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CS/13406
29 juin 2018
8304e séance – après-midi

L’approche globale antimines du Secrétaire général présentée aux membres du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l’ONU a entendu, cet après-midi, un exposé sur l’approche globale de la lutte antimines du Secrétaire général de l’ONU, qui a mis en avant les progrès et les défis pour la mise en œuvre de la résolution 2365 (2017) sur la question, avec une mise en garde quant à l’augmentation du nombre des victimes ces dernières années.  Une raison pour appeler à maintenir la lutte antimines au premier rang des actions des Nations Unies.

« Compte tenu de la tendance à la hausse du nombre de morts et de blessés, nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher nos efforts », avertit le Secrétaire général dans le rapport qui est issu des recommandations de cette résolution* adoptée à l’unanimité le 30 juin 2017.  Il s’agit de la première résolution du genre exclusivement consacrée à la lutte antimines.

La Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL) a enregistré dans son dernier rapport annuel quelque 8 500 victimes, a dit en écho le Sous-secrétaire général à l’état de droit et aux institutions chargé de la sécurité au Département des opérations de maintien de la paix, M. Alexandre Zuev.  Un chiffre qui a doublé en l’espace de quatre ans et qui n’illustre pas la situation réelle en raison notamment des nombreux conflits dans le monde et l’absence d’accès aux zones de combat, a poursuivi M. Zuev qui présentait le rapport. 

Ce rapport (S/2018/623) présenté aux membres du Conseil donne un aperçu de la réaction de l’ONU face à la menace que représentent les mines terrestres, les restes explosifs de guerre et les engins explosifs improvisés, en précisant les tendances et faits nouveaux marquants dans le domaine de la lutte antimines.

Pour la seule année 2017, 59 soldats de la paix ont perdu la vie en raison de ce phénomène et quelque 150 ont été blessés, a constaté M. Zuev avant de souligner que des lieux comme le Mali ou la Somalie constituent des environnements dangereux pour la mise en œuvre des mandats du Conseil de sécurité.  Et de rappeler, à cet égard, l’initiative du Secrétaire général dont l’objectif premier est la protection et la sécurité des missions de maintien de la paix.

Pour sa part, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a enregistré les taux les plus élevés d’incidents liés aux mines, a rappelé la représentante de l’Éthiopie.

De fait, la majorité des intervenants ont souhaité, comme l’a indiqué le représentant de Bolivie, que la question de la lutte antimines soit désormais intégrée dans les mandats des opérations de maintien de la paix et des missions politiques.

C’est pourquoi, au nom du Secrétaire général, M. Zuev a appelé les États Membres qui sont en mesure de le faire à apporter un financement durable, prévisible et non préaffecté au Fonds d’affectation spéciale pour l’assistance à la lutte antimines, un appel repris par plusieurs membres du Conseil.  « Le nombre croissant de victimes montre que nous ne pouvons pas nous permettre d’être complaisants », a-t-il martelé.

La déléguée de la Suède a saisi cette occasion pour rappeler la contribution de son pays à hauteur de 100 millions de dollars au cours de la décennie écoulée en faveur de la lutte antimines et suggéré une plus grande participation des femmes dans les opérations de déminage, car elles ont « tendance à plus partager les informations » sur les menaces tout en étant elles-mêmes, avec les enfants, les plus confrontés à ce phénomène.

Face au risque qui menace de plus en plus les civils, de nombreuses voix au sein du Conseil ont préconisé de promouvoir des activités éducatives sur les risques liés aux mines.  Il s’agit notamment de sensibiliser les populations civiles affectées, a dit l’Ambassadeur de Pologne.

Les États-Unis ont plaidé en faveur d’un partenariat mondial et rappelé l’importance du déminage pour la reprise des activités après les conflits.  Une idée défendue également par la Russie qui, tout en reconnaissant la « neutralité » du rapport du Secrétaire général, a déploré certains oublis.  Il s’est plaint en effet que les efforts de son pays en Syrie n’aient pas été mentionnés, alors que la Russie, a-t-il avancé, a œuvré pour atténuer les menaces des mines en 2016 et 2017 où notamment 6 500 hectares ont pu être décontaminés et 1 500 kilomètres de routes sécurisées.

La France, quant à elle, a tenu à exprimer sa gratitude aux premiers relais sur place, les démineurs civils et militaires qui risquent leur vie, en saluant aussi le travail remarquable du Service de la lutte antimines des Nations Unies.

Sur ce registre, la Côte d’Ivoire s’est inscrite en faveur d’une coopération internationale renforcée entre les États, en vue de l’élimination de ce phénomène qui constitue un danger pour la paix et la sécurité internationales.

Des propositions reprises à son compte par M. Zuev qui a promis d’y consacrer une attention particulière, en prenant note des recommandations et commentaires des membres du Conseil de sécurité que « nous allons mettre en œuvre » dans le cadre de notre programme antimines.

* 2365 (2017)

MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES

Lutte contre les mines (S/2018/623

Déclarations

Après des années de baisse, le nombre de victimes est aujourd’hui en hausse, et ce, malgré les efforts des Nations Unies, a déploré le Sous-Secrétaire général à l’état de droit et aux institutions chargé de la sécurité au Département des opérations de maintien de la paix, M. ALEXANDRE ZUEV.  La Campagne internationale pour interdire les mines terrestres a enregistré dans son dernier rapport annuel quelque 8 500 victimes.  Un chiffre qui a doublé en quatre ans, a-t-il averti, ne cachant pas sa crainte que ce chiffre n’illustre pas la situation réelle en raison notamment des nombreux conflits dans le monde et l’absence d’accès aux zones de combat.  

Il est important de relever que la lutte antimines est essentielle pour la sécurité, la sûreté et la mobilité du personnel des Nations Unies.  En 2017, 59 soldats de la paix ont perdu la vie en raison de ce fléau et quelque 150 ont été blessés.  Des lieux comme le Mali ou la Somalie constituent des environnements dangereux pour la mise en œuvre des mandats du Conseil de sécurité.  Et de rappeler l’initiative du Secrétaire général dont l’objectif premier est la protection et la sécurité des missions.

La résolution 2365 (2017) du Conseil de sécurité a permis de placer la lutte contre les mines parmi les priorités de l’Organisation.  En tant qu’élément essentiel pour la prévention des pertes en vies humaines et le maintien de la paix et de la sécurité.  C’est exactement là, au premier rang des actions des Nations Unies, que l’action contre les mines doit rester, a-t-il insisté.

« Le nombre croissant de victimes montre que nous ne pouvons pas nous permettre d’être complaisants », a-t-il averti et exhorté, au nom du Secrétaire général, les États Membres qui sont en mesure de le faire à apporter un financement durable, prévisible et non préaffecté au Fonds d’affectation spéciale pour l’assistance à la lutte antimines.

L’examen annuel de l’action antimines par le Conseil de sécurité sur la base d’un rapport sur la mise en œuvre de la résolution, permettrait de continuer, selon lui, à donner à la menace posée par les mines terrestres, les restes explosifs de guerre et les engins explosifs improvisés, toute l’attention requise.

Le Département des opérations de maintien de la paix et le Service de la lutte antimines du Bureau de l’état de droit et des institutions chargées de la sécurité seront prêts à tout moment à informer le Conseil sur les questions spécifiques liées à l’action contre les mines.

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) a rappelé l’importance de la résolution 2365 (2017) du Conseil de sécurité, adoptée le 30 juin 2017, et qui fut la toute première résolution consacrée exclusivement à la lutte antimines.  Il a relevé que les engins explosifs improvisés ont des conséquences négatives sur les activités des opérations de maintien de la paix et sur l’action des travailleurs humanitaires.  Il a ainsi rappelé qu’au Mali, pas moins de 65 Casques bleus ont perdu la vie à cause de ces engins explosifs depuis l’ouverture de la Mission. 

La Bolivie affirme aussi que la lutte antimines est cruciale dans le contexte de la consolidation de la paix.  Elle peut ainsi permettre aux enfants de reprendre le chemin de l’école, faciliter le retour des services d’eau et d’électricité, ou de permettre le travail de la terre.  Il a donc salué le travail que mène le Service de la lutte antimines de l’ONU, avant d’insister pour que la question de la lutte antimines soit désormais intégrée dans les mandats des opérations de maintien de la paix et des missions politiques spéciales, ajoutant que celle-ci devait également être au menu des visites du Conseil de sécurité sur le terrain, quand cela est utile. 

C’est consciente de l’importance de cette question que la délégation bolivienne invite tous les États Membres à ratifier la Convention d’Ottawa sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction.

M. MARIUSZ LEWICKI (Pologne) a salué le travail du Service de la lutte antimines de l’ONU.  Il a souligné l’importance de promouvoir des activités éducatives sur les risques liés aux mines, notamment en direction des populations civiles affectées.  La résolution 2365 (2017) du Conseil de sécurité, adoptée le 30 juin 2017, portait un message qui demeure aujourd’hui valide et devrait être diffusé, a-t-il souligné. 

Le représentant a déploré le fait que le nombre de victimes des mines, de restes explosifs de guerre et d’engins explosifs improvisés ait plus que doublé entre 2014 et 2017, avec des « perspectives terrifiantes en Afghanistan, en Libye et au Yémen ».  Il a aussi évoqué l’est de l’Ukraine qui a vu doubler, depuis août dernier, le nombre de civils tués par les restes explosifs de guerre.  Il s’est néanmoins félicité des avancées dans le travail de déminage mené en Colombie par des acteurs nationaux et internationaux.

M. PAUL DUCLOS (Pérou) a estimé que les mesures prises contre les mines constituent une obligation morale et juridique de la communauté internationale.  Il a jugé important que le Conseil de sécurité continue à prendre des mesures en ce sens, en particulier dans le cadre des opérations de maintien de la paix.  Les Forces armées péruviennes sont un exemple de relation de confiance et de coopération avec l’Équateur, car les deux pays mènent conjointement des activités de déminage. 

Il a aussi parlé des activités de déminage, de prévention, d’indemnisation et d’assistance aux victimes des mines menées au Pérou, pays qui a combattu le terrorisme au cours des dernières décennies du XXe siècle.

Le délégué a souligné la nécessité de programmer les actions contre les mines en étroite coordination avec les organismes régionaux et sous-régionaux, les autorités locales, les victimes, le personnel humanitaire et la population potentiellement touchée.  Il a salué le travail du Service de la lutte antimines de l’ONU et plaidé pour une bonne coordination avec les autres entités du système des Nations Unies.  Il faut, a-t-il résumé, appuyer le renforcement des capacités nationales en matière de déminage, de prévention et d’assistance aux victimes. 

Enfin, il a souligné trois points importants du rapport du Secrétaire général: doter les missions des capacités adéquates; prévenir les destructions causées par des engins explosifs improvisés; augmenter la participation des femmes dans ces activités.

Les mines terrestres, les restes explosifs de guerre et les engins explosifs improvisés continuent de causer des blessures auprès des populations civiles en période de conflit et postconflit, a averti Mme MAHLET HAILU GUADEY (Éthiopie).  Elle s’est dite préoccupée par les conséquences humanitaires graves et a regretté que l’usage de mines terrestres et autres continue à entraver le travail des humanitaires.  Cela met également en péril l’acheminement des aides humanitaires.

Elle a, en outre, souligné l’impact de ce fléau sur les missions des Nations Unies, notamment, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) qui enregistre les taux les plus élevés d’incidents liés aux mines.  

Elle a préconisé, en conclusion, une triple approche: le respect du droit international en la matière; le principe de proportionnalité; l’action pour éviter toute attaque contre les civils.

M. KANAT TUMYSH (Kazakhstan) a rappelé le caractère vital de la résolution 2365 (2017) du Conseil de sécurité, adoptée le 30 juin 2017 sur proposition de la Bolivie.  Pour lui, ce texte est même considéré comme une condition sine qua none pour la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et pour le nouveau programme du Secrétaire général de l’ONU en faveur de la paix. 

Le Kazakhstan salue le travail du Services de la lutte antimines de l’ONU, a-t-il dit avant de proposer que tous les acteurs internationaux pertinents incluent la question de la lutte antimines dans leurs mandat et programme.  Il est tout aussi important de renforcer les capacités nationales à travers la formation et la mise à disposition des équipements nécessaires.  De même, la prévention demande des actions dans le domaine de l’éducation sur les risques des mines et engins explosifs improvisés, en direction de tous les niveaux et segments de la société.

Le représentant a invité les États Membres à soutenir le Service de lutte antimines de l’ONU par des financements prévisibles et non préaffectés, afin de faciliter une planification et une programmation de ses activités sur le long terme.  Il a aussi parlé de l’expérience du Kazakhstan dans la lutte antimines.  Le pays a ainsi contribué à neutraliser pas moins de 4,5 millions d’engins explosifs en Iraq.

Mme IRINA SCHOULGIN NYONI (Suède) a souligné le terrible impact des mines terrestres et des engins explosifs improvisés sur les communautés et cela ne « saurait être sous-estimé », a-t-elle insisté.  Elle a tenu à saluer le travail inlassable des Nations Unies qui grâce à l’aide des communautés et de la société civile réalisent des progrès dans la lutte antimines.  Cependant, a-t-elle nuancé, il est important de ne pas « nous reposer sur nos lauriers », notamment au vu de l’accroissement du nombre des victimes des suites du danger des mines, notamment dans les zones de conflits et postconflit.  Force est de rappeler à cet égard, l’importance des opérations de déminage.

Elle a souligné l’importance d’impliquer les femmes dans ces activités car elles ont « tendance à plus partager les informations » sur les menaces tout en étant elles-mêmes, avec les enfants, les plus confrontés à ce phénomène.

La déléguée a rappelé la contribution de son pays à hauteur de 100 millions de dollars au cours de la décennie écoulée en faveur de la lutte antimines.  Pour finir, elle a indiqué que la Suède croit en une approche de désarmement et de sécurité internationale qui met l’humain au centre de sa préoccupation.

Mme AMY NOEL TACHCO (États-Unis) a invité tous les États à nouer un partenariat mondial pour lutter contre les mines et autres restes explosifs de guerre.  Elle a rappelé l’importance du déminage pour la reprise des activités après les conflits, notant que la protection des civils face à ces armes est une condition essentielle pour la paix, car « aussi longtemps que ces dangers perdureront, alors le relèvement des communautés en sera affecté ». 

Les États-Unis ont déboursé plus de 2 milliards de dollars depuis 1993 pour le déminage à travers le monde.  Le pays est plus que jamais engagé dans la destruction des armes classiques et y a consacré 266 millions de dollars rien qu’en 2017. 

Elle a expliqué que ce programme de destruction d’armes classiques apporte aux États bénéficiaires une certaine flexibilité dans la gestion de leurs stocks d’armes.  En effet, des munitions peuvent tomber entre les mains des groupes terroristes ou d’autres parties mal intentionnées.  Des stocks mal gérés pourraient donc conduire à des conséquences graves pour les civils. 

Dans une situation postconflit, la paix et la stabilité ne sont pas envisageables quand des mines et les armes classiques de tous genres sont en circulation, a-t-elle enfin expliqué.

M. ILAHIRI ALCIDE DJÉDJÉ (Côte d’Ivoire) a regretté qu’en dépit des avancées significatives qui ont été réalisées en la matière, l’objectif commun de parvenir à un monde exempt de mines est loin d’être atteint.  Il s’agit d’un défi majeur pour la communauté internationale, a-t-il dit.  Se référant au rapport du Secrétaire général de l’ONU, le délégué a estimé que le phénomène restait une menace persistante pour la paix et la sécurité internationales, particulièrement pour les populations civiles, les travailleurs humanitaires, mais également pour les forces de maintien de la paix déployées dans les zones de conflit.

Il a indiqué qu’au sortir de la crise de son pays, bien que n’ayant pas connu l’utilisation de mines antipersonnel, celui-ci a décidé de détruire son stock de mines antipersonnel, quelque 1 803, et ce, conformément aux engagements pris dans le cadre de la Convention d’Ottawa sur l’interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction.  

Face à cette question préoccupante, il a appelé à une coopération internationale renforcée entre les États, en vue de l’élimination de ce phénomène qui constitue un danger pour la paix et la sécurité internationales.

Mme AMPARO MELE COLIFA (Guinée équatoriale) a souligné que les mines constituent une menace permanente pour la population civile, et ce, même longtemps après la cessation des hostilités.  Cette menace va en outre au-delà de la mort, des mutilations, des blessures: elle entraîne de graves conséquences sociales, économiques et environnementales. 

La représentante a relevé qu’en 2002 et jusqu’à juin 2003, les mines avaient fait des milliers et des milliers de morts, dans 65 pays dont la majorité se trouvait pourtant en situation de paix.  Elle a aussi rappelé que lors de la guerre civile, en 1684, le général Williams T. Sherman avait prononcé des mots célèbres pour qualifier les mines d’« homicide ».

La communauté internationale doit tenir compte de la déclaration des Nations Unies sur les mines de 1995, qui disait que cette menace était une des formes de contamination les plus étendues, les plus léthales et les plus meurtrières jamais connues, a lancé la représentante qui s’est inquiétée des conséquences humanitaires que les mines provoquent et a appelé à bien les mesurer.

Elle a enfin salué la contribution de la Bolivie dans ce domaine, car c’est à l’initiative de cette délégation qu’avait été adoptée la résolution 2365 (2017) il y a un an, le premier texte juridique international à condamner et à exiger une action collective et coordonnée contre l’utilisation aveugle de ces « armes lâches ».

M. KAREL JAN GUSTAAF VAN OOSTEROM (Pays Bas) a constaté la menace conséquente que constituent les mines, les restes explosifs de guerre et les engins explosifs improvisés, pour la sécurité des civils, des soldats de la paix et des travailleurs humanitaires.  C’est une préoccupation réelle pour l’Afghanistan, la Libye, l’Ukraine et le Yémen, a-t-il noté en s’inquiétant aussi de leur utilisation croissante en milieu urbain et résidentiel.  « N’oublions pas que ce sont les enfants qui sont les principales victimes des restes explosifs de guerre », a-t-il lancé.

Les Pays-Bas appuient activement la modernisation des opérations de maintien de la paix de l’ONU, a-t-il poursuivi en plaidant pour une meilleure intégration de la lutte antimines dans ce domaine d’action.  Il a aussi appelé à protéger l’espace humanitaire en précisant que son pays contribue à hauteur de 3 millions d’euros pour des ressources non préaffectées versées au Fonds d’affectation spéciale pour l’assistance à la lutte antimines et 45 millions d’euros pour les projets de déminage humanitaire pour la période 2016-2020.  Venant au rôle du Conseil de sécurité, il a souhaité qu’il continue d’examiner la question de la lutte antimines, soit au cours de débats sur des pays spécifiques, soit dans le cadre des mandats de maintien de la paix.  Il a à cet égard soutenu les recommandations du Secrétaire général.

M. DAVID CLAY (Royaume-Uni) a salué le travail du Service de la lutte antimines de l’ONU, appréciant l’accent qu’il met sur le renforcement des capacités et les partenariats.  Il a rappelé que son pays contribue financièrement à ces activités.  Le représentant a rappelé l’importance de la résolution 2365 (2017) du Conseil de sécurité, adoptée le 30 juin 2017 et portant sur la lutte antimines.  Il a déploré le fait que les mines continuent de faire de nombreuses victimes, 20 ans après l’adoption de la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction.  C’est parce que le Royaume-Uni est attaché à la mise en œuvre de cette Convention qu’il invite tous les États qui ne l’auraient pas encore fait à la ratifier. 

Le Royaume-Uni participe en outre aux activités de déminage dans le monde, y compris dans les îles Falkland (Malvinas).  Le délégué a invité la communauté internationale à s’attaquer aux réseaux internationaux qui utilisent les engins explosifs improvisés.  Pour son pays, la contamination sans discernement par ces engins est un problème mondial qui nécessite une réaction collective.

M. NAWAF A. S. A. ALAHMAD (Koweït) a souligné que le problème des mines terrestres, des restes explosifs de guerre et des engins explosifs improvisés est une menace à la paix et à la sécurité internationales.  Il a estimé déplorable l’augmentation du nombre de victimes qui se comptent parmi les civils, notamment les enfants.  Il a rappelé, à cet égard, le triste épisode de l’occupation iraquienne dans son pays qui a laissé dans son sillage des mines et de nombreuses victimes civiles.

Le représentant a salué l’action héroïque des plus de 100 000 hommes et femmes déployés dans les zones de conflit à travers le monde au risque leur propre vie.  Il a appelé à une meilleure protection des soldats de la paix pour mieux remplir leur mandat.  Il faut que cessent les violences entre groupes armés, a-t-il plaidé, recommandant aussi de rétablir les infrastructures et d’appuyer les objectifs de développement durable.  Le délégué a encouragé les nombreux partenariats en matière de prévention et de déminage, évoquant à cet égard, le programme conjoint entre l’ONU et l’Iraq pour décontaminer les zones reprises aux groupes terroristes.  Enfin, il a condamné l’usage des mines par les groupes houthistes au Yémen.

M. WU HAITAO (Chine) a constaté que le monde est confronté à une menace significative à cause des engins explosifs improvisés, qui sont « des outils de choix pour les terroristes ».  Il a prôné le renforcement de la coopération internationale en matière de lutte antimines.  Mais, a-t-il précisé, cette coopération se doit de tenir compte des différences de capacités militaires des États.  Elle doit aussi prendre en compte les besoins et priorités des pays affectés, tout en contribuant au renforcement de leurs capacités, afin qu’ils puissent, à terme, prendre eux-mêmes en main les activités de déminage sur leur territoire.  Enfin, a ajouté le délégué, il faut mettre l’accent sur des activités de coopération susceptibles de produire des résultats probants.  En tant que pays ayant été victime des mines, la Chine comprend l’importance de cette lutte, a-t-il dit en signalant qu’elle aide plus de 40 pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine dans le cadre de la lutte antimines.    

Mme ANNE GUEGUEN (France) a souligné le risque majeur pour la sécurité que posent les mines antipersonnel et les restes explosifs de guerre, ainsi que l’usage d’armes à sous-munitions, auxquels s’ajoute les engins explosifs improvisés dont la nature même complique leur prise en compte par les enceintes internationales.  Elle a cité le cas du Mali où les Casques bleus ont déjà payé un lourd tribut.  Ces armes constituent l’une des premières causes de victimes civiles dans les zones de conflit et postconflit.  Elle a fait écho à l’appel du Secrétaire général de renforcer l’action pour sauver des vies, précisant qu’il fallait une action adaptée à la spécificité de chaque situation et des mesures ciblées. 

L’action de la communauté internationale doit à cet égard se faire à deux niveaux et tout d’abord en donnant les moyens d’agir avec les acteurs sur le terrain, ce qui exige des moyens opérationnels adaptés à des conditions de sécurité particulièrement précaires.  La France, a indiqué à ce propos Mme Gueguen, salue le travail remarquable du Service d’action antimines des Nations Unies dirigé par la Française Agnès Marcaillou et exprime sa gratitude aux premiers relais sur place, les démineurs civils et militaires qui risquent leur vie.  La représentante a également jugé essentiel d’assister les États et leurs agences spécialisées à travers différentes activités de formation et de sensibilisation.

Elle a détaillé l’action de la France dans la lutte antimines qui passe par le soutien aux pays qui réforment leur appareil de sécurité, l’appui à la formation des entités nationales et le soutien aux partenaires déployés dans les pays concernés, comme l’ONG Handicap International dont elle a salué le travail remarquable.   La France soutient en outre des programmes de déminage, notamment au Moyen-Orient et en Afrique.  « Ce n’est qu’en unissant nos actions et en coopérant davantage que nous parviendrons à lutter efficacement contre la menace posée par les mines », a conclu Mme Gueguen en plaidant notamment pour l’universalisation et la mise en œuvre des outils juridiques existants. 

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a relevé que le Secrétaire général s’est efforcé de rédiger un rapport neutre et équilibré sur le déminage et la décontamination des zones sensibles.  Cependant, a-t-il déploré, si ce chapitre évoque la situation en Syrie et dans l’est de l’Ukraine, il ne mentionne pas les efforts déployés par la Russie en matière de déminage et ni sa contribution pour atténuer les menaces des mines.  Il a évoqué à cet égard ses rapports nationaux concernant la période 2016/2017 qui font valoir 4 opérations de déminage menées en Syrie par son pays, dont 2 à Palmyre et une à Alep.  Il en est résulté que 6 500 hectares ont pu être décontaminés ainsi que 1 500 kilomètres de routes.

Ce travail important sur le terrain constitue notre contribution concrète aux efforts de la communauté internationale, a expliqué le représentant.  « Nous formons des formateurs et des professionnels de la recherche antimines », a-t-il détaillé, citant l’ouverture d’un centre à Alep pour la formation de quelque 1 000 personnes et le déploiement de moyens sophistiqués de déminage aux mains des forces armées.  Le délégué a poursuivi en mettant en exergue l’action de son pays en matière de rétablissement des infrastructures vitales pour le retour des populations syriennes dans leurs foyers.  Avant de conclure, il a exprimé ses regrets quant à la « politisation » de la situation humanitaire, par certains bailleurs de fonds, tant qu’Assad reste au pouvoir.

Reprenant la parole, le Sous-Secrétaire général à l’état de droit et aux institutions chargé de la sécurité, a indiqué avoir pris note des commentaires et recommandations faites par les membres du Conseil de sécurité que « nous allons mettre en œuvre » dans le cadre de notre programme antimines.

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