L’Assemblée générale proclame 2021-2030 « Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes »

AG/12124
1 mars 2019
Soixante-treizième session, 69e séance plénière - matin

L’Assemblée générale proclame 2021-2030 « Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes »

À l’unanimité, l’Assemblée générale a adopté, ce matin, deux résolutions par lesquelles elle décide de proclamer 2021-2030, « Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes » et de réaffirmer « son appui ferme et constant au Système de certification du Processus de Kimberley » qui a permis de passer des « diamants du sang » aux « diamants de la paix ».

Préoccupée par le fait que la perte de biodiversité et des services écosystémiques due à la dégradation des terres représente plus de 10% du produit intérieur brut mondial, l’Assemblée générale a décidé de proclamer la période 2021-2030 « Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes ».  Il s’agit d’appuyer et d’intensifier les efforts visant à éviter, enrayer et inverser la dégradation des écosystèmes dans le monde et à sensibiliser à l’importance d’une restauration réussie des écosystèmes.

La Ministre de l’environnement et des ressources naturelles d’El Salvador, Mme Lina Dolores Pohl Alfaro, a présenté le texte comme un « cadre d’action pour dynamiser les accords multilatéraux existants et favoriser des synergies qui faciliteront la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 ».  Elle a rappelé que la dégradation des écosystèmes entraîne une incidence négative sur près de 3,2 milliards de personnes dans le monde, tout en augmentant la vulnérabilité aux changements climatiques.

Changer cette réalité est possible, a-t-elle souligné devant une restauration des écosystèmes qui pourrait avoir un impact positif sur la sécurité alimentaire, le stress hydrique et les mesures d’adaptation et d’atténuation des changements climatiques.  Dans sa résolution, l’Assemblée générale engage les États à stimuler la volonté politique et favoriser la mobilisation de ressources, le renforcement des capacités, la recherche scientifique et la coopération et la création d’une dynamique favorable à la restauration des écosystèmes aux niveaux mondial, régional, national ou local.

Comme la mise en œuvre de la résolution coûtera au moins 27 200 dollars à l’ONU, les États-Unis ont regretté de n’avoir pas été informés de cette donne pendant les négociations.  « C’est la preuve que nous n’adoptons pas toujours les textes en toute connaissance de cause », ont-t-il dénoncé, ajoutant que les accords multilatéraux figurant dans la résolution ne sont pas contraignants et que le Programme 2030 est mis en œuvre en fonction de chaque politique nationale.

L’Assemblée générale a également adopté par consensus une résolution par laquelle elle réaffirme « son appui ferme et constant au Système de certification du Processus de Kimberley » pour passer des « diamants du sang » aux « diamants de la paix », comme l’a souhaité la Roumanie qui a présenté le texte au nom de l’Union européenne, Présidente du Processus en 2018. 

Elle a décrit un texte qui salue les progrès faits par le Processus afin de rompre le lien entre le commerce du diamant et les conflits.  La résolution, a souligné la Roumanie, encourage l’exploration de nouvelles voies pour faire du Processus un outil de  consolidation de la paix, de la paix durable et de réalisation du Programme 2030.  Elle rappelle que le Processus est axé sur la réforme et l’examen et note que le Comité spécial d’examen et de réforme poursuivra les consultations sur les questions relatives à la consolidation du document de base, au renforcement du dispositif d’évaluation collégiale, à la création d’un secrétariat permanent et à la mise en place d’un fonds multidonateurs.

Lancé en 2000 à l’initiative des pays producteurs de diamants d’Afrique australe, le Processus de Kimberley est un système de certification international qui réglemente le commerce des diamants bruts.  C’est aussi une instance technique tripartite entre les gouvernements, l’industrie mondiale du diamant et la société civile qui a comme objectif majeur d’endiguer le flux des « diamants de la guerre » ou « diamants du sang » dont se servent les rebelles pour financer les conflits armés.  En novembre 2018, le Processus comptait 55 participants représentant 82 pays, l’Union européenne (UE) comptant pour un seul participant.

Aujourd’hui, l’UE s’est félicitée de ce que depuis 2003, la part des « diamants de la guerre » dans le commerce mondial soit passée de 15% à l’époque à 1% aujourd’hui.  Ce n’est pas rien et pour plusieurs pays et communautés, le Processus de Kimberley a fait la différence entre la vie et la mort, entre la guerre et la paix.  Il continue de contribuer à la consolidation et au maintien de la paix, a renchéri l’Australie, avant que le Botswana n’en souligne l’impact direct sur la mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation du Programme 2030.

Tous nos diamants exportés passent maintenant par le mécanisme de certification du Processus, a confirmé la Sierra Leone, se réjouissant que le commerce illicite ait été réduit « au minimum ».  Devant ce succès, l’Union européenne a dit encourager les approches régionales pour relever les défis de la conformité, en tirant parti de l’expérience de l’Union du fleuve Mano.  Elle a d’ailleurs salué les efforts visant à développer une approche similaire dans la région d’Afrique centrale et l’engagement de la République centrafricaine à assurer la traçabilité des livraisons de ses diamants bruts. 

Israël,une des  premières bourses du diamant au monde, s’est enorgueilli de ce qu’en 2017, il a passé « avec panache » son examen par les pairs.  Il a dit avoir été félicité non seulement pour avoir respecté les normes minimales du Processus mais surtout pour avoir mis en place des processus d’audit stricts, une bonne organisation des données et une application uniforme du Processus.  Mais le système n’est pas parfait, a reconnu Israël qui a fait observer que 0,2% des diamants dans le monde sont toujours liés aux conflits armés et à la violation des droits de l’homme.  La communauté internationale doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour faire entrer ces 0,2% dans le cadre du Processus. 

D’autres propositions pour améliorer le Processus ont été faites et notamment par l’Inde, Présidente du Processus en 2019.  L’une de nos priorités cette année est de soutenir les pays miniers alluviaux et artisanaux par une aide technique et au renforcement des capacités, a-t-elle annoncé, présentant un programme de travail qui prévoit le renforcement de la structure tripartite « en vue de parvenir à un consensus autour des divers programmes présentés ».  La Fédération de Russie, qui assurera la présidence en 2020, a prôné le partage d’informations « sans condition » entre les acteurs de la filière, afin « d’exclure tout risque d’entrée sur le marché des diamants de synthèse ». 

La Sierra Leone a touché aux questions sociales, arguant que le Processus devrait obtenir des sociétés minières des cahiers des charges pour le développement des communautés dans lesquelles elles opèrent.  L’égalité des sexes dans l’industrie diamantaire est un autre aspect dans lequel le Processus pourrait s’engager, a plaidé la Sierra Leone, compte tenu du pourcentage important de femmes dans le secteur minier. 

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