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CS/13395
26 juin 2018
8294e séance – matin

Conseil de sécurité: les Taliban appelés à répondre à l’offre de pourparlers du Président de l’Afghanistan

Le débat trimestriel du Conseil de sécurité sur l’Afghanistan a été marqué, ce matin, par de multiples appels enjoignant aux Taliban de répondre à l’invitation du Président Mohammad Ashraf Ghani à participer à des pourparlers sans condition préalable.

Dans un premier temps, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan, M. Tadamichi Yamamoto, a noté que le pays traverse une période politique dynamique, marquée notamment par la déclaration d’un cessez-le-feu temporaire entre le 15 et le 17 juin pour permettre la célébration de l’Eïd al-Fitr qui conclut le mois du Ramadan.  « Pendant ces trois jours, les deux parties ont respecté leur promesse pour la première fois depuis 17 ans de conflit », s’est félicité M. Yamamoto, qui a relevé que beaucoup de choses avaient changé cette année sur la question de la paix en Afghanistan. 

Outre le cessez-le-feu et la main tendue du Président, le Représentant spécial a noté que d’autres actions ont contribué à renforcer cette initiative, même si les Taliban ont repris les combats, notamment dans le but de mettre fin à la présence des forces étrangères dans le pays. 

À l’instar du Secrétaire général, qui, dans son rapport sur la situation en Afghanistan, se dit encouragé par « l’émergence d’un véritable mouvement de paix civile, dans lequel des citoyens de tout le pays ont uni leurs forces militantes pour mettre fin à la guerre », M. Yamamoto a loué divers mouvements en faveur de la paix, notamment la marche populaire de 500 kilomètres partie de la province d’Helmand pour rallier le soutien en faveur du cessez-le-feu et des pourparlers, avant d’arriver à Kaboul la semaine dernière.

La dimension sans précédent du bref cessez-le-feu a d’ailleurs valu à la représentante des États-Unis d’affirmer que « la question n’est pas de savoir si on peut établir la paix en Afghanistan, mais comment ».  La France a toutefois regretté que les Taliban n’aient pas répondu par la positive à l’offre du Président afghan d’étendre leur propre cessez-le-feu.  Commentant pour sa part la proposition de paix faite par ce dernier, le Royaume-Uni a demandé un engagement similaire des Taliban « qui doivent décider s’ils veulent faire partie de l’avenir du pays ». 

À son tour, le représentant de l’Afghanistan a souligné que le succès du processus de paix dépend de plusieurs facteurs, à commencer par le renforcement de l’unité du pays, l’implication de la population à toutes les étapes du processus, et la gestion efficace des futurs cessez-le-feu et négociations potentielles.

Il a également mis l’accent sur la mise en œuvre du Plan d’action afghan-pakistanais pour la paix et la sécurité, précisant que les deux pays avaient convenu de coopérer dans plusieurs domaines, dont les renseignements militaires, la question des réfugiés et la lutte contre le terrorisme.  La représentante du Pakistan a de son côté insisté sur la sécurisation des frontières.

Ce tournant dans les relations entre ces deux pays a été salué à plusieurs reprises par les délégations qui ont été nombreuses à souligner que l’intégration régionale de l’Afghanistan est essentielle pour assurer la paix et la stabilité du pays.  L’Iran a également attiré l’attention sur la contribution qu’apportera le nouveau port iranien de Chabahar à la promotion du commerce et de la coopération économique.

Le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a toutefois mis en garde contre le potentiel extrêmement déstabilisateur pour le pays et la région que représente la production d’opiacés en Afghanistan qui, a averti M. Yuri Fedotov, a atteint des niveaux sans précédent et permet de surcroît de financer le terrorisme et d’autres formes de criminalités.

Plusieurs pays sur la trentaine d’intervenants, dont la Fédération de Russie, se sont inquiétés de l’implantation de l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL) dans le nord du pays, notant que l’EIIL cherche à mener des incursions dans les pays voisins, tandis que l’Inde a relevé que l’offensive du printemps des Taliban avait été « planifiée et lancée depuis des pays voisins ».  Cette délégation a vivement dénoncé ceux qui fournissent un sanctuaire aux groupes terroristes, tandis que la Russie a averti que l’aide militaire n’était pas enregistrée et qu’elle se retrouvait parfois entre les mains des terroristes.

Tous ont dénoncé les derniers attentats-suicides perpétrés les 11, 16 et 17 juin, et l’augmentation du nombre de victimes civiles.  De son côté, le Secrétaire général adjoint du Bureau de lutte contre le terrorisme, M. Vladimir Voronkov, a recommandé à l’Afghanistan de continuer de demander une assistance technique pour renforcer son système de justice pénale afin de lutter contre le terrorisme. 

Les préparatifs des élections au Parlement et aux conseils de district le 20 octobre prochain et de la présidentielle de 2019 ont également mobilisé l’attention des délégations, le Représentant spécial ayant signalé que depuis la mi-avril, plus de sept millions d’électeurs se sont inscrits.  « C’est la première fois depuis 2003 que le pays mène un enregistrement complet des électeurs pour les élections législatives et présidentielle », s’est réjoui M. Yamamoto.  Les inscriptions au sein des provinces sont inégales, du fait de l’insécurité, et représentent moins de 35% des électeurs dans six provinces du pays, a-t-il toutefois tempéré.

« Au vu du caractère multiethnique du pays, l’exclusion de ces communautés pourrait conduire à des contestations sérieuses des résultats des scrutins », a-t-il averti, avant que le représentant afghan ne reconnaissance lui-même que le succès du processus électoral est vital pour l’unité et la stabilité de l’Afghanistan.

LA SITUATION EN AFGHANISTAN S/2018/539

Déclarations

M. TADAMICHI YAMAMOTO, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), a parlé d’une période politique dynamique en Afghanistan.  Ainsi, le 7 juin dernier, le Président Mohammad Ashraf Ghani a déclaré un cessez-le-feu pour la période du 12 au 19 juin afin de permettre la célébration de l’Eïd al-Fitr qui conclut le mois du Ramadan. 

Deux jours plus tard, les Taliban ont annoncé un cessez-le-feu couvrant la période du 15 au 17 juin.  Pendant ces trois jours, les deux parties ont respecté leur promesse pour la première fois depuis 17 ans de conflit.  Des Taliban ont ainsi pu visiter des membres de leurs familles dans des villes tenues par le Gouvernement, tandis que des soldats se sont rendus dans des zones tenues par les Taliban.  Le Président Ghani a proposé une extension du cessez-le-feu, une initiative soutenue par la MANUA, mais les Taliban ont repris les hostilités.

Le Représentant spécial a relevé que beaucoup de choses avaient changé cette année sur la question de la paix en Afghanistan.  Le Gouvernement a dit être disposé à prendre part à des pourparlers de paix sans condition préalable le 28 février dernier, au cours du Processus de Kaboul pour la coopération en faveur de la paix et de la sécurité.  Même si les Taliban n’ont pas officiellement répondu à cet appel, d’autres actions ont contribué à renforcer cette initiative. 

Ainsi, un mouvement populaire lancé en mars dernier a donné lieu à des populations installant des tentes dans 20 des 34 provinces du pays pour manifester en faveur de la paix.  En début du mois de juin, un groupe de 2 000 religieux avaient tenu une réunion à Kaboul et avaient déclaré que les attentats-suicides étaient contraires aux enseignements de l’Islam, appelant aussi à un cessez-le-feu et aux pourparlers de paix. 

Au début du Ramadan, un des premiers groupes ayant installé des tentes a entamé une marche de 500 kilomètres de la province d’Helmand à Kaboul, faisant des arrêts sur le chemin et ralliant du soutien en faveur d’un appel pour le cessez-le-feu et les pourparlers, avant d’arriver à Kaboul la semaine dernière.

M. Yamamoto a répondu en notant que le Gouvernement afghan et les Taliban ont le contrôle de leurs troupes.  Les Afghans, y compris les Taliban, veulent la paix, et le Président Ghani a pris des mesures courageuses pour rechercher la paix.  En reprenant les combats, les Taliban ont insisté sur le fait que leur but est de mettre fin à la présence des forces étrangères dans le pays.  Ils ont évité des pourparlers directs avec le Gouvernement, mais tout accord politique futur en Afghanistan doit tenir compte des préoccupations de tous les Afghans. 

En outre, les préparations sont en cours pour les prochaines élections législatives d’octobre et la présidentielle prévue le printemps prochain.  Depuis mi-avril dernier, plus de sept millions d’électeurs se sont inscrits, et c’est la première fois depuis 2003 que le pays mène un enregistrement complet des électeurs pour les élections législatives et présidentielle.  L’objectif est d’avoir un fichier national d’électeurs unique qui peut produire des listes précises par bureau de vote, et cela devrait, à terme, réduire l’ampleur des fraudes.  Cet enregistrement de plus de sept millions d’électeurs est une réussite significative au vu des circonstances difficiles, notamment l’insécurité.  Mais, dans six provinces, moins de 35% des électeurs se sont fait enregistrer.  De plus, les inscriptions au sein des provinces sont inégales, car certaines zones voient peu d’inscrits du fait de l’insécurité. 

Au vu du caractère multiethnique du pays, l’exclusion de ces communautés pourrait conduire à des contestations sérieuses des résultats des scrutins.  Pour cette fois, s’est-il félicité, le processus électoral est mené par les Afghans eux-mêmes.  Les Afghans partagent donc les responsabilités de la transparence et du caractère ouvert des élections.  Il a ainsi interpelé la Commission électorale indépendante qui est la première responsable. 

Aux dirigeants des partis politiques, il leur a demandé d’être conscients qu’ils portent également une grande part de la crédibilité des élections.  « Au lieu de se contenter de critiquer le processus, ils doivent s’engager activement afin de faire des élections un processus réellement mené par les Afghans », a-t-il dit. 

Le Représentant spécial a aussi salué l’engagement de la société civile qui a promis d’observer le vote et d’assurer le comptage et la transmission des résultats, invitant la communauté internationale à les soutenir.

M. Yamamoto a ensuite annoncé la tenue de la Conférence ministérielle sur l’Afghanistan, organisée par l’ONU et l’Afghanistan, le 28 novembre à Genève.  Les trois priorités de la conférence seront: examiner la capacité du pays à se prendre en charge et l’efficacité de l’aide; les défis restants comme l’insécurité et le chômage; et le lien entre les actions humanitaires à court terme et la coopération en faveur du développement. 

Il a également invité les partenaires de l’Afghanistan à soutenir fermement la population et les institutions du pays qui s’escriment à faire avancer le pays.  Il a souligné que le nord et l’ouest du pays étaient particulièrement affectés par la sécheresse qui semble la plus sévère depuis 10 ans.  La production de blé en 2017 a diminué de 57% par rapport à la moyenne de ces cinq dernières années.  Les estimations pour l’année 2018 sont encore plus inquiétantes. 

Le plan d’action humanitaire a été révisé à 117 millions de dollars, atteignant un total « modeste » de 547 millions afin de permettre à l’ONU d’apporter de l’aide aux populations affectées et compléter ainsi l’action du Gouvernement.

M. Yamamoto a également parlé de la protection des droits des femmes.  Il a évoqué le rapport de la MANUA sur la médiation pour la résolution des cas de violence contre les femmes.  La majorité de ces cas est résolue par la médiation et non pas en accord avec la loi.  Selon le rapport, ces modes traditionnels de résolution aggravent la violence originelle et les femmes sont laissées dans la souffrance.  Il a déclaré que ces femmes doivent pouvoir faire valoir leurs droits en accord avec la loi. 

Selon le Représentant spécial, les récents développements dans le pays en appellent à une stratégie pour y faire face, dans l’optique des préparatifs de la conférence de Genève. 

M. YURI FEDOTOV, Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), a indiqué que l’édition 2018 du Rapport mondial sur les drogues, « qui sera lancé dans moins d’une heure », fait état d’une augmentation de 65% de la production d’opium dans le monde l’an dernier.  Il a précisé qu’il s’agissait là du pourcentage le plus élevé enregistré par l’Office et que la majorité de cet opium provenait de l’Afghanistan où le taux de culture a atteint des niveaux sans précédent.  Il a relevé que cette situation avait un potentiel extrêmement déstabilisateur pour le pays et la région.

M. Fedotov a également indiqué que l’étude socioéconomique de l’ONUDC, qui complète l’enquête sur la production d’opium en Afghanistan, mettait l’accent sur les nombreux défis que la production d’opium faisait peser sur le pays, sans oublier les liens avec le terrorisme et d’autres formes de criminalité. 

Il a salué les avancées positives réalisées depuis le mois de décembre pour combattre ce fléau, tout en insistant sur l’importance de maintenir la coopération internationale pour y faire face.  Il a indiqué que l’ONUDC avait œuvré aux côtés du Ministère afghan de lutte contre les stupéfiants pour donner un nouvel élan à l’engagement du pays sur cette question, notamment dans le cadre du Processus de Kaboul.

L’ONUDC a aussi mis sur pied une action stratégique pour répondre à la menace mondiale des opiacés afin de renforcer l’action aux niveaux régional et interrégional.  Il a expliqué que les efforts de l’ONUDC se concentraient sur la revitalisation des efforts afghans de lutte contre les stupéfiants et la nécessité d’adopter une approche équilibrée et holistique, allant du secteur sanitaire à l’application de l’état de droit.  Cette stratégie porte aussi sur la nécessité de cibler le nœud entre la drogue, le terrorisme et la criminalité, et d’appuyer les pays d’Asie centrale et occidentale dans la création de mécanismes visant à prévenir les conflits et les effets déstabilisateurs de la « menace des opiacés ».

Afin d’être des plus efficaces, a-t-il poursuivi, cette stratégie entend également tirer parti de plusieurs mécanismes existants comme l’Initiative du Pacte de Paris, le Processus d’Istanbul « Au cœur de l’Asie » sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan, la Conférence sur la coopération économique régionale concernant l’Afghanistan, l’Instance régionale de lutte contre le terrorisme de l’Organisation de Shanghai pour la coopération (OSC) et, enfin, l’organe conjoint de coordination et de suivi afghan.

M. Fedotov a par ailleurs espéré que la tenue, en novembre à Genève, de la Conférence ministérielle internationale sur l’Afghanistan soit l’occasion de mettre l’accent sur l’importance de la lutte contre les stupéfiants.

M. VLADIMIR VORONKOV, Secrétaire général adjoint du Bureau de lutte contre le terrorisme, a déploré la violence meurtrière qui continue en Afghanistan.  D’après la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), il y a eu 5 675 incidents de sécurité entre le 15 février et le 15 mai, dont les derniers attentats-suicides perpétrés les 11, 16 et 17 juin qui ont tué une soixantaine de personnes et blessé quantité d’autres.  De telles attaques ciblent les fonctionnaires gouvernementaux, la police et les Forces nationales de défense et de sécurité afghanes, semant la peur dans le pays.

Dans deux jours, a souligné M. Voronkov, le Secrétaire général accueillera à New York la première conférence de haut niveau des chefs des agences de lutte contre le terrorisme des États Membres.  Il a espéré que cette conférence donnera une impulsion à la coopération internationale dans ce domaine. 

L’Afghanistan, a-t-il recommandé, doit continuer de demander une assistance technique juridique pour renforcer son système de justice pénale afin de lutter contre le terrorisme.  Après une mission en Afghanistan, le Comité contre le terrorisme a identifié en octobre dernier 24 domaines prioritaires pour l’assistance, dont la répression et la sécurité aux frontières, et la lutte contre dont le financement du terrorisme et la radicalisation.

Le Secrétaire général adjoint a expliqué que son bureau a eu des pourparlers avec le Gouvernement afghan pour voir de quelle façon il peut répondre au mieux aux besoins du pays pour prévenir l’extrémisme violent, aux niveaux national et régional.  Plusieurs activités ont déjà été entreprises pour engager les communautés à cet égard, et préparer un plan national d’ensemble de lutte contre l’extrémisme violent.

En mai dernier, a poursuivi M. Voronkov, le Bureau de lutte contre le terrorisme et le Centre régional des Nations Unies pour la diplomatie préventive en Asie centrale ont lancé la troisième phase du Plan d’action conjoint pour l’application de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies en Asie centrale, avec la participation active de l’Afghanistan.

Le terrorisme a un impact direct sur la jouissance des droits de l'homme, a relevé M. Voronkov.  Les mesures adoptées par les États peuvent avoir un effet délétère sur l’état de droit, la bonne gouvernance et les droits de l’homme.  Il est donc essentiel que les efforts de lutte contre le terrorisme soient fondés sur le respect de l’état de droit et des droits de l’homme, et le Bureau se tient prêt à aider au renforcement des capacités à cet égard. 

Le Secrétaire général adjoint a rappelé que la branche de prévention de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en dépit d’un financement limité, reste le bureau clef pour offrir une assistance technique à l’Afghanistan en matière de justice pénale et de lutte contre le financement du terrorisme. 

M. Voronkov a félicité les dirigeants afghans d’avoir inspiré la création de la « Journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme », par la résolution 72/165 de l’Assemblée générale.

De plus, le Centre de lutte contre le terrorisme a récemment inauguré un programme de sensibilisation aux besoins et aux droits des victimes du terrorisme.

M. MAHMOUD SAIKAL (Afghanistan) a souligné que l’offensive de printemps des Taliban a encore fait des morts et des blessés à travers le pays.  Toutefois, a-t-il assuré, les forces nationales de sécurité ont rapidement réagi face à ces attaques.  Il a noté avec plaisir que les partenaires de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ont renouvelé leurs engagements sur le financement des forces afghanes.  « Nous avons doublé la taille de nos forces de commandos et renforcé l’armée de l’air », a-t-il rapporté, et des mesures sont en cours pour réformer les ministères de la défense et de l’intérieur.

Début juin, a rappelé M. Saikal, le Gouvernement afghan a annoncé un cessez-le-feu unilatéral avec les Taliban à l’occasion de la fête de l’Eïd al-Fitr, qui a été observé des deux côtés pendant trois jours.  À l’expiration de cette période, le Gouvernement a prolongé le cessez-le-feu, mais, malheureusement, les Taliban n’en n’ont pas fait autant et les attentats ont repris.  Les forces de sécurité afghanes ont toutefois joué un rôle important dans l’élimination récente du chef des Taliban pakistanais, le mollah Fazlullah.

Le succès du processus de paix dépend de plusieurs facteurs, a expliqué le représentant.  « Nous devons renforcer notre unité, continuer de tenir notre peuple informé et l’impliquer à toutes les étapes du processus, gérer efficacement les futurs cessez-le-feu et les négociations potentielles, mettre véritablement en œuvre le Plan d’action afghan-pakistanais pour la paix et la sécurité, et œuvrer pour améliorer le consensus régional et mondial sur l’effort international en Afghanistan », a-t-il dit.  Des rencontres de haut niveau ont eu lieu entre ces deux pays qui ont convenu de coopérer dans plusieurs domaines, dont la lutte contre le terrorisme.

De façon générale, a poursuivi M. Saikal, l’Afghanistan a étendu sa coopération avec ses voisins et les pays d’Asie centrale.  Début juin, le Président Mohammad Ashraf Ghani a participé au Sommet de l’Organisation de Shanghai pour la coopération, à Qingdao, en Chine.

Dans quatre mois, a annoncé le représentant, l’Afghanistan tiendra des élections parlementaires et de district, et, l’année prochaine, l’élection présidentielle.  À ce jour, 7,3 millions de citoyens se sont inscrits pour voter.  Le succès du processus électoral est vital pour notre unité et notre stabilité, a-t-il reconnu.  Il a dit attendre avec impatience la prochaine Conférence ministérielle sur l’Afghanistan, organisée par son pays et les Nations Unies, qui aura lieu à Genève en novembre prochain.

Compte tenu de la sécheresse qui risque de déplacer un demi-million de personnes, M. Saikal a appelé la communauté internationale à financer tout le Plan d'aide humanitaire de 2018-2021 pour l’Afghanistan.  Son gouvernement, a-t-il par ailleurs assuré, continue de lutter contre le trafic de stupéfiants.  Ces six derniers mois, la police a ainsi mené 1 688 opérations dans le pays, saisi 112 500 tonnes de drogues illicites, et détruit plusieurs laboratoires de fabrication de drogues. 

Enfin, s’est-il félicité, l’intégration économique de l’Afghanistan dans la région se poursuit.

M. KAREL JAN GUSTAAF VAN OOSTEROM (Pays-Bas) a indiqué que le Ministre des affaires étrangères de son pays s’était rendu en Afghanistan du 18 au 19 juin où il avait eu l’occasion d’entendre les nombreux appels à la paix de la population.  Il a cependant constaté que des attaques atroces continuaient d’être perpétrées, que les Taliban n’avaient pas répondu à la prolongation du cessez-le-feu du Gouvernement afghan et que dans la province du Khorassan, l’État islamique d’Iraq et du Levant continuait de semer la terreur.

Le représentant a fait part de son appui au processus de paix en Afghanistan et a appelé les pays voisins à lui donner de l’élan.  Il a également exhorté les Taliban à accepter l’offre du Gouvernement afghan de participer à des pourparlers directs, sans condition préalable.  Les Pays-Bas ont pour leur part décidé, la semaine dernière, de fournir des officiers militaires et de police supplémentaires à la mission Soutien résolu de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et comptent proroger jusqu’à 2021 le mandat de l’ensemble du contingent.

M. van Oosterom a ensuite appelé le Conseil de sécurité à se prononcer sur les préparatifs des élections.  Il s’est dit encouragé par l’achèvement réussi de la première étape des inscriptions mais a néanmoins estimé que le Gouvernement afghan et la Commission électorale indépendante devaient redoubler d’efforts, insistant par ailleurs sur la nécessité de préserver la crédibilité de cette dernière.  Il a aussi dit l’importance d’assurer la participation des femmes et d’investir dans la jeunesse.

Le représentant a appelé le Gouvernement afghan à redoubler d’efforts pour combattre le nœud entre le terrorisme et la criminalité organisée, notamment en renforçant le contrôle des frontières.  Il a ensuite fait observer que l’adoption d’un accord de paix réalisable nécessiterait du courage politique et de la persévérance, mais aussi l’unité du Conseil de sécurité.  « Notre approche intégrée doit aussi porter sur les liens entre le terrorisme et la criminalité organisée », a-t-il ajouté.

Dans un contexte sécuritaire préoccupant, M. PAUL DUCLOS (Pérou) a salué le courage du peuple afghan et les efforts des autorités qui continuent de préparer les élections parlementaires et de district d’octobre prochain.  Il s’est associé à l’appel du Secrétaire général pour que les groupes politiques restent unis face aux menaces.  Dans cet esprit, il a regretté le refus des Taliban de poursuivre le cessez-le-feu observé pendant l’Eïd al-Fitr.  Il a salué le Processus de Kaboul, mené par et pour les Afghans, et le dialogue interafghan, appuyé par les pays de la région.

Le représentant s’est inquiété de la situation des droits de l’homme en Afghanistan, notamment du recrutement d’enfants par diverses factions et des violences sexuelles qui vont souvent de pair.  Il a également jugé prioritaire de lutter contre la corruption et le trafic de stupéfiants.

Enfin, il a souligné l’importance de répondre à l’appel du Secrétaire général pour fournir une assistance humanitaire à plus de deux millions de personnes affectées par la sécheresse.  

M. MA ZHAOXU (Chine) a indiqué que la situation politique et sécuritaire en Afghanistan demeurait préoccupante.  Il a salué les récents cessez-le-feu dans le pays à la fin de la période du Ramadan.  Il a invité la communauté internationale à renforcer les capacités des Forces nationales de sécurité et œuvrer de conserve pour faire face aux menaces comme le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et le trafic de stupéfiants.

Pour la Chine, le renforcement de la gouvernance est crucial si l’on veut garantir la paix et la reconstruction du pays, et, au bout du compte, ce sont les Afghans eux-mêmes qui doivent prendre leur destin en main.  La communauté internationale se doit donc de respecter leurs choix de développement et les y accompagner.  Mais avant cela, la réconciliation nationale est nécessaire.  C’est pourquoi la Chine invite les Taliban à répondre positivement à la main tendue du Gouvernement.

Le délégué a rappelé que la Chine était « un ami » de l’Afghanistan, soulignant les voyages de hauts responsables afghans dans son pays et les rencontres entre les dirigeants des deux pays, y compris avec la participation du Pakistan.  Il a enfin salué le travail de la MANUA dans le pays.

Mme ANNE GUEGUEN (France) a réitéré son soutien au Gouvernement afghan dans sa lutte contre l’« État islamique au Khorassan » et contre l’insurrection taliban.  « Nous devons en particulier éviter que des combattants terroristes étrangers fuyant l’Iraq et la Syrie ne viennent trouver refuge en Afghanistan », a-t-elle indiqué. 

Par ailleurs très préoccupée par le trafic de stupéfiants, la France appelle les autorités afghanes à redoubler d’efforts dans ce domaine.  Espérant que ce sujet sera évoqué lors de la conférence de Genève sur l’Afghanistan, en novembre, la représentante a précisé que l’Initiative du Pacte de Paris demeure un cadre privilégié d’échange entre tous les pays concernés.

Pour Mme Gueguen, la gravité de la situation sécuritaire et le coût humain du conflit doivent inciter à redoubler d’efforts pour parvenir à une paix durable en Afghanistan.  Si la France salue la prolongation unilatérale du cessez-le-feu décrété pour l’Eïd al-Fitr par les forces afghanes, elle regrette que les Taliban n’aient pas répondu par la positive à l’offre du Président Mohammad Ashraf Ghani d’étendre leur propre cessez-le-feu. 

La représentante a rappelé l’importance du Processus de Kaboul sur la paix et la sécurité et exhorté les Taliban à s’engager dans des négociations directes comme le Président l’a suggéré.  Concernant le processus électoral, auquel les femmes doivent pleinement participer, elle s’est dite préoccupée par le manque de candidatures dans certaines provinces. 

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a salué les efforts lancés pour initier un dialogue politique intra-afghan, notamment à l’approche de la tenue des élections parlementaires.  Il a insisté sur l’importance de continuer à fournir un appui diversifié à l’Afghanistan et a annoncé que son pays avait contribué à hauteur de 4 millions de dollars à l’Armée nationale afghane pour l’aider à former des spécialistes militaires.  Il a espéré que le bref cessez-le-feu annoncé par le Gouvernement et l’opposition armée pendant le mois du Ramadan marque le premier pas vers la réconciliation nationale.

Le représentant s’est ensuite inquiété des activités terroristes accrues dans le nord de l’Afghanistan, à proximité des États d’Asie centrale.  Il a appelé à la pleine mise en œuvre de la troisième étape de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies.  Il s’est aussi préoccupé de l’augmentation de la production de drogue dans le pays, relevant qu’il s’agit là d’une des principales sources de financement du terrorisme.

Il a insisté sur l’importance d’adopter une triple approche en matière de prévention de conflit en ciblant notamment le renforcement des liens entre la sécurité et le développement, l’utilisation d’une approche « d’ensemble du système » au niveau régional, fondée sur une stratégie de développement pour la région dans son ensemble. 

Il a insisté sur l’importance de la coopération régionale pour assurer la prospérité économique de l’Afghanistan et renforcer sa sécurité.  Outre la création de liens commerciaux, de transport et humanitaires entre le pays de la région, il a appelé l’ONU à élaborer une stratégie de développement régionale impliquant l’ensemble de ses bureaux de pays concernés.

Le délégué a par ailleurs parlé de l’achèvement, au mois d’avril, d’un projet d’assistance kazakh qui visait à renforcer l’indépendance économique des femmes afghanes.  Le Kazakhstan a depuis recommandé aux États-Unis, à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et à l’Union européenne de poursuivre ce projet dans un format tripartite regroupant le Kazakhstan, l’Afghanistan et le parrain concerné.  Astana compte par ailleurs organiser, au mois de septembre, une conférence internationale sur l’élargissement des perspectives pour les femmes afghanes.

Mme AMPARO MELE COLIFA (Guinée équatoriale) a dit que la paix et la prospérité en Afghanistan semblaient être une utopie pour ceux qui étaient victimes au quotidien d’attentats-suicides.  Elle a invité toutes les parties au conflit à prendre toutes les mesures pour protéger les civils, notamment les enfants et les femmes, conformément au droit international humanitaire.  La Guinée équatoriale est préoccupée par l’utilisation des enfants dans le conflit afghan et se félicite des mesures prises par le Représentant spécial à cet effet auprès du Gouvernement.

La déléguée a aussi salué les mesures prises pour lutter contre le trafic de stupéfiants dans le pays, étant donné que ce négoce contribue à financer le terrorisme.  Elle a souhaité que les élections aient lieu en temps voulu, les souhaitant libres et impartiales.  La représentante a également souligné que la seule solution pour la paix et la stabilité en Afghanistan consistait en un processus politique ouvert mené par les Afghans eux-mêmes. 

M. OLOF SKOOG (Suède) a parlé de ce petit groupe d’Afghans qui s’est très vite agrandi, parcourant 600 kilomètres pour porter à Kaboul le message selon lequel, après 40 ans de violence et de conflit, l’heure de la paix a sonné.  L’appui généralisé à cette marche a montré, a commenté le représentant, le désir de paix chez tous les Afghans.  Il n’y a pas de solution militaire au conflit en Afghanistan, a souligné le représentant, arguant que la seule option viable est un processus de paix dirigé par les Afghans eux-mêmes, menant à un règlement politique négocié. 

Il a salué l’offre de paix faite par le Gouvernement à la Conférence Kaboul II et son cessez-le-feu temporaire.  Il a regretté que les Taliban n’aient pas prorogé leur cessez-le-feu partiel et les a appelés à répondre à l’appel de paix lancé par le peuple afghan et à s’engager dans un dialogue avec le Gouvernement à cette fin.  Le représentant a aussi insisté sur un engagement clair et constructif de tous les acteurs régionaux.

Il a encouragé tous les efforts visant la pleine participation des femmes aux préparatifs de la réunion ministérielle de Genève en novembre prochain.  Il a indiqué que son pays soutient financièrement la création de la première « Ville des policières » visant à renforcer la présence des femmes dans les forces de sécurité. 

Le représentant a aussi insisté sur la nécessité de tenir les élections dans les délais prévus, jugeant non seulement « horribles » mais également « antidémocratiques », les attaques contre les préparatifs électoraux.  Notre engagement en faveur de l’Afghanistan reste ferme, a souligné le représentant, en citant la somme d’un milliard de dollars d’aide bilatérale au développement que la Suède entend verser jusqu’en 2024. 

Le représentant a conclu sur le problème du recrutement et de l’utilisation des enfants par les parties au conflit.  Il a plaidé pour une mise en œuvre effective du Code pénal avec un accent sur la responsabilité, dont les poursuites judiciaires.

M. ILAHIRI ALCIDE DJÉDJÉ (Côte d’Ivoire) a interpellé le Conseil de sécurité sur la nécessité d’accorder une attention soutenue à la situation sécuritaire en Afghanistan.  Il a invité les Taliban à accéder à la requête de prorogation du cessez-le-feu du Président afghan et les a exhortés à s’engager fermement, dans le cadre du Processus de Kaboul, dans des pourparlers directs et sans conditions préalables, en vue du règlement politique de la crise et d’une paix durable.  De plus, a estimé M. Djédjé, la conduite d’un processus politique inclusif devant mener à des élections crédibles demeure la clef de voûte d’une sortie de crise.

La situation humanitaire reste également préoccupante en raison de la sécheresse et du faible niveau de pluviométrie qui font peser sur le pays un risque de famine et entraînent des déplacements forcés.  Le représentant a exhorté la communauté internationale à répondre à l’appel d’urgence lancé par les Nations Unies.

Par ailleurs, il a réaffirmé son soutien aux efforts des autorités afghanes dans la lutte contre le terrorisme et appelé à un renforcement de la coopération régionale et internationale dans ce domaine.  Il a préconisé en particulier une meilleure coordination entre l’ONUDC et le Gouvernement afghan, afin de mettre fin aux sources de financement des groupes armés et terroristes, tout en offrant des alternatives de subsistance aux populations rurales qui vivent de la culture du pavot.

M. MARIUSZ LEWICKI (Pologne) a prôné un dialogue constructif en vue de la paix en Afghanistan, saluant la proposition sans précédent de paix faite par le Président Mohammad Ashraf Ghani en février dernier.  Il a dit souhaiter que cette offre ait une chance de prospérer et constituera le prologue d’un processus de paix véritable.  Il a invité les Taliban à répondre positivement à cette offre de pourparlers de paix sans condition préalable. 

La Pologne se félicite également de l’annonce de la tenue des élections législatives en octobre prochain, et la présidentielle prévue en 2019.  Il a souligné que le plus grand défi sera la participation des femmes, à la fois comme candidates et électrices. 

Il a en outre déploré le fait que de nombreux enfants afghans ne peuvent aller à l’école du fait du manque de sécurité.  Il a enfin rappelé que la violence dans le pays rappelle l’importance de soutenir les institutions afghanes, notamment celles du secteur de la sécurité et de la défense du peuple.

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a salué le processus électoral qui suscite un certain engouement en Afghanistan, disant espérer que les préparatifs seraient couronnés de succès.  Il a déploré les actes de violence dans le pays, accusant « ceux qui n’ont pas foi en la démocratie » de vouloir déstabiliser le pays, tout en prônant des efforts soutenus jusqu’à la tenue des élections. 

Il a invité les autorités nationales à promouvoir le secteur éducatif, même si les Taliban continuent de cibler les écoles, sapant ainsi l’avenir du pays.  Il a insisté sur l’importance pour le Gouvernement d’emporter cette « bataille des écoles », les enfants étant l’avenir du pays.  

Mme MAHLET HAILU GUADEY (Éthiopie) a constaté que la situation en Afghanistan demeure très instable, notamment en raison des attaques meurtrières perpétrées en zone urbaine.  Elle a salué la proposition du Président Mohammad Ashraf Ghani de participer à des pourparlers directs avec les Taliban, ainsi que l’élaboration d’un cadre pour la paix, présenté lors de la Conférence du Processus de Kaboul II.  Elle a appelé les Taliban à y répondre de manière positive afin de conclure un accord politique et de rétablir la paix et la sécurité dans le pays.  Elle a par ailleurs salué la résolution pacifique des tensions entre le palais présidentiel et Jamiat-e Islami.

Passant à la tenue prochaine des élections parlementaires et de district, Mme Guadey a appelé à renforcer les efforts de rétablissent de la confiance de la population envers le processus électoral.  Elle a insisté sur l’importance de veiller au déroulement pacifique du scrutin, se préoccupant des tentatives d’intimidation et de harcèlement des électeurs. 

Elle a par ailleurs appelé la communauté internationale à continuer d’appuyer les efforts de réforme politique et de développement du Gouvernement.  Notant l’importance de la coopération économique régionale, elle a salué l’inauguration, le 23 février, du segment afghan du gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde.

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) a fait part de sa consternation face aux nombreux morts civils en Afghanistan depuis le début de l’année.  Il s’est dit préoccupé par la violence liée au processus électoral, notamment les actes de violence contre le personnel électoral et contre des centres d’enregistrement d’électeurs.  Il a regretté que l’offre de paix, faite par le Président Mohammad Ashraf Ghani en février dernier, ait été ignorée par les Taliban. 

Le représentant a condamné l’utilisation d’enfants par les groupes armés non étatiques.  Il a notamment déploré le cas relevé de violence sexuelle contre un enfant, appelant à des enquêtes afin que les auteurs répondent de leurs actes. 

Le représentant a invité aussi la communauté internationale à apporter le soutien nécessaire pour la paix en Afghanistan.  Il a déploré le fait que des familles soient constamment obligées de quitter leur foyer, et a plaidé pour leur retour, en toute sécurité et de manière volontaire. 

Il a enfin souligné qu’il n’y a pas de solution militaire en Afghanistan, militant également pour la pleine implication des femmes dans la vie nationale.

Mme AMY NOEL TACHCO (États-Unis) a salué l’offre du Président Mohammad Ashraf Ghani de participer à des pourparlers sans condition préalable et ses efforts sérieux pour mettre un terme au conflit.  Elle regretté que les Taliban n’aient pas répondu à cet appel et les a engagés à prendre part aux pourparlers de paix.  Les pays ayant des liens avec eux doivent les inciter à cette fin, a–t-elle ajouté.

Elle a appelé à la tenue transparente et crédible des élections.  L’ONU doit veiller à ce que la MANUA dispose de tout le personnel nécessaire pendant cette période.  Elle a ensuite souligné que les États-Unis avaient fourni des dizaines de milliards de dollars pour appuyer l’Afghanistan et a appelé ses partenaires à en faire de même.

La représentante a noté la dimension sans précédent du bref cessez-le-feu.  La question n’est pas de savoir si on peut établir la paix en Afghanistan, mais comment, a-t-elle affirmé.

M. JONATHAN GUY ALLEN (Royaume-Uni) a salué la proposition de paix faite par le Président Mohammad Ashraf Ghani et a demandé un engagement similaire des Taliban qui doivent décider s’ils veulent faire partie de l’avenir du pays.  Il a noté qu’à quatre mois des élections au Parlement et aux conseils de district, le Ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni, M. Boris Johnson, s’est rendu à Kaboul hier.  Il y a encouragé la MANUA à poursuivre son appui aux autorités nationales afin que les élections se tiennent dans de bonnes conditions.  Le délégué a aussi invité le Gouvernement afghan à pourvoir aux derniers postes vacants de la Commission électorale indépendante.

Au moment où on voit des progrès dans le pays, le représentant a également insisté sur des questions de première importance comme le respect des droits des femmes et des filles.  Il a rappelé que le Royaume-Uni avait contribué à la scolarisation de plus de 300 000 Afghanes marginalisées et a soutenu la formation de plus de 10 000 enseignants. 

Selon le Royaume-Uni, la paix est à portée de main en Afghanistan, et la communauté internationale se doit d’être aux côtés du peuple afghan au moment où ce dernier s’apprête à choisir ses futurs dirigeants.

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a appelé à lutter contre la production de stupéfiants notant qu’elle sapait la stabilité du pays.  Il s’est aussi inquiété de la dernière offensive des Taliban, qui, a-t-il ajouté, vient semer le doute sur leur engagement envers le processus de paix.  Il a aussi mis en garde contre la marginalisation de certains acteurs régionaux.

Le délégué s’est aussi inquiété du fait que l’État islamique d’Iraq et du Levant consolidait ses positions dans le nord de pays dans le but de mener des incursions dans les pays voisins et entraîne par ailleurs des combattants venus d’Asie centrale.

Il a dénoncé « ceux » qui accusent la Fédération de Russie d’appuyer les Taliban, estimant que le but semble en être de détourner l’attention sur les « nombreuses erreurs » commises ses 17 dernières années.  Il a relevé que des experts militaires russes avaient averti que l’aide militaire n’était pas enregistrée et parfois était volée pour ensuite être retrouvée dans les mains des terroristes.

Il s’est aussi interrogé sur la disparition d’hélicoptères dans des zones contrôlées par les partenaires russes et a réclamé un rapport en bonne et due forme sur cette question.  Il a aussi engagé le Gouvernement à prendre des mesures plus décisives pour débarrasser le nord du pays des terroristes et combattre la production de drogues qui, s’est-il inquiété, est en hausse.  Des efforts collectifs s’imposent également, autrement la situation risquerait de devenir hors de contrôle, a-t-il averti.

Le délégué a salué la proposition de cessez-le-feu du Président afghan, tout en soulignant que cette offre ne devait pas s’étendre à des groupes terroristes étrangers implantés en Afghanistan.  Il a appelé les Taliban à répondre aux offres qui leur ont été faites.  Le représentant a par ailleurs appelé à la bonne tenue des élections au Parlement et aux conseils de district dans les délais impartis.  Il a mis en garde contre une polarisation de la société afghane le long de clivages ethniques.

M. FERIDUN HADI SINIRLIOĞLU (Turquie) a salué le respect du cessez-le-feu temporaire « sans précédent » annoncé pendant le mois de ramadan et a fait part de son appui aux efforts de réconciliation et de paix afghans.  Il s’est inquiété de la faiblesse et des déséquilibres constatés dans la mobilisation des électeurs et a appelé à adopter des mesures effectives pour remédier à cette situation.  Il s’est aussi soucié de la fragmentation du paysage politique afghan et a insisté sur l’importance de tenir des élections crédibles.

Le représentant a ensuite parlé des efforts déployés par la Turquie pour appuyer la coopération régionale en faveur de l’Afghanistan.  La Turquie a notamment coprésidé, cette année, le Processus d'Istanbul « Au cœur de l’Asie ». 

Il a aussi salué la finalisation du Plan d’action afghan-pakistanais pour la paix et la sécurité et a souhaité que sa mise en œuvre permette de surmonter les défis qu’affrontent ces deux pays.

M. ANDREA BIAGINI (Italie) a constaté que les événements des dernières semaines démontrent la complexité des défis sécuritaires que doit affronter l’Afghanistan, tout en relevant des évolutions encourageantes, à commencer par l’offre de paix du Président afghan et l’annonce d’un cessez-le-feu unilatéral pendant le mois de ramadan. 

Il a toutefois appelé à faire preuve de prudence et a espéré que les Taliban répondront de manière positive à l’offre du Président Mohammad Ashraf Ghani.  Il a aussi salué le dialogue bilatéral engagé entre Kaboul et Islamabad, soulignant qu’une coopération effective peut améliorer les perspectives de paix.

Le représentant a par ailleurs insisté sur l’importance de veiller au bon déroulement des élections, estimant que ce sera là la preuve de l’engagement du Gouvernement à mener des réformes à l’approche de la conférence de Genève.  Il s’est félicité du fait que presqu’un tiers des électeurs inscrits jusqu’à présent sont des femmes. 

Il a appelé le Gouvernement à poursuivre ses efforts de protection et de promotion des droits des femmes, relevant une baisse dans la participation des filles à l’école primaire.

M. CHRISTOPH HEUSGEN (Allemagne) a vu dans l’annonce d’un cessez-le-feu par le Gouvernement afghan la preuve qu’une baisse significative de la violence dans le pays est possible.  Il a salué l’engagement du Président Mohammad Ashraf Ghani à participer à des pourparlers directs avec les Taliban sans condition préalable, notant que l’offre portait sur des éléments clef, notamment l’inclusion politique, l’examen constitutionnel, la libération de prisonniers, la levée des sanctions et la réintégration.

Il a exhorté les Taliban à se saisir de cette occasion, engageant par ailleurs le Gouvernement à poursuivre la mise en œuvre de l’accord de paix conclu en 2016 avec Hezb-i Islami.

S’agissant de à la tenue prochaine des élections parlementaires et de district, le représentant a salué les progrès réalisés pour inscrire les électeurs.  Il s’est toutefois inquiété du fait que le poste de directeur de la Commission électorale indépendante demeurait vacant, faisant état de déséquilibres régionaux relevés lors des inscriptions.

M. Heusgen a par ailleurs salué la finalisation du plan d’action afghan-pakistanais pour la paix et la solidarité, ainsi que les efforts déployés pour renforcer les cadres juridiques et de lutte contre la corruption.  Il a notamment salué les amendements apportés au Code pénal et à la loi sur l’élimination de la violence faite aux femmes afin de mieux les aligner.

Le Canada est déterminé à faire avancer l’égalité des sexes et assurer l’autonomisation des femmes et des filles en Afghanistan, a déclaré M. MICHAEL BONSER (Canada).  Son pays y appuie directement des programmes éducatifs, de soins de santé et de droits de la personne.  Par exemple, il a établi plus de 9 200 écoles communautaires dans les régions rurales et éloignées, dont plus de 80% des 273 000 élèves sont des filles. 

Ensuite, le Canada appuie la participation significative des femmes en tant que candidates et électrices aux élections en octobre.  Cependant, a confié le représentant, « nous sommes très inquiets de la situation sécuritaire et de son effet sur la capacité des citoyens d’exercer leurs droits démocratiques ».  Il a soutenu les appels du Gouvernement afghan aux Taliban pour qu’ils acceptent le cessez-le-feu et se joignent aux pourparlers de paix. 

M. KORO BESSHO (Japon) a salué le premier cessez-le-feu dans le pays depuis 17 ans, disant espérer que cette issue mènerait à une paix durable.  Il a dit que son pays entendait prendre part à la conférence de Genève sur l’Afghanistan de novembre prochain.  Selon lui, même s’il fût temporaire, le cessez-le-feu récent entre le Gouvernement et les Taliban était une étape positive.  Il a invité la communauté internationale à continuer de presser les deux parties à étendre le cessez-le-feu, pour le bien du peuple afghan, et de s’engager dans un processus plus formel.

Le Japon indique que les élections d’octobre prochain seront un test crucial pour le Gouvernement, notamment du fait des défis sécuritaires et administratifs.  La communauté internationale attend donc de voir des élections crédibles et ouvertes.  Mais, le point le plus important, a-t-il noté, est que le processus électoral soit mené par les Afghans eux-mêmes.

Mme MALEEHA LODHI (Pakistan) a indiqué qu’en dépit d’un tableau morose, un espoir a vu le jour suite au cessez-le-feu temporaire déclaré pendant le mois du Ramadan.  Elle a relevé que la présence des forces étrangères peut être un sujet de discussion avec les Taliban.  Elle a salué l’offre de pourparlers lancée par le Président Ghani et le soutien des États-Unis à un processus négocié.  Elle a appelé les parties à se saisir des occasions qui sont offertes.  Le Pakistan estime que le groupe de coordination quadrilatérale présente un format utile pour parvenir à un règlement négocié, a-t-elle poursuivi.  Un format amplifié permettrait de réunir en outre les voisins de l’Afghanistan.

La représentante a ensuite appelé à vaincre Daech et les autres groupes terroristes qui sévissent dans le pays.  Elle a aussi insisté sur l’importance d’aider l’Afghanistan à devenir prospère et stable.  Elle a parlé des récents échanges de haut niveau entre le Pakistan et l’Afghanistan.  L’accord récemment conclu entre les deux pays comprend d’ailleurs la création de cinq groupes de travail chargés de questions telles que les renseignements militaires et les réfugiés, entre autres, et permettra de renforcer encore davantage le dialogue.  Elle a aussi insisté sur l’importance de la gestion et de la sécurisation des frontières, notant que les terroristes ne doivent pas pouvoir inciter les forces militaires à s’affronter le long des frontières.

M. GERARDUS VAN DEN AKKER, délégué de l’Union européenne, a souligné que le respect des droits de l’homme et les élections démocratiques sont au cœur du dialogue entre l’Union européenne et les autorités afghanes.  Dans ce contexte la première réunion du Groupe de travail spécial sur les droits de l’homme, la bonne gouvernance et la migration s’est tenue le 5 mai dernier à Kaboul.  Il est apparu que l’Afghanistan a une législation forte dans divers domaines ou est sur le point d’en adopter une.  Mais ce qui fait défaut, c’est une mise en œuvre effective, a relevé le représentant qui a appelé à des mesures concrètes contre la corruption et pour la protection des droits des filles et des femmes. 

L’application de la peine de mort est aussi une source de préoccupations pour l’Union européenne qui appelle à son abolition, en commençant par un moratoire.  L’Union européenne trouve d’ailleurs encourageant que le nouveau Code pénal afghan limite strictement le nombre des crimes punis par la peine de mort. 

Les prochaines élections, a poursuivi le représentant, sont d’une importance capitale pour la stabilité du pays.  Il a jugé impératif de respecter les dates fixées, pour préserver la crédibilité des réformes à l’approche de la Conférence ministérielle de Genève.  L’Union européenne note avec préoccupation qu’il y a encore des mesures à prendre pour combler les retards dans les préparatifs électoraux, le manque de sensibilisation dans les provinces et l’installation d’institutions électorales pleinement opérationnelles. 

L’Union européenne, a rappelé le représentant, s’est engagée à verser la somme de 15,5 millions d’euros pour les élections parlementaires et locales.  S’agissant de la migration, les dernières discussions ont eu lieu le 6 mai, a indiqué le représentant.  Il a été convenu que la mise en œuvre de la « voie à suivre » doit se poursuivre dans un esprit de partenariat, en tenant compte de la sensibilité de l’Afghanistan et de l’Union européenne qui continue d’ailleurs à mettre en œuvre deux programmes régionaux sur la migration et les déplacements en Asie. 

L’Union européenne, a conclu le représentant, compte que les dernières initiatives du Président Mohammad Ashraf Ghani et du Gouvernement conduiront à un véritable processus de paix.  Elle considère la Mission de l’ONU comme un partenaire clef.

Mme GILLIAN BIRD (Australie) a indiqué que le récent cessez-le-feu a été largement soutenu par le peuple afghan et a donné de l’espoir sur le fait qu’une paix durable est possible.  L’Australie a également salué la proposition de paix faite par le Président Ghani en février dernier, notamment sa disponibilité à prendre part à des pourparlers sans condition préalable et sans menace de violence.  L’Australie se dit déçue de voir que les Taliban n’ont jusqu’à présent pas réagi à ces propositions du Président afghan.  La représentante a en outre condamné la violence dont sont auteurs les groupes d’insurgés, dont Daech et des groupes affiliés, Al-Qaida et ses affiliés et d’autres groupes terroristes en Afghanistan.  Impliquée dans la mission de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Afghanistan, l’Australie reste engagée pour le soutien des forces de sécurité afghanes afin qu’elles s’opposent aux groupes armés non étatiques. 

Mme Gillian a déclaré que la tenue d’élections législatives en octobre prochain sera cruciale pour la crédibilité politique.  Elle a encouragé le Gouvernement à s’assurer qu’elles soient ouvertes, saluant du reste l’engagement de l’ONU à soutenir la tenue du scrutin.  Elle a rappelé que l’Afghanistan fait face également à une sécheresse imminente, laquelle affecte les deux tiers du pays.  Près de 1,4 million de gens auront besoin d’aide alimentaire d’urgence, et l’Australie promet de continuer d’apporter son aide face à ce défi. 

M. GHOLAMALI KHOSHROO (République islamique d’Iran) a déclaré que son pays apportait un appui constant à la sécurité et la stabilité de l’Afghanistan ainsi qu’à son développement socioéconomique.  Il a salué le cessez-le-feu temporaire annoncé entre le Gouvernement et les Taliban ainsi que l’intention du Gouvernement de le poursuivre.  Il s’est aussi réjoui des derniers développements positifs dans les relations de l’Afghanistan avec le Pakistan.  M. Khoshroo a ajouté que soutenir les mesures de lutte contre le terrorisme prises par l’Afghanistan favorise la paix et la sécurité internationales.  À cet égard, la menace croissante de Daech et ses affiliés ne devrait pas être prise à la légère en Afghanistan.  Comme les élections approchent, des conditions de sécurité améliorées deviennent plus pertinentes et essentielles, a rappelé le délégué.  L’Iran attache aussi la plus grande importance à la promotion de la coopération régionale.  À cet égard, il a salué le travail des commissions mixtes chargées d’élaborer un accord-cadre global de coopération bilatérale entre leurs deux pays.

Les efforts en cours dans le port iranien de Chabahar contribueront à promouvoir le commerce et la coopération économique, a prédit M. Khoshroo.  « Toute tentative de perturber ce projet vital ne fait que jouer le jeu de ceux qui ne veulent pas de la paix et du développement du peuple afghan », a-t-il averti.  Nous avons besoin d’un soutien international inconditionnel pour ces projets innovants.  En outre, a indiqué le représentant, une attention spéciale devrait être accordée à la lutte contre les sources de l’insécurité et de l’instabilité en Afghanistan, en particulier le trafic de stupéfiants comme source de revenu importante pour les groupes terroristes et les groupes armés.  La communauté internationale doit appuyer les activités et projets internationaux et régionaux en particulier l’initiative tripartite entre l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan pour combattre cette menace. 

M. SYED AKBARUDDIN (Inde) a déclaré que les évènements d’espoir doivent maintenant se transformer en processus pour que la situation en Afghanistan puisse s’améliorer, s’inquiétant toutefois de la persistance insensée de meurtres odieux commis par les terroristes.  Il a aussi noté que l’offensive du printemps des Taliban avait fait de nombreuses victimes, notant qu’elles sont « planifiées et lancées depuis des pays voisins ».  Il a dénoncé ceux qui leur fournissent un sanctuaire ainsi qu’au réseau Haqqani, l’EIIL, Al-Qaida, Lashkar-e-Tayyiba et Jaish e Mohammed.  Le problème terroriste de l’Afghanistan n’est pas local et le pays nécessite l’appui de la communauté internationale pour l’éradiquer.

Notant l’implication des Taliban dans pratiquement tous les aspects de la production d’opium, le représentant a appelé le Conseil de sécurité à mieux utiliser sa boîte à outils pour faire face aux réseaux transnationaux de la drogue, du terrorisme et de la criminalité.  Pour sa part, l’Inde a récemment livré 170 000 tonnes de blé à l’Afghanistan en empruntant le port de Chabahar inauguré en décembre 2017 en Iran.  En outre le corridor de fret aérien indo-afghan, qui a été établi en juin 2017, a pris de l’élan et permet de relier Kaboul, Kandahar, New Delhi et Mumbai.  Plus de 2 000 tonnes d’exportations ont pu être acheminées de cette manière, a-t-il précisé, et l’Inde entend élargir ce corridor à d’autres villes des deux pays.  M. Akbaruddin s’est par ailleurs félicité du fait qu’après l’interdiction du sport par les Taliban, l’équipe nationale de cricket de l’Afghanistan ait réussi à se qualifier pour la coupe mondiale de cricket.

M. MARC PECSTEEN DE BUYTSWERVE (Belgique) a rappelé que son pays a dûment soutenu l’offre de paix « historique » faite par le Président Mohammad Ashraf Ghani et son gouvernement d’unité nationale.  Une autre contribution essentielle à la paix a été apportée le 14 mai dernier avec l’accord sur le Plan d’action Afghanistan-Pakistan pour la paix et la solidarité, s’est réjoui le représentant. 

Il a aussi noté avec satisfaction l’annonce de la tenue d’élections parlementaires et d’élections des conseils de district le 20 octobre 2018, jugeant important que cette date soit maintenue.  Il est également essentiel que les femmes puissent avoir l’opportunité de participer aux élections comme électrices et candidates. 

Le représentant a salué le renforcement de l’efficacité de la loi sur la violence contre les femmes et a encouragé le Gouvernement afghan à redoubler d’efforts dans sa lutte contre l’impunité.  Il a salué comme « un pas en avant » la loi de 2017 contre le harcèlement des femmes et des enfants et l’accession de l’Afghanistan au Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants comme « un signal fort » de son engagement en faveur des droits de l’homme. 

Mais le représentant a déploré l’aggravation de la situation s’agissant du recrutement et de l’utilisation des enfants par les parties au conflit.  Il a demandé au Gouvernement de traduire les couples en justice et d’évaluer comment les mécanismes de renvoi et de réhabilitation peuvent être renforcés.  Il a remercié la Mission de l’ONU pour le suivi attentif des graves violations du droit international humanitaire que sont les attaques contre les écoles et les centres médicaux.  Ces attaques, a-t-il conclu, « nous rappellent que les efforts de toutes les parties concernées visant à mettre en œuvre la résolution 2286 (2016) sur les conflits et les soins de santé doivent être intensifiés ».

M. BAKHTIYOR IBRAGIMOV (Ouzbékistan) a tenu à rappeler la Déclaration finale de la Conférence internationale sur l’Afghanistan qui s’est tenue à Tachkent, le 27 mars dernier.  Le représentant a souligné l’importance de certains points, notamment la nécessité de lancer des négociations directes entre le Gouvernement afghan et les Taliban, sans condition préalable.  La Déclaration appelle aussi le Gouvernement à garantir l’intégration de l’opposition armée dans la vie politique et à la reconnaître comme une force politique légitime.  Pour leur part, les Taliban doivent reconnaître leur responsabilité vis-à-vis de la paix et de la stabilité en Afghanistan, renoncer à la violence et couper les liens avec les groupes terroristes, et respecter les droits égaux de tous les Afghans.  La Déclaration souligne également l’importance du soutien total au Gouvernement dans la lutte contre le terrorisme et le trafic de stupéfiants.

En outre, a précisé le représentant, tous les pays présents à la Conférence ont fait part de leur respect de la souveraineté de l’Afghanistan.  La Déclaration prévoit un paragraphe consacré à la coopération économique régionale, en particulier la promotion des liens économiques avec l’Afghanistan.  Pour sa part, le Président de l’Ouzbékistan a proposé de centrer ses efforts sur trois niveaux: entre les Afghans, au niveau régional et au niveau mondial en développant un vaste programme de paix pour l’Afghanistan.

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