Assemblée générale: Les délégations fustigent l’application du titre III de la loi « Helms-Burton » sur le blocus imposé à Cuba

AG/12211
6 novembre 2019
Soixante-quatorzième session, 27e séance plénière – matin

Assemblée générale: Les délégations fustigent l’application du titre III de la loi « Helms-Burton » sur le blocus imposé à Cuba

La toute première application du titre III de la « loi Helms-Burton » a été systématiquement dénoncée, aujourd’hui, par les 31 délégations qui ont participé au débat annuel de l’Assemblée générale sur la nécessité de lever le blocus économique, financier et commercial imposé à Cuba par les États-Unis. 

Le titre III de la loi « Helms-Burton » autorise les citoyens américains dont les biens ont été confisqués par l’État cubain, y compris les Cubano-Américains qui n’étaient pas des citoyens américains au moment de la confiscation, à porter plainte devant les tribunaux américains contre les personnes qui pourraient s’en enrichir.  Belize s’est offusqué de cette disposition, appliquée pour la toute première fois, comme l’a relevé le Mexique.  À l’adoption de la loi « Helms-Burton » en 1996, le titre III avait fait l’objet d’une dérogation pendant 22 ans.  La loi et ses quatre titres sont venus renforcer le blocus économique, financier et commercial imposé à Cuba depuis 1962, en y imprimant des effets extraterritoriaux.  En vertu du titre III, le Gouvernement américain a annoncé, le 4 mars dernier, sa décision d’autoriser le dépôt d’actions en justice contre environ 200 sociétés cubaines « pour trafic » sur les biens confisqués.

L’intensification de cette « guerre de sanctions » vise à punir les dirigeants cubains d’avoir soutenu le Président Maduro du Venezuela, a commenté le Vice-Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie.  Selon le Gouvernement cubain, dont l’analyse est reprise dans le rapport du Secrétaire général, les pertes quantifiables causées par le blocus s’élèvent à plus de 134 400 milliards de dollars.  Ce blocus demeure le principal obstacle à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  S’il n’avait pas été imposé, Cuba enregistrerait une croissance du PIB estimée à 10% par an, ce qui aurait eu des retombées économiques et sociales positives au cours des dernières décennies.  Comme le disait le Ministre cubain des relations extérieures: « il n’existe aucune famille cubaine ni aucun service social à Cuba qui n’ait été touché par les privations et les conséquences qu’entraîne le blocus ».

Pour la vingt-huitième année consécutive, l’Assemblée générale a, devant elle, une résolution sur la levée du blocus qu’elle soumettra au vote demain matin, après l’intervention du Ministre cubain des affaires étrangères.  En 2016 pourtant, les États-Unis avaient suscité un vent d’espoir en s’abstenant sur le vote, dans le contexte de la normalisation de leurs relations avec Cuba, comme en attestaient le retrait de ce dernier de la liste des parrains du terrorisme, le rétablissement des relations diplomatiques en juillet 2015 et les efforts visant à accroître les voyages, les relations commerciales et la circulation de l’information.  Ces jalons positifs, a commenté aujourd’hui le Groupe des 77 et la Chine, étaient certes « insuffisants et inefficaces » mais ils allaient dans la bonne direction.  L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a regretté de vivre aujourd’hui une régression plutôt qu’une progression. 

Les groupes régionaux, qui ont pris la parole, aujourd’hui, ont annoncé qu’ils voteront massivement en faveur de la nouvelle résolution.  Dans la foulée de la célébration du soixante-quinzième anniversaire de l’ONU, l’embargo unilatéral contre Cuba nie nos aspirations collectives à raviver et à défendre les idéaux et les principes du multilatéralisme, a estimé le Groupe des États d’Afrique.  Le Mouvement des pays non alignés (NAM) s’est opposé par principe à des mesures non autorisées par les organes pertinents de l’ONU.  La Communauté des Caraïbes (CARICOM) a soutenu le droit souverain de Cuba de choisir la voie qu’elle estime bénéfique pour son développement social et économique, qualifiant le blocus « d’aberration ». 

Des États également soumis à des sanctions comme la Syrie, le Zimbabwe, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ou encore le Soudan ont fustigé des mesures qui ne font qu’entraver leur développement et infliger des souffrances indues à leur population.  Nous avons du mal à croire que les sanctions nous ont été imposées pour protéger la population et promouvoir le respect des droits de l’homme, a taclé la Syrie.  « Trop c’est trop », s’est écrié le Zimbabwe en saluant, une nouvelle fois, la décision « courageuse et historique » de la République-Unie de Tanzanie d’obtenir de la SADC qu’elle proclame, le 25 octobre, « Journée de la solidarité anti-sanctions ».  Ces sanctions sont une forme de « crimes contre l’humanité » qui ne feront qu’isoler les États-Unis sur la scène internationale, a pronostiqué la RPDC et même si les mesures imposées contre lui ont été levées, le Soudan a dit subir une situation difficile puisqu’il est maintenu sur la liste des parrains du terrorisme. 

L’Assemblée générale entendra ses derniers orateurs, demain jeudi à partir de 10 heures.

NÉCESSITÉ DE LEVER LE BLOCUS ÉCONOMIQUE, COMMERCIAL ET FINANCIER IMPOSÉ À CUBA PAR LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE (A/74/91/REV.1)

Déclarations

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, M. RIYAD H. MANSOUR, Observateur permanent de l’État de Palestine, a dénoncé le maintien du blocus et son renforcement, depuis près de 60 ans.  Il a rappelé les « jalons positifs » de l’Administration américaine entre 2015 et 2016.  Ils étaient certes insuffisants et inefficaces pour atténuer l’impact du blocus mais ils allaient dans la bonne direction, a estimé le représentant qui a donc déploré la politique de l’Administration actuelle.  C’est un recul dans le processus de normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba, a-t-il tranché. 

Le représentant s’est dit profondément préoccupé par l’élargissement de l’extraterritorialité du blocus, y compris du titre III de la loi Helms-Burton.  Après avoir rejeté l’aggravation des mesures financières imposées par le Gouvernement américain, il a réitéré l’attachement de son Groupe aux buts et à l’esprit de la Charte, en particulier l’égalité souveraine entre États, la non-ingérence dans leurs affaires intérieures et la liberté du commerce et de la navigation.  Il est du devoir et de la responsabilité de chaque État, a martelé le représentant, de respecter ces principes et de faire pression pour obtenir la levée immédiate du blocus. 

Le représentant s’est inquiété du coût du blocus, en particulier, la chute des investissements étrangers directs (IED) et des difficultés d’accès au crédit.  Les réformes socioéconomiques entamées par Cuba subissent de plein fouet le coût du blocus, a-t-il souligné, craignant pour la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Il n’a pas manqué d’attirer l’attention sur la large contribution de Cuba à la communauté internationale, par le biais de la coopération Sud-Sud.  Il est revenu sur les secours d’urgence que Cuba avait déployés dans les pays d’Afrique de l’Ouest en proie à Ebola, avant d’appeler une nouvelle fois à l’intensification des efforts internationaux pour obtenir la levée du blocus. 

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. MONCEF BAATI (Tunisie) a déclaré qu’au fil des ans, le rejet croissant par la communauté internationale de l’embargo unilatéral imposé par les États-Unis à Cuba gagne du terrain.  Aujourd’hui ne fera pas exception, a pronostiqué le représentant.  Le Groupe des États d’Afrique, a-t-il dit, reste fermement attaché à sa position de principe de solidarité avec Cuba pour demander la levée immédiate de cet embargo.  Le Groupe exprime sa profonde préoccupation face aux conséquences négatives des sanctions économiques imposées à la population cubaine depuis plusieurs décennies, en tant que forme « condamnable et inacceptable » de punition collective en contradiction avec les objectifs de développement durable, en particulier celui de « ne laisser personne sur le côté ».

Dans la foulée de la célébration du soixante-quinzième anniversaire de l’ONU, l’embargo unilatéral contre Cuba rejette nos aspirations collectives à raviver et à défendre les idéaux et les principes du multilatéralisme, a constaté le représentant.  C’est dans cet esprit que, lors de sa réunion à Addis-Abeba, en février 2019, l’Assemblée de l’Union africaine, tout en réaffirmant sa solidarité avec le peuple cubain, a reconnu que le blocus est un obstacle majeur à la mise en œuvre par Cuba du Programme de développement durable à l’horizon 2030, et a pleinement soutenu la résolution sur la nécessité de lever le blocus.  Comme les années précédentes, le Groupe des États d’Afrique votera massivement en faveur de la résolution A/74/L.6, a annoncé le représentant. 

Au nom du Mouvement des pays non alignés (NAM), M. YASHAR T. ALIYEV (Azerbaïdjan) a réitéré l’opposition du NAM à des mesures coercitives non autorisées par les organes pertinents de l’ONU et contraires aux principes du droit international et à la Charte des Nations Unies, compte tenu de leurs implications extraterritoriales et de leur caractère illégal.  Le blocus, a martelé le représentant, viole le droit de Cuba d’interagir librement avec la communauté internationale.  Il est l’illustration même des effets négatifs des mesures coercitives unilatérales sur le bien-être des peuples, les empêchant de jouir et de réaliser pleinement leurs droits humains, y compris le droit au développement. 

Le secteur bancaire est, depuis l’année dernière, fortement affecté par le blocus, a déploré le représentant.  Le traçage des transactions cubaines dans les pays tiers s’est poursuivi et, entre juin 2018 et avril 2019, les États-Unis ont imposé neuf pénalités aux entreprises ou banques américaines et étrangères.  En conséquence, Cuba n’a accès ni aux marchés, ni à l’aide financière internationale et encore moins au transfert de technologies.  Le blocus est d’ailleurs le principal frein à un accès plus large à Internet, aux relations entre peuples et au développement culturel et sportif, sans oublier les relations avec le milieu scientifique.  Ce blocus, s’est impatienté le représentant, est « totalement injustifiable » et contraire aux réalités de notre temps.  C’est un obstacle à la détermination de Cuba de réaliser le développement durable.  Le représentant s’est particulièrement dit préoccupé par l’élargissement de l’extraterritorialité du blocus, dont la mise en œuvre du titre II de la loi Helms-Burton.  Il a plaidé pour la normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba, comme l’avait voulu l’ancien Président américain. 

Au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), Mme KEISHA ANIYA MCGUIRE (Grenade) a pris note du rapport du Secrétaire général qui contient un éventail impressionnant de réponses des États Membres et des organismes des Nations Unies concernant l’embargo contre Cuba.  Cet embargo punitif est préoccupant pour la CARICOM qui partage une histoire, une culture et une fraternité avec le peuple de Cuba, l’État le plus peuplé de la région, a ajouté la représentante.  La Déclaration de la sixième réunion des Ministres des affaires étrangères de la CARICOM et de Cuba, en juin 2019, a reconnu la nécessité de relever ensemble les défis du développement durable, en particulier dans les domaines économiques et environnementaux afin de promouvoir des sociétés justes, équitables et inclusives.  La coopération entre la CARICOM et Cuba embrasse des domaines comme la santé, le développement des ressources humaines, les travaux publics, le sport et la réduction et l’atténuation des risques de catastrophes.  L’assistance cubaine à plusieurs États de la CARICOM, par l’envoi de personnel soignant et la prestation de soins médicaux dans les zones en détresse et les zones touchées par des catastrophes naturelles, continue d’être la manifestation tangible de son engagement en faveur de la coopération régionale, a estimé Mme McGuire.  L’octroi de milliers de bourses d’études supérieures et professionnelles à de nombreux étudiants de la CARICOM contribue de manière significative au développement des ressources humaines des Caraïbes.  Cuba a été le premier pays à venir en aide aux Bahamas immédiatement après le passage de l’ouragan Dorian qui a dévasté le pays. 

Cuba, a poursuivi la représentante, fait partie de la civilisation caribéenne et elle ne menace personne.  La CARICOM soutient le droit souverain de Cuba de choisir la voie qu’elle estime bénéfique pour son développement social et économique.  L’embargo est une violation du droit international.  Anachronique, il constitue une aberration dans le monde actuel.  Cet embargo, a insisté la représentante, ne sert aucun objectif utile au XXIe siècle, un siècle où la coopération mondiale est essentielle pour relever les nombreux enjeux mondiaux.  Ce n’est que par la coopération et la collaboration que ces défis pourront être relevés avec succès.  C’est dans ce contexte plus large, a expliqué la représentante, que nous percevons l’embargo non seulement comme un acte punitif contre Cuba, mais aussi comme un obstacle au développement régional des Caraïbes dans son ensemble.  L’embargo et les dernières mesures visant à le renforcer créent une contrainte excessive pour le peuple cubain et son économie.  Les dernières restrictions imposées aux vols entre les États-Unis et Cuba ont eu pour effet de limiter encore davantage le libre-échange.  À cet égard, la CARICOM continue de soutenir qu’un engagement constructif et des négociations pacifiques restent le moyen le plus approprié pour normaliser les relations entre les deux pays.  La représentante a appelé à la fin de l’embargo, facteur de tensions entre deux pays voisins.  Ce n’est pas seulement une force de déstabilisation de Cuba, c’est aussi une source de préoccupation et de malaise pour toute la région.  La levée de l’embargo entraînerait un rapprochement significatif entre les deux pays et procurerait des avantages conséquents au monde, a estimé Mme McGuire. 

En sa capacité nationale, elle a souligné que son pays apprécie les relations « exceptionnelles » qu’il entretient avec Cuba, notamment les immenses contributions que ce dernier a faites dans des domaines tels que la santé, l’éducation et le développement économique.  La Grenade ne se lassera jamais d’appeler à la fin de l’embargo.  Mais, a-t-elle estimé, on peut espérer, avec le soutien du multilatéralisme, voir reprendre le dialogue et la pleine normalisation des relations entre les deux gouvernements. 

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. BURHAN GAFOOR (Singapour) a appelé les États-Unis à lever aussi vite que possible leur embargo sur Cuba.  Pour la dix-huitième année consécutive, les pays de l’ASEAN, a-t-il souligné, ont voté à l’unanimité pour une résolution qui est adoptée à une écrasante majorité depuis sa première mouture en 1992.  Fermement engagée à faire respecter les principes de la Charte des Nations Unies et un ordre international fondé sur des règles, l’ASEAN, a dit le représentant, est convaincue que les différends entre États doivent être réglés dans une volonté d’engagement et d’ouverture, au lieu de la confrontation et de l’isolationnisme.  Ces différends doivent être résolus sous les principes fondamentaux d’égalité souveraine, de non-ingérence dans les affaires intérieures des États et de non-intervention.  L’ASEAN s’oppose aux sanctions unilatérales contre les autres pays, a martelé le représentant. 

Notant qu’il y a quatre ans les relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis avaient été rétablies, une importante étape vers la normalisation des relations entre les deux pays et une clef pour de meilleures relations dans tout le continent américain, le représentant a regretté de voir « une régression » plutôt qu’une progression.  Convaincu que la fin de l’embargo ne peut qu’à améliorer de façon significative la qualité de vie des Cubains et le développement économique et social de l’île, une telle mesure, a souligné le représentant, ferait aussi progresser le Programme de développement durable à l’horizon 2030. 

Au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OIC), M. ADONIA AYEBARE (Ouganda) a constaté que le blocus affecte profondément l’économie cubaine.  Le secteur financier souffre du refus des institutions bancaires de réaliser des opérations avec les banques cubaines, de la fermeture des comptes et du blocage des codes d’échange d’informations financières créées par la Société de télécommunications interbancaires mondiales (SWIFT).  Entre avril 2018 et mars 2019, les pertes du secteur bancaire cubain ont été enregistrées par 140 banques étrangères.  Au cours de cette période, 12 nouvelles institutions bancaires étrangères ont rejoint la liste de celles qui refusent de fournir leurs services aux banques cubaines lesquelles travaillent donc dans un climat de tensions permanent, d’incertitudes et d’adversité, pour essayer de garantir la circulation sécurisée des capitaux.  L’embargo, a martelé, à son tour le représentant, rend impossible la réalisation du Programme 2030 pour le peuple cubain.  L’OIC demande sa levée immédiate et soutient la résolution de l’Assemblée générale.

M. ALEXANDER PANKIN, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, a estimé que l’embargo contre Cuba est tout simplement une grave violation du droit international et un défi lancé à toute la communauté internationale.  Il a dénoncé l’intensification de cette « guerre de sanctions » pour punir les dirigeants cubains d’avoir soutenu le Président Maduro du Venezuela.  Le Vice-Ministre a fustigé les mesures prises pour ralentir le développement scientifique et technique de Cuba et le coût subi par les secteurs cubains des transports et des infrastructures, sans oublier celui du tourisme.  Le Vice-Ministre a rendu hommage à Cuba, un pays en difficulté qui n’hésite pas à déployer des médecins dans les situations d’urgence à travers le monde et à partager les bienfaits de son industrie pharmaceutique.  En revanche, M. Pankin a accusé Washington de barrer l’accès des Cubains à une vie digne, tout en prétendant soutenir les objectifs de développement durable.  À l’exception des États-Unis, le monde ne pense pas, a ironisé le Vice-Ministre, que le développement de Cuba représente une menace.  La Fédération de Russie soutient le peuple cubain et va continuer à voter pour la résolution de l’Assemblée générale, a-t-il dit. 

M. VALENTIN RYBAKOV (Bélarus) s’est également érigé contre toutes les mesures unilatérales contre Cuba, appliquées depuis longtemps sans aucune autorisation du Conseil de sécurité.  Ces mesures sapent les relations entre nations et constituent une forme de « terrorisme économique ».  Le blocus contre Cuba, a-t-il poursuivi, est un phénomène complexe qui représente une pression contre un État souverain et sape les normes traditionnelles des relations entre États.  Ces sanctions entravent le développement durable et font des Cubains, des victimes piégées par la violation « pure et simple » de leurs droits fondamentaux.  Le représentant a regretté que les initiatives diplomatiques entreprises, il y a deux ans, soient au point mort.  Il a espéré la reprise du dialogue bilatéral, avant de réitérer une nouvelle fois son appel à la levée immédiate du blocus.  Il a naturellement manifesté son soutien à la résolution. 

M. DANG DINH QUY (Viet Nam) a indiqué que seuls deux États ont voté, l’année dernière, contre la résolution sur la nécessité de la levée du blocus.  Pourtant, les mesures prises dans le cadre de ce blocus sont contraires à la volonté commune d’instaurer des relations amicales et égales entre États, indépendamment de leur système politique, tout en garantissant le droit de chacun de choisir son propre mode de développement.  Alors que les pays sont engagés dans la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030, le blocus américain constitue un sérieux obstacle aux efforts du peuple et du Gouvernement cubains de participer pleinement à ce processus. 

Rappelant l’expérience du Viet Nam, sous le coup d’un blocus pendant 19 ans, le représentant a dit parfaitement comprendre les difficultés et dégâts subis par Cuba.  Seul, a-t-il estimé, un dialogue constructif est susceptible de rétablir la confiance mutuelle pour un changement positif.  Les blocus et les mesures imposés ne font qu’aggraver le problème, a-t-il prévenu, avant de réaffirmer son soutien à la résolution.  Il a d’ailleurs salué la disposition de Cuba à poursuivre le dialogue et la coopération avec les États-Unis sur des questions d’intérêt commun et à négocier les questions bilatérales en suspens sur la base de l’égalité, de la réciprocité et du respect de la souveraineté et de l’indépendance nationales. 

M. NAGARAJ NAIDU (Inde) a rappelé que, l’année dernière, 189 États ont voté pour la résolution qui appuyait sans équivoque la levée du blocus dont l’existence est clairement contraire à l’opinion mondiale et compromet le multilatéralisme et la crédibilité des Nations Unies.  En tant que plus grande démocratie du monde et militante du multilatéralisme, l’Inde, a dit le représentant, rejette avec l’Assemblée, et ce, sans ambigüité, les lois nationales à portée extraterritoriale qui ne font qu’empêcher le développement économique et social des populations affectées.  Les sanctions empêchent aussi la pleine jouissance des droits de l’homme, notamment le droit au développement, à l’alimentation, à la santé et à la protection sociale. 

Le représentant a ensuite attiré l’attention sur les prouesses de Cuba, dont son classement dans l’Indice de développement humain et ses résultats dans plusieurs objectifs de développement durable.  Il a rappelé que, dans leur Programme transformateur, les dirigeants du monde ont appelé les États à s’abstenir de toute mesure économique, financière ou commerciale unilatérale.  À son tour, le représentant a mis l’accent sur l’expertise de Cuba dans le domaine de la santé, ce qui a lui permis de répondre rapidement et efficacement à l’appel à l’aide de l’Assemblée en faveur des pays d’Afrique de l’Ouest touchés par la crise d’Ebola.  La communauté internationale doit intensifier ses efforts pour débarrasser le monde des sanctions et des blocus, s’est impatienté le représentant, en espérant que l’embargo contre Cuba sera levé au plus vite.

M. JUAN RAMÓN DE LA FUENTE (Mexique) a rejeté, à son tour, les lois unilatérales visant à obtenir des changements de régime.  Il a déploré la décision du Gouvernement américain d’appliquer, pour la première fois dans l’histoire, le titre III de la loi Helms-Burton qui affecte non seulement le peuple cubain mais également les pays tiers.  Il a rappelé l’avis du Comité juridique interaméricain du 23 août 1996, en application de la résolution de l’Assemblée générale de l’Organisation des États américains (OEA) sur la liberté de commerce et d’investissement, qui affirme que les fondements et l’application de la loi Helms-Burton sont contraires au droit international.  Le représentant a donc prôné la reprise du dialogue et de la coopération entre les États-Unis et Cuba.

Cuba, a-t-il dit, est une alliée stratégique du Mexique avec lequel il partage une vision d’avenir dynamique alignée sur le processus de renforcement des institutions, compte tenu des défis régionaux et mondiaux.  Le Mexique est le cinquième partenaire sociocommercial de Cuba et le deuxième de la région.  Nous continuerons à resserrer notre coopération économique mais aussi dans les secteurs de l’éducation, des sciences et de la culture.  Le représentant s’est d’ailleurs réjoui de l’augmentation du nombre de vols entre les deux pays, 80 par semaine, soit plus qu’avec toute autre capitale latino-américaine.  À l’ère de la mondialisation et l’interdépendance, il est « illusoire » de penser pouvoir régler « en vase clos » et sans le soutien de la communauté internationale des problèmes mondiaux ou opérer de grandes transformations régionales et nationales. 

Mme KIRA CHRISTIANNE DANGANAN AZUCENA (Philippines) a souligné que son pays n’a imposé ni n’a l’intention d’imposer des lois, réglementations ou mesures contraires à la résolution de l’Assemblée générale.  Pour nous, a-t-elle dit, le blocus est un obstacle au développement socioéconomique de Cuba et à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Le blocus viole le droit international et les buts et principes de la Charte des Nations Unies.  Les États-Unis, a martelé la représentante, doivent lever l’embargo contre Cuba « unilatéralement, inconditionnellement, définitivement ».

M. SOFIANE MIMOUNI (Algérie) a déclaré que l’adoption annuelle, par une écrasante majorité, d’une résolution appelant à la levée du blocus imposé à Cuba est un message qui témoigne du ferme soutien de la communauté internationale à la levée de l’embargo « injustifié et inutile » maintenu depuis près de six décennies contre « le pays frère de Cuba ».  Ces sanctions injustifiées ne font qu’exacerber les souffrances du peuple cubain et entravent ses efforts pour mettre en œuvre le Programme 2030, a déploré M. Mimouni.  Il a souligné que Cuba a la liberté de vendre, de naviguer et de développer son commerce, sur une base mutuelle, avec tous ses partenaires économiques.  L’Algérie, a indiqué son représentant, rejette l’imposition d’actes unilatéraux ou de règles extraterritoriales empêchant le développement économique d’un pays et toutes les formes de mesures et de contraintes économiques. 

L’Algérie, a-t-il poursuivi, soutient totalement et est solidaire du Gouvernement et du « peuple frère de Cuba ».  Le représentant a estimé qu’aujourd’hui, plus que jamais, il est important de rétablir la dynamique créée, il y a quelques années, et de poursuivre sur la lancée des réalisations positives enregistrées ces dernières années dans les relations entre Cuba et les États-Unis.  S’engager dans un dialogue bilatéral constructif et respectueux, dans le plein respect des principes du droit international et de la Charte des Nations Unies, tracera certainement une nouvelle voie pour la normalisation complète des relations entre Cuba et les États-Unis et conduira à la levée de cet embargo inutile, pour le bénéfice mutuel des peuples des deux pays, de toute la région et au-delà. 

M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a assuré, d’emblée, le Chef de la diplomatie de Cuba, présent dans l’hémicycle, de l’appui sans faille de son pays.  La Syrie « n’oubliera jamais » la position de « nos amis cubains » en faveur de sa lutte contre le terrorisme.  Elle n’oubliera non plus jamais la position sans équivoque de Cuba contre l’occupation israélienne du Golan syrien et des autres territoires arabes occupés.  Le représentant a décrit par le menu les effets dévastateurs des sanctions imposées par l’Administration américaine actuelle, après sa décision d’appliquer le titre III de la loi Helms-Burton.  Appuyant pleinement la résolution de l’Assemblée générale, il a vu dans les mesures américaines une « punition collective » contre les Cubains qui entrave les échanges commerciaux, à plus d’un égard. 

Calculant qu’il ne reste plus que 11 ans pour réaliser les objectifs de développement durable, le représentant a estimé qu’il convient non seulement de condamner le blocus et d’en exiger la levée, mais aussi d’établir un registre international sur les différents aspects de l’impact de ces mesures unilatérales.  Partant du principe que Cuba peut demander réparation pour les pertes subies, il a réclamé le calcul de ce que les États-Unis doivent payer au peuple cubain après presque 60 ans de blocus économique, commercial et financier.  Comment des États ont-ils l’outrecuidance de demander que l’on accélère la réalisation des objectifs de développement durable et que l’on ne laisse personne sur le côté, alors même qu’ils appliquent des sanctions unilatérales contre Cuba mais aussi la Syrie, l’Iran, le Venezuela et d’autres? a demandé le représentant.  Nous avons du mal à croire, dans le cas de la Syrie, que les sanctions sont là pour protéger la population et promouvoir le respect des droits de l’homme, a-t-il ironisé. 

M. KHIANE PHANSOURIVONG (République démocratique populaire lao) a jugé que, dans ce monde interdépendant, l’application de mesures unilatérales aux effets extraterritoriaux va à l’encontre des principes de la Charte des Nations Unies et du droit international.  Mon pays, a-t-il annoncé, va continuer à voter en faveur du texte soumis à l’Assemblée générale, parce que la levée de l’embargo va bénéficier non seulement aux deux pays, mais également au reste du monde.

Notre expérience, a déclaré M. HAU DO SUAN (Myanmar), nous a appris que les embargos ou les sanctions imposés pour servir des ambitions politiques ne peuvent avoir que des effets négatifs sur la vie du citoyen ordinaire.  L’histoire nous enseigne, a-t-il professé, que l’hostilité, les pressions politiques et les mesures coercitives n’ont jamais aidé aucun pays à promouvoir les droits de l’homme.  En revanche, le respect et la compréhension mutuels, de même que la coopération, conduisent à la prospérité, à la justice et à l’égalité, et facilitent, en conséquence, l’exercice des droits de l’homme.  En tant qu’ami des deux pays, le Myanmar s’est promis de soutenir tout effort constructif pour mettre fin à l’embargo.  Nous allons donc voter, a annoncé le représentant, en faveur du texte présenté à l’Assemblée générale. 

Pour M. MACHARIA KAMAU (Kenya), les sanctions affaiblissent les pays ciblés, aggravent leur fragilité et ont un impact préjudiciable qui va au-delà des individus et institutions visés, avec des conséquences désastreuses pour les membres vulnérables de la société.  Le représentant a donc voulu que l’on fasse tout pour que les sanctions et le blocus ne laissent pas Cuba sur le côté.  C’est la raison pour laquelle, a-t-il expliqué, le Kenya a toujours voté en faveur de la résolution sur la nécessité d’éliminer le blocus.

Mme INGA RHONDA KING (Saint-Vincent-et-les Grenadines) a déclaré que notre message unanime aujourd’hui est que nous condamnons catégoriquement le blocus et que nous ne resterons pas passifs tant que les États-Unis continueront de violer de manière flagrante le droit international et les principes de la Charte des Nations Unies.  Les mesures coercitives unilatérales et extraterritoriales n’ont pas de place au XXIe siècle, a proclamé la représentante.  Notre pays, a-t-elle dit, peut témoigner de la bienveillance de Cuba qui a touché « le cœur et l’âme » des Saint-Vincentais et Grenadins.  Nous sommes éternellement reconnaissants au Gouvernement et au peuple cubains, a-t-elle ajouté.  Mme King a salué l’approche de l’ancien Président américain Barack Obama qui a dit, pendant sa visite à Cuba: je suis venu ici pour enterrer le dernier vestige de la guerre froide.  Je suis venu ici pour tendre la main de l’amitié au peuple cubain.  C’était là, a commenté la représentante, un signe d’espoir ancré dans la foi et la confiance dans la diplomatie, le dialogue et le système multilatéral. 

Malheureusement, ces derniers temps, a-t-elle regretté, nous avons vu des efforts revenir sur les avancées dans le rapprochement avec Cuba, sous la présidence de M. Obama.  Or, le dialogue et l’engagement constructif entre Cuba et les États-Unis sont essentiels.  Dans le système international, l’isolationnisme et l’exclusion n’ont pas leur place.  La levée du blocus économique est essentielle pour le peuple et le Gouvernement de Cuba et j’espère, a conclu la représentante, que cet appel retentissant à la levée du blocus résonnera dans le cœur et l’esprit des membres du Congrès américain et que, dans leur infinie sagesse, ils corrigeront cette politique illégale.  Elle a exhorté « notre cher ami, les États-Unis », à agir au nom de l’humanité, de la décence et dans l’esprit de la Charte des Nations Unies. 

M. ZHANG JUN (Chine) a déploré que toutes ces résolutions adoptées depuis tant d’années n’aient pas été respectées.  La Chine, a-t-il martelé, est contre l’imposition de sanctions.  Ayant toujours entretenu de bonnes relations avec Cuba, elle prévient, a ajouté le représentant, que la mondialisation est une tendance générale qui ne peut être stoppée.  L’unilatéralisme n’a plus sa place dans notre monde et nous savons, a-t-il conclu, que de meilleures relations entre les États-Unis et Cuba renforceront la paix et la sécurité dans la région.  La Chine, a conclu le représentant, va voter pour la résolution. 

Mme KITTY SWEEB (Suriname) a relevé que, malgré le renforcement de l’embargo, le Gouvernement et le peuple cubains continuent d’offrir à la communauté internationale une posture pacifique et généreuse en matière de coopération.  Nous allons voter pour la résolution, a annoncé la représentante, en regrettant l’élargissement du blocus comme un fait qui vient saper le processus de normalisation entamé précédemment.  

M. MICHEL XAVIER BIANG (Gabon) a rappelé que son pays a toujours voté en faveur de la résolution sur la nécessité de lever le blocus, avant de souligner que s’il est maintenu, il aura des effets néfastes sur la réalisation des objectifs de développement durable à Cuba, mais également dans les pays de la région.  Il a appelé au respect des résolutions des Nations Unies sur la question, ce qui, a-t-il noté, permettrait à Cuba de participer au commerce international et d’en tirer pleinement profit.  M. Biang a affirmé que seuls les principes du dialogue et de la coopération aideront à instaurer un climat de confiance et d’apaisement, favorisant des avancées significatives dans ce dossier. 

M. JOÃO IAMBENO GIMOLIECA (Angola) a estimé que la persistance de l’embargo imposé depuis presque six décennies est une mesure « injuste et rétrograde », qui détruit l’économie cubaine, au détriment des populations.  Il a déploré les revers dans la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays, avant d’encourager les États-Unis à mettre fin à l’embargo et à respecter le droit des Cubains de choisir librement leurs modèles politique, économique et social pour parvenir au développement durable.  Il a déploré l’extension de l’extraterritorialité de la loi Helms-Burton qui affecte l’économie cubaine et ses opérations commerciales à l’étranger. 

M. JAIME HERMIDA CASTILLO (Nicaragua), qui a soutenu la résolution, a réaffirmé le rejet du blocus « criminel, illégal et inhumain » contre Cuba, une nation qui a toujours eu le souci d’aider les d’autres.  Il a fustigé les effets pervers économiques, financiers et commerciaux de ce blocus et dénoncé le renforcement récent de ces mesures contre un peuple « noble et courageux » dont les efforts pour réaliser le Programme 2030 sont entravés et menacés.  Le représentant a condamné les nouvelles mesures extraterritoriales imposées par le Gouvernement américain actuel et qui ont pour objectif affiché de provoquer un changement de régime politique à Cuba.  Il a préféré envoyer « un message d’amour et de fraternité » aux plus de 11 millions de Cubains qui ne cessent de se battre tous les jours pour leur survie, sans pour autant renoncer à aider les autres.  La communauté internationale condamnera, un fois encore, ce blocus « inhumain », a promis le représentant qui a aussi rappelé que de nombreuses organisations régionales et sous-régionales appuient la levée immédiate du blocus imposé à des hommes et à des femmes déterminés à rester libres pour avancer avec détermination vers une nouvelle victoire. 

Mme LOIS MICHELE YOUNG (Belize) a déclaré que les relations bilatérales spéciales que son pays entretient avec Cuba sont ancrées dans la profonde admiration du rôle fondamental de l’île en Amérique latine et dans les Caraïbes, en tant que pionnier de la coopération Sud-Sud et, au niveau international, en tant que chantre des aspirations des peuples opprimés puisque Cuba est, elle-même, confrontée à « d’extrêmes » pressions économiques et financières.  La représentante a mis l’accent sur la solidarité de Cuba à l’égard de Belize dans les domaines de l’éducation et de la santé, deux secteurs où les Béliziens ont des besoins et nos amis cubains, des forces.  Depuis 1999, a-t-elle poursuivi, les professionnels cubains de la santé dispensent des soins à Belize et un accord de coopération en matière de santé vient de sceller cette coopération pour éviter les pénuries de spécialistes.  D’autre part, quelque 200 ressortissants de Belize étudient dans les universités cubaines et les deux nations élargissent aussi leur coopération à des secteurs clefs comme l’agriculture, le tourisme, la culture et la préparation aux catastrophes naturelles. 

En dépit de tous les bienfaits des relations amicales, les Américains, avec leur blocus, s’obstinent à vouloir séparer Cuba du reste du monde.  Voilà que maintenant, s’est offusquée la représentante, les États-Unis ouvrent la possibilité d’entamer des poursuites, devant leurs tribunaux, contre des entreprises ou individus entretenant des relations commerciales avec les biens nationalisés en 1960.

M. MOHAMMAD KURNIADI KOBA (Indonésie) a expliqué que son pays soutient la résolution parce qu’il est fermement opposé aux embargos unilatéraux et aux mesures coercitives avec effets extraterritoriaux contre des États souverains.  Les embargos violent les principes d’égalité souveraine entre États, de non-intervention et de non-ingérence dans leurs affaires intérieures.  Le blocus imposé à Cuba sape l’esprit et la lettre du Programme 2030 qui stipule qu’aucun État ne doit adopter de mesures économiques et financières unilatérales qui vont à l’encontre du droit international et de la Charte des Nations Unies. 

M. KIM SONG (République populaire démocratique de Corée) s’est opposé à toutes formes de sanctions, y compris celles imposées à Cuba qui ne peuvent qu’être qualifiées de « crimes contre l’humanité » et qui ne feront qu’isoler les États-Unis sur la scène internationale.  Les pertes économiques se chiffrent en milliers de milliards de dollars mais le peuple cubain avance imperturbablement vers la réalisation des objectifs qu’il s’est librement fixé sur la voie du modèle socialiste.  Cuba a en effet atteint une croissance de 1,2%, l’année dernière, en dépit des sanctions mais aussi des catastrophes naturelles.  La résolution de l’Assemblée générale est adoptée depuis 27 ans à une majorité écrasante, à l’exception des États-Unis et d’Israël, a-t-il rappelé.

M. E. COURTENAY RATTRAY (Jamaïque) a relevé que l’embargo contre Cuba, imposé à l’époque d’un monde bipolaire, est pourtant mis en œuvre aujourd’hui avec une plus forte intensité.  Il a jugé regrettable que cet embargo soit maintenu alors même que nous disons ne vouloir laisser personne sur le côté dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  La Jamaïque, a rappelé M. Rattray, a elle-même bénéficié des nombreux programmes de coopération de Cuba et elle entend soutenir la résolution de l’Assemblée. 

M. FREDERICK MUSIIWA MAKAMURE SHAVA (Zimbabwe) a invité la communauté internationale à réitérer son opposition résolue aux mesures coercitives contre Cuba, compte tenu de leurs implications extraterritoriales et leur caractère illégal.  Il a rappelé que la résolution de l’année dernière avait été adoptée par 189 voix pour, 2 voix contre et 2 abstentions.  Regrettant le renforcement délibéré des mesures unilatérales, il a estimé qu’il a pour objectif avoué de faire subir d’importants dégâts à l’économie cubaine, tout en faisant pression sur le commerce international.  Mon propre pays, a-t-il rappelé, porte le « lourd fardeau » des sanctions unilatérales imposées par les États-Unis, par la loi de 2001 sur la démocratie et le redressement économique du Zimbabwe (ZIDERA). 

Cette loi est mise en œuvre grâce à des décrets d’application renouvelés chaque année, et interdit à des individus et entreprises zimbabwéens de faire des affaires avec les États-Unis.  L’économie tout entière du pays a été affectée par ces sanctions « illégales », a fustigé M. Shava, qui a aussi fait allusion à leur impact direct et indirect sur les pays voisins.  Il a loué la décision « courageuse et historique » de la République-Unie de Tanzanie d’obtenir de la SADC qu’elle proclame, le 25 octobre, « Journée de la solidarité anti-sanctions ».  « Trop c’est trop », s’est impatienté le représentant, soulignant que les sanctions sont un obstacle au développement, au bien-être et à la prospérité de son peuple.  Elles freinent les efforts tendant à réaliser le Programme 2030 et doivent être levées sans condition.    

M. JERRY MATTHEWS MATJILA (Afrique du Sud) a rappelé que Cuba a fait d’énormes contributions à la libération de son pays.  Il a salué les relations entre les deux nations, arguant qu’elles peuvent servir d’exemple et de modèle de la coopération Sud-Sud.  Il a déploré que ces relations soient sapées, notamment dans le domaine commercial, par le blocus américain et son application extraterritoriale.  Il a invité tous les pays à soutenir Cuba et son peuple et à abroger et annuler toute loi ou mesure qui continue de saper le développement de Cuba.  Il a également appelé la communauté internationale à soutenir Cuba qui fait preuve de résilience et de détermination pour surmonter les effets négatifs de cet « étranglement économique » qui dure depuis six décennies.  M. Matjila a confirmé le soutien de son pays à la résolution de l’Assemblée générale, car l’embargo contre Cuba est « indéfendable » et doit être levé pour permettre au peuple cubain de se développer. 

M. YASIR ABDALLA ABDELSALAM AHMED (Soudan) a annoncé un vote en faveur de la résolution, au nom du rejet de toute mesure unilatérale en violation avec les principes et buts de la Charte.  Le blocus, s’est-il expliqué, entrave les efforts de développement du peuple cubain et perturbe encore davantage le commerce international.  Il a cité le paragraphe 30 du Programme 2030 contre les mesures unilatérales et confirmé, en conséquence, que le blocus est une violation du droit international et du droit au développement.  Depuis 1997, a-t-il rappelé, le Soudan était lui-même frappé par un embargo « injuste » qui a bloqué son accès au crédit et aux institutions de Bretton Woods et l’a privé des opportunités d’échanges avec les autres nations pour pouvoir avancer dans le développement.  Malgré la levée des sanctions en octobre 2017, la situation reste difficile puisque le Soudan est toujours placé sur la liste des parrains du terrorisme.  Nous connaissons parfaitement les souffrances engendrées par les sanctions et nous appelons à la levée immédiate du blocus contre Cuba, a conclu le représentant. 

Mme MEGAYLA ULANA AUSTIN (Guyana) a prévenu, à son tour, que le blocus demeure un obstacle sérieux aux efforts de développement de ce petit pays qu’est Cuba, affectant sa stabilité économique et contribuant à des inégalités dans le développement de la région.  Un tel blocus n’a pas sa place dans des relations internationales modernes.  Il faut mettre fin à cette politique « destructrice », a asséné Mme Austin, en estimant que ce n’est rien moins qu’une tragédie que de voir, pendant des décennies, la communauté internationale confrontée au même « fantôme », chaque année. 

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