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CS/13460
22 août 2018
8329e séance – matin

Moyen-Orient: le conflit Israélo-Palestinien marqué par une série d’escalades qui ont menacé de plonger Gaza « dans la guerre »

« Nous nous réunissons aujourd’hui au lendemain d’une série d’escalades violentes qui ont menacé de plonger Gaza dans la guerre », a prévenu, ce matin au Conseil de sécurité, la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, Mme Rosemary DiCarlo, pour qui, plus que jamais, la recherche d’un véritable cessez-le-feu, et au-delà, d’un règlement durable, entre les deux parties, est nécessaire.

C’est ce que s’emploie à faire le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Nickolay Mladenov, qui redouble d’efforts pour prévenir un autre « cycle dévastateur d’hostilités », a précisé la haut fonctionnaire, venue présenter au Conseil la situation actuelle au Moyen-Orient, en axant son intervention sur le conflit israélo-palestinien.

Au cours du mois écoulé, 195 roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza en direction d’Israël.  En représailles, Israël a pris pour cible Gaza à au moins 125 occasions.  Huit Palestiniens, dont une femme enceinte et son enfant âgé de 18 mois, ont été tués; et 56 Palestiniens et 28 civils israéliens blessés.

« Ces violences, qui ont connu une escalade au cours des derniers mois, soulignent la fragilité des périodes d’accalmie momentanée et le besoin de solution de long terme », a mis en garde la Secrétaire générale adjointe.

Le 19 août, en raison de la poursuite des manifestations près de la barrière, Tel-Aviv a annoncé la fermeture du point de passage d’Erez, dans le nord de la bande de Gaza, qui n’est emprunté que pour les mouvements de personnes et à des fins humanitaires.

Mme DiCarlo s’est toutefois félicitée, à la suite du Secrétaire général de l’ONU, de la réouverture, par Israël, du point de passage de Kerem Shalom, par lequel transitent les marchandises et les biens indispensables à la reconstruction des infrastructures gazaouites, et de l’extension de la zone de pêche au large des côtes de Gaza.

Dans ce contexte, la Secrétaire générale adjointe a accueilli favorablement les annonces de contributions faites par la communauté des donateurs, dont la Banque mondiale, qui a annoncé qu’elle comptait débloquer 90 millions de dollars pour financer la création d’emplois temporaires à Gaza et en Cisjordanie.  Un effort auquel participe également le système onusien, en particulier le Programme des Nations Unies pour le développement(PNUD), soucieux d’élargir aux jeunes les initiatives de relance économique qu’il a mises en branle en mai dernier.

De son côté, a mentionné Mme DiCarlo, le Gouvernement du Japon soutient un projet d’ONU-Femmes pour une durée  d’un an visant à améliorer la situation des Palestiniennes vulnérables à Gaza. 

En dépit de ces annonces, la Secrétaire générale adjointe s’est dite « vivement préoccupée » de l’amenuisement des fonds dont dispose l’ONU pour soutenir Gaza dans le cadre du Mécanisme de reconstruction agréé par l’Autorité palestinienne et Israël.

Elle a fait état de défis financiers « colossaux », en particulier pour l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), auquel il manque 217 millions de dollars pour financer ses opérations, avec, selon Mme DiCarlo, des conséquences humanitaires à craindre, de mêmes que des implications pour la stabilité régionale.

Au cours du mois écoulé, 13 manifestants palestiniens ont été tués à Gaza près de la frontière avec Israël et un millier de Palestiniens et un soldat israélien blessés, a relevé la haut fonctionnaire.

Les autorités israéliennes, a également noté Mme DiCarlo, ont annoncé l’ouverture d’une enquête sur la mort de deux Palestiniens tués le 13 juillet dernier lors de manifestations près de la barrière.  Tout en encourageant Israël à faire preuve de retenue dans l’usage de la force, elle a demandé au Hamas de s’abstenir de recourir à la violence et de mettre en danger les enfants.

À Jérusalem, après une période de calme relatif en juillet, plusieurs incidents ont été constatés au cours de la période à l’examen.  Le 26 juillet, dans une colonie de peuplement en Cisjordanie, un Palestinien de 17 ans a poignardé à mort un civil israélien et blessé deux autres, avant d’être abattu.  « Il est déplorable que le Hamas et d’autres aient choisi de glorifier cette attaque », a déclaré la Secrétaire générale adjointe. 

Le lendemain, des heurts ont éclaté sur l’esplanade des Mosquées entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes, tandis que le 17 août, un Arabe israélien a été tué pour avoir tenté de poignarder des policiers.  À l’issue de ces deux incidents, l’esplanade a été momentanément fermée.  Dans ce contexte tendu, le Coordonnateur spécial a tenu plusieurs réunions avec des leaders religieux pour préserver le statu quo sur les lieux saints.

Alors que la construction de nouvelles colonies de peuplement vient d’être annoncée par Israël à Ramat Shlomol, à Jérusalem-Est, Mme DiCarlo a rappelé que ces activités, comme les démolitions de propriétés palestiniennes, sont contraires au droit international.  Elle a en outre noté que la délivrance des permis de construire aux Palestiniens reste toujours difficile.

Le 1er août, a-t-elle indiqué, la Cour suprême israélienne a jugé qu’il n’y avait pas de raisons suffisantes d’empêcher l’évacuation et la démolition du village de bédouins de Khan Al-Ahmar, situé à l’est de Jérusalem, en Cisjordanie.  La proposition de relogement envisagée n’a pas encore été acceptée par les parties concernées.

En conclusion, Mme DiCarlo a rendu hommage aux efforts des Israéliens et Palestiniens ordinaires « qui surmontent le cynisme et le désespoir en prenant des mesures tangibles pour promouvoir la paix et façonner un avenir commun ».

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