Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 16 mars 2018

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16 mars 2018

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 16 mars 2018

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Farhan Haq, Porte-parole adjoint de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Syrie

Le Secrétaire général a publié ce matin la déclaration suivante:

Je suis profondément préoccupé par le désespoir manifesté par les personnes qui fuient la Ghouta orientale et Afrin dans un exode massif.

Je regrette profondément que la résolution 2401, relative à la cessation des hostilités dans toute la Syrie, n’ait pas été appliquée.  J’exhorte toutes les parties au conflit à respecter pleinement les normes internationales de droit humanitaire et de droits de l’homme et à garantir la protection des civils.  Toute évacuation de civils doit se faire de manière sûre, volontaire et dans le strict respect des normes de protection du droit international humanitaire et des droits de l’homme.  Il est également impératif que tous les déplacés soient autorisés à retourner chez eux volontairement, en toute sécurité et dans la dignité, dès que la situation le permettra.  J’appelle le Conseil de sécurité à rester uni et à prendre des mesures concrètes pour mettre fin de toute urgence à cette tragédie.

L’ONU et ses partenaires sont pleinement mobilisés pour apporter une aide vitale immédiate à tous ceux qui en ont besoin.  J’appelle toutes les parties à assurer un accès humanitaire sûr et sans entrave dans toutes les zones.

La réalité sur le terrain en Syrie exige une action rapide pour protéger les civils, soulager les souffrances, prévenir une nouvelle instabilité, s’attaquer aux causes profondes du conflit et forger, enfin, une solution politique durable conformément à la résolution 2254.

Déplacements de la Vice-Secrétaire générale

La Vice-Secrétaire générale, Mme Amina J. Mohammed, quittera New York ce week-end pour Genève, où elle participera à la réunion du Conseil d’administration de l’Organisation internationale du Travail et au Forum de suivi du Sommet mondial sur la société de l’information.  Elle tiendra également des consultations avec les entités des Nations Unies sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable.

Le 21 mars, elle se rendra à Monrovia, au Libéria, pour participer à l’événement célébrant le succès final du mandat de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), ainsi qu’à la Conférence de réconciliation nationale et à la Réunion de haut niveau sur le Programme national de développement 2018-2024.  Elle rencontrera également de hauts responsables du Gouvernement, des partenaires du développement et l’équipe de pays des Nations Unies.

Le 23 mars, Mme Mohammed se rendra au Nigéria pour des consultations, à Lagos et à Abuja, avec de hauts responsables du Gouvernement et d’autres parties prenantes.

Le 25 mars, la Vice-Secrétaire générale se rendra à Prague pour participer à une réunion préparatoire de l’ECOSOC intitulée « Vers des sociétés durables, résilientes et inclusives grâce à la participation de tous ».  Elle rencontrera également les autorités tchèques et discutera d’un éventail de questions concernant la mise en œuvre des objectifs de développement durable.

Le 27 mars, la Vice-Secrétaire générale se rendra ensuite à Nouakchott, en Mauritanie, pour assister à la Réunion consultative stratégique sur le Sahel.

La Vice-Secrétaire générale sera de retour à New York le 29 mars 2018.

Myanmar-Bangladesh

Le plan de réponse conjoint à la crise humanitaire rohingya a été lancé cet après-midi à Genève par M. Filippo Grandi, Haut-Commissaire aux réfugiés; M. William Swing, Directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations, et Mme Mia Seppo, Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Bangladesh.

Il s’agit d’un appel d’un montant de 951 millions de dollars qui doit permettre de venir en aide jusqu’à la fin de l’année à 1,3 million de personnes, dont 884 000 réfugiés rohingya et 336 000 membres des communautés d’accueil.

Un financement urgent est nécessaire pour répondre aux besoins humanitaires vitaux et urgents des réfugiés, ainsi que des communautés d’accueil affectées.  Par exemple, plus de 16 millions de litres d’eau potable sont nécessaires par jour, et 12 200 tonnes de nourriture chaque mois, pour la population de réfugiés rohingya.

La nourriture représente à elle seule 25% du montant de l’appel.  Le Programme alimentaire mondial (PAM) a besoin d’urgence de 230 millions de dollars pour l’aide alimentaire, les moyens de subsistance et les préparatifs techniques pour la saison de la mousson.  Il prévoit également d’étendre son programme de coupons électroniques pour couvrir tous les réfugiés existants et le nouvel afflux d’ici à la fin de 2018, en fonction du financement.

Les besoins soulignés dans le plan d’intervention conjoint comprennent également 43 centres de santé primaires et 144 postes de santé, ainsi que 5 000 salles de classe et 100 centres de traitement nutritionnel.

République centrafricaine

La Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a annoncé avoir mené aujourd’hui, à Bria, dans la préfecture de la Haute-Kotto, une opération lors de laquelle a été arrêté le dirigeant local anti-balaka Jean-Francis Diandi, dit « Ramazani ».  Ce dernier est un dirigeant éminent d’un groupe anti-balaka qui s’était notamment positionné à l’intérieur du camp de personnes déplacées de Bria.  Il a été arrêté suite à l’émission d’un mandat d’arrêt par les autorités centrafricaines, qui l’accusent d’actes de conspiration criminelle, d’enlèvement, de séquestration et de torture. 

L’arrestation a amené une foule d’environ 500 personnes à jeter des pierres sur les véhicules de l’ONU et dans les locaux de la Mission, affectant certains bureaux et des véhicules en stationnement de l’ONU.  Aucun blessé n’a été signalé et les Casques bleus de l’ONU sécurisent le périmètre.  La situation s’est depuis lors calmée.

Tchad

Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) est de plus en plus alarmé par le sort de milliers de réfugiés centrafricains qui ont pris la fuite pour la partie méridionale du Tchad depuis la fin de l’année dernière.

Cet afflux est le plus important depuis 2014 et les agences humanitaires sont débordées.

Le Bureau du HCR au Tchad a besoin de 149 millions de dollars cette année pour répondre aux besoins urgents, mais n’a reçu à ce jour que 2% de cette somme.

Des pénuries de vivres et la hausse des prix menacent directement la vie des réfugiés et des populations d’accueil qui partagent avec les nouveaux venus leurs piètres ressources.

Alors que de graves inondations ont eu des répercussions sur les récoltes de cette année, les stocks de vivres aux niveaux familial et communautaire sont pratiquement épuisés.

En tout, près de 632 000 personnes dépendent de l’aide du HCR au Tchad et ont un besoin urgent de l’appui international.

République démocratique du Congo

La Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) travaille avec des organisations partenaires dans l’ouest de l’Ouganda pour aider un nombre croissant de personnes, principalement des femmes et des enfants, qui fuient l’horreur de la violence interethnique et des abus sexuels en République démocratique du Congo (RDC).

Plus de 57 000 personnes se sont réfugiées en Ouganda du fait des violences commises dans l’est de la RDC depuis le début de l’année, dont une majorité écrasante de femmes et d’enfants.

En l’espace de seulement trois jours, entre le 10 et le 13 mars, plus de 4 000 personnes ont traversé la frontière pour se rendre en Ouganda depuis les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.  Le HCR craint que des milliers d’autres ne les rejoignent si les conditions de sécurité à l’intérieur de la RDC ne s’améliorent pas immédiatement.

L’appel de fonds de 180 millions de dollars pour appuyer l’aide aux réfugiés en Ouganda est gravement sous-financé, ce qui limite fortement la capacité des organisations humanitaires à livrer une aide et une assistance vitales.

Pakistan

Le Secrétaire général a condamné l’attaque commise hier contre un poste de contrôle de la police près d’une mosquée dans la banlieue de Lahore.

L’ONU appuie les efforts déployés par le Gouvernement pakistanais pour lutter contre le terrorisme dans le plein respect des normes et obligations internationales en matière de droits de l’homme. 

Yémen

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF et les autorités sanitaires nationales ont achevé une campagne de vaccination à large échelle visant à contrôler la propagation de la diphtérie au Yémen.

La campagne ciblait presque 2,7 millions d’enfants âgés de six semaines à 15 ans dans 11 provinces.  Elle a mis l’accent sur les lieux où des cas suspects de diphtérie ont été signalés, ainsi que sur les zones faisant face à un risque élevé de propagation de cette maladie respiratoire infectieuse.  Plus de 6 000 travailleurs sanitaires ont été mobilisés pendant cette campagne, notamment pour assurer l’engagement des communautés et l’administration des vaccins.

La rapidité de la propagation de la diphtérie au Yémen illustre l’ampleur des insuffisances apparues durant les dernières années dans la couverture vaccinale normale et témoigne de l’effondrement du système sanitaire du pays.  Seule la moitié des centres de soins du Yémen fonctionnent entièrement ou partiellement.

Brésil

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a condamné le meurtre, au Brésil, de la conseillère municipale de Rio de Janeiro, Mme Marielle Franco, et de son chauffeur.

Marielle Franco était une défenseuse des droits de l’homme reconnue qui a fait campagne contre la violence policière et pour le respect des droits des femmes et des peuples d’ascendance africaine, notamment ceux vivant dans des zones pauvres.

Le Haut-Commissariat appelle à ce qu’une enquête soit menée dès que possible et souligne qu’elle doit être complète, transparente et indépendante afin de pouvoir être considérée comme crédible.  Des efforts notables doivent être déployés pour identifier les auteurs et les traduire en justice.

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