République centrafricaine: Le Représentant spécial demande le soutien du Conseil de sécurité pour renforcer une MINUSCA confrontée à des « défis considérables »

CS/13389
21 juin 2018
8291e séance – matin

République centrafricaine: Le Représentant spécial demande le soutien du Conseil de sécurité pour renforcer une MINUSCA confrontée à des « défis considérables »

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République centrafricaine et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), M. Parfait Onanga-Anyanga, a demandé au Conseil de sécurité, ce matin, de maintenir son soutien à la MINUSCA pour que celle-ci ait la capacité de répondre aux défis considérables auxquels elle fait face quotidiennement. 

Sont également intervenus à cette séance d’information, par visioconférence depuis Bangui, le Représentant spécial de l’Union africaine en République centrafricaine et le commandant de la mission militaire de formation de l’Union européenne en République centrafricaine (EUTM-RCA), qui ont tous deux apporté des précisions sur leurs missions respectives.

M. Onanga-Anyanga, qui présentait le rapport* du Secrétaire général sur la situation en République centrafricaine, a indiqué que tout est mis en œuvre pour atteindre le niveau de force maximum autorisé par le Conseil dans sa résolution 2387 (2017).  Le rapport précise que les troupes actuelles représentent 94,54% de l’effectif total autorisé.  Les troupes additionnelles attendues renforceront la capacité de protection des civils de la Mission, dans des circonstances où celle-ci, qui est déjà débordée, voit son personnel militaire, policier et civil ciblé par les groupes armés.

Relayant la demande du Représentant spécial, la déléguée de la République centrafricaine a « lancé un cri d’alarme devant le Conseil de sécurité » et demandé que la MINUSCA soit dotée des moyens de faire face aux différents foyers de tension dans le pays.  La MINUSCA a besoin d’être plus robuste et d’avoir des ressources financières et logistiques adéquates, a renchéri le représentant de l’Éthiopie qui préside le Groupe de travail spécial sur la prévention et le règlement des conflits en Afrique.

Cette séance a donné l’occasion aux membres du Conseil de plaider pour un soutien accru de l’ONU et de la communauté internationale à un pays qui vit également une grave crise humanitaire.  Les orateurs se sont aussi inquiétés de la montée des rhétoriques sectaires et des disputes intercommunautaires qui alimentent les conflits armés et sapent les efforts de réconciliation nationale.  À ce propos, l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine a été longuement saluée.

En détaillant la situation sécuritaire sur le terrain, le Chef de la MINUSCA a expliqué que la RCA fait face à plusieurs flambées de violence, tant à Bangui qu’à l’intérieur du pays.  Alors que la capitale a été le théâtre de violents affrontements en avril et début mai, on a pu voir récemment des signes encourageants d’accalmie.  Dans le reste du pays, des groupes armés et des factions continuent d’exercer une influence négative.

Le Représentant spécial de l’Union africaine en RCA, M. Bédializoun Moussa Nébié, s’est félicité du fait que les 14 groupes armés aient remis leur revendications, 70 en tout, par écrit, couvrant des aspects de défense, de sécurité, de justice, et de développement, entre autres.  Il a toutefois averti que si un dialogue était engagé tout de suite, sans préparation, il risquait d’y avoir des blocages.  Pour que le panel puisse achever son travail dans les prochaines semaines avant la tenue du dialogue, il faut mobiliser 3 millions de dollars pour financer les activités restantes.  Il a salué l’octroi, par les États-Unis, de 500 000 dollars à cette fin, tout en faisant « un clin d’œil aux autres membres du Conseil de sécurité ».

Le général de Brigade Hermínio Teodoro Maio, commandant de la EUTM-RCA, s’est félicité quant à lui du récent déploiement de 638 membres des Forces armées centrafricaines (FACA) hors de Bangui, après qu’ils aient reçu une formation de l’EUTM-RCA.  Le général a plaidé pour que cette dynamique de formation et de déploiement ne soit pas rompue.   

Bien que la posture robuste de la MINUSCA ait permis d’éviter que les menaces d’attaques contre Bangui se concrétisent, une rhétorique inquiétante a été exploitée par des acteurs politiques peu vertueux qui ont tiré profit de l’instabilité et cherché à alimenter les tensions sur des bases ethniques et religieuses, a indiqué M. Onanga-Anyanga.  Mais, à son avis, « il n’est pas trop tard pour empêcher la religion et l’ethnicité de devenir le facteur déterminant du conflit ».

M. Onanga-Anyanga a ensuite insisté sur la nécessité de mettre en œuvre un processus politique inclusif.  Ce qui est en jeu, a-t-il expliqué, c’est la recherche de l’indispensable consensus autour du contrat social entre les filles et les fils de la RCA, afin que le « vivre-ensemble » auquel ils sont si attachés devienne une réalité, dans une nation plurielle, unie et réconciliée.  Il a jugé essentiel le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire pour mettre le pays sur la voie de la stabilité à long terme, non sans souligner que justice et réconciliation doivent progresser simultanément.

Appuyant cette idée de justice, le délégué de la France a souhaité que les groupes armés déposent les armes et s’engagent sans délai et sans condition dans le processus de paix.  « Ils doivent aussi savoir que les violences auxquelles ils se livrent ne resteront pas impunies. »  Il a rappelé, à ce titre, que le Conseil de sécurité dispose de l’outil des sanctions contre ceux qui cherchent à nuire à la stabilité du pays et s’en prennent aux civils, au personnel de la MINUSCA et aux travailleurs humanitaires.

Enfin, sur le plan humanitaire, le Chef de la MINUSCA a parlé d’une situation toujours désespérée: 1 Centrafricain sur 4 a dû abandonner sa maison; plus de 688 000 personnes restent déplacées à l’intérieur du pays; et 568 000 autres sont réfugiées dans les pays voisins.  Il en résulte que le peuple centrafricain a un besoin urgent de l’aide des partenaires internationaux pour combler le déficit de financement humanitaire, car seulement 4% du plan d’intervention humanitaire de 2018 a été financé.

*S/2018/611

LA SITUATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Rapport du Secrétaire général sur la situation en République centrafricaine (S/2018/611)

Déclarations

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République centrafricaine et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), M. PARFAIT ONANGA-ANYANGA, a salué la participation à cette séance du Représentant spécial de l’Union africaine à Bangui et d’un représentant de la Communauté de Sant’Egidio, indiquant qu’il est en effet essentiel que le Conseil entende, outre la voix des autorités centrafricaines elles-mêmes, celles de tous ceux qui œuvrent, ensemble, au retour d’une paix durable en République centrafricaine (RCA).

Depuis fin février, a-t-il noté, la RCA fait face à plusieurs flambées de violence, tant à Bangui qu’à l’intérieur du pays.  Cependant, alors que la capitale a été le théâtre de violents affrontements en avril et début mai, on a pu voir récemment des signes encourageants d’accalmie.  Le Représentant spécial a décrit la situation en expliquant que des groupes armés et des factions continuent d’exercer une influence négative sur de vastes parties du territoire national, notamment à l’est, au centre et au nord-ouest du pays.  De violents affrontements entre groupes armés dans ces régions continuent également à mettre en danger la vie des civils.  Bien que la posture robuste de la MINUSCA ait permis d’éviter que les menaces d’attaques contre Bangui se concrétisent, cette rhétorique inquiétante a malheureusement été exploitée par des acteurs politiques peu vertueux qui ont tiré profit de l’instabilité et cherché à alimenter les tensions sur des bases ethniques et religieuses.

C’est dans ce contexte très volatile que la MINUSCA poursuit la mise en œuvre de son mandat de protection des civils.  Cela n’est évidemment pas une tâche facile, a reconnu le Représentant spécial en relevant que la Mission est débordée et que son personnel militaire, policier et civil constitue une cible pour les groupes armés et les gangs criminels, aussi bien dans la capitale qu’à l’intérieur du pays.  Les menaces contre le personnel du maintien de la paix continuent de s’accroître, a-t-il aussi noté.

Le Représentant spécial en appelle donc au soutien continu du Conseil de sécurité pour faire en sorte que la MINUSCA ait la capacité de répondre aux défis considérables auxquels elle fait face quotidiennement.  M. Onanga-Anyanga a souligné que tout est mis en œuvre pour atteindre le niveau de force maximum autorisé par le Conseil dans sa résolution 2387 (2017).  Les troupes additionnelles renforceront la capacité de la Mission en matière de protection des civils, dans l’esprit des recommandations du rapport Amoussou, consécutif à l’enquête portant sur un certain nombre d’incidents survenus dans le sud-est de la RCA entre le 1er mai et le 31 août 2017.

La situation sécuritaire volatile actuelle et les affrontements récurrents entre les groupes armés continuent d’affecter négativement le processus politique, a poursuivi le Représentant spécial.  Néanmoins, les partenaires internationaux demeurent engagés dans la stabilisation du pays, notamment à travers les efforts de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine.  M. Onanga-Anyanga a aussi salué le rôle stratégique du Fonds pour la consolidation de la paix, pour son soutien à la mise en œuvre du plan national de relèvement et de l’Initiative africaine.  Par ailleurs, il a signalé que la première réunion du Groupe international de soutien à la RCA s’est tenue à Bangui le 11 avril.  Cette réunion, a-t-il expliqué, a permis d’envoyer un signal fort au peuple centrafricain, en montrant que la communauté internationale, qui n’a pas oublié son sort, reste déterminée à soutenir les efforts de stabilisation et de développement du pays.  La réunion du 11 avril a également souligné l’importance d’une coopération accrue entre les pays de la sous-région pour assurer la stabilité de la République centrafricaine à long terme.

M. Onanga-Anyanga a ensuite insisté sur la nécessité d’un processus politique inclusif, jugeant crucial que les autres segments de la société centrafricaine soient associés au processus de paix et participent pleinement aux efforts de stabilisation en cours.  Car, « ce qui est en jeu, c’est la recherche de l’indispensable consensus autour du contrat social entre les filles et les fils de la RCA, afin que le « vivre-ensemble » auquel ils sont si attachés devienne une réalité, dans une nation plurielle, unie et réconciliée ».  Dans cette perspective, la MINUSCA continue à travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement pour lancer des initiatives locales de paix et de réconciliation dans de nombreuses préfectures, en vue de réduire les menaces sécuritaires et faciliter l’accès humanitaire.  Les représentants religieux, communautaires, les femmes et les jeunes ont joué un rôle essentiel dans le succès de ces processus.  Ces plans locaux de paix ont également servi de fondation aux programmes de désarmement locaux.  À Bangassou et à Bria, villes qui ont enduré de fortes violences en 2017, le processus local de paix a favorisé la remise de plus de 1 000 armes par les groupes armés ainsi que la participation de ces derniers aux programmes de réintégration socioéconomique, s’est-il félicité.   

Le Représentant spécial a en outre souligné que le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire demeure essentiel pour stabiliser la situation et mettre le pays sur la voie de la stabilité à long terme.  Il a noté des progrès substantiels, notamment les déploiements de préfets et de sous-préfets, ainsi que d’autres secteurs de l’administration civile, avec le soutien de la MINUSCA et du système des Nations Unies dans le pays, ainsi que des partenaires stratégiques bilatéraux et institutionnels.  M. Onanga-Anyanga a dit être particulièrement encouragé par le déploiement progressif de magistrats dans de nouvelles régions du pays et l’ouverture de tribunaux hors de Bangui.  « Partout où j’ai voyagé en République centrafricaine, j’ai entendu une demande constante de justice pour aider les communautés à lutter contre la criminalité et pour contrer la longue et triste histoire d’impunité du pays », a-t-il témoigné.  Malgré les progrès lents mais constants de la reconstruction des tribunaux nationaux, les Centrafricains ont de nouveau espoir que les auteurs des crimes les plus graves soient finalement jugés.  En attendant, les démarches initiées par le chef de l’État pour faire avancer la justice transitionnelle sont également encourageantes.  Selon le Représentant spécial, la justice et la réconciliation doivent en effet progresser simultanément.

Le déploiement progressif des Forces armées centrafricaines –les FACA- et de la gendarmerie et de la police en dehors de Bangui a également contribué à accroître la capacité de l’État à travers le pays.  La MINUSCA continuera de travailler avec le Gouvernement pour faire en sorte que les unités nouvellement réformées des FACA soient professionnelles et continuent de refléter la diversité ethnique du pays, et que leur déploiement soit coordonné avec la MINUSCA et d’autres partenaires, dans le cadre de la réforme prévue du secteur de la sécurité.  C’est dans ce contexte, a-t-il rappelé, que le Secrétaire général a écrit au Conseil de sécurité, le 15 mai dernier, pour s’assurer que le déploiement conjoint de la MINUSCA avec les FACA constitue un élément essentiel d'une réponse sécuritaire efficace et d’une stratégie de sortie efficace.

Sur le plan humanitaire, le Chef de la MINUSCA a parlé d’une situation toujours désespérée, car 1 Centrafricain sur 4 a dû abandonner sa maison.  Plus de 688 000 personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, et 568 000 autres sont réfugiées dans les pays voisins.  Entretemps, les attaques contre les travailleurs humanitaires font de la République centrafricaine le contexte humanitaire le plus meurtrier au monde.  Au cours de la dernière flambée de violence à Bambari, des groupes armés ont par exemple pillé les bureaux de plusieurs agences humanitaires, les forçant à suspendre leurs opérations.  Ces attaques contre les humanitaires minent gravement leur capacité à fournir une assistance, avec des conséquences terribles pour la population centrafricaine et le fonctionnement des services sociaux essentiels en matière de santé et d’éducation.  Il a déclaré que le peuple centrafricain a un besoin urgent de l’aide des partenaires internationaux pour combler le déficit de financement humanitaire.  Seulement 4% du plan d’intervention humanitaire de 2018 a été financé, laissant de nombreuses régions prioritaires sans assistance.  

Le pays ne peut pas se permettre plus d’affrontements entre groupes armés cherchant des occasions de piller et d’exploiter les ressources naturelles, a martelé le Représentant spécial en assurant qu’il n’est pas trop tard pour empêcher ce comportement prédateur d’éroder les progrès vers la création d'un État centrafricain efficace, responsable et inclusif.  Il n’est aussi pas trop tard pour empêcher la religion et l’ethnicité de devenir le facteur déterminant du conflit.  À l’heure actuelle, ce facteur est toujours le résultat de la manipulation à des fins politiques, ce qui trouve malheureusement un écho chez les groupes vulnérables.  Mais, a-t-il affirmé, ce n’est en aucun cas le sentiment général des Centrafricains.

Pour le Chef de la MINUSCA, « tant que les mains de l’État, dépositaire de la force légitime, ne seront pas plus fortes que les groupes illégitimes et les organisations criminelles, nos efforts pour établir une paix et une stabilité durables en RCA continueront d’être sérieusement remis en question ».  Il a promis l’engagement fort de la MINUSCA, en droite ligne de l’appel du Secrétaire général qui demande à tous de rester engagés avec une dose considérable de patience, de dévouement et dans un esprit de sacrifice.   

Intervenant par visioconférence depuis Bangui, M. BÉDIALIZOUN MOUSSA NÉBIÉ, Représentant spécial de l’Union africaine en République centrafricaine, a indiqué que le panel des facilitateurs de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en RCA avait effectué sa deuxième visite auprès des groupes armés entre février et avril de cette année.  Les 14 groupes armés ont remis leur revendications, 70 en tout, par écrit, couvrant des aspects de défense, de sécurité, de justice, et de développement, entre autres.  

Il a fait état d’une accalmie dans certaines localités du fait des tournées, ajoutant que certains groupes armés, qui n’étaient pas inscrits au préalable, ont fini par accepter le désarmement, démobilisation et réintégration.  Il a aussi pris note de l’engagement du Président Faustin Archange Touadéra à examiner les revendications de ces derniers.  Il a déploré les incidents du mois d’avril au PK5, quartier majoritairement musulman du troisième arrondissement.

Vu la gravité de la situation, le panel a mené d’intenses consultations avec les groupes armés pour les remobiliser autour de l’Initiative africaine.  Il fait état d’un retour au calme depuis la mi-mai, ajoutant que le panel était à présent à pied d’œuvre pour accélérer le processus pour la convocation du dialogue.

M. Nébié a précisé que la préparation des groupes armés au dialogue portait surtout sur les moyens pacifiques de règlement de crises.  Il a annoncé qu’il rencontrera demain la délégation du Gouvernement désignée pour prendre part au dialogue.  

La convocation du dialogue devrait aboutir et déboucher sur un accord consensuel entre les parties portant sur plusieurs points relatifs à la marche à suivre.  Il a toutefois averti que si un dialogue était engagé tout de suite, sans préparation, il risquait d’y avoir des blocages.  Il a assuré que le panel était déterminé à achever son travail dans les prochaines semaines avec la tenue du dialogue.

Cependant il faut mobiliser 3 millions de dollars pour financer les activités restantes.  Il a salué l’octroi, par les États-Unis, de 500 000 dollars à cette fin.  « Vous comprendrez bien que je fais un clin d’œil aux autres membres du Conseil de sécurité », a-t-il ajouté.

L’échec n’est pas une option, a ensuite déclaré le Représentant spécial de l’Union africaine.  La seule et unique option est le succès du dialogue et le retour à la paix pour le peuple centrafricain.  « Une part de cette bataille revient à vous, membres du Conseil de sécurité », a-t-il ajouté.

Le général de Brigade HERMÍNIO TEODORO MAIO, commandant de la mission militaire de formation de l’Union européenne en République centrafricaine (EUTM-RCA), intervenant en visioconférence depuis Bangui, a expliqué que le but de sa mission est de contribuer à la formation des Forces armées centrafricaines (FACA), en vue de leur modernisation.  La mission militaire attend les décisions des États Membres pour poursuivre la formation déjà entamée en coordination avec la MINUSCA, a-t-il indiqué non sans saluer le rôle crucial de la MINUSCA pour le déploiement des FACA dans le pays.  Le général a relevé que ce déploiement progressif est considéré comme une mesure cruciale et urgente pour permettre la reprise des services étatiques dans tout le pays.

À ce jour, 638 membres des FACA ont déjà été déployés hors de Bangui, et ces troupes nationales sont dotées de matériels appropriés pour assurer leur mission, a poursuivi le général.  M. Teodoro Maio a plaidé pour que cette dynamique de formation et de déploiement ne soit pas rompue.  C’est pourquoi il a souligné l’importance du soutien de la MINUSCA à cette initiative, même s’il a reconnu des limites logistiques et opérationnelles du fait de la vaste étendue du territoire national.  Mais, a-t-il insisté, le déploiement des bataillons est crucial pour protéger les civils et les infrastructures.  Il a enfin déclaré que le déploiement et l’opérationnalisation des FACA devaient s’accompagner d’un processus politique visant la réconciliation nationale.  Les pays de la région ont un rôle important à jouer à cet effet, a-t-il souligné.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) s’est dit préoccupé par la persistance des violences perpétrées par les groupes armés contre les civils, les humanitaires et la MINUSCA, ainsi que par les incitations à la haine et à la violence.  Il a jugé essentiel que le Conseil de sécurité continue de marquer son soutien au Président Touadéra et aux autorités centrafricaines dans leurs efforts pour favoriser la réconciliation nationale et rétablir l’autorité de l’État.  M. Delattre a jugé impératif que tous les groupes armés cessent leurs activités déstabilisatrices.  « Le message du Conseil aux groupes armés doit être d’une extrême fermeté: ils doivent déposer les armes et s’engager sans délai et sans condition dans le processus de paix; et ils doivent savoir que les violences auxquelles ils se livrent ne resteront pas impunies. »  Le représentant a rappelé à ce titre que le Conseil de sécurité dispose de l’outil des sanctions contre ceux qui cherchent à nuire à la stabilité du pays et qui se rendent responsables d’incitations à la violence et d’attaques contre les civils, les travailleurs humanitaires ou contre la MINUSCA.

Il a également souligné l’urgence qui s’attache à une mise en œuvre ambitieuse de la feuille de route de l’Initiative africaine en vue d’aboutir à un accord politique global, prônant des discussions directes entre le Gouvernement centrafricain et les groupes armés dans le cadre d’un dialogue inclusif avec les autres segments de la société centrafricaine, notamment les femmes.  Il a appelé à cet égard l’Union africaine et tous les États de la région à poursuivre leur engagement, au plus haut niveau, afin de soutenir et de garantir le succès des prochaines étapes de la mise en œuvre de la feuille de route.

Le représentant a ensuite plaidé en faveur de la restauration de l’autorité de l’État dans toutes ses composantes administratives, sécuritaires ou encore judiciaires.  « Nous appelons nos partenaires du Conseil de sécurité à soutenir la possibilité pour la MINUSCA d’appuyer le redéploiement progressif et maîtrisé des Forces armées centrafricaines formées par la mission EUTM RCA. »  Il a exhorté le Conseil à examiner sérieusement les recommandations du Secrétaire général à ce sujet.  Le représentant a terminé son intervention en réaffirmant « le plein et entier soutien de la France à la MINUSCA et au Représentant spécial, M. Parfait Onanga-Anyanga, pour son action exemplaire », en soulignant que la Mission opère dans un environnement difficile et que les Casques bleus paient malheureusement un lourd tribut.  Il a attiré l’attention sur l’importance de mettre à profit les capacités supplémentaires autorisées par la résolution 2387, notamment pour renforcer la protection des civils.  La France est aussi reconnaissante des efforts de la MINUSCA pour améliorer sa performance et pour prévenir les cas d’exploitation et d’atteintes sexuelles.  Enfin, la France reste très attentive à la question des enfants dans les conflits armés en RCA et se félicite du travail accompli par la MINUSCA à ce sujet, a dit le représentant.

M. FRANCISCO TENYA HASEGAWA (Pérou) a constaté que les efforts menés pour restaurer la présence de l’État et la promotion de la réconciliation interne n’avaient pas réussi à apporter une réponse appropriée face à la grave détérioration de la sécurité et à la dramatique situation humanitaire.  Il s’est inquiété des attaques contre la population civile, le personnel de la MINUSCA et les humanitaires. 

La République centrafricaine représente aujourd’hui un des environnements les plus dangereux et difficiles, a-t-il affirmé.  Dans ce contexte, il a souligné le travail vital qu’effectuent conjointement la MINUSCA et l’Union européenne, avec la formation de forces militaires et policières centrafricaines, aussi bien que les projets de désarmement, démobilisation et réintégration des anciens combattants et la réforme du secteur de la sécurité.  Il a jugé crucial de doter ces forces de l’appui opérationnel et logistique nécessaire.

Le représentant s’est également alarmé de la situation socioéconomique qui contribue à l’instabilité du pays, appelant la communauté internationale à soutenir les efforts du Gouvernement pour la mise en œuvre de ses objectifs. 

Il a salué le rôle de facilitateur de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation ainsi que les synergies entre l’ONU et les organisations régionales et aussi avec les pays voisins.  Ces efforts, a-t-il ajouté, devraient être complétés par un système judiciaire solide.  Il a aussi appelé à renforcer les capacités opérationnelles de la MINUSCA.

M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) s’est inquiété de la résurgence de la violence et du fait que les groupes de l’ex-Séléka et les antibalaka imposent un contrôle brutal à de larges pans du pays.  Il a notamment dénoncé le fait que les groupes armés continuent de prendre pour cible les travailleurs humanitaires et les effectifs de la MINUSCA à Tagbara.  De tels actes visent à empêcher la MINUSCA de s’acquitter de son mandat, s’est-il alarmé, et leurs auteurs doivent être traduits en justice.

Il a appelé la communauté internationale à appuyer avec détermination le Gouvernement centrafricain dans ses efforts de consolidation de la paix.  Il a appelé à promouvoir la participation de l’ensemble des acteurs politiques, sociaux et civils du pays.  Le représentant a aussi insisté sur l’importance de tenir compte de tous les besoins socioculturels de tous les pans de la population.

M. Ndong Mba a appelé les groupes armés à déposer les armes et à cesser toute activité déstabilisatrice susceptible de compromettre l’Initiative africaine, la principale feuille de route pour définir une solution politique pour la République centrafricaine.  

Il a salué la tenue prochaine, au mois de juillet, d’un sommet conjoint de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur le radicalisme et l’extrémisme violent.  Il s’est également félicité de la décision du Président, M. Faustin Archange Touadéra, de redynamiser les commissions mixtes avec le Cameroun, le Tchad et le Soudan.

Enfin, le représentant a appelé à la levée des obstacles qui entravent le réarmement des forces de sécurité du pays.

M. JONATHAN GUY ALLEN (Royaume-Uni) a rendu hommage aux soldats de la paix récemment tués en RCA, affirmant qu’il est plus que jamais important de préserver le mandat de protection des civils de la MINUSCA.  Il a rappelé que la plupart de la population nationale est déplacée et que 70% des familles n’ont pas accès à de l’eau potable.  Il a rappelé que son pays avait déboursé 9 millions de dollars pour soutenir la RCA, mais a regretté que le plan d’aide humanitaire n’ait pas été financé à la hauteur des attentes.

Le représentant a invité tous les groupes armés en RCA à cesser la violence, invitant également les dirigeants religieux à ne plus attiser la violence sectaire par des discours incendiaires.  Il a prévenu que les auteurs de tels actes devront en être rendus responsables.  Le représentant a également appelé de ses vœux l’établissement d’institutions de justice transitionnelle dans le pays.  Il a enfin invité le Conseil de sécurité et la communauté internationale à apporter tout le soutien nécessaire aux initiatives de paix qu’entreprend l’Union africaine dans ce pays.

Mme IRINA SCHOULGIN NYONI (Suède) a réitéré son plein soutien à la MINUSCA en soulignant qu’elle mène son mandat dans des circonstances de plus en plus difficiles.  Elle s’est inquiétée de la détérioration des conditions de sécurité ces derniers mois, avec une violence venant des groupes armés, et a condamné les attaques menées contre les civils, le personnel humanitaire et les Casques bleus.  L’érosion de la confiance entre les communautés et les discours de haine l’ont aussi beaucoup préoccupée.  À cela, la représentante a ajouté les violations de droits de l’homme et l’impunité dont jouissent les auteurs des actes de violence contre les civils, une impunité qui ne doit pas être tolérée.  Elle a prôné un fort leadership et a recommandé au Gouvernement de garantir l’unité nationale.

La Suède soutient l’Initiative africaine en ce sens et souhaite que l’Union africaine continue à lui donner la priorité, en utilisant pleinement sa capacité de médiation.  Aux pays de la région, elle a demandé de faire davantage d’efforts de coordination pour soutenir ceux du Gouvernement centrafricain en faveur de la paix et de la stabilité.  Elle a aussi jugé crucial que tous les segments de la société soient engagés dans le processus politique, en particulier les femmes et les jeunes.  Enfin, elle s’est inquiétée de la situation humanitaire dans le pays et a appelé à augmenter l’aide.

Mme LISE GREGOIRE VAN HAAREN (Pays-Bas) a salué la tenue de consultations avec les groupes armés.  Elle a toutefois déploré que la montée de la violence sapait le processus de paix et a appelé les groupes armés à déposer les armes, notant que la sécurité de la population devait s’améliorer pour qu’un dialogue inclusif pour la paix puisse être mené.  Elle a salué l’initiative du Président Faustin Archange Touadéra pour la réactivation des commissions mixtes bilatérales avec le Cameroun, le Tchad et le Soudan.

La représentante a ensuite souligné le besoin urgent de protéger les civils et a encouragé la MINUSCA à renforcer encore ses mécanismes d’alerte précoce.  Elle a aussi appelé le Gouvernement centrafricain et les dirigeants politiques et religieux à agir pour mettre fin aux incitations à la violence.  

Notant par ailleurs qu’il ne pouvait y avoir de paix sans justice, elle a affirmé que les progrès de la Cour pénale spéciale sont dignes d’éloges, en particulier l’adoption de règles de procédure et de preuve.

Mme Gregoire Van Haaren a également insisté sur l’importance du renforcement de l’autorité de l’État pour parvenir à une solution durable.  Elle a jugé capital que le Conseil prenne aussi tôt que possible une décision sur le redéploiement des forces de sécurité formées par la mission militaire de formation PSDC de l'Union européenne en République centrafricaine (EUTM RCA).

Saluant les progrès réalisés dans le domaine de la restauration de l’autorité de l’État, M. ILAHIRI ALCIDE DJÉDJÉ (Côte d’Ivoire) s’est inquiété de la situation sécuritaire et humanitaire en République centrafricaine.  En effet, la résurgence de la rhétorique incendiaire, la persistance des conflits intercommunautaires ainsi que les attaques menées par les groupes armés contre la MINUSCA et les travailleurs humanitaires demeurent préoccupantes, a expliqué le représentant en condamnant ces actions.  M. Djédjé a invité les parties prenantes au strict respect de la résolution 2399 (2018) et leur a demandé de s’engager dans la recherche d’une solution pacifique à la crise, dans le cadre de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine.

Il convient, a ajouté le délégué, d’insister sur le caractère primordial de l’appropriation nationale et de l’inclusivité du processus politique.  C’est pourquoi il a préconisé une forte implication de la société civile, des communautés ethniques et religieuses, des femmes et des jeunes dans le dialogue politique en cours.  La Côte d’Ivoire soutient les efforts du Gouvernement centrafricain et salue le leadership du Président Faustin Archange Touadéra qui privilégie le dialogue et la concertation aussi bien à l’intérieur du pays qu’avec les États voisins, afin de créer les conditions de la réconciliation nationale et d’un engagement réel des parties concernées, en faveur d’une paix durable dans le pays. 

M. COHEN (États-Unis) a appelé à contrer les discours de fauteurs de troubles qui cherchent à détourner la situation à leur profit.  Il s’est félicité du fait que la Cour pénale spéciale soit à présent opérationnelle.  Il a appuyé les efforts de l’Initiative africaine et a appelé l’Union africaine à poursuivre son entreprise de médiation.  Le représentant a ensuite salué les efforts de réconciliation menés sur le plan local par la MINSUCA.  Il a appelé au rétablissement de l’autorité de l’État, soulignant que ce processus doit être lié à un processus « solide » de désarmement, démobilisation et réintégration.  Le représentant a noté la complexité grandissante de l’environnement dans lequel opère la MINUSCA et a prévenu qu’on ne pourrait améliorer son fonctionnement sans une bonne mesure de l’ampleur des défis qu’elle affronte.

M. BADER ABDULLAH N. M. ALMUNAYEKH (Koweït) s’est préoccupé de l’instabilité dans le pays en raison de la résurgence d’une rhétorique incendiaire et d’incitations à la haine.  Il s’est inquiété des attaques qui ciblent des zones à majorité musulmanes.  Il a dénoncé les attaques perpétrées contre les civils et les Casques bleus et a appelé à soutenir les efforts déployés par le Président Touadéra pour asseoir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. Le représentant a estimé que les attaques contre les Casques bleus sont constitutives de crimes de guerre et a appelé à diligenter des enquêtes et à traduire les auteurs en justice.  Le représentant s’est aussi soucié de la situation humanitaire « tragique » qui prévaut dans le pays, relevant qu’une personne sur quatre se trouve dans une situation extrêmement critique.

M. PEDRO LUIS INCHAUSTE JORDÁN (Bolivie) a jugé alarmant le niveau de violence et d’insécurité en République centrafricaine, qui sont le fait des groupes armés et qui sapent les progrès accomplis par le Gouvernement en termes de protection des civils, de renforcement de l’autorité de l’État, de coopération inter-institutions et de formation des forces armées centrafricaines, entre autres.  Il a appelé à trouver des solutions à long terme pour arriver à stabiliser le pays. 

Il a salué les consultations menées avec 14 groupes armés par le panel de facilitateurs de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine.  « Nous nous félicitons que le Gouvernement centrafricain ait décidé de réactiver les commissions conjointes bilatérales entre le Cameroun, le Tchad et le Soudan », a-t-il dit, en espérant que cela limite les mouvements transfrontières de transhumance, de trafic d’armes et de groupes armés. 

Le représentant s’est aussi inquiété de la situation humanitaire en appelant la communauté internationale à maintenir son appui, par un financement prévisible et durable.  Il a condamné les attaques perpétrées par les groupes armés contre les civils, la MINUSCA et les forces de paix.

En outre, il a salué les efforts de la Mission pour identifier les régions où les capacités sont insuffisantes pour appuyer le Gouvernement.  « Nous encourageons la MINUSCA à poursuivre ses efforts pour promouvoir la participation de femmes dans le cadre de l’Initiative africaine et continuer à travailler dans les programmes de réduction de la violence », a-t-il ajouté.

Enfin, il a salué l’aide des organismes régionaux et sous régionaux, tout en appelant à respecter strictement la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la République centrafricaine.

M. MARIUSZ LEWICKI (Pologne) a salué le soutien de l’Union africaine (UA) pour la paix en République centrafricaine.  Il a souhaité que le processus initié par l’UA implique toutes les couches sociales et catégories de la population, y compris les femmes.  Il a déploré la dégradation de la situation sécuritaire sur le terrain, se disant préoccupé par les appels à la violence ethnique et religieuse qui sont lancés dans le pays. 

Le délégué a salué les progrès réalisés dans l’opérationnalisation d’un tribunal spécial chargé de juger les crimes de guerre, ce qui laisse augurer selon lui de la rupture du cycle de la violence en RCA.  La Pologne plaide également pour le renforcement des institutions sur la base de l’état de droit, et milite pour le renforcement de l’autorité de l’État dans tout le pays.  Le délégué a appelé la communauté internationale à continuer de soutenir la RCA, avant de saluer le travail effectué sur le terrain par la MINUSCA et par la mission militaire de l’UE.

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a dit qu’en tant que Président du Groupe de travail spécial sur la prévention et le règlement des conflits en Afrique, l’Éthiopie a convié une réunion le mois dernier sur le cas de la République centrafricaine.

La réunion, à laquelle ont pris part le représentant du pays auprès des Nations Unies et la Sous-Secrétaire générale aux opérations de maintien de la paix, a permis de relever des inquiétudes quant à la détérioration de la situation sécuritaire, humanitaire et socioéconomique dans le pays, notamment au cours des deux derniers mois.  Les participants à la réunion ont également fait part de leur préoccupation face aux conséquences des déclarations incendiaires et à la violence sectaire.

Il a été aussi noté que l’exploitation illégale des ressources minières, et d’autres également, était la principale source de revenus des groupes armés, se faisant parfois avec l’assistance de pays voisins.  Les attaques croissantes contre les soldats de la MINUSCA semblent avoir un impact sur les efforts en vue de la restauration de l’autorité de l’État.  La réunion de ce groupe de travail a également souligné l’importance de la promotion du dialogue et de la réconciliation à travers l’implication des communautés locales et des pays voisins, afin d’assurer notamment la sécurité aux frontières de la République centrafricaine.

Les participants ont en outre exprimé leur soutien à l’Initiative de paix de l’Union africaine et ont souligné l’importance de renforcer la synergie entre l’ONU et l’Union africaine dans les efforts en faveur de la République centrafricaine. 

La MINUSCA a pour sa part besoin d’être plus robuste, et d’avoir des ressources financières et logistiques adéquates, notamment dans ce contexte où le pays a besoin de préserver le peu d’avancées faites au cours des deux dernières années en République centrafricaine.

M. YAO SHAOJUN (Chine) a condamné les attaques perpétrées contre les Casques bleus et demandé au Gouvernement centrafricain de mener des enquêtes.  Le Gouvernement devra s’assurer que les auteurs de tels actes soient traduits en justice, a-t-il ajouté.  Il a aussi été d’avis que les organisations régionales et sous-régionales doivent renforcer leur collaboration avec le Gouvernement centrafricain en vue de parvenir à une paix durable dans le pays.  Le représentant a enfin lancé un appel en direction de la communauté internationale afin qu’elle apporte tout le soutien nécessaire au Gouvernement centrafricain.

M. KANAT TUMYSH (Kazakhstan) s’est inquiété de l’intensification des rhétoriques sectaires et des disputes intercommunautaires qui alimentent les conflits armés et sapent les efforts de réconciliation nationale.  Il a noté le rôle joué par le Président Faustin Archange Touadéra pour diriger un processus politique pacifique dans le cadre de l’Initiative africaine, se félicitant notamment de la tenue de la première réunion du Groupe d’appui international.

Il a insisté sur l’importance d’une action coordonnée des partenaires régionaux et internationaux pour consolider les gains réalisés jusqu’à présent et avancer vers la réalisation des principaux objectifs du Programme du développement durable à l’horizon 2030 de l’ONU, de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et de l’initiative « Faire taire les armes d’ici 2020 ».

Il a appelé le Gouvernement de la République centrafricaine à continuer de mettre en œuvre sa stratégie nationale de sécurité et du concept conjoint pour le déploiement des forces de défense et de sécurité internes.  Il a également noté l’importance de l’initiative des États régionaux pour intensifier les commissions bilatérales entre la République centrafricaine, le Cameroun, le Tchad et le Soudan, non seulement pour répondre aux défis sécuritaires transnationaux mais aussi pour renforcer les liens économiques.

M. DMITRY A. POLYANSKIY (Fédération de Russie) s’est inquiété du fait que des groupes armés contrôlent certaines zones du pays et a déploré la violence meurtrière des conflits interethniques.  Il a jugé la situation intenable.  Il a salué le courage des Casques bleus en RCA et a appuyé les efforts de la MINUSCA et du Représentant spécial dans un contexte « particulièrement difficile ».  Le délégué s’est préoccupé de la dégradation de la situation humanitaire et a appelé à faciliter l’octroi de l’aide et le retour des réfugiés et déplacés.  Il a insisté sur l’importance des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration pour la stabilisation en RCA. Le représentant a ensuite appelé les parties aux accords conclus à Libreville à mettre en application les dispositions de la feuille de route.  Il a également appelé à mettre en œuvre le plan de défense nationale du Président Touadéra.  En outre, il a annoncé qu’en 2018, la Fédération de Russie compte créer des cours de formation miliaire qui bénéficieront à 400 personnes, en plus d’initiatives qu’elle mène sur le plan humanitaire.

Mme AMBROISINE KPONGO (République centrafricaine) a lancé un cri d’alarme devant le Conseil de sécurité, relayant la demande du Représentant spécial de voir la MINUSCA dotée de capacités renforcées, et ce, afin qu’elle soit en mesure de faire face aux différents foyers de tension dans le pays.  Elle a salué les initiatives de l’UA en faveur de la RCA, notamment le panel des facilitateurs de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, en rappelant que l’objectif final est d’aller vers un dialogue dans la sérénité, condition nécessaire pour le retour à la paix.  S’adressant ensuite aux pays fournisseurs de contingents, elle les a remerciés en saluant le sacrifice de certains de leurs ressortissants, avant de remercier également la communauté internationale pour son soutien au peuple centrafricain.

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