Ingérences extérieures, flux migratoires, changements climatiques, processus de paix, sujets récurrents du débat général de l’Assemblée générale

AG/12198
28 septembre 2019
Soixante-quatorzième session, 11e et 12e séances plénières, matin et après-midi

Ingérences extérieures, flux migratoires, changements climatiques, processus de paix, sujets récurrents du débat général de l’Assemblée générale

La cinquième journée du débat général de l’Assemblée générale a été marquée comme les jours précédents par les questions liées aux ingérences extérieures, aux flux migratoires, aux changements climatiques et au processus de paix, cette fois avec les interventions de la Syrie, de Cuba, du Mexique, d’Haïti et du Yémen parmi une trentaine d’intervenants dont la République du Congo qui a dénoncé le trafic de faux médicaments.

Alors que le Président Donald Trump défendait mardi dernier le « patriotisme » contre le « globalisme », les États-Unis ont été pris aujourd’hui à partie par plusieurs pays qui les ont accusés d’ingérence dans leurs affaires intérieures.  La République arabe syrienne s’est, par la voix de son Ministre des affaires étrangères, offusquée de la présence militaire « illégale » que Washington, aux côtés de la Turquie, maintient dans le nord de la Syrie.

« Les États-Unis et la Turquie ont été tellement arrogants qu’ils ont tenu des discussions et conclu des accords sur la création d’une prétendue zone sûre en Syrie, comme s’il s’agissait de leur propre territoire », s’est emporté le Ministre, en dénonçant les « manœuvres politiques » d’Ankara au mépris des accords d’Astana.  « Si la Turquie est réellement déterminée à garantir la sécurité de ses frontières, comme elle le prétend, elle doit choisir entre le respect des accords sur la lutte antiterroriste, en retirant ses forces, ou se poser en agresseur, en faisant face aux conséquences de ses actes », a mis en garde le Chef de la diplomatie syrienne.

Les États-Unis ont subi une autre attaque, celle du Ministre des affaires étrangères de Cuba.  M. Bruno Eduardo Rodríguez Parrilla a accusé les autorités américaines d’avoir refusé à M. Raul Castro, Premier Secrétaire du Parti communiste, un visa pour venir s’exprimer à la tribune de l’Assemblée générale.  Rejetant catégoriquement les allégations de Washington selon lesquelles Cuba serait à « blâmer » pour l’échec de la tentative de renversement du Gouvernement « bolivarien » au Venezuela, M. Rodríguez Parrilla s’est en outre offusqué de la réactivation, il y a quelques jours, par les États-Unis et une « poignée de pays » du Traité interaméricain d’assistance mutuelle (TIAR), qui envisage le recours à la force militaire.

Deux crises se sont à nouveau invitées au débat: les flux migratoires et les changements climatiques, la première étant d’ailleurs partiellement le résultat de la seconde puisque les populations confrontées à la montée des eaux, à la sécheresse et à la désertification sont contraintes au départ.  « Des hommes jeunes, des familles entières, des femmes seules et des mineurs non accompagnés ont pris le chemin de l’exode, fuyant violence et pauvreté, toutes deux exacerbées par les effets des changements climatiques et l’effondrement des prix du café », a résumé le Secrétaire aux relations extérieures du Mexique, M. Marcelo Ebrard Casaubón.  « Comment empêcher cela? » s’est-il demandé.

En tablant sur la création d’opportunités à domicile, a-t-il répondu, avant d’annoncer le lancement par son pays d’un plan de développement intégral qui bénéficie de l’appui de 18 agences de l’ONU.  Un plan, s’est-il enorgueilli, que déjà 35 gouvernements se sont dit prêts à adopter pour promouvoir le développement au Honduras, au Guatemala et ou encore à El Salvador.  Une démarche qui ira de pair avec une lutte anticorruption ambitionnant de faire du Mexique une « puissance industrielle et manufacturière ».  Aussi « avec le Président López Obrador, nous allons nettoyer la maison une bonne fois pour toutes », a-t-il insisté, « pour ne plus jamais avoir honte de notre pays ». 

Mais le Mexique ne peut, à lui seul, affronter le défi migratoire sur le continent: « aucun mur ni aucune loi ne pourra dissuader des gens d’abandonner leur foyer, s’ils ont peur ou faim », a prévenu M. Ebrard Casaubón qui a dénoncé les effets dévastateurs de la mondialisation axée sur un profit maximal, au détriment de l’épanouissement humain.  La Ministre des relations internationales et de la coopération de l’Afrique du Sud, Mme Naledi Pandor, a expliqué que la propre politique migratoire de son pays est axée à la fois sur la réduction du nombre de migrants en situation irrégulière et la lutte contre la xénophobie et le racisme.

Leur homologue de la République du Congo a parlé d’une autre crise: « le programme sordide d’empoisonnement de masse ».  M. Jean-Claude Gakosso a en effet dénoncé la menace posée par la propagation effrénée, « dans une indifférence quasi générale », de faux médicaments.  Ces faux médicaments et les officines qui les produisent doivent tout simplement être déclarés « ennemis publics » par tous et sans réserve, ici même aux Nations Unies, a martelé le Ministre, qui a soutenu l’initiative africaine d’organiser à Lomé, un Sommet des chefs d’État entièrement consacré à cette problématique.

Aujourd’hui, les organisations régionales et internationales ont aussi été rappelées à leurs responsabilités dans les pays où leur présence remonte à des années, voire des décennies.  C’est le cas de la Somalie, à propos de laquelle le Premier Ministre de l’Ouganda, M. Ruhakana Rugunda, a déclaré qu’il faut que la communauté internationale « comble l’écart » entre l’engagement pris pour renforcer les forces de sécurité somaliennes et la réduction annoncée des troupes de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).

Le Ministre des affaires étrangères d’Haïti, M. Bocchit Edmond, a pris acte du retrait de la Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), qui sera achevé le 15 octobre prochain, pour laisser place au Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), dont le mandat consistera « à conseiller le Gouvernement haïtien sur les moyens de renforcer la stabilité politique et la bonne gouvernance ».

Le Président Jovenel Moïse poursuit ses consultations en vue de conclure un accord politique susceptible de conduire à l’apaisement social et à la consolidation des institutions démocratiques, a-t-il précisé, en évoquant la « crise complexe » qui touche en ce moment même son pays.  Dans ce contexte, il est primordial, a souligné M. Edmond, que le BINUH accorde une attention soutenue aux politiques publiques à caractère économique, social et environnemental ».

Autre situation de crise évoquée aujourd’hui, celle qui sévit au Yémen. Le Ministre des affaires étrangères de ce pays, M. Mohammed Abdullah Al-Hadhrami, a accusé les milices de continuer d’« esquiver » et de refuser de comprendre que la paix, ce ne sont pas des mots mais des actes.  Il a appelé le Conseil de sécurité à prendre ses responsabilités et à obtenir des houthistes qu’ils appliquent ses résolutions, notamment le retrait de la ville et du port de Hodeïda ainsi que la libération des prisonniers.  Son homologue suédoise, Mme Ann Christin Linde, a annoncé que son pays a coorganisé à New York une réunion avec les principaux partenaires à l’appui de la paix au Yémen, sur la base de l’Accord de Stockholm.  La solution, c’est d’amener les milices houthistes à mettre en œuvre cet Accord, a tranché le Ministre yéménite, en dénonçant leur intransigeance mais aussi l’« État voyou » qu’est l’Iran.  

L’Assemblée générale mettra fin à son débat général à l’issue de la séance qu’elle a prévue lundi 30 septembre à partir de 9 heures. 

Suite du débat général

Honoré de représenter pour la première fois la terre du « bonheur national brut », M. LOTAY TSHERING, Premier Ministre du Bhoutan, est revenu sur le slogan de la campagne électorale de son parti, « Réduire l’écart », qui signifie, pour paraphraser le Programme de développement durable à l’horizon 2030, « ne laisser personne de côté ».  C’est pourquoi, il a salué le choix du thème de l’actuelle session de l’Assemblée générale, car pour lui, réduire l’écart revient à faire le choix d’initiatives et de décisions axées essentiellement sur la réduction de la pauvreté.  Et ce n’est qu’à travers des soins de santé de qualité et une éducation adéquate que la pauvreté sous toutes ses formes disparaîtra de façon durable, a-t-il souligné.  Le Premier Ministre a rappelé qu’au Bhoutan, les citoyens ont un accès gratuit à la santé et à l’éducation: c’est un droit constitutionnel, car miser sur le secteur social, en dépit des moyens limités de son pays, n’est pas une dépense mais un investissement.  Dans le Royaume, les enseignants sont les fonctionnaires les mieux payés pour justement asseoir une éducation de qualité.  Car l’objectif au-delà de l’apprentissage est de former de « bons êtres humains » en matière de compassion, d’empathie et de respect pour la nature, a expliqué M. Tshering, indiquant que ce sont là les principaux éléments du « bonheur national brut » dispensés dans le programme scolaire.  Bien plus, le Bhoutan compte introduire à l’école des leçons pratiques dans le domaine des changements climatiques pour faire des enfants des champions du climat, a-t-il ajouté. 

Évoquant les différents initiatives et programmes entrepris en faveur des citoyens, il a mis en avant le kit « 1 000 Golden Days Plus » que bénéficie à la mère et l’enfant durant la période de gestation jusqu’à la naissance, mis en place par le biais d’incitations financières.  Il a saisi cette occasion pour annoncer que son pays s’était engagé à instaurer une couverture sanitaire universelle bien avant la date butoir de 2030.  Il a ensuite expliqué les principes du « bonheur national brut » du Bhoutan qui s’enorgueillit d’avoir un bilan carbone négatif car « nos valeurs et notre philosophie » de développement écartent toute exploitation des ressources naturelles visant des bénéfices sur le court terme. 

Il en a voulu pour preuve les 72% de surfaces couvertes par les forêts dans le pays, soit bien plus que les 60% exigés par la Constitution.  Le Bhoutan, un petit pays, est à l’avant-garde en matière d’environnement, a fait valoir le Premier Ministre, soulignant que son gouvernement a adopté une politique nationale respectueuse de l’environnement et économe en énergie.  De manière générale, les objectifs de développement durable (ODD) sont alignés sur les principes du « bonheur national brut », ce qui explique, a-t-il dit, que le Bhoutan est bien parti pour la réalisation du Programme 2030.

Sur le sujet des réformes des Nations Unies et des opérations de maintien de la paix, M. Tshering a tenu à renouveler la foi de son pays en le système multilatéral, appelant à œuvrer de concert dans le cadre d’une communauté mondiale avec l’ONU en tête.  Pour finir, il a appelé à changer les structures et la composition actuelles du Conseil de sécurité qui ne reflètent pas selon lui les réalités du monde.  Ces réformes, a-t-il estimé, doivent être menées dans le cadre plus général du système de l’ONU pour que celle-ci demeure légitime, efficace et crédible.

M. RUHAKANA RUGUNDA, Premier Ministre de l’Ouganda, a commencé par dire que son pays avait fait de l’éradication de la pauvreté et de la fourniture d’une éducation de qualité des priorités de son plan de développement national, qui est lui-même aligné sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Mais pour mettre la planète sur une trajectoire viable sur le long terme, la communauté internationale doit impérativement répondre à l’un des défis les plus considérables de notre temps, à savoir les changements climatiques, a-t-il souligné, en s’alarmant des récentes catastrophes naturelles dont les Bahamas et le Mozambique ont été les théâtres. 

Bien qu’il soit l’un des pays à émettre le moins de gaz polluants au monde, l’Ouganda, a affirmé M. Rugunda, a pris des mesures d’adaptation et d’atténuation audacieuses, telles que la réhabilitation de 64 000 hectares de marais au profit de quatre millions d’agriculteurs, la reforestation de plus de 200 000 hectares, la mise à disposition de 20% supplémentaires d’énergies renouvelables et la promotion de techniques d’irrigation alimentées par l’énergie solaire.  Après avoir demandé aux pays développés d’accroître le financement de ces actions, le Chef de gouvernement s’est prononcé en faveur d’une approche intégrée prenant en compte de manière indissociable la lutte contre les changements climatiques et la perte de biodiversité.  « C’est la raison pour laquelle l’Ouganda soutient une proposition qui sera présentée l’an prochain lors de la Conférence des parties à la Convention sur la biodiversité, laquelle prévoit entre autres de sanctuariser au moins 30% de nos terres et de lever des fonds d’un montant significatif auprès des gouvernements et du secteur privé », a-t-il annoncé. 

Soulignant la nécessité de privilégier des solutions collectives aux défis qui se posent à toutes les nations au mépris des frontières physiques, le Premier Ministre a attiré l’attention sur les défis que font peser Ebola et d’autres maladies sur des pays comme le sien.  Il s’est ensuite félicité de l’accord historique conclu au Soudan, sous les auspices de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et de l’Union africaine (UA) entre les Forces de la liberté et du changement et le Conseil militaire de transition et qui a abouti à la mise en place d’un gouvernement de transition civil dans ce pays.  M. Rugunda s’est également dit satisfait des progrès accomplis par la Somalie vers la paix et la stabilité, sur fond de renforcement des capacités, notamment sur le plan sécuritaire.  « Mais, alors que ce pays met en œuvre son plan de transition, il est essentiel que la communauté internationale comble l’écart entre l’engagement pris pour renforcer les forces de sécurité somaliennes nécessaires et la réduction des troupes de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) », a-t-il mis en garde.  En ce qui concerne le Soudan du Sud, le Premier Ministre s’est dit heureux de constater les progrès réalisés selon lui dans la mise en œuvre de l’accord revitalisé, enjoignant aux groupes non signataires de se joindre aux efforts pour consolider la nation. 

Entre autres questions, il a abordé la réforme du Conseil de sécurité, se déclarant alarmé par l’absence de représentation africaine au sein de la catégorie des membres permanents de cet organe.  Il a rappelé l’attachement de son pays à la position africaine commune telle qu’énoncée dans le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte. 

Pour M. CHRISTIAN NTSAY, Premier Ministre et Chef du Gouvernement de Madagascar, il faudra redoubler d’efforts pour éradiquer la pauvreté, assurer une éducation de qualité et parvenir à des sociétés inclusives.  Il faudra coordonner les actions contre les changements climatiques dont les conséquences sont devenues de plus en plus visibles et intensifient la pauvreté et les inégalités entre les peuples.  « Rattraper les retards de ces décennies de balbutiement voire d’inaction est un devoir qui incombe à tous », a-t-il prévenu en appelant à donner un nouveau souffle au multilatéralisme afin que les peuples des Nations Unies puissent encore et toujours se reconnaître dans « notre Organisation », ses valeurs et surtout ses actes.

Quant à Madagascar, il a annoncé l’objectif que s’est fixé le Gouvernement actuel d’accéder au statut de pays émergent pour rattraper son retard de développement.  Des réformes structurelles et sectorielles de grande envergure sont actuellement initiées, mais le premier défi est celui de la consolidation du processus démocratique, de la gouvernance et du renforcement de l’unité nationale, a indiqué le Premier Ministre.  Le Gouvernement s’est fixé comme priorités nationales de promouvoir la démocratie, la justice sociale et les droits de l’homme et de lutter contre la corruption.

L’État aujourd’hui se constitue comme garant institutionnel pour le respect des droits de l’homme à Madagascar, a indiqué M. Ntsay.  Ceci figure, a-t-il précisé, parmi ses grands chantiers et cela concerne la sécurité en zone rurale et urbaine, le système judiciaire et carcéral, la décentralisation, le système de santé et de nutrition ainsi que le système éducatif.  Le Premier Ministre a insisté sur la restauration de la paix et de la sécurité, notamment pour protéger les populations rurales contre le fléau des Dahalo ou voleurs de zébus, « des bandits-guerriers » qui agissent selon des pratiques meurtrières inacceptables dans les zones rurales reculées.  Une réforme du secteur de la sécurité a commencé avec notamment le redéploiement des forces de sécurité, la construction de nouvelles bases opérationnelles de proximité et l’amélioration des équipements des unités d’intervention, la construction de nouvelles prisons aux standards internationaux, ainsi que le développement d’un système de puces bovines associées aux dispositifs de géolocalisation des bétails et l’interdiction d’exportation des zébus.

S’alignant sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’éducation et la santé figurent également parmi les priorités nationales de Madagascar, a poursuivi M. Ntsay en précisant que le Gouvernement s’est engagé en faveur d’une éducation inclusive, équitable et de qualité pour tous, y voyant un gage du développement harmonieux et durable de la société et de la stabilité du pays.  Madagascar s’engage également aujourd’hui à rendre la santé accessible à tous, à travers la construction de nouveaux hôpitaux de proximité, l’amélioration de la qualité des services médicaux et de la gestion du système de santé publique.

Le second grand défi de l’émergence est celui de la croissance économique et de rattraper les retards de développement dont le pays souffre depuis bientôt 60 ans, a souligné M. Ntsay: c’est ce qui constitue aujourd’hui le socle de la vision et des engagements du Président de Madagascar.  Le Plan Émergence Madagascar 2019-2023 doit ainsi conduire le pays dans sa transformation structurelle et dimensionnelle pour accélérer le processus de son émergence.  Il vise pour l’essentiel à doubler sa production d’électricité en misant sur les énergies renouvelables, à atteindre son autosuffisance en riz en aménageant de nouvelles superficies de 100 000 hectares, à construire et réhabiliter des routes, des pistes rurales, des ports et des aéroports, ainsi qu’à garantir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, tout cela en promouvant des emplois décents.

En conclusion, le Premier Ministre a assuré que les ambitions de Madagascar pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) sont réelles et que son gouvernement, tout en mobilisant des ressources internes, compte sur la solidarité et les opportunités internationales pour l’appuyer dans ces efforts.

Mgr PIETRO PAROLIN, Secrétaire d’État du Saint-Siège, a identifié l’absence de paix et de sécurité dans plusieurs régions du monde, alimentée par la prolifération des armes, parmi les défis les plus importants qui se posent à la communauté internationale.  Il a plaidé pour une coopération multilatérale plus importante afin de créer les conditions à l’élimination des armes nucléaires.  Il s’est ensuite alarmé des risques de ne pas réaliser dans les délais impartis les ODD, rappelant qu’au moment de l’adoption du Programme 2030, le pape François avait souligné que ce nouveau paradigme devait avoir pour principe fondamental la dignité humaine.  Pour le cardinal Parolin, l’éducation est l’un des instruments clefs de la réalisation des ODD, une conviction partagée par le pape François qui a lancé une « alliance éducative » en vue de « former des individus éclairés capables de surmonter les divisions et les antagonismes et de réparer le tissu relationnel pour le bien-être de la fraternité humaine ». 

Alors que nous aspirons tous à la préservation de notre « maison commune », une attention particulière doit être accordée à l’Amazone, ravagée par des incendies répétés depuis quelques mois, a poursuivi le Secrétaire d’État.  Dans une semaine, a-t-il ajouté, le pape François réunira au Vatican un synode d’archevêques du monde entier pour discuter de la région amazonienne et réfléchir aux défis ecclésiaux et pastoraux qui s’y posent, avec un accent sur le sort des populations autochtones. 

L’un des droits que la communauté internationale doit veiller à faire mettre en œuvre est celui de la « liberté de pensée, de conscience et de religion », a poursuivi le cardinal Parolin, qui s’est désolé de la hausse du nombre d’attaques dirigées contre des fidèles de différentes confessions.  « Nous sommes reconnaissants aux appels de la communauté internationale à adopter diverses initiatives pour protéger églises, mosquées, synagogues, temples et autre sites religieux des attaques dirigées contre des croyants », a-t-il dit. 

Par ailleurs, le Saint-Siège, a-t-il poursuivi, a activement soutenu les consultations intergouvernementales et les négociations du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.  Le Forum d’examen des migrations internationales sera à cet égard crucial pour le suivi de la mise en œuvre du Pacte mondial, a estimé le cardinal Parolin, en encourageant tous les États, « indépendamment de leur position politique au sujet du Pacte mondial », à tirer parti de cette instance en vue de répondre aux défis émergents qui se posent en ce domaine. 

M. PHAM BINH MINH, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Viet Nam, a salué les succès des efforts de paix et les initiatives visant à régler des différends par le dialogue ainsi que les réalisations significatives en matière de développement, rappelant que des millions de personnes sont sorties de la pauvreté et que le pari de l’universalisation de l’éducation avait été gagné dans de nombreuses nations.  Des cadres et stratégies de développement durable ont été arrêtés collectivement, notamment le Programme 2030, l’Accord de Paris sur le climat et le Plan d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement, et pourtant, a poursuivi le Vice-Premier Ministre, le multilatéralisme est remis en cause. 

S’alarmant face à la tendance actuelle de faire passer des intérêts nationaux au-dessus des valeurs communes, de même que la raison du plus fort des grandes puissances, la compétition et la confrontation prennent le dessus sur le dialogue, la coopération et le respect du droit international, il a rappelé les conséquences que cela a déjà eu sur l’efficacité et l’efficience de la coopération multilatérale.  C’est d’autant plus grave, selon le Vice-Premier Ministre, qu’aucune nation n’est à l’abri de l’impact des changements climatiques et de la dégradation environnementale ou encore des pandémies.  Les zones de combat ne se confinent plus à l’intérieur de frontières, a-t-il aussi constaté, ajoutant que le régime international de contrôle des armes et de la non-prolifération est fragilisé et que, parallèlement, les développements scientifiques et technologiques ont apporté de nouvelles armes et méthodes de guerre.  Le Vice-Premier Ministre a ainsi mis en garde contre le risque d’une nouvelle guerre froide.

Pour sa part, le Viet Nam reste attaché au multilatéralisme dans sa politique étrangère compte tenu de sa propre histoire où l’aide des Nations Unies et d’autres organisations internationales a été significative pour la reconstruction du pays après des décennies de guerre.  Le Viet Nam est devenu un partenaire actif dans les processus multilatéraux, notamment en tant que membre de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et par ses contributions aux opérations de paix des Nations Unies.  Le pays est activement engagé dans la réalisation du Programme 2030 et de l’Accord de Paris, prenant par exemple des mesures concrètes pour interdire les plastiques à usage unique d’ici à 2025. 

Le Viet Nam « est honoré » d’avoir été élu au Conseil de sécurité des Nations Unies, a poursuivi le Vice-Premier Ministre qui a assuré vouloir œuvrer à cette occasion en faveur du multilatéralisme et du renforcement des Nations Unies.  À cet égard, il a proposé certaines idées, à commencer par une réaffirmation collective de l’importance fondamentale du droit international et de la Charte des Nations Unies dans les relations internationales.  Le droit international est, selon le Vice-Premier Ministre, le moyen le plus efficace pour éviter les conflits et pour trouver des solutions durables aux différends.  Dans la foulée, il a appelé à la levée immédiate de l’embargo unilatéral qui frappe Cuba et qui n’est pas conforme au droit international.  Il a également exhorté à respecter le droit international dans la mer de Chine méridionale, soulignant l’importance stratégique de cette mer pour la paix et la prospérité de la région Asie-Pacifique.

Pour le Viet Nam, les actions mondiales ne seront efficaces que si elles sont adaptées au contexte historique, socioéconomique, politique, culturel et géographique de chaque région et chaque pays.  Dès lors, le Vice-Premier Ministre e a insisté sur le rôle d’appui aux efforts de l’ONU que les organisations régionales pourraient jouer, en citant l’Union africaine et l’ASEAN dont le Vietnam va assumer la présidence en 2020.

Une autre recommandation du Viet Nam est de placer la personne au cœur des efforts multilatéraux.  Dans ce contexte, le Vice-Premier Ministre a dénoncé les attaques contre les civils et les infrastructures civiles et a soutenu la Déclaration sur la sécurité dans les écoles.  Enfin, il a plaidé pour une réforme des organismes internationaux pour qu’ils soient mieux adaptés aux intérêts des États Membres, et en particulier des pays en développement en Asie, Afrique et Amérique latine.  Tous les efforts visant à revitaliser le multilatéralisme exigent un engagement politique des leaders politiques du monde, a conclu le Vice-Premier Ministre.

M. PRAK SOKHONN, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Cambodge, a remarqué que la fin du système bipolaire avait donné naissance à un nouvel ordre suivi par l’émergence de nouvelles puissances économiques.  Ces changements ont donné lieu à une nouvelle réalité: un monde multipolaire.  Cette multipolarité, bien qu’indéniable, fait face à des poches de résistance et parfois même à un rejet, a-t-il relevé.  Le Vice-Premier Ministre a observé que, sous le prétexte de l’universalité, certaines puissances tentent d’imposer leur modèle de société et de gouvernance poussant vers une nouvelle forme de division « qui nous rappelle les pires moments de la période de la guerre froide ».  Aujourd’hui, certains pays sont étiquetés en tant qu’ennemis car refusant de prendre parti, d’autres subissent la pression de s’aligner derrière une idéologie sur la base d’un monde basé sur le « nous et eux », a-t-il encore constaté avant de souligner aussi que des traités sont dénoncés de manière unilatérale. 

« En un mot, le monde est aujourd’hui plein d’incertitudes », a-t-il résumé, détaillant pêle-mêle les multiples défis qui pèsent sur la planète comme le terrorisme, les menaces à la sécurité, la pauvreté, les protectionnismes et les changements climatiques.  Nous sommes appelés à réfléchir aux moyens de galvaniser les efforts multilatéraux pour relever ces défis, a-t-il dit.  Cette approche nécessite, selon lui, de répondre à deux questions.  D’abord, comment assurer la paix, la sécurité et la stabilité du monde; deuxièmement comment remettre le multilatéralisme sur les rails et le rendre efficace.  Pour lui, les menaces croissantes à la sécurité mondiale et au futur de la planète sont des conséquences directes de la fragilité du multilatéralisme.

Il est impératif de renverser cette tendance, a-t-il dit, voyant dans l’ouverture un moyen de créer de nouvelles opportunités et de contrer la mentalité du « jeu à somme nulle ».  Créer un développement inclusif et commun passe par la promotion de dialogues et partenariats en lieu et place de la confrontation et de l’agression.

Une autre grave menace est liée à la pression subie par notre environnement ce qui constitue un sérieux défi à la réalisation des ODD, a poursuivi M. Sokhonn.  Le Cambodge, un des pays les plus vulnérables, poursuivra sa démarche pour traiter la question des changements climatiques et honorer ses obligations, a-t-il assuré, formant le vœu de voir traduite dans la réalité la solidarité internationale manifestée lors du Sommet Action Climat 2019. 

Il a, par la suite, évoqué brièvement les principaux développements que connaît son pays, parlant d’importants motifs de satisfaction mais aussi de sérieuses préoccupations.  Avec un taux de croissance annuel moyen de plus de 7% depuis plus de 20 ans, le Cambodge est classé par la Banque mondiale au sixième rang des pays à la croissance la plus rapide dans le monde.  Le pays a réalisé la plupart des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en avance sur son calendrier.  Son indice de développement humain a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, ce qui le place dans la catégorie du développement humain moyen et en fait le huitième pays le plus performant au monde au cours de cette période. 

Sur le plan international, le Cambodge, bénéficiaire des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, est devenu l’un des contributeurs les plus actifs avec plus de 6 300 Casques bleus déployés dans huit pays d’Afrique et du Moyen-Orient depuis 2006.  Pour finir, il a voulu partager avec l’assistance sa conviction que dans un monde multipolaire, le multilatéralisme ne peut réussir que s’il rejette toute forme d’ingérence.  En effet, a-t-il poursuivi, c’est dans le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, solennellement consacré par la Charte des Nations unies, que nous ferons vivre le multilatéralisme et que nous trouverons la voie de la paix, de la stabilité et du progrès.

M. WALID AL-MOUALEM, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la République arabe syrienne, a affirmé que le terrorisme demeure l’une des principales menaces à la paix et à la sécurité internationales et un danger « pour tous sans exception », « en dépit de nos réalisations extraordinaires en Syrie, grâce aux sacrifices et à l’héroïsme de l’armée arabe syrienne et au soutien de nos alliés et amis ».  Notre peuple a souffert pendant plus de huit ans du fléau du terrorisme, qui a « massacré des innocents », provoqué une crise humanitaire, détruit nos infrastructures, et « pillé notre pays », a martelé le chef de la diplomatie syrienne.  Selon lui, l’Histoire se souviendra « éternellement » de l’héroïsme des Syriens dans leur guerre contre le terrorisme, l’extrémisme et l’idéologie « de haine et de mort » répandus par l’État islamique, le Front el-Nosra et leurs soutiens.  Malheureusement, la lutte antiterroriste n’est pas une priorité pour certains États dont le silence face à la violence brutale qu’endurent mon pays et d’autres est « assourdissant », a déploré M. Al-Moualem.  Des dizaines de milliers de combattants terroristes étrangers ont été amenés en Syrie en provenance de plus d’une centaine de pays, avec la bénédiction et l’appui de certains États, a-t-il soutenu.  « Pire, ces mêmes États nous dénient le droit de défendre notre peuple contre les terroristes, qu’ils considèrent comme des "combattants de la liberté" ou l’"opposition armée syrienne", comme certains aiment à les appeler », a ironisé le Vice-Premier Ministre.

L’exemple le plus récent de cette situation se trouve à Edleb, qui concentrerait « le plus grand nombre de combattants terroristes étrangers dans le monde », d’après les rapports des organes subsidiaires du Conseil de sécurité.  « Le temps de parole dont je dispose aujourd’hui serait insuffisant à dresser la liste des crimes commis par ces terroristes », a-t-il assuré, en mentionnant toutefois les attaques à la roquette et au mortier contre des zones peuplées près d’Edleb et l’utilisation de civils comme boucliers humains, empêchant les populations concernées d’emprunter le couloir humanitaire d’Abu Dohour ouvert par le Gouvernement syrien.  « Vos propres gouvernements resteraient-ils impassibles s’ils étaient face à une situation similaire?  Renonceriez-vous à votre droit à défendre votre peuple et à libérer votre pays des terroristes et des étrangers? » a-t-il lancé à l’adresse des délégations.  Tout en affirmant que son gouvernement est favorable à diverses initiatives politiques visant à résoudre la situation à Edleb, le Vice-Premier Ministre a reproché à la Turquie d’avoir échoué à honorer ses engagements en vertu de l’accord de Sotchi et l’a accusée de protéger, « avec le soutien de certains États occidentaux », le Front el-Nosra, la même organisation que les résolutions du Conseil de sécurité désignent comme terroriste! s’est-il exclamé.

M. Al-Moualem s’en est pris aux États-Unis et à la Turquie, accusés de maintenir une présence militaire illégale dans le nord de la Syrie.  « Ils ont été tellement arrogants qu’ils ont tenu des discussions et conclu des accords sur la création d’une prétendue zone sûre en Syrie, comme s’il s’agissait de leurs territoires », a-t-il vitupéré.  Les « manœuvres politiques » d’Ankara, qu’il s’agisse d’Edleb ou du nord de la Syrie, sont de nature à remettre en cause toutes les réalisations obtenues à Astana, selon le Vice-Premier Ministre.  « Si la Turquie est réellement déterminée à garantir la sécurité de ses frontières et l’unité de la Syrie, comme elle le prétend, elle doit alors choisir entre respecter les accords d’Astana et les accords bilatéraux relatifs à la lutte antiterroriste en retirant ses forces de Syrie, ou être agresseur et occupant, et faire face aux conséquences de ses actes », a mis en garde le chef de la diplomatie syrienne.  Il a ensuite assuré l’Assemblée générale que son gouvernement était vigoureusement engagé en faveur de la formation d’un comité constitutionnel, affirmant que la paternité de cette idée revenait à la Syrie elle-même.  Il a rejeté les tentatives d’obstruction de certaines parties qui auraient continuellement bloqué ou tenté de bloquer le processus en « pariant » sur les terroristes et les forces étrangères et en imposant des conditions préalables pour empêcher le retour à la normale en Syrie.  Par ailleurs, alors que Damas a dit clairement que les portes sont ouvertes aux réfugiés syriens qui souhaitent rentrer dans leur pays, certains États d’accueil de ces réfugiés et nations occidentales continuent de s’opposer à de tels rapatriements, en imposant selon le Vice-Premier Ministre des « conditions artificielles » au service de leurs « intérêts politiques ».  Pour M. Al-Moualem, c’est « une pure réminiscence du théâtre de l’absurde », qui ne « prête pourtant pas à rire ».

M. MINUTE ALAPATI TAUPO, Vice-Premier Ministre des Tuvalu, a commencé par présenter ses condoléances au Gouvernement et au peule des Bahamas pour les pertes en vies humaines et les ravages causés par l’ouragan Dorian.  L’ampleur des dégâts dans ce pays et lors des catastrophes naturelles qui se produisent à travers le monde est une preuve évidente que « nous sommes en train de perdre la course » pour sauver notre planète et les générations futures, a-t-il estimé.  Il a, dans ce contexte, salué le Secrétaire général de l’ONU, qui s’est rendu aux Tuvalu en mai dernier et a ainsi été témoin de l’extrême vulnérabilité du pays aux changements climatiques. 

M. Taupo s’est aussi félicité de la priorité accordée par le Secrétaire général au multilatéralisme, à l’éradication de la pauvreté, à la qualité de l’éducation et à l’action climatique, ainsi que de la thématique de la présente session de l’Assemblée générale.  Il a mentionné à cet égard la stratégie nationale de développement durable des Tuvalu, intitulée « Te Kakeega III ».  De même, les objectifs fixés sur le plan régional par l’Assemblée générale épousent exactement la vision des dirigeants de notre « continent bleu pacifique » exprimée lors de leur réunion aux Tuvalu, le mois dernier, a-t-il noté.  De fait, les résultats du Sommet, le Communiqué du Forum des dirigeant du Pacifique et la Déclaration sur les actions urgentes en matière climatique « Kainaki II », s’alignent parfaitement sur ces objectifs.  Cependant, force est de constater que l’impact négatif des changements climatiques continue d’entraver notre développement, a tempéré le Vice-Premier Ministre en rappelant que le cyclone Pam en 2014 a anéanti de 60% du PIB des Tuvalu, alors qu’en 2011, le pays avait déjà connu la pire sécheresse de son histoire.  Ce sont là quelques exemples des nombreuses catastrophes qui frappent régulièrement les Tuvalu et vont au-delà des ressources et capacités des économies de nos petits États insulaires, a fait observer M. Taupo. 

Les Tuvalu, dont le territoire est situé à moins de trois mètres du niveau de la mer, sont en première ligne des effets des changements climatiques, a-t-il poursuivi.  Il a expliqué que l’élévation du niveau de la mer représente une menace existentielle directe pour son pays.  Il a cité un rapport de l’ONU publié mercredi dernier qui prédit une augmentation du niveau de la mer de 30 à 60 cm d’ici à 2100 même si les États intensifient la réduction des émissions de gaz à effet de serre et que le réchauffement climatique est limité à moins de 2 degrés Celsius.  Un milliard de personnes sont directement menacées, a rappelé M. Taupo en s’alarmant que, selon ce même rapport, « les petits États insulaires seront submergés et inhabitables ».  M. Taupo, qui a applaudi la détermination des jeunes dans le domaine de l’action climatique, a appelé à les écouter et à appuyer leurs efforts. 

La science est très claire sur les faits et l’évidence est tout aussi claire, s’est exclamé le Vice-Premier Ministre.  Pour sauver les PEID et notre planète, il a rappelé qu’il fallait réduire le réchauffement climatique à moins de 1,5 degré Celsius.  Il a voulu exprimer, à cet égard, son appréciation aux pays qui ont affiché leur engagement à atteindre l’objectif « zéro émission » d’ici à 2050 et qui ont accru leurs contributions au Fonds vert pour le climat.

S’il a consacré toute son attention à la problématique des changements climatiques dans son intervention, c’est, a-t-il expliqué, parce qu’au-delà d’être une simple question d’ordre environnemental, c’est une question économique, sociale culturelle et des droits de l’homme: « Notre survie et futur en dépendent! ».

M. CHINGIZ AIDARBEKOV, Ministre des affaires étrangères du Kirghizistan, a rappelé qu’en 2010 un nouveau système politique avait été mis sur les rails au Kirghizistan dont le gage du succès a été les élections présidentielles de 2017, qui ont permis un transfert du pouvoir pacifique.  Une société civile forte, un équilibre des pouvoirs et un pluralisme des opinions ont permis des réformes et une lutte « sans compromis » contre la corruption, a affirmé le Ministre.  Les événements d’août dernier au Kirghizistan ont pu être maîtrisés et la situation n’a pas dégénéré, a-t-il aussi rappelé en expliquant qu’au cœur des réformes en cours se trouvent la volonté de renforcer la responsabilisation et la transparence, ainsi que « l’humanisation » du code pénal.

Dans le cadre de la mise en œuvre des ODD, le Kirghizistan a commencé à régler de nombreux problèmes socioéconomiques grâce à des programmes nationaux dans les domaines de l’éducation et de la santé, avec des investissements dans ses infrastructures et les énergies nouvelles ainsi que dans la transformation numérique du pays.  Cela commence dans les jardins d’enfants et va jusqu’aux universités et aux services étatiques, a expliqué le Ministre en annonçant que 96% des écoles du pays sont maintenant reliées à Internet.  Un programme de construction et de réhabilitation des couloirs de transport nationaux et régionaux a également été lancé, ainsi qu’un nouveau modèle de coopération entre l’État et les entrepreneurs notamment à travers des moratoires fiscaux pour ceux qui investissent dans certaines régions.  La nouvelle politique étrangère dans le secteur des énergies, entérinée en 2019, met l’accent sur la coopération avec les Nations Unies et la réalisation des ODD, a poursuivi le Ministre.  Il en a voulu pour preuve la demande du Kirghizistan de présenter en 2020 à l’ECOSOC son examen national volontaire du Programme 2030.

Le Ministre a par ailleurs mis en garde contre la fonte des glaces dans la région du Kirghizistan, avant de rappeler avoir été à l’origine de l’Année internationale des montagnes.  Il a également mis en exergue la nouvelle résolution qui porte sur la lutte contre la menace des radiations en Asie centrale.  Le 27 septembre dernier, le Kirghizistan a d’ailleurs organisé une manifestation de haut niveau consacrée à la lutte contre la menace liée à l’extraction d’uranium dans la région d’Asie centrale.

En parallèle, il subsiste de nombreux problèmes qui, pour être réglés, nécessitent la participation des pays de la région.  À ce titre, le Ministre a cité la délimitation des frontières étatiques en réaffirmant l’attachement du Kirghizistan aux relations de bon voisinage.  À l’heure actuelle, les pays de la région d’Asie centrale doivent également baisser leurs barrières économiques et travailler ensemble à la gestion durable des ressources en eau, a-t-il dit.  C’est dans cet esprit que le Kirghizistan propose l’élaboration de mécanismes de coopération dans les domaines de l’eau et de l’énergie au niveau de la région.  Le Ministre a estimé que, dans le contexte des ODD, il faut mettre l’accent sur les énergies propres.  Le projet Casa 1000 est consacré à cela, a-t-il indiqué.  Il a également souligné le problème d’accès à l’eau potable pour les habitants du Kirghizistan, surtout dans les zones rurales où 40% de la population n’y a toujours pas encore accès.  Le Kirghizistan compte sur l’appui de la communauté internationale dans ce domaine, a-t-il dit.

Abordant les questions du terrorisme, de l’extrémisme et du trafic des stupéfiants, le Ministre a martelé que seule une approche collective pourra en venir à bout à travers une coopération efficace.  Enfin, il a souligné la volonté de son pays à soutenir la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, et a estimé que le rôle des Nations Unies devait être renforcé.  En conclusion, il a plaidé la cause du Kirghizistan qui a présenté sa candidature au Conseil de sécurité pour la période 2027-2028.

M. BRUNO EDUARDO RODRÍGUEZ PARRILLA, Ministre des affaires étrangères de Cuba, a dénoncé la série de mesures qu’aurait lancées ces derniers mois le Gouvernement des États-Unis pour empêcher Cuba de s’approvisionner en combustibles et en carburant.  La stratégie de l’impérialisme américain reste en vigueur, s’appuyant sur la loi « illégale » de Helms Burtin pour provoquer la chute du Gouvernement cubain légitime, a-t-il affirmé.  Selon lui, Washington consacre chaque année des dizaines de millions de dollars à la « subversion politique » et, pas plus tard que jeudi dernier, le Département d’État américain a annoncé que le « Premier Secrétaire du parti communiste de Cuba », le général Raúl Castro Ruz, ne se verrait pas accorder de visa pour se rendre aux États-Unis.  En outre, tout récemment, le Président américain Donald Trump a déclaré que Cuba était responsale de l’échec du plan visant à renverser le Gouvernement bolivarien au Venezuela. 

Il y a quelques jours, les États-Unis et une poignée de pays ont décidé de réactiver le Traité interaméricain d’assistance mutuelle (TIAR) qui envisage l’usage de la force militaire, a poursuivi M. Rodríguez Parrilla.  Une décision absurde qui risque, selon lui, de compromettre la paix et la sécurité régionales, et qui constitue, à travers une « astuce » juridique, une tentative d’interférer dans les affaires internes du Venezuela.  Dans la même veine et dans un calcul purement électoraliste, le Président américain a ici même défendu le maccarthysme, promouvant l’intolérance contre ceux qui aspirent à vivre dans la paix, l’harmonie et un environnement solidaire, selon le Ministre cubain.  Le Ministre a aussi accusé le Gouvernement américain de mener une politique de persécution contre des dirigeants politiques et des mouvements sociaux et populaires à travers des campagnes en règle « politiquement motivées ».  L’ancien Président brésilien, Luis Inácio Lula da Silva, dont il demande la libération, en a fait les frais, a-t-il dit. 

De même, il a rejeté les tentatives de déstabilisation de Washington à l’encontre du Gouvernement du Nicaragua et exprimé sa solidarité avec les nations des Caraïbes avant de réitérer l’engagement de Cuba en faveur de l’autodétermination et de l’indépendance du « peuple frère » de Puerto Rico, ainsi que la revendication légitime de la souveraineté de l’Argentine sur les îles Malvinas, la Géorgie du Sud et les Îles Sandwich du Sud.  Passant à d’autres régions du monde, il a réitéré son soutien à une paix globale, juste et durable au conflit israélo-palestinien ainsi que son inébranlable solidarité avec le peuple sahraoui et son soutien à une solution à cette question pour que ce peuple puisse exercer son droit à l’autodétermination et vivre en paix sur son propre territoire. 

Sur un autre registre, il a dit soutenir et admirer la marche à New York des étudiants et leur appel en faveur du climat.  Il a également encouragé à trouver des solutions pour l’Amazonie à travers une coopération de tous, sans exclusion ni politisation et dans le plein respect de la souveraineté des États.  Enfin, il a dénoncé l’instrumentalisation des droits de l’homme et leur usage sélectif dans le cadre de la politique des deux poids, deux mesures, soulignant que Cuba demeurera engagée à la réalisation des droits de toutes les personnes et peuples.  À ceux qui tenteraient de porter atteinte à la révolution cubaine ou qui espèrent une trahison de la part des nouvelles générations, il a dit qu’il opposerait la devise chère à Fidel Castro: « La patrie ou la mort! »

M. NICOLA RENZI, Ministre des affaires étrangères et politiques, faisant fonction de Premier Ministre de Saint-Marin, a salué le thème choisi pour cette session de l’Assemblée générale en faisant remarquer la relation entre le multilatéralisme, c’est-à-dire l’orientation vers des politiques communes et coordonnées, et les problèmes mondiaux dont l’ampleur dépasse la capacité de chaque État pris individuellement, même le plus puissant ou le plus avancé technologiquement.  Il a fait remarquer que préserver les valeurs du multilatéralisme et de la coopération internationale est d’une importance fondamentale pour promouvoir et soutenir les objectifs de paix et de sécurité, de développement et de droits de l’homme.  Saint-Marin, a-t-il dit, juge essentiel de réaffirmer toujours plus l’engagement collectif envers le multilatéralisme, en particulier dans le cadre de l’Assemblée générale qui est l’organe le plus représentatif des Nations Unies.  Le multilatéralisme ne peut pas être une simple déclaration commune d’intentions, a dit le Ministre, mais il doit se traduire par des actions concrètes pour améliorer la vie des personnes et ne laisser personne sur le bord de la route.

Passant à la question du développement durable, le Ministre a salué les progrès déjà accomplis pour mettre en œuvre le Programme 2030 en mentionnant que son pays s’était récemment joint au UN SDG 25+5 Cities Project, géré par la fondation « United Nations Global Sustainability Index Institute » en collaboration avec l’UNOPS – le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets.  M. Renzi a cependant exprimé son inquiétude quant aux problèmes qui sont encore loin d’être résolus dans le monde, comme la faim et la malnutrition, les émissions de gaz à effet de serre, les pertes en biodiversité, ou encore le manque de financement du développement.  Il a salué la tenue du Sommet Action Climat à l’ONU cette semaine et les initiatives ambitieuses proposées à cette occasion.  Saint-Marin, a-t-il signalé, a renforcé son engagement envers un environnement durable, notamment dans le secteur de l’énergie renouvelable, devenant ainsi un des pays au monde qui utilisent le plus l’énergie photovoltaïque.  Le Ministre a ensuite souligné le lien évident entre le climat et le Programme 2030.

M. Renzi a poursuivi son intervention en plaidant pour l’éradication de la pauvreté et pour la protection des enfants et des jeunes gens, signalant par exemple que Saint-Marin est l’un des pays qui appuient la Déclaration sur la sécurité dans les écoles.  Concernant la cause des femmes, le Ministre a notamment recommandé de promouvoir l’égalité dans le secteur de l’éducation, notamment dans l’enseignement de la science.  Autre catégorie de personnes à protéger et à promouvoir, les personnes handicapées: ces citoyens doivent pouvoir participer pleinement à la vie sociale, économique et culturelle, a dit le Ministre qui a appelé à mettre en œuvre la Convention sur les droits des personnes handicapées.

La réforme de l’ONU a également été abordée par le Ministre qui a souhaité atteindre un accord reflétant les intérêts et positions de tous.  Il a soutenu l’idée de rendre le Conseil de sécurité plus démocratique, transparent et effectif.  Pour que cet organe n’échoue pas dans son mandat mais au contraire puisse agir rapidement, il a dit adhérer au Code de conduite du groupe ACT (Groupe Responsabilité, cohérence et transparence) qui prône la non-utilisation du droit de veto en cas de crimes de génocide, contre l’humanité et de guerre, ainsi qu’à la proposition franco-mexicaine de suspendre volontairement le veto par un membre permanent du Conseil.  Enfin le Ministre a dit soutenir le Pacte mondial pour des migrations sûres, régulières et ordonnées adopté en décembre dernier au Maroc. 

« La crise climatique est la question déterminante de notre époque », a déclaré Mme ANN CHRISTIN LINDE, Ministre des affaires étrangères de la Suède.  Des millions de jeunes manifestent et demandent une action urgente.  « Nous ne pouvons pas les décevoir. »  D’après les données scientifiques disponibles, a-t-elle rappelé, si la communauté internationale ne parvient pas à maintenir la montée de la température planétaire en dessous de 1,5 degré Celsius d’ici à 2030, les conséquences pour l’humanité seront « dévastatrices ».  La haute responsable a, par conséquent, appelé à définir des politiques publiques nationales « sur le long terme » pour infléchir le cours des émissions de gaz à effet de serre, à l’image du « cadre climatique contraignant » dont s’est dotée l’Union européenne (UE). 

En Suède, l’adoption d’une loi sur le climat et la poursuite de l’objectif de neutralité carbone ont adressé « un signal clair » à la population, a-t-elle estimé, soulignant toutefois que son pays ne voulait pas s’arrêter là.  « Notre objectif est d’être le premier État-providence au monde sans énergie fossile », a-t-elle déclaré, avant de citer une initiative lancée en début de semaine par son pays, en collaboration avec l’Inde et le Forum économique mondial, pour mettre en œuvre les objectifs de l’Accord de Paris.  Dans cette perspective, la haute responsable a également mentionné la nécessité de bénéficier de l’appui du monde de la finance et du secteur privé, afin d’engendrer des investissements nécessaires dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et « l’agriculture sensible au climat ».  Elle s’est en outre enorgueillie du fait que son pays soit le premier contributeur au Fonds vert pour le climat.

S’agissant de la défense des droits de l’homme, Mme Linde a assuré que la Suède continuera d’être « une voix forte » pour la communauté LGBT.  L’année prochaine, a-t-elle annoncé, elle accueillera un forum international pour la mémoire de l’Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme.  Elle a en outre salué la politique féministe de son pays, à l’intérieur comme à l’extérieur.  L’opposition croissante aux droits des femmes et des filles « doit cesser », a-t-elle lancé.  « Chaque femme et chaque fille devraient avoir le droit de prendre leurs propres décisions concernant leur corps et leur vie. »  La santé et les droits en matière de sexualité et de procréation sont des droits de l’homme fondamentaux, a insisté Mme Linde, y compris le droit à un avortement sécurisé et légal.

Dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, Mme Linde a indiqué que la Suède continuera de consacrer 1% de son revenu national brut à l’aide publique au développement, dont plus de 50% est acheminée via le système multilatéral.  Elle a rappelé que le libre-échange est un moteur puissant de la croissance, et que celle-ci doit être durable et inclusive, avec un travail décent pour tous.

Cette semaine, a rapporté l’orateur, la Suède a coorganisé une réunion avec les principaux partenaires à l’appui de la paix au Yémen, sur la base de l’Accord de Stockholm.  Le droit international doit être respecté, a-t-elle souligné, qu’il s’agisse également du conflit israélo-palestinien ou de la situation en Ukraine.  En juin dernier, la Suède a lancé une initiative de désarmement nucléaire avec 15 pays dans diverses régions, afin de recueillir l’appui politique nécessaire au succès de la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en 2020. 

Selon M. MARCELO EBRARD CASAUBÓN, Secrétaire aux relations extérieures du Mexique, son pays vit depuis moins d’un an sa « quatrième transformation » depuis son indépendance, mais cette fois une transformation démocratique et pacifique par la voie des urnes.  Cette transformation vise à débarrasser une bonne fois pour toutes la vie politique mexicaine de la corruption, à séparer les pouvoirs politiques et économiques et surtout à réconcilier les communautés déchirées et à redonner espoir et dignité à des dizaines de millions de Mexicains, aux plus pauvres, aux jeunes et aux classes moyennes, aux valeureux entrepreneurs, aux personnes âgées démunies, aux paysans, aux invisibles, aux marginalisés et aux exclus de « décennies de néolibéralisme atroce », en réduisant les inégalités.

Alors même que le Mexique est célébré pour son immense culture, il a été associé pendant des années à la corruption, alimentée par une impunité et une législation laxiste, a regretté M. Ebrard Casaubón.  Aussi, « avec le Président López Obrador, nous allons nettoyer la maison une bonne fois pour toutes, a-t-il insisté, pour ne plus jamais avoir honte de notre pays ».  Cette transformation en cours s’effectue main dans la main avec le secteur privé pour faire du Mexique une puissance industrielle et manufacturière.  Mais cette fois, dans le but d’assurer le bien-être de la population et à son profit, en contrant l’idée que seuls des bas salaires garantiraient la compétitivité: ainsi, les salaires ont été augmentés de 16% en même temps que l’inflation était ramenée à 3% par an.

Dans ses relations avec le reste du monde, le Mexique mise avant tout sur la dimension humaine et sur un multilatéralisme efficace, a poursuivi M. Ebrard Casaubón.  Ces dernières années, le pays et le sous-continent ont connu une vague de déplacements transfrontaliers sans précédent de population cherchant un moyen de survie, un emploi, la sécurité, ce qui a généré une série de défis pour les sociétés et les gouvernements concernés.  Des centaines de milliers de personnes –1,3 million- d’Amérique centrale ont abandonné leur communauté d’origine pour se lancer vers le Nord.  Des hommes jeunes, des familles entières, des femmes seules et des mineurs non accompagnés ont pris les routes de l’exode, fuyant violence et pauvreté, toutes deux exacerbées par les effets des changements climatiques et l’effondrement des prix du café.  Comment empêcher que ceci se reproduise?

Lors de la conférence de Marrakech sur la question des migrations, la communauté internationale a décidé de cesser de criminaliser les migrants et de donner la priorité à une perspective humanitaire, s’est réjoui l’orateur en rappelant que son pays s’était prononcé en faveur de migrations sûres, ordonnées et régulières, respectueuses à la fois de la souveraineté et des législations des États, et des droits des personnes migrantes.  C’est cette vision qui dicte sa politique migratoire.  Alors qu’une immense diaspora mexicaine vit aux États-Unis, que des millions de Mexicains et leurs descendants contribuent à la prospérité de ce pays, l’un des objectifs de notre politique extérieure est que soient reconnus leur apport, leur contribution et leurs droits, a-t-il insisté.

Nous savons que la plupart des migrants préféreraient ne pas avoir à quitter leur communauté, que la seule solution sera d’augmenter les opportunités qui leur sont offertes à domicile; pour cette raison, le Mexique a lancé le plan de développement intégral qui bénéficie de l’appui de 18 agences des Nations Unies et déjà 35 gouvernements se sont dits prêts à se joindre à cette initiative pour promouvoir le développement du Honduras, du Guatemala et d’El Salvador.  Le Mexique contribuera à hauteur de 100 millions de dollars en faveur de l’emploi des jeunes et de la reforestation, a ajouté le représentant en précisant aussi que le pays a accru son soutien aux personnes migrantes sur son sol, multipliant par 3 les ressources allouées au cours de l’année écoulée.  Le Mexique a régularisé ceux qui souhaitent rester sur son sol en leur garantissant l’éducation, la santé et l’emploi.  Mais le Mexique ne peut à lui seul affronter le défi migratoire sur le continent: aucun mur ni aucune loi ne pourront dissuader des gens d’abandonner leur foyer, s’ils ont peur ou faim, a relevé M. Ebrard, qui a ensuite dénoncé les effets dévastateurs de la mondialisation axée sur un profit maximal, qui nuisent à la dimension humaine. 

Ces effets ont accru les disparités et l’exclusion, provoquant par ricochet davantage de racisme, de xénophobie, de nationalismes agressifs et de haine, a-t-il déploré.  La violence extrémiste inspirée par les suprémacistes blancs –« une forme de terrorisme », a-t-il souligné- est chaque fois plus sanguinaire, d’Oslo et Utøya à Christchurch… Pour ces raisons, le Mexique appuie de toutes ses forces le Plan d’action du Secrétaire général pour combattre les discours de haine et les prévenir.  À son niveau, il compte promouvoir trois priorités, a-t-il détaillé: le respect entre les nations et la coexistence pacifique; l’utilisation de la technologie pour détecter et démanteler les réseaux de recrutement en ligne de la jeunesse et l’éducation des jeunes à la tolérance; les mesures pour empêcher que les extrémistes de toute nature puissent accéder aux armes et autres moyens de destruction.  Le Mexique ne combattra pas la haine par davantage de haine, mais en promouvant la dignité des personnes, leurs droits au développement et la cohabitation avec les autres cultures, a-t-il dit en conclusion.

L’année 2019 a été marquée par une avancée significative dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD), a relevé d’emblée Mme UNITY DOW, Ministre des affaires internationales et de la coopération du Botswana, notant que de nombreux pays se sont livrés à l’exercice de l’examen national volontaire, comme l’a fait en 2017 le Botswana.  Mme Dow voit dans ce processus, qu’elle encourage à poursuivre, un mécanisme d’évaluation des progrès sur le chemin de la réalisation des ODD.  Le Botswana qui, comme beaucoup de pays, fait face à de nombreux défis, tels que la pauvreté, les inégalités économiques et sociales, le chômage des jeunes, les changements climatiques, a mis en œuvre divers politiques et programmes dans ce sens, a indiqué la Ministre. 

Cependant, elle a noté que les gouvernements à eux seuls avec les fonds limités qui sont les leurs ne disposent pas des ressources nécessaires pour mettre en œuvre leurs engagements.  Dès lors, le rôle de partenariats public/privé est crucial dans la mobilisation de ressources pour accélérer la réalisation des ODD.  Elle a encouragé, en outre, à travailler ensemble pour créer un environnement mondial favorable à la participation de tous dans un système mondial juste et réglementé. 

C’est convaincu que l’éducation est la voie pour autonomiser les citoyens que son pays a investi des moyens considérables dans ce secteur avec des résultats d’ores et déjà palpables, y compris en matière de promotion de la parité des sexes.  Mais malgré ces résultats positifs, le Botswana est encore en butte à l’introduction des technologies innovantes dans le système éducatif, une faiblesse du ratio enseignant/élèves, et l’environnement éducatif à améliorer.  Cela est d’autant plus important pour son pays qui aspire à édifier une économie basée sur le savoir pour engranger les dividendes de la quatrième révolution industrielle.

Dans son discours, la Ministre a traité longuement des changements climatiques, une problématique cruciale pour son pays où 2019 a été déclarée « année de la sécheresse ».  Pour marquer la gravité de la situation climatique, elle a rappelé la catastrophe naturelle qui a touché les pays voisins.  Le Mozambique, le Malawi et le Zimbabwe ont durement été frappés par le cyclone Idai occasionnant des dégâts humains et matériels considérables.  Ces catastrophes naturelles soulignent l’urgence d’adopter des mesures adaptées et de mettre en place des systèmes de réponse robustes pour soutenir collectivement les pays affectés.  Pleinement engagé dans la mise œuvre de l’Accord de Paris, le Botswana est déterminé à réduire de 15% d’ici à 2030 les émissions de gaz à effet de serre.  C’est pourquoi, la Ministre a appelé à une action mondiale concertée pour soutenir les efforts des pays à travers les moyens technologiques, financiers et des mesures de confiance. 

Un autre défi posé à son pays et à la sous-région est lié à la vie sauvage, notamment l’accroissement exponentiel de la population d’éléphants qui excède les capacités de leur habitat naturel.  Les éléphants sont devenus un danger non seulement pour la vie humaine et les propriétés, mais également pour eux-mêmes car ils détruisent leur propre habitat naturel, a-t-elle expliqué en disant que le Botswana et sa sous-région travaillent sans relâche pour trouver des solutions durables à cette question.  Pour vivre en harmonie avec la nature et garantir un développement durable, les États doivent pouvoir mettre en œuvre des plans de gestion pragmatiques des ressources naturelles à même de contribuer à leur programme de développement, a-t-elle ajouté en regrettant que cette approche ne soit pas admise dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) concernant la vente des stocks d’ivoire.  L’objectif fondamental de la Convention est justement de réguler et faciliter le commerce international, a-t-elle martelé. 

Dans la même veine, elle a indiqué que les ressources naturelles sont, dans de nombreux cas, une source de conflit, encourageant au contraire à y voir une clef pour le développement.  C’est pourquoi, en tant que leader dans les mines de diamants, le Botswana soutient fermement le Processus de Kimberley, mécanisme chargé d’endiguer les conflits et de promouvoir le commerce légitime du diamant, qu’il présidera en 2021.  Pour finir, elle a réaffirmé la foi de son pays dans le système multilatéral et en une ONU forte, efficace, représentative et harmonieuse. 

Mme NALEDI PANDOR, Ministre des relations internationales et de la coopération de l’Afrique du Sud, a réaffirmé l’attachement de son pays au multilatéralisme et aux Nations Unies, en cette vingt-cinquième année anniversaire de la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud.  « L’un des principaux obstacles à la construction d’un monde sans pauvreté et dépourvu d’inégalité est l’intolérance », a estimé Mme Pandor.  À ses yeux, cela comprend aussi bien l’intolérance envers les autres nations, que celle envers les femmes, les hommes, les enfants et l’environnement naturel.

Notre pays n’a pas été épargné par l’intolérance et les divisions, a poursuivi Mme Pandor, jugeant « regrettables » et « honteux » les incidents violents et les pillages survenus récemment dans les provinces de Gauteng et du KwaZulu-Natal.  La Ministre a assuré que son gouvernement travaillait d’arrache-pied pour s’attaquer aux racines de l’intolérance à l’origine de ces violences.  « Nous nous ingénions à combattre le crime et l’anarchie et à faire en sorte que les criminels arrêtés répondent pleinement de leurs actes devant la justice », a-t-elle insisté, ajoutant que son gouvernement était également attaché à combler les lacunes actuelles de la politique migratoire du pays, afin de réduire le nombre de migrants en situation illégale sur le territoire sudafricain, tout en luttant, en parallèle, contre la xénophobie et le racisme.

En cette première année de la « Décennie Nelson Mandela pour la paix », la Ministre a en outre appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts en faveur de la paix et de la sécurité.  Cela suppose, a-t-elle ajouté, de s’attaquer aux racines de la pauvreté, notamment en réformant les structures de l’économie globale, qui continue selon elle à perpétuer les divisions entre pays du Nord et pays du Sud.  « La majorité des populations du monde n’a pas profité de la mondialisation », a-t-elle en effet déploré. 

En tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, Mme Pandor a indiqué que l’Afrique du Sud utilisait son mandat pour œuvrer au renforcement des relations entre l’ONU et les organisations régionales, notamment l’Union africaine (UA), ainsi que pour promouvoir une plus grande implication des femmes dans le maintien et la consolidation de la paix.  Malheureusement, a-t-elle regretté, les femmes demeurent largement exclues des processus de paix, y compris lors des négociations d’accords de paix. 

La Ministre a en outre estimé que l’ONU continuait de fonctionner sur la base de structures « non démocratiques et anachroniques », comme en témoigne selon elle le fait que les décisions concernant la paix et la sécurité soient toujours l’apanage de cinq pays seulement.  « Les 20 dernières années de discussion sur la réforme du Conseil n’ont abouti à rien », a-t-elle regretté, appelant à « enfin » créer au moins deux sièges de membre permanent et cinq sièges de membre non permanent pour l’Afrique au sein du Conseil.  Mme Pandor a ainsi appelé à relancer le processus de négociations intergouvernementales sur la réforme, en entamant des discussions à partir d’un texte.

À l’heure où le continent africain s’engage dans la quatrième révolution industrielle, centrée sur les technologies numériques, la Ministre a jugé essentiel de lutter davantage contre les flux financiers illicites, qui privent les États de ressources dont leurs économies pourraient bénéficier.  M. Pandor a ainsi proposé la création d’un « cadre intergouvernemental doté d’un mandat politique universel » qui serait notamment chargé d’accélérer le retour des capitaux nationaux.

La Ministre a en outre appelé à accélérer le désarmement nucléaire, qui connaît selon elle des progrès insuffisants compte tenu de l’ampleur de la menace.  Quant au conflit israélo-palestinien, la haute responsable a appelé à relancer le processus politique censé aboutir à la solution des deux États.  Pendant plus de 70 ans, le peuple palestinien a vécu sous l’occupation, a-t-elle déploré, rappelant que cette dernière s’était encore aggravée l’an dernier.  « Nous avons honte! » a-t-elle dit.  La Ministre a en outre appelé l’ONU à demeurer saisie de la question du Sahara occidental, au profit des aspirations des peuples d’Afrique à vivre dans la « coexistence pacifique », au sein d’un continent intégré.  Enfin, M. Pandor a exprimé sa solidarité envers Cuba et a condamné les sanctions unilatérales dont le pays continue de faire l’objet. 

M. C. PETER DAVID, Ministre des affaires étrangères et du travail de la Grenade, a rappelé que la raison d’être des Nations Unies est de résoudre les grands problèmes du monde à travers le multilatéralisme: aujourd’hui, nous sommes surtout confrontés à des défis de pauvreté, d’éducation et de changements climatiques qui ne sauraient être résolus isolément par les seuls États, a-t-il relevé.  Les efforts doivent donc être collectifs, ciblés et stratégiques pour progresser. 

En tant que petit État insulaire, la Grenade doit gérer son développement dans un contexte particulier, gouverné par la nature: les changements climatiques exacerbent les conséquences et la fréquence des catastrophes naturelles qui posent une menace réellement existentielle, de façon quasi quotidienne, à l’État, comme viennent de le vivre le Gouvernement et le peuple des Bahamas avec l’ouragan Dorian, auxquels il a adressé sa profonde solidarité.  Un tel ouragan rappelle que le PIB des PEID peut être anéanti en quelques heures et ceci doit servir de leçon: l’adaptation requiert des investissements publics massifs pour reconstruire les infrastructures et construire des bâtiments capables de protéger les vies.  Avec les changements climatiques et un accès limité aux modes de financement, les défis du climat vont encore s’intensifier, a prédit le Ministre.  D’où la détermination de la Grenade à mener des politiques et des stratégies pour en atténuer les effets.

Le pays est donc fermement engagé en faveur du multilatéralisme, sur la base d’une approche inclusive qui prenne en compte les besoins de tous les pays et puisse répondre aux défis des changements climatiques et de l’élimination de la pauvreté.  La relation entre les deux phénomènes –climat et pauvreté- est clairement établie, avec les impacts les plus négatifs sur les plus vulnérables, qui en sont pourtant les moins responsables, a rappelé M. David.  Dans ce contexte, la Grenade a adopté un certain nombre de plans et de programmes.  Son économie demeure saine, avec une croissance de 5,2% en 2018 et au moins autant escompté cette année, conséquence des efforts collectifs du Gouvernement et de ses partenaires sociaux.  Malgré des années difficiles, la dette a été ramenée à 59,5% du PIB contre 108% en 2013.  La décision de modifier la loi fiscale va nous aider à gérer et contrôler nos dépenses et à assurer notre viabilité économique, a encore expliqué M. David en se disant fier de ce qui a été réalisé même si beaucoup reste à faire pour sortir nombre de citoyens de la pauvreté.  Pour ce faire, le Gouvernement œuvre à améliorer la qualité de l’éducation, en particulier à travers la généralisation des nouvelles technologies et de l’innovation.  Il a mentionné notamment l’établissement de centres de formation à travers l’île pour resserrer les liens entre éducation et emploi. 

Mais alors qu’ils luttent pour instituer des sociétés durables, les PEID sont confrontés aux politiques et à la finance mondiales qui menacent leur région avec des mesures négatives les écartant régulièrement des grands circuits bancaires.  Ainsi, la décision unilatérale et prématurée de requalifier plusieurs PEID en « pays à revenu intermédiaire », sans tenir compte de leurs vulnérabilités spécifiques, a généré des crises budgétaires qui ont entravé le développement social et économique.  Le Ministre a donc appelé à reconsidérer les entraves à la croissance, comme le retrait du statut de correspondant bancaire aux États de la CARICOM.

Il a ensuite signalé le lancement du Plan national de développement durable pour 2035 qui doit conduire la Grenade à un développement à long terme sans précédent.  Ce plan, tel qu’il est conçu, « par le peuple pour le peuple », apporte une direction stratégique et des solutions locales pour améliorer le quotidien des habitants, leur vie, leur emploi et leur relation à la nature, aux institutions et entre eux.  Une Grenade plus forte est en voie, a assuré le Ministre tout en s’inquiétant: certains risques nous échappent totalement et c’est pourquoi nous adhérons pleinement aux Orientations de Samoa.  Il s’est dit encouragé par les annonces de soutien reçues de la part de différentes institutions internationales et partenaires de la finance climatique, comme le Fonds vert pour le climat et le Fonds pour l’environnement mondial. 

Notre plan national d’adaptation nécessite encore 240 millions de dollars sur les cinq prochaines années et, de nouveau, nous sommes reconnaissants du soutien reçu jusqu’à présent, a-t-il ajouté, car faire face aux désastres naturels et à la perspective d’ouragans plus violents dépasse largement les capacités nationales.  Selon le rapport de la Commission nationale d’adaptation, investir 1 800 milliards de dollars entre 2020 et 2030 pourrait se traduire en plus de 7 000 milliards de bénéfices nets.  « Mobiliser tant de ressources suppose un effort multilatéral concerté et j’appelle la communauté internationale à y répondre. »  Le Ministre a aussi demandé la simplification des processus d’accès aux financements abordables.

M. JOHN M. SILK, Ministre des affaires étrangères des Îles Marshall, a rappelé que les Îles Marshall avaient appelé l’ONU à deux reprises, en 1954 et 1956, à mettre un terme aux essais nucléaires dans le Pacifique.  « Et à deux reprises, les Nations Unies ont ignoré nos missives au profit de résolutions autorisant les détonations nucléaires », a-t-il déploré, soulignant que l’attentisme de l’ONU sur la question continuait d’avoir des répercussions sur les droits de l’homme des habitants de son pays.  Selon lui, l’histoire de l’Organisation regorge d’exemples similaires, dans lesquels la communauté internationale n’est pas parvenue à défendre les droits des peuples de la planète.  Pour éviter que de tels manquements ne continuent à se produire, le Ministre a indiqué que son pays serait candidat, dans deux semaines, à un siège au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Mon pays est composé à 99% d’océan, a ensuite rappelé le Ministre.  « Ce qui est pour certains un problème politique distant et obscur est pour nous une question de subsistance et d’identité », a-t-il ajouté, appelant à adopter, l’an prochain, un instrument juridiquement contraignant sur la préservation de la biodiversité marine dans les zones ne relevant pas de la souveraineté nationale.  M. Silk a également appelé à protéger les droits de son peuple en matière de pêche, face notamment aux navires étrangers qui opèrent dans les eaux intérieures des Îles Marshall.  La pêche dans le Pacifique est souvent liée à des questions de sécurité et d’influence, a-t-il expliqué, ajoutant que la pêche illégale constituait une menace non seulement économique, mais également pour la souveraineté du pays.  Le Ministre a, par conséquent, exhorté la communauté internationale à redoubler d’efforts pour combattre la pêche illégale dans la région du Pacifique. 

Le Ministre a ensuite salué les dirigeants du Forum des îles du Pacifique pour leur appui à la Déclaration de Boe, qui a pour objectif de renforcer la coopération en matière de sécurité régionale.  Dans ce cadre, il a estimé que la mise aux voix, cet été, d’une résolution intitulée « Coopération entre les Nations Unies et le Forum des îles du Pacifique » à l’Assemblée générale avait été un « moment désolant » pour les deux organisations.  « Le pays qui a demandé cette mise aux voix ne semble pas avoir honte d’intimider publiquement les nations les plus petites et les plus vulnérables au monde », a-t-il déploré, jugeant cette évolution préoccupante pour la démocratie en général.

Étant donné l’épidémie de dengue qui sévit dans l’ensemble des Îles Marshall et la forte prévalence du diabète dans le pays, M. Silk a par ailleurs salué le partenariat étroit entre l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les Îles Marshall.  Il a également salué les efforts du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) en vue de faire reculer les retards de croissance des enfants dans le pays.  Dans la mesure où les îles du Pacifique présentent le taux le plus bas au monde de représentation des femmes dans les parlements, le haut responsable a estimé que son pays avait encore de nombreux efforts à fournir pour réduire les inégalités de genre.

M. Silk a en outre appelé à réformer l’ONU de façon à accroître la présence de cette dernière dans le Pacifique, où le Coordonnateur régional de l’Organisation peine à l’heure actuelle à « servir 10 nations diversifiées et lointaines depuis son bureau unique ».  Le Ministre a également appelé le Secrétaire général à aider son pays à définir un plan d’action de l’ONU pour faire face aux effets dévastateurs des détonations nucléaires sur la santé de sa population et sur l’environnement.

Enfin, M. Silk s’est dit alarmé par la montée des eaux et la destruction du corail des atolls de son pays.  « Ma nation est littéralement en train d’être rongée », a-t-il martelé, soulignant qu’à ce rythme, les Îles Marshall risquaient de disparaître de la surface de la Terre d’ici le milieu du siècle.  Dans ce contexte, le Ministre a appelé la communauté internationale à répondre comme il se doit et de toute urgence aux besoins d’assistance de son pays. 

Les progrès politiques et démocratiques enregistrés par mon pays, a estimé, Mme SUZI CARLA BARBOSA, Ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et des communautés de la Guinée-Bissau, ne sauraient cacher son état de pays postconflit, institutionnellement fragile, aux ressources limitées et souffrant des conséquences graves sur les plans politique, économique, environnemental et social.  La Guinée-Bissau est confrontée à une situation difficile et complexe, caractérisée par des menaces internes et externes graves, a insisté le représentant.  Nous appelons, a-t-elle dit, la communauté internationale à jouer un rôle central de stabilisation grâce à des mécanismes de surveillance et de responsabilisation.  Les réseaux de la criminalité transnationale organisée, a alerté la Ministre, continuent de menacer gravement la stabilisation que les efforts conjoints du pays et de l’ensemble de la communauté internationale ont produit.  Un des exemples de ces tentatives de déstabilisation a été l’utilisation du territoire national pour faire transiter la drogue, dont le trafic a été réduit par la saisie record effectuée par une opération d’envergure de la police judiciaire.  La volonté politique du Gouvernement et sa détermination à combattre ce fléau a déjà profondément affecté les structures politiques qui soutiennent ce « business ».  Mais nous voyons déjà, a averti la Ministre, les attaques et les tentatives de compromettre le processus de gouvernance pour revenir à l’instabilité qui favorisait le statu quo en place depuis trop longtemps. 

Notre cycle électoral, a rappelé la Ministre, ne prendra fin qu’avec l’élection d’un nouveau président, prévue pour le 24 novembre.  Elle a donc réitéré l’appel de son pays à l’assistance technique et financière pour éviter toute interruption du processus électoral.  La Ministre a conclu sur la question importante des changements climatiques.  La côte bissau-guinéenne tutoyant le niveau de la mer, le pays se sait vulnérable.  La Ministre s’est donc dite fière d’annoncer que près de 27% du territoire national a été proclamé zones protégées.  La Guinée-Bissau parie en effet sur une croissance verte et inclusive au profit d’une économie de la biodiversité.  La Ministre s’est d’ailleurs félicitée qu’une ONG nationale ait reçu le prix Équateur 2019 de la part du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour avoir promu les connaissances traditionnelles dans la protection des écosystèmes marins et la viabilité des peuples autochtones de l’archipel des Bijagos.  Les bissau-guinéens, a-t-elle ajouté, sont déterminés à ouvrir une nouvelle page et à revenir à leur histoire d’honneur et de dignité.  Mais ils savent qu’à ce stade, ils continuent d’avoir besoin de l’assistance et de l’attention des partenaires au développement. 

M. KHALID BIN AHMED AL-KHALIFA, Ministre des affaires étrangères de Bahreïn, a évoqué les mesures prises par le Royaume pour réaliser les objectifs de développement durable à l’horizon 2030.  À ce sujet, il a souligné que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a, en mai 2019, décerné au Premier Ministre bahreïnien le titre de leader mondial dans ce secteur.  Il s’est félicité des avancées enregistrées par les femmes de son pays, notamment l’élection de la première présidente du Parlement.  De même, Bahreïn figure au rang des pays les plus performants en matière d’éducation d’après les rapports de l’UNESCO, et se distingue dans la lutte contre la traite des êtres humains. 

M. Al-Khalifa a appelé à une action collective urgente pour garantir la paix et la sécurité internationales, à condition de respecter la Charte des Nations Unies et ses objectifs de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, les relations de bon voisinage, le respect mutuel et la souveraineté des États et leur intégrité territoriale.  Le Ministre a évoqué la question palestinienne qui doit être résolue conformément aux résolutions de l’ONU.  C’est dans cet esprit, pour promouvoir le développement des peuples de la région, notamment palestinien, que Bahreïn a coorganisé avec les États-Unis, en juin dernier, l’atelier « Peace to Prosperity ».  Le Ministre a également réaffirmé sa solidarité avec les efforts entrepris par le Maroc pour trouver une solution politique à la question du Sahara occidental.

M. Al-Khalifa a dénoncé le terrorisme perpétré par l’Iran et les Gardiens de la révolution « depuis des décennies », les menaces qu’ils font peser sur Bahreïn et d’autres pays de la région, ainsi que l’occupation illégale des trois îles émiriennes.  Il a indiqué que Bahreïn participait à la coalition arabe engagée au Yémen sous le leadership de l’Arabie saoudite pour appuyer le gouvernement légitime.  Après avoir dénoncé le rôle dangereux que joue le Hezbollah, il a conclu que le régime iranien a créé un réseau d’organisations terroristes et de milices extrémistes en Syrie, au Yémen, en Afrique du Nord, dans les pays du Sahel, en Amérique du Sud, et ailleurs.  Dans ce contexte, « Bahreïn applaudit l’approche ferme adoptée par son ami, les États-Unis », qui exercent une pression maximale sur l’Iran et ceux qui agissent pour son compte et imposent des sanctions sévères. 

Le Chef de la diplomatie bahreïnienne a réitéré sa condamnation de l’attentat « abject » qui a récemment visé les installations pétrolières saoudiennes.  Il a appuyé le communiqué conjoint publié à ce sujet par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, sur la nécessité de revoir l’accord sur le programme nucléaire iranien.  Enfin, a-t-il annoncé, Manama s’apprête à accueillir le mois prochain, en coopération avec les États-Unis et la Pologne, une nouvelle réunion internationale sur la sécurité de la navigation maritime et aérienne. 

M. ABDULLAH ben ZAYED AL NAHYAN, Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis, a tout d’abord rendu hommage au premier astronaute émirati Hazza Al Mansouri qui a rejoint la Station spatiale internationale et fait entrer son pays dans une nouvelle ère.  Mais alors que les Émirats célèbrent l’Année de la tolérance, il a remarqué qu’ériger des communautés sûres suppose un effort concerté et volontariste pour remédier aux tensions liées à l’extrémisme et au terrorisme.  Les Émirats ont participé aux efforts internationaux visant à trouver une solution aux crises que connaît le Moyen-Orient, dont le Yémen, la Libye, le Soudan, la Syrie et la Palestine.  Pour les Émirats, il n’y a qu’en renforçant le multilatéralisme, seule approche efficace, qu’il sera possible d’entamer une désescalade dans ces crises et de parvenir à la paix et la sécurité.  Pourtant, le multilatéralisme n’a pas encore permis de résoudre les crises en cours ni de prévenir de nouvelles.  C’est pourquoi il est nécessaire d’examiner les obstacles qui se sont levés et d’explorer les moyens de renforcer les efforts.

Les efforts collectifs ont en effet permis de remporter de remarquables succès dans le domaine du développement durable, a estimé le Ministre.  Mais ils ont connu « un brusque coup d’arrêt » dans les domaines de la paix et de la stabilité, notamment dans la région du Moyen-Orient.  Les violations commises par des États se sont multipliées, de même que les ingérences extérieures.  Les Émirats et le monde entier sont les témoins de la présence croissante de groupes terroristes qui ont renforcé leurs capacités grâce à l’appui d’États voyous.  Les groupes terroristes tels que Daech, les Frères musulmans, Al-Qaida ou le Hezbollah ont pu faire main basse sur des armes et exacerbé des crises déjà existantes grâce à certains États complices.  Les attentats qui secouent l’Arabie saoudite et frappent des cibles vitales ont été très justement condamnés car ils menacent toute la région et au-delà, la stabilité de l’économie mondiale.  Le Ministre a donc voulu que l’on revienne à la raison et que l’on privilégie la voie de la négociation pour trouver des solutions durables.

Malgré les efforts de la communauté internationale, le multilatéralisme n’a pas permis de relever les défis des 10 dernières années.  Pourquoi?  Parce que, a répondu le Ministre, les résolutions du Conseil de sécurité et les mécanismes internationaux ne sont pas respectés et les États ne sont pas capables de se montrer fermes face aux politiques agressives de certains États.  Par exemple, s’est impatienté le Ministre, quand il s’agit de l’Iran, personne ne semble en mesure de prendre les mesures nécessaires pour freiner les ambitions nucléaires de cet État qui n’a jamais été contraint de respecter ses obligations internationales et les relations de bon voisinage.  Les pays de la région connaissent trop bien l’histoire et ils ont toujours estimé que l’accord sur le nucléaire iranien aurait dû intégrer tous les aspects du comportement de l’Iran qui essaie par tous les moyens d’exporter sa révolution.

La possibilité de parvenir à des solutions durables servant les intérêts de la région existe et elle est offerte par cette enceinte.  Mais, a prévenu le Ministre, il faut d’abord améliorer l’application du droit international et de la Charte des Nations Unies pour prévenir l’effondrement de l’ordre international.  Il faut exiger des États qui violent ces obligations de rendre des comptes.  Les organisations régionales doivent jouer un rôle plus important car elles sont les mieux placées pour traiter des problèmes régionaux.  Le Ministre a donc salué le fait que l’Arabie saoudite héberge, cette année, les sommets de trois de ces organisations dont celui du Conseil de coopération du Golfe.    

Enfin, a-t-il poursuivi, il faut améliorer l’action politique pour résoudre les crises et renforcer les efforts des États et ceux des envoyés des Nations Unies.  Il faut aussi obtenir des parties concernées qu’elles travaillent dans la transparence.  Les efforts politiques sont la première option pour parvenir à la désescalade, notamment au Yémen où il faut soutenir le Gouvernement en place.  La voie politique, a insisté le Ministre, est toujours la meilleure option surtout après le « chaos » qu’a connu le monde arabe cette dernière décennie.  La cause palestinienne reste la grande question qui continue d’accaparer la région: les violations répétées de la Puissance occupante permettent à cet égard aux groupes extrémistes d’exploiter la souffrance du peuple palestinien.  Enfin, a-t-il fini d’énumérer, il faut se concentrer sur la croissance et les investissements.  Les pays postconflit voient dans la reconstruction « la carotte » qui leur permettrait de se rétablir et d’envisager un avenir meilleur.  Parce qu’il ne faut jamais oublier les souffrances de milliers de personnes à travers le monde, victimes de guerre et de catastrophes naturelles, les Émirats ont redoublé d’efforts humanitaires pour aider les Yéménites qui souffrent de la crise et du blocage de l’aide opéré par les houthistes.

« Il est grand temps d’éteindre les feux de la région », a déclaré M. YUSUF BIN ALAWI BIN ABDULLAH, Ministre des affaires étrangères d’Oman, en référence aux nombreux conflits qui secouent le Moyen-Orient.  Aussi, le Ministre a-t-il appelé l’ONU et la communauté internationale à prendre des mesures « sérieuses » pour appuyer les efforts de paix.  Étant donné qu’Oman est l’un des pays du golfe Persique dont les côtes longent le détroit d’Ormuz, M. Alawi a exprimé sa préoccupation face à l’évolution du trafic maritime.  « De fait, certains cours d’eau d’Hormuz se situent à l’intérieur même des eaux territoriales omanaises », a-t-il précisé, soulignant la responsabilité du Sultanat de garantir la sécurité des navires. 

Le Ministre a par conséquent appelé tous les pays de la région à coopérer dans un esprit constructif et à respecter les dispositifs de séparation du transit dans les détroits servant à la navigation internationale, conformément aux articles 37 et 38 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, qui consacrent « le droit de passage en transit sans entrave », et l’article 39, qui détaille les obligations des navires et aéronefs pendant le passage en transit.  Dans ce cadre, M. Alawi a appelé les parties à éviter toute escalade dans la zone, afin d’éviter de nouvelles entraves à la liberté de navigation, au commerce international et à l’économie mondiale.

S’agissant du Yémen, le Ministre a constaté l’échec des parties au conflit à parvenir à un règlement politique de la crise.  Il a appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts, sur les plans politique et diplomatique, pour aider le Yémen à mettre fin à cette guerre « de plus en plus complexe ».  M. Alawi a dit soutenir tous les efforts de l’ONU en vue de trouver une solution politique et a appelé l’ensemble des parties à appuyer ces tentatives, dans l’intérêt de la nation et de son peuple.

En raison des liens historiques, sociaux, culturels et politiques profonds qu’entretient Oman avec le Yémen, M. Alawi s’est en outre engagé à maintenir son niveau d’aide humanitaire au pays.  Il a appelé la communauté internationale à adopter un « projet humanitaire sérieux » pour accéder sans exception ou entrave « à plusieurs régions » du Yémen, notamment « via tous les ports, aéroports et points d’entrée vers le pays ».

Passant au conflit israélo-palestinien, le Ministre a rappelé la nécessité de parvenir à la création d’un État palestinien souverain, avec Jérusalem-Est comme capitale.  À ses yeux, les relations entre la Palestine et Israël doivent se fonder avant tout sur le respect, la coexistence pacifique et les intérêts communs.  Le Ministre a appelé les partenaires internationaux à redoubler d’efforts pour relancer les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens et faire avancer les initiatives en vue de parvenir à un accord basé sur la solution des deux États.

M. RASHID MEREDOV, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Turkménistan, a débuté son intervention en soulignant que pour établir des relations constructives sur le plan international, il est fondamental de rétablir la confiance et de trouver un équilibre entre intérêts nationaux et internationaux.  Malgré les difficultés, l’ONU reste le seul garant de l’architecture contemporaine de l’ordre mondial, a-t-il dit.  C’est pourquoi, il a appelé l’Organisation à prendre l’initiative de renforcer la confiance entre États et de lancer un dialogue international constructif.

La préservation de la paix et de la sécurité mondiales exige des instruments efficaces et l’un d’eux est la diplomatie préventive, a souligné Vice-Premier Ministre, convaincu qu’un modèle « neutre » de politique extérieure est un élément positif sur la scène mondiale.  Il s’est donc félicité de la proclamation du 12 décembre comme Journée internationale de la neutralité dont les bases doivent faire l’objet d’une plus grande attention de la part de l’ONU.

Le Turkménistan, a rappelé le Vice-Premier Ministre, a proposé l’élaboration d’un ensemble de règles d’application de la neutralité et prie la communauté internationale de l’appuyer.  Le Turkménistan entend aussi organiser une conférence internationale sur les questions de paix et de développement et estime, par ailleurs, nécessaire d’organiser une nouvelle conférence de l’ONU sur le financement du développement, pour donner l’impulsion nécessaire aux objectifs de développement durable.  À ce propos, le Turkménistan s’efforcera de créer un dialogue multilatéral sur le transport.

L’environnement et sa protection sont une priorité traditionnelle du Turkménistan, dont la préservation de la mer Caspienne et de la mer d’Aral.  Le Turkménistan compte sur l’appui de la communauté internationale et invite les parties intéressées à des discussions sur ce thème.  La préservation des ressources en eau est l’un des principaux défis contemporains qui exige l’union des États.  L’eau est un bien commun de tous les peuples de la planète et elle doit être gérée par des normes universelles du droit international.  Le Turkménistan, a dit le Vice-Premier Ministre, encourage d’ailleurs un examen plus approfondi de ces questions.  Avec de la bonne volonté, nous pourrons surmonter tous les problèmes, s’est-il dit convaincu.

M. SALEUMXAY KOMMASITH, Ministre des affaires étrangères du Lao, a indiqué que son pays se concentre sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat et sur la préparation aux catastrophes et la réduction des risques.  Ces deux derniers mois, a-t-il précisé, l’ensemble du pays a expérimenté de fortes pluies du fait de la tempête tropicale Podul.  Des inondations ont gravement endommagé les infrastructures et l’agriculture, coûtant des millions de dollars.  Sur le plan régional, le Ministre a salué le Plan d’action stratégique commun de l’ONU et de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) en matière de gestion des catastrophes, et le Plan d’action sur l'environnement et les changements climatiques pour la période 2016-2020.  Il a toutefois appelé les pays développés et les partenaires du développement à honorer leurs engagements et à contribuer à hauteur de 100 milliards de dollars par an aux besoins des pays en développement en matière d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.

Le Chef de la diplomatie lao a indiqué que son pays a récemment ratifié le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  Préoccupé par l’aggravation des confrontations et des tensions dans le monde, il a préconisé un renforcement du multilatéralisme et une stricte adhérence aux principes de la Charte des Nations Unies et du droit international.  C’est également la position de l’ASEAN qui se fonde sur une paix, une stabilité et une sécurité durables pour promouvoir le développement socioéconomique national de tous les États Membres.  Très attachée aux objectifs de développement durable, la République démocratique populaire lao note le fossé persistant entre les zones urbaines et rurales et demande des plans de développement régionaux et sous-régionaux, et des partenariats publics/privés pour offrir à la population locale les services de base en matière d’éducation, de santé et d’emploi.    

M. WILFRED ELRINGTON, Ministre des affaires étrangères du Belize, a estimé que les décisions prises par les États Membres des Nations Unies dans les 15 prochains mois auront des conséquences essentielles pour l’humanité et l’avenir de la planète.  Si l’on choisit d’ignorer les signes, la science et les millions de personnes qui se battent pour le changement et que l’on fait comme si tout allait bien, alors nos enfants hériteront d’une planète « invivable ».  C’est là, la position de la majorité des scientifiques et le Belize la partage.

Le Belize reste déterminé à œuvrer selon les principes et objectifs de la Charte, pour préserver les générations futures de la guerre, restaurer la foi en les droits de l’homme et la dignité de la personne humaine, à œuvrer pour la justice et le règne de l’état de droit et pour garantir à tour une plus grande liberté.

Pour le Ministre, il existe trois menaces fondamentales pour le monde: La première est celle des changements climatiques.  Citant à cet égard les dégâts causés dans la région par le récent cyclone Dorian, il a jugé impératif que l’on réduise d’ici à 2030 le niveau des émissions de carbone à la moitié de celui de 2010 et parvienne à la neutralité carbone d’ici à 2050.  « Les solutions, a-t-il estimé, sont à notre portée. »  Ainsi, 54% de l’électricité consommée au Belize provient désormais de sources renouvelables.

Le Ministre s’est ensuite inquiété des insuffisances de la mise en œuvre des Orientations de Samoa.  L’examen à mi-parcours montre que le monde ne répond pas de manière satisfaisante à nos caractéristiques spécifiques, a-t-il affirmé, rappelant que les petits États insulaires en développement devaient avoir accès à des dons et des conditions financières favorables.  M. Erlington a détaillé plusieurs mesures prises par son pays, y compris pour réaliser les objectifs de développement durable, tout en faisant observer que, dans ce domaine aussi, il faut faire davantage pour réaliser le Programme 2030. 

M. Erlington a enfin cité les menaces à la paix et la sécurité internationales et dénoncé notamment les sanctions, embargos économiques et autres blocus imposés à certains pays, qui ne peuvent que provoquer, non seulement dans les pays visés mais dans toute la région où ils se trouvent, des crises humanitaires, des migrations illégales de masse et de l’exploitation.  Le Ministre a cité la situation du peuple palestinien, du peuple sahraoui, de Cuba, mais aussi le Venezuela, un pays qu’il a décrit comme « sur la voie de l’appauvrissement ».  Il faut faire davantage pour résoudre la situation de ce pays et mettre fin par le dialogue aux souffrances imméritées de son peuple, a-t-il plaidé.  Le Ministre a enfin fait référence au différend territorial qui l’oppose au Guatemala voisin, rappelé que ces deux pays avaient décidé de la soumettre à la Cour internationale de Justice (CIJ) et fait observer que le peuple bélizien avait accepté cette procédure à une large majorité lorsqu’il a été consulté par référendum en début d’année.  Mais il a en même temps dénoncé la poursuite de ce qu’il a présenté comme des activités illégales menées par des Guatémaltèques sur le territoire du Belize, notamment des activités de déforestation.  Il a conclu en souhaitant que les deux peuples, voisins pour l’éternité, puissent vivre dans la paix et l’harmonie.

Au moment où nous nous apprêtons à célébrer les 75 ans des Nations Unies, a dit M. TEODORO L. LOCSIN Jr, Ministre des affaires étrangères des Philippines, tout le monde parle de l’érosion du multilatéralisme.  Notant que la faute est rejetée sur les gouvernements prêts à passer outre les conseils des Nations Unies sur une bonne gouvernance fondée sur des critères que l’Occident viole plus qu’il ne respecte, le représentant a tranché: un gouvernement fort, c’est mieux et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle les gouvernements ont été inventés.  Les gouvernements existent parce qu’il faut faire avancer les choses, mais toujours dans le cadre de la constitution.  La fermeté, c’est bien et la sévérité est justifiée mais toujours dans le cadre de la loi, s’est expliqué le représentant.  Tous les États ici, a-t-il estimé, sont des États démocratiques et, par pitié, ne parlons plus de démocraties et de démocraties entre guillemets.  La tendance à des gouvernements forts ne change en rien leur caractère démocratique.  Cette tendance prouve au contraire que l’ONU a réussi l’un de ses objectifs principaux pour la paix: propager la démocratie parce qu’elle favorise plus la paix que la guerre, « même si, pour le coup, le jury est toujours en délibération ». 

Ce sont les citoyens, a martelé le représentant, qui votent.  C’est leur choix et peut-être leur regret.  Mais il ne revient en aucun cas à l’ONU de décider.  Pourtant, s’est-il étonné, des gens continuent de se lamenter sur l’érosion du multilatéralisme et de regretter qu’il y ait « trop de souveraineté ».  Mais à quoi sert cette souveraineté?  La souveraineté, a répondu le représentant, c’est protéger son peuple par tous les moyens possibles.  La société civile peut se désespérer mais elle est libre de se plaindre, voire de se présenter aux élections pour gagner un peu de légitimité et « faire quelque chose ».  Mais les Nations Unies ne sauraient en aucun cas s’ingérer dans les affaires intérieures des États et leur dicter la manière de protéger leurs citoyens et d’atténuer les menaces.

Depuis quand l’état de droit ne veut plus dire état de droit mais état de crime? s’est demandé le représentant, en paraphrasant son Président.  Depuis quand la présomption d’innocence, qui ne s’applique qu’après arrestation et détention, s’applique-t-elle à un criminel au moment même où il vient d’être arrêté.  Serait-ce qu’on ne plus suspecter et encore moins arrêter?  Plus de suspects, que des victimes et tout ce qu’il y aurait à dire pour se défendre c’est « je ne sais, je ne sais tout simplement pas ».  On ne devrait pas, s’est impatienté le représentant, manipuler les Nations Unies pour menacer les États qui prêchent la dureté contre le crime, à moins que l’on ne veuille adopter la proposition occidentale selon laquelle le meilleur moyen de combattre le crime c’est de le légaliser.  Il ne faudrait donc plus punir les criminels mais s’assoir avec eux et tenter de les convaincre de renoncer à ce qu’ils savent faire de mieux: commettre des crimes.

L’érosion du multilatéralisme, a estimé le représentant, vient autant de ses tentatives d’usurper les fonctions de l’État que de celles des unilatéralistes.  « Parlez-vous avant de vous battre », c’est que nous dit l’ONU, et si les pourparlers échouent, parlez encore car la guerre est le dernier recours ».  Le représentant s’est donc félicité que l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ait choisi le dialogue et ait pu, en conséquence, négocier un prometteur Code de conduite avec la Chine sur la mer de Chine méridionale.  Le multilatéralisme est remis en question, a poursuivi le représentant, parce qu’il a courbé l’échine devant des intérêts unipolaires ou pire devant des acteurs non étatiques.  Les Nations Unies sont une collectivité d’États souverains et non une souveraineté collective.  Elles doivent refléter la réalité pour pouvoir réaliser la vision de « Nous, les peuples », des peuples qui sont comme ils sont et qui veulent être débarrassés de la drogue et du crime.  Les Nations Unies sont l’essence même du multilatéralisme et tant qu’elles existeront, aucune trompette ne sonnera leur fin.  Mais il faut une Organisation renforcée et respectueuse de chacun de ses États Membres pour qu’ensemble on puisse réaliser les objectifs de paix et de sécurité.

Dans ce cadre, le Conseil de sécurité doit se réformer, devenir plus représentatif et plus démocratique pour assoir sa légitimité.  Quelque chose ne va pas, a prévenu le représentant, quand après 75 ans d’existence, on n’a toujours pas une femme secrétaire générale alors que les femmes savent bâtir, et les hommes, détruire.  Au centre de la réforme des Nations Unies, il y a la question du financement, a ajouté le représentant.  Tout le monde peut donner plus et personne ne devrait porter un trop grand fardeau budgétaire.  Il faut aussi que les Nations Unies se montrent plus responsables dans l’utilisation des fonds car l’opinion publique en a assez des histoires d’irresponsabilité fiscale.  Le représentant a conclu en faisant état des mesures prises par son pays en matière d’élimination de la pauvreté et d’accès à une éducation de qualité.  Quant aux changements climatiques, il a emprunté à Kung Fu Panda la phrase: Assez de discours, battons-nous ».  Il est revenu sur la lutte contre le terrorisme, en se félicitant de la reprise de la ville de Marawi, qui à la fin ressemblait à un gruyère, et en attribuant cette victoire à la détermination de son Président de mettre fin au commerce illicite de drogues auquel se livrait le leader du Jihad Islamique.

M. ELMAR MAHARRAM OGLU MAMMADYAROV, Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, a rappelé que les menaces et défis auxquels le monde fait face aujourd’hui demandent des efforts communs pour renforcer l’ordre international et raviver la foi dans le multilatéralisme et la confiance dans les Nations Unies.  Préserver les valeurs du multilatéralisme et de la coopération internationale est fondamental pour promouvoir et appuyer les trois piliers de l’Organisation, à savoir la paix et la sécurité, le développement et les droits de l’homme.  Le Ministre azerbaïdjanais a également souligné qu’un monde apaisé, juste et prospère est difficilement atteignable si les valeurs, normes et principes universellement acceptés sont ignorés et des agressions et actions illégales, menées.

Le Ministre a souligné les efforts de son pays pour améliorer les conditions de vie de ses citoyens et a tenu à exprimer la sensibilité de son pays aux changements climatiques.  Il est ensuite longuement revenu sur l’agression de l’Arménie, qui a eu pour conséquence, a-t-il expliqué, l’occupation de près d’un cinquième du territoire national et l’expulsion de plus d’un million d’Azerbaïdjanais.  Or, a-t-il souligné, depuis son discours de l’an passé, il n’y a eu aucun progrès.  Il dénoncé le manque de véritable intérêt dans le leadership arménien qui ne cherche qu’à maintenir un statut quo inacceptable, grâce au recours illégal de la force et à l’occupation de territoires internationalement reconnus comme azerbaidjanais.  Le Ministre a rappelé que dans ses résolutions 822, 853, 874, et 884 de 1993, le Conseil de sécurité a condamné le recours à la force, les attaques contre des civils et le bombardement de zones habitées.  Le Conseil a réaffirmé le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan et l’inviolabilité des frontières internationales.  Pourtant, a rappelé le Ministre, les exigences du Conseil de sécurité restent vaines.

Affirmant qu’il est clair qu’une telle politique et de telles pratiques ne peuvent en aucun cas concorder avec les objectifs de règlement pacifique des conflits, le Ministre a souligné la nécessité d’une action urgente des Nations Unies et plus généralement de la communauté internationale pour défendre les valeurs, normes et principes des relations interétatiques civilisées et basées sur le droit, comme consacrées par la Charte des Nations Unies.

M. kyAW TINT SWE, Ministre auprès du Conseiller d’État du Myanmar, a déploré l’évolution récente de l’ONU.  Selon lui, l’Organisation doit éviter à tout prix de tomber dans le piège consistant à « autoriser des mandats trop compliqués » ou à « étendre unilatéralement ses pouvoirs », sans lien avec la procédure en vigueur.  « Aucune nation ne devrait voir son sort scellé par le niveau de richesse et d’influence politique qu’elle peut mobiliser. »

Le Ministre a indiqué que son pays s’est lancé dans un processus de démocratisation, au profit d’une culture de dialogue politique visant à résoudre les conflits internes par des voies pacifiques.  Dans l’État rakhine, a-t-il précisé, cette transition démocratique est « encore jeune et incomplète ».  Le Myanmar fait face dans cette région à de nombreux défis, allant d’une « Constitution imparfaite » à la persistance des conflits, a souligné le Ministre, tout en affirmant partager les préoccupations de la communauté internationale concernant les violences dans la zone. 

Selon lui, les efforts du Gouvernement pour instaurer la paix et la stabilité dans cet État sont antérieurs aux « attaques violentes du groupe terroriste » de l’Armée du salut des Rohingya de l'Arakan (ARSA), en 2016 et 2017, attaques « qui ont entraîné la crise humanitaire actuelle ».  Le Ministre a indiqué que la priorité de son gouvernement est d’accélérer le rapatriement des réfugiés rohingya ayant fui au Bangladesh et de créer un climat propice à leur retour.  Le Myanmar est toutefois conscient des nombreux obstacles, a-t-il dit, « y compris des mouvements destructeurs dans les camps destinés à empêcher le rapatriement et à instrumentaliser le sort des personnes déplacées ».

Les personnes déplacées à Cox’s Bazar, au Bangladesh, qui résidaient auparavant dans l’État rakhine, « ont des statuts juridiques différents », a ensuite expliqué le Ministre, précisant que son Gouvernement est prêt à les rapatrier conformément à l’accord bilatéral signé entre le Myanmar et le Bangladesh.  Cet accord, a-t-il indiqué, appelle à octroyer des cartes d'identité aux personnes retournant au Myanmar.  Les personnes admissibles à la citoyenneté en vertu de notre loi recevront une carte de citoyen, a indiqué le Ministre.  Les autres recevront une carte de vérification nationale, a-t-il dit, précisant qu’il s’agit de cartes semblables aux cartes vertes « très prisées » des États-Unis.  Le haut responsable a appelé à régler le problème en suspens des personnes déplacées dans les camps de Cox’s Bazar de manière bilatérale entre le Myanmar et le Bangladesh, dans la ligne de l’accord de 2017.  « En dépit des obstacles, dont des meurtres et menaces de la part de l’ARSA, environ 300 personnes issues des camps à Cox’s Bazar sont rentrées avec leurs propres moyens et de leur propre chef », a-t-il affirmé, rejetant les pressions « injustifiées » exercées sur son pays et les appels à créer une « zone de sécurité » au sein même du Myanmar.

Le Ministre a ensuite indiqué qu’une enquête de justice militaire était en cours, concernant les allégations de crimes commis dans l’État rakhine.  L’intégrité de ces enquêtes indépendantes ne devrait pas être compromise par des acteurs internationaux, a-t-il déclaré.  Or, le 4 juillet 2019, la Procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a requis auprès d’une chambre préliminaire l’ouverture d’une enquête sur les allégations de crimes commis dans l’État rakhine.  Selon le Ministre, cette requête est problématique parce qu’elle exclut les crimes commis par l’ARSA, repose essentiellement sur des rapports concernant les droits de l'homme contenant des « erreurs factuelles » et interprète fallacieusement le système juridique du Myanmar.  À cela s’ajoute le fait que le Myanmar ne reconnaît pas la compétence de la CPI, a rappelé le haut dirigeant.  « La Cour n'a aucune juridiction sur les crimes présumés dans notre pays, a-t-il martelé.

Le Ministre a en outre indiqué que son gouvernement s'est opposé à la formation de la mission d'établissement des faits de l’ONU depuis le début, en raison « d’inquiétudes concernant sa composition, son mandat et sa capacité à se montrer équitable et impartiale ».  Selon lui, les faits ont donné raison à mon gouvernement, a-t-il affirmé.  Les rapports Darusman se sont en effet avérés « sans exception biaisés et erronés, non pas basés sur des faits mais sur des récits ».  Quant au rapport Rosenthal, le Ministre l’a discrédité pour son « manque d’objectivité professionnelle ».

« Parfois, on se croirait dans le monde d’avant les années 1990 », a estimé M. TSOGTBAATAR DAMDIN, Ministre des affaires étrangères de la Mongolie.  « Pourtant, la guerre froide est bien finie », a-t-il nuancé.  Selon le Ministre, en effet, le monde était à l’époque confronté à une lutte existentielle entre deux idéologies antagonistes cherchant à s’annihiler mutuellement.  Or, aujourd’hui, le Ministre a affirmé qu’il n’y avait plus d’ennemi menaçant l’existence de quiconque, « à l’exception du terrorisme et de l’urgence climatique ».  À ses yeux, tous les pays de la planète recherchent désormais activement la croissance, le progrès et la prospérité au profit de leurs peuples.

Cependant, M. Damdin a invité la communauté internationale à ne pas pécher par excès de confiance.  « Il ne faut pas oublier que nous demeurons des animaux sociaux », a-t-il dit, expliquant que l’agression et la colère provoquaient naturellement des réponses agressives.  Et nous ne devrions pas non plus oublier que nous disposons d’armes nucléaires « capables de résoudre pour de bon et à jamais tous les différends, ainsi que toutes les vertus offertes par la vie ». 

M. Damdin a ensuite souligné combien la lutte contre les changements climatiques était importante pour son pays qui, comme de nombreuses nations en développement, ne contribue que très faiblement au réchauffement de la planète.  Pourtant, au cours des 80 dernières années, la température moyenne annuelle de la Mongolie a augmenté de 2,26 degrés Celsius, a-t-il indiqué.  En conséquence, 77% du territoire a été frappé par la désertification et la dégradation des terres, a ajouté le Ministre, soulignant les efforts actuels du pays pour réduire ses émissions, notamment en investissant dans l’énergie solaire et éolienne.

Abordant la situation dans la péninsule coréenne, M. Damdin a jugé indispensable de maintenir le dialogue entre les États-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC), dans le cadre de leur Déclaration commune et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Le haut responsable a soutenu l’idée de transformer la zone démilitarisée en une zone internationale de paix.

S’agissant du développement durable, le Ministre a appelé à harmoniser le Programme d’action de Vienne pour les pays en développement sans littoral avec les objectifs de développement durable.  Selon lui, les PMA continuent de faire face à des défis considérables, en raison de leur situation géographique à l’écart des grandes voies commerciales.  De fait, leur part commune dans le commerce mondial plafonnait à 1,2% en 2014 et a décliné à 0,98% en 2018.  Sachant que les matières premières représentent l’essentiel des exportations des PMA, le Ministre a jugé indispensable de les aider à diversifier leurs exportations et à améliorer leurs capacités et leur accès au marché.

Pour sa part, la Mongolie s’enorgueillit de contribuer à la coopération Sud-Sud et à la promotion des PMA grâce à la création, en 2006, d’un groupe de réflexion, le Think Tank d’Ulan Bator, auquel elle contribue à hauteur de 100 000 dollars par an.  De même, en ces temps troublés, alors que la démocratie est mise au défi en de nombreux points du globe, la Mongolie est fière d’avoir opté, il y a près de 30 ans, en 1990, pour la voie démocratique, du multipartisme et de l’économie de marché. 

M. JOSÉ CONDUNGUA ANTÓNIO PACHECO, Ministre des affaires étrangères du Mozambique, a fait remarquer que l’Afrique subsaharienne, à laquelle appartient son pays, continue de cumuler tous les défis contemporains en même temps qu’elle compte le plus grand nombre de personnes désavantagées – bas salaires et faible accès à l’éducation, à la santé, à l’alimentation, à l’eau et à l’hygiène.  Aussi a-t-il voulu rappeler le principe de « responsabilités communes mais différenciées » et l’importance pour les partenaires internationaux de respecter les engagements pris dans le cadre des grands accords internationaux.

Inégalités, tensions et divisions continuent de défier le multilatéralisme dans un environnement marqué par une méfiance croissante entre les nations, a-t-il poursuivi.  La prééminence des actes liés au fondamentalisme et à l’extrémisme violent et la prolifération des armes, en particulier des armes de destruction massive et des petites armes, pèsent sur la paix et la sécurité, causant inquiétudes et angoisse.  Dans ce contexte, le Mozambique réitère son plein soutien aux efforts du Secrétaire général pour réformer le système des Nations Unies et pour promouvoir le dialogue comme outil essentiel de la prévention des conflits.  Pour le Mozambique, la réforme du Conseil de sécurité est une priorité dans l’architecture de prévention des conflits. 

Pour sa part, a poursuivi le Ministre, le Mozambique a incorporé le Programme de développement durable à l’horizon 2030 à son plan de gouvernement et donné la priorité à l’agrobusiness, aux réseaux d’infrastructures économiques et sociales, à l’expansion du réseau électrique et à l’écotourisme.  Compte tenu de sa situation géographique, certains scientifiques le considèrent comme le second pays le plus vulnérable du monde aux effets des changements climatiques: les ouragans Idai et Kenneth qui ont dévasté son territoire en mars et avril derniers, faisant près de 700 morts l’ont encore montré.  Or les capacités de riposte du pays sont largement dépassées, a reconnu le Ministre, en exprimant sa gratitude aux donateurs internationaux.  En plus des mesures d’adaptation, le Mozambique devra également instaurer un système d’alerte précoce et, à cet égard, le Gouvernement envisage de rejoindre la Mutuelle panafricaine de gestion des risques, une agence spécialisée de l’Union africaine qui assure les pays contre les risques naturels.

Le 6 août dernier, a poursuivi le Ministre, le Mozambique a signé l’Accord de paix et de réconciliation nationale de Maputo qui témoigne de la réussite du dialogue intérieur.  Le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) est en cours, mais y parvenir nécessite des capacités financières et techniques solides qui amènent le pays à lancer un nouvel appel à la communauté internationale pour qu’elle continue d’apporter son soutien.  La pleine mise en œuvre de l’Accord permettra au Mozambique de renforcer encore sa démocratie en organisant, le 15 octobre, des élections présidentielle, législatives et provinciales.  Seule perdure dans ce contexte la menace de certains acteurs dans la province de Cabo Delgado, dans le nord du pays, qui continue de répandre la mort et la dévastation et de générer de l’instabilité, a-t-il regretté.

Mme KAREN CUMMINGS, Ministre des affaires étrangères du Guyana, a relevé que l’état actuel des relations internationales remet en cause l’ordre mondial, y compris de nombreux principes pourtant rendus sacro-saints par les dures leçons apprises par les générations précédentes.  Les Nations Unies n’ont pas suffisamment créé le monde envisagé en 1945, a-t-elle ajouté.  La Ministre a présenté les efforts de son pays pour réaliser les objectifs de développement durable intégrés dans la stratégie nationale pour un État vert, Vision 2040.  Elle a rappelé qu’en tant qu’État côtier de faible altitude, son pays est particulièrement vulnérable aux changements climatiques.  Elle a toutefois ajouté que le Guyana n’entend pas seulement prendre des mesures en tant que pays affecté, mais compte aussi jouer un rôle de leader.  Elle a mentionné les mesures ambitieuses prises en partenariat avec la Norvège.  Elle a toutefois rappelé que la science démontre clairement que les engagements pris dans l’Accord de Paris sur le climat ne sont pas suffisants pour ralentir le rythme du réchauffement de la planète.  La menace existentielle que posent les changements climatiques exige un effort urgent de tous les acteurs, a-t-elle ajouté.

Mme Cummings a appelé à une extrême vigilance pour que les résultats acquis au prix de lourds efforts ne soient pas remis en cause.  Elle a renouvelé sa demande de voir la vulnérabilité des États prise en compte afin que des pays comme le sien, qui ont fait suffisamment de progrès économiques pour être classés dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire mais qui restent fragiles, ne soient pas privés d’accès à certaines ressources concessionnelles. 

La Ministre a ensuite présenté les progrès réalisés par son pays dans différents domaines, y compris la consolidation de l’état de droit et la réalisation des objectifs de développement durable.  Elle a ainsi rappelé que le Guyana a présenté au Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC, en juillet, son premier examen volontaire.  Elle a ensuite fait référence au différend territorial avec le Venezuela pour mettre en avant le fait que le Guyana a accepté l’idée de saisir la Cour internationale de Justice (CIJ), contrairement au Venezuela.

La Ministre a par ailleurs plaidé pour une évolution de l’ONU, afin qu’elle reflète mieux le monde actuel.  À cet égard, le Conseil de sécurité ne doit pas faire exception. 

M. DENIS RONALDO MONCADA COLINDRES, Ministre des affaires étrangères du Nicaragua, a fait remarquer que le Nicaragua et les pays d’Amérique centrale comptent parmi les plus vulnérables de la planète face aux effets destructeurs des changements climatiques.  Il est temps, a-t-il dit, que la communauté internationale prenne des mesures pour enrayer le réchauffement général et garantir la survie de la Terre.  En se fondant sur le principe des responsabilités communes mais différenciées, le Nicaragua déploie des efforts sur tous les fronts pour affronter ces défis. 

Sur le plan socioéconomique, s’est félicité le Ministre, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) reconnaît que le Nicaragua dispose d’un cadre juridique pour protéger les droits des enfants et des adolescents et que l’accès à une éducation de qualité a bien progressé.  De plus, les taux de pauvreté et d’extrême pauvreté ont baissé respectivement de 17,6% et de 7,7% entre 2009 et 2016, et la mortalité infantile a été réduite. 

M. Moncada Colindres a appelé d’urgence à « une réinvention de l’ONU » afin de mieux servir les intérêts de l’humanité.  Selon lui, « le Siège de cette Organisation doit être transféré de New York au continent africain ».  Par ailleurs, il a condamné l’expulsion récente de deux diplomates cubains par les États-Unis, en violation de l’Accord de Siège.  Il a ensuite réitéré son appui au Président vénézuélien, Nicolas Maduro.  Condamnant toute menace d’intervention militaire et de recours à la force, le Ministre a jugé « obsolète » le Traité interaméricain d’assistance mutuelle (TIAR) qui n’est, à son avis, qu’un instrument conçu par le Gouvernement des États-Unis. 

Le Gouvernement et le peuple du Nicaragua défendent les principes d’indépendance et de souveraineté, tels qu’établis par la Charte des Nations Unies, et, par conséquent, a conclu M. Moncada Colindres, nous continuons d’exiger la cessation de toute politique d’interférence en violation du droit international, que ce soit au Nicaragua, à Cuba, au Venezuela, en Syrie, en Iran ou ailleurs. 

M. MOHAMMED ABDULLAH AL-HADHRAMI, Ministre des affaires étrangères du Yémen, s’est présenté aujourd’hui avec le cœur lourd en raison de la situation dans son pays, embarqué dans une guerre imposée par des milices armées commettant tortures et crimes en tout genre.  Ces milices houthistes, a-t-il accusé, sont soutenues par l’Iran, premier parrain du terrorisme au monde, qui mène des guerres par procuration en soutenant financièrement des milices armées.  Depuis 2014, les milices houthistes dévastent le Yémen, en n’épargnant ni institutions, ni habitations, ni lieu de culte, ni même les innocents.

Le Ministre yéménite a expliqué que le Conseil transitoire dans le sud du pays, soutenu financièrement, militairement et logistiquement par les Émirats arabes unis, mène une agression contre l’État, à Aden.  Malgré toutes ces difficultés et grâce à l’aide « des frères » dans la coalition menée par l’Arabie saoudite, le Yémen a pu contenir les attaques houthistes et maîtriser les milices qui ont massacré toutes les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme.  Le Ministre a également salué l’aide humanitaire de ses pays « frères et amis », et encore l’Arabie saoudite.  Ainsi, la générosité saoudienne s’est illustrée avec une enveloppe d’un demi-milliard de dollars.  De plus, l’Arabie saoudite verse une somme de 60 millions de dollars par mois pour rétablir l’électricité.

De l’autre côté, l’Iran et ses bras armés, dont les houthistes et le Hezbollah, sont un grave danger à la sécurité, a souligné le Ministre.  L’Iran, a-t-il martelé, est un État voyou qui ne respecte ni droit international ni ses obligations d’État Membre des Nations Unies.  L’Iran a occasionné des dégâts énormes au Yémen, en armant et finançant les milices houthistes qui brandissent d’ailleurs le slogan de la révolution iranienne.  L’Iran a transformé certaines régions du Yémen en rampe de lancement de missiles pour menacer les pays voisins et la navigation internationale dans la mer Rouge.  Le Ministre yéménite en a voulu pour preuve les rapports des Nations Unies qui réaffirment la nature du soutien dont bénéficient les milices houthistes de la part de l’Iran.

Cette milice est allée jusqu’à revendiquer sa responsabilité dans les attaques terroristes qui ont visé les installations de la compagnie saoudienne ARAMCO.  Le Yémen, qui condamne cette attaque terroriste et souligne la nécessité d’identifier les responsabilités, considère cette agression non seulement comme une attaque contre l’Arabie saoudite mais également contre l’économie mondiale et la paix et la sécurité internationales.  La solution, c’est à amener les milices à mettre en œuvre les accords, a rappelé le Ministre yéménite, en dénonçant leur intransigeance.

Avec l’opération des Nations Unies et les efforts de l’Envoyé spécial, le Yémen s’est inscrit dans toutes les initiatives de paix.  Nous sommes allés en Suède, l’année dernière, pour donner ses chances à la paix.  Mais les milices houthistes continuent d’esquiver, refusant de comprendre que la paix n’est pas un slogan mais des actes.  Le Ministre a demandé au Conseil de sécurité de prendre ses responsabilités en exigeant des houthistes qu’ils appliquent ses résolutions, notamment le retrait de la ville et du port de Hodeïda ainsi que la libération des prisonniers.

Le Ministre des affaires étrangères du Yémen a souhaité faire part d’une lettre touchante qu’il a reçue des mères de disparus.  Elles veulent que le monde entende leur douleur, elles qui ont perdu leurs enfants, utilisés comme des boucliers humains.  « J’espère que, l’année prochaine, nous nous réunirons avec un Yémen en paix.  Nous espérons la paix, la paix pérenne et inclusive », a conclu le Ministre.

M. BOCCHIT EDMOND, Ministre des affaires étrangères et des cultes d’Haïti, a jugé indispensable un « sursaut de responsabilité collective » de la part des membres de la communauté internationale, afin de rester mobilisés sur les buts, principes, piliers d’action et objectifs de la Charte.  Il s’est félicité à cet égard que la présente session de l’Assemblée générale soit marquée du sceau du multilatéralisme, rappelant ainsi la voie à suivre pour parvenir au développement durable et à la paix.  « J’espère que nous comprendrons tous la nécessité de passer des déclarations solennelles à des actions et initiatives concrètes qui soient à la dimension des défis présents et à venir », a-t-il ajouté.

Après s’être inquiété du nombre et de l’ampleur des feux de forêts des dernières années et avoir rappelé les dégâts causés récemment par le cyclone Dorian aux Bahamas, M. Edmond a également mentionné les inondations qui ont frappé son pays et a demandé qu’une attention particulière soit accordée aux petits États insulaires en développement (PEID) qui ne disposent pas des moyens suffisants pour lutte contre les catastrophes naturelles et préserver l’environnement.

Le Ministre s’est inquiété des retards pris dans la lutte contre la pauvreté, estimant que les efforts déployés n’étaient pas à la hauteur des besoins réels et parlant de « décalage saisissant » entre les engagements pris, notamment dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et les actions en cours.  Il a par ailleurs insisté sur l’importance d’une éducation de qualité, seul moyen de garantir concrètement le respect des droits de l’homme et le progrès économique et social.  M. Edmond a ensuite rappelé les besoins « immenses » de son pays, pour lequel la poursuite des objectifs de développement durable reste « un défi majeur ».

Le Gouvernement haïtien a pleine conscience de la responsabilité qui est la sienne de garantir la sécurité, la stabilité et le développement à long terme du pays, a assuré le Ministre, qui a rappelé que son pays était confronté depuis plusieurs mois à « une crise politique complexe qui est venue se greffer à la situation de précarité économique vieille de plusieurs décennies.  Il a fait état des efforts du Président de la République Jovenel Moïse en faveur d’un dialogue haïtien et de la résolution de la crise.  Cependant, a-t-il averti, « Haïti ne pourra pas se relever sans un appui substantiel, soutenu, durable, cohérent, bien coordonné et efficace de la communauté internationale. »

M. Edmond a donc « pris acte » du mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) qui doit succéder le 16 octobre prochain à la Mission des Nations Unies pour l'appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH).  Rappelant que ce mandat consistera « essentiellement à conseiller le Gouvernement sur les moyens de promouvoir et renforcer la stabilité politique et la bonne gouvernance », le Ministre a souhaité que le BINUH dispose de toutes les ressources nécessaires.  Il a appelé à « une meilleure coordination de la présence onusienne » dans le pays », et a demandé que toutes ses actions s’inscrivent bien « dans le cadre des priorités établies par le Gouvernement ».

M. Edmond a également plaidé pour un « nouveau paradigme de la coopération internationale, estimant qu’elle passait nécessairement par une réforme en profondeur des structures des Nations Unies et de leur fonctionnement.  Les Nations Unies doivent être plus souples, plus ouvertes et plus pragmatiques, a poursuivi le Ministre, qui a estimé qu’une « action responsable et célère des Nations Unies aurait pu permettre de limiter les dégâts et d’éviter bien des souffrances aux populations affectées par l’épidémie de choléra ».  Il a toutefois reconnu des « progrès encourageants » dans la lutte menée contre cette épidémie grâce aux efforts de l’Envoyée spéciale du Secrétaire général et de tous les acteurs concernés, avant de demander à l’ONU de redoubler d’efforts pour assurer le financement de la stratégie de lutte contre le choléra dans le pays.

« Nous les peuples », a déclaré M. JEAN-CLAUDE GAKOSSO, Ministre des affaires étrangères, de la coopération et des Congolais de l’étranger du Congo, ne pouvons accepter ce qui s’apparente à une démolition méthodique du multilatéralisme.  Être dans le sens de l’histoire, c’est être dans la lucidité et c’est aussi se tenir loin des égoïsmes et des fanatismes, loin du mépris des uns, de la haine des autres et du rejet d’autrui, a asséné le Ministre avant d’attirer l’attention sur le plan national de développement 2018-2022 qui met l’accent sur l’accès universel aux soins de santé pour tous.  Cela est d’autant plus important, a-t-il expliqué, que la région est menacée par Ebola et par la propagation effrénée, « dans une indifférence quasi générale », de faux médicaments.  Ces faux médicaments et les officines qui les produisent doivent tout simplement être déclarés « ennemis publics » par tous et sans réserve, ici même aux Nations Unies, a martelé le Ministre, dénonçant « ni plus ni moins, un programme sordide d’empoisonnement de masse ».  Le Ministre a donc soutenu l’initiative africaine d’organiser à Lomé, un Sommet des chefs d’État entièrement consacré à cette problématique.

Il a ensuite regretté que la question des changements climatiques soit encore sujette à des divergences « sibyllines ».  Il a saisi cette occasion pour rappeler la nécessité de rendre opérationnel le « Fonds bleu pour le bassin du Congo », afin de protéger le deuxième poumon de la planète.  Rappelant que son pays préside la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), le Ministre s’est réjoui de l’évolution positive de la situation en République démocratique du Congo et a salué les efforts du Président centrafricain pour rétablir la sécurité dans l’ensemble des provinces du pays.  Le Ministre a vu dans la situation en Libye « la preuve « que les efforts déployés à ce jour n’ont pas été à la hauteur.  Son pays présidant le Comité africain de haut niveau pour la recherche de la paix, il a tranché: seuls un cessez-le-feu général et une cessation définitive des hostilités pourront créer les conditions d’un dialogue inclusif préalable à des élections générales, en vue d’un retour à l’ordre constitutionnel.  C’est, a-t-il dit, « l’agenda du bon sens et de la raison ».  C’est cet agenda qui a rendu possible le dénouement de la crise au Soudan voisin, a-t-il souligné, saluant le fruit de l’antique « Palabre africaine », laquelle se nourrit toujours aux sources de la pondération et de la sagesse.

Droits de réponse

Le représentant du Guatemala a rejeté les accusations du Belize sur les activités de déforestation que des ressortissants ou des membres des Forces armées guatémaltèques mèneraient au Belize.  Il a nié que le Guatemala occupe une partie du territoire de son voisin et a jugé inopportun de parler devant cette Assemblée de questions litigieuses qui ne relèvent pas de sa compétence et qui ont été confiées à la Cour internationale de Justice (CIJ).  Il a donc lancé un appel au Belize pour qu’il s’abstienne d’entraver la bonne marche des procédures judiciaires.

Son homologue de l’Indonésie a répondu au Vanuatu, qui a mis en cause l’appartenance de la Papouasie à son pays.  Étudiez et réétudiez le dossier du statut de la Papouasie ainsi que les faits juridiques et historiques, a encouragé le représentant, qui a affirmé que Nations Unies ont entériné l’identité indonésienne du territoire.  Pourquoi, s’est étonné le représentant, Vanuatu, dans son « irresponsabilité », soutient des groupes séparatistes qui ne sauraient prétendre fonder leur action sur le droit international ou la Charte des Nations Unies.  L’Indonésie est un pays multiethnique qui respecte les différences, les coutumes et les sagesses locales de tous ses groupes ethniques.

Le représentant de l’Arménie a vu dans la déclaration de l’Azerbaïdjan une tentative de justifier le non-respect des engagements pris et de se cacher derrière l’Arménie pour expliquer son faible bilan en matière de droits de l’homme.  Les menaces proférées par l’Azerbaïdjan, a estimé le représentant, devraient être interprétées comme une alerte précoce, présageant de nouveaux crimes de guerre. Pendant 30 ans, a martelé le représentant, la population du Nagorno-Karabakh a résisté face à la coercition de l’Azerbaïdjan et s’est mobilisée pour l’autodétermination.  L’Arménie, a-t-il promis, fera tout pour empêcher un nouveau génocide contre sa population et elle tient à une solution pacifique et négociée.  Évoquer les résolutions du Conseil de sécurité, a-t-il jugé, est une piètre excuse pour ne pas reprendre les négociations.  L’Azerbaïdjan lui-même n’a pas mis ces résolutions en œuvre et a toujours cherché à résoudre le problème par la force.  La Déclaration d’Athènes de l’OSCE reconnaît pourtant que le principe d’autodétermination est au cœur du règlement de la question du Nagorno-Karabakh et les autorités de ce territoire devraient avoir le dernier mot, a tranché le représentant.

Le représentant du Pakistan a répondu à l’Inde qui a accusé son pays d’avoir prononcé, hier, un discours de haine.  C’est une accusation « scandaleuse », s’est-t-il emporté.  C’est le Premier Ministre indien, a-t-il dénoncé, qui veut remettre au goût du jour l’idée d’une suprématie hindoue.  Lorsque mon Premier Ministre a pris la parole hier, il a dévoilé ce que le Gouvernement indien cherche à cacher: son action au Jammu-et-Cachemire et son traitement des minorités sur l’ensemble du territoire indien.  La réaction de l’Inde, a estimé le représentant, témoigne de sa volonté de manipuler et de cacher les souffrances de la population du Jammu-et-Cachemire qui fait l’objet d’un véritable « blackout » depuis 53 jours.  Quand est-ce que vous aurez le courage de laisser s’exprimer la population du Jammu-et-Cachemire et de répondre aux rapports du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme? a demandé le représentant.

Son homologue des Émirats arabes unis a, à son tour, rejeté les accusations portées par le Yémen.  Nous ne cherchons aucunement à diviser le pays et nous sommes, au contraire, très préoccupés par les développements dans le sud.  Les Émirats arabes unis, a affirmé la représentante, restent déterminés à aider le Gouvernement légitime du Yémen à lutter contre les milices houtistes.  Nous continuerons de prendre les mesures nécessaires pour protéger les membres de la coalition contre ceux qui la vise, y compris les terroristes de Daech et d’Al-Qaida.

Répondant à l’Arménie, le représentant de l’Azerbaïdjan s’est étonné que son homologue ait cherché à décrire devant la communauté internationale son pays comme « un ilot de démocratie ».  Or, les nouvelles autorités n’ont pas hésité à jeter l’opprobre sur leurs prédécesseurs, confirmant ce que l’Azerbaïdjan a toujours proclamé.  Pourquoi le nouveau Gouvernement d’Erevan devrait être perçu comme différent des gouvernements précédents? s’est demandé le représentant.  Le Nagorno-Karabakh, a-t-il insisté, restera azerbaidjanais, s’étonnant aussi que l’Arménie parle aujourd’hui de solution pacifique alors qu’elle n’a jamais fait preuve de pacifisme par le passé, comme en témoigne l’assassinat brutal de civils et leur expulsion.  La vérité est que l’Azerbaïdjan est occupé par l’Arménie qui s’y livre à un nettoyage ethnique et propage des discours de haine, y compris par la voix de personnalités publiques et politiques. Toute tentative de l’Arménie d’encourager la sécession du Nagorno-Karabakh est et sera toujours considérée comme illégale du point de vue du droit international.  Le Conseil de sécurité a l’a confirmé: le Nagorno-Karabakh est partie intégrante de l’Azerbaïdjan, a martelé le représentant.

Son homologue de l’Arménie l’a découragé de faire un parallèle entre la situation des droits de l’homme et de la démocratie entre leurs deux pays.  L’Azerbaïdjan est « une menace existentielle » pour le peuple du Nagorno-Karabakh, a-t-il répété, soulignant que dans son pays « nos minorités sont représentées au Parlement et leurs droits sont respectés ».  Il s’est étonné que les propos de l’Azerbaïdjan contrastent autant avec les rapports des organisations internationales.  Lors de l’offensive de 2016 contre les peuples du Nagorno-Karabakh, les forces azerbaïdjanaises ont exécuté et mutilé des corps, en ciblant des groupes vulnérables et des minorités yézidies, a-t-il affirmé.  L’Azerbaïdjan s’emploie à détruire toute trace de civilisation dans ces territoires, a-t-il accusé.

Reprenant de nouveau la parole, le représentant de l’Azerbaïdjan a déclaré; c’est l’Arménie qui méprise les règles du droit international.  Contrairement aux autres États de la région, l’Arménie se veut monoethnique, comme en atteste l’expulsion des non-Arméniens dont les Azerbaïdjanais.

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