Conseil de sécurité: l’Accord revitalisé offre une occasion sans précédent de mettre fin au conflit au Soudan du Sud, y compris à la violence sexuelle

CS/13631
18 décembre 2018
8431e séance – après-midi

Conseil de sécurité: l’Accord revitalisé offre une occasion sans précédent de mettre fin au conflit au Soudan du Sud, y compris à la violence sexuelle

« Il appartient aux parties de maintenir l’élan dans la mise en œuvre de l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit au Soudan du Sud », a déclaré au Conseil de sécurité, cet après-midi, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Jean-Pierre Lacroix, alors qu’il présentait le dernier rapport en date du Secrétaire général consacré à ce pays.

Cette exigence est d’autant plus forte que depuis la signature à Addis-Abeba le 12 septembre dernier de cet Accord, la situation sécuritaire s’est considérablement améliorée au Soudan du Sud.  Les incidents entre les parties signataires se sont réduits, les routes ont été rouvertes, les civils peuvent se déplacer librement et les déplacés rentrer chez eux, a dit M. Lacroix. 

Cependant, si le cessez-le-feu obtenu grâce à cet Accord est dans une large mesure observé, la violence entre groupes armés n’a pas complètement disparu dans l’ensemble du pays, pas plus que les conflits intercommunautaires.  Ainsi, dans la région du Haut-Nil, par exemple, un convoi militaire escortant le Comité de réintégration et des forces pro-Taban a été attaqué le 24 septembre, semble-t-il, par un groupe de l’opposition favorable à Riek Machar. 

Ailleurs en Équatoria-Oriental, l’insécurité continue de régner sur les routes, en particulier sur celle qui relie Djouba à Torit, tandis que dans le Grand Pibor, la signature d’un accord de paix entre des représentants des Jie et des Murle, le 21 septembre, n’a pu empêcher qu’une attaque soit perpétrée le 2 octobre par des assaillants soupçonnés d’être membres de la communauté Jie, indique le rapport.

À côté de ces exactions la violence sexuelle reste terrible, a témoigné la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Mme Pramilla Patten.  En 2018, le nombre de victimes a déjà atteint 1 157 personnes, soit le chiffre le plus élevé de ces trois dernières années.

Dans l’État de l’Unité du Sud, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a documenté le viol d’au moins 20 femmes et filles, y compris des femmes enceintes et des fillettes de parfois 4 ans. Une enfant de 6 ans a été violée en réunion par des soldats, tandis que 132 femmes ont été enlevées et utilisées comme esclaves sexuelles, a-t-elle rapporté.

Dans ce contexte, et pour parvenir à une paix et à la stabilité visées par l’Accord revitalisé, il est essentiel que les parties continuent d’instaurer des mesures de confiance, comme parvenir à un accord global sur le secteur de la sécurité, qu’elles fassent preuve de volonté politique et travaillent ensemble pour créer un environnement propice à la mise en œuvre de l’Accord, a estimé le Secrétaire général adjoint, assurant que l’ONU reste disposée à soutenir ce processus.

L’Accord revitalisé est en effet « un tournant décisif », « une étape fondamentale sur le chemin de la paix » et même « l’occasion unique de tourner la page de la violence, de reconstruire le pays ».  C’est le seul moyen de parvenir à la paix et de protéger les populations civiles, une « opportunité historique » que les dirigeants sud-soudanais ne doivent ni rater, ni laisser passer, s’ils veulent ramener la paix et le développement, ont estimé des délégations, dont celles de la France, de la Suède, de la Bolivie, des Pays-Bas, de la Pologne et de l’Éthiopie.

Mais alors que des décisions difficiles s’imposent, les États-Unis constatent que les parties n’ont guère progressé dans les mesures de confiance.  Elles n’ont toujours pas avancé dans les modalités de sécurité, qui sont aujourd’hui essentielles à la mise en œuvre de cet Accord, a constaté leur représentant.

Si les doutes de certains membres du Conseil de sécurité sur la capacité des signataires à mettre en œuvre l’Accord sont compréhensibles, rester en marge n’est pas la solution, a estimé son homologue éthiopien, ajoutant qu’il n’est pas trop tard pour que le Conseil de sécurité se prononce enfin sur l’Accord revitalisé. 

Quoi qu’il en soit, le temps n’est pas venu de tourner le dos au Soudan du Sud.  2019 sera « une année charnière », a déclaré la représentante du Royaume-Uni, rejointe par la Présidente du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 2206 (2015), Mme Joanna Wronecka, qui s’est dite encouragée par « le début de la fin du cycle de violences » et par l’engagement des parties à honorer leurs responsabilités dans la mise en œuvre de cet Accord.  Concernant le régime de sanctions, Mme Wronecka a dit qu’elle continuait de chercher à « expliquer aux dirigeants sud-soudanais que ces sanctions ne visent que la recherche de la paix ».   

La Fédération de Russie et la Côte d’Ivoire ont fait le même constat, à savoir que les parties, en signant l’Accord revitalisé, ont fait montre de leur volonté d’aboutir à un compromis et de surmonter leurs divergences.  Il est maintenant essentiel d’accompagner ce processus de paix, a insisté le représentant russe.

La Chine a été du même avis, insistant sur le fait que la communauté internationale et le Conseil de sécurité doivent se garder d’imposer des solutions de l’extérieur et appuyer les efforts régionaux entrepris par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), et investir dans le développement du pays.

De son côté, le représentant du Soudan du Sud a assuré que le processus de paix lié à l’Accord revitalisé était « en phase de pré-mise en œuvre ».  Il y a pris du retard, non du fait des parties, selon lui, mais du fait de certaines difficultés techniques, a-t-il assuré.

RAPPORTS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LE SOUDAN ET LE SOUDAN DU SUD (S/2018/1103)

Déclarations

M. JEAN-PIERRE LACROIX, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a déclaré que depuis la signature de l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit au Soudan du Sud, la situation sécuritaire s’est améliorée dans le pays et les incidents entre les parties signataires se sont réduits.  Cela a permis la réouverture de routes, la liberté de mouvement pour les civils et le retour des personnes déplacées.  Mais en dépit de ces développements positifs, des combats sporadiques se poursuivent, montrant la fragilité de la situation. 

À titre d’exemple, entre les 4 et 6 décembre, des hommes armés, favorables à Taban Deng ont attaqué des combattants de Rick Machar à Bil, dans la région du Haut-Nil, causant 21 blessés.  Des cas d’attaques contre des civils, des viols et autres abus sexuels ont par ailleurs été reportés dans la région de Nhialdiu et Guits Roads, près de Bentiu.  La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a immédiatement envoyé des patrouilles sur place pour assurer la protection des civils, a indiqué M. Lacroix.

La situation humanitaire reste également préoccupante, en lien direct avec le conflit.  Alors que les travailleurs humanitaires sont confrontés à des dangers, dont des attaques inacceptables, le Secrétaire général adjoint a dit être toujours sans nouvelle de deux employés de la MINUSS, arrêtés en 2014.  Dans ce contexte, il a rappelé qu’il revenait aux parties, en particulier au Gouvernement, de garantir aux travailleurs humanitaires un environnement sûr, leur permettant de fournir une assistance aux populations civiles sud-soudanaises. 

M. Lacroix a également déclaré qu’il appartient aux parties de maintenir l’élan dans la mise en œuvre de l’Accord revitalisé.  Or, compte tenu de la méfiance existante, en particulier du côté de l’opposition, il est essentiel que les parties continuent d’instaurer des mesures de confiance, qu’elles fassent preuve de volonté politique et travaillent ensemble pour créer un environnement inclusif, de façon à ce que toutes les forces vives du pays, dont la société civile, les femmes et les jeunes, participent à la mise en œuvre de cet Accord. 

Pour ce faire, les parties doivent parvenir à un accord global sur le secteur de la sécurité, essentiel à la confiance, a poursuivi le haut fonctionnaire.  Il faut également procéder à la désignation du président de la Commission conjointe d’évaluation, dont le rôle est de préparer le processus politique devant mener à une transition.  Sur ce point, M. Lacroix a encouragé l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) à faire de la finalisation de ce processus une priorité.  L’ONU est disposée à le soutenir, a-t-il conclu. 

Mme PRAMILLA PATTEN, Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, a rappelé le terrible rapport sur l’attaque de femmes et de filles perpétrée en novembre à Bentiu alors que les victimes se rendaient à une distribution de nourriture.  Cet incident dramatique est toujours en cours d’investigation de la part des Nations Unies sur le terrain et les autorités locales ont ouvert leur propre enquête le 15 décembre: à cet effet elle a insisté sur la nécessité de garantir la protection des victimes et des témoins.  Mais il est déjà clair, selon elle, que cette attaque s’inscrit dans un schéma de violences sexuelles systématiques qui n’a fait qu’empirer au cours de l’année 2018, en dépit des assurances données par les responsables du Soudan du Sud.

Depuis 2013 en particulier, ces violences sexuelles sont devenues systématiques et visent surtout les femmes et les filles, mais certains incidents ont aussi concerné des hommes et des enfants, a précisé Mme Patten.  Ces violences sont utilisées dans le cadre d’une stratégie visant à dégrader et humilier les victimes et les communautés « selon des lignes et divisions ethniques et politiques ».  Les violences sexuelles sont également utilisées comme un instrument visant au déplacement forcé, une tactique voire « une arme de guerre » par toutes les parties au conflit.  En 2018, le nombre d’incidents a augmenté de façon alarmante: le nombre de victimes a déjà atteint 1 157 personnes, soit le chiffre le plus élevé de ces trois dernières années - en 2017 la MINUSS avait recensé 196 cas concernant 128 femmes et 68 filles. 

La Représentante spéciale a indiqué qu’elle s’est rendue sur place en juillet dans les camps de Djouba où elle a pu rencontrer des victimes qui continuent de vivre dans une insécurité majeure tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des camps.  « Leurs témoignages évoquent une humiliation extrême qui sape l’unité, détruit les familles et les communautés. » 

Mme Patten a expliqué avoir rencontré des femmes gravement traumatisées: les rescapées ont rapporté des cas choquants et brutaux commis en marge d’autres crimes odieux.  Leurs récits correspondent pleinement aux rapports de la MINUSS dans l’État de l’Unité du Sud indiquant qu’au moins 20 femmes et filles, y compris des femmes enceintes et des fillettes de parfois 4 ans, ont été violées; une enfant de 6 ans a été violée en réunion par des soldats même après qu’elle ait perdu conscience.  Certaines filles en sont mortes.  Par ailleurs, 132 femmes ont été enlevées et utilisées comme esclaves sexuelles.

En Équatoria-Occidental, a encore déploré la Représentante spéciale, 43 cas de viols et enlèvements ont été rapportés, les rescapées ont été attachées et violées en réunion jusqu’à perdre conscience.  Des femmes et des jeunes filles âgées d’à peine 12 ans ont été offertes aux commandants qui les choisissaient comme épouses, d’autres ont été offertes aux combattants puis les viols cessaient quand les filles acceptaient de devenir combattantes.  Les factions pro-Machar ont ainsi recruté des femmes par la force pour leurs rangs, a-t-elle dénoncé.

« Cette violence sexuelle laisse de profondes cicatrices sociales et psychologiques: toutes les victimes rencontrées se heurtent à des difficultés de taille pour obtenir des traitements appropriés. »  Celles qui vivent en zones rurales n’ont nulle part où aller.  L’effondrement complet de l’infrastructure de service de l’État signifie que les femmes et les filles sont davantage exposées à des grossesses non désirées, aux blessures génésiques, aux MST et au sida, a continué Mme Patten.  De plus, leur stigmatisation et leur rejet par leur conjoint et la famille ajoutent au malheur.  « Toutes ces victimes exigent que leurs auteurs soient jugés et sanctionnés.  C’est leur seul espoir de voir cesser la violence. » 

Toutes les autorités rencontrées lors de cette visite ont reconnu le caractère largement répandu de ces violences.  Cependant, a insisté Mme Patten, il leur faut agir.  Une politique de tolérance zéro ne saurait être sous-tendue par la réalité de conséquences zéro.  « On ne peut pas violer en toute impunité au Soudan du Sud. »  Or, a-t-elle averti, tant que les conséquences ne seront pas assumées, on ne pourra y mettre un terme.  L’application du principe de responsabilité est au cœur de la prévention, a-t-elle rappelé.  De son côté, la communauté internationale doit utiliser tous les moyens en sa possession, sanctions et autres mesures ciblées, pour faire cesser ces violences. 

Les rapports de l’ONU imputent ces violences à l’armée nationale, à l’Armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition (APLS), aux milices de jeunes, a relevé l’intervenante.  Trois commandants des factions pro-Machar ont été également identifiés.  Elle a transmis leurs noms au Comité des sanctions.

En conclusion, Mme Patten a exhorté le Gouvernement du Soudan du Sud à enquêter le plus rapidement possible sur tous les incidents de violence sexuelle, à transmettre les résultats à l’ONU et exiger que tous les auteurs de ces crimes rendent des comptes, et à créer un tribunal ad hoc pour y renvoyer tous les auteurs.  Elle a exhorté le Conseil de sécurité à appliquer systématiquement les sanctions en cas de violences sexuelles.  Pour la Représentante spéciale, il faut proposer aux victimes des services complets notamment médicaux et sociaux, la communauté internationale devant fournir les ressources nécessaires à ces services. 

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne), Présidente du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 2206 (2015) concernant le Soudan du Sud, a rappelé qu’elle a visité le Soudan du Sud, l’Éthiopie, l’Ouganda et le Kenya du 16 au 26 juin dernier, dans le but de renforcer le dialogue avec ces États, en particulier dans le domaine de la mise en œuvre du régime de sanctions concernant ce pays.  Cette visite a eu lieu avant l’imposition par le Conseil de sécurité d’un embargo sur les armes, le 13 juillet, et avant la signature de l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit, le 12 septembre.  

Mme Wronecka s’est dite encouragée par les progrès faits sur le front politique depuis cette visite, marqués par « le début de la fin du cycle de violences » et par l’engagement des parties à honorer leurs responsabilités dans la mise en œuvre de cet Accord.   Mais le soutien des pays de la région et de la communauté internationale sera essentiel pour l’instauration de la paix et de la stabilité.

Concernant le régime de sanctions, la présidente du Comité a dit qu’elle continuait de chercher à « expliquer aux dirigeants sud-soudanais que ces sanctions ne visent que la recherche de la paix ».  Elle a également encouragé les pays de la région à continuer de tenir le Comité informé sur la mise en œuvre des sanctions, en particulier les interdictions de voyage, le gel des avoirs ou l’embargo sur les armes.  Afin de renforcer ce régime, le comité a décidé de huit différentes actions, incluant un compte-rendu au Conseil de sécurité et l’envoi d’une note verbale rappelant aux États leurs obligations de mettre en œuvre ce régime, ou encore l’organisation d’une séance d’information ouverte aux États Membres.

Par ailleurs, le panel d’experts, ayant observé qu’en dépit des progrès la situation humanitaire reste préoccupante, tandis que des actes de violence continuent de se produire dans tout le pays, a fait une série de recommandations au Comité, portant notamment l’embargo sur les armes, la liste de sanctions.  Il a ainsi été décidé de poster sur le site Internet du Comité un guide de mise en œuvre de ces sanctions afin d’aider les États à appliquer l’embargo.  Un communiqué de presse a en outre été publié concernant la liste des huit personnes visées par des mesures de sanctions, a précisé Mme Wronecka.   

M. RODNEY M. HUNTER (États-Unis) a indiqué que son pays restait vivement préoccupé par la riposte inadéquate du Gouvernement sud-soudanais face aux violences sexuelles.  Trois mois après la signature de l’Accord revitalisé, certains progrès ont été constatés, et il a salué la réduction du nombre d’affrontements violents et les mesures d’instauration de la confiance au niveau local.  Cependant les États-Unis s’inquiètent de voir que les parties n’ont guère progressé dans les modalités de sécurité et les appellent à prendre des décisions difficiles sur ce qui fait jusqu’ici obstacle à l’accord de paix.  Le représentant a réclamé la libération des prisonniers arbitrairement détenus qui sont nombreux et condamné les entraves bureaucratiques du Gouvernement et de tous ceux qui empêchent de fournir une assistance précieuse à ceux qui en ont besoin: 19 incidents visant l’assistance internationale ont été relevés sur la période selon le rapport du Secrétaire général, ce qui est « totalement inacceptable ».  La MINUSS, a poursuivi le délégué, doit pouvoir circuler librement alors que plus de deux millions de personnes sont déplacées et que six millions vivent en situation d’insécurité alimentaire.  Des pans entiers de la population continueront d’être exposés à la famine en janvier, a-t-il averti. 

Les politiques fiscales du Soudan du Sud entravent également l’action humanitaire et les États-Unis demandent des dérogations pour tous les travailleurs humanitaires pendant la durée de la crise.  Enfin, pour que l’Accord soit un succès, les dirigeants doivent « rompre le cercle vicieux de l’impunité ».  Le 14 décembre, le Gouvernement du Soudan du Sud a imposé des sanctions contre trois individus en raison de leur rôle dans le conflit, s’est félicité le représentant en saluant par ailleurs le rôle positif des acteurs de la région.

M. TAYE ATSKE SELASSIE AMDE (Éthiopie) a déclaré que les erreurs commises par le passé ne permettront pas au Soudan du Sud de sortir de la crise.  L’Accord revitalisé est donc le seul moyen d’y parvenir et tous les efforts de la communauté internationale devraient être orientés vers la pleine mise en œuvre de cet Accord, selon le représentant.  Or, il a constaté que le Conseil de sécurité n’avait pas suivi l’avis des pays de la région en imposant un embargo sur les armes au Soudan du Sud, compliquant de fait la résolution du conflit.  Ce même Conseil de sécurité ne s’est par ailleurs pas prononcé sur cet Accord, alors que ses membres en demandent la mise en œuvre.  Cette situation est « ironique », a estimé le représentant, ajoutant que l’on peut comprendre les doutes de certains membres du Conseil de sécurité sur la capacité des signataires à mettre en œuvre l’Accord.  « Mais rester en marge n’est pas la solution », a dit le représentant, ajoutant qu’il n’est pas trop tard. 

« Mon premier message est une exhortation à donner toute sa chance au processus de paix », a déclaré Mme ANNE GUEGUEN (France), estimant que l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit au Soudan du Sud est une « opportunité historique » à ne pas laisser passer.  Elle s’est dite encouragée par le fait que le cessez-le-feu soit globalement respecté, alors que les organes pré-transitionnels ont commencé à fonctionner.  « Le plus dur reste à faire », a-t-elle dit, en encourageant les parties à trouver un accord politique sur l’élaboration notamment d’une constitution et le redécoupage des frontières internes. 

Jugeant « insupportable » la situation humanitaire dans le pays, la représentante a plaidé pour un accès humanitaire sûr et sans entrave.  « L’action de la MINUSS pour sécuriser les convois humanitaires est à cet égard cruciale. »  Elle a jugé « révoltant » le niveau de violence sexuelle et exhorté le Comité des sanctions à se mobiliser pleinement contre ceux qui commettent et commanditent les violences sexuelles. 

Enfin, Mme Gueguen a dit comprendre le souhait des pays de l’IGAD de participer à la mise en œuvre de l’accord en déployant des troupes dans la Force régionale de protection de la MINUSS.  Mais nous devons avoir conscience que le retour sécurisé des responsables de l’opposition et le cantonnement des groupes armés ne pourront résulter que d’un accord politique, le déploiement de troupes supplémentaires de la Force dans la MINUSS ne pouvant pallier l’absence d’accords politiques sur ces points, a-t-elle argué.  La déléguée a aussi souligné la nécessité d’une chaîne de commandement unique au sein de la MINUSS, la Force devant s’inscrire dans cette chaîne.  Les règles en matière de prévention des violences sexuelles et de prise en charge des victimes doivent s’appliquer aux troupes déployées au sein de la Force, a conclu Mme Gueguen. 

M. KANAT TUMYSH (Kazakhstan) a pressé les parties concernées par l’Accord revitalisé de faire montre d’un esprit de compromis et d’une réelle volonté politique afin de mettre en œuvre les dispositions de l’Accord sur le cantonnement et l’intégration des forces, de façon à ce que cet Accord ne subisse pas le sort de tant d’autres qui ont échoué avant lui.  Il a demandé à l’IGAD, à l’UA, à l’ONU et aux États voisins de poursuivre leurs efforts concertés pour renforcer la confiance entre les parties et les aider à mettre en œuvre l’Accord revitalisé.  Aux parties qui ne l’ont pas signé, il a demandé de le faire.

Sur le plan humanitaire, il s’est dit profondément préoccupé, malgré une amélioration globale de la situation, par la gravité et le nombre d’incidents visant des civils, en particulier des femmes et des enfants, déplacés, violentés et en état d’insécurité alimentaire.  Il a appelé les parties à appliquer une cessation permanente des hostilités, à contrôler leurs forces et à cesser les attaques contre le personnel humanitaire.  Il a condamné les attaques contre des femmes à Bentiu en novembre et a demandé une enquête.  Il a appelé sur ce point la communauté internationale à apporter un financement et une assistance suffisante.  Ces efforts, a-t-il ajouté, devraient s’accompagner d’aide au développement.  Il faudrait pour aller de l’avant réduire la violence tribale, renforcer la confiance entre les populations locales, apporter des services de base et favoriser la création d’emplois.

Enfin, en ce qui concerne la MINUSS, il s’est dit préoccupé par certaines violations de l’accord sur le statut des forces et il a appelé les parties belligérantes à garantir la liberté de circulation du personnel de la MINUSS, avant de féliciter la Mission pour son travail dans des circonstances difficiles. 

M. JONATHAN GUY ALLEN (Royaume-Uni) a déclaré qu’en dépit des progrès lents dans la mise en œuvre de l’Accord revitalisé, la mise en place des différents comités techniques est satisfaisante.  « Le temps n’est pas venu de tourner le dos au Soudan.  L’année 2019 est charnière », a dit le représentant.

Concernant les actes de violences sexuelles et le « climat d’impunité qui prévaut depuis trop longtemps », il a plaidé pour la mise en place d’un tribunal mixte afin que les auteurs de ces actes soient tenus responsables.  S’agissant du renforcement de la MINUSS, le représentant a estimé que tout déploiement de troupes ne peut pas compenser le manque d’engagement des parties sud-soudanaises, en particulier en ce qui concerne le secteur de la sécurité.  Le Royaume-Uni estime en outre qu’il faut garder la structure de commandement intégré de la MINUSS. 

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a noté avec intérêt les premières mesures prises au titre de l’Accord revitalisé, mais s’est inquiété de ce que le cessez-le-feu ne soit pas respecté sur tout le territoire du Soudan du Sud et notamment dans les régions de Yei, d’Équatoria-Central et dans le triangle de Wau, au Bahr el-Ghazal occidental, où les affrontements continuent de faire de nombreuses victimes civiles.  Il a insisté sur l’importance des forums régionaux et sur la nécessité qu’ils soient impartiaux et inclusifs et a lancé un appel aux groupes de l’opposition et aux participants au dialogue national: car une véritable paix au Soudan du Sud ne sera possible qu’avec une véritable volonté politique et un dialogue ouvert à tous. 

Le représentant a appelé les dirigeants du Soudan du Sud à adopter des modalités de sécurité de transition, à établir les accords transitoires de sécurité et à former un gouvernement d’unité nationale revitalisé.  À cet égard, il a demandé que soit revue la désignation du Ministre de la défense qui est sous le coup de sanction pour crimes atroces.  Il a fermement condamné les innombrables cas de violences sexuelles: les attaques brutales contre 150 femmes et filles près de Bentiu ne peuvent rester impunies, a-t-il insisté, de même que les plus de 90 incidents graves relevés sur la période à l’encontre d’enfants, allant du recrutement forcé aux violences et enlèvements.  Il a également déploré la gravité de la situation humanitaire et la violence faite aux personnels humanitaires. 

Enfin, le délégué a exhorté le Gouvernement du Soudan du Sud à mettre un terme aux violences sexuelles et à punir leurs auteurs.  La création d’un tribunal hybride contribuera sans aucun doute à la paix a-t-il estimé, appelant également les pays auteurs de violations de l’embargo sur les armées à honorer leurs engagements.

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) a déclaré qu’avec cet Accord, les dirigeants sud-soudanais ont « l’occasion unique de tourner la page de la violence, de reconstruire leur pays et montrer qu’ils sont capables de faire passer les intérêts de la population avant tout ».  Pour ce faire, ils doivent, « sans retard », accélérer les modalités sécuritaires de transition.  Ils doivent également mettre sur pied un tribunal mixte pour juger les auteurs de violences, y compris sexuelles, de façon à mettre un terme à l’impunité qui prévaut dans le pays.  Le Conseil de sécurité doit, pour sa part, adopter des sanctions ciblées contre les personnes qui entravent le processus de paix, a estimé la représentante. 

M. PROTASIO EDU EDJANG NNAGA (Guinée équatoriale) s’est félicité de l’ambiance politique positive régnant au Soudan du Sud depuis la signature de l’Accord revitalisé en septembre ainsi que de la volonté politique et de l’engagement de toutes les parties au conflit à le mettre en œuvre.  Ceci étant, la délégation s’est inquiétée des derniers rapports sur les abus sexuels contre des femmes et des filles.  Elle a vivement condamné ces violences et a demandé au Gouvernement d’identifier leurs auteurs et de les traduire en justice.

En venant à la situation humanitaire précaire, la délégation a rappelé aux parties qu’elles ont une obligation de répondre aux besoins de la population qui fait face à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire et au manque de services de base.  Cela implique de faciliter les opérations humanitaires et d’éliminer les menaces et les risques auxquels les organisations humanitaires sont confrontées.  À cet égard, la délégation a remercié le personnel de la MINUSS, la police et d’autres organisations qui travaillent pour protéger les civils en situation de vulnérabilité, leur faire parvenir l’aide humanitaire, protéger les droits de l’homme et préserver le processus de paix.

Mme VERÓNICA CÓRDOVA SORIA (Bolivie) a estimé que la signature de l’Accord sur le règlement du conflit en République du Soudan du Sud était une étape fondamentale vers la paix dans ce pays.  Reconnaissant que la situation au Soudan du Sud était compliquée, elle a souligné les réussites et les défis qu’il faut encore relever et qui exigent une volonté politique de la part des dirigeants du pays.  La solution ne peut être que politique, a-t-elle affirmé, plaidant pour le dialogue, la réconciliation, le renforcement des capacités, l’appui au développement ou encore la définition des mesures de sécurité.  Il faut la participation active de la société civile, de la jeunesse et des femmes, a-t-elle ajouté.

La représentante a évoqué le sort des deux millions de déplacés et réfugiés qui n’ont pas accès aux services de base.  Elle a condamné les attaques de violence sexuelle qui ont fait plus de 100 victimes chez les femmes et les filles dans le nord du pays, appelant à mener les enquêtes et les poursuites nécessaires.  Le moment est propice, a-t-elle estimé, pour instaurer une ambiance de protection des femmes, lutter contre la violence sexuelle et développer une justice transitionnelle avec des tribunaux hybrides.  La représentante a, en conclusion, appelé la communauté internationale à la mobilisation des ressources politiques et financières pour accompagner la mise en œuvre de l’Accord, invitant le Conseil de sécurité à maintenir son unité et à travailler en collaboration avec l’UA et l’IGAD.

Mme LISE GREGOIRE VAN HAAREN (Pays-Bas) a salué les développements importants depuis la signature, il y a trois mois, de l’accord de paix revitalisé.  À ce titre elle a cité la convocation des comités prétransitionnels et la mise en œuvre de mesures de confiance comme les visites de terrain conjointes et la libération de prisonniers politiques.  Il n’en reste pas moins, selon elle, que la force de tout accord de paix au Soudan du Sud repose sur sa capacité d’apporter la sécurité et la stabilité au peuple sud-soudanais, et, à ce sujet, elle s’est dite préoccupée par les violations continues du cessez-le-feu, en particulier autour de Baggari, et les attaques de civils, y compris le viol de 125 femmes, à Bentiu.

Par conséquent les Pays-Bas exigent la pleine mise en œuvre de l’accord de paix, y voyant le seul moyen pour protéger le peuple sud-soudanais.  Ils appellent à une cessation des hostilités immédiate, à la finalisation des négociations sur les accords de sécurité transitionnels, à plus d’efforts pour atteindre le quota des 35% de participation de femmes, et à moins de blocages bureaucratiques qui entravent le travail humanitaire.  Mme Gregoire Van Haaren a insisté aussi sur l’application du principe de responsabilité, en particulier pour ceux qui continuent d’attaquer des civils.  « C’est aux parties, et en particulier au Gouvernement du Soudan du Sud, de faire preuve de leadership » s’est impatientée la représentante pour laquelle la Commission vérité, réconciliation et apaisement et le Tribunal mixte pour le Soudan du Sud seront essentiels pour rendre justice et parvenir à la réconciliation.  Enfin, à la lumière de la violence sexuelle qui persiste dans pays, les Pays-Bas estiment que la MINUSS doit continuer à protéger les civils au Soudan du Sud. 

M. TAREQ M. A. M. ALBANAI (Koweït) a rappelé qu’il y a trois mois l’Accord revitalisé était signé et le comité préparatoire à la transition tenait sa première réunion.  Les parties signataires sont parvenues à rassembler leurs forces sous commandement unifié, donnant davantage d’espoir de voir une issue car ce sont elles qui doivent assurer la sécurité.  La situation humanitaire reste une source de préoccupation, notamment en raison des réfugiés et déplacés et de l’insécurité alimentaire.  Pour cette raison, il est urgent, selon le délégué, de faire progresser une solution politique pour faciliter la délivrance d’aide humanitaire. 

Le Sommet arabo-africain, il y a cinq ans, avait convenu de lancer une nouvelle phase de développement, avant que la guerre n’éclate en 2013, a-t-il rappelé en espérant que la période de transition allait permettre de relancer cette coopération.  Mais il a souhaité pour ce faire que justice soit rendue aux victimes des violences, notamment sexuelles.  Le Koweït appuiera toute décision visant à mettre un terme à l’impunité.  Aussi le représentant a-t-il appelé à la création du tribunal hybride.

M. HAITAO WU (Chine) s’est félicité des efforts consentis par les parties sud soudanaises, notamment par le Gouvernement qui a permis la signature et la diffusion de l’Accord de paix revitalisé.  La Chine constate cependant que des groupes de l’opposition n’ont pas souhaité rejoindre cet Accord.  Dans ce contexte, elle estime que le Conseil de sécurité devrait être conscient de la complexité de la situation au Soudan du Sud et adopter de ce fait, une approche équilibrée. 

La Chine est donc d’avis que la communauté internationale et le Conseil de sécurité doivent se garder d’imposer des solutions de l’extérieur.  Ils doivent s’appuyer sur les efforts régionaux menés par l’IGAD.  Ils doivent également apporter aide et financements au Soudan du Sud, notamment au fonds de soutien pour la mise en œuvre de cet Accord et pour le développement du pays.  Les secteurs de l’agriculture, de l’électricité ou des routes devraient être des priorités, de sorte que chaque Soudanais bénéficie des bienfaits du développement, a dit le représentant.

Enfin, la Chine pense que les sanctions étant « un moyen et non une fin en soi », elles doivent être utilisés de façon prudente, dans l’unique but de chercher la paix, a conclu son représentant. 

Pour M. CARL ORRENIUS SKAU (Suède), la signature de l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit au Soudan du Sud, il y a trois mois, a marqué « un tournant décisif » qui devrait permettre au pays de revenir sur la voie de la paix et de la stabilité.  Il a pris note des « pas encourageants » accomplis depuis sa signature, notamment pour ce qui est des différents mécanismes de pré-transition.  Il s’est également dit encouragé par le fait que le cessez-le-feu ait été respecté dans la plus grande partie du pays et que des efforts aient été entrepris pour mettre en place des voies de communication directes entre les Forces de défense du peuple sud-soudanais et la SPLA ce qui renforce la confiance mutuelle. 

« Ce dont le pays a besoin maintenant, c’est la volonté politique des parties pour mettre en application ce dont elles ont convenu et leur engagement en faveur de la consolidation de la paix et de la réconciliation », a estimé le représentant pour lequel il est important que le Conseil de sécurité reste activement engagé et réagisse en cas de lacunes.  En effet, le processus de paix reste fragile et les combats se poursuivent dans certaines parties du pays avec des conséquences inacceptables pour les civils, a-t-il poursuivi avant d’exiger la cessation complète des hostilités de la part de toutes les parties, qu’il s’agisse du Gouvernement ou des groupes armés, pour que le processus de paix puisse avancer.  Il a également demandé qu’il y ait des conséquences en cas de violation de l’Accord revitalisé.  La délégation condamne dans les termes les plus forts les violences sexuelles et sexistes des dernières semaines à Bentiu, et exige que les responsables de ces actes aient à en assumer les conséquences.  À cet égard, le délégué a souligné l’importance des mécanismes de justice transitionnelle prévus par l’Accord, notamment le Tribunal mixte.  Par ailleurs, il a insisté sur l’implication des femmes, des jeunes et de la société civile dans le processus politique.  Avant de conclure, le représentant a lancé un appel pour que les enfants soldats prisonniers soient libérés. 

M. DMITRY A. POLYANSKIY (Fédération de Russie) a jugé que les parties, en signant l’Accord revitalisé, ont fait montre de leur volonté d’aboutir à un compromis et de surmonter leurs divergences.  Il a salué les efforts des États Membres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) qui ont lancé le processus, ainsi que la contribution du Président Omer Al-Bashir du Soudan.  L’unité des acteurs régionaux a été préservée jusqu’à présent a-t-il noté, et c’est essentiel pour accompagner le processus de paix.  De même l’envoi de contingents des pays de la région est une bonne mise en pratique de l’implication du continent aux côtés de l’ONU dans la préservation de la paix et la sécurité. 

La Russie s’est dite prête à étudier les propositions en ce qui concerne la Force de protection régionale.  Le représentant a salué la diminution des violences constatée sur le terrain depuis la signature de l’Accord.  Il a à cet égard a pris note de la volonté de M. Riek Machar de regagner Djouba début 2019.  Reste à finaliser la mise en œuvre des cantonnements des forces; car ce n’est que par la mise en œuvre complète des engagements pris que pourra se renforcer la confiance entre les parties, a-t-il insisté.

Sur le plan politique, M. KACOU HOUADJA LÉON ADOM (Côte d’Ivoire) s’est félicité de la volonté manifeste des parties sud-soudanaises de mettre en œuvre l’Accord revitalisé et a appelé les parties à tirer profit de la phase pré-transitionnelle pour créer les conditions d’une transition réussie devant conduire aux élections dans les délais impartis.  Il les a aussi invitées à s’engager résolument dans l’élaboration d’une version révisée des dispositions transitoires de sécurité, ainsi que dans la mise en place d’un gouvernement provisoire d’union nationale.  Le représentant a en outre encouragé les dirigeants sud-soudanais à assurer une représentation significative des femmes auprès des institutions en charge de la mise en œuvre de l’Accord revitalisé.

Passant aux questions sécuritaires, il s’est réjoui du respect du cessez-le-feu dans certaines régions du pays et des mesures de confiance instaurées par le Gouvernement sud-soudanais et les groupes d’opposition à la suite de la signature de l’Accord.  La délégation ivoirienne exhorte les parties à consolider cette trajectoire pacifique afin que les régions encore affectées par des affrontements armés et des violences intercommunautaires puissent retrouver la paix et la stabilité.  Elle se félicite de l’engagement multiforme des pays membres de l’IGAD dans le règlement de ce conflit et exhorte les dirigeants de l’IGAD et des Nations Unies à procéder au déploiement rapide de la Force de protection régionale de la MINUSS en vue de garantir la protection des populations civiles.

La Côte d’Ivoire, a poursuivi le délégué, reste préoccupée par la situation humanitaire au Soudan du Sud qui est marquée par le nombre élevé de déplacés internes et de réfugiés, les problèmes d’insécurité alimentaire et les risques sanitaires liés à l’apparition du virus Ebola en République démocratique du Congo.  Cette situation est aggravée par la persistance d’actes délibérés d’entraves à l’assistance humanitaire, a remarqué le représentant, condamnant au passage tous les actes de violence à l’encontre des agents humanitaires et le pillage de leur matériel.  Sa délégation appelle les parties sud-soudanaises à créer un environnement sécuritaire propice à la fourniture de l’aide humanitaire et au retour, en toute sécurité, des personnes déplacées dans leurs zones d’origine.

S’agissant du régime de sanctions au Soudan du Sud, le représentant a encouragé le Gouvernement sud-soudanais, les pays de la région, le Comité des sanctions et le panel d’experts à une plus grande collaboration dans le but de soutenir les efforts de paix en cours.

M. AKUEI BONA MALWAL (Soudan du Sud) a rappelé que le processus de paix lié à l’Accord revitalisé était « en phase de pré-mise en œuvre » et reconnu que celle-ci avait pris du retard, non du fait des parties selon lui mais du fait de certaines difficultés techniques.  Il a cependant appuyé le point de vue du Secrétaire général selon lequel une volonté politique était maintenant requise, y compris de la part de la communauté internationale, pour aboutir.  Tout en travaillant à la pleine application de l’Accord dans les mois qui viennent, il a affirmé que son gouvernement prenait très au sérieux les rapports sur les violences sexuelles.  Le rapport concernant l’attaque récente de 150 femmes est particulièrement perturbant, a-t-il estimé, et les coupables ne doivent pas être autorisés à s’en sortir.  À cette fin, une mission d’enquête a été établie sous l’égide du Ministère du genre, de l’enfance et du bien-être social, a-t-il indiqué.

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