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CS/13496
11 septembre 2018
8348e séance – après-midi

L’Envoyé spécial pour le Yémen prévient le Conseil de sécurité que le processus politique connaîtra « des hauts et des bas »

Cet après-midi, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, M. Martin Griffiths, a indiqué au Conseil de sécurité qu’en convoquant les consultations interyéménites à Genève, la semaine dernière, il ne s’attendait pas à ce que ce soit « une mission aisée ».  Le processus politique connaîtra des hauts et des bas, a prédit l’Envoyé spécial.

Intervenant par visioconférence depuis Amman en Jordanie, M. Griffiths a expliqué qu’en dépit de l’absence de l’une des parties, nous avons quand même pu relancer le processus politique « J’étais tout aussi déçu que vous de ne pas avoir pu amener la délégation de Sanaa à Genève et j’espère que cela ne se reproduira plus », a-t-il ajouté. 

L’Envoyé spécial a expliqué que les parties au conflit ne s’étaient pas rencontrées depuis plus de deux ans.  La guerre a connu une escalade sur tous les fronts.  Le degré de confiance est au plus bas et les coûts humain et humanitaire ne cessent de croître.  « J’ai appris que c’était une course contre la montre pour sauver ce qui reste des institutions publiques », a-t-il dit.  Il faut de la volonté politique, de la détermination et l’engagement de tous les acteurs, y compris des membres du Conseil de sécurité. 

Mon rôle, a précisé l’Envoyé spécial, est d’encourager les parties tout en leur rappelant la nécessité de respecter leurs obligations et leurs responsabilités vis-à-vis du peuple yéménite et de la communauté internationale. Les parties ne doivent pas se laisser entraîner dans de nouveaux affrontements militaires de grande envergure, a mis en garde M. Griffiths. 

Plusieurs pays ont pointé un doigt accusateur sur les houthistes.  Pour le Koweït, leur absence à Genève a été l’occasion de « faire la distinction entre ceux qui souhaitent faire avancer le processus politique et ceux qui manipulent la situation pour prolonger la crise malgré les souffrances du peuple yéménite ».  Le Yémen a invité l’ONU et le Conseil de sécurité à assumer leurs responsabilités directes et à mettre en œuvre les résolutions adoptées pour forcer ce « groupe putschiste » à se soumettre à la volonté du peuple, afin d’arriver à une paix durable.

Les tentatives visant à saper les efforts de paix des Nations Unies ne sauraient plus être tolérées, se sont impatientés les États-Unis, exhortant les États à accorder à l’Envoyé spécial tout leur soutien.  Toutes les délégations ont jugé essentiel de préserver les chances de renouer le dialogue pour mettre fin à un conflit qui a plongé le Yémen dans la pire crise humanitaire au monde.  Aussi la France a-t-elle appelé les parties à rester engagées avec l’Envoyé spécial pour reprendre au plus vite la voie du dialogue et faire avancer le processus de paix.

La solution militaire n’étant pas viable, la Fédération de Russie a aussi encouragé l’Envoyé spécial à maintenir tous les canaux de communication avec toutes les parties, qui doivent faire preuve de retenue et renoncer aux armes. 

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT

Déclarations

Par visioconférence depuis Amman, en Jordanie, M. MARTIN GRIFFITHS, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, a indiqué qu’en convoquant les consultations interyéménites à Genève, il ne s’attendait pas à ce que ce soit « une mission aisée ».  Les parties ne s’étaient pas rencontrées depuis plus de deux ans.  La guerre a connu une escalade sur tous les fronts.  Le degré de confiance est au plus bas et les coûts humain et humanitaire ne cessent de croître.  Les parties, a-t-il poursuivi, sont piégées dans le cercle vicieux de la violence. 

À l’inverse, le peuple yéménite aspire à une solution politique pacifique pour mettre fin à la guerre et avoir un gouvernement qui pourrait satisfaire ses besoins élémentaires, a expliqué M. Griffiths.  « J’ai appris que c’était une course contre la montre pour sauver ce qui reste des institutions publiques », a-t-il dit.

En dépit du fait que l’une des parties était absente aux consultations de Genève, nous avons quand même pu relancer le processus politique, a assuré l’Envoyé spécial.  « J’étais tout aussi déçu que vous de ne pas avoir pu amener la délégation de Sanaa à Genève et j’espère que cela ne se reproduira plus », a-t-il ajouté. 

Le processus politique yéménite connaîtra des hauts et des bas, a prédit M. Griffiths.  Cela ne veut pas dire forcément que la situation politique et militaire n’est pas propice à des consultations officielles.  Certes, ce processus n’est pas facile.  Il faut de la volonté politique, de la détermination et l’engagement de tous les acteurs, y compris des membres du Conseil de sécurité, a-t-il recommandé. 

« Je vois mon rôle comme un travail aux côtés des parties pour comprendre leurs préoccupations », a indiqué l’Envoyé spécial.  Mon rôle, a-t-il précisé, est de les encourager tout en leur rappelant la nécessité de respecter leurs obligations et leurs responsabilités vis-à-vis du peuple yéménite et de la communauté internationale.

Les parties ne doivent pas se laisser entraîner dans de nouveaux affrontements militaires de grande envergure, a mis en garde M. Griffiths.  Il s’est notamment dit préoccupé par les attaques des forces Ansar Allah contre l’Arabie saoudite et la mer Rouge.

En outre, le déclin économique entraîne de plus en plus de personnes dans la pauvreté et la menace d’un conflit dans le sud.  Les manifestants dans les provinces du sud ont exprimé leurs frustrations socioéconomiques.  Il faut entendre la voix du sud du pays, a fait valoir l’Envoyé spécial. 

M. Griffiths a indiqué qu’il va continuer ses discussions dans le cadre d’une série de visites ces prochains jours, pour réaliser des progrès tangibles en s’appuyant sur les discussions de Genève et les principales mesures de renforcement de la confiance, dont l’échange de prisonniers et l’ouverture de l’aéroport de Sanaa.  Il a dit souhaiter un engagement fort des parties à poursuivre les consultations.

L’Envoyé spécial a dit prévoir également de rencontrer plusieurs acteurs du sud du pays pour trouver un accord sur leur participation au processus politique, processus au sein duquel les femmes ont un rôle à jouer, l’inclusivité étant cruciale.

Ce chemin vers la paix ne sera pas linéaire, a insisté M. Griffiths.  « Il n’est pas surprenant que certains trouvent difficile d’y participer ».  Avancer vers la paix est urgent à présent, c’est là une leçon que l’on tire de Genève, a-t-il conclu. 

Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) a salué les efforts de l’Envoyé spécial et s’est avouée déçue que les discussions interyéménites qui devaient avoir lieu à Genève n’aient pu eu le format escompté.  Elle s’est néanmoins dite enchantée que les consultations aient porté des fruits malgré tout, notamment pour ce qui est de la participation des femmes au processus politique.  Elle a appelé les houthistes à participer aux consultations pour au moins discuter des mesures de confiance nécessaires.  Pour ce qui est de l’économie du Yémen, elle a reconnu une « situation désespérée ».

M. KAREL JAN GUSTAAF VAN OOSTEROM (Pays-Bas) a regretté qu’une des parties n’ait pas pu se rendre aux consultations tant attendues de Genève.  Mais le début d’une négociation n’est jamais facile, surtout après deux ans de méfiance, a-t-il reconnu.  Les mesures de confiance proposées et examinées à Genève se concentrent sur les questions les plus cruciales à savoir le bien-être du Yéménite moyen, a dit le représentant qui a fermement soutenu cette approche et qui a appelé les parties à faire preuve de bonne foi et à travailler avec l’Envoyé spécial en prenant les mesures nécessaires.  La « petite contrariété » de ce week-end doit être surmontée.  Elle ne devrait justifier aucune escalade sur le terrain, a estimé le représentant qui a déploré l’intensification des affrontements à Hodeïda et les tensions latentes à Aden. 

Il a appelé les parties à démontrer leur engagement en faveur de la paix, en faisant preuve de retenue et en désamorçant les tensions « sans conditions préalables ».  Le représentant a tenu à féliciter l’Envoyé spécial pour ses efforts visant à renforcer la participation des femmes au processus.  Il a conclu en demandant au Conseil de sécurité d’envoyer un message clair sur l’obligation de respecter le droit international humanitaire et de traiter des violations des droits de l’homme.  L’obligation de rendre des comptes doit figurer en tête de l’agenda, a-t-il insisté, de même que dans le futur accord politique.  Le représentant n’a pas manqué de réclamer l’ouverture des ports de Hodeïda et de Salif et l’acheminement sans heurt de l’aide humanitaire dans tout le pays. 

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a regretté que les discussions entre parties yéménites prévues à Genève, à l’initiative des Nations Unies, n’aient pu se tenir.  Il a toutefois jugé essentiel de préserver les chances de renouer le dialogue, a estimé le représentant.  Il a appelé les parties à rester engagées avec l’Envoyé spécial pour reprendre au plus vite la voie du dialogue et faire avancer le processus de paix.  « La médiation des Nations Unies est la seule issue possible au conflit au Yémen et la seule voie à même de pouvoir relancer les discussions en vue d’un accord sur la gestion du port de Hodeïda, d’une reprise des pourparlers, d’une cessation durable des hostilités et de la définition des paramètres d’une solution politique. »  Pour la France, l’heure doit être à la mise en œuvre des mesures de confiance qui ont été identifiées par l’Envoyé spécial.

La recherche de cette solution politique est non seulement indispensable mais également urgente, a poursuivi M. Delattre, alors que la situation humanitaire déjà désastreuse, continue de se dégrader.  Pour la France, seule une solution politique permettra de mettre fin durablement aux souffrances des Yéménites.  Dans cet esprit, M. Delattre a réitéré que le droit humanitaire et les droits de l’homme doivent être respectés au Yémen.

M. OLOF SKOOG (Suède) a estimé qu’en dépit des défis évidents et des revers temporaires, « qui sont à attendre après des années de conflit », il est encourageant de voir la reprise des consultations et la dynamique engagée à Genève.  À ce titre, il a cité les discussions avec le Gouvernement yéménite sur des mesures de confiance portant sur l’aéroport de Sanaa, les vols médicaux, l’échange de prisonniers et l’économie du pays.  La Suède félicite le Gouvernement pour son engagement constructif, a dit le représentant qui a jugé regrettable que les houthistes n’aient pas saisis l’occasion qui s’est présentée à Genève.  Il les a exhortés à participer à l’avancement du processus politique et a dit soutenir pleinement l’approche proposée par l’Envoyé spécial. 

Il est plus que jamais crucial de rester sur la voie politique, a estimé le représentant, avant d’exprimer son inquiétude face à l’escalade récente dans le port de Hodeïda et aux frappes aériennes.  Pour la Suède, l’augmentation du nombre de victimes civiles est totalement inacceptable.  Par conséquent elle rappelle aux parties qu’une escalade à Hodeïda aggraverait davantage la situation humanitaire qui prévaut déjà dans le pays.  En conclusion, le représentant a appelé le Conseil de sécurité et la communauté internationale à appuyer les efforts de l’Envoyé spécial et à exhorter les parties à la désescalade, au respect du droit international humanitaire et à la participation au processus politique inclusif sous l’égide des Nations Unies sans conditions préalables.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a reconnu que malgré les difficultés, les bases nécessaires sont là pour rapprocher les Yéménites et trouver une solution pacifique, même si les consultations de Genève ne se sont pas déroulées comme prévu.  Le représentant y a vu « un contretemps qui peut être surmonté mais ne doit pas être utilisé pour justifier une escalade du conflit ».  Évoquant la pire crise humanitaire au monde, il a dénoncé la recrudescence de la violence constatée, ces derniers jours.  Il faut protéger la population civile conformément au droit international humanitaire, a-t-il insisté. 

Mme VERÓNICA CORDOVA SORIA (Bolivie) a pris note des consultations organisées à Genève, le dialogue étant la seule manière de mener le processus de négociations pour résoudre de façon pacifique le conflit au Yémen.  Elle a appelé toutes les parties à participer au dialogue en s’abstenant de recourir à une rhétorique de confrontation et de violence.  Il faut s’appuyer sur les mesures de confiance, comme la réouverture permanente de l’aéroport de Sanaa et une détente dans les zones de conflit, a préconisé la représentante.  Toute attaque militaire qui vise des objectifs civils ou des espaces publics est contraire au droit international, a-t-elle prévenu.  Il n’y a pas d’issue militaire au conflit au Yémen, a-t-elle réitéré.  Les parties doivent renoncer à toute condition préalable au dialogue. 

M. KANAT TUMYSH (Kazakhstan) a appuyé les efforts des pays intéressés et des parties en vue d’ouvrir la voie vers une solution juste et négociée au Yémen, y compris les consultations politiques à Genève.  Cette approche est la seule qui permettra de préserver la souveraineté, l’indépendance et l’unité du Yémen, a-t-il dit.  Il a salué les efforts des agences de l’ONU, des ONG et des pays du Golfe qui fournissent une aide humanitaire.  Près de 75% de la population yéménite a besoin d’une protection contre la malnutrition, le choléra et autres maladies, a déploré le délégué. 

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) a salué le processus de consultations entre les parties au conflit lancé la semaine dernière à Genève, à l’appui du processus politique au Yémen.  Elle s’est réjouie que des mesures essentielles de renforcement de la confiance aient été discutées avec des responsables du Gouvernement yéménite, dont l’échange de prisonniers, la réouverture de l’aéroport de Sanaa et les questions économiques, tout en regrettant que les représentants des houthistes n’aient pas fait le déplacement à Genève.  La représentante a émis l’espoir que les parties redoubleront d’efforts pour parvenir à une solution au conflit.  En dépit des progrès récents sur le plan politique, les combats se sont poursuivis au cours des dernières semaines.  Nous sommes alarmés, a-t-elle avoué, par les informations faisant état d’attaques meurtrières contre les civils.  La déléguée a exhorté les parties à respecter le droit international humanitaire et à rouvrir les ports de Hodeïda, de Salif et de Ras Issa. 

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a réitéré le soutien de son pays aux efforts de l’Envoyé spécial et regretté que les consultations interyéménites de Genève n’aient pu avoir lieu comme prévu en raison du refus des houthistes d’y participer.  Pour le représentant, c’est là l’occasion de faire la distinction entre ceux qui souhaitent faire avancer le processus politique et ceux qui manipulent la situation pour prolonger la crise malgré les souffrances du peuple yéménite.  L’absence des houthistes aux consultations montre bien qu’ils ne sont pas disposés à respecter les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Ce dernier doit en tirer les conséquences, a estimé le représentant.  Il a assuré que la Coalition, qui était présente à Genève par le biais de ses ambassadeurs, appuie les efforts de l’Envoyé spécial.  Il a rappelé que le Conseil de sécurité avait estimé que « la meilleure solution au Yémen est de s’attaquer aux causes profondes » du conflit.  Or, la principale cause c’est le coup d’État des houthistes.  Le Koweït demande donc aux membres du Conseil de sécurité de respecter leurs propres recommandations. 

M. GBOLIÉ DESIRÉ WULFRAN IPO (Côte d’Ivoire) a constaté que malgré les appels de la communauté internationale, les combats se poursuivent, notamment dans la ville portuaire de Hodeïda.  L’ONU, a-t-il relevé, estime que le conflit a fait 6 660 victimes civiles entre mars 2015 et août 2018.  Il a invoqué la responsabilité des protagonistes et l’obligation des parties de respecter le droit international et de s’opposer à toute entrave à l’acheminement de l’aide humanitaire.  Préoccupé par l’impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers entre les houthistes et le Gouvernement yéménite, « frères ennemis », le représentant a estimé que les Nations Unies doivent user de tous les moyens diplomatiques pour amener les parties à reprendre le dialogue.  Il a exhorté M. Griffiths à poursuivre sa médiation et ses bons offices et appelé à une plus grande implication des acteurs régionaux. 

S’il a félicité M. Griffiths pour son action, M. JOB OBIANG ESONO MBENGONO (Guinée équatoriale) s’est dit préoccupé par l’absence de la délégation des houthistes à Genève et par la situation de vulnérabilité de la population yéménite.  Il a appelé toutes les parties à comprendre que seul un processus « franc et inclusif » peut mener à une solution pacifique et durable.  Il a condamné tous les types de violences contre la population civile.

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a soutenu l’initiative visant à relancer les pourparlers de paix mais a avoué qu’il ne s’attendait pas à ce que « le retour du conflit yéménite dans le giron politique serait chose facile ».  Mais, a-t-il assuré, la Fédération de Russie fait confiance à M. Griffiths.  La solution militaire n’étant pas viable, il a encouragé l’Envoyé spécial à maintenir tous les canaux de communication avec toutes les parties qui, a-t-il ajouté, doivent faire preuve de retenue et renoncer aux armes.  Tous les Yéménites doivent unir leurs efforts pour lutter contre le terrorisme dans la péninsule arabique », a poursuivi le représentant.  Il a prôné « un format d’accompagnement des efforts », sous l’égide des Nations Unies, pour agir de façon plus coordonnée.  Les menaces et les affrontements doivent céder la place au dialogue, et la Fédération de Russie s’y emploie en appuyant le travail de l’Envoyé spécial, a conclu le représentant.

M. WU HAITAO (Chine) a regretté que la partie houthiste ait décidé de ne pas prendre part aux consultations interyéménites de Genève initiées par l’Envoyé spécial.  Il a salué les efforts de M. Griffiths et lui a assuré le soutien de la Chine.  Les négociations doivent permettre de rapprocher les positions et d’engager un processus politique pour parvenir à la paix au Yémen.  Toutefois, cela doit se faire dans le respect de la souveraineté de l’État du Yémen, a averti le représentant pour lequel un règlement inclusif passe par le dialogue et la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Avant de conclure, il a exhorté les parties à autoriser un accès humanitaire sans entrave à tout le pays.

Mme MAHLET HAILU GUADEY (Éthiopie) a salué le Gouvernement yéménite pour avoir participé aux consultations de Genève.  Elle a toutefois regretté que les houthistes aient décidé ne pas y prendre part et les a exhortés à faire preuve de la volonté politique nécessaire dans les prochains jours pour participer au processus consultatif lancé par l’Envoyé spécial, M. Griffiths.

Mme NIKKI R. HALEY (États-Unis) a dit partager la frustration des autres membres du Conseil face à l’absence des houthistes aux consultations interyéménites à Genève.  Les tentatives visant à saper les efforts de paix des Nations Unies ne sauraient plus être tolérées, s’est-elle impatientée, exhortant les États à accorder à l’Envoyé spécial tout leur soutien.  Soulignant que les enjeux sont importants, la représentante a prévenu que le conflit fait monter la température dans tout le Moyen-Orient.  Elle a rappelé les frappes de missiles balistiques en Arabie saoudite et les menaces sur le transport maritime dans la mer Rouge.  Elle s’est donc félicitée du « remarquable » degré d’unité du Conseil sur le Yémen.  Les parties au conflit doivent immédiatement trouver les moyens de payer les enseignants, de permettre aux enfants de retourner à l’école, d’autoriser les vols d’évacuation médicale et de protéger les civils.  La représentante a appelé les membres du Conseil à réaffirmer leur confiance dans l’Envoyé spécial et a exigé de toutes les parties qu’elles travaillent avec lui.

M. BIN MUBARAK (Yémen) a assuré que le Gouvernement du Yémen s’est dirigé avec bonne foi et espoir aux consultations de Genève.  « Le Président s’est engagé à les couronner de succès. »  Il s’agissait d’une réunion entre le Gouvernement et « le parti du coup d’État » après deux ans d’arrêt, a-t-il précisé.  Le Conseil de sécurité a suivi ce processus avec intérêt, a constaté le représentant, et a appelé les parties à mettre un terme à ce conflit.  Mais les houthistes, « avec leur irresponsabilité et insouciance connues » ne sont pas venus.  « C’est ainsi qu’ils exploitent l’attention internationale ».  Ces milices font une interprétation erronée des rapports biaisés produits par certaines organisations, a accusé le représentant.

Il a voulu que l’on se concentre sur les mesures de confiance agrées en 2015, en accordant notamment l’attention à l’acheminement de l’aide humanitaire et aux capacités de la Banque centrale.  Il a reproché aux houthistes d’imposer des conditions préalables et d’essayer de saper les efforts de l’Envoyé spécial, alors que la Coalition a fait preuve de beaucoup de retenue.  Le représentant a d’ailleurs regretté l’emploi « d’expressions floues » pour justifier leur comportement.  Nous sommes devant, a-t-il précisé, « un coup d’État contre la majorité constitutionnelle élue, mené par un groupe idéologique armé qui traite de haut les Yéménites ».  Le représentant a invité l’ONU et le Conseil de sécurité à assumer leurs responsabilités directes et à mettre en œuvre les résolutions adoptées pour forcer ce « groupe putschiste » à se soumettre à la volonté du peuple yéménite, afin d’arriver à une paix durable. 

Nous célébrons l’anniversaire de la révolution du 26 septembre sur laquelle les Yéménites avaient misé pour mettre fin au confessionnalisme que ce « groupe sectaire » essaie de raviver, a souligné le représentant qui a brandi la photo d’un enfant yéménite de 10 ans « tué il y a deux jours d’une balle dans la tête par un houthiste dont il avait effleuré le pied en jouant au football ». 

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