Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 19 décembre 2018

Dbf/181219
19 décembre 2018

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 19 décembre 2018

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Pacte pour les migrations

Le Secrétaire général salue l’adoption par l’Assemblée générale du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.  Le Pacte est un accord juridiquement non contraignant qui réaffirme les principes fondateurs de notre communauté mondiale, dont la souveraineté nationale et les droits de l’homme universels, tout en ouvrant la voie à des mesures humaines et raisonnables au profit des pays d’origine, de transit et de destination, ainsi que des migrants eux-mêmes.

Il a indiqué qu’à un moment où la coopération internationale est plus importante que jamais, le nouveau Pacte mondial fournit précisément une plateforme pour cela.  Le texte appelle à davantage de solidarité avec les migrants en situation de vulnérabilité qui subissent des abus épouvantables.  Le Pacte souligne la nécessité d’anticiper les tendances futures, dans les secteurs allant du marché de l’emploi aux changements climatiques.  Il souligne également la nécessité impérative de concevoir davantage de voies légales pour la migration, ce qui permet en plus de lutter contre le trafic et l’exploitation.

Le Secrétaire général remercie toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de cette étape décisive: la Présidente en exercice de l’Assemblée générale et son prédécesseur; les cofacilitateurs; sa Représentante spéciale; et les nombreux partenaires de l’ONU, comme la société civile, les migrants, les communautés de la diaspora, le secteur privé, les syndicats, les experts universitaires et les dirigeants municipaux. 

Il se félicite aussi du soutien massif apporté à ce Pacte et espère que les pays qui ont choisi de rester en dehors du processus finiront par prendre conscience de la valeur du Pacte et rejoindront cette entreprise.

Le leadership sera essentiel pour donner vie au Pacte et pour éviter les mythes et les discours désobligeants devenus trop fréquents.  Le Réseau des Nations Unies sur les migrations, nouvellement créé, est prêt à soutenir les États Membres et tous nos partenaires alors que nous nous efforçons ensemble, dans un esprit de respect et d’objectif commun, de faire en sorte que les migrations fonctionnent pour tous.

Yémen

Le général Patrick Cammaert et les membres du Comité de coordination du redéploiement se sont réunis aujourd’hui, par visioconférence et téléconférence, pour discuter des grandes lignes de travail du Comité.

Les membres du Comité ont tous fait part de leur appui envers le travail des Nations Unies, le général Cammaert et son équipe.

Le Comité adoptera un code de conduite, élaboré sur la base de l’Accord de Hodeïda, pour en faire le fondement de ses travaux.

Le général Cammaert a réitéré l’engagement de l’ONU à aider les parties à honorer leurs obligations et engagements, et à désamorcer les tensions.

Il a souligné la primauté de l’objectif humanitaire du cessez-le-feu et l’importance d’assurer une arrivée sans entrave de l’aide.

Le général Cammaert et les membres du Comité resteront en contact rapproché au cours des prochains jours, jusqu’à ce que le Comité convoque une réunion à Hodeïda dès que possible, à la demande de son Président.

Les deux parties continuent de faire preuve d’un engagement constructif envers le travail du Comité et ont promis de faciliter son travail en faisant preuve de bonne foi, et de coopérer dans la mise en œuvre de l’Accord de Hodeïda.

Le général Cammaert se rendra jeudi à Amman, en Jordanie, accompagné d’une petite équipe préparatoire, et se rendra ensuite à Sanaa et à Hodeïda.

Liban

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Jean-Pierre Lacroix, a fait le point, ce matin, devant le Conseil de sécurité, sur l’Opération « Bouclier du Nord », lancée par Israël il y a deux semaines, pour découvrir et neutraliser les tunnels suspectés de traverser la Ligne bleue depuis le Liban vers Israël.

Au cours de la période, a-t-il indiqué, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a mené une série de visites techniques sur des sites soupçonnés d’abriter des tunnels à proximité de la Ligne bleue et identifiés par les Forces de défense israéliennes.

Sur la base de ses propres conclusions, l’ONU peut confirmer l’existence de quatre tunnels au sud de la Ligne bleue.  Les évaluations techniques de la FINUL ont de plus déterminé qu’au moins deux de ces tunnels traversent la Ligne bleue et constituent des violations de la résolution 1701 (2006).

M. Lacroix a indiqué que la FINUL agit de manière judicieuse pour achever son enquête sur ces tunnels avec les équipes techniques qui se trouvent sur le terrain.  Elle travaille avec les deux parties pour veiller à ce que tout tunnel constituant une violation de la résolution 1701 (2006) soit neutralisé de manière décisive et sûre.  La FINUL a demandé aux autorités libanaises de travailler avec la Mission pour identifier et neutraliser tout tunnel traversant la Ligne bleue depuis le Liban.

Le Secrétaire général adjoint a également salué les Forces de défense israéliennes et l’Armée libanaise pour leur engagement manifesté à continuer de recourir au mécanisme de liaison et de coordination établi par l’ONU, ainsi que pour leur intention de préserver le calme prévalent le long de la Ligne bleue et d’éviter toute escalade.  Le potentiel d’une erreur de calcul ne peut être sous-estimé, a averti M. Lacroix.

Palestine

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a indiqué qu’il fait face à une grave pénurie de financement qui aura des répercussions pour quelque 193 000 personnes les plus pauvres qui vivent dans les territoires occupés, à la fois en Cisjordanie et à Gaza.

Alors que le PAM hiérarchise ses opérations sur la base des fonds disponibles, 27 000 personnes en Cisjordanie risquent de ne plus recevoir aucune aide, tandis que les autres ne toucheront que 80% de leurs prestations mensuelles.  Ces coupes prendront effet à partir du 1er janvier.

Le PAM est extrêmement préoccupé à la perspective que ces coupes entraînent un effet dévastateur sur la sécurité alimentaire, le bien-être et la subsistance des personnes auxquelles il vient en aide en Palestine.

Le PAM a besoin de lever 57 millions de dollars pour pouvoir maintenir, en 2019, le niveau actuel d’aide octroyé à 360 000 personnes.  Faute de contributions supplémentaires, d’autres réductions d’aide devront être faites.

L’insécurité alimentaire est en hausse et touche un tiers de la population palestinienne et atteint son niveau le plus élevé à Gaza, où presque 70% de la population souffre d’insécurité alimentaire.

Afghanistan

Les organisations humanitaires dans la ville de Herat ont commencé à distribuer des vivres et des articles non alimentaires aux personnes déplacées par la sécheresse.

Dans le cadre de la réponse d’ensemble à la sécheresse, le Programme alimentaire mondial (PAM) et ses partenaires ont atteint, entre les 6 et 12 décembre, presque 287 000 personnes touchées dans des zones rurales et urbaines de 11 provinces, et leur ont distribué des vivres et une aide en liquide.

Au cours de la semaine écoulée, 381 236 personnes touchées par le conflit et la sécheresse ont obtenu une aide humanitaire constituée, entre autres, d’argent liquide, de vivres, de kits d’hygiène, d’articles ménagers d’urgence, d’abris d’urgence et d’eau potable.

République démocratique du Congo (RDC)

Un nouveau rapport de l’ONU indique que des centaines de meurtres extrajudiciaires, de cas de torture et de violence sexuelle ont été perpétrés contre des civils dans la province du Nord-Kivu ces deux dernières années.

Ce nombre de violations des droits de l’homme représente un tiers des violations recensées dans l’ensemble du pays.

La situation sécuritaire et humanitaire dans le Nord-Kivu s’est détériorée progressivement entre janvier 2017 et octobre 2018.  De ce fait, un nombre plus important de groupes armés combattent les forces de sécurité et luttent entre eux afin de contrôler des pans de territoires et des ressources naturelles.

Le nouveau rapport indique que des femmes et des enfants sont fréquemment kidnappés, souvent à des fins d’exploitation sexuelle, des viols et viols collectifs étant perpétrés à la fois par des groupes armés et l’armée.  Les enfants sont l’objet d’endoctrinement par les groupes armés et obligés de devenir enfants soldats.

Réfugiés

Une nouvelle étude publiée, aujourd’hui, par le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) indique qu’au cours des huit dernières années, davantage de réfugiés ont pu être aidés par des permis de regroupement familial, de travail et d’étude que par des stratégies de réinstallation.  Quelque 560 000 personnes originaires de Syrie, d’Afghanistan, d’Iraq, de Somalie et d’Érythrée sont arrivées dans les pays de l’OCDE en utilisant ces méthodes, comparées aux 350 400 autres qui ont eu recours à des stratégies de réinstallation.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.