Déclaration faite à la presse faite par le Conseil de sécurité sur la situation en Guinée-Bissau

SC/13218
21 février 2018

Déclaration faite à la presse faite par le Conseil de sécurité sur la situation en Guinée-Bissau

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de février M. Mansour Ayyad Sh. A. Alotaibi (Koweït)

Les membres du Conseil de sécurité ont entendu, le 14 février 2018, un exposé sur la situation en Guinée-Bissau fait par le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS), Modibo Ibrahim Touré, et par l’Ambassadeur Mauro Vieira, Représentant permanent du Brésil auprès de l’Organisation des Nations Unies, intervenant en sa qualité de Président de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix.

Les membres du Conseil se sont déclarés profondément préoccupés par la persistance de la crise politique et institutionnelle en Guinée-Bissau, qui s’expliquait par le manque de volonté dont les acteurs politiques faisaient preuve s’agissant de trouver une solution durable et consensuelle.  Ils ont engagé vivement les parties prenantes en Guinée-Bissau à mettre immédiatement en œuvre l’ensemble des dispositions de l’Accord de Conakry.  Ils ont dénoncé les manœuvres auxquelles se livraient ceux qui cherchaient à empêcher et à bloquer le règlement de la crise.  Ils ont appelé à la tenue, respectivement en 2018 et 2019, d’élections législatives et présidentielle libres, justes, crédibles et transparentes, auxquelles les femmes participeraient pleinement.

Les membres du Conseil se sont déclarés favorables aux efforts faits par la CEDEAO pour régler rapidement la crise et ont pris note de la décision que celle-ci avait prise, le 4 février 2018, d’imposer des sanctions à ceux qui entravaient la mise en œuvre de l’Accord de Conakry, seul instrument consensuel propre à trouver une solution durable à la crise, dont la condition préalable demeure la nomination, par consensus, d’un premier ministre et la formation d’un gouvernement inclusif.  Ils ont fait part de leur volonté de continuer à surveiller la crise politique en cours et se sont dits prêts à prendre les mesures nécessaires pour faire face à toute nouvelle aggravation de la situation en Guinée-Bissau.

Les membres du Conseil ont salué l’action menée par la Mission de la CEDEAO en Guinée-Bissau pour stabiliser davantage le pays et pris note de la décision d’en proroger le mandat jusqu’au 31 mars 2018, que la Conférence des chefs d’État et de gouvernement a prise à sa session extraordinaire du 27 janvier 2018, tenue à Addis-Abeba (Éthiopie).

Les membres du Conseil ont félicité les institutions de la Guinée-Bissau chargées de la défense et de la sécurité pour leur non-ingérence dans le processus politique et leur respect du rôle constitutionnel qui était le leur.  Ils ont estimé que la réforme de ces institutions demeurait une priorité majeure.

Les membres du Conseil ont déploré les violations du droit de réunion pacifique qui lui ont été signalées, droit pourtant reconnu par la Constitution de la Guinée-Bissau et les instruments juridiques de l’ONU, de la CEDEAO et de l’Union africaine.  Ils ont exhorté les autorités bissau-guinéennes à veiller au strict respect des obligations que leur imposait le droit international des droits de l’homme.

Les membres du Conseil ont invité les organisations régionales, en particulier la CEDEAO, l’Union africaine, la Communauté des pays de langue portugaise et l’Union européenne, à poursuivre leurs efforts de médiation et à continuer d’encourager les acteurs politiques de la Guinée-Bissau à dialoguer directement en vue de la mise en œuvre des Accords de Conakry et de la Feuille de route en six points signée à Bissau.

Les membres du Conseil ont souligné qu’il était nécessaire que la communauté internationale continue d’appuyer activement l’action menée à l’échelle régionale, en particulier par la CEDEAO, mais également l’Union africaine, la Communauté des pays de langue portugaise et l’Union européenne, en vue de sortir de l’impasse politique.

Les membres du Conseil se sont félicités des efforts résolus que l’Union africaine continuait à déployer pour promouvoir une solution pacifique à l’impasse politique dans laquelle se trouvait la Guinée-Bissau, et ont accueilli avec satisfaction le communiqué de la sept cent cinquante-deuxième réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine [PCS/Pr/COMM. (DCCLII)] publié le 13 février 2018 à ce sujet.

Les membres du Conseil ont encouragé le Représentant spécial du Secrétaire général à redoubler d’efforts pour promouvoir un dialogue politique sans exclusive, notamment la participation pleine et effective des femmes, comme dans le cadre du Groupe de médiation des femmes, et appuyer le processus de réconciliation nationale, en étroite coordination avec les partenaires internationaux présents sur le terrain, en particulier la CEDEAO et l’Union africaine, qui continuaient de faire preuve de détermination et de mener d’intenses activités de médiation et de facilitation en vue de résoudre la crise politique et institutionnelle régnant en Guinée-Bissau

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