Yémen: pire catastrophe humanitaire au monde, la sortie de crise exige un dialogue politique entre les parties, selon de hauts responsables onusiens

CS/13586
16 novembre 2018
8404e séance – après-midi

Yémen: pire catastrophe humanitaire au monde, la sortie de crise exige un dialogue politique entre les parties, selon de hauts responsables onusiens

« Le Yémen fait face à une situation catastrophique.  À tel point que les Nations Unies et les agences humanitaires organisent à l’heure actuelle la plus grande opération humanitaire au monde », est venu redire cet après-midi, au Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, M. Mark Lowcock, reprenant les termes utilisés lors de sa dernière intervention du 23 octobre dernier.

« Ce que j’ai vu au Yémen relève du cauchemar, de l’horreur et de la misère.  Les enfants ne sourient pas, ne rient pas, ni ne pleurent tant ils ont faim.  Environ 12 millions de Yéménites, soit près de la moitié de la population du pays, souffrent de la faim », s’est alarmé à son tour le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), M. David Beasley.

« Cette situation, qui est sans aucun doute le plus grand désastre humanitaire au monde, exige une action urgente de tous », a renchéri l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, M. Martin Griffiths, disant appuyer les demandes faites le mois dernier par M. Lowcock, qui constituent à son avis une feuille de route claire pour résoudre la crise.

Ce dernier, qui avait demandé la cessation des hostilités, a déploré aujourd’hui qu’au contraire la violence ait augmenté depuis le 30 octobre, avec plus de 800 événements distincts de pilonnage, d’affrontements armés et de frappes aériennes dans tout le Yémen. 

Face à cette situation qui ne cesse de s’aggraver, alors que tout le monde s’accorde pour dire que ce conflit ne peut plus durer, l’ensemble des membres du Conseil de sécurité ont reconnu que la solution à cette crise ne serait pas trouvée sur le plan militaire mais politique.

Résumant quelque peu la position de toutes les délégations, celle du Royaume-Uni a expliqué que l’on ne parviendrait pas à améliorer la situation sur le terrain sans « un engagement politique fort ».

Alors que la recherche d’une solution devient chaque jour plus urgente pour des millions de Yéménites, il y a là une « une véritable fenêtre d’opportunité pour relancer un processus politique crédible, seule solution à la crise au Yémen », a dit le représentant français, faisant référence à l’annonce de l’Envoyé spécial.

En effet, M. Martin Griffiths avait indiqué en début de séance qu’en tant médiateur dans cette crise, il avait réussi à convaincre le Président du Yémen, M. Abdrabuh Mansour Hadi Mansour, et les dirigeants d’Ansar Allah de se rencontrer bientôt à Stockholm, en Suède, pour lancer des discussions politiques.  Mais avant cela, a-t-il insisté, il ne doit pas y avoir de tentatives de reprendre les combats. 

Mieux encore, le port d’Hodeïda, véritable pont humanitaire pour des millions de Yéménites, doit demeurer ouvert et opérationnel, a demandé l’Éthiopie.

Partisane elle aussi de la solution politique, la Fédération de Russie a appuyé cette demande d’une cessation des hostilités, rappelant que l’histoire de ce conflit montre que les approches strictement militaires ne fonctionnent pas.  D’autant que cette « guerre ne profite qu’aux terroristes », a précisé le représentant russe. 

La Suède, qui doit accueillir ladite rencontre, a également souligné la nécessité impérative de mettre fin aux combats avant de rassembler les parties à la table des négociations.  C’est la meilleure chance de parvenir à un tournant dans le conflit, a estimé le représentant, ajoutant que les parties doivent s’y engager de bonne foi et adopter des mesures de renforcement de la confiance.

Il est à souhaiter que le scénario de septembre dernier ne se reproduise pas, a renchérit le Koweït en rappelant l’épisode où les dirigeants houthistes avaient refusé de participer aux discussions proposées par la coalition arabe.  La délégation koweïtienne a annoncé par ailleurs sa disponibilité à faciliter la logistique des rencontres prévues à Stockholm.

Une des conditions pour que ces négociations aboutissent, c’est qu’elles incluent les femmes et tiennent compte des revendications sudistes, a estimé pour sa part une représentante de la société civile, Mme Rasha Jarhum, Fondatrice et Présidente de Peace Track Initiative Yemen.

Le transfert des armes vers le Yémen doit aussi cesser, a-t-elle demandé, appuyée en cela par la Bolivie, qui s’est interrogée sur la technologie et l’origine des armes, missiles et bombes utilisés dans les attaques contre des hôpitaux, des marchés, des espaces publics et même des bus transportant des enfants.

Pendant que la France se disait prête à être porteplume d’un projet de résolution visant à répondre à l’urgence humanitaire et à soutenir les demandes de M. Lowcock, les États-Unis ont constaté qu’alors que le Conseil de sécurité est souvent divisé sur diverses questions, il ne l’est pas autant sur la question du Yémen.

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT

Déclarations

« Sans aucun doute, le Yémen reste le plus grand désastre humanitaire au monde », a affirmé M. MARTIN GRIFFITHS, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen.  Alors que la lutte contre la famine se poursuit, les femmes et les enfants meurent de maladies évitables et l’économie menace de s’effondrer.  « Cette situation exige une action urgente de tous. »  C’est pour cela qu’il faut soutenir la demande faite le mois dernier, ici même au Conseil de sécurité, par le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaire, M. Mark Lowcock.  Elle fournit une feuille de route claire qu’il faut appuyer, a déclaré M. Griffiths. 

M. Griffiths a ensuite dit sa reconnaissance envers les dirigeants qui ont appelé à la cessation des hostilités.  « Il ne doit pas y avoir de tentatives de reprendre les combats, d’autant que le Conseil de sécurité n’a cessé d’appeler les parties à éviter toute catastrophe humanitaire », a-t-il prévenu.

Dans ce contexte, l’Envoyé spécial, qui est également médiateur dans cette crise, a dit se féliciter de l’engagement renouvelé des parties, notamment le Président du Yémen, M. Abdrabuh Mansour Hadi Mansour, et les dirigeants d’Ansar Allah à travailler à une solution politique.  Une réunion entre ces parties est en cours de préparation et devrait se tenir bientôt à Stockholm, en Suède.  « C’est un moment crucial pour le Yémen », a-t-il insisté, ajoutant avoir reçu des assurances que les parties yéménites participeront bien à cette rencontre. 

M. Griffiths a également indiqué avoir passé ces deux derniers mois à chercher le soutien des parties au nouveau cadre de négociations.  Ce cadre établit les principes et paramètres de négociations inclusives et visent à mettre fin à la guerre et à reprendre le processus de transition politique, sous l’égide de l’ONU.  Il inclut une série d’arrangements politiques et sécuritaires intérimaires, des mécanismes de garanties et de mise en œuvre.  Ces arrangements devraient permettre la fin des combats, le retour du Yémen à des relations de bon voisinage avec ses voisins et la restauration des institutions.  Ce cadre reflète en outre les faits et termes repris dans les résolutions de ce Conseil.  Il représente une solution politique viable.  « Il est là et prêt à être saisi », a dit l’Envoyé spécial, ajoutant qu’il se rendra la semaine prochaine à Sanaa pour le finaliser. 

Cependant, a souligné M. Griffiths, pour qu’un accord de paix soit durable, il doit être soutenu de manière inclusive par le peuple yéménite.  « La question du Yémen du Sud est dans tous les esprits, et les acteurs sudistes auront un rôle crucial pour sauvegarder les conclusions du processus de paix sur lequel on travaille actuellement », a-t-il dit.

À ce titre, l’Envoyé spécial a annoncé qu’un accord sur l’échange de détenus a été conclu entre les parties.  Il est maintenant temps qu’elles joignent leurs efforts pour répondre aux aspects économiques de la crise, et notamment la chute rapide du rial yéménite, source première de la famine.  « Cette question devrait être au-dessus des considérations politiques, ou des mesures de confiance.  Ce sont des Yéménites qui meurent », a témoigné M. Griffiths, indiquant prévoir une réunion avec la Banque centrale du Yémen, facilitée par le Fonds monétaire international (FMI), dans le but de trouver un plan d’action. 

M. MARK LOWCOCK, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, a rappelé avoir informé le 23 octobre le Conseil de sécurité des graves risques de famine auxquels le Yémen faisait face.  Citant un rapport du Réseau du système d’alerte rapide aux risques de famine (FEWS NET), il a déclaré que le Yémen faisait face à la plus grande urgence d’insécurité alimentaire du monde.  « L’aggravation des conditions humanitaires nécessite une action urgente pour réduire la probabilité de pertes importantes en vies humaines », a cité M. Lowcock, qualifiant la situation de « catastrophique », et prévenant qu’un grand nombre de Yéménites, parmi les millions souffrant d’insécurité alimentaire, vont subir des périodes de disette assez longues pour qu’augmente significativement le taux de mortalité. 

« Est-ce une famine? » a demandé à l’assistance M. Lowcock.  « Avec tout mon respect, Monsieur le Président, je crains que cette question ne soit pas la bonne », a-t-il dit.  Des deux famines de ce siècle - Somalie en 2011 et Soudan du Sud en 2017 - la communauté internationale a appris que les morts survenaient avant que l’état de famine soit déclaré: « Je ne dis pas qu’une famine de grande ampleur a déjà cours au Yémen: nous essayons de l’empêcher ».  Le Yémen a évité jusque-là la famine pour plusieurs raisons, selon lui.  D’abord, les Nations Unies et les agences humanitaires organisent à l’heure actuelle « la plus grande opération humanitaire au monde » pour 8 millions de Yéménites.  Les États Membres ainsi que des parties prenantes clefs ont déjà agi quand le risque de famine s’était intensifié par le passé, a rappelé M. Lowcock qui a cité en exemple le travail collectif pour lever le blocus temporaire, l’an dernier à la même période, et l’apport par les États Membres de fonds « aussi flexibles que généreux » en 2018.

Revenant sur ses demandes formulées lors de sa déclaration du 23 octobre, M. Lowcock a offert une mise à jour sur leur mise en œuvre.  Sur la cessation des hostilités - dans et autour des infrastructures d’où s’organise l’aide humanitaire et où sont stockées les denrées d’importation commerciales - il a informé le Conseil que la violence avait augmenté depuis le 30 octobre, avec plus de 800 événements distincts de pilonnage, d’affrontements armés et de frappes aériennes dans tout le Yémen.  Un des plus féroces actes de guerre s’est produit dans la ville d’Hodeïda, a-t-il précisé en parlant de conséquences désastreuses pour les civils.  Le Secrétaire général adjoint a rappelé l’attaque d’un bus transportant des civils fuyant Hodeïda ce mardi, qui a fait sept morts.

D’importantes infrastructures civiles sont également attaquées, a poursuivi M. Lowcock, rapportant le cas de patients du principal hôpital public d’Hodeïda fuyant les combats et les explosions dans la rue, tandis que sept jours plus tard, un second hôpital était endommagé après avoir été pris entre deux feux.

Dans la ville d’Hodeïda, où parmi la population encore sur place « 30% survit à peine, dont un quart d’enfants mal nourris », les programmes humanitaires ont dû être revus à la baisse, et le personnel a dû s’éloigner - temporairement, a espéré M. Lowcock.  Il a signalé que d’autres programmes d’urgence sont toujours en place dans la ville et que les agences stockent de nouveau des denrées pour s’assurer que les opérations humanitaires les plus urgentes puissent continuer si la situation empire. 

Réclamant une cessation des hostilités, le Secrétaire général adjoint a assuré que les Nations Unies étaient prêtes à jouer un rôle plus important pour s’assurer que les infrastructures clefs autour d’Hodeïda, comme le port, soient « utilisées de façon appropriée ».  Saluant la décision du Gouvernement yéménite de suspendre le décret 75 bloquant l’importation de nourriture, il a regretté que le décret concernant le pétrole ne soit pas suspendu car il entrave toujours le fonctionnement des générateurs dans les hôpitaux.  Il a aussi recommandé aux parties prenantes de ne plus détruire les routes menant aux infrastructures.

Louant la décision de l’Arabie saoudite d’injecter 200 millions de dollars dans la Banque centrale du Yémen, faisant baisser l’inflation du rial yéménite, il a qualifié ce genre d’initiatives d’« extrêmement efficaces », et réclamé plus de flux financiers entrants pour maintenir la monnaie nationale à flot et rendre abordable l’achat de produits d’importation de base.

En diplomatie, il est souvent préférable de s’exprimer avec douceur, a reconnu M. DAVID BEASLEY, Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM).  Toutefois, au retour d’une visite de trois jours au Yémen, il a déclaré que le langage mesuré ne saurait rendre justice aux souffrances endurées par la population dont il a été témoin.  « Ce que j’ai vu au Yémen relève du cauchemar, de l’horreur et de la misère », a poursuivi M. Beasley, pour qui le Yémen se trouve « au bord de la catastrophe ».  « Les conditions endurées par les Yéménites n’ont qu’une seule cause, soit la guerre », a martelé M. Beasley.  Le Yémen constitue un exemple frappant de la raison pour laquelle le Conseil de sécurité a reconnu, en mai de cette année, le lien entre les conflits et la faim.  « En termes humains », cela veut dire qu’un enfant de huit mois souffrant de malnutrition aigüe sévère, comme celui qu’il a rencontré cette semaine à l’hôpital de Sanaa, n’est plus que « peau et os ».  « Les enfants comme lui ne sourient pas et ne rient pas, c’est à peine s’ils pleurent tant ils ont faim », a décrit M. Beasley, en ajoutant que 50 enfants malnutris arrivent chaque jour dans un hôpital qui ne peut en recevoir que 20.  « Les autres retournent à la maison pour mourir », a-t-il expliqué. 

Après des années de guerre, l’économie du Yémen est au bord de l’effondrement, a poursuivi M. Beasley en signalant que la valeur du rial a diminué de 235% depuis janvier 2015, effaçant les deux tiers du pouvoir d’achat de la population.  Au cours des huit derniers mois, le prix des denrées de base a doublé et huit millions de personnes ont perdu leurs moyens de subsistance.  Environ 12 millions de Yéménites, sur une population de 28 millions, souffrent de la faim, soit près de la moitié de la population du pays, un chiffre qui a doublé au cours des 18 derniers mois.  La baisse du cours du rial explique le fait qu’en trois mois on compte 3,6 millions de personnes de plus parmi celles qui souffrent de la faim, dont 1,6 million rien qu’au cours du mois dernier. 

Pour sa part, le PAM apporte son aide à huit millions de personnes par mois, et dispose actuellement de stocks de céréales suffisants pour 6,8 millions de personnes.  En coopération avec Vision mondiale et l’Organisation islamique internationale de secours, le PAM continue d’offrir une aide alimentaire aux 225 000 personnes qui demeurent à Hodeïda. 

À moins que les conditions ne changent « immédiatement », la « famine pointe à l’horizon », a averti M. Beasley.  « Nous devons combiner l’aide humanitaire à un effort désespéré pour restaurer l’économie du Yémen », a martelé le Directeur exécutif.  Pour ce faire, il a recommandé une approche à deux volets.  Tout d’abord, il faut injecter des devises fortes dans l’économie du pays, à hauteur de 200 millions de dollars par mois, afin que la population puisse se procurer les denrées de base.  Ensuite, il faut augmenter le niveau de l’aide humanitaire pour pouvoir aider 12 millions de personnes par mois.  Si l’on veut éviter la catastrophe, nous devons également rétablir l’accès au port d’Hodeïda, a mis en garde M. Beasley, avant de conclure que la communauté internationale doit user de son pouvoir pour faire cesser la guerre et restaurer l’économie, sans quoi « nous devrons décider quel enfant vit et quel enfant meurt ». 

Mme RASHA JARHUM, Fondatrice et Présidente de Peace Track Initiative Yemen, a indiqué que son initiative est un regroupement de plus de 200 organisations de femmes yéménites.  Elle a affirmé que tous les acteurs impliqués dans le conflit continuent, en toute impunité, de fouler au pied les principes du droit international humanitaire.  La coalition arabe bombarde les zones civiles, tandis que les milices houthistes utilisent des mines, a-t-elle précisé en s’inquiétant notamment que se poursuive la violence contre les femmes.  Celles-ci sont tuées, violées ou mariées de force, a-t-elle dénoncé.

« En tant que femmes, la paix est importante pour nous », a poursuivi Mme Jarhum.  Elle a indiqué que les associations de sa coalition avaient réussi à démilitariser et à rouvrir des écoles.  Elles ont même obtenu la libération de 336 détenus, alors qu’aucun détenu n’a jamais été libéré sous les auspices des Nations Unies, a-t-elle fait valoir.

En dépit de cela, les femmes ne sont toujours pas intégrées aux processus de paix et de négociation, a regretté la militante en imputant cela au cadre patriarcal.  Ce sont ceux qui ont des armes qui discutent, a-t-elle relevé, ajoutant que les femmes ne doivent pas seulement jouer un rôle consultatif, mais être pleinement intégrées aux processus.

Afin d’aider le Yémen à sortir de la situation actuelle, Mme Jarhum a fait une série de recommandations au Conseil de sécurité.  Elle a ainsi souhaité que soient obtenus un cessez-le-feu ainsi qu’un dialogue politique inclusif, qui tienne notamment compte des revendications sudistes.  Ces processus doivent inclure les femmes, a-t-elle aussi insisté.

Mme Jarhum a également plaidé pour que soit mis un terme au transfert d’armes vers le Yémen.  Elle a encore demandé d’engager des opérations de déminage et de poursuivre en justice les auteurs de violations des droits de l’homme pour qu’ils répondent de leurs actes.  « Ne pas donner suite à ces recommandations serait un échec moral contre le Yémen », a conclu l’oratrice.

« Je ne crois pas avoir entendu des exposés aussi forts au Conseil de sécurité », a déclaré Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni), pour qui les requêtes présentées par les représentants des organisations humanitaires devraient interpeller les membres du Conseil.  Elle a pris acte de la gravité de la catastrophe humanitaire au Yémen, tout en ajoutant que « nous ne parviendrons pas à améliorer la situation sur le terrain sans un engagement politique fort ». 

Malgré les progrès réalisés, tels que la tenue prochaine d’une conférence des Nations Unies, il est essentiel que les pourparlers soient inclusifs et que les femmes y prennent part, a estimé la représentante.  Après la récente visite au Yémen du Ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni, Mme Pierce a entrevu une « fenêtre de possibilité » à exploiter pour lutter contre cette crise causée par l’homme.  « Ce que l’homme fait, l’homme peut le défaire », a ajouté la représentante, en exprimant son appui aux cinq requêtes présentées par le Coordonnateur des secours d’urgence afin d’éviter une nouvelle détérioration de la crise au Yémen. 

M. MANSOUR AYYAD SH.  A.  ALOTAIBI (Koweït) a dit se réjouir de la reprise des consultations politiques, qui doivent se tenir à Stockholm en Suède.  Il est à souhaiter que toutes les parties yéménites participent à ces consultations et que le scénario de septembre dernier ne se reproduise pas, a-t-il dit en se rappelant que les dirigeants houthistes avaient refusé de participer aux discussions proposées par la coalition arabe.  Pour sortir de cette crise, il n’y a pas d’autre issue, sinon que politique, a insisté le délégué, indiquant que son pays était disposé à faciliter la logistique des rencontres prévues à Stockholm.  Cependant, il ne faut pas oublier ce que disent les résolutions du Conseil et notamment la 2216 (2015), à savoir que les milices houthistes doivent se retirer des zones sous leur contrôle et les rendre au gouvernement légitime.  Ces textes demandent aussi le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale du Yémen et la non-ingérence dans ses affaires internes, a encore rappelé le représentant. 

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a relevé que « la dégradation continue de la situation humanitaire nous précipite chaque jour un peu plus vers le désastre », alors que les dernières estimations laissent craindre une famine généralisée, une épidémie de choléra à grande échelle et la possibilité que plusieurs générations de Yéménites soient entièrement privées d’éducation.  Pour la France, les « pauses militaires » sont à cet égard non seulement un moyen de faire baisser l’intensité des affrontements, mais aussi un moyen de favoriser un climat positif pour une reprise des discussions politiques.  « Ce Conseil doit appeler à une cessation durable des hostilités dans les meilleurs délais, au respect du droit international humanitaire et à la protection des civils et des infrastructures civiles, notamment celles qui sont cruciales à la vie économique du pays. »  De même, l’accès et l’acheminement de l’aide humanitaire et des importations, y compris entre Sanaa et Hodeïda, ainsi que la stabilisation et le redressement de l’économie yéménite, sont essentiels, a poursuivi le représentant.  Le personnel humanitaire et médical qui intervient dans un environnement à haut risque doit aussi être protégé, pouvoir planifier ses opérations en amont et les mettre en œuvre en toute sécurité. 

La France soutient par ailleurs l’Envoyé spécial, et la délégation croit qu’il existe aujourd’hui « une véritable fenêtre d’opportunité pour relancer un processus politique crédible, seule solution à la crise au Yémen ».  M. Delattre a encouragé M. Griffiths à poursuivre ses contacts avec l’ensemble des parties, en vue de continuer à progresser sur les mesures de confiance.  La France se dit prête à travailler avec la plume sur un projet de résolution dont le pays soutient le principe, et qui vise à répondre à l’urgence humanitaire en endossant les demandes de M. Mark Lowcock, et en même temps à marquer le soutien du pays aux efforts de l’Envoyé spécial et à son cadre d’action en vue d’un accord durable, global et inclusif.  « La recherche d’une solution devient chaque jour plus urgente, et pour des millions de Yéménites, il s’agit désormais d’une question de vie ou de mort. » 

M. DMITRY A.  POLYANSKIY (Fédération de Russie) a jugé essentiel de parvenir à un cessez-le-feu complet dans l’ensemble du Yémen, notamment afin de permettre la reprise des pourparlers en Suède.  Il a espéré que les négociations permettront la mise en place d’un processus politique qui permettra de parvenir à une cessation des hostilités.  Il a plaidé en faveur d’une solution négociée au conflit yéménite, arguant que l’histoire de ce conflit nous montre que « les approches strictement militaires ne fonctionnent pas ».  Le représentant a condamné les frappes aveugles au Yémen, les missiles balistiques tirés contre les pays de la région, et demandé l’accès humanitaire sans entraves à l’ensemble du pays. 

La communauté internationale, y compris la Russie, aide généreusement les Yéménites, mais la solution doit être politique, a insisté le représentant.  Pour lui, « la guerre au Yémen ne profite qu’aux organisations terroristes », qui maintiennent des positions dans plusieurs régions du pays.  Après avoir noté que la proposition russe reste d’actualité, il a souhaité que les sanctions cèdent le pas à des négociations susceptibles de ramener le calme et la stabilité au Yémen. 

M. GBOLIÉ DESIRÉ WULFRAN IPO (Côte d’Ivoire) a fait part de la vive préoccupation de sa délégation face à l’intensification des combats au Yémen qui ont pour conséquence la dégradation de la situation humanitaire.  Le pays apprécie toutes les initiatives engagées par la communauté internationale dans le cadre du règlement de la crise.  En ce qui concerne les parties au conflit, M. Ipo les a invitées à observer le cessez-le-feu dans la ville portuaire d’Hodeïda, épicentre de la crise.  Il a exhorté toutes les parties yéménites à engager des négociations franches pour une paix durable, en les invitant aussi à se conformer aux dispositions découlant de l’initiative du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de son mécanisme de mise en œuvre, de même qu’aux décisions de la Conférence de dialogue national.  Enfin, le représentant a appelé le Conseil de sécurité à l’unité afin de parvenir rapidement à un règlement pacifique et définitif, dans l’intérêt des populations et surtout dans le respect de la souveraineté du Yémen. 

M. OLOF SKOOG (Suède) a rappelé que la situation au Yémen s’était encore détériorée, en dépit des mises en garde du Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, qui avait annoncé le mois dernier que 14 millions de Yéménites, soit la moitié de la population, risquaient la famine en cas d’escalade militaire et de crise économique prolongée.  C’est pourquoi il a souligné qu’il faut impérativement mettre fin aux combats et ramener les parties à la table des négociations.  Les consultations politiques menées par l’Envoyé spécial sont notre meilleure chance de parvenir à un tournant dans le conflit, a estimé le représentant, qui a apporté son soutien aux cinq points développés aujourd’hui par M. Lowcock.  Les parties au conflit doivent s’engager de bonne foi dans des consultations avec l’Envoyé spécial, a-t-il dit, en exhortant à une cessation des hostilités, dans un premier temps autour des infrastructures et des entrepôts d’aide humanitaire et de biens importés.  En outre, un accès humanitaire et commercial doit être assuré, a poursuivi la délégation, en faisant référence aux routes et aux ports de marchandises.  Enfin, la Suède a rappelé le rôle que doivent jouer les mesures de renforcement de la confiance. 

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a observé avec inquiétude « le cercle destructeur » qui s’est installé au Yémen, où trois personnes sur quatre ont besoin d’une assistance humanitaire.  La situation est particulièrement délicate à Hodeïda, où plus de 300 000 civils survivent dans les pires conditions.  Le Pérou, a dit son représentant, condamne à la fois « les atrocités » commises par les rebelles houthistes, y compris les missiles tirés contre l’Arabie saoudite, et les bombardements opérés par les autres parties au conflit contre la population et les infrastructures civiles. 

Il n’existe pas de solution militaire au conflit, a insisté le délégué.  C’est pourquoi les parties yéménites doivent s’engager à participer sans conditions préalables et de bonne foi à des négociations inclusives sous l’égide de l’ONU.  Les membres de la coalition et les autres acteurs impliqués dans le conflit doivent appuyer ce plan d’action en vue de la prochaine réunion qui doit avoir lieu en Suède.  Le représentant a souligné que les membres du Conseil de sécurité doivent aussi appuyer de concert une solution politique et y croire. 

Alors que le Yémen fait face à la pire famine depuis cent ans et que s’intensifient les opérations militaires, Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) a déclaré que « nous nous trouvons au bord de la catastrophe ».  « Ce conflit ne peut plus durer », et ne peut être résolu par des moyens strictement militaires, selon la représentante qui a prôné de la diplomatie, de la médiation et de l’engagement de la part de toutes les parties prenantes, notamment les pays de la région.  « Les mots ne pourront pas sauver la vie des enfants yéménites qui meurent tous les jours de la faim et de maladies », a insisté Mme Wronecka, pour qui le Conseil de sécurité doit passer des paroles à l’action. 

Mme Wronecka a encouragé les parties au conflit à faire preuve de bonne volonté et de flexibilité afin de rétablir la confiance, notamment dans le cadre des pourparlers à venir sous l’égide de l’ONU.  Elle a exprimé son appui aux cinq points présentés par M. Lowcock lors de sa présentation du 23 octobre dernier, et appelé à leur mise en œuvre dans les plus brefs délais.  Elle a aussi plaidé pour que l’accès à l’aide humanitaire par Hodeïda soit préservé afin d’éviter la famine.  Elle a exhorté les parties au conflit à garantir l’accès humanitaire et le bon fonctionnement des ports du Yémen et à respecter le droit international humanitaire.

M. JONATHAN R.  COHEN (États-Unis) a déclaré que la seule solution à cette crise anthropique se trouve autour d’une table de négociation et non sur le champ de bataille.  « Les parties doivent donc cesser de débattre des conditions de la négociation et venir plutôt s’assoir à la table de négociation », a-t-il dit, exprimant son soutien aux efforts de l’Envoyé spécial M. Griffiths.

S’agissant de la crise humanitaire, le représentant a déclaré que l’on ne peut plus attendre un règlement de cette crise.  « La coalition et le Gouvernement doivent cesser de stopper le transfert des biens humanitaires et mettre fin au blocus du port d’Hodeïda. »  Il faut également résorber la chute du rial, en aidant massivement la Banque centrale du Yémen, a-t-il dit.  Si l’on voit souvent le Conseil de sécurité divisé sur diverses questions, l’on constate qu’il ne l’est pas tant que ça sur la question du Yémen, a-t-il ajouté.  Ses membres soutiennent même les propositions de M. Lowcock et de M. Griffiths, s’est-il félicité, appelant à la mise en œuvre de ces propositions. 

M. TAYE ATSKE SELASSIE AMDE (Éthiopie) a noté que l’intensité des combats à Hodeïda a diminué depuis le début du mois alors que la coalition a mis un terme à ses opérations militaires dans cette région.  Il s’est félicité des appels croissants à mettre un terme au conflit au Yémen, estimant que la communauté internationale doit agir de concert afin de mettre un terme aux violences et prévenir une catastrophe humanitaire imminente.  M. Selassie Amde a exprimé son appui aux efforts diplomatiques déployés par l’Envoyé spécial pour le Yémen afin d’assurer la reprise des pourparlers politiques.  Toutefois, une désescalade des affrontements est nécessaire, et le port d’Hodeïda, véritable pont humanitaire pour des millions de Yéménites, doit demeurer « ouvert et opérationnel ».  Il a souhaité que les pourparlers de paix à venir en Suède soient l’occasion de réaliser des progrès sur ces questions. 

M. VERÓNICA CORDOVA SORIA (Bolivie) a exprimé sa vive préoccupation au sujet de l’intensification de la violence au Yémen et a demandé de « s’interroger sur la technologie et l’origine des armes, missiles et bombes utilisés dans les attaques contre des hôpitaux, des marchés, des espaces publics, des bus transportant des enfants et ayant causé la mort de milliers d’innocents ».  Si l’on veut résoudre le conflit au Yémen de manière pacifique par le dialogue, ces transferts et ventes d’armes doivent cesser, a asséné la délégation, appelant au sens de l’humanité et à la responsabilité de la communauté internationale.  Le délégué a rappelé aux parties que toute attaque visant des objectifs civils ou des espaces publics, de même que le lancement de missiles et l’installation de mines antipersonnel sont contraires au droit international et au droit international humanitaire, et pourraient relever de crimes contre l’humanité. 

Le représentant s’est inquiété de ce que les forces armées faisant partie de la coalition et comptant des bases sur le territoire yéménite répriment et causent des morts parmi les civils opposés à leur présence.  Réitérant qu’une attaque ou une campagne militaire contre le port d’Hodeïda affecteraient gravement les 22 millions de personnes qui ont besoin d’assistance humanitaire et feraient augmenter le nombre de personnes en risque de famine de 8 à 13 millions, il a appelé les parties au conflit à s’abstenir de toute attaque et à ne pas empêcher l’accès de l’assistance humanitaire.  Il a aussi demandé au Conseil d’être catégorique en rappelant aux parties que l’application de ses résolutions revêt un caractère obligatoire.

M. AMPARO MELE COLIFA (Guinée équatoriale) a insisté sur la grave situation humanitaire prévalant dans les zones les plus affectées par le conflit, qui fait vivre la population civile avec la peur constante de recevoir une balle perdue.  Il a appelé toutes les parties à respecter le droit international humanitaire, rappelant que le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence avait répertorié plus de 5 000 violations depuis la fin mai, ainsi qu’un nombre élevé de victimes civiles et la destruction de nombreuses infrastructures.  Une cessation des hostilités est indispensable, a-t-il exigé, en soulignant en particulier la nécessité de faire cesser les attaques contre les infrastructures et installations nécessaires aux opérations humanitaires et commerciales.  Le représentant a enfin salué le rôle de l’OMS, du PAM et de l’UNICEF pour réduire les risques de famine et de choléra.  Il a également réaffirmé son appui aux efforts de paix de l’Envoyé spécial du Secrétaire général.

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a exprimé sa « vive préoccupation » face à la crise humanitaire au Yémen, qui a continué de se détériorer avec l’intensification des opérations militaires et la dégradation de la situation économique.  Malgré la perspective de la tenue d’une conférence des parties au conflit, en Suède, la violence dans la région d’Hodeïda n’a fait qu’augmenter.  Le représentant a appelé toutes les parties au conflit à trouver des compromis et à rejeter les décisions unilatérales qui pourraient affecter le processus de paix.  Afin d’appuyer les efforts de paix, nous devons parvenir à un cessez-le-feu urgent, universel et sans conditions, a déclaré le représentant, en soulignant les efforts consentis par l’Envoyé spécial.  Il s’est félicité à cet égard de la décision de l’Arabie saoudite d’évacuer 50 combattants houthistes, voyant là une mesure susceptible de rétablir la confiance.  Selon lui, une nouvelle approche régionale est nécessaire pour assurer le maintien du cessez-le-feu et la promotion du processus de paix, avec la coopération des États du Moyen-Orient et du Golfe. 

M. KAREL JAN GUSTAAF VAN OOSTEROM (Pays Bas) a parlé d’un « cercle vicieux de conflits et de faim » pour qualifier la situation au Yémen, dénonçant les frappes aériennes continues et le pilonnage qui font des dégâts considérables sur les infrastructures civiles et les équipements sanitaires et d’eau potable.  « En général, a-t-il observé, priver des civils des biens indispensables à leur survie, donc les affamer intentionnellement, est une arme de guerre inacceptable quelles que soient les circonstances; cela peut même être considéré comme un crime de guerre ».  S’il a noté qu’il reste un espoir de voir l’escalade stoppée autour de la ville d’Hodeïda, il a rappelé que le blocus qui dure depuis maintenant un an continue de causer des pénuries.  « En cas d’aggravation de la situation, le port d’Hodeïda sur lequel la vie de millions de Yéménites repose pourrait devenir inaccessible aux bateaux transportant des biens vitaux pour une population dans le besoin », s’est inquiété le délégué.

Face à ces enjeux, le représentant a rappelé à la communauté internationale sa responsabilité d’agir en protégeant avant tout les civils.  À ce titre, il a appelé le Conseil à soutenir les cinq demandes du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA): déclarer un cessez-le-feu humanitaire, protéger les approvisionnements de nourriture et de biens essentiels, injecter des finances dans l’économie au travers de la Banque centrale, accroître les fonds de l’opération humanitaire et, enfin, s’engager pleinement à mettre fin au conflit.  Après avoir rappelé que le personnel humanitaire ne doit ni être la cible d’attaques, ni être instrumentalisé à des fins politiques, il a souhaité que les responsables ne puissent continuer d’agir en toute impunité et qu’ils soient tenus pour responsables.  Pour accéder à la cinquième demande de l’OCHA, les Pays-Bas ont assuré M. Griffith de leur total soutien et de celui de l’Europe pour parvenir à une solution politique.  Il a d’ailleurs considéré que ces pays devraient user de leur influence pour aider à créer les conditions propices à une concertation.  Il a également appelé toute la communauté internationale à cesser de livrer des armes aux belligérants sur ce théâtre d’opération.

M. ZHAOXU MA (Chine) a déclaré que toutes les questions qui se posent au Yémen ne se règleront que par des voies politiques.  La communauté internationale devrait appuyer le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriales du Yémen et favoriser les moyens de dialoguer.  Pour cette raison, la délégation salue les efforts de l’Envoyé spécial Martin Griffiths, visant à instaurer un dialogue entre les parties yéménites et engage ces dernières à participer pleinement à ces discussions. 

Le représentant du Yémen a déclaré que la situation humanitaire de son pays se détériore de jour en jour.  Nous devons traiter les causes réelles de cette catastrophe, a-t-il demandé, souhaitant « comprendre qui est engagé sur la voie de la paix et de la prospérité et qui souhaite la poursuite des violences ».  Le décret 75 adopté par le Gouvernement a permis de freiner la dépréciation du rial, a-t-il noté.  De son côté, la Banque centrale s’efforce de contrôler la valeur du rial afin de permettre aux populations civiles de se procurer les denrées de base.  En outre, les dépôts saoudiens ont permis de financer l’importation de denrées de base pour plus de 600 millions de dollars, dont certaines ont été acheminées vers des régions contrôlées par les houthistes, a précisé le représentant. 

Le délégué s’est félicité de la Déclaration de Riyad, qui vise à mettre un terme à la crise qui affecte le Yémen.  L’Arabie saoudite continue de soutenir le Yémen contre les attaques aux missiles balistiques lancées par les houthistes.  Il faut mettre fin à l’utilisation des enfants yéménites comme boucliers humains, a demandé le représentant.  « Les Yéménites en ont assez du sang versé par des bourreaux qui restent impunis », s’est-il emporté, fustigeant les milices qui posent des mines sur le territoire du Yémen, assiègent des villes et recrutent des enfants pour les jeter dans l’enfer de la guerre.

Réagissant à la présentation de M. Beasley, du PAM, le représentant a déclaré que les houthistes viennent tout juste d’incendier des dépôts alimentaires à Hodeïda.  Il a dénoncé les attaques perpétrées contre la ville de Taëz et les souffrances infligées aux enfants qui y demeurent prisonniers des houthistes.  Le représentant s’est dit prêt à accepter toute mesure susceptible de favoriser la confiance.  Cependant, le Conseil de sécurité doit faire plus que simplement dénoncer la situation qui a cours au Yémen et se contenter de décisions et de résolutions, a insisté le représentant, en appelant à des mesures concrètes sur le terrain.  « Nous avons des milliers d’opportunités à saisir pour parvenir à une paix juste et globale et rétablir la légitimité et la stabilité », a-t-il dit, en espérant que les rebelles prendront part aux pourparlers de paix.  « Nous n’accepterons jamais l’influence iranienne et la répétition de l’expérience iranienne dans notre pays », a-t-il conclu. 

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