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ECOSOC/6939
13 Juillet 2018
Forum politique de haut niveau, Session de 2018 13e, 14e & 15e séances – matin & après-midi

Le Forum politique de haut niveau achève une semaine marquée par l’engagement fort des États Membres et de toutes les parties prenantes au Programme 2030

La Réunion du Forum politique de haut niveau pour le développement durable organisée sous les auspices du Conseil économique et social (ECOSOC) a achevé, ce soir, sa première semaine de travaux, l’occasion pour la Présidente du Conseil, Mme Marie Chatardová, et le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Liu Zhenmin, de noter l’engagement fort des États Membres et de toutes les parties prenantes au Programme de développement durable à l’horizon 2030.  

Mme Chatardová a rappelé pour sa part que si le Forum a évalué les progrès dans six objectifs de développement durable, les participants ont aussi insisté sur le caractère indivisible, intégré et interconnecté des 17 objectifs.  L’élan autour du Programme 2030 reste fort et il est essentiel de garder le même niveau d’énergie alors que nous avançons vers l’année 2019 où le Forum politique se réunira en juin et en septembre, cette fois sous les auspices de l’Assemblée générale.

Cette semaine, a poursuivi la Présidente, nous avons entendu des progrès dans de nombreux domaines: le déclin du nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté et de la mortalité maternelle et infantile, le déclin du nombre de personnes vivant sans électricité, ainsi que des efforts concrets pour intégrer les objectifs de développement durable dans les plans et stratégies nationaux de développement.

De nombreux pays, a ajouté la Présidente, assurent la cohérence des actions de mise en œuvre du Programme 2030, de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, du Cadre de Sendai et du Plan d’action d’Addis-Abeba ainsi que d’autres accords internationaux.  Autre progrès, les données désagrégées et les statistiques ont gagné du terrain.

Parmi les difficultés évoquées cette semaine, la Présidente a souligné les poches de pauvreté qui persistent dans les zones rurales, les quatre milliards de personnes sans protection sociale, ainsi que l’augmentation du nombre de conflits conduisant des millions de personnes au déplacement et 18 pays à l’insécurité alimentaire.  À cela s’ajoutent les pertes d’espèces, la pollution urbaine ou encore l’accès limité à l’énergie propre.

De plus, les flux migratoires augmentent et la capacité de répondre aux besoins spécifiques des migrants sont sous pression partout.  Les femmes et les filles sont disproportionnellement touchées par les catastrophes et les conflits.  Nombre d’entre elles sont privées de leurs droits fondamentaux.

 Le message de cette semaine est clair, selon la Présidente: « la solution existe ».  Pour l’accès à l’eau, il y a la gestion intégrée des ressources.  Pour l’énergie, il y a les sources renouvelables: en 2017, 17 pays ont généré ainsi plus de 90% de leur électricité.

Un des sujets examinés aujourd’hui avait trait au renforcement du partenariat mondial et à l’amélioration des moyens de mise en œuvre.  Les intervenants ont souligné que la cohérence politique et un environnement favorable pour le développement durable à tous les niveaux sont essentiels.

 Autre solution retenue par la Présidente, en vue de ne laisser personne de côté, il faut aider les plus vulnérables à prendre leur destin entre leurs mains et à trouver leur place parmi les acteurs du développement.  La collecte de données est un outil pour cela, car elle permet d’attirer l’attention des décideurs politiques et du public sur les préoccupations concrètes des groupes marginaux, d’où découlent des changements politiques grâce à de nouvelles lois et campagnes de sensibilisation. 

 « On nous a rappelé que la transformation vers des sociétés durables et résilientes est vraiment alimentée par les citoyens et leurs autorités locales », a rappelé de façon pertinente Mme Chatardová, avant d’ajouter que « le changement n’est pas facile et rien ne peut remplacer l’impact des politiques nationales et de l’action ».

 Le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales a déclaré que le Forum a répondu à ses attentes et s’est avéré être un lieu de convergence dynamique où la cohérence des politiques est soulignée et où les plus pauvres et les plus vulnérables figurent en tête des préoccupations.   

 « On a maintenant une vision plus claire des lacunes et des actions requises. »  M. Liu a également apprécié les nouvelles idées présentées, tant par les gouvernements que par les communautés.  Cela répond au besoin urgent d’intervenir et de prendre des mesures, notamment pour répondre aux besoins des pays dans des situations particulières.

« Je suis très rassuré de la convergence des points de vue de tous les acteurs pour travailler ensemble », a-t-il déclaré.  Il a promis le soutien du Département des affaires économiques et sociales aux États Membres dans leurs efforts pour progresser vers les objectifs.

Cette cinquième journée a été marquée par des discussions sur deux objectifs de développement durable -le 15 (préserver et restaurer les écosystèmes terrestres) et le 17 (renforcement des moyens de mise en œuvre et de revitalisation du partenariat mondial pour le développement durable)- avant de faire le bilan sur la réussite du Programme 2030.  « Ne laisser personne de côté: sommes-nous en train de réussir? »

Le Forum politique de haut niveau sur le développement durable dont le thème cette année est « Transformation vers des sociétés durables et résilientes » poursuivra ses travaux lundi 16 juillet et entamera la réunion ministérielle consacrée à l’examen volontaire national de 47 pays. 

FORUM POLITIQUE DE HAUT NIVEAU POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ORGANISÉ SOUS LES AUSPICES DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

Table ronde sur l’objectif 15 de développement durable: préserver et restaurer les écosystèmes terrestres

Cette table ronde, présidée et animée respectivement par le Vice-Président de l’ECOSOC, M. JERRY MATTHEWS MATJILA (Afrique du Sud) et M. RENE CASTRO, Sous-Directeur en charge du Département du climat, de la biodiversité, des terres et des eaux de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a offert l’opportunité aux États, aux agences onusiennes et autres organisations internationales, ainsi qu’à la société civile et aux universitaires et chercheurs, de rappeler que le déclin actuel de la biodiversité, lié à la déforestation et la dégradation des terres, aura des conséquences négatives sur la mise en œuvre de tous les objectifs de développement durable.

La réalisation de l’objectif 15 de développement durable est donc essentielle pour fournir des services respectueux de l’environnement, assurer des systèmes alimentaires durables et mieux atténuer les effets des changements climatiques.  En effet, les végétaux fournissent 80% de notre alimentation, et nous dépendons de l’agriculture en tant que ressource économique et moyen de développement.  Les forêts recouvrent 30% de la surface de la planète et abritent plus de 80% des espèces d’animaux, de plantes et d’insectes que compte le monde.  Malheureusement, sur 8 300 espèces d’animaux d’élevage connues, 8% ont disparu et 22% sont en voie d’extinction.  En outre, chaque année 13 millions d’hectares de forêts sont perdus tandis que la dégradation continuelle des zones arides a conduit à la désertification de 3,6 milliards d’hectares.     

Pour avoir une vue d’ensemble des conséquences de la déforestation et de la dégradation des terres, Mme HEATHER PAGE, de la Division de statistique du Département des affaires économiques et sociales (DAES), a fait une brève présentation de la mise en œuvre de l’objectif 15.  La mise en œuvre complète de toutes les mesures de gestion durable des forêts pourrait permettre de faire cesser la déforestation, a-t-elle assuré en constatant que la déforestation s’est déjà ralentie.  La dégradation des terres, a-t-elle rappelé, menace aussi la sécurité et le développement de tous les pays ainsi que la survie de plus d’un milliard de personnes.  Elle a salué l’augmentation de la superficie et du nombre d’aires protégées à travers le monde, tout en déplorant l’augmentation du nombre d’espèces vivantes menacées d’extinction, notamment à cause des méthodes agricoles non durables ou encore du fait d’espèces exotiques envahissantes qui affectent la santé des écosystèmes à travers le globe.

« Les services écosystémiques ne cessent de dépérir », a dépeint l’orateur principal, M. SIMON LEVIN, professeur d’écologie et de biologie de l’évolution et Directeur du Centre de biocomplexité de l’Université de Princeton aux États-Unis, en expliquant que cela va de pair avec la diminution des ressources hydriques et forestières.  Les écosystèmes montagneux ont tout de même augmenté de 2%.  Pour mesurer les efforts mondiaux, il a conseillé de se baser sur de meilleures données et une plus grande coopération entre États.  Il faut aussi trouver les moyens de garantir l’équité en tenant compte des groupes vulnérables comme les populations autochtones, tout en veillant à adopter une approche holistique qui intègre tous les systèmes écologiques.

Ce n’est qu’une simple fraction des ressources naturelles qui est exploitée pour les besoins des hommes, a tenu à rappeler l’animateur du débat, M. Castro, de la FAO.  Ainsi, l’homme consomme à peine 10% des espèces de poisson existantes.  C’est la même tendance avec les plantes, car à peine 6 000 espèces représentent 63% de la consommation mondiale de végétaux.  Pour cet expert, si les décideurs ne prennent pas les décisions idoines, alors les flux migratoires vont s’accentuer, puisque les gens vont continuer de se diriger vers des zones où les ressources seront disponibles.

Revenant à la charge pour prévenir des risques encourus, Mme ANNE LARIGAUDERIE a prévenu que « tous les services écosystémiques sont en déperdition ».  L’experte, qui est Secrétaire exécutive de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), un organisme qui publie des rapports régionaux sur les écosystèmes terrestres, a en effet indiqué que ses quelque 550 experts sont formels sur ce point.  Elle a en même temps reconnu que les choses peuvent évoluer différemment, comme on le voit déjà avec l’augmentation des aires protégées à travers le monde, notamment en Afrique.  De nombreuses mesures restent encore à l’étape de projet, a-t-elle quand même averti.  Les rapports laissent voir que la plupart des cibles en matière de biodiversité ne seront pas réalisées, notamment les 20 objectifs du plan décennal d’Aichi relatifs à la diversité biologique, couvrant la période 2011-2020.  Ces objectifs visent à faire que, d’ici à 2020, les écosystèmes soient résilients et continuent de fournir des services essentiels, préservant ainsi la diversité de la vie sur Terre, et contribuant au bien-être humain et à l’élimination de la pauvreté.

Si on adoptait une sorte d’accord sur les forêts, comme celui qui a été conclu à Paris sur le climat, les choses pourraient tout de même changer positivement, a estimé Mme CÉCILE BIBIANE NDJEBET, Directrice du réseau des femmes africaines pour la gestion communautaire des forêts (REFACOF), organisation basée au Cameroun.  Mme Ndjebet a noté que la déforestation a des conséquences plus graves sur les femmes et les enfants, notamment ceux issus des peuples autochtones.  Il faut donc s’assurer que ces femmes soient davantage impliquées dans la mise en œuvre des mesures de restauration des forêts, dans le cadre d’un dialogue multipartite.  Il faudrait déjà insister sur la certification forestière afin de promouvoir la reforestation, tout en soutenant les initiatives communautaires qui ont fait leur preuve à travers le monde, a proposé l’experte.  

Le rôle des femmes pour la réalisation de l’objectif 15 a également été évoqué par Mme GERTRUDE KABUSIMBI KENYANGI, Directrice exécutive de « Support for Women in Agriculture and Environment », organisation basée en Ouganda.  Elle a recommandé que « toutes les mesures prises dans le domaine de la préservation des écosystèmes adoptent désormais une approche sexospécifique ».  Il faut aussi tenir compte de l’avis des populations autochtones qui sont, en fait, les propriétaires des aires qui les entourent.  Des aires dont elles ont contribué à la préservation parfois depuis des siècles.  Elle a aussi insisté sur le droit de la propriété foncière en faveur des femmes, plaidant pour davantage d’équité entre les sexes dans le cadre du partage des bénéfices tirés de l’exploitation forestière.  

Ces bénéfices pour les fermiers des pays en développement seront plus importants s’ils veillent à bien conserver les forêts, a affirmé Mme JILL BLOCKHUS, Directrice des partenariats internationaux à « The Nature Conservancy ».  Une meilleure gestion des forêts est aussi favorisée par les obligations vertes car celle-ci contribuent à atténuer les effets des changements climatiques.  Certains pays développés tels que le Royaume-Uni, la Norvège et l’Allemagne ont à cet égard promis 5 milliards de dollars entre 2016 et 2020.  La Norvège a même signé un accord pour débloquer 1 milliard de dollars en faveur de l’Indonésie et du Brésil dans le cadre des obligations vertes.  Ces prêts, dont les taux d’intérêt sont presque inexistants, sont donc essentiellement orientés vers la durabilité des écosystèmes.  Pour Mme Blockhus, ce genre de produits financiers permet aux pays en développement d’œuvrer à la préservation de l’environnement tout en améliorant leur statut auprès des agences de notation, puisque ces dernières attribuent de bonnes notes à ce genre d’investissements.

Un nouveau concept de paiement des services écologiques a par ailleurs été présenté par M. ROY BROUWER, professeur et économiste de l’environnement au Département d’économie de l’Université de Waterloo (Canada).  Il s’agit, à l’inverse du principe du pollueur-payeur, de faire que le gouvernement, des communautés locales ou des partenaires privés payent les communautés ou les parties prenantes impliquées dans les services des bassins versants.  Cela veut dire qu’une communauté vivant en amont d’un cours d’eau ou sur une colline recevrait des rétributions des parties prenantes situées en aval, afin de récompenser les efforts écologiques engagés, efforts qui profitent à ceux situés en bout de chaîne écologique.  Une telle approche économique et écologique, a expliqué le professeur Brouwer, permet de préserver davantage les forêts et les ressources en eaux.

Ces ressources en eaux sont au cœur même de la Convention de Ramsar sur les zones humides, a relevé Mme MARTHA ROJAS-URREGO, Secrétaire générale de la Convention de Ramsar.  La Convention datant de 1971 a adopté une large définition des zones humides comprenant tous les lacs et cours d’eau, les aquifères souterrains, les marécages et marais, les prairies humides, les tourbières, les oasis, les estuaires, les deltas et étendues intertidales, les mangroves et autres zones côtières, les récifs coralliens et tous les sites artificiels tels que les étangs de pisciculture, les rizières, les retenues et les marais salants.  L’experte a précisé que 40% des espèces vivantes du monde évoluent et se reproduisent dans des zones humides, or ces zones ont un fort potentiel de séquestration de carbone.  Mais 40% des zones humides du monde ont été perdues ces 40 dernières années, et 76% des espèces y vivant sont menacées de disparition, a-t-elle déploré.  Il faut se rappeler que la vie sur terre n’est pas possible sans eau, et que les zones humides ont un rôle majeur pour la production et la préservation de cette eau, d’où l’importance de tenir compte de la santé des zones humides du globe dans tous les efforts liés à l’objectif 15 de développement durable, a conclu Mme Rojas-Urrego.

M. CHIAGOZIE CHIMA UDEH, membre du Conseil d’administration de la Fondation planter pour la planète, s’exprimant au nom du grand groupe des enfants et des jeunes, a indiqué que, selon une évaluation de l’Université de Yale, il y a 3 000 milliards d’arbres dans le monde.  Les jeunes de la Fondation entendent ajouter le tiers de ce nombre, soit 1 000 autres milliards d’arbres, notamment dans des pays du Sud, afin de contribuer à la séquestration du carbone.  Un projet en ce sens a été lancé, en avril dernier, avec un coût estimé à un euro par arbre.  Ces jeunes lèvent des fonds à cet effet et ils sont certains que les fonds sont disponibles, quand on sait que le G7 dépense plus de 854 milliards de dollars à des fins militaires.  Le groupe des volontaires a dit la même chose en plaidant pour des moyens conséquents pour les aider à poursuivre leur action dans le monde.  L’an dernier en Inde, un million de personnes ont ainsi planté 66 millions d’arbres en une journée.  

Au cours de l’échange avec les délégations, celles-ci sont revenues sur les questions relatives aux autochtones, à l’alimentation, au rendement agricole, à la biodiversité et aux forêts.  La représentante de la Norvège a ainsi appelé à plus de soutien aux populations autochtones, car il est prouvé que les forêts dont elles ont la charge sont celles qui sont les plus vivantes.

La représentante du grand groupe des femmes a également plaidé pour l’amélioration des conditions de vie des populations autochtones, notamment les femmes qui subissent des pratiques patriarcales en matière de gestion des terres.  Il faut donc s’écarter de ces modèles et faire respecter les droits des femmes, y compris ceux liés au foncier qui influent directement sur leur capacité de production alimentaire.  Évoquant la diversité alimentaire qui est aujourd’hui compromise, la représentante du Comité permanent de la nutrition des Nations Unies a plaidé pour des systèmes alimentaires sains. 

Toujours en ce qui concerne l’alimentation, le représentant du Fonds international de développement agricole (FIDA), a expliqué que grâce à de bonnes politiques et des pratiques agricoles durables, on peut éradiquer la pauvreté tout en restaurant les écosystèmes terrestres.  L’intérêt de l’agriculture durable est évident pour le grand groupe des agriculteurs et des petits propriétaires forestiers dont les membres sont parmi les plus affectés par la dégradation des terres en ce qu’elle sape la production des aliments.  L’innovation et les partenariats sont des moyens de pallier ce problème, a-t-elle prescrit.  À propos d’innovation, le représentant de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a parlé d’un programme utilisant l’énergie nucléaire pour augmenter le rendement agricole au Maroc. 

La représentante de la Convention sur la biodiversité a affirmé que la biodiversité pourrait aider à résoudre les problèmes actuels.  Mais il faudrait tenir compte des connaissances traditionnelles en matière de préservation de la biodiversité.  Il faut aussi qu’un sommet des chefs d’État soit organisé, juste après 2020, afin de sensibiliser l’opinion internationale sur la question de la perte de la biodiversité.  En effet, 2020 marque la fin du cycle 2011-2020 qui est la Décennie pour la biodiversité des Nations Unies.

Il faut savoir que 47 États se sont déjà engagés à restaurer 160 millions d’hectares de terres dégradées d’ici à 2020, a signalé le représentant du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).  Un projet, le « défi de Bonn », envisage même une restauration de plus de 350 millions d’hectares de terres dégradées dans le monde à l’horizon 2030, soit presque la superficie de l’Inde.

La déléguée de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a rappelé que leur classement annuel des espèces en danger, la liste rouge, alerte sur la menace d’extinction de 94 000 espèces vivantes.  Enfin, le représentant de la République démocratique du Congo (RDC) a dit qu’avec plus d’un milliard d’hectares de forêts, son pays fait partie du problème mais voudrait également faire partie de la solution si jamais des fonds étaient mobilisés pour accompagner les efforts nationaux.

Examen de la mise en œuvre de l’objectif 17 de développement durable: renforcement des moyens de mise en œuvre et de revitalisation du partenariat mondial pour le développement durable

La Rédactrice en chef de l’édition américaine de Financial Times, Mme GILLIAN TETT, a animé cette table ronde sur le renforcement des moyens de mise en œuvre et de revitalisation du partenariat mondial pour le développement durable.

La responsable de la Section de la surveillance des objectifs de développement durable de la Division de statistique des Nations Unies, Mme YONGYI MIN, a ouvert la discussion en parlant de l’aide publique au développement (APD) des membres du Comité d’aide au développement (CAD), qui a légèrement baissé en 2017 en raison principalement du coût de l’aide humanitaire pour les réfugiés.  L’aide au développement des pays de l’OCDE et du CAD totalise 147 milliards de dollars en 2017.  Cinq pays ont respecté le taux de 0,7% du PIB consacré à l’aide publique au développement (APD).  La connexion Internet haut débit reste largement inaccessible dans le monde en développement, a ajouté Mme Min en donnant le taux de 6% de ces pays seulement qui ont accès au haut débit.  La part des pays les moins avancés (PMA) dans l’exportation mondiale a en outre diminué entre 2013 et 2016.  L’experte a encore indiqué que si de nombreux pays de l’Afrique subsaharienne ont des plans nationaux de statistiques, trois seulement ont été financés.  Elle a noté que la part de l’APD consacrée au renforcement des capacités statistiques a oscillé autour de 0,3% depuis 2010 malgré des demandes croissantes. 

Il est essentiel de multiplier les ressources en faveur des infrastructures, a avancé le représentant de la Jamaïque, M. COURTENAY RATTRAY.  Toutefois, la mobilisation du financement public est handicapée par les dettes dans les pays en développement.  Il faut donc exploiter les mécanismes de financement innovants, a-t-il conseillé, arguant que les pays endettés ont besoin de marges de manœuvre financières et des mécanismes exemptés des risques pour pouvoir mettre en œuvre les objectifs de développement durable.  Il a en même temps averti que ces financements innovants n’étaient pas des panacées.  Les États Membres doivent en outre éviter les pratiques nuisibles qui sapent la mise en œuvre des objectifs de développement durable.

Quelles infrastructures financer en priorité?  M. Rattray a souligné l’importance d’investir dans des infrastructures civiles résilientes comme l’assainissement, l’eau et l’énergie.  Si le manque de financements persiste, a-t-il indiqué, il manquera 3 000 milliards de dollars de financements cumulés d’ici à 2050.  Le représentant a également mis l’accent sur le rôle des banques de développement et des institutions financières régionales dans le financement de la mise en œuvre du Programme 2030.  Face à la faiblesse de la mobilisation des ressources pour les financements des infrastructures dans les PMA, les petits États insulaires en développement (PEID) et les pays en développement sans littoral, il a conseillé d’optimiser les recettes fiscales et de respecter les engagements pris dans le cadre de l’APD.

Une autre piste a été proposée par le délégué du Bangladesh, M. MASUD BIN MOMEN: promouvoir et libéraliser le commerce international.  Il faut aussi améliorer les flux financiers réguliers dont dépendent des pays comme le Bangladesh.  Il a rappelé la nécessité de l’appui international aux pays vulnérables aux catastrophes, car ces pays ont besoin d’appui technique pour mettre en place des systèmes d’assurance pour ces types de dégâts.  Le représentant a aussi souligné le rôle de la technologie qui est nécessaire pour aider à rattraper les retards de développement technologique.

L’objectif 17 est comme un système de positionnement global « GPS » pour le Programme 2030, a donné comme image le Représentant spécial de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) auprès des Nations Unies, M. ROBIN OGILVY, en assurant que cet objectif est à notre portée.  Soulignant l’importance des données pour réaliser cet objectif, il a appelé à investir davantage dans ce domaine, afin de disposer des données nécessaires à la mise en œuvre.  M. Ogilvy a ensuite encouragé à utiliser les technologies nouvelles car « c’est vital ».  Les gouvernements devraient se doter de plans nationaux sur les nouvelles technologies, a-t-il suggéré.  Le troisième levier pour la mise en œuvre est le financement, a-t-il avancé.  L’OCDE met d’ailleurs au point des nouveaux outils pour suivre le flux de l’aide des donateurs, même si une grande partie des financements doit venir de la mobilisation des ressources nationales.  Il a lui aussi plaidé pour que les gouvernements améliorent leurs recettes fiscales et s’inspirent de l’exemple de l’association des Inspecteurs des impôts sans frontières qui a pu mobiliser « 321 millions de dollars » l’année dernière.

Revenant sur le sujet de la technologie, le Président de « Global Solutions Summit », M. ALFRED WATKINS, a indiqué que la technologie permet de faire des choses à petite échelle, fournir de l’eau et distribuer de l’électricité.  Pour lui, il faut mettre l’accent sur trois domaines: le renforcement des capacités, les mesures pour renforcer la mise en œuvre locale de l’objectif 17 et la création d’un écosystème global de mise en œuvre.  Des solutions éprouvées et rentables existent et ne demandent qu’à être déployées, a ajouté l’orateur en citant notamment la création d’un écosystème de déploiement efficace où les gouvernements, les fournisseurs et les partenaires de sensibilisation travaillent en collaboration avec les partenaires financiers et communautaires.

Il faut 90 000 milliards de dollars pour financer les objectifs de développement durable avant 2050.  C’est ce qu’a rappelé le Chef responsable des investissements d’Aviva, M. STEVEN WAYGOOD, en soulignant que « les entreprises souffrent lorsque les sociétés souffrent ».  En comparaison, l’actif total des entreprises cotées en bourse est de 60 000 milliards de dollars.  Pour M. Waygood, le Programme 2030 est un échec en termes de marché.  Il a donc présenté une feuille de route pour des marchés de capitaux durables.  Ce document explique comment le milieu financier, la société civile, les organisations non gouvernementales et d’autres acteurs peuvent coopérer pour avancer ensemble pour atteindre l’objectif 17.  Réitérant que l’argent est disponible, M. Waygood a estimé que l’ONU, en tant que partenaire, peut aider à sécuriser les marchés de capitaux de plusieurs manières.  L’ONU, a-t-il précisé, peut en effet tenir les entreprises responsables de leur impact sur les objectifs de développement durable.  Des entreprises privées comme la « World Benchmarking Alliance » élabore et fournit des indices de performance d’entreprise alignés sur les objectifs de développement durable afin d’aider les entreprises et les investisseurs à conduire le changement en sensibilisant et en promouvant une « course des entreprises sur la durabilité ».  Pour sa part, Aviva a publié une série d’articles pour aborder ces questions y compris des mesures à prendre pour assurer la durabilité.           

Face à cette « course » stimulante entre les entreprises en faveur de la durabilité, le Directeur de Madhyam, M. KAVALJIT SINGH, a dénoncé la guerre commerciale en cours qui risque de conduire à la guerre des devises au détriment des échanges mondiaux.  Ces guerres présentent des dangers pour les échanges de denrées nécessaires en direction des pays en développement, a craint le Directeur qui a demandé le respect et le renforcement du système commercial mondial représenté par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  Il a aussi dénoncé l’endettement de nombreux pays en développement et la volatilité des marchés financiers qui risquent de perpétuer la pression subie par le marché des devises.  Avant de conclure, il a demandé la mobilisation des banques de développement pour financer les projets de développement.  Ce sont des instruments qui permettent de remédier aux défauts des marchés, a-t-il estimé.  M. Singh a également réclamé l’organisation d’un forum mondial sur les banques de développement.

Les délégations ont débattu de ces questions en faisant d’abord valoir leurs préoccupations ou leurs engagements en faveur de l’APD.  Alors que le Viet Nam est inquiet de la diminution de 0,6% de l’APD en 2016, la France a affirmé y avoir consacré 0,45% de son PIB en 2015.  La France vise un taux d’engagement de 0,50% en 2022 qui sera adossé à l’Accord de Paris sur les changements climatiques, a précisé le représentant, tandis que son homologue de la Suède a dit vouloir consacrer 1% de son PIB à l’APD.  La Turquie a pour sa part consacré 8 milliards de dollars en 2017 à l’APD, ce qui représente 0,8% de son PIB.  Le pays abrite aussi la Banque des technologies pour les PMA.  L’Union européenne a promis de faire respecter l’engagement en matière d’APD de ses pays membres.

L’APD et les envois de fonds ne sont cependant pas suffisants pour réaliser le Programme 2030, a fait observer le Chef responsable des investissements d’Aviva en prévenant que c’est sur le marché privé qu’il faut trouver l’argent pour financer les objectifs de développement durable.  Les entreprises privées ont d’ailleurs une responsabilité pour appuyer la mobilisation des ressources nationales, a ajouté la Finlande après avoir souligné l’importance de la collecte efficace des recettes fiscales et de la lutte contre l’évasion fiscale.

Enfin, la République dominicaine a regretté que son pays, qui est passé de la catégorie PMA à celle de pays à revenu intermédiaire, ait moins d’options pour accéder aux financements à taux abordables, des financements qui sont toujours autant nécessaires pour financer son développement.

La parole a été donnée aux grands groupes de la société civile, qui ont demandé de les inclure dans les partenariats de mise en œuvre du Programme 2030, pour qu’ils ne soient plus laissés de côté.  Le groupe des personnes âgées a aussi réclamé des financements plus importants pour gérer les questions liées au vieillissement.  Le grand groupe des peuples autochtones demande, quant à lui, l’indemnisation de ces peuples et des mesures urgentes contre leur exclusion et discrimination du système socioéconomique.

Ne laisser personne de côté: sommes-nous en train de réussir?

Les participants de cette table ronde se sont efforcés de répondre à cette question fondamentale, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ayant en effet pour promesse essentielle de ne laisser personne de côté.

« Non, nous sommes en train d’échouer », a déclaré avec franchise M. ANDREW GILMOUR, Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme de l’ONU.  Il a dénoncé les attaques menées contre le multilatéralisme, les « forces impersonnelles » de la mondialisation, les politiques délibérées de pillage des eaux et terres des peuples autochtones, les assassinats des défenseurs des droits de l’homme, les discriminations institutionnalisées contre les Rohingya ou bien encore les destructions de propriétés palestiniennes.  Cet état de fait n’est pas inévitable et nous pouvons agir, a-t-il dit en dénonçant le partage inégal des richesses.  « Un PDG d’une grande marque de luxe gagne en 4 jours ce que gagne une ouvrière du textile au Bangladesh en une vie. »  Les individus sont laissés de côté en raison de discriminations persistantes, a-t-il accusé.  « Tous sont égaux mais certains le sont plus que d’autres », a-t-il dit, paraphrasant George Orwell.  Il a déploré le fait que les migrants soient traités comme des criminels, dénonçant aussi la montée de la xénophobie et le rétrécissement de l’espace public.  Se voulant néanmoins optimiste, M. Gilmour a néanmoins déclaré que des progrès peuvent encore être accomplis. 

Les retards pris par les PMA sur « tous les objectifs de développement durable » ont été l’une des principales préoccupations de M. DOUGLAS KEH, du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui s’est aussi inquiété de la situation des pays à revenu intermédiaire face à la montée des inégalités, tandis que les petits États insulaires en développement sont confrontés à un stress hydrique important.  Malgré les discours, certaines communautés sont bel et bien laissées de côté, a-t-il déclaré.  Une des raisons du retard pris, selon lui, est le manque de capacité de nombreux pays en matière de collecte de données ventilées.  Pour y remédier, l’accès à la technologie doit être envisagé comme une composante essentielle du développement, a-t-il préconisé.

« Les besoins des plus pauvres doivent être hissés au premier rang des priorités », a renchéri M. MAHI AMADOU DEME, du Ministère de l’économie et des finances du Sénégal, rappelant la promesse essentielle du Programme 2030.  Il a détaillé la stratégie suivie par son pays en la matière, à laquelle est associé un large éventail de ministères et de représentants de la société civile.  « Il faut mettre le paquet sur les foyers qui vivent dans l’extrême pauvreté afin de les extraire de ce cercle vicieux. »  Il s’est dit en faveur d’une vigoureuse politique de partage des richesses et pour une correction des inégalités par la mise en place de mécanismes de protection sociale.  Il a mentionné un programme de transferts financiers en faveur des ménages les plus pauvres, conditionné notamment à l’inscription des enfants à l’état civil et à leur scolarisation.  Enfin, M. Deme a souligné la nécessité de procéder au profilage statistique des plus pauvres et de mener des campagnes publiques de sensibilisation en faveur du Programme 2030.

« Il faut comprendre qui sont les personnes laissées de côté afin d’avancer », a lancé Mme RITTA OKSANEN du Ministère des affaires étrangères de la Finlande.  Se concentrer sur la collecte des données ventilées n’est pas suffisant, selon elle, car leur interprétation est également cruciale.  S’agissant de l’objectif relatif à l’eau, elle a rappelé les difficultés d’accès à cette ressource pour les plus pauvres, en particulier les femmes.  « Les consommateurs doivent savoir les conséquences que leurs choix peuvent avoir », a-t-elle dit, sur l’objectif relatif aux modes de production et de consommation durables.  Enfin, elle a souligné l’importance d’une gestion forestière durable.

Mme ALICIA BÁRCENA IBARRA, de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), a, elle, passé en revue les objectifs 7, 11 et 17, même si elle a déclaré que séparer les distincts objectifs n’est pas la bonne idée.  Elle a apprécié que 147 pays aient désormais des politiques d’énergie renouvelable, soit trois fois plus par rapport aux dernières années.  « Néanmoins, un milliard de personnes n’ont pas d’accès à l’électricité, cela est inimaginable », a-t-elle déclaré.  Elle a mis en garde contre les effets pervers et distorsions que peuvent avoir les subventions apportées au secteur énergétique.  « Quel type de ville voulons-nous? » a-t-elle demandé, s’agissant de l’objectif 11, en souhaitant que plus de temps soit consacré à son examen.  Il faut fournir des biens publics aux villes, a-t-elle préconisé, afin de combattre les logiques de discrimination et de ségrégation.  « L’objectif 17 est le plus difficile à atteindre, sachant que l’APD ne sera pas suffisante. »  Enfin, elle a mis en garde contre le début de guerre commerciale que connaît le monde, qui risque d’entraver les efforts en vue de réaliser ledit objectif.

Mme SAKIKO FUKUDA-PARR, du Comité des politiques de développement de l’ONU, a dit que 14 plans nationaux de développement soumis l’an dernier dans le cadre du Programme 2030 étaient suffisamment détaillés.  Mais peu de pays accordent, dans les faits, la priorité aux personnes les plus vulnérables et c’est la logique actuelle qui prévaut, a-t-elle dit.  Trop peu de rapports parlent en outre de l’environnement macroéconomique, pourtant essentiel.  Seulement 12 pays sur 43 à avoir présenté un rapport l’an dernier ont parlé des peuples autochtones, a-t-elle déploré.

« Mon pays assume ses responsabilités pour que les générations futures bénéficient du Programme 2030 », a déclaré Mme SOPHIE HOWE, Commissaire aux générations futures du Pays de Galles.  « Les générations futures ne doivent pas être les grandes oubliées du développement durable. »  Elle a mentionné une loi adoptée en 2016 par son pays créant ce poste de commissaire destiné à veiller sur les intérêts des générations futures, une loi vue comme un exemple par l’ONU, a-t-elle dit.  « Ne tombons pas dans le piège du court-termisme », a-t-elle martelé en indiquant que « notre incapacité à nous consacrer au long terme ne fait qu’accroître les inégalités ».

Mme VICTORIA TAULI CORPUZ, Rapporteure spéciale sur les droits des personnes autochtones, a dressé un tableau alarmant du respect des droits des personnes autochtones.  Les droits des peuples autochtones ne sont tout simplement pas pris en compte, pas plus que leurs savoirs traditionnels, a-t-elle dit en dénonçant, en outre, les pratiques des industries d’extraction minière dont souffrent ces personnes.  « Près de 15% des personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans le monde appartiennent aux peuples autochtones. »  Elle a souhaité l’adoption d’une déclaration ministérielle sur la centralité des droits des peuples autochtones dans la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

S’agissant des personnes âgées, Mme SYLVIA BEALES, des Gray Panthers, a prévenu que 22% de la population mondiale en 2050 seront des personnes âgées.  « Nous sommes le groupe qui connaît la plus forte expansion démographique. »  Elle a jugé à cet égard essentielle la réalisation de l’objectif 10 et demandé des villes propres et sûres pour les personnes âgées.  Toute politique globale en faveur des personnes âgées doit être basée sur le respect de leurs droits, a-t-elle réclamé.  « Les normes existent, appliquons-les. »  En conséquence, la volonté politique est cruciale, de même que des mécanismes de financement robustes, a-t-elle conclu.  « Nous devons nous convaincre nous-même que nous pouvons relever le défi des inégalités tout au long de la vie. »

Dans la discussion interactive, les délégations ont mentionné leurs initiatives pour réaliser le Programme 2030, dont le Chili a rappelé le caractère « indivisible ».  La Mauritanie a placé la protection sociale au cœur de sa stratégie en faveur des 150 000 foyers les plus pauvres.  L’Estonie a, elle, misé sur la numérisation, avec succès pour l’instant, a dit la déléguée de ce pays, « même si cette recette ne fonctionnera peut-être pas ailleurs ».  La Suisse a évoqué le défi pressant posé par les migrations pour la réalisation du Programme, tandis que le délégué de la Sierra Leone a axé son discours sur l’accès des plus pauvres à la justice, une priorité pour son pays.

Certaines parties prenantes, notamment du groupe de l’éducation, ont dénoncé le mode économique actuel « dévastateur » qui veut des consommateurs et non pas des citoyens éclairés.  Le grand groupe des femmes a vigoureusement fustigé les discriminations pesant sur les femmes et demandé des « politiques féministes », en particulier pour combler le manque de données statistiques par rapport aux hommes et assurer l’accès des femmes à la terre.  Enfin, le groupe des personnes handicapées a, lui aussi, déploré le « manque criant » de statistiques sur ces personnes.  « Si les personnes handicapées ne sont pas comptées, elles ne comptent pas. »

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