Appelés à réagir à la situation humanitaire dramatique en RDC, les membres du Conseil mettent l’accent sur son lien avec la crise politique et l’insécurité

CS/13253
19 mars 2018
8207e séance – matin

Appelés à réagir à la situation humanitaire dramatique en RDC, les membres du Conseil mettent l’accent sur son lien avec la crise politique et l’insécurité

À l’initiative de la présidence néerlandaise, le Conseil de sécurité a examiné ce matin la situation humanitaire en République démocratique du Congo, dans la perspective de la Conférence internationale qui doit, le 13 avril à Genève, tenter d’obtenir des fonds pour financer un plan de réponse humanitaire de quelque 1,69 milliard de dollarsAu-delà de la crise humanitaire, de nombreux membres du Conseil ont abordé l’insécurité et la crise politique qui frappent le pays, soulignant les liens étroits entre ces différentes questions.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies, M. Mark Lowcock, a souligné l’aggravation dramatique de la situation au cours de l’année écoulée, relayé par le témoignage poignant de la représentante d’une association de femmes rurales, Mme Jeannine Bandu Bahati, et le Secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale (CENCO), l’abbé Donatien Nshole.

Il s’agissait de la première réunion du Conseil dédiée à la crise humanitaire en RDC, que le Comité permanent interorganisations des Nations Unies a décidé, en octobre dernier, de placer au niveau 3 –le plus élevé- à l’échelle du système pour trois régions: le Kasaï, le Tanganyika et le Sud-Kivu.

Le Coordonnateur des secours d’urgence l’a rappelé: plus de 13 millions de Congolais dépendent aujourd’hui de l’aide humanitaire pour survivre, soit 50% de plus qu’en 2017.  Environ 7,7 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire grave -soit une augmentation de 30% en un an- et plus de 2 millions d’enfants souffrent de malnutrition grave.  L’instabilité croissante a provoqué l’an passé un quasi-doublement du nombre des déplacés, qui atteint 4,5 millions, soit la plus importante population déplacée en Afrique.  En outre, 680 000 Congolais ont fui à l’étranger. 

Sans l’assistance humanitaire, les choses seraient encore pires, a insisté M. Lowcock, pour qui le problème principal de l’aide reste son financement.  Le Plan de réponse humanitaire multisectoriel et pluriannuel pour le pays, qui couvre la période 2017-2019, a plus que doublé cette année, passant d’environ 812 millions de dollars en 2017 à 1,69 milliard, afin de porter assistance à 10,5 millions de personnes.  C’est, a reconnu M. Lowcock, « presque quatre fois le montant reçu l’an dernier ».  En effet, seuls 43% des 812 millions demandés en 2017 ont été versés.  Quant au plan 2018, il n’avait reçu à la mi-mars que 72 millions, soit 4,3% du total requis.  C’est pour fournir d’urgence des fonds que les Nations Unies, les Pays-Bas, l’Union européenne et les Émirats arabes unis ont décidé d’organiser la Conférence des donateurs, le 13 avril à Genève. 

Mais si les membres du Conseil se sont tous montrés alarmés de la situation humanitaire, seule la délégation de RDC l’a imputée –et en partie seulement- à des causes et catastrophes naturelles.  La plupart des autres intervenants ont mis l’accent sur l’insécurité provoquée par les conflits armés, mais aussi sur la crise politique et sur la mauvaise gouvernance.  Les États-Unis se sont montrés particulièrement incisifs et ont appelé le Gouvernement de la RDC à contribuer lui aussi à la réponse humanitaire tout en l’accusant de faire « si peu pour apaiser les souffrances » de la population alors que « ses membres semblent se remplir les poches ». 

Plusieurs autres délégations ont mis en avant, comme l’avait fait auparavant l’abbé Nshole, la crise sociopolitique et électorale provoquée par le non-respect de l’Accord politique du 31 décembre 2016, dit « Accord de la Saint-Sylvestre ».  Si certains ont reconnu quelques progrès, notamment dans le processus électoral, ils ont jugé insuffisante la mise en œuvre de l’Accord, en particulier en ce qui concerne les « mesures de décrispation » dont la France a réclamé la mise en œuvre, y voyant le préalable à un scrutin libre. 

Alors que certains, comme le Royaume-Uni, voient dans l’instabilité politique la « cause fondamentale » de la crise, la délégation de la RDC a retorqué que, même si une solution efficace et durable à la crise humanitaire dans les parties du pays en proie à différentes calamités naturelles pouvait être obtenue grâce à l’intervention du Gouvernement et de la communauté internationale, il n’en sera pas de même dans les parties où sévissent les groupes armés.  Pour la RDC, « sans l’éradication de toutes les forces négatives qui y opèrent, il sera difficile, sinon impossible, de mettre un terme à cette situation ». 

La RDC a aussi mis en avant le respect de sa souveraineté, appuyée par la Chine et la Fédération de Russie.  Jugeant « excessive » la qualification donnée par la communauté internationale à la situation humanitaire dans le pays, son représentant a annoncé la convocation, avant la Conférence de Genève, d’une réunion du Cadre national de concertation humanitaire « pour échanger et décider en toute indépendance d’esprit et arriver à un entendement commun de la conduite des affaires humanitaires en RDC ». 

Comme le Conseil de sécurité doit proroger la semaine prochaine le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), qui expire le 31 mars, certaines délégations ont plaidé pour un renforcement de la composante « protection des civils et des acteurs humanitaires ».

D’autres en revanche ont suivi l’abbé Nshole dans son appel à un plus grand rôle de la Mission dans la facilitation de la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre, suscitant la réaction de la Fédération de Russie opposée à tout « mentorat » de la Mission sur les élections.  Le représentant russe a d’ailleurs contesté l’utilité d’une réunion séparée sur la question humanitaire en RDC, estimant que nombre des déclarations du jour doublonnaient inutilement avec les propos tenus lors de la séance du Conseil du 7 mars.

LA SITUATION CONCERNANT LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Déclarations

M. MARK LOWCOCK, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies, a commencé par mentionner l’histoire de Moisi, une Congolaise réfugiée dans le camp de Kalémie et dont l’un des enfants, Chabani, au ventre gonflé, est apparu dans les médias.  M. Lowcock a expliqué avoir rencontré cette femme lors du déplacement qu’il a effectué du 12 au 13 mars 2017 en RDC en compagnie de la Ministre du commerce extérieur et de la coopération au développement des Pays-Bas, Mme Sigrid Kaag.

Mme Moisi, a poursuivi le Secrétaire général adjoint, fait partie des 4,5 millions de personnes actuellement déplacées en RDC, soit la plus importante population déplacée en Afrique.  En outre, 680 000 Congolais ont fui vers les pays voisins. 

Il a ensuite décrit la situation humanitaire dans laquelle se trouve le pays: plus de 13 millions de Congolais dépendent aujourd’hui d’une aide humanitaire pour survivre, soit 50% de plus qu’en 2017, et environ 7,7 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire grave -une augmentation de 30% en un an-, tandis que plus de deux millions d’enfants souffrent de malnutrition grave. 

M. Lowcock a également fait état de l’éclatement d’épidémies comme celle de choléra, la plus violente depuis 15 ans dans la région.  Il a aussi parlé d’une « épidémie » de violences sexuelles.  Si on ne met pas un terme à ces violences et si on ne parvient pas à une transition politique réussie, ces chiffres augmenteront encore, a averti M. Lowcock, qui a toutefois souligné des raisons d’espérer.  Il a cité en premier lieu la résilience du peuple congolais et sa généreuse solidarité. 

Sans l’assistance humanitaire, les choses seraient encore pires, a poursuivi le Coordonnateur des secours d’urgence.  Il a rappelé que cette aide avait pu atteindre l’an dernier quelque 4,5 personnes, et a dit espérer en atteindre 10,5 millions en 2018, malgré les réticences et obstacles bureaucratiques.  Il a, à cet égard, mentionné la signature dans l’État du Tanganyika d’un accord entre le Gouverneur local et le Coordonnateur humanitaire en RDC, qui vise à réduire les taxes et autres obstacles bureaucratiques. 

Le problème principal reste le financement de l’aide, a insisté le Secrétaire général adjoint.  Il a déclaré que le plan de réponse humanitaire demandait « presque quatre fois le montant reçu l’an dernier ».  C’est à cette fin que se tiendra, le 13 avril, une conférence à Genève, qui doit garantir des contributions financières « importantes et immédiates ». 

M. Lowcock a demandé aux États membres du Conseil de sécurité de veiller à ce que la situation humanitaire en RDC figure à l’ordre du jour de leur gouvernement et que ces derniers apportent leur contribution le 13 avril.  Il a par ailleurs appelé les pays voisins de la RDC à se comporter de manière responsable.

Le Coordonnateur des secours d’urgence a rappelé que la RDC avait fait de nombreux progrès ces 15 dernières années.  Quant à Mme Moisi, il a expliqué que ses souhaits étaient de « se réinstaller, d’avoir un petit lopin de terre à cultiver et que ses enfants puissent aller à l’école ».  « Ce n’est pas trop demander, n’est-ce pas? » a conclu M. Lowcock.

« J’interviens en tant que femme rurale, femme déplacée et femme touchée par un conflit armé », a déclaré Mme JEANINE BANDU BAHATI, Coordonnatrice de l’Encadrement de femmes indigènes et des ménages vulnérables, une organisation non gouvernementale (ONG) basée au Nord-Kivu. 

Elle a averti que la situation sécuritaire et humanitaire des femmes en RDC se dégrade de plus en plus, précisant que la majorité des personnes affectées sont traumatisées, sans espoir pour l’avenir, notamment celles qui vivent dans les zones rurales.  Chaque année, la situation se détériore davantage et cela depuis bientôt deux décennies, s’est-elle alarmée.

Elle a averti que la situation provoquée par, entre autres, les massacres, les viols, la traite, la prolifération de groupes armés ou encore le pillage des ressources naturelles, sans oublier la catastrophe humanitaire, constitue une « bombe à retardement pour le massacre et l’extermination des femmes et des filles et de la population entière », à moins de mettre en œuvre des mesures pour protéger et appuyer des femmes à la base. 

Elle a ensuite rapporté le témoignage de femmes agressées par des groupes armés alors qu’elles travaillaient dans les champs, dont les enfants ont été enlevés ou violés, et qui ont été les témoins de meurtres et d’actes de pillage et d’incendie d’habitations.

Mme Bahati a aussi expliqué que la détérioration de la situation socioéconomique des femmes et des filles est une des principales conséquences de la crise humanitaire.  Vivant avec moins d’un dollar par jour, elles passent des journées entières sans manger, une situation de pauvreté extrême qui leur retire toute perspective en l’avenir et qui pousse certains jeunes à rejoindre des groupes armés et à commettre des abus, s’est-elle inquiétée.

La déléguée s’est ensuite attardée sur le problème de la faible participation politique des femmes en RDC, imputant cette situation à la nouvelle loi électorale qui, a-t-elle affirmé, ne favorise pas leur « émergence », au nombre limité de partis politiques créés par des femmes et au faible taux de nomination de femmes aux organes de prise de décisions, notamment au niveau territorial.

Mme Bahati a appelé à une évaluation rapide de l’ensemble des stratégies de protection et des mesures socioéconomiques destinées aux femmes et à la population dans son ensemble.  Elle a aussi jugé nécessaire de redéfinir les indicateurs susceptibles d’opérer un changement positif, d’agir promptement pour combattre l’impunité, d’assurer la sécurité des femmes et d’aider les organisations féminines qui travaillent au niveau populaire.

L’abbé DONATIEN NSHOLE, Secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a indiqué que la situation humanitaire en RDC est caractérisée par la reprise du cycle de violence dans la province de l’Ituri et la dégradation de la situation humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema, Tanganyika et Kasaï.  S’agissant de l’Ituri, l’abbé a souligné que l’identité et les motivations des assaillants ne sont pas connues mais qu’il ne s’agit « certainement pas d’un conflit interethnique comme nous entendons dans certains médias ».  Les causes de ces drames, a-t-il estimé, se trouvent fondamentalement dans la situation sécuritaire instable et précaire due aux incursions des présumés « Allied Democratic Forces (ADF) », à l’activisme des groupes armés, aux affrontements interethniques, notamment dans le cas des communautés twa et bantoues, et aux « manipulations de certaines forces obscures qui sont intéressées par la déstabilisation de notre cher pays comme c’est le cas en Ituri ».  Parmi les causes, l’abbé a aussi cité la crise sociopolitique et électorale due au fait que les élections présidentielle et législatives n’ont pas été organisées dans les temps conformément à la Constitution congolaise et l’Accord de la Saint-Sylvestre.  Cela a créé des mécontentements et aussi l’absence de l’autorité de l’État dans certaines zones du pays du fait de l’illégitimité des principales institutions.

L’abbé a donc jugé nécessaire que l’ONU s’implique davantage pour la tenue de bonnes élections en RDC.  L’épiscopat congolais, a-t-il souligné, est convaincu que seules des élections crédibles, transparentes et apaisées peuvent donner au peuple congolais des gouvernants légitimes capables de faire face à la crise multiforme qui ronge le pays.  La mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre, préalable de bonnes élections et le respect des dates clefs du calendrier électoral doivent être prioritaires.  La complaisance à ce niveau serait « une bombe à retardement, car les élections qui nous ramèneraient à la case départ seraient un gâchis que la communauté internationale doit éviter ».  Le mandat de la MONUSCO doit être renforcé, a poursuivi l’abbé, en précisant qu’elle doit être dotée de moyens juridiques et matériels nécessaires pour la protection des civils.  Il a aussi demandé une aide humanitaire d’urgence pour les populations victimes de l’insécurité et un plan de développement économique de la RDC après les élections. 

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a espéré que la Conférence des donateurs qui se tiendra en avril, à Genève, sera l’occasion d’apporter une réponse déterminée à la hauteur des besoins des populations touchées par la crise.  Il a appelé à s’attaquer aux causes profondes de la crise actuelle, notant que dans les situations de conflits intercommunautaires et d’exactions de groupes armés, que ce soit dans les Kasaï, au Tanganyika, en Ituri ou dans les Kivu, le facteur politique contribue à alimenter les tensions liées « bien souvent » à la disponibilité des ressources.  La perspective des élections présidentielle, législatives et provinciales va rendre la compétition locale plus forte et provoquer de nouvelles tensions, a-t-il mis en garde.

Le délégué a appelé le Gouvernement congolais à prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que les conditions d’un scrutin libre, ouvert et apaisé sont en place, à commencer par la mise en œuvre des mesures de décrispation prévues par l’Accord de la Saint-Sylvestre.  Il en ira aussi de la responsabilité de chaque candidat de s’assurer que ses partisans adoptent un comportement respectueux du débat politique et fasse preuve de retenue, a-t-il ajouté. 

M. Delattre a également souligné que c’est en agissant tôt, par des missions de dialogue et de médiation, que l’on parviendra à empêcher la spirale qui a conduit à la crise humanitaire actuelle.  La MONUSCO a là un rôle essentiel à jouer, a-t-il estimé, citant notamment l’approche intégrée pour protéger les civils.  Il a aussi signalé que les bons offices de la Mission, s’appuyant sur un réseau dense d’alerte communautaire, seront cruciaux cette année.  La France souhaite d’ailleurs que cet aspect du mandat de la MONUSCO soit renforcé.

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a jugé très préoccupante la détérioration de la situation politique, humanitaire et de sécurité en RDC, estimant que la situation humanitaire ne pouvait être séparée de la situation politique.  Pour l’Éthiopie, le problème demande une solution durable.  La situation humanitaire actuelle est préoccupante du fait de l’importance de la population affectée, qui a atteint un niveau record.  Le représentant a donc appuyé fermement l’appel à la mobilisation des ressources afin de sauver des vies, notamment celles des femmes et enfants vulnérables dans les régions les plus affectées, avant de rendre hommage aux agents humanitaires.  Il a dit espérer que la Conférence des donateurs aidera à recueillir les quelque 1,7 milliard de dollars demandés par les acteurs humanitaires.

Il sera très difficile de résoudre la situation humanitaire et celle des droits de l’homme en RDC sans régler les problèmes politiques et de sécurité du pays, a estimé le représentant, qui a rappelé que l’instabilité continuait de provoquer le déplacement d’un très grand nombre de personnes.  Il a jugé impératif la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre.  S’il a pris note des mesures prises par le Gouvernement concernant le calendrier électoral, il a estimé qu’il fallait faire davantage, notamment en ce qui concerne les mesures de décrispation.  Bien sûr, a ajouté le représentant, la RDC est aussi réputée pour ces groupes armés, dont il a dénoncé le comportement irresponsable.  Il a enfin appelé au renforcement de la coordination entre les Nations Unies, la communauté internationale et les différents acteurs régionaux et sous-régionaux afin de faciliter le processus électoral, essentiel à la construction d’une paix durable. 

M. WU HAITAO (Chine) a souligné la gravité de la situation en RDC et a exhorté la communauté internationale à faire en sorte que le Gouvernement congolais s’approprie le processus de règlement de la crise.  La souveraineté du pays doit être respectée, a-t-il déclaré. 

La communauté internationale doit également renforcer les capacités du pays, a-t-il poursuivi.  Le délégué a souhaité que la MONUSCO continue de s’acquitter de son mandat, tout en améliorant son interaction avec le Gouvernement congolais.  La communauté internationale doit avoir des contacts avec toutes les parties en RDC, a-t-il poursuivi, avant de souligner la nécessité d’une aide humanitaire renforcée. 

Enfin, le représentant a appuyé le processus politique en RDC, avant de rappeler l’aide apportée par la Chine, en particulier médicale, à ce pays. 

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a estimé que les retards dans l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre contribuent, avec l’activisme des différents groupes armés, à l’aggravation de la sécurité et à l’escalade de la crise humanitaire.  Il a dit attendre avec impatience la Conférence humanitaire du 13 avril prochain à Genève mais s’est dit convaincu que la situation humanitaire ne pourrait être réglée que dans un cadre plus global, qui inclut notamment la tenue à temps des élections.  Enfin, le représentant a appelé à la prorogation d’un an du mandat de la MONUSCO et a noté l’importance de la coordination entre le Gouvernement, les Nations Unies et les différents acteurs régionaux et sous-régionaux. 

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) s’est dite préoccupée par la dégradation de la situation humanitaire en RDC, pays au monde le plus touché par les déplacements forcés.  Elle a plaidé pour la promotion du dialogue entre les diverses communautés, avant de dénoncer les nombreuses violations des droits de l’homme commises en RDC, ainsi que les attaques perpétrées contre les Casques bleus.  Il faut qu’il y ait une volonté réelle de normalisation de la situation, a-t-elle dit, avant de demander l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre.  Elle a ensuite salué le courage des femmes congolaises, en butte à des actes d’intimidation pour ne pas participer aux élections, soit en tant que candidates, soit en tant qu’électrices. 

Elle a réclamé du Gouvernement congolais des mesures concrètes en vue d’améliorer la situation sécuritaire et de punir les responsables des violations des droits de l’homme.  La déléguée de la Pologne a demandé la cessation des violations des droits des enfants commises par les forces armées congolaises.  Les responsables doivent être traduits en justice, indépendamment du rang hiérarchique qu’ils occupent, a-t-elle déclaré.  Dans un contexte de recrudescence de la violence, la protection des civils doit constituer la priorité de la MONUSCO, a-t-elle dit. 

Enfin, la déléguée de la Pologne a noté avec satisfaction la visite prochaine du Secrétaire général en RDC. 

M. DMITRY A. POLYANSKIY (Fédération de Russie) s’est dit préoccupé par la dégradation constante de la situation humanitaire en RDC et l’augmentation de près de moitié des besoins humanitaires depuis l’an dernier.  Il s’est inquiété notamment de l’afflux des réfugiés dans les pays voisins, déjà confrontés à de nombreuses difficultés.  Il a estimé que l’essentiel de cette situation était la conséquence des différents heurts interethniques.  La Fédération de Russie est prête à apporter sa contribution, comme elle le fait notamment en allégeant la dette des pays africains ou dans le cadre des programmes d’aide à l’Afrique en général, a poursuivi le représentant, qui a également mentionné l’assistance de son pays aux réfugiés de RDC en Ouganda, y compris par l’intermédiaire du Programme alimentaire mondial (PAM). 

Le représentant a souhaité que les prochaines élections permettent d’apaiser les tensions et a appelé l’opposition congolaise à collaborer davantage avec la Commission électorale nationale indépendante.  Il a ensuite rappelé l’opposition de son pays au « mentorat international » dans l’organisation des élections.  « Le respect de la souveraineté de la RDC est un impératif absolu », a-t-il poursuivi, avant de demander « une fois de plus » que les Casques bleus ne s’ingèrent pas dans les affaires intérieures du pays.  Pour la Fédération de Russie, la fonction principale de la MONUSCO est d’améliorer la situation sécuritaire, ce qui permettra en soi un meilleur accès humanitaire. 

Se disant inquiet des activités des groupes armés dans l’est de la RDC et de la reprise d’affrontements à caractère ethnique, il a jugé que ces faits et d’autres, comme les attaques répétées depuis la fin de l’année dernière contre les Casques bleus, doivent être pris en compte dans le mandat de la MONUSCO.  Il a en outre dénoncé les recommandations du Secrétaire général concernant le mandat de la Mission, qui impliquent un arrêt de l’assistance aux programmes de désarmement, démobilisation et réintégration.  Enfin, le représentant a estimé qu’il n’y avait pas beaucoup de sens à traiter de la situation humanitaire en RDC séparément de la situation politique.  Il a fait remarquer à cet égard que nombre des déclarations prononcées ce matin reprenaient les propos tenus lors de la séance du Conseil du 7 mars consacrée à la situation en RDC, ajoutant qu’il faudrait veiller à éviter de tels doublons. 

M. FRANCISCO TENYA (Pérou) s’est dit « préoccupé » par la « situation grave » dans laquelle se trouvent des millions de Congolais, notamment les personnes réfugiées dans les pays voisins.  Notant que la violence et l’insécurité alimentaire ont causé le plus grand nombre de personnes déplacées dans le monde, il a salué les mesures prises par le Gouvernement congolais pour établir un cadre juridique permettant d’assurer la protection des personnes déplacées, dans le respect du droit international humanitaire. 

Après avoir appelé à assurer un accès sûr des personnes déplacées à l’aide humanitaire, il a insisté sur l’importance « fondamentale » du soutien de la MONUSCO aux acteurs humanitaires.  

Le délégué a déploré l’augmentation de 50% en un an du nombre de femmes et de filles congolaises qui ont besoin de protection et d’aide humanitaire.  Il s’est inquiété de l’insécurité alimentaire et de la situation économique instable, déplorant au passage la réduction de l’appui financier de la communauté internationale aux activités humanitaires. 

M. KANAT TUMYSH (Kazakhstan) a souligné l’importance de l’initiative de l’ONU, des Pays-Bas, des Émirats arabes unis et de l’Union européenne en vue de la tenue de la première Conférence humanitaire de haut niveau sur la RDC, prévue à Genève, le 13 avril.  Le délégué a plaidé pour la tenue d’élections crédibles et libres, selon le calendrier fixé, pour une stabilisation de la situation en RDC.  La communauté internationale doit appuyer la RDC en vue de jeter les bases d’une bonne gouvernance et du respect de l’état de droit, a-t-il dit.  Le délégué a rappelé que plus de 4,6 millions d’enfants congolais souffrent de malnutrition aiguë.  Il a ensuite plaidé pour un règlement de la crise au moyen d’une approche régionale, avant de souligner la nécessité d’investir dans le développement de la RDC.  Le délégué a exhorté le Gouvernement à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave dans le pays, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, à jouer un rôle stratégique et à améliorer l’efficacité de ses activités opérationnelles dans le pays. 

M. OLOF SKOOG (Suède) a jugé « catastrophique » la présente crise en RDC, ajoutant que c’est une crise créée par les gens et elle apparaît comme « la pire crise humanitaire des temps modernes dans le pays ».  Pour la Suède, la réponse de la communauté internationale doit être à la fois rapide et à la hauteur du défi.  D’abord, il faut répondre immédiatement aux besoins humanitaires par une augmentation des fonds.  Il a dit espérer que la Conférence des donateurs va permettre de générer des fonds conséquents.  Pour sa part, la Suède a déjà promis 28 millions de dollars en 2018.  À cet apport humanitaire, s’ajoute son soutien au développement de la RDC, a expliqué le représentant de la Suède en invitant d’autres pays à faire de même, car dans une situation aussi complexe, « le besoin d’une approche intégrée qui tienne compte du lien entre activités humanitaires, activités de développement, droits de l’homme, paix et sécurité est clair ».

Le délégué a également souligné l’importance de la sécurité des personnels humanitaires qui doivent accéder aux gens dans le besoin.  Il faut donc que des efforts soient consacrés à la protection des civils.  Dans l’optique d’une paix et d’une stabilité durables en RDC, la Suède appelle à la tenue d’élections crédibles, transparentes, ouvertes et pacifiques le 23 décembre prochain, suivies du transfert démocratique du pouvoir, en vertu de la Constitution congolaise et de l’Accord de la Saint-Sylvestre.  Il faut en outre s’assurer de la pleine participation des femmes au processus électoral, « afin que toutes les composantes de la société congolaise puissent jouer leur rôle dans le processus démocratique ».  Il est tout aussi important que la liberté d’expression et de réunion soient de nouveau une réalité.  Il a enfin estimé qu’il faut tenir compte des causes profondes de la crise afin de sortir la RDC de ce cercle vicieux de pauvreté, d’insécurité et de violence.  Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 offre un cadre pour endiguer la vulnérabilité chronique des Congolais, et cela passe par un investissement du Gouvernement, y compris par davantage d’investissements des revenus tirés des mines pour le bien du peuple. 

M. MARK GREEN (États-Unis) a d’abord rappelé que plusieurs centaines de millions de dollars avaient été généreusement fournis à la RDC depuis des années mais que « les crises et la mauvaise gouvernance » font que l’aide est trop peu efficace.  Il a rappelé que son agence, USAID, avait à elle seule contribué pour plus d’une centaine de millions de dollars à l’aide sanitaire et presque autant à l’aide alimentaire.  La crise ne concerne pas seulement la RDC car du fait du nombre de personnes réfugiées, c’est une crise qui concerne aussi les pays voisins, avec « des souffrances inacceptables qui brisent le cœur ».

Le fait que la situation soit complexe ne nous contraint pas à l’inaction, a poursuivi le représentant, pour qui « on n’a peut-être pas toutes les solutions, mais on sait ce qui ne fonctionne pas: le statu quo ».  Rappelant le montant record requis pour mettre en œuvre le Plan d’action humanitaire, le représentant a voulu que le Gouvernement congolais prenne aussi des mesures.  Des élections crédibles doivent avoir lieu comme prévu cette année, a insisté le représentant, qui a averti que l’aide des États-Unis au Gouvernement de la RDC n’était « pas infini, pas garanti et pas éternel ».  Les élections n’ont pas besoin de moyens très sophistiqués, précisant que certaines élections essentielles, ces dernières années, s’étaient tenues « avec des bulletins de vote en papier ».  Il a par ailleurs appelé le Gouvernement à rétablir des services de base, tout en l’accusant d’avoir été impliqué dans « près de 60% des 7 000 violations des droits de l’homme recensées cette année ».  Il a rappelé, dans ce cadre, que deux experts des Nations Unies, dont une avait la nationalité américaine, avaient été assassinés l’an dernier au Kasaï. 

Enfin, le représentant a appelé le Gouvernement de la RDC à contribuer à la réponse humanitaire et l’a accusé de faire « si peu pour apaiser les souffrances » alors que ses membres « semblent se remplir les poches ».  Il a notamment cité les chiffres de « 80% des plus grandes entreprises du pays et de plus de 450 mines et concessions diamantifères détenues ou contrôlées par la famille du Président Kabila ».

M. BERNARD TANOH-BOUTCHOUÉ (Côte d’Ivoire) a estimé important de lutter contre l’insécurité qui prévaut en RDC, du fait notamment des attaques de groupes armés contre la population, tout en notant que la situation de crise humanitaire a été rendue plus complexe en raison des conflits interethniques et des violences communautaires dans certaines provinces. 

Il a appelé la communauté internationale à soutenir les efforts des autorités congolaises et des organisations non gouvernementales locales en augmentant l’aide aux déplacés et réfugiés et en renforçant les actions visant à améliorer la situation sécuritaire dans le pays. 

Il a aussi encouragé les États signataires de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région à mettre fin aux cycles récurrents des conflits qui compromettent la stabilité et le développement de la RDC et de toute la région des Grands Lacs. 

Il a ensuite invité la communauté des donateurs et des bailleurs de fonds à prendre une part active à la toute première Conférence internationale humanitaire pour la RDC qui se tiendra le 13 avril.

M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) a estimé que la normalisation de la situation politique en République démocratique du Congo sera difficile tant que les données relatives à la situation humanitaire demeureront « dévastatrices ».  Le nombre de personnes déplacées s’élève maintenant à plus de 4,5 millions, le plus élevé d’Afrique, a-t-il noté, appelant à un acheminement urgent de l’aide humanitaire aux 13 millions de personnes qui en dépendent afin d’éviter des « conséquences catastrophiques ». 

Le représentant s’est dit « préoccupé » par la multiplication des cas de violation et d’abus des droits de l’homme en RDC, notamment en Ituri, où la situation continue de détériorer. 

Il a insisté pour que l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région soit mis en œuvre afin de « neutraliser » les groupes armés qui opèrent dans l’est du pays. 

Par ailleurs, la délégation s’est félicitée des progrès réalisés dans le processus politique suite à l’engagement du Président Joseph Kabila et du Gouvernement à respecter le calendrier électoral et l’Accord du 31 décembre 2016. 

Il a appelé la communauté internationale et les pays voisins à fournir une aide « constructive » afin d’assurer la stabilité et le développement de la RDC, dans le respect de la souveraineté nationale. 

M. JONATHAN GUY ALLEN (Royaume-Uni) a déclaré que 13 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire en RDC, soit le même nombre qu’en Syrie.  Il a dénoncé les violences commises contre les femmes congolaises, avant d’indiquer que deux millions d’enfants sont confrontés à un risque de famine.  Il a jugé vital l’appui international à la RDC pour faire face à cette crise.  L’aide de mon pays à la RDC s’élève à 300 millions de dollars pour les années 2017 à 2020, a-t-il dit.  Il a exhorté le Gouvernement à faciliter la procédure d’enregistrement des organisations humanitaires et à assouplir les conditions d’octroi de visa.  La Conférence humanitaire de haut niveau du 13 avril sera l’occasion pour le Gouvernement de présenter ses mesures pour l’amélioration de la situation et l’occasion pour la communauté internationale de montrer qu’elle n’a pas oublié la RDC.  Le délégué a dit que l’instabilité politique est la cause fondamentale de la crise, avant d’appeler à la tenue d’élections crédibles et transparentes dans les délais prévus.  Enfin, il a exhorté les autorités de la RDC à accélérer l’enquête sur l’assassinat en 2017 de deux experts de l’ONU.

M. PEDRO LUIS INCHAUSTE JORDÁN (Bolivie) a condamné la violence qui a entaché les manifestations de décembre dernier, ainsi que l’activisme des groupes armés dans l’est du pays, qui est la cause principale de la détérioration de la situation humanitaire en RDC.  Il a demandé que les auteurs d’exploitation sexuelle soient poursuivis en justice, y compris ceux qui font partie des forces armées et de la police du pays.  Le délégué a rappelé que quatre millions de personnes ont été déplacées en RDC et que 13 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire en RDC, avant de saluer la tenue de la Conférence humanitaire de haut niveau le 13 avril à Genève.  Enfin, le représentant de la Bolivie a demandé un accès humanitaire sans entrave en RDC et le plein respect de l’Accord politique du 31 décembre 2016. 

M. KAREL JAN GUSTAAF VAN OOSTEROM (Pays-Bas) a rappelé que la Ministre du commerce extérieur et de la coopération au développement des Pays-Bas, Mme Sigrid Kaag, s’était rendue dans un camp de personnes déplacées en RDC il y quelques jours, avant de préciser qu’elle y avait rencontré une femme, Françoise, qui avait perdu son mari et ses enfants lors d’un raid de miliciens.  « C’est pour des femmes comme Françoise que nous nous rassemblons ici », a déclaré le représentant.  M. van Oosterom a insisté sur la nécessité d’une « réaction immédiate » pour aider quelque « 13 millions de Congolais », le double d’il y a un an.  Les autorités congolaises et la MONUSCO doivent protéger les acteurs humanitaires, a-t-il poursuivi, en rappelant que le Conseil avait « la possibilité, ce mois-ci », de donner à la Mission de l’ONU les moyens d’agir.  Les Pays-Bas appuient en outre fortement l’idée d’une visite du Conseil de sécurité en RDC au cours de cette année. 

L’aggravation de la crise humanitaire depuis 2016 est directement liée à la crise politique, a insisté le représentant, qui a estimé que, malgré des progrès, les conditions nécessaires à des élections crédibles n’étaient pas encore réunies, « parce que des personnes ont dû fuir, parce qu’elles ont trop peur ou parce que ce sont des femmes ».  Il a appelé les autorités congolaises et tous les acteurs politiques à renforcer leurs efforts pour assurer une participation importante des femmes lors des élections.

M. van Oosterom a ensuite rappelé que la crise en RDC n’était plus, si elle l’avait jamais été, seulement une crise nationale.  C’est une crise régionale, a-t-il rappelé, en soulignant le rôle des États voisins et des organisations régionales et sous-régionales comme la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.  Le 13 avril, les Pays-Bas, avec l’ONU, l’Union européenne et les Émirats arabes unis, organiseront la première Conférence humanitaire sur la RDC, a rappelé le représentant, qui a appelé les différents acteurs de la communauté internationale à apporter leur contribution. 

M. IGNACE GATA MAVITA WA LUFUTA (République démocratique du Congo) a expliqué que la persistance de l’insécurité due à l’activisme des groupes armés nationaux et étrangers dans la partie orientale de la RDC est à l’origine des déplacements massifs et continuels des populations, jadis sédentaires et qui vivaient principalement de l’agriculture et de l’élevage.  Cette situation, a-t-il poursuivi, a été aussi observée dans l’espace grand Kasaï qui a connu des troubles, avec la milice du chef coutumier Kamwina Nsapu, dans le Tanganyika avec le conflit entre les bantous et les pygmées et actuellement dans l’Ituri avec les groupes armés qui opèrent dans cette partie du pays.  De même, les conflits secouant les pays voisins, comme la République centrafricaine, le Soudan du Sud et le Burundi, ont provoqué l’afflux de réfugiés, sans compter les anciens réfugiés qui les avaient précédés, venus aussi à l’époque de bien d’autres pays voisins comme le Rwanda et l’Ouganda, comme c’est le cas notamment des Forces démocratiques alliées (ADF), de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). 

À cette situation de conflits armés, s’ajoutent des catastrophes naturelles avec des pluies diluviennes, les inondations et les glissements de terrain, ainsi que la résurgence de certaines épidémies jadis éradiquées, sans oublier l’insécurité alimentaire.  Pour ce dernier point, il a expliqué que cette insécurité alimentaire est due essentiellement à la mauvaise campagne agricole qui est à la base d’une faible production des produits alimentaires et au déficit de la production de maïs.  Le Gouvernement s’emploie à trouver des solutions dans le cadre de la restauration de la paix dans les zones secouées par des conflits armés, et il est ouvert à tout apport de la communauté internationale pour faire face à la situation.  Le représentant a rappelé que les autorités congolaises n’ont pas caché au Ministre de la coopération au développement et du commerce extérieur des Pays-Bas et au Coordonnateur des secours d’urgence, en visite dans leur pays, qu’elles trouvaient « excessif » le niveau d’urgence humanitaire appliqué à la RDC.  Pour les autorités congolaises, la situation d’urgence n’appelle nullement à une considération exagérée telle qu’elle est soutenue par la communauté internationale.  En vue d’harmoniser les vues sur cette question, il a été décidé de convoquer, avant la Conférence des donateurs de Genève, une réunion du Cadre national de concertation humanitaire, organe étatique compétent en matière de coordination de la réponse humanitaire, « pour échanger et décider en toute indépendance d’esprit et arriver à un entendement commun de la conduite des affaires humanitaires en RDC ». 

Pour M. Gata Mavita Wa Lufuta, même si l’intervention du Gouvernement et de la communauté internationale apporte une solution efficace et durable à la crise humanitaire dans les parties du pays en proie aux catastrophes naturelles, calamités et épidémies, il n’en sera pas de même dans les parties où sévissent les groupes armés.  Pour la RDC, « sans l’éradication de toutes les forces négatives qui y opèrent, il sera difficile, sinon impossible, de mettre un terme à cette situation ».  C’est pourquoi le Gouvernement de la RDC, qui tient à la paix sur l’ensemble du territoire national, poursuit sans relâche et avec détermination la lutte qu’il a engagée dans ce domaine pour la neutralisation et l’éradication complète de toutes ces forces.  En plus des actions militaires du Gouvernement, avec l’appui de la MONUSCO, le représentant a estimé que, parmi les solutions aux causes profondes de la situation humanitaire préoccupante de la RDC, il faudrait envisager un dialogue politique entre les groupes armés étrangers et leurs pays d’origine. 

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