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AG/12215
20 novembre 2019
Soixante-quatorzième session, 31e et 32e séances plénières – matin & après-midi

Assemblée générale: les moins de 18 ans confient leur rêve d’un avenir meilleur à l’occasion du trentième anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant

Ils ne l’ont pas joué comme Beckham, mais aux côtés de la star mondiale du football, les moins de 18 ans ont pris d’assaut l’Assemblée générale pour célébrer la Journée mondiale de l’enfance mais surtout le trentième anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant.  Nous refusons que les adultes parlent en notre nom, a prévenu Millie Bobby Brown, l’actrice britannique de 15 ans et plus jeune Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF.  Alors les jeunes activistes ont raconté leur rêve d’un avenir meilleur, appelant les adultes à l’action contre les changements climatiques, les crises humanitaires et les inégalités d’accès à l’éducation comme en attestent les 260 millions d’enfants déscolarisés dans le monde. 

Nous n’avons pas tenu nos promesses, a confessé la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Amina Mohammed, dans un aveu relayé par la quarantaine d’États entendus aujourd’hui sur les 106 prévus.  Trente ans après la Convention et 10 ans avant la date butoir du Programme de développement durable à l’horizon 2030, la Vice-Secrétaire générale a parlé des enfants laissés pour compte qui vivent dans des bidonvilles et dans des villages isolés, sans accès à la santé.  Ils se couchent affamés et assoiffés.  Au nombre de 200 millions et plus, ces enfants risquent d’être recrutés comme enfants soldats, voire par des groupes terroristes. 

Le monde compte actuellement, a affirmé la Vice-Secrétaire générale, 10 millions d’enfants esclaves, victimes de la traite ou d’autres formes de travail forcé.  Elle a mis l’accent sur les risques particuliers que courent les filles, forcées d’abandonner l’école, de se marier et d’enfanter.  Elles sont déjà 650 millions dans le monde, dont Esther, qu’a rencontrée le Président de « World Vision International », une petite Africaine de 8 ans, victime de la mutilation génitale, violée dans l’indifférence de sa famille et forcée de se marier à un homme sept fois plus âgé qu’elle contre six vaches.  Le trentième anniversaire de la Convention, ratifiée par tous les pays du monde à l’exception des États-Unis, comme l’a rappelé le Président du Comité des droits de l’enfant, M. Luis Ernesto Pedernera Reyna, a été l’occasion de réunir de nombreux jeunes activistes du monde entier, aux côtés de Skip Marley, petit-fils du légendaire reggae man. 

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de l’enfance et c’est « votre Assemblée générale », a lancé, le Président de l’Assemblée, M. Tijjani Muhammad-Bande, aux jeunes.  Ils ne se sont pas fait prier: le jeune reporter ivoirien Hans Boua a parlé de son travail de sensibilisation à la prévention du VIH/sida, à la santé physique et à l’assainissement.  Aucun enfant ne devrait, comme moi, perdre un frère, a-t-il plaidé en se souvenant de Loïc, mort 10 jours à peine après sa naissance prématurée par manque de couveuse.  Volodymyr Charushyn, jeune ukrainien malentendant, a expliqué « Entendre avec le cœur », un projet visant à assurer l’autonomie sociale, économique et financière des enfants atteints de troubles auditifs.

La jeune Nanse Mohand Ghanan, réfugiée syrienne de 13 ans qui vit aux États-Unis, a plaidé pour le droit de ses congénères à « vivre comme des enfants ».  Les normes « sur papier » ne changent rien pour les enfants touchés par la guerre, a lancé la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé.  Mme Virginia Gamba a voulu que l’on transforme les bonnes intentions en changements réels.  Son homologue, chargée de la question de la violence contre les enfants, Mme Najat Maalla M’Jid, a rappelé que la violence faite aux enfants coûte 7 000 milliards de dollars par an. 

Il reste beaucoup à faire pour protéger les rêves des enfants du monde entier, a concédé David Beckham, star mondiale du football et Ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF.  Il faut terminer le travail entamé en 1989 et accélérer les avancées au cours des 30 prochaines années, a embrayé la Directrice exécutive de l’UNICEF, Mme Henrietta Fore.  Les droits de l’enfant, a-t-elle estimé, sont à la croisée des chemins, et les gains historiques de ces 30 dernières années doivent aller de pair avec un nouvel engagement à la hauteur de ce monde extrêmement complexe et en constante évolution. 

Si vous voulez résoudre les problèmes des enfants, écoutez-les, s’est impatientée l’actrice britannique de 15 ans et Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, Millie Bobby Brown.  « Les entendons-nous? » s’est demandée la Vice-Secrétaire générale, avant que le Ministre de l’enfance de l’Islande ne s’insurge contre ces décideurs qui n’écoutent pas vraiment, se contentant de « coups médiatiques », alors que les enfants sont de « véritables sources d’inspiration ».  La Convention relative aux droits de l’enfant dispose en son article 12: « Les États parties garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité ».

L’Assemblée poursuivra la commémoration du trentième anniversaire de la Convention demain, 21 novembre, à partir de 10 heures.

RÉUNION DE HAUT NIVEAU À L’OCCASION DU TRENTIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ADOPTION DE LA CONVENTION RELATIVE AUX DROITS DE L’ENFANT

Déclarations d’ouverture

« Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de l’enfance » et c’est « votre Assemblée générale », a lancé d’emblée M. TIJJANI MUHAMMAD-BANDE, Président de l’Assemblée générale, aux enfants et aux jeunes présents dans la salle et en ligne.  Nous sommes à l’une des nombreuses manifestations organisées à travers le monde, a-t-il ajouté.  L’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant, il y a 30 ans, a rappelé le Président, a été un évènement marquant car « nos enfants ont des droits individuels ».  À cette occasion, les États ont pris des mesures pour faire respecter ces droits, protéger et autonomiser les enfants à qui l’on disait depuis trop longtemps qu’« ils doivent être vus et pas entendus ». 

Les politiques et les mesures concrètes prises, depuis lors, ont permis de diminuer les taux de mortalité infantile grâce à la réalisation progressive des droits de l’enfant et au respect des obligations consacrées par la Convention: santé, alimentation, éducation et protection.  Le Président a toutefois reconnu que beaucoup reste à faire « car tous les enfants ne profitent pas de leur enfance ».  Des millions d’entre eux continuent de se heurter à des obstacles dans la réalisation de leurs droits aux services sociaux de base.  Il a lancé un appel à la réalisation de l’objectif « Faim zéro » et s’est alarmé du fait qu’en ce moment même quelque 265 millions d’enfants ne sont pas scolarisés.  « C’est un scandale! » s’est écrié le Président, avant de souligner que la moitié des enfants scolarisés n’ont pas le niveau de lecture et de mathématiques requis, et la situation est encore plus grave dans les pays pauvres et en conflit.  Un enfant non scolarisé sur quatre, a rappelé le Président, vit dans un pays en crise ou touché par une urgence climatique. 

Dans un monde en mutation rapide, a-t-il poursuivi, il faut veiller à ce que les technologies de l’information et des communications (TIC) soient intégrées dans les programmes pédagogiques non seulement pour avoir des enfants alphabétisés mais aussi dotés d’une culture numérique.  Le Président a d’ailleurs relevé le fossé numérique « criant » entre les sexes: aujourd’hui, un milliard de filles et de femmes n’ont pas les compétences nécessaires pour réussir dans ce domaine.  La petite fille doit être au centre des priorités nationales, surtout que 650 millions de filles, dans le monde, ont été forcées de se marier avant l’âge de 18 ans.  Les mariages précoces et forcés, a-t-il martelé, sont catastrophiques pour les femmes et les filles. 

Aujourd’hui, a encore fait observer le Président, il y a plus de pays en conflit qu’il n’y en avait à l’adoption de la Convention.  Au cours de l’année écoulée, environ un milliard d’enfants ont été victimes de violences physique, sexuelle, émotionnelle ou de négligence.  Les traumatismes de l’enfance durent et c’est pourquoi, il faut veiller à une pleine mise en œuvre de la cible 16.2 du Programme 2030 qui exhorte à « mettre un terme à la maltraitance, à l’exploitation et à la traite, et à toutes les formes de violence et de torture dont sont victimes les enfants ».  Alors que nous inaugurons la Décennie d’action sur les objectifs du développement durable, « nous devons veiller à ce que toutes les actions en faveur de ces objectifs soient menées dans le respect des droits de tous les enfants, partout dans le monde », a insisté le Président. 

Il a rappelé aux États que « nous sommes les garants de l’avenir de nos enfants ».  Nous avons le devoir, a-t-il souligné, d’agir ensemble pour assurer non seulement leur survie, mais aussi leur épanouissement.  Se tournant vers les jeunes, il les a encouragés à ne surtout pas « baisser d’intensité » dans leurs revendications car vous comprenez mieux que quiconque les défis auxquels votre génération est confrontée.  Vous êtes descendus dans la rue pour nous demander d’agir sur le climat et sur d’autres questions qui vous tiennent à cœur.  « Laissez-moi vous dire que nous vous entendons! » a assuré le Président. 

Mme AMINA MOHAMMED, Vice-Secrétaire générale de l’ONU, a déclaré que les droits énoncés dans la Convention s’appliquent à tous les enfants, dans tous les pays, indépendamment de la religion, de l’appartenance ethnique ou de la langue.  « Tous les droits pour tous les enfants », a-t-elle réaffirmé.  En dépit des progrès dont l’augmentation du taux de scolarisation, la baisse du taux de mortalité infantile et le meilleur accès à l’alimentation, à l’eau et à l’assainissement, la Vice-Secrétaire générale a estimé que notre tâche est loin d’être tout à fait accomplie.  Nous n’avons, s’est-elle expliquée, pas honoré notre promesse à tous les enfants du monde et beaucoup d’entre eux risquent encore d’être laissés pour compte.  Elle a parlé des enfants qui sont forcés de fuir de chez eux à cause des conflits ou des catastrophes naturelles comme les inondations ou les sécheresses.

Les enfants laissés pour compte vivent dans des bidonvilles et dans des villages isolés, sans accès à la santé.  Ils se couchent affamés et assoiffés.  Au nombre de 200 millions et plus, ces enfants risquent d’être recrutés comme enfants soldats voire par des groupes terroristes.  Ils risquent d’être sexuellement abusés, emprisonnés ou forcés de travailler comme esclaves.  Le monde compte actuellement, a affirmé la Vice-Secrétaire générale, 10 millions d’enfants esclaves, victimes de la traite ou d’autres formes de travail forcé.  Elle a mis l’accent sur les risques particuliers que courent les filles, forcées d’abandonner l’école, de se marier et d’enfanter. 

Comme l’avenir appartient aux enfants, Mme Mohammed a voulu que l’on agisse maintenant car beaucoup de ces enfants font face à un « futur sombre ».  Les 30 prochaines années poseront de très sérieux défis à la Convention: crise climatique, creusement des inégalités, technologies transformatrices et explosion du nombre de familles et d’enfants déplacés.  Dix ans avant la date butoir du Programme de développement durable à l’horizon 2030, nous ne sommes pas prêts du but, a insisté la Vice-Secrétaire générale qui a attiré l’attention sur la Décennie d’action en vue d’accélérer la réalisation des objectifs fixés.  Les enfants, a-t-elle dit, doivent être au cœur de tous nos efforts.  Travaillons avec les enfants, écoutons leurs idées et rêves car ils sont les principaux leaders de notre temps: des enfants militants, passionnés et engagés sonnent l’alerte.  « Les entendons-nous? » 

Mme HENRIETTA FORE, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a salué les avancées et les progrès dans la vie des enfants depuis l’entrée en vigueur de la Convention.  Notre tâche aujourd’hui, a-t-elle mis en garde, n’est pas seulement de célébrer les avancées mais aussi de les accélérer au cours des 30 prochaines années et de terminer le travail entamé en 1989.  Aujourd’hui encore, a-t-elle rappelé à son tour, des millions d’enfants dans le monde n’ont pas accès ni à la vaccination, ni à la nutrition ni à l’éducation dont ils ont besoin.  Des millions d’enfants vivent l’horreur de la guerre et de nos jours, ils font face à de nouveaux défis qui n’étaient pas imaginables en 1989: changements climatiques, migration, sécurité sur Internet et conflits prolongés. 

Les droits de l’enfant, a estimé Mme Fore, sont à la croisée des chemins.  Les gains historiques de ces 30 dernières années doivent aller de pair avec un nouvel engagement à la hauteur de ce monde extrêmement complexe et en constante évolution.  La Directrice exécutive a invité la communauté internationale à se joindre à l’UNICEF pour traduire les mots en action, à savoir, fournir davantage de soins de santé primaires dans les communautés ou encore concevoir de nouveaux programmes pour aider les jeunes à acquérir les compétences dont ils ont besoin sur le marché de l’emploi.  Il faut aussi travailler avec le monde des affaires et les innovateurs pour développer des nouvelles technologies qui couvrent tout, de l’éducation de qualité aux tests médicaux, en passant par les certificats de naissance. 

Pour la Directrice exécutive de l’UNICEF, il est également question d’investir dans des programmes qui enseignent aux parents et aux familles à faire le bon choix en matière de nutrition, tout en travaillant avec l’industrie agroalimentaire pour assurer un meilleur accès aux aliments non transformés.  Mme Fore a aussi plaidé pour que les communautés plongées dans les conflits et/ou les catastrophes naturelles soient aidées à construire des écoles, des hôpitaux et des systèmes d’adduction d’eau résilients.  Il faut aussi, a poursuivi la Directrice exécutive, travailler avec les parties au conflit pour encourager le dialogue, le respect du droit international et la fin de la guerre.  Mme Fore a demandé à la communauté internationale de faire en sorte que chaque fille puisse aller à l’école, sans craindre un mariage ou une grossesse précoce.  Écoutons les jeunes, a-t-elle conclu, car la meilleure voie vers un avenir meilleur et durable pour tous, ce sont les investissements dans tous les enfants et la transformation de leurs droits en programmes, politiques et services dans chaque communauté, chaque pays et partout dans le monde. 

Mme VIRGINIA GAMBA, Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé, a tout d’abord rappelé que les conflits demeurent la plus grande menace à la réalisation des droits de l’enfant tels que définis dans la Convention.  En temps de guerre, la vulnérabilité des enfants est aggravée et ils ont, plus que jamais, besoin d’une protection urgente.  La Convention est au cœur du cadre juridique de la protection des enfants affectés par les conflits armés, a poursuivi Mme Gamba, qui a notamment évoqué ses articles 38 sur le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés, et 39 sur l’obligation faite aux États parties de prendre toutes les mesures appropriées pour faciliter la réadaptation physique et psychologique et la réinsertion sociale d’un enfant victime d’un conflit armé.

Cependant, a souligné Mme Gamba, les normes « sur papier » ne changent rien pour les enfants touchés par la guerre.  Ce qu’il faut, a-t-elle soutenu, c’est une pleine mise en œuvre appuyée par des lois et des politiques nationales, et des initiatives contre les violations des droits de l’enfant dans les conflits.  Mme Gamba a voulu que l’on transforme les bonnes intentions en changements réels.  « Nos enfants sont notre plus grand trésor.  Ils sont notre avenir.  Ceux qui les maltraitent détruisent le tissu de notre société et affaiblissent notre nation », a-t-elle conclu, en citant Nelson Mandela.

« Il y a 30 ans, la Convention a refaçonné la façon dont nous appréhendons les enfants et leur pouvoir », a d’emblée déclaré Mme NAJAT MAALLA M’JID, Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence contre les enfants.  « De destinataires passifs de services, les enfants sont passés à titulaires de droits dotés d’une voix ».  Observant que la Convention est l’un des instruments des droits de l’homme les plus complets et qu’elle s’applique en temps de paix comme en temps de guerre, elle a noté que cette approche holistique trouve un écho dans le Programme 2030.  En fait, a-t-elle relevé, « tout comme le Programme est un outil crucial pour réaliser les droits compris dans la Convention, les objectifs de développement durable ne peuvent être atteints si les droits inclus dans la Convention ne sont pas respectés ». 

Trente ans après l’adoption de la Convention et près de cinq ans après l’adoption du Programme 2030, des progrès se font jour dans la prévention et l’élimination de la violence contre les enfants.  Toutefois, ces progrès sont lents, « trop lents pour que nous soyons en mesure de tenir les promesses faites aux enfants du monde pour qu’ils puissent vivre à l’abri de toute violence d’ici à 2030 ». 

D’inquiétantes tendances et des défis croissants viennent menacer les avancées réalisées, a constaté Mme Maalla M’jid, évoquant pêle-mêle les changements climatiques, les conflits au long terme, les catastrophes humanitaires, le nombre grandissant des enfants migrants, les nouvelles technologies et l’essor du terrorisme et de l’extrémisme violent. 

Le coût de la violence est important non seulement pour les enfants en tant qu’individus mais aussi pour la société dans son ensemble, a souligné la Représentante spéciale.  Les enfances brisées se traduisent en familles, communautés, sociétés et nations endommagées.  De fait, a-t-elle ajouté, le coût financier de la violence faite aux enfants est immense, de l’ordre de 7 000 milliards de dollars par an. 

« Alors que nous célébrons le trentième anniversaire de la Convention cette année, nous devons défendre avec force et passion les valeurs qu’elle représente et le système dont elle fait partie », a poursuivi Mme Maalla M’jid, appelant à ce que des opportunités soient créées pour permettre aux enfants d’être associés aux décisions qui affectent leur vie et d’être de vrais agents du changement.  À ses yeux, il est urgent de mobiliser un leadership mondial en faveur des enfants et de leurs droits de mener une vie à l’abri de toute violence, dans des sociétés pacifiques, justes et inclusives.  Il importe pour cela de galvaniser l’action à l’échelle mondiale et régionale, mais en premier lieu aux niveaux national et local, et ce, afin de prévenir et combattre toutes les formes de violence contre les enfants, à commencer par les plus vulnérables. 

À cette fin, nous devons nous concentrer sur les enfants en tant que groupe distinct défini par la Convention, a-t-elle encore affirmé.  Une coopération plus efficace entre les différents acteurs impliqués dans ce domaine est également indispensable, avec à la clef des financements adéquats, une priorité donnée aux situations de grande vulnérabilité et la production de données ventilées reflétant la situation de tous les enfants, notamment ceux qui courent le risque d’être laissés pour compte.  Créer un monde exempt de violence pour les enfants implique aussi que leur participation soit reconnue et leur voix entendue. 

En conclusion, Mme Maalla M’jid a rappelé que le dernier Sommet sur les objectifs de développement durable a donné lieu à l’adoption d’une déclaration politique dans laquelle les dirigeants du monde appellent à une Décennie d’action pour atteindre les objectifs de développement durable d’ici à 2030.  La mise en œuvre effective du Programme 2030 est également cruciale pour la réalisation de tous les droits compris dans la Convention, a-t-elle affirmé, invitant la communauté internationale à agir « mieux et plus vite », non seulement pour les enfants d’aujourd’hui mais aussi pour le milliard d’enfants qui naîtront d’ici à 2030.  

M. LUIS ERNESTO PEDERNERA REYNA, Président du Comité des droits de l’enfant, a indiqué qu’avec 196 États parties, la Convention est un instrument mondial mais pas encore universel car un seul État manque à l’appel.  Il a donc saisi cette occasion spéciale pour inviter les États-Unis à se rallier à une Convention qui implique un changement important dans la vie des garçons, des filles et des adolescents.  Le Président a salué les États qui ont apporté des changements rapides et « surprenants » à leur législation pour l’harmoniser avec la Convention.  Il a particulièrement rendu hommage aux 51 pays qui ont répondu favorablement à l’appel du Comité visant à ce que les États s’engagent encore plus concrètement en faveur de la promotion, de la protection et de la réalisation des droits de l’enfant.  Ces 51 États, qui ont fait 200 promesses, doivent être suivis par d’autres, a souhaité le Président. 

Cela est d’autant plus important, a-t-il insisté, que des problèmes de taille persistent: pauvreté, inégalités et exclusion, criminalité, violence, châtiments corporels et humiliants, discrimination, traite, exploitation sexuelle, peine de mort, migration, conflits armés, répercussions des activités incontrôlées des entreprises, corruption, impunité et changements climatiques, a-t-il énuméré.  Aujourd’hui, a souligné le Président, après des décennies de silence imposé par les adultes, les garçons, les filles et les adolescents du monde entier ont pris en main la promotion et la protection de tous les droits de l’homme, en particulier ceux affectant leur vie et leur développement. 

Le Président a parlé du mouvement « Vendredi pour le futur » et de l’action de Greta Thunberg qui montrent clairement que les enfants ne sont pas des spectateurs mais des acteurs prêts à assumer leurs responsabilités.  Ils disent: « Ne nous regardez pas, joignez-vous à nous ».  M. Reyna a rappelé qu’en son article 12, la Convention demande aux États d’écouter et de prendre en compte ce que disent les enfants.  « Nous, adultes, devons les écouter et prendre en considération leurs opinions », a-t-il répété, insistant à l’instar de Nelson Mandela sur le fait que la Convention est un « document vivant » qu’il faut relire en fonction des changements et des nouvelles réalités mais aussi de la richesse et de la diversité des enfances dans le monde. 

Au nom de la Rapporteuse spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants, y compris la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants et autres contenus montrant des violences sexuelles sur enfant, Mme NAJAT MAALLA M’JID, Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence contre les enfants, a observé que la Convention est « à la fois un rappel et une révolution ».  Un rappel parce que les enfants n’ont pas attendu la Convention pour voir leurs droits reconnus par la Déclaration universelle des droits de l’homme et une révolution parce que la Convention a conduit les États à reconnaître que les enfants ne constituent pas un groupe homogène de personnes dépendantes mais des individus titulaires de leurs droits.  La Convention rappelle aussi que, si la famille assume une responsabilité primaire s’agissant de la protection et de l’éducation des enfants, l’État est garant de la mise en œuvre de tous les droits des enfants, a-t-elle souligné. 

Voyant un « signal important » dans le fait que la ratification de cet instrument est aujourd’hui proche de l’universalité, elle s’est félicitée que le Protocole facultatif concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, avec ses 176 États parties, énonce des obligations juridiques fondamentales pour protéger les enfants de la vente et de l’exploitation sexuelle. 

Mme Maalla a noté à cet égard que l’étendue et la nature de la vente et de l’exploitation sexuelle des enfants ont évolué de manière significative au cours de la dernière décennie, donnant lieu à de nouvelles manifestations de ce crime atroce.  En ces temps de numérisation, le développement rapide et la diffusion des technologies de l’information et des communications (TIC), les flux migratoires et le recours croissant aux technologies de procréation assistée ont des implications de grande portée pour les enfants.  Pour la Représentante spéciale, l’un des principaux défis est la mondialisation d’Internet et l’absence d’un code d’éthique pour son utilisation.  Les autres défis affectant les enfants se rapportent aux persécutions, aux conflits, aux catastrophes naturelles et à la pauvreté, mais aussi aux mariages forcés, à l’exploitation sexuelle, au travail forcé et au recrutement dans des conflits armés. 

Trente ans après l’adoption de la Convention et 71 ans après l’adoption de la Déclaration universelle, a-t-elle constaté, le respect de la dignité et des droits des enfants continue, dans le meilleur des cas, d’être relégué à l’arrière-plan, alors qu’il devrait être ancré dans toutes les actions et les décisions. 

De l’avis de la Représentante spéciale, la vente et l’exploitation sexuelle des enfants figurent parmi les pires crimes.  Traiter les enfants comme des marchandises, nier leur individualité et leur statut de personne revient à s’en prendre à leurs droits fondamentaux.  Quand cela se produit, la probabilité est forte que les conséquences durent toute la vie, a-t-elle affirmé, ajoutant qu’au-delà du coût humain, la vente et l’exploitation des enfants ont aussi un coût social et économique. 

De fait, la dignité de l’enfant ne peut être une simple arrière-pensée, a insisté Mme Maalla.  Qu’il s’agisse d’élaborer une politique, d’adopter une loi, de concevoir un logiciel, de faire avancer la science, de bâtir un commerce ou de guider une communauté religieuse, l’impact potentiel sur les enfants doit être évalué et les droits des enfants protégés, promus et respectés, a-t-elle plaidé, ajoutant que tout développement, technologique, médical, économique ou social sacrifiant la dignité humaine ne peut être considéré comme un progrès et doit être combattu avec courage et détermination. 

Appelant à une action fondée sur une approche holistique, elle a estimé que la prévention est essentielle et doit commencer dans la recherche des causes profondes, y compris la pauvreté, les normes sociales et l’inégalité de genre.  Il est par conséquent impératif de comprendre les facteurs sociaux, culturels et institutionnels qui contribuent à la création d’un environnement dans lequel la vente et l’exploitation sexuelle des enfants sont ignorées, tolérées ou acceptées.  Il importe également de s’assurer que les enfants connaissent leurs droits, que leur avis compte et qu’ils puissent dénoncer les abus dont ils sont victimes.  À cet égard, a conclu la Représentante spéciale, la redevabilité est d’une importance cruciale et le combat contre l’impunité est une dimension importante.  « Trop souvent oublié, il doit faire partie de notre réponse aux souffrances infligées aux enfants. » 

Est-ce que le travail a été fait maintenant que 30 ans sont passés depuis l’adoption de la Convention et toutes les promesses faites aux enfants? a demandé M. ANDREW J. MORLEY, Président et Directeur général de « World Vision International » et Représentant de la Société civile.  Si le travail avait été fait, je n’aurais jamais rencontré Esther en Afrique de l’est, une victime de la mutilation génitale, violée dans l’indifférence de sa famille, forcée de se marier à un homme sept fois plus âgé qu’elle contre six vaches.  Esther a réussi à s’enfuir, sa famille l’a ramenée à son vieux mari et elle a été de nouveau violée.  Esther a seulement 8 ans!  Si le travail avait été fait, a poursuivi M. Morley, il n’y aurait pas des millions de garçons et de filles comme Esther, victimes d’abus et de discrimination, ravagés par la pauvreté et les conflits, avec des rêves et un avenir en mille morceaux. 

Nous tous ici avons quelques leviers de pouvoir que nous pouvons actionner pour faire la différence et combler les lacunes.  Les lois doivent être appliquées, les ressources doivent être trouvées, les investissements faits dans la santé, l’éducation, les services sociaux et le maintien de l’ordre.  Nous devons écouter et autonomiser les enfants et travailler ensemble pour Esther et les millions d’autres comme elle. 

Segment interactif

Passant le relais à New York depuis Genève après trois jours de festivités, Mme MICHELLE BACHELET, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a lancé un appel à l’action pour protéger les enfants de l’exploitation et des abus.  Nous devons agir pour que les enfants soient autonomisés et qu’ils puissent se faire entendre et être à l’abri des attaques physiques ou autres formes d’abus.  Pour des millions d’enfants, s’est-elle alarmée, à son tour, l’enfance est encore synonyme de privation, de misère, d’exploitation et de violence.  La Haut-Commissaire a attiré l’attention sur deux « nouveautés » qui ont des répercussions sur les droits de l’enfant: l’énorme changement dicté par la technologie numérique qui a libéré et émancipé les enfants en tant qu’acteurs du changement mais qui les a aussi exposés aux brimades et aux intimidations.  Les outils numériques peuvent aussi favoriser l’exploitation, y compris sexuelle. 

Mme Bachelet a attiré l’attention sur le fait que les enfants d’aujourd’hui veulent participer à la recherche des solutions à leurs problèmes.  Après trois jours de festivités ici à Genève, la conclusion est qu’il faut une action plus robuste pour protéger les enfants et leur céder la place qui leur revient autour de la table, en tant que défenseurs des droits de l’homme et acteurs du changement, a indiqué la Haut-Commissaire.  Elle a plus particulièrement plaidé contre la violence et les conflits pour en finir avec des situations qui empêchent des millions de filles et de garçons de bénéficier d’une éducation et d’une santé de qualité.  Elle a dénoncé les retards dans la réalisation des objectifs de développement durable et s’est félicitée en conséquence des engagements que viennent de prendre des dizaines d’États. 

DAVID BECKHAM, ex-star du football et Ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF, a évoqué son enfance dans l’est de Londres, quand il rêvait d’être footballeur professionnel.  J’ai travaillé dur et, contrairement à d’autres enfants, j’ai eu le soutien de ma famille, de mes enseignants et de mes proches, a raconté l’ancienne star qui œuvre depuis 2001 aux côtés de l’UNICEF.  David Beckham dit avoir rencontré des enfants aux histoires différentes de la sienne et qui demandent tous des changements dans leur vie quotidienne.  En Indonésie, a-t-il dit, les enfants voulaient être à l’abri du harcèlement sur le chemin de l’école.  En Afrique du Sud, ils voulaient être préservés du VIH/sida. 

L’Ambassadeur de bonne volonté a salué les efforts de l’UNICEF mais, a-t-il prévenu, il reste beaucoup à faire pour protéger les rêves des enfants du monde entier.  Il a dit avoir beaucoup appris de sa fille qui déploie détermination et passion pour la protection de la planète.  David Beckham a demandé à tous les enfants de se cultiver et d’exiger toujours plus de la société et aux dirigeants du monde, il leur a demandé de saisir l’occasion de cette commémoration pour prendre de nouveaux engagements, en particulier celui à mieux les écouter et à protéger leurs rêves.

Les enfants montent à la tribune pour l’action climatique, humanitaire et éducative

Plus jeune Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, l’actrice britannique de 15 ans, MILLIE BOBBY BROWN, a prévenu que les jeunes ne veulent plus que les adultes parlent en leur nom.  La jeune fille a parlé du harcèlement et harcelée elle-même à l’école et sur Internet, elle a dit avoir tenu grâce au soutien de ses proches.  Tout le monde n’a pas cette chance, a-t-elle avoué, en rappelant que le harcèlement peut pousser les enfants et les jeunes au stress voire au suicide.  « Vous n’êtes pas seuls », a-t-elle lancé à tous les jeunes du monde.  Millie Bobby Brown est aussi revenue sur la visite que Greta Thunberg a effectuée en septembre dernier, à l’ONU pour « demander des comptes aux dirigeants du monde et susciter l’action climatique ».  C’est un défi, a-t-elle souligné, qui unit les enfants et les jeunes parce que les changements climatiques peuvent saper des décennies de progrès si rien n’est fait. 

Nous devons agir aujourd’hui et pas demain, a dit à sa suite DANTE VERGARA, jeune activiste chilien de 11 ans, qui milite pour l’action climatique.  Il a attiré l’attention sur la chaîne qu’il a créée sur YouTube pour faire connaître la nature aux jeunes et susciter l’action climatique pour protéger le monde dont les enfants vont hériter. 

Le jeune chanteur de 23 ans, SKIP MARLEY a ensuite interprété une chanson avec Amrit Kaur Lohia et la chorale de l’École publique PS22.

Après que la Directrice exécutive de l’UNICEF a décrit la réalité de la guerre pour des millions d’enfants, NANSE MOHAND GHANAN, jeune réfugiée syrienne de 13 ans qui vit aux États-Unis, a parlé au nom des autres enfants réfugiés.  « Je viens d’un pays où tous les bâtiments sont détruits au lieu d’être construits, où le bruit vient des bombes et pas des feux d’artifice.  Je viens de la Syrie.  Je suis née en pleine guerre et je n’ai pas pu aller à l’école.  La nourriture était chère et le travail, difficile à trouver.  Avec l’aide de l’Organisation internationale des migrations (OIM), j’ai pu fuir en Jordanie où j’ai très vite réalisé que laisser ses amis et ses proches est plus dur que je ne l’imaginais.  D’autres organisations nous ont aidés ici mais je n’ai jamais oublié les enfants qui sont restés là-bas.  Donnez-leur le droit de « vivre comme des enfants », a supplié la jeune fille. 

Pour tous les enfants réfugiés, déplacés, handicapés ou « piégés par les erreurs des adultes », WOLE SOYINKA, Prix Nobel 1986 de littérature, a lu un poème célébrant l’enfance, « seul lien qui nous unit tous ». 

Le chanteur, parolier, animateur de télévision et acteur chinois de 19 ans, ROY WANG, Ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF, a rappelé aux enfants que c’est l’éducation qui est le gage de leur avenir.  Il s’est réjoui qu’en Chine, la scolarisation des enfants se soit nettement améliorée, ces 30 dernières années, surtout pour les filles.

Activiste laotien de 15 ans, PANYPHORN VONGMALA a plaidé pour l’accès des enfants à la technologie, un moyen d’exploiter leur potentiel.  Il a voulu des investissements massifs dans les technologies de l’information et des communications chez lui et partout ailleurs dans le monde. 

Table ronde sur le thème « Ne laisser aucun enfant pour compte: Pour chaque enfant, tous ses droits »

Nous sommes à la « croisée des chemins » s’agissant des droits de l’enfant, a déclaré l’actrice britannique et Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, MILLIE BOBY BROWN, qui, à l’instar de plusieurs jeunes participants à la table ronde, n’a cessé de réclamer que l’on écoute les enfants.  Le monde doit écouter les enfants pour pouvoir répondre aux problèmes dont ils vont hériter. 

La Convention garantit à « l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité ».  La table ronde était animée par Jade Dixon, une jeune newyorkaise de 13 ans, qui s’est réjouie de la diversité des participants. 

Venue d’un pays qui est sorti des « horreurs de la guerre » il y a 25 ans, Amila Alikadic, de la Bosnie-Herzégovine a décrit comment les jeunes s’appliquent à créer un mouvement pour ne pas être négligés mais inspirés et pour ne pas seulement s’inspirer mais inspirer.  « Aidez-nous à avoir un avenir chez nous et pas à l’étranger », a-t-elle exhorté.  La violence n’est pas la solution, parlons et écoutons.  Activiste de l’éducation, la jeune fille de 16 ans a dénoncé le décalage entre le comportement des adultes et les réalités actuelles: à l’ère numérique, peut-on vraiment punir les enfants lorsqu’ils ont de mauvaises notes?

Comment faire avancer la cause des enfants?  Amira Bah Ahmadou, jeune parlementaire camerounaise de 13 ans, a parlé du Parlement des enfants ou « députés juniors » comme un cadre permettant aux enfants de mieux connaître leurs droits et d’échanger avec les gouvernements sur des questions pertinentes.  Moi, a-t-elle confié, je parle de l’enregistrement des naissances, « la preuve tangible de l’existence d’un enfant », car au Cameroun « les chiffres nous parlent »: un enfant sur trois de moins de 5 ans n’a pas d’acte de naissance, ce qui veut dire que plus de 40 000 enfants n’ont pas pu, l’année dernière, passer les examens de la fin du cycle primaire, dans ma région.  Sans acte de naissance, ces enfants n’auront ni carte d’identité ni citoyenneté « puisqu’ils n’existent pas ». 

Moi mes questions, ce sont la sensibilisation à la prévention du VIH/sida, la santé physique et l’assainissement, a poursuivi Hans Aboua, jeune reporter ivoirien.  Aucun enfant ne devrait comme moi perdre un frère, a-t-il plaidé.  « Loïc est né avant terme et n’a vécu que 10 jours par manque de couveuse. »  Vice-Président du club santé de son école, Hans Aboua a revendiqué le droit de faire entendre sa voix sur les problèmes qui touchent directement les enfants.  Il a invité les décideurs à faire du respect des droits de l’enfant une priorité, surtout ceux des droits à la santé et à la vie. 

Venue de la République de Macédoine du Nord, Jane Velkosvki, handicapée et joueuse de football a dit: c’est le sport qui m’a fait tenir pendant mon traitement et qui m’a fait connaître des célébrités.  « Moi, je pense que je suis l’égale de tous même dans ma chaise roulante », a-t-elle affirmé, en s’avouant tout de même « embêtée » par les problèmes d’accessibilité qui l’empêchent d’aller où elle veut.  Mettez fin à cette discrimination, a-t-elle lancé aux adultes. 

Le jeune ukrainien Volodymyr Charushyn, malentendant, a dit avoir créé le projet « Entendre avec le cœur » pour répondre aux besoins des jeunes atteints de troubles auditifs et assurer leur autonomie sociale, économique et financière.  Ayant créé un abécédaire en bois et en papier, il a dit attendre des propositions pour mettre en œuvre les idées des jeunes.

L’innovation industrielle peut être un allié solide, a commenté le Directeur général de GMSA, Mats Granryd, dont l’engagement est tout entier focalisé sur l’enfant.  Il a vu dans la téléphonie mobile un véritable espoir d’autant qu’il existe plus de 5,2 milliards de téléphones mobiles dans le monde contre 7 millions, il y a 30 ans.  La technologie mobile offre la possibilité de créer des passerelles, notamment pour l’enregistrement des naissances.  Les opérateurs mobiles ont ainsi contribué à l’enregistrement de plus de 4 millions de naissances dans plusieurs régions.  Il faut faire davantage et de façon plus inclusive, a-t-il admis, en invitant les enfants à dire comment ils envisagent l’apport de ces technologies.  Le Ministre des affaires sociales et de l’enfance d’Islande, M. Asmundu Einar Daoason, s’est impatienté devant ces décideurs qui n’écoutent pas vraiment, se contentant de coups médiatiques.  « Il faut que ça change » et d’ailleurs l’Islande est en train de réformer toutes ses structures publiques pour y inclure systématiquement les enfants « véritables sources d’inspiration ». 

On a fait des progrès dans la manière dont on travaille avec les jeunes, s’est félicitée la Secrétaire générale de « Child Fund Alliance », Mme Meg Gardiner.  Elle a parlé d’un jeune reporter qui a créé une radio écoutée, aujourd’hui, par plus de deux millions d’auditeurs.  Les jeunes doivent « se lever tôt » et persévérer pour faire bouger les choses.  Nous, a dit le Vice-Président du FC Barcelone et la Fondation Barça, Jordi Cardoner, nous travaillons depuis 13 ans maintenant, avec plus de 1,5 million d’enfants dans 58 pays autour de l’axe « sport-développement », en coopération avec l’UNICEF.  Ce partenariat est devenu une référence dans le monde du sport, s’est-il enorgueilli.  Partant du constat que les enfants ne sont pas « coupables » de la situation mondiale, il a demandé à Jane Velkosvki, handicapée et joueuse de football, ce qui l’inspire dans le football.  L’esprit d’équipe, a-t-elle répliqué sans hésitation.  Le Représentant permanent de la Bulgarie et Coprésident du Groupe des Amis des enfants et des objectifs de développement durable a demandé aux enfants comment mettre fin à la violence.  Travaillons ensemble, a conseillé Amila Alikadic, de la Bosnie-Herzégovine, qui, une nouvelle fois, a dénoncé les châtiments corporels. 

Débat général

M. DADASON, Ministre des affaires sociales et de l’enfance d’Islande, a rappelé que la Convention est l’instrument des droits de l’homme le plus largement ratifié au monde.  À cet égard, a-t-il relevé, l’un des membres du groupe nordique, la Suède, a été l’un des premiers pays à la ratifier.  Les pays nordiques sont fiers d’avoir intégré les principes généraux, les droits et les obligations contenus dans la Convention dans leurs législations, a-t-il dit, ajoutant que ces principes doivent devenir une réalité pour tous les enfants, quels que soient leur situation et leurs besoins. 

S’agissant de la protection des enfants, le Ministre a noté que les pays nordiques ont insisté sur l’importance cruciale d’avoir les bonnes réponses lorsque les enfants sont victimes de violences sexuelles ou d’autres graves violences.  Dans tous les pays nordiques, a-t-il précisé, le modèle Barnahus, ou Maison des enfants, a été mis en œuvre et permet aux enfants de recevoir tous les services dont ils ont besoin dans un même lieu. 

À l’occasion du trentième anniversaire de la Convention, a poursuivi le Ministre, le Conseil des Ministres nordiques a choisi de mettre l’accent sur les droits de l’enfant, le but étant de faire de la région un lieu idéal pour grandir.  En janvier prochain, des enfants de toute la région se réuniront à Copenhague pour discuter de leurs droits et surtout de leur participation et de leur implication dans les processus de prise de décisions.  Ce forum des enfants nordiques rassemblera enfants et responsables gouvernementaux pour développer plus la coopération sur les droits de l’enfant. 

À titre national, le Ministre a indiqué qu’en prenant ses fonctions ministérielles, il savait que son action devrait se concentrer sur le bien-être et les droits de l’enfant.  Il savait aussi que si la situation était plutôt satisfaisante en Islande, les choses pouvaient aller mieux.  Il a estimé à cet égard que, pour créer un environnement favorable aux enfants, ces derniers doivent pouvoir jouir des droits consacrés par la Convention dans leur vie de tous les jours, que ce soit chez eux, à l’école ou partout ailleurs. 

Pour les 30 ans de la Convention, le Gouvernement islandais a également décidé, en plus d’un examen complet des services dédiés aux enfants et à leurs familles, de lancer une coopération avec l’UNICEF afin de promouvoir la Convention et les activités des autorités locales.  Par ailleurs, a indiqué le Ministre, nous allons élaborer un système de mesures systématiques à l’aide d’un tableau de bord développé avec le concours de l’UNICEF et la ville de Kopavogsbaer.  Les municipalités pourront ainsi analyser des statistiques sur le bien-être des enfants en vue de prendre des mesures vers une plus grande égalité et pour l’intérêt supérieur de l’enfant, conformément à l’article 3 de la Convention. 

Mme PAULINE IRENE NGUENE, Ministre des affaires sociales du Cameroun, a rappelé que son pays a ratifié le 11 janvier 1993 la Convention ainsi que des lois incriminant la violence à l’égard des enfants.  La Ministre a également évoqué les multiples innovations, notamment dans le domaine de la justice, lesquelles proposent des plans alternatifs à la détention.  En matière de santé, elle a évoqué l’élargissement de la couverture vaccinale ainsi que le Plan d’action de lutte contre les mutilations génitales.  Elle a parlé de la mise en place de la chirurgie réparatrice.  De même, la prise en charge de la fistule obstétricale, qui touche de nombreuses jeunes mères, est gratuite.  Dans ce contexte, Mme Nguene a évoqué la campagne menée contre les mariages précoces. 

Sur un autre registre, elle a évoqué une campagne d’aide aux quelque 2 000 enfants des rues ainsi que les différentes formations pour leur réinsertion dans la société.  La Ministre a aussi parlé de l’enregistrement des naissances et des mesures de discrimination positive pour les enfants handicapés.  Pour finir, elle a abordé les programmes de déradicalisation et de réinsertion des enfants victimes de la secte Boko Haram. 

Mme PRISLA KOHO, Ministre de la promotion et de l’intégration de la femme au développement, chargée de la lutte contre les violences faites aux femmes du Gabon, a indiqué qu’en ratifiant, le 9 février 1994, la Convention, son pays a pris la pleine mesure de ses engagements.  Pour le Gabon, a-t-elle dit, la protection des enfants et la réalisation des objectifs de développement durable vont de pair, étant donné que ces derniers ne seront atteints que si les peuples, dont les enfants constituent un des maillons, bâtissent ensemble un avenir plus juste, plus pacifique, plus prospère et plus sûr.  Le Gabon a ainsi harmonisé sa législation afin de donner un effet direct à la Convention et à ses trois Protocoles facultatifs.  Par ailleurs, le Code pénal récemment actualisé intègre les dispositions pertinentes du Protocole de Palerme visant notamment la répression des infractions commises contre les enfants. 

Sous l’impulsion du Président Ali Bongo Ondimba, a poursuivi la Ministre, le Gabon a pris un large éventail de mesures en matière d’éducation, de santé, de couverture sociale en vue de rendre opérationnel le bloc juridique et institutionnel en faveur de la protection des droits de l’enfant.  D’après les évaluations de cette action, il ressort que le taux de scolarisation atteint 98% et celui d’alphabétisation 96%.  De plus, le respect de l’égalité des sexes dans la scolarisation est obligatoire.  Sur le plan de la santé, Mme Koho a fait état de soins prénatals et postnatals gratuits pour toutes les femmes, d’une couverture vaccinale infantile très large et de l’éradication de maladies telles que la poliomyélite.  Elle a, d’autre part, indiqué que l’interdiction des mariages précoces ou forcés est effective et que, sur le plan institutionnel, des sous-comités consacrés aux droits de l’enfant ont été créés au sein des deux chambres du Parlement. 

M. BOUNSAVAD BOUPHA, Vice-Ministre de la justice de la République démocratique populaire lao, a rappelé que l’ambition de son pays, dans le cadre de la Vision 2030, est d’éliminer la pauvreté et de sortir de la catégorie des pays en développement.  Il a ensuite décrit les points principaux de « Lao Generation 2030 » en faveur de l’enfance, un programme visant à développer le capital humain, par l’élimination de la pauvreté.  Le programme se concentre sur le suivi des enfants tant du point de vue de la santé publique que de l’incitation aux changements de comportements néfastes et dangereux.  Il accorde une attention spéciale à l’égalité des genres et vise à renforcer le système des statistiques nationales pour assurer un contrôle solide. 

Une déléguée de la jeunesse a présenté les souhaits de sa génération pour 2030: ordinateurs et connections Internet pour l’apprentissage en ligne, amélioration des maternités et des services pédiatriques gratuits, cantines scolaires gratuites pour tous les enfants, et promotion du recyclage dans les écoles et tous les lieux publics. 

Mme LYDIA MAI SHERMAN (Libéria) est revenue sur certaines des mesures prises par son pays.  En 2011, une loi sur la réforme de l’éducation a été adoptée, puis en 2012, une autre sur les enfants.  En 2014, le pays a lancé un Plan d’action quinquennal contre la traite des personnes, y compris les enfants.  Le Libéria met vigoureusement en œuvre une loi sur le travail décent, qui prévient les pires formes de travail des enfants.  Enfin, un forum représentatif des enfants a été mis en marche pour que les enfants puissent plaider leur cause.  À l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, des conférences de presse et des émissions radios animées par des enfants ont été organisées dans le pays, a expliqué Mme Sherman, qui a conclu par une citation de Nelson Mandela « il ne peut y avoir aucune illustration plus réelle de l’âme de la société que la façon dont elle traite ses enfants ».

Mme ANA LIMA, Secrétaire d’État aux services sociaux d’Espagne, a fait savoir que près de 5 000 garçons et filles espagnols ont présenté lundi, à l’issue d’un processus participatif, les conclusions de leur « excellent travail » sur l’application de la Convention, pointant ses réussites et les défis qui restent à relever.  La création d’un conseil national de participation des enfants est, d’ores et déjà, à l’étude, après la proposition qu’ils ont faite à la Commission de l’enfance du Congrès des députés.  Ces derniers mois, le Gouvernement a également lancé des politiques en faveur de l’égalité des chances et un haut-commissariat à la lutte contre la pauvreté infantile, a ajouté la Secrétaire d’État, qui s’est elle-même concentrée sur le programme VECA, dont l’objectif est de rendre effectif le droit à l’alimentation et l’accès à des activités culturelles et de loisirs.  En outre, la prestation sociale annuelle par enfant a été augmentée. 

D’autre part, Mme Lima a indiqué qu’un avant-projet de loi organique de protection intégrale de l’enfance et de l’adolescence contre la violence est bien avancé, suivant ainsi les recommandations du Comité des droits de l’enfant à l’issue de l’examen des rapports périodiques de l’Espagne.  De plus, une campagne de sensibilisation vient d’être lancée dans tout le pays.

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. MONCEF BAATI (Tunisie) a indiqué que, depuis l’adoption de la Convention, l’Afrique a adopté plusieurs accords allant dans le sens du bien-être de l’enfant.  Il a salué les progrès que le continent a connus, avant de plaider pour le renforcement de la coopération technique avec la communauté internationale dans le secteur de l’éducation.  Il a aussi rappelé que les États d’Afrique ont lancé une campagne pour mettre fin au mariage des enfants et que les dirigeants du continent se sont également engagés à mettre fin aux mutilations génitales féminines. 

M. Baati a reconnu que beaucoup reste à faire en Afrique pour l’essor de l’enfant, soulignant que l’instabilité politique, les crises financières et économiques, les changements climatiques et le manque de fonds rendent difficiles la construction des infrastructures et la mise en place d’un environnement favorable aux besoins des enfants africains, notamment ceux souffrant de handicap.  Les enfants africains souffrent également des conflits armés.  Il a appelé la communauté internationale à œuvrer pour la protection et le bien-être de l’enfant africain, et partant, de contribuer à l’initiative de l’Union africaine « Faire taire les armes d’ici à 2020 ». 

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. DANG DINH QUY (Viet Nam) a tout d’abord souligné que tous les membres de l’ASEAN ont ratifié la Convention et a mis en exergue les progrès réalisés dans le monde.  Malgré ces progrès, des millions d’enfants continuent quotidiennement d’être menacés par la pauvreté, la faim, les maladies, le manque d’éducation et les discriminations basées sur le genre.  La violence et les abus à l’encontre des enfants restent des problèmes majeurs, comme le harcèlement et le cyberharcèlement.  M. Dang Dinh Quy a recommandé le renforcement des efforts pour la promotion des droits de l’enfant.  Il a notamment souligné la nécessité de renforcer les capacités nationales des États membres et attiré l’attention sur le fait que l’ASEAN a publié quatre documents officiels sur les droits de l’enfant en 2019.  Le représentant a conclu en rappelant l’existence du Plan d’action 2016-2025 de l’ASEAN pour l’élimination de la violence à l’égard des enfants et du Forum des enfants de l’ASEAN.

Au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), Mme KEISHA McGUIRE (Grenade) a reconnu que rien n’était plus important que de veiller à ce qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte et que la protection des droits de l’enfant et de ses intérêts soit assurée.  La CARICOM, a-t-elle dit, a développé son propre cadre de protection des droits de l’enfant qui a pour mission de mettre totalement en œuvre les droits à la santé et à l’éducation, particulièrement durant la petite enfance; de renforcer les efforts pour prévenir et protéger les enfants de la violence, des négligences, de l’exploitation et du travail forcé; de lever les barrières empêchant les enfants d’accéder aux ressources naturelles pour leur survie, leur croissance et leur développement; de protéger les enfants des conséquences des catastrophes naturelles et des urgences humanitaires, y compris les migrants et les enfants handicapés; et d’inclure les besoins des enfants dans l’adaptation aux changements climatiques.

En conséquence, en avril 2018, l’UNICEF et l’Agence caraïbe de gestion d’urgence des catastrophes (CDEMA) ont signé un mémorandum d’accord pour coopérer davantage.  Ce mémorandum prévoit d’augmenter les capacités des gouvernements et des organisations régionales pour promouvoir la résilience climatique et les réponses aux chocs dans les domaines de l’eau, de la protection, de l’hygiène, de l’éducation, des services psychosociaux et de la protection sociale.

M. SILVIO GONZATO, de l’Union européenne (UE), a réaffirmé que la Convention et ses protocoles facultatifs forment les normes internationales de base pour la promotion et la protection des droits de l’enfant.  Guidée par ces principes, l’UE coopère avec le Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes sur deux projets de résolution relatifs aux droits de l’enfant: l’un sera présenté en mars, durant la séance du Conseil des droits de l’homme, et l’autre l’a été devant la Troisième Commission. 

Saluant l’adoption par consensus du projet de résolution présenté à la Troisième Commission sur les enfants privés de protection parentale, M. Gonzato a expliqué que ce projet donnerait un ensemble de recommandations clefs pour empêcher la séparation des enfants de leurs familles lorsque cela n’est pas nécessaire.  Il exhorterait les États à assurer l’exercice des droits de l’enfant par des actions concrètes.  Pour l’UE, la protection de ces droits est un engagement central de sa politique intérieure comme extérieure.  Conformément au Programme 2030, l’UE s’est engagée à faire en sorte que tous les enfants bénéficient de cette politique, avec une attention spéciale à ceux qui se trouvent dans une situation désavantageuse, vulnérable ou marginale. 

Notant que les conflits armés, la pauvreté, les catastrophes naturelles ou d’origine humaine et les déplacements impactent en premier les enfants, l’UE s’est engagée dans la prévention de la violence, y compris les violences sexuelles et les mauvais traitements, l’enrôlement et l’utilisation des enfants, et pour la réinsertion des enfants qui ont appartenu à des groupes ou forces armés.  En 2019, plus de 64 millions d’euros d’aide humanitaire de l’UE ont été alloués à des activités de protection de l’enfance. 

Cependant M. Gonzato a voulu que l’on réfléchisse aux tendances globales affectant les droits de l’enfant comme les technologies numériques, l’intelligence artificielle ou les médias sociaux; les changements climatiques; la dégradation de l’environnement; les migrations; et la nouvelle nature des conflits armés.  Si les nouvelles technologies apportent des opportunités pour faire progresser le bien-être des enfants, elles comportent également des risques.

MAYLEEN BRAQUETTI vient de fêter ses 9 ans et dit avoir de la chance d’être une citoyenne de Monaco.  Comme chaque année, a-t-elle poursuivi, mon pays se mobilise pour l’anniversaire de la Convention.  Depuis plusieurs jours et comme chaque année depuis 20 ans, des milliers de personnes courent pour la « No Finish Line », qui permet à des enfants d’être opérés à Monaco et accueillis dans des familles.  Je sais, a dit Mayleen, qu’il y a des enfants qui ne sont pas libres comme moi et qui n’ont pas ce que j’ai.  Monaco m’a donné son identité mais je sais que, dans le monde, beaucoup d’enfants ne sont pas enregistrés à leur naissance. 

Sans nom et sans nationalité, ils ne sont pas reconnus, et ne peuvent pas voir de médecin ni aller à l’école, où moi je peux apprendre le « coding » et me sentir en sécurité.  Dans mon pays, a-t-elle poursuivi, je n’ai pas à m’inquiéter des dépenses médicales.  Je n’ai pas non plus à m’inquiéter pour mon éducation ou ma sécurité.  Globalement, je peux toujours faire ce que fait un enfant et c’est pourquoi pour ce trentième anniversaire de la Convention, j’espère, a conclu Mayleen, que tous les enfants pourront faire comme moi.

SONYA RASHKOVAN, jeune de l’Ukraine, a reconnu que les technologies numériques et Internet peuvent aider à résoudre certains des problèmes auxquels les jeunes font face, citant les changements climatiques, la pauvreté ou les inégalités.  Toutefois, elle s’est inquiétée des risques induits, dont les violations du droit à la vie privée des enfants, puisque leurs informations personnelles peuvent être exploitées par des marques commerciales ou les services de l’État, dont les pratiques échappent à toute régulation dans la plupart des régions du monde.  « Il faut changer cela », a lancé la jeune fille.  Les enfants savent encore moins que les adultes que leurs activités en ligne sont enregistrées en permanence, a-t-elle ajouté, s’inquiétant de devenir une cible pour des entreprises et des politiciens, ce qui affecterait ses choix démocratiques.  Les droits numériques des enfants sont violés alors qu’ils sont aussi importants que tous les autres droits qui leur sont garantis.  « Je veux être propriétaire de mes données, avoir le droit de les utiliser et avoir le droit de les effacer », a-t-elle asséné, appelant les jeunes à s’unir pour protéger leurs droits numériques. 

M. AKRAM (Pakistan) a décrit les multiples progrès réalisés depuis l’adoption de la Convention, dont le Pakistan a été l’un des premiers signataires.  Mais il a aussi déploré les défis toujours présents: le milliard d’enfants toujours touchés par la pauvreté, la malnutrition; les inégalités d’accès à l’éducation; les risques d’épidémie; l’avenir incertain de la planète en raison des changements climatiques; et les nouveaux dangers qu’encourent les enfants sur Internet.  Autant de problèmes qui, selon lui, doivent être abordés pour réaliser pleinement le Programme 2030 et assurer la protection des droits de tous les enfants. 

Une jeune fille des Maldives a indiqué que la ratification quasi universelle de la Convention est la preuve de l’engagement à ne laisser personne pour compte.  Les Maldives viennent d’ailleurs de ratifier le troisième Protocole facultatif de la Convention et ont adopté une loi sur les droits de l’enfant à l’éducation, à la sécurité et à la sûreté.  Un médiateur pour les enfants sera aussi désigné à la Commission nationale des droits de l’homme.  La jeune fille a mis l’accent sur l’attention portée aux besoins spécifiques des garçons et des filles dans son pays, y compris les enfants handicapés. 

Mme VALENTINE RUGWABIZA (Rwanda) a fait remarquer que, peu après l’adoption de la Convention, le monde a été témoin de l’un des pires épisodes de l’Histoire de l’humanité: le génocide de 1994 contre les Tutsis.  Les enfants et les jeunes de moins de 24 ans en ont été les principales cibles, soit 53,7% des victimes.  Quant aux enfants qui ont survécu, ils ont eu du mal à surmonter cette expérience, hantés par les cauchemars, les problèmes de santé et les traumatismes psychiques.  Le Gouvernement, qui a mis fin au génocide, a élaboré des politiques et mis en place des institutions comme la Commission nationale pour les enfants, l’Observatoire des droits de l’enfant ou encore la politique intégrée sur les droits de l’enfant.  En outre, l’enregistrement des naissances est garanti, 99% des enfants de moins de 5 ans sont vaccinés, 84% des ménages sont couverts par le plan d’assurance santé dans un pays qui affiche l’un des taux de scolarisation les plus élevés au monde avec 97%.

Mme ALYA AHMED SAIF AL-THANI (Qatar) a affirmé que son pays a érigé en priorité le droit à l’éducation et aidé environ 10 millions d’élèves dans le monde par le biais de son initiative « L’éducation d’abord ».  Le Qatar a aussi versé à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) une somme de 50 millions de dollars pour l’éducation des réfugiés palestiniens en Jordanie, à Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, en Syrie et au Liban.  D’autre part, 77 millions de dollars ont permis la consolidation de la paix et la réinsertion des enfants soldats au Darfour.  Une autre somme de 7,5 millions de dollars a été consacrée à quelque 3,25 millions d’enfants yéménites et à la lutte contre le choléra.  Le Qatar contribue également, en partenariat étroit avec l’UNICEF, au projet visant l’amélioration de l’assainissement et l’aménagement en eau dans les écoles et centres de santé primaire en Iraq. 

M. MOHAMMAD KURNIADI KOBA (Indonésie) a déclaré que dans son pays, les défis tels que le harcèlement, la traite des enfants et les violations de leurs droits dans les zones de conflit font partie des questions urgentes sur lesquelles le Gouvernement entend agir.  En Indonésie, l’on estime que la protection de l’enfance commence au sein de l’unité sociale de base qu’est la famille.  Les politiques tendent donc à l’essor de la famille, avec l’accès de la mère et de l’enfant à la santé, l’accès à une éducation de qualité et l’autonomie économique. 

M. GEORG HELMUT ERNST SPARBER (Liechtenstein) a regretté qu’à ce jour la Convention ne soit pas encore universelle et ni pleinement mise en œuvre.  En effet, a-t-il fait observer, chaque jour des millions d’enfants continuent de souffrir de violations de leurs droits, en particulier les filles.  Un enfant sur quatre ne va pas à l’école et près d’un enfant sur cinq vit dans un pays en conflit.  Le représentant a rappelé les frissons d’horreur qui ont provoqué en lui les milliers de cartables installés dans les jardins des Nations Unies pour symboliser les enfants qui ont perdu la vie pendant l’année, dans des conflits « insensés ».  Il a aussi parlé des 50 millions d’enfants réfugiés dans le monde.  Nous n’avons peut-être jamais été aussi éloignés de l’esprit de la Convention, a-t-il asséné, étonné des questions sur le droit des enfants de se brosser les dents ou s’ils peuvent être séparés de leurs parents sans procédure régulière.  Priver les enfants de leurs droits, c’est les réduire au silence et ce cercle vicieux peut être combattu, en reconnaissant à l’enfant une voix et des droits. 

Le Liechtenstein, a conclu le représentant, a ratifié le troisième Protocole facultatif de la Convention pour permettre aux enfants d’être les acteurs du changement, des enfants qui atteindront l’âge adulte quand les objectifs de développement durable sont censés être atteints.  Ces enfants, a-t-il prévenu, nous tiendront pour responsables de notre incapacité à tenir nos promesses. 

Pour Mme JOANNA WRONECKA (Pologne), il ne fait aucun doute que l’adoption de la Convention a transformé la vie des enfants: la mortalité infantile a été réduite de moitié depuis 1990, de même que la proportion d’enfants malnutris.  Les enfants ont commencé à être des agents du changement, ce qui est peut-être encore plus important.  Mme Wronecka s’est réjouie de voir des filles et des garçons déterminés à lutter pour le droit à l’éducation pour tous ou pour un environnement propre.  Les enfants ont souvent le courage de dire tout haut ce que l’on pense tout bas.  En ce trentième anniversaire, a poursuivi la représentante, il faut regarder la vérité en face: les droits de millions d’enfants sont encore violés chaque jour dans le monde.  Les enfants sont aussi souvent les plus touchés par la pauvreté, le manque de logement, la négligence, les inégalités d’accès à l’éducation, en particulier les enfants qui vivent dans des situations vulnérables, comme les handicapés, trop souvent laissés pour compte.  La protection des enfants est la priorité de la Pologne durant son mandat au Conseil de sécurité, a assuré la représentante, et il en sera de même durant son mandat au Conseil des droits de l’homme en 2020-2022. 

M. JÜRG LAUBER (Suisse) s’est alarmé de ce que beaucoup d’enfants ne soient pas scolarisés, subissent toutes sortes de violence et de discrimination, d’abus, de négligence, ou soient privés de liberté.  Pour renforcer la mise en œuvre des recommandations du Comité des droits de l’enfant en Suisse, le Gouvernement a adopté un ensemble de mesures en faveur notamment de la protection des enfants contre la violence, du respect des droits des enfants placés ou des enfants dont un parent est privé de liberté.  Le représentant a souligné que les enfants ne sont pas seulement des êtres vulnérables qui ont besoin de notre protection.  Comme les récentes grèves du climat l’ont bien illustré, les enfants sont aussi des acteurs et des agents du changement.  Il est donc de notre devoir de prendre en compte leurs demandes et leurs idées novatrices.  Enfin, le représentant a souligné l’importance de la collaboration avec la société civile ainsi qu’avec tous les mécanismes onusiens pour le respect, la promotion et la protection des droits de l’enfant.

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) a fait part de l’attachement inébranlable de son pays à la promotion et la protection des enfants.  Il a indiqué que sous l’égide de son gouvernement, une campagne de lutte contre la maltraitance, la traite des enfants et l’élimination des violences qui leur sont faites a, d’ores et déjà, porté ses fruits.  Il a également évoqué les efforts consentis dans le domaine de la santé ainsi que l’approche visant à retirer les enfants des lieux de travail dangereux et de les réinsérer dans la société.  Le Bangladesh, a dit le représentant, espère qu’en 2021, l’année de la célébration du cinquantième anniversaire de son indépendance, il sortira de la catégorie des pays les moins avancés (PMA), pour pouvoir offrir un meilleur avenir à ses enfants.  Le représentant s’est par ailleurs félicité du prix que l’UNICEF a décerné à son pays pour la mise en valeur des jeunes.  Pour nos efforts dans le domaine de la vaccination, nous avons reçu, s’est enorgueilli le représentant, le « Prix du héros » des mains de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).  Le représentant n’a pas manqué d’évoquer le million de déplacés forcés du Myanmar, dont 60% sont des femmes et des enfants.  La prolongation de cette situation peut entraîner une hausse de la criminalité, dont la traite des personnes ou la prostitution. 

M. AMOS (Canada) a souligné qu’en matière de mise en œuvre des droits de l’enfant, aucun pays au monde n’a un bilan parfait.  Au Canada par exemple, de nombreux enfants continuent de faire face à des défis importants, en particulier ceux des communautés autochtones et nordiques.  Alors que les enfants autochtones représentent 8% de tous les enfants du pays, ils comptent pour la moitié de ceux se trouvant en foyer d’accueil, a relevé le délégué.  Les autorités sont déterminées à trouver des solutions qui privilégient l’enfant, et qui sont menées par les communautés autochtones et axées sur la prévention. 

Le représentant a rappelé que le Canada a été l’un des principaux défenseurs de la création de la Journée internationale de la fille.  Mon pays, a-t-il dit, participe au Programme mondial FNUAP-UNICEF visant à accélérer la lutte contre le mariage d’enfants, et c’est à juste titre qu’il a déposé un projet de résolution conjoint avec la Zambie sur le sujet.  Le représentant a ensuite plaidé pour la protection des enfants en temps de conflit, rappelant à cet effet que les Principes de Vancouver sur le maintien de la paix et la prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants soldats visent à améliorer les efforts de la communauté internationale à cet égard.  Il a terminé en promettant que le Canada, qui aspire à un siège au Conseil de sécurité, serait un membre inclusif, novateur, ouvert, honnête et fiable, collaborant avec tous les États Membres, pour le bien-être de l’ensemble d’entre eux et pour les enfants du monde entier. 

M. SOFIANE MIMOUNI (Algérie) a souligné que, depuis le recouvrement de sa souveraineté nationale, l’Algérie a placé les enfants au cœur des politiques et des programmes nationaux visant à garantir et à promouvoir leurs droits aux plans législatifs et réglementaires.  Il en a voulu pour preuve les résultats probants enregistrés dans ce domaine qui témoignent des efforts soutenus, illustrés dans le rapport national volontaire présenté en juillet 2019, au Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC.  Ainsi, le principe d’obligation et de gratuité de l’enseignement sans aucune discrimination entre les filles et les garçons a abouti à un taux de scolarisation de 98,5% en 2018.  Des acquis similaires ont été enregistrés au niveau des prestations de santé.  En effet, a poursuivi M. Mimouni, du fait de la gratuité de l’accès à la santé et à la vaccination en Algérie, le programme élargi de vaccination, considéré par l’UNICEF comme l’un des programmes de santé les plus performants, a permis de réduire le taux de mortalité infantile qui est passé de 4% en 2000 à 2,3% en 2018.  Par ailleurs, a-t-il conclu, le Gouvernement a adopté, en juillet 2015, une loi qui consacre la garantie de la protection de l’enfant contre toutes les formes de préjudice, de négligence, de violence, de mauvais traitements et d’exploitation et vise à protéger ses droits dans les situations d’urgence, de catastrophe. 

Mme ADELA RAZ (Afghanistan) a déclaré que l’heure est venue « d’exiger » une action car beaucoup d’enfants ne jouissent pas encore de protection, de sécurité et des droits élémentaires, certains se jetant de plus en plus dans des périples maritimes dont ils ne reviennent pas.  La protection infantile est une priorité nationale en Afghanistan, le Gouvernement ayant alloué des ressources institutionnelles et juridiques à cette fin.  Plus de 9 millions d’enfants, dont 3,5 millions de filles vont à l’école, bravant les Talibans pour aller étudier.  Des mesures préventives ont aussi été prises pour éliminer le travail des enfants d’ici à 2030.  La guerre dans des zones résidentielles menace la vie des enfants surtout là où se trouvent les Taliban, s’est alarmée la représentante, accusant ces derniers et les autres groupes terroristes de ne reculer devant rien.  Elle les a appelés à « cesser de tuer des enfants innocents » et évoqué la tragédie d’une même famille qui a perdu plusieurs enfants dans un attentat alors qu’elle fêtait l’anniversaire de l’un d’eux. 

M. CRAIG JOHN HAWKE (Nouvelle-Zélande) a noté que le trentième anniversaire de la Convention vient nous rappeler ce sur quoi nous devons nous concentrer.  Si la plupart des jeunes de la Nouvelle-Zélande vont bien, force est de reconnaître que ce n’est le cas de tous les enfants dans le monde.  De trop nombreux enfants, jeunes et familles font face à l’adversité, aux privations et au stress, ce qui réduit leur bien-être et leurs chances.  Pour s’attaquer à ces défis, la Nouvelle-Zélande a lancé, au mois d’août, sa première stratégie sur le bien-être des enfants et des jeunes.  Dans ce cadre, les enfants, les jeunes et leurs familles ont été invités à partager leurs idées, expériences et perspectives sur ce qui permettrait au pays d’être le meilleur endroit au monde.  Plus de 6 000 enfants et jeunes ont été interrogés, l’accent étant mis sur ceux dont la voix porte le moins, notamment les enfants vivant dans la pauvreté, dépendant de l’assistance de l’État, handicapés, identifiés comme LGBTQI+, migrants ou atteints de troubles mentaux. 

Les enfants et les jeunes nous ont parlé du bonheur, de la famille et des amis.  Ils nous ont dit qu’ils veulent être acceptés pour ce qu’ils sont et ce qu’ils veulent devenir », a expliqué le représentant.  Ils nous ont dit que la vie est dure pour certains d’entre eux et que la santé mentale est un grand problème, qu’avoir de l’argent pour les besoins de base et une bonne maison est difficile pour trop de gens, a-t-il ajouté, assurant que ces témoignages ont permis de façonner la stratégie.  Les enfants et les jeunes, a-t-il assuré, seront associés à la mise en œuvre des objectifs qui en découlent, dans la droite ligne de la Convention. 

Mme KATALIN ANNAMÁRIA BOGYAY (Hongrie) a déclaré que cet anniversaire a une signification particulière pour la Hongrie qui célèbre également le trentième anniversaire de sa transition démocratique.  Le pays a aussi été parmi les premiers à prendre l’engagement mondial proposé par l’UNICEF.  La représentante a présenté en détail les divers aspects du système de protection et de bien-être de l’enfance, qui a connu de nombreuses améliorations au cours des 30 années écoulées, notamment par le renforcement des mécanismes contre la violence, la maltraitance, les abus et les négligences, avec une attention spéciale sur les familles à risque.  La Hongrie a aussi introduit, cette année, le modèle Barnahus d’enquête spécialisée et de thérapie sensible aux enfants négligés et abusés, l’accent étant mis sur les survivants d’abus sexuels.  Un programme de prévention, de soins et de réinsertion des survivants de la prostitution a aussi été mis en place. 

M. FIFIELD (Australie) a souligné que la majeure partie des enfants australiens vont à l’école, ont accès aux services de santé et vivent en sécurité chez eux.  L’Australie s’efforce d’assurer l’égalité des droits, un objectif clef.  Mais, a reconnu le représentant, des obstacles, surtout pour les enfants autochtones, ceux du Détroit de Torres, en situation de handicap ou appartenant à la communauté LGBTI persistent.  À cet égard, il a indiqué que, depuis sa nomination en 2013, la première Commissaire indépendante chargée de l’enfance a tenu des consultations avec plus de 28 000 enfants, pour entendre directement ce qu’ils ont à dire sur les questions qui affectent leur quotidien et leur avenir.  Mon pays s’est engagé à relever les défis qui empêchent certains jeunes de jouir de tous leurs droits, a assuré le représentant. 

Mme KSHENUKA SENEWIRATNE (Sri Lanka) s’est déclarée préoccupée par le fait qu’en dépit des progrès réalisés depuis l’adoption de la Convention, un très grand nombre d’enfants sont laissés pour compte.  Les effets prolongés de la pauvreté et des inégalités, l’impact néfaste des changements climatiques, les conflits prolongés et les crises humanitaires ont tous des répercussions négatives sur la vie des enfants dans de nombreux points du globe.  Il importe par conséquent de redoubler d’efforts pour parvenir aux objectifs fixés par la Convention, a plaidé la représentante, appelant de ses vœux une évaluation des réalisations et des mesures à prendre.  Les enfants doivent non seulement pouvoir jouir de leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels mais aussi être protégés des discriminations, inégalités et abus, conformément aux objectifs de développement durable (ODD), a-t-elle souligné. 

Au niveau national, Sri Lanka a adopté une approche holistique dans la mise en œuvre de la Convention, laquelle est associée aux efforts tendant à atteindre les ODD, a poursuivi la représentante, précisant que son pays condamne toutes les formes de violence contre les enfants et applique une politique de tolérance zéro à cet égard.  C’est du reste l’un des premiers pays à avoir ratifié le Protocole facultatif concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, a-t-elle relevé, avant de rappeler que Sri Lanka a également prouvé son engagement en faveur de l’éradication des défis liés à la vente, à la prostitution et à la pornographie des enfants en ratifiant le Protocole facultatif traitant de ces fléaux.  Avant de conclure, la déléguée à tenu à saluer l’action menée par l’UNICEF en faveur des enfants sri-lankais en collaboration avec les institutions nationales. 

M. OMAR KADIRI (Maroc) a assuré que l’engagement résolu de son pays dans la dynamique internationale en faveur de l’enfance est un choix stratégique et irréversible, basé sur la clairvoyance du Roi Mohammed VI, qui a fait de la protection et de la promotion des droits de l’enfant une priorité nationale, régionale et internationale.  De même, a indiqué le représentant, grâce à l’engagement personnel de la Princesse Lalla Meryem, Présidente de l’Observatoire national des droits de l’enfant, le Royaume a accompli des « réalisations remarquables pour garantir la plénitude des droits des enfants et assurer leur bien-être ». 

Le représentant a en outre rappelé qu’alors que se tient cette réunion à New York, la seizième édition du Congrès national des droits de l’enfant a lieu à Marrakech, du 20 au 23 novembre, permettant de célébrer le trentième anniversaire de la Convention et le vingtième anniversaire du Parlement de l’enfant marocain.  De plus, le Maroc œuvre en faveur des droits de l’enfant à l’échelle de l’Afrique, comme l’illustre la campagne lancée en novembre 2018 par la Princesse Lalla Meryem « pour des villes africaines sans enfants en situation de rue ».  Par ailleurs, le pays préside, cette année, le Conseil d’administration de l’UNICEF et exercera sa vice-présidence en 2020. 

Mme HMWAY HMWAY KHYNE (Myanmar) a mis en exergue les progrès réalisés par le Myanmar depuis son adhésion à la Convention.  Elle a expliqué que la Loi sur l’enfant de 1993 a été révisée en juillet 2019 pour aligner les politiques nationales et son cadre règlementaire avec la Convention.  De plus, a-t-elle poursuivi, le Comité interministériel pour la prévention des six graves violations contre les enfants en période de conflits a été établi le 7 janvier 2019.  Enfin, au cours de la semaine de haut niveau de cette soixante-quatorzième session de l’Assemblée générale, le Myanmar a ratifié le Protocole facultatif à la Convention concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés.

Soulignant que la paix et le développement économique sont essentiels à un environnement favorable à la pleine réalisation des droits de l’enfant, Mme Khyne a indiqué que le Gouvernement du Myanmar s’est efforcé de mettre fin à une décennie de conflit armé qui a eu un impact négatif sur les enfants.  Le processus de paix de la Conférence de Panglong du XXIe siècle, qui est en cours, inclut la protection des droits de l’enfant comme l’un de ses principes de base pour construire une paix durable, a précisé la représentante du Myanmar.

Mme MARIA HELENA LOPES DE JESUS PIRES (Timor-Leste) a présenté les actions mises en œuvre par son pays.  Ainsi, une campagne contre la violence faite aux enfants a été lancée et l’implication des enfants dans des activités commerciales informelles a été bannie pour prévenir leur exploitation.  Aussi, des panels de discussion ont mis en lumière l’importance de s’attaquer à la discrimination et à la violence contre les enfants au niveau familial, dont les stéréotypes et attitudes négatives à l’égard des enfants vivant avec handicap.  Une exposition de peintures représentant leurs droits a été réalisée par des enfants.  Également, le Timor-Leste a mis en place un parlement des jeunes, composé de jeunes de 12 à 17 ans qui débattent sur des questions clefs et soumettent leurs recommandations aux décideurs politiques. 

Par ailleurs, Mme Lopes De Jesus Pires a indiqué que le Gouvernement s’assure que chaque enfant dispose d’un statut légal: au vu du passé récent du pays, le Gouvernement a adopté des mesures pour permettre aux enfants nés des viols commis lors de l’occupation militaire d’acquérir des actes de naissance, ce qu’ils ne pouvaient pas faire auparavant sans l’identité de leur père.  La représentante a reconnu que des améliorations sont toujours nécessaires.  Le Gouvernement poursuit notamment ses efforts pour améliorer l’éducation, en s’assurant par exemple de la présence d’installations sanitaires, notamment pour les filles menstruées, et en prenant soin des besoins des enfants vivant avec handicap.

M. ČERNJUL (Croatie) a rappelé que, parallèlement à l’anniversaire de la Convention, le deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relative aux droits civils et politiques, qui appelle à l’abolition de la peine de mort, célèbre aussi son trentième anniversaire.  Il a tenu à attirer l’attention sur l’article 37 (a) de la Convention, interdisant l’imposition de cette peine à toute personne de moins de 18 ans.  Aujourd’hui, a-t-il relevé, cette norme est reconnue par les 196 pays qui ont ratifié la Convention.  M. Černjul a toutefois relayé l’inquiétude de la Commission internationale contre la peine de mort face aux allégations faisant état d’enfants susceptibles d’être condamnés à la peine de mort dans sept pays au moins. 

Une jeune déléguée croate a parlé des droits des enfants dont les parents sont condamnés à mort, qualifiés à juste titre de « deuxième victime », et voulu que l’on prenne en compte, en toutes circonstances, de l’intérêt supérieur de l’enfant contenu.  Elle a aussi réclamé plus d’actions contre les changements climatiques, principal problème pour tous les enfants du monde. 

M. CARLOS AMORIN (Uruguay) a indiqué que le Code de l’enfance et l’adolescence de 2004 est calqué sur les grands principes de la Convention: non-discrimination, intérêt supérieur de l’enfant et participation.  Il a été assorti d’un ensemble de lois visant à consolider l’engagement public en faveur de ces droits.  Il a souligné l’importance de la continuité de ces processus, avec des objectifs précis pour arriver à un modèle de développement centré sur les droits civils, politiques, économiques et culturels de l’enfance et de l’adolescence.  Le défi réside encore dans la réduction de la pauvreté, en particulier des ménages avec enfants, la lutte contre les inégalités entre les sexes, le combat contre les discriminations ethniques, raciales et territoriales.  La victoire sur ces fléaux est une condition indispensable à des sociétés plus démocratiques et plus égalitaires où les enfants et les adolescents peuvent atteindre leur plein potentiel et faire entendre leur voix. 

Mme AMAL MUDALLALI (Liban), qui a écouté ce matin les plaidoyers des jeunes, a espéré que leurs revendications seront entendues.  Ils veulent que les choses changent et nous devons les aider.  Nous devons reconnaître leur peur et, 30 ans après l’adoption de la Convention, admettre que le chemin est encore long pour les millions d’enfants laissés pour compte.  La représentante a voulu que le monde tienne ses promesses et a saisi cette occasion pour remercier l’action de l’UNICEF au Liban, de la société civile et des défenseurs des droits de l’enfant.  Aux jeunes délégués, elle a dit l’espoir placé s’agissant de la paix.  Vous ferez mieux que vos aînés, a-t-elle conclu, avant de citer le poème de Khalil Jibran « vos enfants ne sont pas vos enfants ».

M. ZHANG JAN (Chine) a déclaré qu’il reste encore une tâche « titanesque » à accomplir pour les enfants car ce sont eux qui vont reprendre le flambeau, alors qu’en 2018, des millions d’entre eux étaient encore touchés par la violence et les conflits armés dans différentes régions du monde.  Le maître mot doit être « protection », a-t-il affirmé, en invitant à faire davantage comme l’a fait la Chine ces dernières années.  Dans mon pays, s’est enorgueilli le représentant, le taux de mortalité infantile a considérablement baissé, l’éducation est garantie et obligatoire pendant au moins neuf ans, les handicapés sont intégrés grâce à des mesures spéciales et les institutions ont été renforcées, notamment pour prévenir, lutter et traiter la maltraitance des enfants. 

Flanquée de son fils « qui se plaint toujours de ne pas comprendre ce qui se dit à l’ONU », Mme LANA ZAKI NUSSEIBEH (Émirats arabes unis) a choisi de parler le langage des enfants pour qu’ils comprennent bien l’importance de cette manifestation spéciale.  L’accord signé, il y a 30 ans, est plus important que jamais, a-t-elle dit à son fils: des enfants comme toi n’ont pas la chance d’aller à l’école.  Ils vont travailler dans des fermes, des usines ou aident leurs parents à élever leurs frères et sœurs.  Beaucoup n’ont pas d’examens médicaux ou de vaccins, des choses ennuyeuses pour toi, mais qui veulent dire, maladies douloureuses.  En 2018, 258 millions d’enfants entre 6 à 17 ans n’allaient pas à l’école, 12 millions, dont la plupart sont des filles, risquaient de ne jamais y mettre les pieds et 149 millions n’avaient pas la taille qu’ils devraient avoir car ils n’ont pas eu la nourriture qu’il faut pour bien grandir.   

M. AMRIT BAHADUR RAI (Népal) s’est félicité de ce nouveau jalon en matière des droits de l’homme.  La Constitution népalaise a d’ailleurs intégré les principes fondamentaux de la Convention.  Le représentant a cité la loi relative à l’enfance mise en œuvre, en 2018, et qui garantit le bien-être des enfants.  Il a également évoqué les plans périodiques et les politiques sur la protection des droits de l’enfant.  Il a souligné les efforts entrepris pour la gratuité de l’éducation et des vaccins.  Il s’est félicité de la réduction des taux de mortalité infantile et maternelle.

Mme MARIA ANGELA ZAPPIA  (Italie) s’est énorgueillie de ce que son pays ait contribué à l’engagement volontaire mondial lié à la mise en œuvre de la Convention, conformément à son engagement bien connu à protéger les droits de l’enfant aux plans national et international.  À cet égard, elle a évoqué la création du premier Centre international de développement de l’enfant et souligné que, depuis lors, l’Italie abrite et finance le Bureau de recherche de l’UNICEF « Innocenti » à Florence et qui a pour mandat de contribuer à une « éthique mondiale émergente » axée sur les enfants.

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