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Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 23 mars 2018

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

UNRWA

Le Secrétaire général est reconnaissant des généreuses contributions d’environ 100 millions de dollars faites à la Conférence ministérielle extraordinaire intitulée « Préserver la dignité et partager la responsabilité - Mobiliser l’action collective en faveur de l’UNRWA », qui s’est tenue le 15 mars à Rome.

Cette rencontre a été une démonstration exceptionnelle du soutien de haut niveau au mandat de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et une reconnaissance de la nécessité de son travail en faveur de plus de 5,3 millions de réfugiés palestiniens.  Près de 20 donateurs se sont engagés à verser des contributions additionnelles, notamment le Qatar, la Norvège, la Turquie, le Canada, l’Inde, la Suisse et bien d’autres.  Les engagements pris à Rome représentent un premier pas important, mais il reste encore beaucoup à faire pour combler l’important déficit qui subsiste.

Le Secrétaire général encourage tous les États Membres et le secteur privé à soutenir l’UNRWA afin de combler le déficit de financement toujours critique.  Il réitère que les services fournis par l’UNRWA aux réfugiés palestiniens sont essentiels et contribuent à assurer la stabilité dans la région.

Syrie

Les Nations Unies continuent de soutenir les personnes évacuées dans les refuges collectifs de Rif-Damas.  En date du 22 mars, environ 66 000 personnes évacuées de la Ghouta orientale étaient hébergées dans ces abris.  La plupart de ces refuges n’ont pas la capacité ou l’infrastructure nécessaires pour accueillir le grand nombre de personnes qui s’y rendent actuellement.

Bien que l’ONU ne soit pas responsable de la gestion de ces refuges, elle a mobilisé, avec l’aide de ses partenaires, une réponse rapide en fournissant des articles non alimentaires, de la nourriture, des abris, de l’eau ainsi que des services d’assainissement et d’hygiène, de santé, de nutrition et de protection, par l’intermédiaire du Croissant-Rouge arabe syrien.

Hier, des frappes aériennes sur le marché principal de la ville de Harim, près de la frontière turco-syrienne, auraient causé la mort de dizaines de civils et fait de nombreux blessés.  Les Nations Unies continuent d’appeler toutes les parties au conflit à protéger les civils et les infrastructures civiles, conformément au droit international humanitaire et aux droits de l’homme.

Faim

Le Conseil de sécurité a entendu aujourd’hui un exposé du Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, M. Mark Lowcock, et du Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), M. David Beasley, qui a pris la parole par visioconférence au nom des agences alimentaires basées à Rome.

M. Lowcock a déclaré au Conseil qu’il est possible d’éradiquer de notre vivant la famine de la condition humaine.  Il a noté que les risques de famine et de faim qui subsistent sont désormais concentrés dans un nombre relativement restreint de pays touchés par des conflits de grande ampleur, graves et prolongés.  

Le comportement des combattants dans ces situations est souvent atroce, a-t-il souligné en parlant des parties belligérantes qui continuent d’endommager et de détruire les systèmes hydriques, les fermes, le bétail et les marchés, tout en provoquant des déplacements massifs.

M. Lowcock a déclaré que le Conseil de sécurité avait les moyens d’enquêter sur les violations du droit international humanitaire.  Il n’y a pas de solutions humanitaires aux conflits, a dit M. Lowcock, ajoutant que seules la paix et les solutions politiques sont à même d’interrompre le cercle vicieux des conflits et de la faim.

Pour sa part, M. Beasley a souligné que le nombre de personnes souffrant de famine aigüe dans le monde a augmenté de 55% au cours des deux dernières années, pour atteindre 124 millions.

Il a souligné que le lien entre la faim et les conflits est aussi fort que destructeur.  Si vous ne savez pas d’où proviendra le prochain repas de votre enfant, vous risquez de devoir faire des choix impossibles, a-t-il relevé.  Il a noté que chaque augmentation de 1% du taux de famine s’accompagnait d’une augmentation de 2% des migrations.

M. Beasley a également déclaré que le coût des programmes visant à s’attaquer aux causes profondes de la faim est bien inférieur au coût du cycle actuel des conflits.  Le PAM pourrait économiser un milliard de dollars par an si tous les groupes armés respectaient le droit international humanitaire, a-t-il expliqué.

Il a également souligné que mettre un terme aux conflits ne suffisait pas; nous devons aider les personnes déchirées par la guerre à reconstruire leurs communautés à long terme.  (Voir communiqué de presse CS/13262)

Nigéria

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique que les opérations humanitaires ont repris, le 19mars, dans la ville de Rann, dans l’État du Borno, au Nigéria, après de nombreuses évaluations sécuritaires par les Nations Unies et les organisations non gouvernementales.  Cependant, les travailleurs humanitaires n’ont pas encore été autorisés à rester pendant la nuit à Rann.  Les opérations journalières devraient se poursuivre jusqu’à ce que les conditions de sécurité soient assurées par les autorités nigérianes.

L’ONU et ses partenaires ont livré une aide d’urgence à Rann, dont des vivres, des abris et des médicaments, pour plus de 80 000 hommes, femmes et enfants et, parmi eux, 55 000 personnes déplacées.  Le PAM prévoit de distribuer des vivres à au moins 61 000 personnes ce mois-ci.  L’envoi sur place de vivres est d’autant plus important qu’il faut prévoir l’arrivée de la saison des pluies, qui commencera en juin et qui pourrait couper la route d’accès à Rann.

Suite à la reprise des activités humanitaires à Rann, les activités de gestion du camp et de suivi des déplacements des personnes touchées ont repris, en plus des services médicaux.

Libéria

La Vice-Secrétaire générale a terminé, aujourd’hui, sa visite au Libéria.  Avant de partir, elle a visité un projet de pêche soutenu par l’ONU qui donne de l’emploi aux femmes.  Elle a aussi participé à la cérémonie de passation des pouvoirs, pour la radio de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) qui est transmise à la Commission économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Mme Amina Mohammed a également fait une déclaration à la réunion de haut niveau pour initier la conception du programme national de développement pour la période 2018-2024, aussi connu sous le nom de « Liberia Moment ».  Elle a indiqué qu’à la Conférence de réconciliation nationale qui s’est déroulée hier, jeudi, les Libériens qui sont venus de tous les coins du pays ont renouvelé leur engagement pour une paix durable.  Elle a aussi dit que « nous ne ferons que construire la paix en nous attaquant aux causes profondes du conflit.  Le Libéria a parcouru un long chemin.  Mais soyons clairvoyants: nous aurons de très sérieux défis à surmonter ».

Mme Mohammed a salué le leadership du Gouvernement qui a élaboré une vision soucieuse des pauvres grâce à laquelle tous les Libériens ont accès aux biens et aux services de base, avec une bonne gestion des ressources pour contribuer au développement de la population, des infrastructures et des institutions.  Pour y arriver, elle a dit qu’il y avait cinq principes clefs pour soutenir le nouveau plan national de développement du Libéria: appropriation nationale inclusive, élimination de la pauvreté, fin de la dépendance à l’aide, partenariats basés sur la transparence et le respect mutuel, et financements prévisibles et durables pour le développement.

Technologie

Cet après-midi, à 15 heures, le Secrétaire général fera une déclaration à la « table ronde Turtle Bay sur la sécurité », à la Japan Society.  Il devrait y parler des avancées de la quatrième Révolution industrielle, notamment celles issues de l’informatique, la robotique, les mégadonnées et l’intelligence artificielle, en soulignant qu’elles ont engendré des révolutions dans les domaines de la santé, du transport et de l’industrie.

Il est convaincu que ces nouvelles capacités peuvent aider à sortir des millions de personnes de la pauvreté, à atteindre les objectifs de développement durable et à permettre aux pays en développement de progresser vers un avenir meilleur.

Le Secrétaire général mettra cependant en garde qu’en dehors de ces avantages incontestables, il existe également des risques évidents.  Les nouvelles technologies posent des défis imprévus à la stabilité régionale et mondiale.  Car la « démocratisation » de beaucoup de ces technologies signifie aussi que les acteurs non étatiques, y compris les groupes terroristes, pourraient les acquérir.

Journée météorologique mondiale

La Journée météorologique mondiale, célébrée aujourd’hui, a pour thème cette année: « Temps et climat: prêts, parés! »  Il souligne la nécessité d’être bien informé, au jour le jour, des prévisions météorologiques, comme les inondations, et des changements climatiques et de la variabilité à long terme.

Dans un tweet publié aujourd’hui, le Secrétaire général a dit que les changements climatiques courent toujours plus vite que nous et que nous devons renverser la tendance de l’augmentation des températures.

Et hier, l’Organisation météorologique mondiale a publié un rapport.

Journées internationales

La Journée mondiale de la lutte contre la tuberculose sera célébrée demain.  Elle a pour thème « Avis de recherche: Chefs de file pour un monde exempt de tuberculose ». 

Demain sera aussi la Journée internationale pour le droit à la vérité en ce qui concerne les violations flagrantes des droits de l'homme et pour la dignité des victimes.

Dimanche, 25 mars, ce sera la Journée de solidarité avec les fonctionnaires détenus ou portés disparus et la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves qui fera l’objet d’une commémoration, au Siège.

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