Le Conseil de sécurité proroge de six mois le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental

CS/13321
27 avril 2018
8246e séance – après-midi

Le Conseil de sécurité proroge de six mois le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental

Le Conseil de sécurité a, cet après-midi, prorogé jusqu’au 31 octobre 2018, soit six mois au lieu d’un an habituellement, le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), déployée en septembre 1991 afin d’y surveiller le cessez-le-feu et d’organiser un référendum qui permettrait aux habitants de décider du futur statut de ce territoire.

Par la résolution 2414 (2018), adoptée par 12 voix pour et 3 abstentions (Chine, Éthiopie et Fédération de Russie), le Conseil de sécurité souligne qu’il convient de faire des progrès dans la recherche d’une solution politique « réaliste, pragmatique et durable » à la question du Sahara occidental, qui repose sur le compromis, et qu’il importe d’adapter l’action stratégique de la MINURSO et d’affecter les ressources des Nations Unies à cette fin. 

Le Conseil se dit préoccupé par la présence du Front Polisario dans la zone tampon de Guerguerat et demande son retrait immédiat.  Préoccupé également par le fait que le Front Polisario a annoncé qu’il prévoyait de déplacer des fonctions administratives à Bir Lahlou, le Conseil lui demande de s’abstenir de se livrer à de tels actes déstabilisateurs.

En outre, le Conseil considère que des questions fondamentales concernant le cessez-le-feu ne sont pas réglées et engage le Secrétaire général à s’entretenir avec les parties afin de mieux comprendre ces questions. 

Une fois de plus, le Conseil demande aux parties de reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général et prie ce dernier de lui faire régulièrement, « à chaque fois qu’il le jugera utile au cours de la période du mandat », des exposés sur l’état d’avancement de ces négociations. 

Le Conseil se félicite des initiatives prises par le Secrétaire général en vue d’instituer « une culture de la performance dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies », et il le prie notamment de s’employer à augmenter le nombre de femmes à la MINURSO, et de veiller à ce que ces dernières participent de manière effective à tous les aspects des opérations. 

Dans le rapport dont le Conseil était saisi, le Secrétaire général explique que la MINURSO a procédé à une série d’inspections pour renforcer la sécurité, améliorer les résultats et réorganiser les effectifs, afin d’accomplir ses objectifs de manière plus efficace et d’envisager de nouvelles technologies pour réduire les risques, renforcer la protection de la force et mieux s’acquitter du mandat que lui a confié le Conseil de sécurité. 

Bon nombre de mesures recommandées nécessiteront des ressources suffisantes, pour lesquelles l’appui du Conseil demeurera essentiel, fait observer le Secrétaire général.  Comme suite à ces initiatives, il indique qu’il compte mener, à la mi-2018, un examen stratégique de la Mission. 

Pour les États-Unis, la délégation porte-plume de la résolution, la MINURSO aurait dû terminer son mandat il y a longtemps.  Le fait est que le Conseil de sécurité a laissé le Sahara occidental devenir une opération de maintien de la paix qui ne correspond plus au contexte, a commenté la représentante, qui a estimé qu’après 27 ans, il fallait « absolument sortir du statu quo ». 

Les trois délégations qui se sont abstenues lors du vote, Chine, Éthiopie et Fédération de Russie, ont déploré que les propositions qu’elles avaient présentées pendant les négociations n’aient pas été prises en compte, aboutissant à un texte qu’elles ont jugé déséquilibré, une position d’ailleurs partagée par certaines des délégations qui ont voté en sa faveur, comme la Bolivie et la Suède.  Le représentant russe a ainsi mis en garde contre tout règlement de la situation qui serait fixé « en coulisses », alors que l’Éthiopie invitait le Conseil à « ne pas donner l’impression qu’il prend parti ».  Pour sa part, la Chine a regretté la « précipitation » dont avait fait preuve la délégation porte-plume, précipitation qui ne peut avoir qu’une « incidence négative » sur les travaux du Conseil, alors que ce dernier devrait chercher à faire preuve d’unité, une exigence également rappelée par la Suède et le Kazakhstan. 

Quant à la durée limitée à six mois de la prorogation, le représentant du Royaume-Uni a fait valoir qu’elle témoignait de l’importance que la communauté internationale accorde à la question du Sahara occidental.  En revanche, son homologue de la France a souhaité que le renouvellement du mandat de la Mission pour cette courte période « reste une exception », afin de ne pas perturber la gestion et la planification de ses ressources.  « Le cadre annuel garantit la stabilité des opérations de maintien de la paix », a-t-il estimé. 

RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LA SITUATION CONCERNANT LE SAHARA OCCIDENTAL (S/2018/277)

Texte du projet de résolution (S/2018/394)

Le Conseil de sécurité,

Rappelant et réaffirmant toutes ses résolutions antérieures sur le Sahara occidental,

Réaffirmant son ferme appui aux efforts que le Secrétaire général et son Envoyé personnel font pour mettre en application ses résolutions 1754 (2007), 1783 (2007), 1813 (2008), 1871 (2009), 1920 (2010), 1979 (2011), 2044 (2012), 2099 (2013), 2152 (2014), 2218 (2015), 2285 (2016) et 2351 (2017),

Exprimant son plein appui à l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, Horst Köhler, l’ancien Président de la République fédérale d’Allemagne, et se félicitant de la participation des parties et des États voisins aux efforts que celui-ci déploie en vue de faciliter les négociations,

Réaffirmant sa volonté d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, et notant le rôle et les responsabilités des parties à cet égard,

Demandant à nouveau aux parties et aux États voisins de coopérer plus intensément avec l’Organisation des Nations Unies et les uns avec les autres et de s’impliquer plus résolument pour progresser sur la voie d’une solution politique,

Considérant que la solution politique de ce différend de longue date et le renforcement de la coopération entre les États membres de l’Union du Maghreb arabe contribueraient à la stabilité et à la sécurité dans la région du Sahel, ce qui créerait des emplois et favoriserait la croissance ainsi que des possibilités pour tous les habitants de la région,

Se félicitant des efforts que fait le Secrétaire général pour suivre de près toutes les opérations de maintien de la paix, y compris la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), et soulignant que le Conseil doit adopter une approche rigoureuse et stratégique en matière de déploiement au service du maintien de la paix et de gestion efficace des ressources,

Rappelant qu’il avait prié le Secrétaire général de veiller à ce que les données relatives à l’efficacité des opérations de maintien de la paix, y compris celles portant sur l’exécution de ces opérations, soient utilisées pour améliorer l’analyse et l’évaluation des opérations des missions sur la base de critères précis et bien définis, soulignant qu’il convient d’évaluer régulièrement la performance de la MINURSO pour que la Mission conserve les compétences et la souplesse dont elle a besoin pour s’acquitter de son mandat, et notant à cet égard qu’une évaluation indépendante de la mission est prévue plus tard dans l’année,

Rappelant sa résolution 2242 (2015), dans laquelle il avait émis le souhait que les femmes soient plus nombreuses dans les contingents militaires et les effectifs de police des opérations de maintien de la paix des Nations Unies,

Constatant que la MINURSO joue un rôle important sur le terrain, s’agissant, notamment, d’aider l’Envoyé personnel à trouver une solution politique mutuellement acceptable, et qu’elle doit pouvoir s’acquitter pleinement de son mandat,

Se déclarant préoccupé par les violations des accords en vigueur, demandant aux parties de se conformer à leurs obligations et de s’abstenir de toute action qui pourrait déstabiliser la situation ou menacer le processus engagé par les Nations Unies, et prenant acte de la réaction mesurée du Maroc à la suite des inquiétudes les plus récentes exprimées au sujet de la zone tampon,

Prenant note de la proposition marocaine présentée au Secrétaire général le 11 avril 2007 et se félicitant des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement; et prenant note également de la proposition du Front Polisario présentée au Secrétaire général le 10 avril 2007,

Engageant les parties, dans ce contexte, à faire preuve d’une plus grande volonté politique de parvenir à une solution, notamment en examinant de façon plus approfondie leurs propositions respectives et en s’engageant de nouveau envers l’action menée par les Nations Unies en faisant preuve de réalisme et d’un esprit de compromis, et encourageant en outre les pays voisins à contribuer au processus politique,

Prenant note des quatre séries de négociations tenues sous les auspices du Secrétaire général et estimant qu’il importe que les parties s’engagent à faire avancer les négociations sans conditions préalables et de bonne foi,

Encourageant les parties à poursuivre leur coopération avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en vue de définir et de mettre en œuvre des mesures de confiance pouvant servir à susciter la confiance nécessaire à la réussite du processus politique,

Soulignant qu’il importe d’améliorer la situation des droits de l’homme au Sahara occidental et dans les camps de Tindouf, et encourageant les parties à collaborer avec la communauté internationale pour élaborer et appliquer des mesures indépendantes et crédibles qui garantissent le plein respect des droits de l’homme, en gardant à l’esprit leurs obligations découlant du droit international,

Encourageant vivement les parties à poursuivre les efforts qu’elles mènent chacune pour renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf, y compris les libertés d’expression et d’association,

Se félicitant à cet égard des mesures et initiatives prises par le Maroc, du rôle joué par les commissions du Conseil national des droits de l’homme à Dakhla et à Laayoune et de l’interaction entre le Maroc et les mécanismes relevant des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies,

Encourageant à renforcer la coopération avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), y compris en facilitant des visites dans la région,

Prenant note avec une vive préoccupation des souffrances persistantes endurées par les réfugiés sahraouis et de leur dépendance à l’égard de l’aide humanitaire extérieure et conscient en outre de l’insuffisance des fonds alloués à ceux qui vivent dans les camps de réfugiés de Tindouf et des risques associés à la diminution de l’aide alimentaire,

Demandant à nouveau que l’enregistrement des réfugiés dans les camps de réfugiés de Tindouf soit envisagé, et soulignant qu’il convient de déployer des efforts à ce sujet,

Rappelant ses résolutions 1325 (2000) et 2250 (2015) et ses résolutions connexes, soulignant l’importance de l’engagement pris par les parties de poursuivre les négociations dans le cadre des pourparlers tenus sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies et encourageant une participation réelle et effective des femmes à ces pourparlers,

Considérant que le statu quo n’est pas acceptable, et notant en outre qu’il est essentiel que les négociations progressent pour que la qualité de vie des habitants du Sahara occidental s’améliore dans tous les domaines,

Se félicitant de la nomination de Colin Stewart comme Représentant spécial du Secrétaire général pour le Sahara occidental et Chef de la MINURSO, et l’assurant de son plein appui dans l’exercice de ces fonctions,

Ayant examiné le rapport du Secrétaire général en date du 29 mars 2018 (S/2018/277),

1.    Décide de proroger le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2018;

2.    Souligne qu’il convient de faire des progrès dans la recherche d’une solution politique réaliste, pragmatique et durable à la question du Sahara occidental, qui repose sur le compromis, et qu’il importe d’adapter l’action stratégique de la MINURSO et d’affecter les ressources des Nations Unies à cette fin;

3.    Demande aux parties de reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts faits depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, et prend note du rôle et des responsabilités des parties à cet égard;

4.    Demande également aux États voisins d’apporter une contribution importante au processus politique et de s’engager plus avant dans les négociations;

5.    Invite les États Membres à prêter le concours voulu à ces négociations;

6. Réaffirme que les accords militaires conclus avec la MINURSO concernant le cessez-le-feu doivent être pleinement respectés et exhorte les parties à y adhérer pleinement;

7.    Se dit préoccupé par la présence du Front Polisario dans la zone tampon de Guerguerat et demande son retrait immédiat;

8.    Se dit préoccupé par le fait que le Front Polisario a annoncé qu’il prévoyait de déplacer des fonctions administratives à Bir Lahlou et lui demande de s’abstenir de se livrer à de tels actes déstabilisateurs;

9.    Considère que des questions fondamentales concernant le cessez-le-feu et les accords y relatifs ne sont pas réglées et engage le Secrétaire général à s’entretenir avec les parties afin de mieux comprendre ces questions;

10.   Demande à toutes les parties de coopérer pleinement aux opérations de la MINURSO, y compris en ce qui concerne sa liberté d’interagir avec tous ses interlocuteurs, et de prendre les mesures voulues pour garantir la sécurité, ainsi qu’une totale liberté de circulation et un accès immédiat au personnel des Nations Unies et au personnel associé dans l’exécution de leur mandat, conformément aux accords existants;

11.   Souligne qu’il importe que les parties s’engagent à nouveau à faire avancer le processus politique dans la perspective d’une cinquième série de négociations, rappelle qu’il fait sienne la recommandation formulée dans le rapport daté du 14 avril 2008 (S/2008/251), selon laquelle il est indispensable que les parties fassent preuve de réalisme et d’un esprit de compromis pour aller de l’avant dans les négociations, et encourage les pays voisins à apporter une contribution importante à ce processus;

12.   Demande aux parties de faire preuve de volonté politique et de travailler dans une atmosphère propice au dialogue afin de reprendre les négociations et de garantir ainsi l’application de ses résolutions 1754 (2007), 1783 (2007), 1813 (2008), 1871 (2009), 1920 (2010), 1979 (2011), 2044 (2012), 2099 (2013), 2152 (2014), 2218 (2015), 2285 (2016) et 2351 (2017) et le succès des négociations;

13.   Affirme qu’il soutient pleinement l’intention du Secrétaire général et de son Envoyé personnel de relancer dans ce contexte les négociations en y imprimant un nouvel élan et en les animant d’un nouvel esprit, l’objectif étant de parvenir à une solution politique qui soit mutuellement acceptable et qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies;

14.   Prie le Secrétaire général de lui faire régulièrement, à chaque fois qu’il le jugera utile au cours de la période du mandat, des exposés sur l’état d’avancement des négociations tenues sous ses auspices, l’application de la présente résolution, les difficultés auxquelles se heurtent les opérations de la MINURSO et les mesures prises pour les surmonter, déclare son intention de se réunir pour entendre ces exposés et les examiner et, à cet égard, prie également le Secrétaire général de lui présenter un rapport sur la situation au Sahara occidental bien avant la fin du mandat de la Mission;

15.   Se félicite des initiatives prises par le Secrétaire général en vue d’instituer une culture de la performance dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies et l’engage à poursuivre les efforts qu’il fait pour établir un dispositif de gestion de la performance intégré et l’appliquer à la MINURSO et prie le Secrétaire général de s’employer à augmenter le nombre de femmes à la Mission et de veiller à ce que ces dernières participent de manière effective à tous les aspects des opérations;

16.   Exhorte la MINURSO à continuer de réfléchir à la manière dont les nouvelles technologies peuvent servir à réduire les risques, à améliorer la protection de la force et à l’aider à mieux s’acquitter de son mandat;

17.   Incite les parties à coopérer avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés afin que des mesures de confiance soient prises et appliquées et notamment à encourager la participation des femmes et des jeunes, et incite les États voisins à contribuer à ces efforts;

18.   Exhorte les États Membres à verser des contributions volontaires ou à augmenter leurs contributions pour financer les programmes alimentaires, afin de s’assurer que les besoins humanitaires des réfugiés sont dûment pris en compte et d’éviter la réduction des rations alimentaires;

19.   Prie le Secrétaire général de continuer à prendre les mesures voulues pour veiller à ce que la MINURSO respecte pleinement la politique de tolérance zéro instituée par l’Organisation des Nations Unies en ce qui concerne l’exploitation et les atteintes sexuelles et de le tenir informé, et demande instamment aux pays qui fournissent des contingents de prendre les mesures préventives voulues, notamment d’organiser avant tout déploiement des activités de sensibilisation à ces questions, et d’adopter d’autres mesures pour faire en sorte que les membres de leur personnel qui seraient mis en cause soient amenés à répondre pleinement de leurs actes;

20.   Décide de rester saisi de la question.

Déclarations

Mme AMY NOEL TACHCO (États-Unis), dont le pays était porte-plume du projet de résolution, a estimé que la MINURSO aurait dû terminer son mandat il y a longtemps.  Le fait est que le Conseil de sécurité a laissé le Sahara occidental devenir une opération de maintien de la paix qui ne correspond plus au contexte.  « Nous devons appuyer l’Envoyé personnel du Secrétaire général et insister sur les négociations avec les parties », a-t-elle recommandé, soulignant que le Conseil renouvelle le mandat pour six mois au lieu d’un an.

Mme Tachco a souhaité que les pays voisins reconnaissent le rôle important qu’ils peuvent jouer pour appuyer le processus.  Elle a demandé aux parties de trouver une solution réaliste et durable en reprenant les négociations sans conditions et de bonne foi, et de respecter leurs obligations en ce qui concerne le cessez-le-feu.  Pour la représentante, le statu quo sur le terrain ne permettra pas de parvenir à une paix juste et durable après 27 ans.  « Il faut absolument sortir du statu quo », a-t-elle insisté. 

Mme MAHLET HAILU GUADEY (Éthiopie), qui s’est abstenue, a indiqué qu’elle aurait aimé voter pour le texte.  Hélas, a-t-elle ajouté, les remarques que sa délégation a formulées en faveur d’un projet plus neutre, plus équilibré, n’ont pas été prises en compte.  L’Éthiopie continuera toutefois d’appuyer la MINURSO pour apporter une solution politique au Sahara occidental et enjoint les parties de coopérer étroitement avec la Mission. 

Mme Guadey a dit espérer que les nouvelles tensions n’empêchent pas un règlement.  Elle a souligné que les deux parties devaient s’abstenir de toute mesure susceptible d’accroître ces tensions.  Il est plus urgent que jamais que le Conseil de sécurité appuie le travail de l’Envoyé personnel, a-t-elle ajouté, estimant que tout progrès significatif dépend de la coopération des deux parties avec celui-ci.  Le Conseil de sécurité doit s’abstenir de prononcer des déclarations qui sont de nature à compromettre la volonté des parties de participer au processus de paix, a encore ajouté la représentante, qui a conclu en appelant le Conseil à « ne pas donner l’impression qu’il prend parti ».

M. VLADIMIR K. SAFRONKOV (Fédération de Russie), qui s’est abstenu lors du vote, a déploré que les propositions présentées par son pays pendant les négociations n’aient pas été prises en compte, aboutissant à un texte qu’il a jugé « déséquilibré ».  Voter pour ce projet aurait conduit à lâcher du lest sur la position du principe d’un règlement acceptable par tous, a-t-il dit, ajoutant que la Russie, qui a des relations avec tous les pays de la région, était sur ce dossier un acteur impartial. 

M. Safronkov a mis en garde contre l’effet négatif que le texte adopté pourrait avoir sur les efforts de l’Envoyé personnel.  Il a indiqué que la surveillance des droits de l’homme n’entrait pas dans le domaine de la MINURSO.  Le représentant s’est ensuite dit convaincu que le règlement de ce dossier devait satisfaire tant le Maroc que le Front Polisario.  La MINURSO a un rôle uniquement stabilisateur sur le terrain, a-t-il conclu, en mettant en garde contre tout règlement de la situation qui serait fixé « en coulisses ».

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a rappelé qu’il y a 10 jours, le Représentant spécial et Chef de la MINURSO, M. Colin Stewart, avait encouragé le Conseil de sécurité à envoyer un message clair pour endiguer tout risque d’escalade.  « L’adoption de cette résolution permet de répondre à cet appel », a-t-il estimé avant de réitérer son plein soutien à la MINURSO, qui « effectue un travail exceptionnel et indispensable » sur le terrain. 

Le représentant a ensuite souhaité que le renouvellement du mandat de la Mission pour six mois seulement « reste une exception », afin de ne pas perturber la gestion et la planification de ses ressources.  « Le cadre annuel garantit la stabilité des opérations de maintien de la paix », a-t-il ajouté.  M. Delattre a également demandé que les membres du Conseil se rassemblent et fassent preuve d’une dynamique constructive, afin de pouvoir apporter un élan nouveau au processus politique.  Le représentant a d’ailleurs réitéré le « plein soutien » de la France au processus politique mené sous les auspices du Secrétaire général et facilité par son Envoyé personnel.  « Nous espérons que ce renouvellement permettra d’encourager la consolidation de cette dynamique », a ajouté le représentant en souhaitant voir avancer le processus, conformément aux paramètres fixés par le Conseil de sécurité.

M. CARL ORRENIUS SKAU (Suède) a souligné l’importance d’une solution politique au Sahara occidental.  Le texte adopté permet de sortir de l’impasse politique, a-t-il estimé, avant de souhaiter que les jeunes soient associés au règlement de la situation.  Il faut réévaluer la situation dans six mois, a poursuivi le représentant, qui a estimé que « la routine n’est plus acceptable ».  Jugeant que le texte adopté manquait d’équilibre, M. Orrenius Skau a déclaré que le Conseil devrait rechercher l’unité.  Le Conseil est plus fort quand il parle d’une seule voix, a-t-il ajouté, estimant que les préoccupations « assez mineures » exprimées par certaines délégations auraient pu être prises en compte afin de parvenir à un consensus. 

M. Orrenius Skau a demandé une solution durable, acceptable par tous, qui permettrait de réaliser le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.  « Malgré ses défauts, cette résolution est un pas dans la bonne direction », a-t-il toutefois estimé avant de conclure en déclarant que le Conseil avait envoyé aujourd’hui « le signal clair que sa patience ne peut pas durer éternellement ».

M. SHEN BO (Chine), dont le pays s’est abstenu, a dit appuyer la prorogation de la MINURSO.  Mais la situation au Sahara occidental est complexe, a-t-il reconnu, estimant que la priorité était de maintenir la stabilité régionale et de créer des conditions propices à la reprise des négociations. 

« Le Conseil de sécurité doit rester uni et parler d’une seule voix », a ensuite souligné le représentant.  Pour la Chine, le Conseil aurait dû consacrer davantage de temps à rechercher le consensus, plutôt que de sombrer dans la « précipitation », laquelle ne peut avoir qu’une « incidence négative » sur les travaux du Conseil.  M. Shen a ainsi regretté le fait que le projet n’ait pas pleinement fait droit aux préoccupations de chacun.  Enfin, il a encouragé les parties à fonder leurs efforts sur les résolutions du Conseil de sécurité. 

M. STEPHEN HICKEY (Royaume-Uni) a considéré que la résolution, en faveur de laquelle son pays a voté, envoyait un message clair d’appui à la désescalade et aux activités de la MINURSO.  Pour progresser vers une solution mutuellement acceptable, le représentant a encouragé les parties à mener maintenant un processus politique dans un esprit de compromis.  La fenêtre de six mois est une indication de l’importance que la communauté internationale accorde à cette question, a-t-il plaidé avant d’apporter son soutien aux efforts de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, ainsi qu’aux activités de la MINURSO et de son nouveau Chef. 

M. BADER ABDULLAH N. M. ALMUNAYEKH (Koweït) a souligné le rôle essentiel joué par la MINURSO.  Il a réitéré son appui à l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour qu’il relance les négociations, sous les auspices de l’ONU, pour aboutir à une solution acceptable par tous, consacrant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. 

Mme AMPARO MELE COLIFA (Guinée équatoriale) a estimé que la résolution adoptée était un bon point de départ pour sortir de l’impasse actuelle.  La représentante a salué les efforts et sacrifices des parties au conflit et souhaité une solution définitive rapide sur ce dossier, qui permettrait d’instaurer une paix durable, ce conflit ayant duré trop longtemps. 

M. KANAT TUMYSH (Kazakhstan) a salué les efforts entrepris par l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour trouver un compromis dans la région et au-delà.  Il a dit avoir voté pour la prorogation du mandat en espérant la reprise des négociations.  Pour lancer un message fort aux parties concernées, il est important que le Conseil de sécurité préserve son unité et que les parties s’abstiennent de toute escalade, a-t-il ajouté. 

M. PEDRO LUIS INCHAUSTE JORDÁN (Bolivie) a expliqué qu’il avait voté en faveur du texte « car il faut relancer le processus politique ».  Il a apporté son plein appui à la proposition du Secrétaire général qui vise à reprendre les négociations avec une nouvelle dynamique et un nouvel esprit, en vue d’arriver à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.  Il s’est toutefois dit préoccupé de constater que les suggestions de certaines délégations n’avaient pas été prises en compte, ce qui aurait permis d’avoir un texte plus équilibré approuvé par tous.  Ainsi, par exemple, la durée du mandat n’a-t-elle pas été débattue.  « La délégation porte-plume a été assez arbitraire », a-t-il asséné. 

M. THÉODORE DAH (Côte d’Ivoire) s’est réjoui de l’adoption de la résolution, un texte qui détermine clairement le cadre et les objectifs du mandat assigné par le Conseil de sécurité au Secrétaire général.  Cela doit lui permettre d’avancer concrètement par la voie de la négociation pour sortir de l’impasse politique du différend sur le Sahara occidental, a estimé le représentant, pour qui le déblocage « passe nécessairement par un engagement renouvelé et déterminé des parties prenantes à s’approprier le processus politique en vue d’une cinquième série de négociations menées sous les auspices du Secrétaire général ».  M. Dah a salué « les efforts sérieux et crédibles du Maroc à œuvrer au règlement définitif du différend, à travers son initiative d’autonomie », ainsi que l’engagement du Secrétaire général et de son Envoyé personnel pour la promotion d’un cadre de dialogue.  Il a également dit apprécier que le Conseil de sécurité invite les États voisins à s’impliquer dans le processus politique et à contribuer ainsi à la sortie de la crise.

Pour M. KAREL JAN GUSTAAF VAN OOSTEROM (Pays-Bas), le fait que la résolution n’ait pas reçu le soutien unanime du Conseil ne doit pas occulter ce qui est véritablement important: « la relance du processus politique ».  Notre ambition commune doit être d’aboutir à une solution politique mutuellement acceptable, a-t-il ajouté, avant d’exhorter les parties à poursuivre leur engagement de bonne foi avec l’Envoyé personnel.  En conclusion, il a souligné la nécessité d’une reprise des négociations sans conditions préalables. 

M. MARIUSZ LEWICKI (Pologne) a encouragé les parties à coopérer avec l’Envoyé personnel en vue d’une solution politique mutuellement acceptable, dans le respect des principes de la Charte des Nations Unies.  Il a en outre apporté l’appui de son pays aux efforts de l’Envoyé personnel.

M. PAUL DUCLOS (Pérou) a jugé nécessaire le renouvellement du mandat de la MINURSO pour appuyer le processus politique, qui doit conduire à une solution à la question du statut du Sahara occidental et résoudre les besoins humanitaires de la population sahraouie.  Il a vu comme un impératif urgent la reprise du processus politique sous les auspices des Nations Unies, en particulier de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi.  L’objectif poursuivi est de faciliter une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable par les parties, sur la base du droit international et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, qui conduise à la libre détermination du peuple du Sahara occidental, a déclaré le représentant.  Enfin, M. Duclos a exprimé ses préoccupations face aux difficultés que rencontrent les réfugiés sahraouis et à leur dépendance à l’aide humanitaire extérieure.  Il a souhaité que les progrès dans les négociations permettent d’améliorer la situation des droits de l’homme et la qualité de vie de la population.

 

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