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CS/13347
21 mai 2018
8263e séance – matin

Libye: devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial appelle à la tenue des élections et à combattre une économie « prédatrice » pour sortir de l’impasse politique

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye, M. Ghassan Salamé, a insisté, ce matin, devant le Conseil de sécurité, sur l’importance de tenir des élections le plus rapidement possible afin de mettre un terme à la transition, tout en veillant à l’existence de conditions propices à leur bon déroulement, à commencer par une législation électorale qui satisfasse la majorité des habitants.  Selon lui, « le moment est venu de tourner la page sur l’Accord politique libyen de Skhirat » compte tenu des demandes répétées d’amendements et du refus des parties de faire les concessions nécessaires.

Intervenant par visioconférence depuis Paris, M. Ghassan Salamé a par ailleurs souligné que, pour faire progresser le processus politique en Libye, il importe avant tout de « torpiller le modèle économique pervers du pays qui fournit aux rares personnes qui sont au cœur de l’impasse politique de la Libye toutes les occasions pour piller les coffres de l’État et pour s’opposer à toute action susceptible de porter atteinte à leur économie prédatrice ».

Face aux divers trafics qui pullulent en Libye, la France a d’ailleurs appelé à réfléchir collectivement aux actions qui permettraient d’enrayer ce cercle vicieux de façon durable.  À ses yeux, il est primordial que les institutions économiques et financières libyennes, en particulier la Banque centrale et la « National Oil Corporation », soient préservées, et que la gouvernance de la Banque centrale soit clarifiée. 

Le Représentant spécial s’est en revanche félicité du processus de consultation lancé en avril par la conférence nationale pour permettre aux citoyens de faire part, d’ici à la fin juin, de leur vision pour le pays et des principes à adopter pour sortir de la crise actuelle.  Des Libyens de tous bords ont participé à cette conversation politique, « avec un enthousiasme qui n’aurait pu être prédit », s’est-il réjouit.

Parmi les points de consensus qui se sont dégagés de ce processus consultatif à large échelle, il a notamment cité la nécessité de décentraliser l’État afin de bâtir une nation unie et souveraine, l’urgence de veiller à une distribution plus équitable des ressources publiques, la création d’institutions de l’État unifiées et transparentes, ainsi que le besoin de disposer d’une armée professionnelle.

L’année 2018 est celle de la croisée des chemins pour la Libye, a noté de son côté le Royaume-Uni, qui a insisté sur le fait que la prospérité du pays passe par des élections crédibles que la communauté internationale doit soutenir, car « si nous échouons en Libye, les conséquences sur notre sécurité seront plus grandes ».

Le Représentant spécial a toutefois averti que l’influence « périlleuse » des groupes armés sur la politique et l’économie risque de s’étendre, comme l’illustre la décision contestée du Gouvernement d’entente nationale d’octroyer à un groupe armé des pouvoirs qui relèvent de l’autorité d’un État souverain.

Il a également appelé à la tenue rapide de négociations entre la Libye et ses voisins du sud, mettant en garde contre le risque que l’escalade « alarmante » des combats dans la ville de Sabha ne se transforme en conflit ethnique et se propage dans la région, de nombreux groupes armés venant de pays voisins ayant fait de cette partie de la Libye « leur champ de bataille ».

La précarité de la situation sécuritaire de la Libye a dominé une large part des interventions des membres du Conseil qui ont été unanimes à condamner l’attentat du 2 mai contre le siège de la Haute Commission nationale électorale.

À l’instar de la Suède, de nombreux membres du Conseil se sont également préoccupés du sort des 700 000 migrants qui se trouvent actuellement en Libye, dont la vulnérabilité augmente le risque d’être exploités et victimes de détention arbitraire.  L’émoi suscité par l’existence de marchés d’esclaves était également marqué, et les appels se sont multipliés pour combattre la traite des personnes.

La délégation des États-Unis a toutefois déploré l’absence de consensus au sein du Conseil pour imposer des sanctions contre six individus impliqués dans le trafic d’êtres humains.  Pour sa part, la Fédération de Russie a appelé à combattre les causes profondes de la migration au lieu de privilégier les « demi-mesures ».

La Libye a, quant à elle, déploré « le double jeu de certaines organisations non gouvernementales qui, sous prétexte d’aider les migrants, les revendent aux trafiquants ».  Pour la Libye, « il ne faut surtout pas perdre de vue que le trafic des migrants prospère grâce au soutien des bandes criminelles sur les deux rives de la Méditerranée », a en outre souligné la délégation qui a appelé la communauté internationale à aider les pays d’origine à endiguer les départs des migrants. 

Pendant cette réunion, les Quinze ont également entendu un exposé du Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1970 (2011), le représentant de la Suède, qui a notamment fait le point sur la demande de levée de l’interdiction de voyager concernant Mme Aisha Muammar Qadhafi.

LA SITUATION EN LIBYE

Rapport du Secrétaire général sur la mission d’appui des Nations Unies en Libye (S/2018/429)

Déclarations

Intervenant par visioconférence depuis Paris, M. GHASSAN SALAMÉ, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye, a indiqué que la situation actuelle dans le pays est source de préoccupations, mais aussi d’espoir.  Il a notamment parlé de l’attentat perpétré le 2 mai contre le siège de la Haute Commission nationale électorale.  Revendiqué par l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL), il cherchait à faire dérailler le processus électoral, a-t-il indiqué.  En revanche, l’élection de la Présidence du Haut Conseil d’État a pu se dérouler en temps voulu.  De plus, le Gouvernement d’entente nationale s’est accordé sur son budget 2018.

Le Représentant spécial s’est ensuite inquiété de la recrudescence de la violence dans la ville de Derna, et a appelé les parties et le Conseil de sécurité à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils.  La ville de Sabha, dans le sud du pays, connaît également une escalade alarmante des combats, le principal hôpital de la ville ayant été ciblé par des attaques directes.  Il a expliqué que la situation dans cette ville, qui est la plus importante du sud du pays, est particulièrement préoccupante en raison de la violation répétée des nombreux accords de cessez-le-feu, et du risque que les accrochages ne se transforment en conflit ethnique et se propagent dans la région, de nombreux groupes armés venant de pays voisins ayant fait de cette partie de la Libye « leur champ de bataille ».  Il a appelé à la tenue rapide de négociations entre la Libye et ses voisins du sud, notamment pour sécuriser les frontières et combattre la traite des personnes, les flux de combattants et les trafics de tout genre.

Après s’être félicité du bon déroulement des élections municipales à Zawiya, le Représentant spécial s’est attardé sur la situation à Tawergha, qui avait été dépeuplée suite à un conflit sérieux avec la ville de Misrata.  Les habitants, qui auraient dû regagner la ville le 1er février selon le plan du Gouvernement d’entente nationale en ont été empêchés, et nombre d’entre eux vivent depuis dans des camps de fortune.  Il a indiqué avoir présenté une stratégie pour mettre entre œuvre l’accord de 2016 entre Tawergha et Misrata, rappelant ensuite que la Libye compte plus de 300 000 personnes déplacées.

M. Salamé a ensuite parlé de la tenue, à Ghadamès, de la conférence nationale, expliquant qu’elle avait été l’occasion, pour les citoyens de faire part de leurs visions pour le pays et des principes à adopter pour sortir de la crise actuelle.  Il a précisé que 42 évènements similaires s’étaient déroulés dans 27 localités du pays depuis le lancement du processus au mois d’avril, rapportant que les Libyens de tous bords avaient participé à cette conversation politique, « avec un enthousiasme qui n’aurait pu être prédit ».  Lorsque ces réunions se seront achevées à la fin du mois de juin, les conclusions seront partagées lors d’un évènement spécial en Libye, ainsi que devant le Conseil de sécurité, a-t-il annoncé.

Parmi les points de consensus qui se sont dégagés de ce processus consultatif à large échelle, il a cité la nécessité de décentraliser l’État afin de bâtir une nation unie et souveraine, l’urgence de veiller à une distribution plus équitable, transparente et effective des ressources publiques, la création d’institutions de l’État unifiées et transparentes, dirigées par des personnes choisies « sur la base de leurs compétences, et non pas de leur identité ».  Il a aussi parlé du besoin de disposer d’une armée unifiée et professionnelle, ainsi que d’un système sécuritaire cohérent et libre de toute interférence politique, de tenir des élections capables d’unifier le pays et, enfin, de sortir de la transition.  C’est pour cela, a-t-il souligné, que la poursuite du processus politique est si essentielle.

M. Salamé a indiqué que des élections doivent se tenir le plus rapidement possible, mais que les conditions pour se faire doivent toutefois être mises en place.  Il a notamment dit la nécessité de procéder à un nouveau cycle d’inscription d’électeurs et d’assurer l’engagement des parties à accepter le résultat du scrutin, sans oublier les besoins en matière de financement et de sécurité.  De plus, la Chambre des représentants doit adopter une législation électorale jugée acceptable par la majorité des habitants, les Nations Unies étant prêtes à fournir des conseils en la matière.

Le Représentant spécial a fait savoir que les opinions divergent de manière notable en ce qui concerne l’actuel projet de constitution, certains souhaitant procéder directement au référendum, tandis que d’autres réclament des amendements, le retour à une constitution préalable, ou des garanties.  Soulignant que l’adoption d’une constitution est un moment capital dans la vie d’une nation, il a indiqué que la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) compte élaborer, en consultation avec les parties libyennes, un calendrier pour la tenue d’un référendum ou d’élections nationales, précisant qu’il en présenterait les contours lors de sa prochaine intervention devant le Conseil de sécurité.

M. Salamé a ensuite parlé des amendements réclamés pour l’Accord politique libyen, déplorant qu’en dépit de tous les efforts déployés par l’ONU, les parties refusent de faire les concessions nécessaires.  Estimant que ces amendements sont à présent devenus une « distraction », il a affirmé que le moment est venu de tourner la page.  Toutefois, a-t-il ajouté, il conviendrait d’exiger davantage du Conseil présidentiel pendant ses derniers mois, en ce qui concerne la préparation des élections et l’octroi de services.

S’agissant de la situation des droits de l’homme, il a averti que l’influence continue des groupes armés sur la politique et l’économie est « périlleuse » et risque de s’étendre, comme l’illustre la décision contestée du Gouvernement d’entente nationale d’octroyer à un groupe armé des pouvoirs qui relèvent de l’autorité d’un état souverain.  Il a expliqué que la Mission est en train de finaliser, en consultation avec les autorités, une nouvelle stratégie pour faire face aux groupes armés, tout en insistant sur la nécessité de créer une armée et une police professionnelles.

Poursuivant, le Représentant spécial a indiqué que l’adoption du budget doit déboucher sur le partage des ressources libyennes avec le peuple, le processus devant être libre de corruption.  Cependant, la question des allocations demeure irrésolue, de même que le profond écart entre les taux de change officiels et sur le marché noir, pendant que des articles de contrebande et des personnes soumises à la traite continuent de traverser les frontières.  Il a averti que cette situation fournit aux rares personnes qui sont au cœur de l’impasse politique de la Libye « toutes les occasions pour piller les coffres de l’État et s’opposer à toute action susceptible de porter atteinte à leur économie prédatrice ».  C’est ce modèle économique pervers qui doit être torpillé pour permettre au processus politique de progresser, a–t-il souligné.

C’est dans cette optique qu’un évènement spécial s’est tenu en avril en marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods afin d’appuyer les autorités libyennes dans la gestion de leur politique fiscale et monétaire, ainsi que pour combattre la criminalité financière.  Mais, a averti M. Salamé, à moins de disposer d’institutions unifiées et suffisamment puissantes pour défier ces intérêts personnels et crédibles pour lancer des réformes approfondies, la marge de manœuvre sera limitée.

M. OLOF SKOOG (Suède), Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1970 (2011), concernant la Libye, a présenté le rapport de son comité pour la période allant du 22 mars au 21 mai 2018.  Sur la question de l’embargo sur les armes, le Comité a envoyé une lettre à la Libye en lui demandant des informations nouvelles après les comptes rendus présentés par le pays en mai 2017, en particulier concernant les garde-côtes, les unités de neutralisation des explosifs et des munitions et la Garde présidentielle. 

Au 1er mai, le Comité a examiné la possibilité d’inclure six noms dans la liste des personnes visées par le gel des avoirs et l’interdiction de voyager dans le contexte de l’exploitation et des abus à l’encontre des migrants. 

En ce qui concerne la demande de levée de l’interdiction de voyager concernant Aisha Muammar Qadhafi, le Président a estimé qu’étant donné que son nom avait été inscrit dans la liste du gel des avoirs et de l’interdiction de voyager par une résolution du Conseil de sécurité, le Comité attend que les États de résidence et de citoyenneté de cette personne fassent des commentaires sur cette demande, avant que le Comité ne réponde à cette demande de retrait. 

Enfin, le Comité des sanctions a reçu de nouvelles informations de son Comité d’experts au sujet des bateaux Nadine et Lynn S qui avaient été recensés comme procédant au trafic de pétrole libyen, et dont la période de sanction est arrivée à expiration les 18 et 29 avril 2018.

M. JONATHAN GUY ALLEN (Royaume-Uni) a estimé que le statu quo n’est plus vivable en Libye, et que c’est pour cette raison qu’il faut renforcer les efforts pour aller vers des élections.  Pour lui, les plus de 2,5 millions de personnes inscrites sur les listes électorales font croire que « la population veut le changement ».  Il importe de bien gérer l’enchaînement des élections, a-t-il prôné, tout en appelant les autorités du pays à arrêter certaines mesures politiques et sécuritaires afin que ces élections soient pacifiques et crédibles, et que les résultats soient acceptés par tous.  

Avec l’approbation du budget national pour 2018, le représentant a plaidé pour des changements sur le plan économique.  Tout en notant la baisse du nombre des morts dans le pays du fait de la violence, M. Allen a néanmoins déploré la poursuite des attentats, dont celui, revendiqué par Daech, qui a récemment frappé la Commission électorale libyenne.  De plus, les combats à Sabha, notamment, montrent que les divisions sont encore profondes dans le pays.  Il a aussi souligné que les marchés d’esclaves doivent être combattus.  L’année 2018 est celle de la croisée des chemins pour la Libye, a-t-il noté, en insistant sur le fait que la prospérité du pays passe par des élections crédibles que la communauté internationale doit soutenir, car « si nous échouons en Libye, les conséquences sur notre sécurité seront plus grandes ».

Mme NIKKI R. HALEY (États-Unis) a constaté que la promesse de la révolution libyenne demeurait inassouvie, citant notamment les activités de Daech, le trafic d’armes « qui sont utilisées du Sahel au Sinaï », la traite des êtres humains et les marchés d’esclaves.  On ne peut tolérer les conditions qui ont permis l’émergence de pratiques aussi barbares, a-t-elle dénoncé.  

La représentante s’est aussi inquiétée du sort des milliers de migrants qui se trouvent dans les centres de détention et a vivement dénoncé ceux qui torturent les migrants et les réfugiés et qui profitent de la traite.  Ces trafiquants, a-t-elle averti, menacent la sécurité et la stabilité de la Libye.

Mme Haley a ensuite fait savoir que le Conseil envisageait d’imposer des sanctions contre six individus qui trafiquent des êtres humains et a déploré qu’un consensus n’ait pas encore prévalu en ce qui concerne ces inscriptions.  

En outre, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont déjà effectué un bon travail en matière de rapatriement, et ces agences doivent pouvoir continuer ces efforts essentiels.

La représentante a fait part de l’appui des États-Unis au dialogue national, avertissant que toute discussion parallèle risque de saper le processus, et a appelé toutes les parties à nouer un contact de bonne foi avec les Nations Unies.

Elle s’est ensuite félicitée des préparatifs en cours pour la tenue des élections, insistant sur l’importance de disposer d’une base constitutionnelle, mais aussi pour que le Représentant spécial puisse disposer de l’espace nécessaire afin de pouvoir négocier avec les parties.  

Elle a fait savoir que les États-Unis ont consacré, depuis 2012, plus de 32 millions de dollars à l’appui aux élections et à la rédaction d’une nouvelle constitution et a appelé les bailleurs de fonds à augmenter leur contribution.

Après avoir condamné l’attaque du 2 mai contre la Haute Commission électorale nationale, la déléguée a appelé les dirigeants libyens à défendre la cause d’un gouvernement uni et démocratique.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a salué les consultations populaires dans plus d’une vingtaine de villes libyennes et les différents canaux de dialogue politiques et militaires initiés par le Représentant spécial du Secrétaire général.  Pour la France, c’est un travail essentiel pour atténuer les tensions et parvenir à une solution politique inclusive, sur la base de l’Accord politique libyen de Skhirat. 

La conduite d’élections générales, libres, crédibles, transparentes et démocratiques en 2018 exige la mise en place d’un environnement politique et de sécurité adéquat et l’engagement des composantes de la société à respecter les résultats.  De ce fait, la tenue sans encombre des premières élections municipales à Zawiya, le 12 mai, avec un taux de participation de 62%, est encourageante. 

Pour la France, le statu quo n’est pas acceptable et il appartient désormais aux acteurs politiques libyens de respecter la volonté populaire qui est favorable aux élections.

M. Delattre a noté que les obstacles sécuritaires demeurent nombreux, et la situation sur le terrain reste très volatile, comme l’a démontré l’attaque du 2 mai dernier contre la Haute commission électorale libyenne, à Tripoli.  La France condamne l’ensemble des actes terroristes en Libye qui visent à déstabiliser le pays et invite les Libyens à s’unir contre ce fléau.  Il est donc important de favoriser le dialogue entre les forces armées afin de les unifier sous l’autorité civile.  

Seule une solution politique inclusive, c’est-à-dire la réconciliation nationale, l’unification des institutions et le renforcement de l’État, permettra de vaincre le terrorisme et d’assurer une sécurité durable.

Pour le représentant, face aux divers trafics qui pullulent en Libye et alimentent l’économie de prédation, « il nous faut collectivement réfléchir aux actions qui permettent d’enrayer ce cercle vicieux de façon durable ».  Il est aussi primordial que les institutions économiques et financières libyennes, en particulier la Banque centrale et la « National Oil Corporation », soient préservées et la gouvernance de la Banque centrale clarifiée.

Enfin, la France estime que les individus responsables de la traite d’êtres humains et de trafics de migrants doivent faire l’objet de sanctions dans le cadre du régime onusien existant.

M. JOB OBIANG ESONO MBENGONO (Guinée équatoriale) a salué le rôle de l’Union africaine et de l’opération militaire de l’Union européenne dans la partie sud de la Méditerranée centrale (EUNAVFOR MED opération SOPHIA).  Il a appuyé toutes les mesures visant à prévenir les exportations illicites de pétrole et à lutter contre le trafic de migrants et la traite des personnes.  Il a en outre invité le Conseil de sécurité et la communauté internationale à se concentrer d’urgence sur l’impact négatif du conflit politique et militaire sur la situation économique et sociale de la Libye, rappelant que les affrontements et la présence de groupes terroristes affectent plus d’un million et demi de personnes.

La situation en Libye risque d’affecter progressivement les pays voisins, a averti M. Esono Mbengono.  L’instabilité se diffuse rapidement, a-t-il témoigné, en citant à titre d’exemple les évènements récents en Guinée équatoriale.  L’attentat perpétré à Tripoli, le 2 mai dernier, contre la Commission électorale nationale, ne doit pas saper les efforts entrepris pour préparer le pays à la réconciliation nationale et à l’organisation d’élections nationales.  Le représentant a réitéré que la solution pacifique du conflit dépend des Libyens eux-mêmes, qui doivent se fonder sur leur indépendance et leur souveraineté.  Dans cet esprit, il s’est félicité de l’accord de paix signé, le 11 mai dernier à Dakar, entre plus de 20 dirigeants politiques libyens.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a espéré que la nouvelle Constitution de la Libye, qui reflète un consensus national, sera utile pour établir les cadres institutionnels et de gouvernance nécessaires à une paix durable.  Il a estimé nécessaire également d’adopter une loi électorale, en complément du nouveau registre d’inscription des électeurs. 

Il a appelé la communauté internationale et le Conseil de sécurité à rester unis dans l’appui qu’ils fournissent aux bons offices déployés par la Mission pour que le Haut Conseil d’État se mette d’accord avec l’autorité exécutive afin de mener à bien les processus électoraux et affronter les menaces importantes.  Le représentant a salué les progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan d’action des Nations Unies, avant d’appeler à en faire aussi du côté de la réintégration dans la vie civile des intervenants armés.

Après avoir exprimé ses préoccupations à propos des violations des droits de l’homme dans le pays, le délégué a plaidé pour le renforcement des capacités fiscales et de la lutte contre la corruption.

M. OLOF SKOOG (Suède) a noté l’amélioration de la situation sécuritaire à Tripoli et a appelé à déployer tous les efforts pour la renforcer.  Il s’est préoccupé de la monté des violences à Derna, s’inquiétant à la perspective d’un nombre croissant de victimes civiles.  Il a aussi engagé à poursuivre la coopération régionale pour désamorcer la situation à Sabha.

Il a salué les visites effectuées dans les prisons et les centres de détention libyens, déplorant que des milliers de personnes y languissent sans savoir ce que l’avenir leur réserve.  Il a appelé toutes les parties à en garantir l’accès aux Nations Unies et aux organisations humanitaires, notamment dans le centre de détention de Mitiga.

S’agissant du processus politique, le représentant a appelé les dirigeants libyens à créer les conditions juridiques, politiques et sécuritaire nécessaires à la tenue d’élections libres et justes afin de mettre un terme à la transition.  Il a dit être impressionné par l’approche ambitieuse adoptée par la conférence nationale pour mener son processus de consultation et impliquer le plus grand nombre possible de Libyens.

Le délégué a aussi appelé à déployer tous les efforts possibles pour promouvoir la participation des femmes aux processus politique et électoral, appelant notamment à déployer des efforts concrets pour faire face aux menaces sécuritaires qu’affrontent les femmes candidates.

Il s’est également gravement préoccupé du sort des 5 000 réfugiés et des 700 000 migrants qui se trouvent actuellement en Libye, avertissant que leur vulnérabilité augmente leur risque d’être exploités et victimes de détention arbitraire.  

Il a salué le travail de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et a réclamé des efforts sérieux pour combattre la violation des droits, assurer la responsabilité et promouvoir des changements de comportement afin de mettre un terme à l’impunité.

Il a appelé le Conseil à s’accorder et à envoyer un fort signal à cette fin, notamment en imposant des sanctions aux responsables de la traite et des passages clandestins de personnes.

M. ILAHIRI ALCIDE DJEDJE (Côte d’Ivoire) a condamné l’attentat du 2 mai dernier contre la Haute Commission électorale nationale, revendiqué par Daech, qui rappelle la fragilité de la situation sécuritaire et « nous interpelle sur la nécessité de conjuguer nos efforts pour trouver des réponses idoines au terrorisme et à la question des groupes armés qui constituent une véritable menace au processus de paix libyen ».  Il a néanmoins salué les progrès enregistrés dans le cadre du processus de paix libyen, notamment le fait que la Cour suprême libyenne ait pu lever des obstacles judiciaires en vue de permettre la tenue prochaine du référendum sur la nouvelle constitution qui sera la pierre angulaire de l’état de droit auquel aspirent tous les Libyens.  M. Djédjé a affirmé que les avancées significatives que nous constatons sur le terrain augurent d’un dénouement heureux des efforts du Représentant spécial du Secrétaire général en vue d’un retour à la paix et la stabilité en Libye.

Pour la Côte d’Ivoire, la résolution de la crise en Libye est d’une importance majeure pour toute l’Afrique, notamment en raison de ses effets sur la région sahélo-saharienne.  C’est dans cette optique que s’est tenue, le 17 avril dernier à Addis-Abeba, la réunion du Haut Comité de l’Union africaine sur la Libye.  La Côte d’Ivoire salue également les efforts déployés par le Gouvernement libyen en vue de mettre fin à la traite des migrants, tout en se réjouissant que la Procureure de la Cour pénale internationale (CPI) ait envisagé la possibilité d’élargir le champ de compétence de la Cour aux crimes commis contre les migrants.  Il a enfin lancé un appel en faveur de la mise en œuvre effective du plan humanitaire libyen 2018 destiné à répondre aux besoins urgents de 940 000 Libyens.

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a constaté que malgré certaines mesures positives, la montée de la violence entre groupes armés rivaux se poursuit, sapant les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord politique libyen.  Insistant sur l’importance de la stabilité, il a appelé l’ensemble des parties à maintenir leur engagement envers un règlement politique de la crise et la pleine mise en œuvre de l’Accord politique libyen.

Il est essentiel que les autorités de Tripoli et de Tobrouk résolvent leurs différends sur la base du dialogue, a-t-il souligné.  Pour faire avancer le dialogue politique, la primauté des Nations Unies en tant que principal médiateur doit être maintenue, et l’engagement aux niveaux international et régional demeure essentiel.  Il a aussi appelé au plein respect de l’embargo sur les armes.

M. PEDRO LUIS INCHAUSTE JORDÁN (Bolivie) a salué le développement normatif en Libye, qui est essentiel pour l’établissement d’institutions fiables.  Il s’est également félicité des progrès accomplis par la Haute Commission électorale nationale avec l’inscription de 2,5 millions d’électeurs, dont près de la moitié sont des femmes.  Les efforts de réconciliation tribale et communautaire ont été salués par le représentant, qui a aussi apprécié les efforts des organisations et acteurs régionaux, comme l’Union africaine et la Ligue des États arabes, pour soutenir le processus politique libyen et le plan d’action.

Le délégué a appelé les acteurs locaux à déposer les armes et à éviter toute rhétorique de violence.  Il s’est aussi préoccupé de la présence de combattants et de groupes armés étrangers sur le terrain, des allégations de violations généralisées de droits de l’homme dans les centres de détention tenus par le Gouvernement, ainsi que des violations des droits des migrants détenus dans des conditions inadéquates et soumis à des traitements dégradants.  Il a lancé un appel aux parties pour qu’elles préviennent de tels abus.  Aux autorités libyennes, il a demandé de mener des enquêtes pour identifier les responsables et éviter qu’ils restent impunis.  Enfin, il a réitéré qu’il n’existe pas de sortie militaire à ce conflit, en appelant les parties à un dialogue et à une transition politique pacifique, qui réponde aux intérêts de tous les Libyens.  Il a aussi tenu à souligner que la situation de sécurité dans la région est « la conséquence directe des pratiques interventionnistes et des politiques de changement de régime ».

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a dit son soutien au Plan d’action des Nations Unies qui devrait permettre de clore la transition prolongée en Libye.  Selon lui, l’un des aspects les plus importants de ce Plan est le soutien au pays alors qu’il prépare des élections générales.  Il a du reste espéré que l’engouement des 2,4 millions d’inscrits sur les listes électorales va contribuer à une large participation populaire des Libyens au vote.  Il a salué la bonne tenue des élections municipales d’Alzawia dont le taux de participation a dépassé les 60%.  Le Koweït insiste sur le vœu de la Ligue des États arabes qui avait appelé à une solution politique globale à la crise libyenne et le respect des accords politiques.

M. Alotaibi a en outre déploré le récent attentat contre le siège de la Haute Commission électorale nationale à Tripoli, ainsi que l’escalade de la violence à Sabha et dans d’autres villes à travers le pays.  Alors que la Libye produit désormais plus d’un million de barils de pétrole par jour, le Koweït a déploré les dépenses publiques considérables qui ont conduit à un déficit de 7,5 milliards de dollars.  Il a terminé son propos en demandant au Représentant spécial pourquoi la Chambre des représentants n’a pu finaliser le texte de loi sur les élections malgré le fort taux d’enregistrement des électeurs.

M. VLADIMIR K. SAFRONKOV (Fédération de Russie) a constaté que, malgré les efforts déployés pour lancer le dialogue, un règlement rapide de la crise n’est encore à l’ordre du jour en raison notamment de la méfiance persistante entre les principaux acteurs libyens.  

En outre, de nombreux problèmes subsistent avant la tenue des prochaines élections, à commencer par les ententes sur la loi électorale.  Il a appelé à la vigilance et souligné que toute mesure doit viser en premier lieu l’unité du pays.  L’élaboration d’un cadre juridique pour la création d’organes institutionnels unis en cas de désaccord à l’issue des élections sera particulièrement ardue, a –t-il ajouté.

Après avoir dénoncé l’attentat du 2 mai, le représentant a indiqué que nombre de décisions dépendent de l’engagement des dirigeants tribaux et a appelé à se reposer sur l’Accord politique libyen de Skhirat.  Il a aussi souligné que la remise en ordre du secteur de la sécurité est essentielle afin, notamment, de combattre les groupes terroristes qui profitent actuellement du vide institutionnel pour poursuivre leurs activités.

Le représentant s’est également inquiété de la situation des migrants qui se trouvent en détention et a appelé à combattre les causes profondes de la migration au lieu de privilégier les « demi-mesures ».  Il a aussi appelé à redoubler d’efforts pour convenir des modalités nécessaires pour favoriser la réconciliation nationale.  De son côté, l’ONU doit continuer de jouer un rôle primordial dans le processus de pourparlers.

Le représentant a ensuite fait observer que les difficultés que connaît actuellement la Libye sont la conséquence des actions de « certaines capitales occidentales » qui, a-t-il dénoncé, n’ont pas pris en compte la position de l’Union africaine.

Il a ensuite affirmé qu’à la demande de la Fédération de Russie, une réunion du Comité des sanctions s’était tenue le 3 avril afin, notamment, de se pencher sur la fuite dans la presse du rapport d’étape du groupe d’experts.  Selon lui, cette fuite ne peut s’expliquer que par une défaillance du système informatique.  Il a regretté que le Comité n’ait pu convenir d’un compromis pour expliquer cet incident.

Mme LISE GREGOIRE VAN HAAREN (Pays-Bas) a estimé que le défi majeur en Libye est le manque de volonté politique entre les parties pour faire des compromis.  Elle a indiqué que des élections ne doivent se tenir que dans le cadre d’un environnement sécuritaire stable.  Condamnant l’attentat du 2 mai dernier, elle a affirmé que l’amélioration de la situation sécuritaire, à travers le dialogue entre et au sein des groupes armés, va requérir l’attention de la communauté internationale au cours des prochains mois.

Sur la question des migrants, Mme Van Haaren a déploré les violations et abus dont ils ont victimes à travers la Libye, rappelant que les réseaux de trafic et d’exploitation des migrants sont étroitement liés aux milices et groupes terroristes qui déstabilisent la Libye.  Elle a dit soutenir les sanctions ciblées pour démanteler ces réseaux, améliorer la situation des droits de l’homme des migrants et aider à stabiliser la Libye.  Le trafic des migrants n’est pas la seule activité criminelle qui pénalise l’économie libyenne, a rappelé la représentante.  Elle a déploré le trafic du pétrole qui fait perdre des millions de dollars au peuple libyen.  Les parties libyennes doivent comprendre qu’elles sont à la croisée des chemins, a-t-elle déclaré, précisant que ces parties ont le choix entre renforcer les efforts pour enfin parvenir à la paix en Libye ou être responsables de la poursuite de l’instabilité et du désordre.  

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) s’est félicité de l’achèvement du processus d’inscription des électeurs.  Il a aussi salué les consultations en cours pour former une nouvelle autorité exécutive et apporter des amendements limités à l’Accord politique libyen, de même que la poursuite du processus de réconciliation locale.  Il a appelé les acteurs libyens à continuer de s’impliquer dans le processus de paix facilité par les Nations Unies en faisant preuve d’un esprit constructif, pour mettre un terme aux institutions étatiques parallèles et créer les conditions propices à la tenue d’élections crédibles, notamment en adoptant un cadre constitutionnel.

Il s’est inquiété de la fragilité du la situation sécuritaire dans le pays, dénonçant la poursuite des déplacements et des attaques terroristes, notamment celle qui a ciblé, le 2 mai, le siège de la Haute Commission électorale.  Il a indiqué que l’insécurité affecte également les migrants et les réfugiés et a appelé le Conseil de sécurité à faire preuve d’unité pour adopter des mesures appropriées contre les trafiquants d’êtres humains.  Le représentant a par ailleurs appelé les organisations régionales et les pays voisins à continuer de travailler ensemble pour trouver une solution politique qui réponde aux aspirations légitimes de l’ensemble des Libyens.  De son côté, le Conseil doit continuer d’appeler les acteurs libyens à rester impliqués dans le processus politique défini par le plan d’action des Nations Unies.

M. SHEN BO (Chine) a salué les progrès « indubitables » en Libye, grâce à l’aide des pays voisins notamment, ainsi que les efforts entrepris pour faire avancer les parties libyennes.  Il a invité ces dernières à favoriser le dialogue qui ne doit pas souffrir de l’ingérence étrangère.  Il a plaidé pour de meilleures conditions de sécurité dans le pays, notamment par la mise en place d’institutions de sécurité unifiées. 

Il est du reste important que l’ONU mette en branle ses bons offices afin de soutenir les autorités libyennes dans la préparation des futures élections, a ajouté le représentant.  Il a aussi invité l’ONU, l’Union africaine et la Ligue des États arabes à soutenir le plan d’action des Nations Unies pour la paix en Libye.  Pour la Chine, des sanctions en Libye doivent viser les responsables d’abus et d’exactions et « ne pas aller contre les intérêts nationaux ou empêcher le déploiement de l’aide humanitaire ».   

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) a salué la conclusion du processus d’inscription sur les listes électorales.  Elle s’est toutefois inquiétée de la prévalence de l’insécurité dans le pays, des violations des droits de l’homme et des abus commis en détention, ainsi que des détentions arbitraires prolongées.  Elle a appuyé les mesures prises par le Conseil de sécurité contre les responsables du trafic d’êtres humains, en accord avec la résolution 1970 (2011).  Enfin, elle a appelé les autorités libyennes à pleinement coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI).

M. ELMAHDI S. ELMAJERBI (Libye) a dit que les acteurs politiques libyens entendent œuvrer à la stabilité du pays, « sans l’ingérence étrangère qui a fait tant de mal au pays ».  Le Gouvernement d’entente nationale souscrit au plan d’action des Nations Unies, lequel prévoit notamment l’organisation des élections.  Le représentant a noté parmi les problèmes majeurs de son pays la prolifération de la criminalité organisée qui trouve, dans les divisions internes, un terreau fertile pour des actes répréhensibles.  Le Gouvernement d’entente nationale fait des efforts pour unir les Libyens et, malgré la difficulté de cette tâche, des patriotes apportent leur soutien au Gouvernement notamment pour parvenir au succès de la réconciliation entre les différentes tribus du pays.  Il a ainsi salué le fait que de nombreuses villes jouissent désormais de la paix. 

Selon M. Elmajerbi, l’émergence du phénomène du terrorisme et des groupes armés en Libye résulte de la propagation d’idéologies contraires aux valeurs du peuple libyen connu pour sa tolérance.  « Ce sont ces idées importées qui visent à semer l’anarchie et la terreur dans le pays. »  Il a salué l’aide apportée par certains acteurs externes contre ce fléau.  Il a aussi rappelé le récent attentat du 2 mai dernier contre le siège de la Haute Commission électorale nationale.    

Accord politique libyen de SkhiratLa question des migrations illégales a connu récemment une légère détente grâce aux efforts des dispositifs de sécurité du Gouvernement d’entente nationale, s’est félicité le délégué.  Il a dénoncé les bandes de trafiquants qui pratiquent ce commerce sur le sol libyen, alors même que les autorités locales ont établi des camps d’accueil des migrants avec la collaboration de la MANUL et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).  Il a déploré « le double jeu de certaines organisations non gouvernementales qui, sous prétexte d’aider les migrants, les revendent aux trafiquants ».  Il a salué deux interpellations récentes de travailleurs d’ONG par des autorités européennes.  Pour la Libye, « il ne faut surtout pas perdre de vue que le trafic des migrants prospère grâce au soutien des bandes criminelles sur les deux rives de la Méditerranée ».  Il est tout aussi important que la communauté internationale apporte son appui aux pays d’origine afin d’endiguer les départs des migrants. 

M. Elmajerbi a conclu en soulignant que le peuple libyen est éreinté par la détérioration de ses conditions de vie.  Il a souhaité que la communauté internationale soutienne la mise en œuvre du plan d’action des Nations Unies, adopté le 20 septembre dernier, et qu’elle mette fin à l’ingérence étrangère dans les affaires internes libyennes.  Il a aussi insisté sur le fait que la communauté internationale doit accorder une attention similaire aux questions de sécurité et aux questions politiques, arguant que le processus politique ne peut être couronné de succès si les conditions sécuritaires ne s’améliorent pas.

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