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AG/12151
4 juin 2019
Soixante-treizième session, 88e séance plénière – après-midi

​​​​​​​L’Assemblée générale appelle à un calendrier pour le retour des déplacés et des réfugiés d’Abkhazie et de la région de Tskhinvali/Ossétie du Sud en Géorgie

L’Assemblée générale a adopté aujourd’hui sa résolution annuelle*sur la situation des déplacés et des réfugiés d’Abkhazie et de la région de Tskhinvali/Ossétie du Sud en Géorgie, par 79 voix pour, 15 voix contre et 57 abstentions, à l’issue d’un vote demandé par la Fédération de Russie.

L’Assemblée invite ainsi tous les participants aux pourparlers de Genève à redoubler d’efforts en vue d’établir une paix durable, à s’engager à renforcer la confiance et à prendre immédiatement des mesures pour faire respecter les droits de l’homme et instaurer des conditions de sécurité propices au retour volontaire sans entrave, dans la sécurité et la dignité de tous les déplacés et réfugiés dans leurs foyers.  Elle souligne qu’il faut fixer un calendrier pour leur retour.

La Géorgie, qui a présenté la résolution, s’est fait le porte-parole de ses 400 000 déplacés de force mais aussi de ceux de la Syrie, du Venezuela et du Myanmar « parce que les voix géorgiennes ne diffèrent en rien de celles des soixante-dix millions de déplacés dans le monde ».  Les raisons de leur déplacement peuvent être différentes, mais leur souffrance est la même, a-t-elle souligné, en ajoutant que la résolution s’inspire des principes directeurs de la question des déplacés et appelle au respect de trois d’entre eux, à savoir le droit au retour en toute sécurité et dignité, y compris les droits patrimoniaux; le caractère inacceptable des changements démographiques; et l’impératif d’un accès humanitaire sans entrave.

L’attachement sans faille de la Géorgie aux pourparlers de Genève, un format négocié entre elle et la Fédération de Russie et coprésidé par les Nations Unies, l’Union européenne et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) « semble aujourd’hui à sens unique ».  C’est, a souligné la Géorgie, ce qui explique l’impasse d’une situation de 10 ans, en dépit des appels répétés du Secrétaire général.

La Géorgie a dénoncé « les clôtures en fil rasoir » sur 49 kilomètres en Abkhazie et sur 52 kilomètres dans la région de Tskhinvali/ Ossétie du Sud.  Ces territoires restent des « trous noirs » où l’impunité règne en maître, où les graves violations des droits de l’homme sont monnaie courante et où les observateurs des droits de l’homme sont interdits.  Nous restons néanmoins, a assuré la Géorgie, attachés à un règlement pacifique comme en atteste l’initiative de paix « Vers un avenir meilleur ».  Nous voulons réconciliation et réintégration.

La plupart des délégations, dont le Canada, les États-Unis et l’Ukraine, coauteurs de la résolution, ainsi que la Lituanie, au nom des huit pays baltes et nordiques, ont réaffirmé leur attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues et ont exhorté la Fédération de Russie à mettre fin à son interférence et à respecter les engagements pris dans le cadre de l’OSCE.  Préoccupés par le refus russe et d’autres participants de Tskhinvali et Soukhoumi de participer aux pourparlers de Genève dès lors que la question des déplacés et des réfugiés est mise sur la table, « alors même qu’elle est au cœur du mandat des pourparlers », comme l’a souligné la représentante de la Lituanie, les pays baltes et nordiques ont demandé à l’ONU de rester saisie de ce dossier. 

Au nom de l’Organisation pour la démocratie et le développement économique (GUAM), l’Ukraine a estimé que les objectifs de la résolution sont purement humanitaires.  Il s’agit en effet, a renchéri le Royaume-Uni, d’une question de droits de l’homme.  Il a d’ailleurs regretté que le texte ait été lié à « d’autres processus politiques ».

Cette résolution, a contré la Fédération de Russie, est bel et bien « politisée » et a pour objectif d’empêcher la normalisation de la situation.  Ce texte, a-t-elle estimé, tente « de forcer à la soumission », une approche qui ne passe pas auprès des peuples du Caucase.  Cette résolution annuelle a des répercussions négatives sur les pourparlers de Genève.  Il faut, a plaidé la Fédération de Russie, un débat sur une coexistence pacifique.

Les États-Unis ont profité de l’occasion pour rappeler que le monde commémore aujourd’hui le trentième anniversaire des manifestations de Tiananmen, en Chine, et pour présenter les condoléances du Gouvernement américain aux familles des victimes.  Depuis la création de la nouvelle république, a répliqué la Chine, nous avons prouvé que notre voie est la bonne.  Notre peuple la soutient d’ailleurs depuis plus de 70 ans.  Reprochant aux États-Unis d’avoir attaqué frontalement son système politique et de critiquer de manière éhontée sa politique des droits de l’homme, la Chine a dénoncé une violation des normes régissant les relations internationales et a dit craindre l’érosion de la confiance entre les deux pays. 

Aux États-Unis, s’est-elle emportée, certaines personnes agissent comme si elles mènent le monde à la baguette.  Sous couvert de démocratie, elles s’arrogent le droit de s’immiscer dans les affaires intérieures des autres pays, tout en occultant leurs propres problèmes.  La Chine espère que les États-Unis arrêteront ces attaques infondées car ils finiront par s’en mordre les doigts devant tous.

* A/73/L.89

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