l’Allemagne.  Elle rend hommage au patriotisme et aux sacrifices des Forces de sécurité afghanes et à la mission « Soutien résolu » de l’OTAN et insiste sur l’appui continu au développement et à la stabilisation ainsi qu’aux efforts diplomatiques pour arriver à une solution politique. 

Le texte réitère aussi l’appel aux parties au conflit, en particulier les Taliban, pour qu’elles reconnaissent leur responsabilité de parvenir à la paix et pour qu’elles entament des pourparlers directs sans condition préalable.  L’Afghanistan vient de loin, s’est félicitée l’Allemagne, mais de nombreux problèmes subsistent.  La lutte contre la corruption, l’autonomisation des femmes et la bonne gouvernance restent d’une importance cruciale.  Le Gouvernement afghan est donc appelé à poursuivre ses efforts à cet égard, et à mettre en œuvre les réformes politiques et économiques qu’il a annoncées. 

Ce que la résolution n’a pas, c’est un libellé « définitif » sur l’élection présidentielle puisque les résultats préliminaires ne sont toujours pas là et que la date de leur annonce n’est toujours pas fixée.  L’Allemagne a appelé toutes les parties impliquées à rassurer les électeurs sur le fait qu’ils ont pris la bonne décision quand ils sont allés voter fin septembre, au péril de leur vie.  L’Union européenne a insisté sur le fait que la légitimité du scrutin dépendra de la capacité des instances électorales à s’acquitter efficacement et en toute transparence de leur mandat, y compris dans la gestion des plaintes et des procédures d’appel.  Elle a demandé aux candidats de faire preuve de retenue et de se montrer constructifs vis-à-vis de la Commission électorale indépendante.

Ce vote, a argué l’Afghanistan, a été « un vote pour la démocratie et pour la République ».  Pour deux millions d’Afghans, c’était le pouvoir de dire « non » au terrorisme et « oui » à la paix.  L’Afghanistan a parlé de la Jirga du mois d’avril dernier qui a donné lieu à une feuille de route appelant à un cessez-le-feu immédiat, à des pourparlers directs avec le Gouvernement et à la préservation des droits de l’homme, en particulier des femmes.  Mais, a-t-il dénoncé, face à la montée en puissance des Forces de sécurité afghanes, les Taliban et les groupes terroristes ont choisi de se vautrer dans la lâcheté avec des attaques meurtrières contre les cibles civiles, causant un nombre record de morts.  L’Afghanistan a en effet insisté sur le fléau que sont les Taliban, Daech et des groupes affiliés à Al-Qaida. 

Estimant que la paix est à « portée de main », les États-Unis ont pressé les Taliban d’embarquer dans le train de la paix et le Gouvernement afghan, de nommer au plus vite une équipe de négociation inclusive.  Le Pakistan, qui, avec l’Afghanistan, a décidé « de laisser derrière nous les erreurs du passé et de regarder vers l’avenir » a rappelé que son Président a répondu favorablement à l’appel du Président américain, en facilitant les discussions directes entre les Américains et les Taliban. 

Dans sa résolution, l’Assemblée considère qu’il « n’existe pas de solution purement militaire » pour assurer la stabilité en Afghanistan et qu’une paix durable ne peut être instaurée qu’au moyen d’un règlement négocié qui comprend le Gouvernement afghan.  Elle se félicite des mesures prises par ce dernier pour engager des négociations directes dans le cadre d’un plan de paix global et exhorte les Taliban à accepter cette proposition « sans imposer de condition ni menacer de violence ». 

L’Assemblée générale tiendra une autre séance publique mardi 3 décembre, à partir de 10 heures, pour examiner la question de Palestine et la situation au Moyen-Orient. 

ÉLECTIONS AUX SIÈGES DEVENUS VACANTS DANS LES ORGANES SUBSIDIAIRES ET AUTRES ÉLECTIONS

Comité du programme et de la coordination

Sur recommandation du Conseil économique et social (ECOSOC) (A/74/446), l’Assemblée générale a élu, aujourd’hui, la Chine, les Comores, le Libéria, la Mauritanie, la République de Corée et l’Uruguay, pour un mandat de trois ans à compter du 1er janvier 2020. 

Deux sièges devront encore être pourvus, un pour le Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes et un autre pour le Groupe des États d’Europe occidentale et autres États, dont le mandat actuel expire le 31 décembre 2021.  Un autre membre pour le Groupe des États d’Asie et du Pacifique doit encore être élu pour un mandat de trois ans à dater du 1er janvier 2020, une fois que l’ECOSOC aura pris une décision. 

Comité des conférences

Après consultation avec les groupes régionaux, le Président de l’Assemblée générale a nommé (A/74/123) l’Algérie, l’Autriche, la Chine, les Comores, la Jamaïque, le Japon et les États-Unis, pour un mandat de trois ans à compter du 1er janvier 2020.

Corps commun d’inspection

Après consultation avec les groupes régionaux, l’Allemagne, l’Érythrée, l’Espagne et la République de Moldova (A/74/84) sont les pays habilités à présenter leurs candidats pour pourvoir les sièges qui deviendront vacants le 31 décembre 2020. 

Comité des contributions

Sur recommandation de la Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires (A/74/525/Add.1), l’Assemblée générale a nommé M. Mohamed Mahmoud Ould El Ghaouth, de la Mauritanie, pour un mandat de trois ans prenant effet le 1er janvier 2020.

Comité des pensions du personnel de l’Organisation des Nations Unies

Toujours sur recommandation de sa Cinquième Commission (A/74/545), l’Assemblée générale a nommé M. Tomoya Yamaguchi, du Japon, pour un mandat allant du 27 novembre 2019 au 31 décembre 2020. 

LA SITUATION EN AFGHANISTAN (A/74/348)

Présentation de la résolution (A/74/L.13)

M. JUERGEN SCHULZ (Allemagne) a rappelé que ce projet de résolution a été adopté pour la première fois en 1980 et est soumis chaque année depuis lors.  Le texte, a-t-il dit, reflète la dynamique du conflit et l’action de la communauté internationale pour contribuer au rétablissement de la paix et de la stabilité et mettre fin aux souffrances du peuple afghan.  Au fil des ans, a dit le représentant qui est facilitateur du projet de résolution, nous avons pu adapter ce texte aux changements en cours et le réexaminer pour renforcer son efficacité.  Cela n’a jamais été facile, a avoué le représentant, mais cela a toujours démontré le consensus de la communauté internationale sur l’Afghanistan. 

Cette année ne fait pas exception, s’est-il réjoui, même si les cibles ne cessent de bouger.  L’Afghanistan, a-t-il rappelé, a tenu l’élection présidentielle à la fin du mois de septembre et a fait une tentative prometteuse d’initier un processus de paix.  Toutefois, si ces efforts ont souffert d’un recul, il y a toujours des efforts pour redynamiser le processus politique.  L’élection présidentielle, a estimé le représentant, a été un moment crucial pour la transition démocratique mais les résultats préliminaires ne sont toujours pas là et la date de leur annonce, toujours pas fixée.  Il a donc été difficile d’inclure quoi que ce soit de définitif dans le projet de résolution sur cette question, a indiqué le représentant. 

Rappelant que, l’année dernière, l’Assemblée a mis, pour la première fois, aux voix le projet, il en a conclu que quelques délégations s’opposent sur la nature de la « situation sur le terrain » mais qu’au bout du compte, le résultat a toujours été un soutien sans faille.  Malheureusement cette année, a regretté le représentant, le consensus n’est toujours pas à portée de main et ce n’est pas faute d’avoir essayé: une dizaine de réunions ont été tenues dans différents formats comme en attestent les quatre réunions en plénière avec près de 60 délégations dont une a duré sept heures.  Ces consultations « exhaustives » ont mené à un projet de résolution qui reflète autant que possible les différentes positions exprimées. 

Comme l’année dernière, le projet, a insisté le représentant, est d’abord et avant tout une expression importante de l’appui des États Membres des Nations Unies à l’Afghanistan et à son peuple.  Venant au fond, il a souligné que la préoccupation principale demeure la fragilité de la situation en matière de sécurité.  Au cours des six derniers mois, il y a eu des attaques de grande envergure.  Lundi dernier, un agent humanitaire américain a été tué à Kaboul, alors que le nombre de morts parmi les civils a battu les records. 

Le projet rend également hommage au patriotisme et aux sacrifices des Forces de sécurité afghanes, et avec ses partenaires internationaux, l’Allemagne, a assuré le représentant, continuera d’appuyer la mission « Soutien résolu » de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).  Mais, a-t-il prévenu, ce soutien ne sera efficace que s’il est accompagné d’un appui continu au développement et à la stabilisation ainsi qu’aux efforts diplomatiques pour arriver à une solution politique.  

Un processus de paix dirigé et contrôlé par les Afghans impliquant toutes les composantes de la société, y compris les Taliban, est la seule voie vers un règlement durable du conflit.  Le projet de résolution réitère aussi l’appel aux parties au conflit, en particulier les Taliban, pour qu’elles reconnaissent leur responsabilité de parvenir à la paix et pour qu’elles entament des pourparlers directs sans condition préalable.  Au mois de juillet dernier, a rappelé le représentant, l’on a vu qu’il est possible d’avoir des interactions directes et approfondies avec toutes les parties impliquées, quand l’Allemagne et le Qatar ont pu organiser le Dialogue intra-afghan à Doha.  Il est remarquable, s’est-il réjoui, que les femmes y aient représenté 20% des participants, ce qui a été la clef du succès.  Le représentant a demandé de partir de cet élan pour renforcer le rôle des femmes dans le processus de paix. 

Le succès de ce processus, a-t-il poursuivi, dépend aussi de l’appui des pays voisins et des autres.  La paix et la stabilité en Afghanistan doivent pouvoir bénéficier à tout le monde et jeter les bases d’une coopération et d’une connectivité régionales.  L’Afghanistan, a conclu le représentant, vient de loin mais de nombreux problèmes subsistent.  La lutte contre la corruption, l’autonomisation des femmes et la bonne gouvernance restent d’une importance cruciale.  Le représentant a encouragé le Gouvernement afghan à poursuivre ses efforts à cet égard, et à mettre en œuvre les réformes politiques et économiques annoncées.  Le représentant a aussi appelé toutes les parties impliquées à accélérer le processus vers la transition démocratique, et donc à rassurer les électeurs sur le fait qu’ils ont pris la bonne décision quand ils sont allés voter fin septembre, au péril de leur vie.

Mme ADELA RAZ (Afghanistan) a exprimé sa gratitude à l’Allemagne qui facilite depuis longtemps les consultations sur le projet de résolution et qui demeure un partenaire et un allié des efforts tendant à garantir la paix, la sécurité et la prospérité.  Elle a mis l’accent sur le fait que, malgré les graves menaces à leur sécurité, 4,6 millions d’Afghans se sont déplacés pour voter aux élections législatives du 20 octobre 2018.  Le nouveau Parlement a été inauguré le 26 avril 2019, dans lequel 60% des nouveaux membres ont moins de 40 ans et 25% à 28% des sièges sont occupés par des femmes.  Après ces élections, la quatrième élection présidentielle s’est tenue le 28 septembre, dans ce qui était « un vote pour la démocratie et pour la République ».  Pour deux millions d’Afghans, c’était le pouvoir de dire « non » au terrorisme et « oui » à la paix. 

Près de 70 000 soldats courageux des Forces de sécurité afghanes ont protégé le peuple pendant ce « moment historique » et, grâce à des mesures efficaces et à leur compétence, la plupart des attaques a été évitée.  La paix, a poursuivi la représentante, est la priorité.  C’est en février 2018, a-t-elle rappelé, que le Président Ghani a tendu pour la première fois la main aux Talibans.  Après « l’offre inconditionnelle de pourparlers de paix » de juin dernier, les trois jours de cessez-le-feu nous ont aidés, a-t-elle dit, à connaître la capacité d’absorption de la société qui a accueilli 20 000 Taliban dans les grandes villes pour célébrer l’Eid al-Fitr. 

Pour fixer le cadre des négociations, une Jirga a réuni, en avril 2019, 3 200 représentants des quatre coins du pays.  La consultation dans laquelle les femmes formaient 30% des participants a adopté une feuille de route et un mandat pour la paix.  La feuille de route appelle à un cessez-le-feu immédiat, à des pourparlers directs avec le Gouvernement et à la préservation des droits de l’homme, en particulier des femmes.  Mais, a dénoncé la représentante, face à la montée en puissance des Forces de sécurité, les Taliban et les groupes terroristes se vautrent dans la lâcheté avec des attaques meurtrières contre les cibles civiles, causant un nombre record de morts. 

Parmi les défis persistants, la représentante a en effet cité la présence des Taliban, de Daech et des groupes affiliés à Al-Qaida.  C’est dans ce contexte, a-t-elle poursuivi, que le Gouvernement s’attaque aux défis socioéconomiques avec le Cadre de responsabilité mutuelle de Genève et le Cadre national pour la paix et le développement, comme en attestent les progrès « considérables ».  L’Afghanistan, a-t-elle rappelé, est principalement un pays agricole et la sécheresse prolongée a eu un effet destructeur sur le bien-être de la société.  Il faut une réponse résolue à la crise humanitaire qu’elle a créée. 

La représentante a aussi parlé des drogues, qui sont une source de financement pour les Taliban.  Elle a réclamé un effort régional et une approche inclusive impliquant tous les pays de la région et les acteurs internationaux pour combattre les causes sous-jacentes de ce fléau dont le trafic des précurseurs, les paradis fiscaux et la réduction de la demande. 

M. DAVID GREGORY YARDLEY (Australie) a salué le courage et la détermination du peuple afghan lors de l’élection présidentielle du 28 septembre dernier.  Nous attendons le résultat de cette élection et encourageons toutes les parties prenantes à respecter les procédures prévues pour le décompte des voix et l’examen des plaintes, a-t-il dit.  Estimant qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit, le délégué a salué les pas accomplis par les Gouvernements de l’Afghanistan et des États-Unis en vue de mettre fin au conflit, y compris par des mesures de confiance.  Nous sommes déçus que les Taliban continuent de refuser des pourparlers directs avec le Gouvernement afghan, a-t-il dit.  Nous ne croyons pas qu’un règlement politique pérenne soit possible sans de tels pourparlers et appelons les Taliban à réduire le niveau de violence immédiatement et à entamer des discussions sans condition préalable.  M. Yardley a exhorté la communauté internationale à appuyer le pays dans sa transition vers la paix et à reconnaître la lutte et les succès des femmes afghanes.  Un processus de paix ne pourra connaître le succès sans la pleine participation des femmes, a conclu le représentant. 

M. GUILLAUME DABOUIS, de l’Union européenne, a souligné que la suspension des pourparlers bilatéraux entre les États-Unis et les Taliban, en septembre dernier, a mis un coup d’arrêt à l’ensemble du processus de paix, retardant notamment le début de la phase suivante, à savoir la tenue de négociations intra-afghanes.  Ces dernières étaient censées démarrer à la fin du mois, a-t-il regretté, précisant toutefois que la pause actuelle est utilisée à bon escient pour préparer le lancement d’un « véritable processus de paix ». 

M. Dabouis a énoncé les principes régissant l’engagement de l’Union européenne en Afghanistan, à savoir la tenue de pourparlers directs entre le Gouvernement et les Taliban, la conclusion d’un accord politique et la reprise des discussions entre les États-Unis et les Taliban.  Le représentant a insisté pour que le lancement des négociations intra-afghanes s’accompagne d’un cessez-le-feu simultané.  D’ici là, M. Dabouis a appelé les parties à réduire significativement les violences.  Il est important que les deux côtés se montrent à la hauteur de cette « occasion historique », a-t-il déclaré, déplorant les nombreuses occasions manquées au cours des 18 dernières années.

Le représentant a en outre insisté pour que la communauté internationale respecte le principe d’un processus de paix dirigé et contrôlé par les Afghans, dans le respect de l’indépendance, de l’intégrité et de la souveraineté du pays, le tout en préservant les acquis des droits des femmes, des enfants et des minorités. 

S’agissant des élections, M. Dabouis a estimé que la paix ne doit pas se faire au détriment des valeurs fondamentales et du développement démocratique de l’Afghanistan.  Les élections et la paix vont main dans la main, a-t-il martelé.  De ce point de vue, il a jugé que l’élection présidentielle du 28 septembre a démontré la détermination des Afghans à appuyer le processus démocratique.  La légitimité du scrutin dépendra de la capacité des instances électorales à s’acquitter efficacement et en toute transparence de leur mandat, y compris dans la gestion des plaintes et des procédures d’appel.

Partant, M. Dabouis a appelé le pays à dévoiler sans plus tarder les résultats du scrutin.  Dans l’intervalle, il a voulu que tous les candidats fassent preuve de retenue et se montrent constructifs vis-à-vis de la Commission électorale indépendante.  Au passage, le représentant a rappelé que l’ Union européenne a appuyé financièrement les élections législatives de 2018 et la présidentielle de 2019, à hauteur de 31 millions d’euros.  M. Dabouis a également réaffirmé la volonté de l’UE d’appuyer le développement de l’Afghanistan, alors qu’elle s’apprête à planifier le prochain cycle d’aide au développement afghan pour la période 2021- 2027.

M. SAUD HAMAD GHANEM HAMAD ALSHAMSI (Émirats arabes unis) a rappelé qu’en janvier 2017, l’ambassadeur de son pays en Afghanistan a perdu la vie, avec cinq agents humanitaires, après un attentat à Kandahar.  Malgré ce malheur, les Émirats arabes unis ont poursuivi leur soutien au pays, appuyant les efforts de la communauté internationale pour ramener la paix.  Le représentant a ainsi rappelé que, depuis 2014, son pays a déboursé pas moins de 215 millions de dollars en faveur de l’Afghanistan.  Il a également mentionné un programme conjoint que son pays a initié avec ONU-Femmes pour autonomiser les femmes du monde arabe, y compris les Afghanes.  Il a annoncé qu’après son lancement, en début de cette année, la deuxième phase du programme va débuter en janvier 2020.  Pour terminer, le représentant a appelé tous les pays à se garder d’utiliser les citoyens afghans pour leurs guerres par procuration.  Il a plutôt invité la communauté internationale à « resserrer les rangs » contre l’extrémisme qui menace la stabilité de l’Afghanistan et de toute la région. 

Mme FARZANA ZAHIR (Maldives) a souligné que l’Afghanistan offre un environnement considérablement plus favorable aux investissements, notant que le pays est passé du cent-quatre-vingt-troisième au cent-soixante-septième rang dans le « Doing Business » de la Banque mondiale.  Vu l’importance de l’intégration régionale en la matière, la déléguée a prôné des partenariats régionaux, en particulier avec les États de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).  Mme Zahir s’est en outre félicité du courage et du leadership du Gouvernement afghan dans la promotion des valeurs démocratiques, comme en ont témoigné les élections présidentielle et législatives.  Elle a jugé encourageante la promotion des droits de l’homme, en particulier des femmes et des jeunes filles, ainsi que l’achèvement des 10 programmes nationaux prioritaires.  En revanche, la représentante a condamné la poursuite des attentats par les Taliban et les lourdes pertes civiles de cette année, appelant l’ONU et les États Membres à soutenir la reconstruction du pays et toutes les parties concernées, à respecter leurs obligations en vertu des droits de l’homme et du droit humanitaire international. 

M. FERIDUN HADI SINIRLIOĞLU (Turquie) a souligné que son pays soutient toutes les initiatives qui peuvent mener à la fin des violences, précisant que ces initiatives doivent être étroitement coordonnées et se compléter.  Il a déclaré que son pays considère le Processus d’Istanbul « Au cœur de l’Asie » comme une plateforme importante pour renforcer la coopération par le dialogue et les consultations politiques.  Ce Processus, a-t-il estimé, pourrait être mieux exploité.  Il pourrait être utilisé pour faciliter les efforts de paix et de consolidation de la paix.  La conférence ministérielle qui se tiendra le 9 décembre à Istanbul sera certainement une occasion importante pour un débat de fond sur ces questions.

Mme MARIA ANGELA ZAPPIA (Italie) a affirmé l’engagement de son pays pour un partenariat durable entre la communauté internationale et l’Afghanistan, essentiel en raison des défis en matière de sécurité et de la violence subie par les civils.  Elle a rappelé le rôle que son pays joue dans le cadre de la Mission « Soutien résolu », s’agissant en particulier de la formation offerte aux Forces de sécurité afghanes et des conseils consultatifs.  Réitérant son soutien à des négociations intra-afghanes « jouissant de l’approbation de toutes les couches de la société, le délégué a dit espérer que la fenêtre d’opportunités ouverte ces derniers mois le restera et que ce processus de paix offrira à long terme un rôle significatif aux femmes, en garantissant leurs droits constitutionnels et civils.

La représentante s’est félicitée, à son tour, de l’élection présidentielle qui s’est tenue malgré les attaques, notant que la crédibilité du processus doit être maintenue pendant le décompte des voix.  Saluant le partenariat entre l’Afghanistan et la communauté internationale dans la promotion des réformes, elle a déclaré que la Conférence d’annonce de contributions de 2020 sera l’occasion d’évaluer les progrès et de réaffirmer l’engagement international pour le développement du pays.  Elle a, en conclusion, appelé au renforcement des mesures contre la corruption, lequel est un facteur de confiance dans les institutions et de développement du secteur privé.  Ce sont là les clefs d’une société plus ouverte et plus productive, a insisté la représentante.

M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a indiqué que son pays entretient des relations « symbiotiques » avec l’Afghanistan, ajoutant que la paix permettra aux deux nations d’être le pont de l’essor économique en Asie centrale.  Après l’Afghanistan, a souligné le représentant, c’est le Pakistan qui est le pays le plus affecté par le conflit, comme en attestent les plus de 80 000 civils et soldats tués depuis le début des troubles.  Le Pakistan serait le gagnant d’une paix afghane, et cette paix, a précisé le représentant, ne peut être obtenue que par des pourparlers intra-afghans.  C’est la raison pour laquelle le Premier Ministre Imran Khan a répondu favorablement à l’appel du Président américain, en facilitant les discussions directes entre les Américains et les Taliban.  Le Pakistan a permis ce rapprochement en libérant un chef taliban qui était emprisonné dans son territoire.  Mon pays, a insisté le représentant, vient d’ailleurs de libérer d’autres Taliban en échange de la libération des otages américain et australien.  En octobre dernier, le Pakistan a accueilli une délégation talibane, contribuant à la reprise des pourparlers directs entre les Taliban et les États-Unis. 

Avec l’Afghanistan, a affirmé le représentant, nous avons décidé de laisser derrière nous les erreurs du passé et de regarder vers l’avenir.  Nous avons donc aidé les secteurs de la santé, de l’éducation et des infrastructures, ce dernier bénéficiant également de l’initiative chinoise « une Ceinture, une Route ».  Le représentant a aussi évoqué la coopération en matière de sécurité.  Afin d’éviter des affrontements meurtriers entre les deux Forces de sécurité, du fait des provocations des groupes terroristes, des centres de coordination ont été mis sur pied et des officiers de liaison ont été désignés dans les deux Forces.  L’Afghanistan est le cœur de l’Asie et, à ce titre, la paix afghane, c’est la paix du continent. 

M.  ZHANG JUN (Chine) a indiqué que la situation actuelle est à un moment charnière car on attend encore les résultats électoraux.  Il a insisté sur l’importance régionale de l’Afghanistan et appelé les États-Unis et les Taliban à poursuivre leurs pourparlers.  Il a aussi encouragé des négociations de paix inter-afghanes pour parachever la paix, faciliter la transition politique et préserver la stabilité à long terme.  Il a espéré que les Forces de sécurité afghanes seront dûment déployées pour parer à toute situation inattendue à l’annonce des résultats du scrutin.  Les groupes terroristes demeurent actifs, a averti le représentant, qui a condamné les derniers attentats et appelé les États-Unis et les autres partenaires à honorer leurs engagements, y compris celui de déployer des troupes supplémentaires. 

La Chine, quant à elle, travaille par le canal bilatéral et contribue à la lutte contre le terrorisme, avec l’aide du Tadjikistan et du Pakistan.  La communauté internationale doit poursuivre son appui et travailler main dans la main avec le peuple afghan pour lutter contre la pauvreté, la crise humanitaire, le trafic de drogues, entre autres fléaux, a conclu le représentant, en saluant la coopération rendue possible par l’initiative chinoise « une Ceinture, une Route ». 

M. MAJID TAKHT RAVANCHI (Iran) a voulu que des efforts soient déployés pour régler les différends après l’annonce des résultats des dernières élections.  C’est crucial pour la paix, la stabilité et la prospérité du pays.  Le peuple afghan veut une paix durable et véritable, paix qui ne peut pas être imposée ou importée de l’extérieur, a prévenu le représentant.  Aucun pays n’a le droit de décider de l’avenir de l’Afghanistan car « ce droit appartient exclusivement aux Afghans eux-mêmes. »  En conséquence, le Gouvernement afghan doit jouer un rôle central dans tous les efforts de paix.  Toute négociation de paix exclusive, unilatérale et non transparente, en particulier, en l’absence du Gouvernement afghan et des pays voisins, n’a aucune chance de réussir et se soldera par un échec total, a pronostiqué le représentant. 

Il a ajouté que tout amendement à la Constitution doit être apporté conformément à la procédure existante et sous la supervision du Gouvernement afghan légitime.  Il doit prendre en compte les causes du conflit, en particulier la présence des forces étrangères.  Le représentant a réitéré son appel au retrait responsable et graduel de toutes ces forces indépendamment de leur mandat ou structure.  Avant ce retrait et simultanément pendant, il faut renforcer les Forces de sécurité afghanes.  Il est également essentiel de combattre les groupes comme Daech dont l’introduction dans le pays a conduit à davantage de bains de sang et à des tendances sectaires dangereuses.  L’Iran, a ajouté son représentant, est prêt à soutenir ces efforts, compte tenu de l’unique et la vaste expérience qu’il a acquise en aidant l’Iraq et la Syrie à neutraliser Daech.  L’Iran, a-t-il ajouté, a aussi une précieuse expérience dans la lutte contre le trafic de drogues.  Il a dénoncé les effets des sanctions américaines sur les trois millions de réfugiés Afghans en Iran qui, aujourd’hui, « pensent sérieusement à migrer dans d’autres pays, y compris en Europe ».  Nous voulons que les conséquences de ces sanctions soient mentionnées dans la résolution sur la situation en Afghanistan parce qu’elles reflètent la réalité sur le terrain, a assené le représentant. 

M. MUHSIN SYIHAB (Indonésie) a souligné l’importance cardinale d’un processus de paix dirigé et contrôlé par les Afghans.  Tous les groupes doivent se conformer à un processus démocratique, en respectant les droits de tous, y compris des femmes et des minorités, a-t-il dit.  Il s’est dit en faveur d’une robuste participation des femmes au processus de paix, avant de mentionner le dialogue qui se tiendra du 27 au 30 novembre à Jakarta entre femmes afghanes et indonésiennes sur le programme femmes, paix et sécurité.  Il a exhorté le Gouvernement afghan à protéger son peuple et appelé toute partie ayant une influence sur les insurgés et les terroristes à obtenir de ces derniers qu’ils cessent leurs attaques.  Il a ensuite plaidé pour des institutions publiques efficaces et un accès élargi des biens et services afghans aux marchés internationaux.  Enfin, le délégué a conclu sur l’importance du Cadre de responsabilité mutuelle de Genève pour assurer la transition d’une économie de marché pérenne. 

M. MOHAMED KAMAL ALI ELHOMOSANY (Égypte) a félicité l’Afghanistan pour les jalons positifs posés sur la route de l’appropriation du processus de paix, compte tenu de son importance stratégique en Asie occidentale et son impact sur la sécurité et la stabilité dans la région du Moyen-Orient.  Il a souligné la nécessité d’aider l’Afghanistan dans la voie de la stabilité, la souveraineté, l’indépendance, et l’unité nationale, dans le respect de la diversité culturelle.  Il a encouragé la communauté internationale à persévérer dans son assistance aux efforts du Gouvernement afghan dans le domaine de la sécurité.  Il a exhorté toutes les parties prenantes afghanes à œuvrer de concert pour la paix et s’est réjoui, dans ce contexte, des élections législatives et présidentielle.  L’Égypte, a-t-il rappelé, apporte un soutien dans le secteur judiciaire grâce à un protocole entre son Ministère de la justice et la Cour suprême afghane sur la formation des magistrats en droit civil.  L’Université Al-Azhar contribue aussi aux efforts pour prévenir la radicalisation, en diffusant des informations sur l’Islam modéré et en octroyant des bourses d’études valables également pour d’autres universités égyptiennes. 

Mme CHERITH NORMAN-CHALET (États-Unis) a condamné l’attaque contre un véhicule de l’ONU le 24 novembre dernier à Kaboul, qui a coûté la vie à un ressortissant américain.  Elle a invité les Taliban à embarquer dans le train de la paix et le Gouvernement, à nommer au plus vite une équipe de négociation inclusive en vue de parvenir à un accord de paix global.  Cette paix est à « portée de main », a estimé la représentante qui a précisé que même si sa délégation a parrainé le projet de résolution, il se dissocie des références aux changements climatiques sur lesquelles la position américaine reste inchangée. 

Mme VIDISHA MAITRA (Inde) a souligné que si la communauté internationale doit être unie pour soutenir les efforts en faveur du processus de paix, l’Inde ne croit pas « aux ordres ».  C’est le peuple afghan et ses représentants élus qui doivent avoir un rôle prépondérant dans la prise de décisions concernant leur avenir.  Plus que tout autre pays, l’Afghanistan a payé le prix fort du terrorisme en 2018, avec plus de 7 000 morts.  Les sanctuaires terroristes aux frontières doivent être éliminés, a martelé la représentante, avant d’indiquer que, dans ses efforts de coopération avec l’Afghanistan, l’Inde est consciente du respect dû à la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays ainsi qu’aux normes internationales universellement reconnues, au principe de transparence et à la primauté du droit.

M. JAMES ROSCOE (Royaume-Uni) a présenté ses condoléances aux proches de l’employé des Nations Unies qui a trouvé la mort, cette semaine, à Kaboul jugeant cette attaque « injustifiable et honteuse ».  Le projet de résolution, a-t-il estimé, insiste sur la nécessité d’un règlement politique pour mettre un terme au conflit.  Il souligne également la protection et la promotion des droits des femmes et le rôle qu’elles peuvent jouer au sein du Gouvernement et de la société.  C’est la raison pour laquelle les délégations britannique et afghane ont lancé le Groupe des Amis des femmes d’Afghanistan la semaine dernière, lequel a reçu le soutien d’un grand nombre de pays.  Reconnaissant les négociations difficiles autour du projet de résolution, le représentant a avoué qu’il aurait préféré un texte plus court, limité à quelques priorités.

Il a soutenu l’idée d’un accord entre les États-Unis et les Taliban pour débloquer les négociations inter-afghanes.  Il a donc demandé le lancement rapide de ces négociations mais, a-t-il souligné, il faut d’abord faire reculer la violence pour un minimum de confiance entre les parties.  Le scrutin présidentiel d’octobre dernier a montré une fois encore, s’est réjoui le représentant, la résilience, l’opiniâtreté et le courage du peuple afghan.  Or deux mois plus tard, les résultats ne sont toujours pas annoncés.  Il est « inacceptable », s’est impatienté le représentant, que la Commission électorale indépendante ait été empêchée de recompter les bulletins dans sept provinces.  Il a demandé à tous les responsables politiques du pays de respecter le travail de cet organisme.  L’Afghanistan ayant encore des besoins considérables d’aide humanitaire et d’aide au développement, le représentant a conclu, en se félicitant de la Conférence des donateurs en 2020 pour identifier les priorités.

La communauté internationale a un rôle déterminant à jouer pour parachever la phase de transition en Afghanistan et surmonter les multiples obstacles auxquels le pays se heurte encore, a déclaré Mme ALYA AHMED SAIF AL‑THANI (Qatar), qui s’est inquiétée des attentats contre la population civile.  Elle a réitéré la condamnation du Qatar de tout acte terroriste et le rejet de la violence en tous lieux et toutes circonstances.  Le Qatar, a-t-elle affirmé, ne ménage aucun effort de médiation entre les diverses parties afghanes en vue de mettre fin à la violence et de rapprocher les points de vue pour arriver à une entente politique.  Le pays a accueilli à Doha le Dialogue intra-afghan, en coopération avec l’Allemagne, auquel a participé un large éventail de personnalités afghanes. 

Le Dialogue a abordé une large gamme de questions dont les droits des femmes, les minorités, le cessez-le-feu, la libération des prisonniers, le retrait des troupes étrangères et l’avenir politique.  Le Dialogue s’est distingué par une participation significative des femmes qui ont donné leur avis sur le processus de paix et sur leur rôle dans la société et la sphère politique.  Le Dialogue a débouché sur une déclaration commune, « premier jalon vers la paix ».  Le Qatar a aussi abrité plusieurs cycles de pourparlers entre les États-Unis et les Taliban en vue de trouver la « formule diplomatique » de la paix et de la stabilité et mettre fin aux souffrances du peuple afghan.  

M. ANTHONY JOHN HINTON (Canada) a déclaré que son pays soutient fermement la référence faite, dans la résolution, à la participation des femmes au processus de paix, tout en plaidant pour que soit éradiquée au plus vite la violence sexuelle et sexiste.  Il a estimé que le moment est crucial pour la communauté internationale de renforcer son soutien au peuple afghan.  Un processus de paix dirigé et contrôlé par les Afghans est crucial, a-t-il insisté, précisant qu’un accord qui n’apporte pas la paix à tous les membres de la société, hommes et femmes, tous les groupes ethniques et les religions, ne sera pas durable.  Il a souhaité que la résolution adoptée, chaque année, bénéficie d’un consensus l’année prochaine, déplorant un vote pour la deuxième année consécutive.  

Mme MONA JUUL (Norvège) a déclaré que le niveau de violence actuel préoccupant montre l’urgence d’un règlement politique.  Elle a salué les progrès faits entre les Taliban et les États-Unis et pressé les parties de conclure, au plus vite, un accord pour permettre le dialogue intra-afghan.  En tant que partenaire fidèle de l’Afghanistan, la Norvège, a dit sa représentante, soutient un processus de paix inclusif.  La voix des femmes et de la société civile doit avoir sa place dans le processus, à toutes les étapes, de l’élaboration à la mise en œuvre, a insisté la représentante.  Mme Juul a salué les efforts déployés par d’autres parties pour appuyer le dialogue, notamment le Qatar, l’Allemagne, la Fédération de Russie, la Chine et d’autres partenaires régionaux. 

Elle a espéré que les prochaines étapes du processus électoral seront transparentes et inclusives, de sorte que les hommes et les femmes qui ont voté le 28 septembre dernier puissent avoir confiance.  L’Afghanistan, a poursuivi la représentante, doit être capable d’assurer sa propre sécurité et se défendre, avec ses propres forces, sans avoir besoin des forces étrangères.  Mais le pays a besoin de l’assistance de ses partenaires pour assurer son développement.  En tant que partenaire au développement, la Norvège, a conclu la représentante, souligne la nécessité d’une discussion « franche et ouverte » sur l’approche et les éléments de l’aide au développement.  Cette réflexion doit avoir lieu avant la prochaine conférence des donateurs l’année prochaine, a martelé la représentante. 

M. TAREQ MD ARIFUL ISLAM (Bangladesh) a espéré une transformation rapide et une institutionnalisation de la démocratie, ce qui est « critique » pour la stabilité et l’autosuffisance, et le règlement de ce conflit dévastateur.  Il a loué les « énormes efforts » en cours en faveur de la paix et du développement, lesquels méritent un appui substantiel de la communauté internationale.  Le Bangladesh, a-t-il dit, participe à plusieurs réunions et conférences sur l’Afghanistan et appuie fermement la lutte contre le terrorisme et la politique de tolérance zéro contre ce fléau et celui de l’extrémisme violent.  Le Bangladesh ne servira jamais de base à quelque groupe terroriste que ce soit, a affirmé le représentant. 

Il a appuyé l’engagement sans faille de l’ONU en faveur du développement de l’Afghanistan et les efforts de la Mission d’assistance des Nations Unies (MANUA).  Il a ajouté que les ONG bengalaises œuvrent au développement socioéconomique de l’Afghanistan.  Doté d’une importante réserve de professionnels, qu’ils soient enseignants, ingénieurs, médecins, infirmiers ou encore techniciens, le Bangladesh est prêt à les déployer pour participer au développement des ressources humaines afghanes.  Avec son expertise agricole, mon pays peut aussi contribuer à la sécurité alimentaire, a conclu le représentant, qui a dit rêver d’un « Afghanistan pluraliste et prospère ». 

Explications de vote sur le projet de résolution A/74/L.13 adopté par 137 voix pour et les abstentions de la Fédération de Russie et des Palaos

La représentante de l’Afghanistan a déploré que pour la deuxième année consécutive, le texte ait dû être mis aux voix, malgré les efforts consentis aux cours des négociations.  Nous avons, a-t-elle avoué, pourtant fait montre de souplesse et accepté les amendements des autres délégations.  Il est important, a martelé la représentante, de refléter la réalité sur le terrain et de manière équilibrée. 

Ces propos ont été soutenus par le représentant de l’Allemagne.

Son homologue de la Fédération de Russie a aussi voulu que le texte reflète la réalité sur le terrain, regrettant que certaines délégations aient ignoré ses suggestions, d’où la demande de recourir au vote.  Nous l’avons fait, a-t-il expliqué, en tant qu’ami de l’Afghanistan, soucieux d’un texte reflétant les défis posés par les drogues et le terrorisme qui, de manière un peu surprenante, est de plus en plus souvent présenté comme une forme d’extrémisme violent.  Le but ultime de la résolution, a martelé le représentant, doit être d’accompagner le peuple afghan vers la paix, en le laissant prendre les décisions sur son avenir. 

Les acteurs extérieurs doivent se conformer à cet impératif, en particulier la Troïka constituée de la Chine, des États-Unis et de la Fédération de Russie, à laquelle contribue le Pakistan.  À l’avenir, a prévenu le représentant, il faudra tenir compte du large éventail des avis et de la nécessité de refléter les « réalités objectives » et les « objectifs réels » qui doivent contribuer au règlement de la situation.  Le représentant a demandé à l’Allemagne, facilitateur des négociations, de veiller à un texte équilibré. 

Le représentant de la Chine a estimé que la résolution encourage l’unité afghane et la coopération régionale et internationale.  Mais, a-t-il concédé, le texte ne reflète pas pleinement la réalité sur le terrain et aurait dû contenir un libellé « plus fort » sur la coopération internationale.  Certaines propositions n’ont pas été tout à fait prises en compte, a-t-il ajouté, regrettant que le texte ait fait l’objet, une nouvelle fois, d’une mise aux voix. 

Droit de réponse

Répondant à la Fédération de Russie, la représentante de l’Afghanistan a répété qu’il a vraiment recherché le compromis, avec le but clair d’avancer vers la voie de la paix, notamment après la Jirga.  Il faut, a-t-elle plaidé, une approche globale et complète fondée sur le principe de la responsabilité commune et partagée.  Il faut analyser les causes profondes de la situation et dépasser les approches purement programmatiques.  Dans ce contexte, l’accent doit être mis sur la lutte contre le trafic des stupéfiants, la coopération régionale et internationale et le respect des droits de l’homme. 

 

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