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CS/13178
25 janvier 2018
8167e séance – matin

Processus de paix au Moyen-Orient: le « paradigme de règlement » du conflit a laissé place à un « paradigme de gestion », selon le Coordonnateur spécial

Compte tenu de l’impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers entre Palestiniens et Israéliens, le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient a déclaré au Conseil de sécurité, ce matin, que la communauté internationale est passée d’un « paradigme de règlement » à un « paradigme de gestion » du conflit.  Il est temps de rompre un « cycle destructeur », a déclaré M. Nickolay Mladenov.

« Certains croient en des décisions unilatérales qui n’aboutiront qu’à une réalité à un État, laquelle est incompatible avec les aspirations des deux peuples.  Et il y a ceux qui croient en la violence.  Ils ne reconnaissent pas le fait que Palestiniens et Israéliens – juifs, chrétiens et musulmans– ont un lien national, historique et religieux légitime avec cette terre.  Ils s’imaginent qu’une partie doit perdre pour que l’autre triomphe et que la terre peut et devrait appartenir à un seul peuple », a déploré le haut fonctionnaire, lors du débat trimestriel du Conseil sur la situation au Moyen-Orient.

Depuis l’annonce, par les États-Unis le 6 décembre, de leur décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer prochainement leur ambassade –décision désavouée* par tous les autres membres du Conseil de sécurité quelques jours plus tard– des manifestations émaillées de violences ponctuelles secouent la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, sur fond d’annonces par Tel-Aviv de nouvelles colonies de peuplement, a rappelé le haut fonctionnaire.

L’Observateur permanent de l’État de Palestine, M. Riyad Mansour, a réitéré la position « inébranlable » de sa délégation: la décision américaine est « nulle et non avenue » et « sans effet juridique » sur le statut de la Ville sainte, qui fait l’objet d’un consensus international depuis plusieurs décennies.

Si le représentant d’Israël n’a pas fait mention une seule fois aujourd’hui du processus de paix, préférant se lancer dans un réquisitoire implacable contre l’Iran, son homologue des États-Unis a annoncé qu’elle dérogerait exceptionnellement à la règle qu’elle s’est imposée depuis son arrivée à l’ONU: dénoncer en priorité « les régimes et les organisations terroristes » qui fragilisent la paix dans la région.

« Aujourd’hui, je vais prendre la parole sur la question d’Israël et des Palestiniens », a-t-elle annoncé.  L’« élément fondamental » du processus de paix, c’est la « volonté politique » des dirigeants, a-t-elle martelé.  « Une paix véritable exige d’eux qu’ils soient disposés à aller de l’avant, à reconnaître des vérités difficiles et à faire des compromis. »  Cela exige des dirigeants « tournés vers l’avenir, plutôt que vers les ressentiments du passé ».  Et par-dessus tout, des dirigeants qui ont du courage », a-t-elle dit, avant de citer comme inspiration l’ancien Président égyptien Anouar el-Sadate et feu le Roi Hussein de Jordanie, qui tous deux avaient signé des accords de paix avec Israël.

La représentante des États-Unis a désapprouvé aujourd’hui les propos du Président de l’Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, qui aurait « rejeté tout rôle américain dans les pourparlers de paix » et « insulté » le Président Donald Trump.  Devant les « distorsions répétées » de la position palestinienne, l’Observateur a dit qu’il ne s’agit pas « d’un manque de respect » par quiconque.  Notre position est ancrée dans le plein respect du droit international, des principes d’équité et de justice et dans le consensus international qui prévaut depuis des décennies.  « Aucun prix ne peut être mis sur les droits et la dignité de tout un peuple », a-t-il martelé, ajoutant « que ni les menaces, ni les intimidations et les actions punitives ne sauraient les annuler ».  La représentante américaine a prévenu: « nous ne courrons pas après un leadership palestinien qui manque des qualités nécessaires ». 

À l’instar de M. Mladenov, plusieurs des 50 intervenants se sont dits préoccupés par la baisse significative du niveau des contributions habituellement consenties par les États-Unis au budget de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).  La Bolivie s’est toutefois félicitée de l’annonce de la Suède de revoir à la hausse sa contribution à cet organisme de secours, dont dépendent 5,3 millions de personnes.

Pour la France, la situation dans les camps de réfugiés palestiniens constitue une « bombe à retardement ».  « Une interruption des services de l’UNRWA pourrait entraîner une escalade des tensions à Gaza, mais également des répercussions en matière de sécurité dans les pays qui accueillent des réfugiés, notamment le Liban », a mis en garde le représentant.  Un appel repris à son compte par sa collègue de la Jordanie, un des autres principaux pays d’accueil des réfugiés palestiniens. 

Le représentant d’Israël s’est étonné que de nombreux pays restent « les bras croisés » devant la « menace iranienne », affirmant que « le croissant chiite est à nos portes ».  Pour étayer ses accusations, il a présenté des « informations confidentielles » sur l’accumulation d’armements et de militaires iraniens en Syrie, où se trouveraient selon lui 82 000 combattants aux ordres de Téhéran, 3 000 membres de la Garde révolutionnaire iranienne, 9 000 du Hezbollah et 10 000 miliciens chiites violents.  Soixante-mille combattants syriens locaux seraient en outre placés sous le commandement direct du régime iranien, a-t-il soutenu.

Cette « obsession étrange et forme d’hystérie » a été moquée par son homologue de l’Iran qui a souligné que l’occupation par Israël du territoire palestinien est au cœur de tous les conflits de la région depuis des décennies.  Il a accusé le « régime israélien » de continuer de violer au moins 86 résolutions du Conseil de sécurité, depuis la résolution 54 (1948) jusqu’à la résolution 2334 (2016), « grâce à l’impunité que lui procurent les États-Unis ». 

* Communiqué de presse CS/13125 du 18 décembre 2017

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT, Y COMPRIS LA QUESTION PALESTINIENNE

Déclarations

M. NICKOLAY MLADENOV, Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, a déclaré que « nous sommes tombés dans le paradigme de la gestion, davantage que dans celui de la résolution du conflit israélo-palestinien ».  « Certains croient en des décisions unilatérales qui n’aboutiront qu’à une réalité à un État, laquelle est incompatible avec les aspirations des deux peuples.  Et il y a ceux qui croient en la violence.  Qui sont convaincus que la confrontation est la seule option.  Ils ne reconnaissent pas le fait que Palestiniens et Israéliens –juifs, chrétiens et musulmans– ont un lien national, historique et religieux « légitime » à cette terre.  Ils s’imaginent qu’une partie doit perdre pour permettre à l’autre de prévaloir », a déploré le haut fonctionnaire.

« Nous –les Nations Unies, le Conseil de sécurité, la communauté internationale– avons la responsabilité de prouver que ceux qui croient en la violence et la confrontation ont tort », a-t-il poursuivi.  Alors que nous nous apprêtons à célébrer cette année le vingt-cinquième anniversaire des Accords d’Oslo, il a demandé de ne pas renoncer à ces accords.  Au contraire, « l’heure est venue de favoriser les politiques de nature à renforcer la confiance sur le terrain; l’heure est venue de se pencher sur les questions relatives au statut final sur la base d’un consensus international; l’heure est venue de démontrer une volonté politique pour lever les obstacles à une solution durable ».  Et quelle est cette solution? a demandé M. Mladenov.  « Je crois qu’il s’agit de celle qui répondra à l’ensemble des préoccupations et permettra aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre en paix et en sécurité en tant que voisins et partenaires dans deux États distincts. »

L’heure est maintenant venue de faire preuve de leadership, a insisté le Coordonnateur spécial, pour qui il s’agit de prendre des mesures concrètes pour changer de cap, sous peine de s’exposer au risque d’un nouveau conflit et d’une catastrophe humanitaire.  Il s’est ensuite dit profondément préoccupé par la réduction significative du niveau des contributions que font traditionnellement les États-Unis au budget de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).  M. Mladenov s’est toutefois félicité de l’appel lancé par cet organisme en vue d’élargir sa base de donateurs internationaux, dans le but de maintenir la continuité des services qu’il fournit à 5,3 millions de réfugiés palestiniens. 

Selon le haut fonctionnaire, le conflit israélo-palestinien continue d’avoir un coût humain élevé.  Au cours du mois écoulé, en Cisjordanie comme à Gaza, les manifestations, accompagnées de niveaux de violences généralement bas, se sont poursuivies après la reconnaissance par Washington, le 6 décembre dernier, de Jérusalem comme capitale d’Israël.  Depuis le 18 décembre, 7 civils palestiniens, dont 3 enfants, ont été tués par les forces de sécurité israéliennes lors de telles manifestations et d’affrontements –4 dans la bande de Gaza et 3 en Cisjordanie– et 2 autres Palestiniens ont succombé à leurs blessures subies lors des manifestations au cours des deux semaines précédentes.  En outre, le 9 janvier, un civil israélien a été abattu près de Naplouse, a ajouté M. Mladenov, qui a également mentionné la mort, lors d’un raid mené le 18 janvier à Djénine, d’un Palestinien et l’arrestation de plusieurs autres.

Au cours de la période considérée, des militants palestiniens ont effectué huit tirs de roquettes et de mortier depuis Gaza en direction d’Israël, causant des dégâts matériels.  En représailles, les forces de défense israéliennes ont pris pour cibles des installations militaires du Hamas et détruit un autre tunnel de Gaza qui s’étendait jusqu’en Israël et en Égypte, situé sous le point de passage de Kerem Shalom.

Par ailleurs, les activités de peuplement d’Israël se poursuivent malgré une condamnation internationale très large.  Le 10 janvier, les autorités israéliennes ont présenté les projets relatifs à plus de 1 400 logements dans la zone C.  En outre, la construction de neuf unités de logement à Psagot a été approuvée et quatre offres ont été rendues publiques pour quelque 500 unités.  « En comparaison, en 2017, à peine 50 appels d’offres avaient été publiés », a observé le Coordonnateur spécial.  De plus, Tel-Aviv a annoncé qu’une dizaine de nouvelles offres pour 880 logements dans sept colonies serait publiée dans les semaines à venir.  « La construction de colonies de peuplement est illégale en vertu du droit international et constitue l’un des principaux obstacles à la paix », a rappelé le haut fonctionnaire. 

Parallèlement, la démolition de structures appartenant à des Palestiniens se poursuit également, avec pas moins de 16 rasées au cours du mois écoulé, a relevé M. Mladenov.  Le risque de démolition de 46 établissements scolaires dans la zone C et à Jérusalem-Est est particulièrement préoccupant, s’est-il alarmé. 

En ce qui concerne Gaza, il a noté que l’aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire contribue à la détérioration de la situation générale, sachant en outre que la mise en œuvre de l’accord interpalestinien négocié par l’Égypte est à l’arrêt.  « Les deux parties ont été incapables de parvenir à un accord sur la levée des principaux obstacles, comme la collecte des impôts, le paiement des salaires aux employés du secteur public, le retour de l’administration gouvernementale dans les ministères et autres institutions et, en fin de compte, le contrôle de la sécurité à Gaza », a regretté M. Mladenov.

Cependant, il s’est dit encouragé par le fait que les passages à Gaza sont, depuis le 1er novembre dernier, contrôlés par les autorités palestiniennes légitimes.  Il s’est également dit satisfait par la décision prise, le 3 janvier, par l’Autorité palestinienne, de reprendre les paiements de la facture totale d’électricité achetée à Israël, permettant de fournir entre six et huit heures d’électricité par jour dans la bande de Gaza.  Mais, alors que le blocus par Israël se poursuit, le « cocktail explosif » de défis humanitaires, politiques et sécuritaires doit être « désamorcé » d’urgence, a mis en garde le Coordonnateur spécial, qui s’est donc félicité de la session extraordinaire du Comité de liaison ad hoc qui se tiendra en Norvège le 31 janvier au niveau ministériel.

Venant à la situation au Liban, M. Mladenov a relevé que les efforts continuent à consolider la stabilité, après le retour du Premier Ministre Hariri.  Dans le cadre de la mise en œuvre du communiqué du groupe de soutien international de Paris du 8 décembre, les préparatifs sont en cours pour une conférence de soutien aux forces armées libanaises et à la sécurité, qui se tiendra fin février en Italie.  Et la situation dans la zone d’opérations de la FINUL est restée généralement calme au cours du mois écoulé, a encore noté M. Mladenov.

En concluant son exposé, le Coordonnateur a déclaré qu’il est temps de briser le « cycle destructeur » en cours dans le conflit israélo-palestinien, et de recommencer à poser les fondations de la paix.

M. RIYAD MANSOUR, Observateur permanent de l’État de Palestine, a estimé que l’année 2017 s’était terminée sur une note décourageante suite aux décisions prises, qui renient à la fois les droits et les aspirations nationales du peuple palestinien, bafouant au passage le consensus international qui existait depuis des décennies sur le statut de Jérusalem et le conflit israélo-palestinien en général.  « En même temps, nous avons trouvé le réconfort et l'espoir dans le rejet retentissant de ces décisions et les réaffirmations sans équivoque –ici dans cette salle, à l’Assemblée générale et dans les capitales du monde- des résolutions pertinentes 476(1980), 478 (1980) et 2334 (2016); du respect pour le statut juridique, politique et historique de la ville de Jérusalem; du statut de territoire occupé de Jérusalem-Est qui fait intégralement partie du reste du Territoire palestinien occupé depuis 1967; du respect du status quo historique d’Al-Haram Al-Charif et de la Jordanie gardienne des lieux saints musulmans et chrétiens de la ville; et des positions et principes fondamentaux qui reconnaissent le statut spécial, la sensibilité et la centralité de Jérusalem dans le processus de paix, et donc le fait qu’elle figure parmi les questions du statut final à résoudre pour parvenir à une paix juste et durable », a poursuivi l’Observateur permanent.  Pour sa délégation, les hypothèses selon lesquelles la paix pourrait être réalisée autrement -que ce soit par voie unilatérale ou par l'imposition illégale de faits sur le terrain- sont des hypothèses fausses au mieux et dangereuses et répréhensibles au pire.

La position de la Palestine, qui rejette la décision du 6 décembre 2017 sur Jérusalem par les États-Unis, a été transmise au Conseil et demeure inébranlable, a-t-il réaffirmé: il s’agit d’une décision nulle et non avenue qui n’a pas d’effet juridique sur le statut de Jérusalem.  M. Mansour a salué au passage l’affirmation de cette position par l’Assemblée générale le 21 décembre dernier.

Suite à certaines « distorsions répétées » de la position palestinienne, il s’est dit dans l’obligation d’apporter des précisions, notamment pour dire qu’il ne s’agit pas « d’un manque de respect » par quiconque.  Au contraire, la position palestinienne est ancrée dans le plein respect du droit, des principes d’équité et de justice, de la Charte des Nations Unies, de ce Conseil, de l’Assemblée, ainsi que du consensus international qui prévaut depuis des décennies sur les paramètres d’une solution pacifique, a expliqué l’Observateur.  C’est une position de respect des aspirations nationales légitimes du peuple palestinien, mais aussi des droits de l’homme et de la dignité de ce peuple.  « Aucun prix ne peut être mis sur les droits et la dignité de tout peuple », a estimé M. Mansour, ajoutant « que ni les menaces, ni les intimidations et les actions punitives ne sauraient les annuler ».  Il a demandé à ce que « tous ceux qui recherchent la paix et la justice et qui croient sincèrement au droit international comme voie idoine pour les réaliser » rejettent toute tentative en ce sens.

Allant de l’avant, sa délégation continuera à exiger que le droit international soit appliqué à la question de la Palestine dans la quête de la paix et de la réalisation des droits inaliénables du peuple palestinien.  Il s’est indigné de constater que « son peuple, le peuple occupé » ne cesse de devoir justifier qu’il mérite qu’on lui accorde ces droits, alors même qu’il n’a cessé de prouver son attachement de bonne foi à la paix.  L’Observateur permanent a aussi rejeté les accusations israéliennes selon lesquelles le Président Abbas ne serait pas « un homme de paix », et toute autre forme de diabolisation des Palestiniens.  « En exploitant les circonstances actuelles et la colère et le ressentiment qu’ils ont causés, ils essayent encore de distraire l’attention de la communauté internationale et d’échapper à leur responsabilité dans l’impasse politique et la situation déplorable sur le terrain, avec des revendications fausses et honteuses à l´égard de la partie palestinienne. »

Sur cette toile de fond sombre, c’est un euphémisme que de dire que la situation dans le territoire occupé, y compris à Jérusalem-Est et dans les camps de réfugiés, est grave et que les Palestiniens font face à une crise existentielle, a-t-il affirmé.  « Le monde est en train d’assister à la déshumanisation du peuple palestinien, à sa subjugation et à sa déchéance, à des tentatives visant à effacer son histoire, son héritage et son identité; et à la décimation de ses communautés et de leurs espoirs, sans qu’il y ait une quelconque perspective de mettre fin à cette parodie », s’est-il indigné avant d’avertir les membres du Conseil qu’un tel déni de justice et du droit international crée un précédent dangereux qui va bien au-delà de la question palestinienne.

Quel est le message que nous envoyons à nos jeunes, et comment leur expliquer la baisse de l’aide humanitaire à ceux dans le besoin? a-t-il demandé en questionnant le fondement même de la politisation de l’aide humanitaire.  M. Mansour a lancé un appel urgent aux donateurs de l’UNRWA pour qu’ils garantissent à l’Office les moyens de poursuivre ses activités vitales.  

Un an après l’adoption de la résolution 2334(2016) dans cette salle, la détérioration dramatique de la situation, l’escalade des tensions et l’aggravation de l’impasse politique sont de graves causes de préoccupation, a dit le représentant.  Nous croyons toujours que la résolution 2334(2016) est la meilleure chance de rectifier la trajectoire et de sauver la solution des deux États avec les lignes de 1967 vers la fin de l’occupation israélienne qui a commencé cette année-là, a-t-il ajouté.  Pour lui, c’est le moment pour la communauté internationale de mobiliser la volonté politique nécessaire pour garantir l’application des résolutions pertinentes et pour relancer le processus de paix.  Il a réitéré l’appel lancé par les dirigeants palestiniens pour un processus de paix collectif sous les auspices internationales en vue de parvenir à une solution juste et de doter les Palestiniens des droits qui leur ont longtemps été déniés.  C’est à son avis une requête juste car, malgré nos meilleurs efforts, il est clair que les initiatives unilatérales ont échoué.  Les mécanismes pour un tel processus collectif existent déjà et devraient être activés immédiatement, a-t-il précisé.

Pour conclure, M. Mansour en a appelé au Quatuor, lui rappelant ses responsabilités; au Conseil de sécurité, en vertu des devoirs que lui a confiés la Charte et des résolutions pertinentes; et aux Nations Unies, citant leur responsabilité permanente sur la question de la Palestine.  « Nous réitérons notre appel aux pays qui n’ont pas encore reconnu l’État de Palestine de le faire, sur la base des frontières d’avant 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. »

M. DANY DANON (Israël) s’est dit préoccupé par la menace qui pèse au-dessus « de nous tous dans cette salle: la menace iranienne ».  Il a salué le combat moral actuel du peuple iranien, avant de dénoncer les activités dangereuses du régime iranien.  « Nous vous avons mis en garde contre le danger iranien », a-t-il rappelé en s’étonnant que nombreux pays restent les bras croisés.  Le délégué a partagé des « informations confidentielles » sur l’accumulation militaire de l’Iran en Syrie.  Il y a dans ce dernier 82 000 combattants relevant de l’autorité de l’Iran, 3 000 membres de la Garde révolutionnaire iranienne, 9 000 membres du Hezbollah et 10 000 membres de milices chiites violentes, a-t-il précisé.  L’Iran commande en outre 60 000 combattants syriens locaux, a poursuivi le délégué.  « Ce sont là des faits incontestables. »

M. Danon a déclaré que l’Iran a la volonté de terroriser le monde libre.  Ce pays fabrique des bombes en Syrie et vise à faire de ce pays la plus grande base militaire au monde, a-t-il déclaré.  « Le croissant chiite est arrivé à notre porte. »  Il a indiqué que l’Iran est prêt à frapper à tout moment, avant d’assurer que son pays se défendra et protégera ses citoyens.  Si l’Iran commence par s’attaquer à Israël, vous serez les prochains, a-t-il lancé aux membres du Conseil.  Le délégué a déclaré que les revenus des accords commerciaux signés avec les grandes entreprises européennes financent le programme balistique iranien, en violation des résolutions du Conseil.  Il a dénoncé l’appui financier de l’Iran à ses affidés partout dans le monde, « en Judée-Samarie », au Liban ou encore au Yémen.  L’Iran se construit un empire, a-t-il déclaré, ajoutant que le croissant chiite est bien la réalité.  Ce croissant chiite veut détruire Israël, déstabiliser la région et menacer le monde entier, a-t-il déclaré.  « Nous sommes tous en danger, parce que bientôt les fusils iraniens vous viseront. »  Il est temps que le Conseil confronte fermement le danger iranien, a conclu M. Danon.

Mme NIKKI R. HALEY (États-Unis) a déclaré qu’au cours de l’année écoulée, elle avait été le plus souvent d’avis que cette séance sur le Moyen-Orient était « impropre ».  « Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises, cette session consacre beaucoup trop de temps à Israël et aux Palestiniens et trop peu de temps aux régimes et groupes terroristes qui minent la paix et la sécurité dans la région, notamment l’Iran, Daech, le Hezbollah, et le Hamas.  Cependant, aujourd’hui je vais mettre de côté ma pratique habituelle.  Aujourd’hui, moi aussi, je me concentrerai sur la question de la paix entre Israël et les Palestiniens.  Qu’est ce qui a changé? » s’est-elle demandé.

Les événements du mois dernier ont mis en lumière un aspect critique du problème israélo-palestinien, a-t-elle avancé.  Non, a-t-elle dit, ce ne sont pas les questions de sécurité, des frontières, des réfugiés ou des colonies de peuplement.  L’élément indispensable, ce sont des dirigeants qui ont la volonté de faire ce qui est nécessaire pour parvenir à la paix, a tranché la représentante.  Selon elle, la paix véritable exige des dirigeants qui soient disposés à aller de l’avant, à reconnaître des vérités difficiles et à faire des compromis.  Cela exige des leaders qui se tournent vers l’avenir plutôt que de s’attarder sur les ressentiments du passé.  Avant tout, de tels leaders ont besoin de faire preuve de courage.  Le Président égyptien Anouar el-Sadate était un tel chef, a-t-elle estimé.  « Il y a 40 ans, le Président el-Sadate a fait une chose exceptionnelle.  L’Égypte et Israël étaient toujours en guerre.  En fait, el-Sadate lui-même avait lancé l’Égypte dans une guerre contre Israël seulement quelques années auparavant.  Mais il a pris la décision courageuse de réaliser la paix.  Et lorsqu’il a pris cette décision, il s’est rendu à Jérusalem et a prononcé un discours devant la Knesset israélienne. »

El-Sadate, a poursuivi Mme Haley, n’est pas allé à Jérusalem « à genoux ».  Il a parlé en termes non équivoques des concessions difficiles qu’il attendait des Israéliens.  Et puis il a dit aux législateurs israéliens: « Nous vous rejetions.  Pourtant, aujourd’hui, je vous le dis, et je le déclare au monde entier, nous acceptons de vivre avec vous dans une paix permanente basée sur la justice. »  Ce sont là les mots qui ont conduit à la paix entre l’Égypte et Israël.  Ce n’était pas un processus facile.  Il a fallu encore 16 mois de négociations difficiles pour parvenir à un traité de paix.  Mais les paroles d’el-Sadate ont aidé Israël à comprendre qu’il avait un partenaire avec qui il pourrait faire de tels compromis.  « Certains ont dit que ce sont les mots qui ont tué Anouar el-Sadate.  Mais personne ne peut contester que des générations d’Égyptiens et de citoyens israéliens aient bénéficié d’une paix qui a résisté à l’épreuve du temps.

Comparez ces mots à ce que le Président de l’Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, a dit il y a 11 jours: « Il a rejeté tout rôle américain dans les pourparlers de paix.  Il a insulté le Président américain.  Il a appelé à suspendre la reconnaissance d’Israël.  Il a invoqué un passé repoussant et fictif, remontant au XVIIe siècle, pour dépeindre Israël comme un projet colonialiste conçu par les puissances européennes ».  Curieusement, le discours du Président Abbas a eu peu d’échos dans les médias.  « J’encourage tous ceux qui se soucient de la cause d’une paix juste et durable au Moyen-Orient à lire le discours du Président Abbas par eux-mêmes », a proposé Mme Haley.

Malgré tout, les États-Unis restent pleinement préparés et désireux de poursuivre la paix, a-t-elle assuré. « Nous n’avons rien fait pour préjuger des frontières définitives de Jérusalem.  Nous n’avons rien fait pour modifier le statut des lieux saints.  Nous restons attachés à la possibilité des deux États, si les parties en conviennent ».

Comme pour l’Égypte, la paix exige un compromis, a-t-elle souligné.  Cela nécessite des solutions qui tiennent compte des intérêts fondamentaux de toutes les parties.  C’est ce sur quoi les États-Unis se concentrent pour le conflit israélo-palestinien.  « Les discours remplis de haine et la fin des négociations ne nous mènent nulle part », a lancé la représentante.

Le Roi Hussein de Jordanie était un autre chef de file.  En 1994, il a mis fin à 46 ns de guerre et conclu un accord de paix avec Israël, un accord toujours en vigueur à ce jour.  « Je pose la question aujourd’hui: où est le Roi Hussein palestinien? Où est le Anouar el-Sadate palestinien?  Si le Président Abbas démontre qu’il peut être ce type de leader, nous l’accueillerons volontiers.  Ses actions récentes démontrent le contraire », a conclu la délégation.

Les États-Unis restent profondément engagés à aider les Israéliens et les Palestiniens à parvenir à un accord de paix historique pour les deux peuples, tout comme nous l’avons fait avec succès avec les Égyptiens et les Jordaniens.  Mais nous ne courrons pas après un leadership palestinien à qui manquent les qualités nécessaires pour obtenir la paix.  Pour obtenir des résultats historiques, nous avons besoin de leaders courageux, a conclu Mme Haley en faisant référence à l’histoire qui nous a donné de tels dirigeants dans le passé.  « Pour les peuples palestinien et israélien, nous prions pour que ce soit à nouveau le cas. »

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a demandé un règlement juste et négocié du conflit israélo-palestinien, sur la base du droit international.  Le processus s’est nettement compliqué, en raison non seulement de la poursuite de la colonisation mais aussi d’annonces récentes autour de la ville de Jérusalem, a-t-il déploré.  Il a mentionné le manque de confiance des Palestiniens à l’endroit des États-Unis et déploré les coupes dans le budget de l’UNRWA.  Les Palestiniens se trouvent dans une situation où ils n’ont plus rien à perdre, a-t-il dit, en soulignant les dangers inhérents à cette situation.  Il a demandé l’accès de tous les fidèles aux Lieux saints à Jérusalem, avant de souligner la nécessité d’appliquer les recommandations du dernier rapport du Quatuor.

La Russie continuera d’œuvrer pour que le processus de paix soit débloqué, a-t-il dit, en réitérant sa proposition d’accueillir le Président de l’Autorité palestinienne et le Premier Ministre israélien pour un sommet à Moscou.  Si la Syrie a été débarrassée de ses éléments terroristes et reste un État souverain, c’est grâce à l’action de la Russie, a-t-il argué.  Le délégué s’est dit ensuite préoccupé par la situation au Yémen, avant de saluer les efforts humanitaires de l’Arabie saoudite et d’appeler à la reprise du processus politique.  Enfin, le délégué a fait valoir les relations harmonieuses que la Russie entretient avec tous les pays du Moyen-Orient, en raison de sa non-ingérence dans les affaires intérieures de ces États. 

M. WU HAITAO (Chine) a rappelé son attachement à la solution des deux États, avec la création d’un État palestinien dans le respect des frontières d’avant 1967 et Jérusalem-Est pour capitale.  « C’est là notre position de principe et elle ne changera pas », a-t-il déclaré.  La question de Jérusalem est complexe, a poursuivi le représentant, pour qui son statut doit être réglé dans le respect des différentes sensibilités religieuses présentes sur le terrain.  Il a rappelé l’existence d’un consensus international sur le statut de Jérusalem, entériné par de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale.  Le délégué chinois a enfin attitré l’attention sur le sort des réfugiés palestiniens, soulignant notamment le fardeau que leur présence occasionne pour les pays qui les accueillent.

M. KAREL JAN GUSTAAF VAN OOSTEROM (Pays-Bas) s’est dit préoccupé par les développements sur le terrain qui continuent de saper la recherche de la solution des deux États, condamnant tous les actes de violence.  Il n’y a pas de justification au terrorisme, a déclaré M. van Oosterom, inquiet également du nombre élevé des victimes palestiniennes dans les protestations et les confrontations de ces derniers mois.  La réponse à la violence devrait être proportionnée, a-t-il suggéré en demandant aux deux parties de prévenir l’escalade.  Il s’est fermement opposé aux dernières annonces d’expansion des colonies par Israël.

Le représentant a souhaité que les deux parties prennent d’urgence des mesures positives et décisives pour forger la confiance et améliorer la situation sur le terrain.  Il a appelé Israël à geler l’expansion des colonies et à permettre le renforcement de l’Autorité palestinienne.  Il a exhorté les dirigeants palestiniens à condamner les attaques terroristes, à continuer la coopération sur le plan sécuritaire, et à poursuivre les efforts sur la voie difficile de la réconciliation intrapalestinienne. 

Il a également jugé nécessaire un horizon politique pour la solution des deux États, conformément notamment aux résolutions 2334 (2016) et 478 (1980).  « Les démarches unilatérales sont inutiles. »  À la place, les Pays-Bas attendent avec impatience la réunion du Comité spécial de liaison pour la coordination de l’assistance internationale aux Palestiniens pour aborder la situation à Gaza.  Le représentant, qui est aussi préoccupé par la situation financière de l’UNRWA, a encouragé les autres États à soutenir l’Office le plus rapidement possible à l’instar des Pays-Bas qui ont décidé d’avancer leurs contributions pour 2018.  Avant de terminer, M. van Oosterom a attiré l’attention sur deux autres questions régionales à savoir l’impact négatif du Hezbollah dans les conflits régionaux et le Yémen.  Il a appelé le Hezbollah à désarmer et à cesser son comportement déstabilisant.  Au Yémen, il a répété l’appel du Conseil de sécurité aux parties pour un accès rapide et sans entrave de l’aide et du personnel humanitaires et des autres importations essentielles. 

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a rappelé la position historique de son pays en faveur de la réalisation des droits des Palestiniens.  Aucune partie ne doit se soustraire à ses obligations de mettre en œuvre les résolutions du Conseil, a-t-il dit, en dénonçant les provocations d’Israël.  Il a dénoncé l’expansion des colonies de peuplement israéliennes et la démolition de structures palestiniennes.  Le délégué a plaidé pour la solution des deux États et appelé de ses vœux une paix « globale et juste ».  L’adoption de toute mesure unilatérale, sur le statut de Jérusalem notamment, est dangereuse, a-t-il averti.  Le délégué a souligné le rôle crucial que joue l’ONU dans l’appui fourni aux Palestiniens et salué le travail accompli par l’UNRWA, qui contribue à la stabilité de la région.  Enfin, il a indiqué que son pays a fourni une contribution de 9 millions de dollars à l’UNRWA et invité les pays à combler les coupes dans son budget.

M. OLOF SKOOG (Suède) a réitéré l’engagement de son pays à la solution des deux États, la seule qui peut répondre aux aspirations légitimes des Israéliens et des Palestiniens et aider à parvenir à la sécurité et à la paix.  Le représentant est aussi profondément préoccupé par les politiques et les démarches législatives israéliennes qui risquent de porter préjudice aux futures négociations et saper les recherches de la solution des deux États.  Ceci est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit des politiques et des lois qui aliènent le statut de Jérusalem, y compris la politique israélienne de révocation des droits de résidence des Palestiniens en violation du droit international humanitaire.

M. Skoog a martelé que « Jérusalem est la future capitale des deux États ».  Il a appelé tous les États Membres à continuer de respecter le consensus international sur Jérusalem dans la résolution 478 (1980), y compris sur l’implantation des représentations diplomatiques jusqu’à ce que le statut final de Jérusalem soit résolu.  Le représentant a également dénoncé le rétrécissement de l’espace pour la société civile et de la possibilité de promotion des droits de l’homme à la fois du côté palestinien et du côté israélien.  Cette image sombre doit nous obliger à accroître nos efforts pour aider à relancer un processus de paix significatif qui permet à Israël et à la Palestine de vivre, côte à côte, dans la paix et la sécurité avec Jérusalem comme future capitale des deux États.  Avant de terminer, M. Skoog a lancé un appel à tous les États Membres à renforcer leur aide à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a déclaré que les crises meurtrières qui traversent le Moyen-Orient ne banalisent pas le conflit israélo-palestinien.  « Par sa dimension symbolique, son écho régional et sa place dans l’imaginaire collectif, ce conflit conserve son caractère central et mobilisateur », a-t-il affirmé, en jugeant que toute escalade sur le terrain porte le risque de conséquences régionales incontrôlables.  Ce conflit est le seul dont la solution soit à ce point connue et partagée au sein de la communauté internationale, a-t-il poursuivi, mentionnant la solution des deux États.  Le délégué a pris note de l’engagement des États-Unis à rechercher une reprise des négociations en vue d’un accord sur le statut final et encouragé ce pays à formuler des propositions en ce sens.  Il n’existe pas d’alternative aux paramètres internationalement agrées, a déclaré M. Delattre.

S’agissant des lignes de 1967, le délégué a déploré que l’entreprise de colonisation des territoires palestiniens soit en train d’imposer une autre réalité, ajoutant que 2017 a été une année record en la matière.  « Nous condamnons la colonisation sous toutes ses formes. »  Concernant le statut de Jérusalem, M. Delattre a déclaré qu’il devait être déterminé par les parties dans le cadre d’un accord de paix, la ville ayant vocation à devenir la capitale des deux États.  En l’absence d’accord, la France ne reconnaît aucune souveraineté sur Jérusalem, a-t-il dit, en désapprouvant les annonces américaines de l’année dernière.

Pour M. Delattre, la situation dans les camps de réfugiés palestiniens constitue une bombe à retardement, ce qui rend indispensable l’assistance apportée par l’UNRWA.  Une interruption des services de l’UNRWA pourrait conduire à une escalade à Gaza, mais également des répercussions en matière de sécurité dans les pays qui accueillent des réfugiés, notamment au Liban, a-t-il averti en exprimant sa préoccupation quant aux annonces de gel partiel de la contribution américaine à l’UNRWA.  Il a ensuite réaffirmé solennellement qu’il n’existe pas d’alternative viable à la solution des deux États.  L’État unique, présenté par certains comme une réponse possible au blocage actuel, marquerait une double impasse: pour les Palestiniens, l’abandon de leurs aspirations étatiques; pour les Israéliens, la ruine de leur projet national démocratique, a-t-il déclaré.

Enfin, M. Delattre a affirmé qu’il n’y aura pas de solution politique durable sans unité entre Gaza et la Cisjordanie et dit son attachement à l’accord signé au Caire le 12 octobre par le Fatah et le Hamas.

Mme MAHLET HAILU GUADEY (Éthiopie) a fait observer que, pour les États de la Corne de l’Afrique, la situation au Moyen-Orient avait des implications directes en matière de paix et de stabilité.  Déjà, les conséquences de la crise dans le Golfe et du conflit au Yémen se font sentir de l’autre côté de la mer Rouge, a-t-elle ajouté, en citant notamment les inquiétudes que suscitent les tentatives de Daech pour établir des cellules en Somalie.  Certains développements ont clairement le potentiel de saper les gains récemment acquis en matière de paix et de sécurité dans la région, a commenté Mme Guadey.

Concernant le conflit israélo-palestinien, la représentante a rappelé la position de principe de son pays en faveur de la solution des deux États, estimant que les blocages actuels ne font que retarder la quête de justice, voire constituent une « recette pour un désastre » au moment où le terrorisme représente un défi majeur pour la région et où la violence sectaire augmente.  L’Éthiopie demande aux deux parties de reprendre des négociations directes dans un esprit de compromis et de confiance mutuelle.  Mme Guadey a dit souhaiter que la session extraordinaire du Comité spécial de liaison pour la coordination de l’assistance internationale aux Palestiniens, qui doit avoir lieu avant la fin du mois à Bruxelles, permettra à toutes les parties de discuter des mesures permettant d’accélérer les efforts en vue d’une solution négociée des deux États.

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) a dénoncé les conditions de vie inhumaines qu’endurent les Palestiniens, dont plus de cinq millions sont réfugiés, ainsi que les annonces faites récemment par Israël d’accélérer la construction de nouvelles colonies de peuplement sur le Territoire palestinien occupé.  Le représentant s’est également dit préoccupé de la décision des États-Unis de revoir à la baisse le montant de sa contribution au budget de l’UNRWA, avec pour corollaire une aggravation de la situation humanitaire dans les camps de réfugiés administrés par cet organisme de secours.  Aussi a-t-il salué l’annonce de la Suède de revoir sa contribution à la hausse pour la porter à hauteur de 58,5 millions de dollars.  M. Llorenty Solíz a en outre considéré que la décision des États-Unis de déclarer Jérusalem capitale d’Israël, contraire au droit international et aux résolutions pertinentes de ce Conseil, est susceptible de raviver les tensions sur le terrain.  La Bolivie est convaincue que la seule solution viable sur le long terme au conflit israélo-palestinien est celle qui verra l’émergence de deux États coexistant en paix et en sécurité, dont la Palestine, dans le respect des frontières d’avant 1967.

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) a déploré le manque de progrès s’agissant du règlement du conflit israélo-palestinien.  Elle a plaidé pour la solution des deux États et encouragé les parties à garantir la dignité des Lieux saints à Jérusalem.  Elle a indiqué que son pays continuera de respecter le statut de Jérusalem, ajoutant que le statut final de la ville devra être réglé par des négociations.  La déléguée de la Pologne a défendu un dialogue significatif entre les trois religions monothéistes.  Puis, elle a appelé les deux parties à s’engager en faveur de la paix en prenant des mesures concrètes allant en ce sens.  La représentante s’est dite très préoccupée par la réduction du budget de l’UNRWA, agence qui joue un rôle important pour la stabilisation de la région.  La communauté internationale doit garantir la poursuite des travaux de l’agence sur une base financière saine, a-t-elle conclu, en promettant l’appui financier de son pays.

M. STEPHEN HICKEY (Royaume-Uni) a condamné la rhétorique incendiaire entendue récemment de part et d’autre dans le cadre du conflit israélo-palestinien.  Après avoir pris acte de l’engagement de l’Autorité palestinienne en faveur d’une solution des deux États, il a dénoncé la recrudescence des activités de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, en particulier les 10 nouvelles offres annoncées par Israël pour la construction de 880 logements, une décision qui remet en cause l’intégrité du territoire d’un futur État palestinien.  Évoquant la situation à Gaza, le représentant britannique a salué la meilleure fourniture d’électricité, à la suite de la reprise des paiements par l’Autorité palestinienne à Israël.

La délégation britannique, a-t-il poursuivi, reste fermement engagée auprès de l’UNRWA, qui fournit des services de base indispensables.  Tout retard ou réduction dans le financement de cet organisme serait dommageable à la population palestinienne réfugiée qui en dépend.  « Chaque Palestinien et Israélien a le droit de vivre en paix et en sécurité, et nous continuerons de soutenir toute initiative des États-Unis de nature à relancer le processus de paix », a assuré le représentant.  Il est temps pour les parties et la communauté internationale d’œuvrer de concert à l’avènement de la solution des deux États, a ajouté M. Hickey en conclusion.

M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) a déploré la dégradation de la situation au Moyen-Orient, en raison notamment des faits survenus à la fin de 2017.  Il a dit l’attachement de son pays à la stabilisation de la région et plaidé pour un processus négocié de règlement.  Les Israéliens et les Palestiniens doivent s’engager dans un dialogue franc et direct, a-t-il dit, en défendant la solution des deux États.  Le délégué a déclaré que les revendications historiques des Palestiniens sont légitimes, tout en soulignant le droit d’Israël de vivre dans la sécurité.  Le droit d’exister ne peut être refusé ni à la Palestine, ni à Israël, a-t-il déclaré.  Enfin, le représentant a exhorté le Conseil à prendre les mesures nécessaires pour un retour des parties à la table des négociations. 

M. BERNARD TANOH-BOUTCHOUE (Côte d’Ivoire) a déploré une cristallisation des positions en présence, depuis que les États-Unis ont reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et décidé de transférer leur ambassade dans cette ville.  L’enlisement du processus de paix et le raidissement des parties, a prévenu le représentant, sont de nature à saper durablement les efforts de la communauté internationale dans la recherche d’une solution des deux États vivant côte-à-côte, dans la paix, la sécurité et « la reconnaissance mutuelle des droits légitimes de chacun ».  La Côte d’Ivoire réaffirme son soutien à la solution des deux États comme la seule viable et, quant au statut définitif de Jérusalem, estime qu’il doit être négocié dans le cadre d’une solution concertée entre les deux parties, comme le prescrivent les résolutions pertinentes des Nations Unies. 

Le représentant a donc invité la communauté internationale à poursuivre ses efforts auprès des deux parties et a invité les acteurs israéliens et palestiniens à un dialogue constructif.  Il a aussi encouragé le Hamas et l’Autorité palestinienne à poursuivre le dialogue sur l’unité palestinienne pour permettre un retour effectif de « l’Autorité centrale palestinienne » à Gaza et l’atténuation des conséquences de la crise humanitaire.  S’agissant de la Syrie dont il s’est dit gravement préoccupé, le représentant a félicité la France pour le lancement du « Partenariat international contre l’impunité d’utilisation des armes chimiques ».  Il s’est aussi réjoui de la prorogation du Mécanisme de surveillance de l’acheminement de l’aide transfrontalière humanitaire.  Il a appelé toutes les parties à un arrêt total des hostilités dans les zones dites de désescalade, sans oublier d’appeler à l’accélération des négociations de paix dans le cadre du processus de Genève.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a appuyé la solution des deux États avec des frontières internationalement reconnues et sûres, qui doit être négociée directement entre Israël et la Palestine sur la base des frontières en vigueur jusqu’en 1967.  Ces négociations devront, en même temps, déterminer le statut final de Jérusalem, a-t-il ajouté.  Le représentant a rappelé que son pays avait été l’un des 33 à voter en faveur de la résolution 181 adoptée en 1947 à l’Assemblée générale, concernant la formation des deux États.  Il a souligné que, 70 ans plus tard, la solution à la question de la Palestine restait la même, citant à cet égard les propos du Secrétaire général selon lequel « il n’y a pas d’alternative à la solution des deux États.  Il n’y a pas de plan B ».

M. Meza-Cuadra a plaidé pour que, ce faisant, on respecte le droit international et la Charte des Nations Unies.  À cela il a ajouté le respect de l’état de droit et des normes minimales de coexistence.  C’est pourquoi il a demandé aux parties de punir les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, tout acte terroriste et toute attaque contre des civils; et de rejeter les discours de haine et d’antisémitisme, ainsi que les discriminations.  Tout en reconnaissant le droit d’Israël de préserver sa sécurité par l’exercice de la légitime défense, il a demandé à ce pays de cesser les pratiques de colonisation et les démolitions dans les territoires palestiniens occupés.  Enfin, le délégué a salué les efforts en faveur d’une paix durable menés par différents acteurs, avant de souligner l’importance d’un financement stable et prévisible de l’UNRWA.

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a souligné le soutien de sa délégation aux mesures prises par l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, M. Staffan de Mistura, ainsi que par la Fédération de Russie, la Turquie, l’Iran, les États-Unis et la communauté internationale dans son ensemble, pour rapprocher le Gouvernement syrien et l’opposition syrienne.  Après l’adoption, le 22 décembre 2017, d’une déclaration conjointe par les États garants du processus d’Astana, qui prévoit notamment la création d’un Groupe de travail, sur la remise en liberté des personnes détenues/enlevées, le Kazakhstan a, a assuré son représentant, l’intention de coopérer étroitement avec le « dialogue/congrès » national syrien qui se déroulera à Sotchi les 29 et 30 janvier prochains, avec la participation de toutes les composantes de la société syrienne.  

S’agissant de la position du Kazakhstan sur le processus de paix au Moyen-Orient, M. Umarov a rappelé le soutien de sa délégation à la solution des deux États, appelant à la reprise le plus rapidement possible des négociations de paix, en particulier au niveau bilatéral, et ce, sans conditions préalables.  Il a considéré que ces pourparlers devraient avoir pour paramètres la Feuille de route pour la paix, l’Initiative de paix arabe, les Principes de Madrid et la formule « terre contre paix ».  Après avoir plaidé pour des sources de financement prévisibles pour l’UNRWA, le représentant a voulu compléter les propos de son homologue des États-Unis, qui avait cité en exemples l’ancien Président de l’Égypte, Anouar el-Sadate, et le Roi Hussein de Jordanie.  Il a voulu ajouter à ces noms celui du Premier Ministre israélien Yitzhak Rabin, qui avait défendu lui aussi les idéaux de justice et de paix.

M. MOHAMED ASIM, Ministre des affaires étrangères des Maldives, a rappelé que l’année 2017 avait commencé avec un espoir pour le peuple palestinien après l’adoption de la résolution 2334(2016), la première en près de 10 ans sur la question palestinienne, et s’était achevée avec des décisions qui ébranlaient les fondations même du travail accompli.  Alors que le Conseil avait dès 1980, par ses résolutions 476 et 478, déclaré nuls et non avenus l’annexion par Israël de la ville sainte de Jérusalem, le transfert de sa capitale et toute décision par un État de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, il semble que ce Conseil ne soit plus capable de parvenir aujourd’hui à un consensus sur ce qui été agréé autrement, a déploré le ministre.  M. Asim a rappelé le soutien de son pays à la solution des deux États sur la base des frontières de 1967, comme étant la seule capable de garantir une paix durable.

Le Ministre s’est par ailleurs félicité que le Secrétaire général ait fait de la situation en Syrie une de ses priorités pour 2018 et a estimé que les « petites graines d’espoir » plantées l’année dernière devaient pouvoir grandir, tout en estimant qu’il fallait faire beaucoup plus.  De même, il a appelé à maintenir l’espoir dans le cœur des Yéménites et des Libyens, afin de contrer le terrorisme.  Dans tous les cas, M. Asim a appelé la communauté internationale à travailler ensemble, avec les pays concernés et les peuples affectés, pour trouver des solutions.  Pour garantir des paix durables, il a mis l’accent sur le renforcement des structures de l’État dans le cadre des efforts de maintien et de consolidation de la paix et il a appelé le Conseil à recourir, pour résoudre les conflits, à la vaste panoplie d’outils à sa disposition et pas seulement aux options militaires.   

Mme AMAL MUDALLALI (Liban) a constaté que la paix au Moyen-Orient semblait plus éloignée que jamais.  Les écarts déjà vastes entre les parties se creusent, et les Arabes et les Palestiniens sentent que les principes de base de la paix sont abandonnés.  Jérusalem reste la question la plus sensible du statut final, à son avis.  Pourtant, la revendication israélienne du contrôle exclusif sur Jérusalem et la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël ont virtuellement évincé le processus de paix pour les Arabes, a-t-elle estimé en regrettant aussi qu’elles fassent « désespérer nos peuples ».  Or les peuples désespérés font des choses désespérées, a averti la représentante.  Elle a ajouté que le Liban, qui a payé le plus lourd tribut de l’absence de paix pendant les nombreuses invasions israéliennes, comprend la gravité de la situation lorsque toutes les voies de la paix sont bloquées.

Au Liban, a-t-elle poursuivi, en particulier dans le sud, la population subit quotidiennement des violations israéliennes de l’espace aérien et maritime, et de l’intégrité territoriale, en violation de la résolution 1701 (2006).  La semaine dernière, nous avons reçu l’intention unilatérale d’Israël de construire un mur non seulement le long de la Ligne bleue mais également dans des zones occupées sensibles, qui, une fois de plus menace de déstabiliser la situation dans le sud et qui pourrait conduire à un conflit, a indiqué Mme Mudallali avant de réaffirmer la ferme détermination de son gouvernement à mettre en œuvre la résolution 1701 (2006).  Celui-ci reste également résolu à travailler avec la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) et, à travers le Mécanisme tripartite, à accélérer la délimitation de la Ligne bleue en particulier dans les zones sensibles.  « La non-résolution de ces problèmes menace la paix et la sécurité. »

En outre, en dépit des défis économiques, sociaux et sécuritaires, du fardeau d’accueillir plus d’un million de Syriens, et du conflit en Syrie, les dirigeants libanais sont engagés à tenir les élections législatives en mai 2018.  Ils sont totalement déterminés à consolider la stabilité du Liban dans le cadre de trois conférences à venir: la Conférence de « Rome 2 » sur le renforcement des capacités des Forces armées libanaises, la Conférence du Cèdre, à Paris, sur la revitalisation de l’économie libanaise et la Conférence de Bruxelles pour aider le Liban à faire face à la crise des réfugiés.

M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a estimé que la gravité des crises au Moyen-Orient rendait nécessaire que les États non membres du Conseil de sécurité s’expriment sur la nécessité pour celui-ci d’assumer d’urgence ses responsabilités, qu’il exerce au nom l’ensemble de la communauté internationale.  Il a dénoncé en premier lieu l’échec répété du Conseil à répondre à la commission des crimes les plus graves en Syrie, à la lumière des récentes attaques chimiques, puis a déploré l’arrêt du Mécanisme d’enquête conjoint OIAC-ONU et a rappelé que le redevabilité devrait être assurée par le biais d’autres mécanismes.  Il a cité notamment le Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en République arabe syrienne.  M. Wenaweser a appelé tous les États à coopérer pleinement avec le Mécanisme, en lui fournissant aussi bien un soutien politique ou financier qu’en lui livrant des informations.

Rappelant que le Conseil joue un rôle essentiel dans la protection des civils contre la commission des crimes internationaux les plus graves, le représentant a ensuite insisté sur la catastrophe humanitaire sans précédent qui affecte le Yémen.  Il a appelé le Conseil, « et en particulier ses neuf membres qui ont signé le Code de conduite du Groupe Responsabilité, cohérence et transparence (Groupe ACT), à traiter de la situation dans ce pays avec l’attention et le sens de l’urgence qu’il mérite ».

Enfin, M. Wenaweser a estimé que le processus de paix au Moyen-Orient avait été encore fragilisé par les récents événements et a rappelé que seule une solution des deux États permettrait de parvenir à une paix juste et durable.  Le Liechtenstein reste attaché au cadre juridique international qui permet de parvenir à cette solution, et en particulier aux résolutions 478(1980) et 2334 (2016), « qui continuent d’être contraignantes pour nous tous ».  Il soutient en outre l’appel de l’Assemblée générale pour une intensification et une accélération des efforts en vue d’une paix juste et durable au Moyen-Orient, efforts dans lesquels le Conseil de sécurité reste un acteur majeur.

Mme ANAYANSI RODRÍGUEZ CAMEJO (Cuba) s’est dite très inquiète face à l’absencede projet tangible pour trouver une solution juste, complète, pacifique et durable au conflit israélo-palestinien.  Elle a condamné la décision du Président des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.  L’intention de modifier le statut historique de Jérusalem menace les intérêts légitimes du peuple palestinien et des nations arabes et musulmanes et aura de graves conséquences pour tout le Moyen-Orient, a ajouté la représentante.  Cuba souhaite que le Conseil de sécurité assume ses responsabilités et exige d’Israël qu’il mette fin immédiatement à la colonisation du territoire palestinien et respecte ses décisions.  La représentante a en outre demandé que soit mis fin au blocus de Gaza.  Cuba continuera d’appeler à la recherche d’une solution des deux États dans les frontières de 1967, qui assure le droit au retour des réfugiés.  Cuba rappelle également que toute mesure pour modifier le statut du Golan syrien occupé est contraire au droit international et inacceptable.

La solution des deux États est en péril et les perspectives de paix sont plus éloignées que jamais, a alerté Mme MALEEHA LODHI (Pakistan).  La décision de certains pays d’installer leur ambassade à Jérusalem, en se fondant sur une « fausse » interprétation du droit à la souveraineté, a enflammé encore plus la situation.  Le statut juridique de Jérusalem est sans ambigüité, a insisté la représentante qui a cité les résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale, dont la résolution 478 qui appelle les États qui auraient établi leur mission diplomatique à Jérusalem à se retirer de la Ville Sainte.  Toute action contraire serait non seulement une violation flagrante de la résolution mais aussi une tentative tout aussi flagrante de légitimer l’occupation illégale par Israël de Jérusalem.  Nous rejetons un tel révisionnisme, a martelé la représentante. 

Quand les principes sont relégués au second plan au profit d’intérêts égoïstes, la rationalité et la raison sont invariablement supplantées par les menaces et les intimidations.  Nous avons assisté à ce « malheureux » spectacle avec une fréquence troublante ces derniers jours, y compris à l’ONU, une organisation créée pour porter haut les idéaux de l’état de droit et de la coopération internationale.  Malgré ces provocations, s’est félicitée la représentante, la communauté internationale n’a pas cédé et est restée ferme dans son appui à la cause palestinienne.  Mon pays, a-t-elle rappelé, est fière d’avoir été coauteur de la résolution de l’Assemblée générale sur Jérusalem-Est, le mois dernier.  Le Moyen-Orient ne profitera des dividendes de la paix que si cette paix s’appuie sur les fondations de la justice, un impératif qui implique l’édification d’un État de Palestine viable, indépendant et contigu sur la base des paramètres internationalement agréés et des frontières d’avant 1967, et avec Al-Qods Al-Charif comme capitale. 

La déléguée s’est également inquiétée des pressions financières que connaît l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA) en raison de « la décision unilatérale d’un grand bailleur de fonds » de retirer la moitié de ses contributions.  Elle a appelé la communauté internationale à ne pas délaisser les réfugiés palestiniens et à veiller à ce qu’ils aient accès à l’aide dont ils ont besoin.

Mme Lodhi a par ailleurs appelé à redoubler d’efforts pour trouver une solution au conflit au Yémen, estimant urgent de nommer dès que possible un nouveau représentant spécial.  Elle a aussi souhaité l’aboutissement des négociations intrasyriennes.

M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie) a espéré que 2018 marquerait la fin du conflit syrien et le début d’un processus politique de transition accepté par toutes les parties.  Profondément préoccupé par la situation humanitaire au Yémen, il a appelé toutes les parties au conflit à respecter le droit humanitaire et à faciliter l’accès sans entrave de l’aide humanitaire à ceux qui en ont besoin, tout en s’engageant dans un dialogue sincère, sous les auspices des Nations Unies, en vue de trouver une solution politique durable à ce conflit.

Passant ensuite à la menace de Daech au Moyen-Orient, le délégué a souligné la capacité des terroristes d’évoluer, à la fois dans leurs méthodes, leur organisation et leur réseau.  Aucun pays ne peut mener seul le combat contre ce fléau, a-t-il souligné, plaidant en faveur d’une coopération internationale soutenue.  Il faut renforcer les capacités humaines et institutionnelles des pays et leur système d’alerte rapide.  Ce sont des instruments essentiels pour fortifier les États face à la menace terroriste, a insisté le représentant qui a indiqué que son pays travaille en ce sens sur les plans bilatéral et régional.

S’agissant de la question palestinienne et de l’escalade des tensions dans la région depuis l’annonce, par les États-Unis, de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, le représentant a condamné l’intensification marquée des activités de colonisation israéliennes qui indiquent, selon lui, qu’Israël s’oriente vers une solution à un seul État au mépris des droits inaliénables du peuple palestinien.  Tout acte consistant à reconnaître que Jérusalem appartient à Israël est de facto un soutien à ses activités illégales voire un encouragement à les poursuivre.

Le représentant a appelé tous les États à ne pas céder à la provocation ou faire des déclarations contraires aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale.  Il a également regretté que le Conseil n’ait pas été en mesure d’adopter le projet de résolution en décembre dernier, tout en saluant les 14 membres qui l’ont soutenu.  Leur vote et celui de l’Assemblée générale sont la preuve du large consensus international autour du statut de la Ville sainte et du rejet de toute décision.  « La Palestine est un test décisif pour le Conseil de sécurité », a prévenu le représentant pour lequel c’est une question de crédibilité et de confiance.  « Si nous sapons ou autorisons la remise en cause des résolutions du Conseil sur la Palestine, quelle sera la position du Conseil et des États Membres de l’ONU si des violations similaires se produisaient ailleurs? a-t-il demandé, avant d’appeler à des efforts internationaux et régionaux plus intenses pour parvenir à une paix juste et durable sur la base des résolutions de l’ONU, de la Feuille de route du Quatuor, des Principes de Madrid et de l’Initiative de paix arabe.

M. JOÃO PEDRO VALE DE ALMEIDA, Chef de la délégation de l’Union européenne (UE), a réitéré son soutien à la solution des deux États, ajoutant que la position de l’Union européenne sur Jérusalem reste inchangée.  Le statut final de Jérusalem devra être défini par les négociations et la solution des deux États est la seule à pouvoir instaurer une paix durable.  Le représentant s’est opposé à la poursuite des colonies de peuplement qui menace la solution des deux États.  Il a encouragé les Palestiniens à combattre la violence et les incitations à la violence, et salué les efforts visant à placer la Cisjordanie et Gaza sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.  Vivement préoccupé par les coupes budgétaires imposées à l’UNRWA, il a rappelé l’appui constant de l’UE à l’agence depuis 1971.  L’UE et ses États membres comptent parmi les principaux contributeurs et entendent bien le rester, a-t-il assuré.  Enfin, le délégué a indiqué que l’UE usera de ses bons offices, y compris auprès des donateurs actuels et potentiels, pour assurer le bon fonctionnement de l’agence.

Mme SIMA SAMI I. BAHOUS (Jordanie) a constaté que l’année a commencé en confrontant la communauté internationale à des situations qui exigent une action.  La question de Palestine, a-t-elle souligné, est la clef de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient.  Si une solution n’est pas trouvée sur la base de l’Initiative de paix arabe, les tensions s’aggraveront de manière notable, a-t-elle prévenu.

Elle a aussi souligné que la question de Jérusalem doit être résolue dans le cadre de négociations, en veillant à la légitimé du processus international et non pas en prenant des décisions unilatérales.  La Jordanie restera aux côtés de la communauté internationale pour condamner toute tentative de modifier le statut actuel de Jérusalem.  La ville, a insisté la représentante, doit rester ouverte à tous les descendants d’Abraham.  Elle a dénoncé les actes provocateurs qui jouent sur l’émotion des fidèles quelle que soit leur confession.

La représentante n’a pas manqué d’attirer l’attention sur la situation de l’UNRWA et a appelé la communauté internationale à faire tout son possible pour veiller à ce que les services fournis par l’Office ne soient pas interrompus.  S’agissant de la Syrie, elle a espéré que le neuvième cycle de pourparlers permettra de faire prévaloir la paix.  Elle a aussi appelé les parties à faire en sorte que l’aide humanitaire parviennent à toutes les zones de Syrie.  La déléguée a aussi parlé du terrorisme, appelant à plus d’efforts concertés pour combattre les organisations terroristes takfiristes.

Mgr BERNARDINO CLEOPAS AUZA, Observateur permanent du Saint-Siège, a jugé urgent que le Conseil de sécurité mette en œuvre des solutions prévues par la Charte pour résoudre les multiples conflits au Moyen-Orient et mettre fin aux crises humanitaires qui continuent de frapper des peuples, des religions et des cultures anciennes.  C’est le processus de paix israélo-palestinien qui est au centre du maelstrom du Moyen-Orient et un des plus anciens points à l’ordre du jour du Conseil, a-t-il rappelé, avant d’appeler à la reprise des négociations entre les parties sur les questions qui sont au cœur du conflit et sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Il a également appelé au respect du caractère particulier de Jérusalem, « dont la signification va bien au-delà des questions territoriales » et concerne non seulement les habitants de la Ville sainte mais aussi les croyants des trois grandes religions monothéistes.  Seul un statut internationalement garanti peut préserver ce caractère unique et garantir le dialogue et la réconciliation en faveur de la paix dans la région, a estimé le nonce.

M. GHOLAM HOSSEIN DEHGHANI (République islamique d’Iran) a déclaré que l’occupation par Israël du territoire palestinien était au cœur de tous les conflits de la région, ajoutant que l’injustice se poursuit depuis plus de 70 ans, exacerbée par la politique « agressive, expansionniste et d’apartheid » d’Israël à l’égard du peuple palestinien et de la région.  Chaque fois que nous nous réunissons ici, on nous annonce de nouvelles implantions illégales ou des plans d’annexion, s’est lassé le représentant, qui a accusé Israël de « travailler jour et nuit pour nier le moindre droit à un État palestinien et enraciner l’occupation.

Le représentant a dénoncé la décision « provocatrice » des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme la capitale du « régime israélien », y voyant « la complicité des deux régimes pour priver les Palestiniens de leurs droits fondamentaux à créer un État indépendant ayant Al Qods pour capitale ».  Il a rappelé que, le 21 décembre dernier, l’Assemblée générale avait manifesté son soutien aux droits inaliénables du peuple palestinien malgré « toutes les intimidations grotesques » formulées avant le vote.  Il a dénoncé la politique de colonisation d’Israël comme non seulement une grave violation de la quatrième Convention de Genève mais aussi un « crime de guerre ».  Il a accusé le « régime israélien » de continuer de violer au moins 86 résolutions du Conseil de sécurité, depuis la résolution 54 (1948) jusqu’à la résolution 2334 (2016), grâce à l’impunité que lui procurent les États-Unis.

Le représentant a également accusé Israël de faire fi de tous les régimes de non-prolifération des armes de destruction massive et de refuser d’adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et à la Convention sur les armes biologiques.  Il a aussi dénoncé le « rôle destructeur » des États-Unis dans les conflits internationaux et notamment au Moyen-Orient.  Jamais les États-Unis n’ont été un partenaire honnête dans ce conflit et jamais ils ne le seront, a prévenu le représentant.

Il n’a pas épargné le Conseil de sécurité, dénonçant l’échec de ce dernier dans les conflits de la région, en premier lieu au Yémen.  Là encore, il a attribué la situation au comportement des États-Unis.  Affirmant que les interventions extérieures, comme l’occupation, ne pouvaient que contribuer à l’instabilité et favoriser le terrorisme, le représentant s’est étonné de « l’obsession étrange, une forme d’hystérie » des États-Unis pour son pays.  Il a conclu en réaffirmant la solidarité de longue date de la République islamique d’Iran avec le peuple palestinien.

La situation au Moyen-Orient demeure volatile et les solutions militaires ne donneront rien, a prévenu M. KORO BESSHO (Japon).  Il a dénoncé la persistance des actes de violence et a insisté sur l’importance qu’il y a à résoudre les conflits de manière pacifique.  Il a réitéré l’appui du Japon à la solution des deux États, avant d’attirer l’attention sur certaines mesures de rétablissement de la confiance lancée par son pays.  Il a ainsi annoncé que le parc industriel « Jericho Agro » est entré dans une nouvelle phase.  Le Japon compte également poursuivre un programme lancé, il y a 20 ans, en faveur de la jeunesse israélo-palestinienne.  De telles mesures de confiance, a estimé le représentant, contribuent à créer un environnement propice à la reprise des négociations.  Le Japon appuie également le travail de l’UNRWA et, à ce moment critique, la communauté internationale doit se montrer unie pour obtenir la concrétisation de la solution des deux États.  Il a espéré que la prochaine réunion du Comité spécial de liaison sera utile à cet égard.

M. MAGED ABDELFATTAH ABDELAZIZ, Observateur permanent de la Ligue des États arabes, a réaffirmé le soutien « plein et absolu » de son organisation aux efforts internationaux et régionaux visant à parvenir à une paix durable, fondée sur le Processus de Madrid, la Feuille de route du Quatuor, l’Initiative de paix arabe et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, qui forment le cadre de référence des Nations Unies  pour une solution visant à créer un État palestinien souverain et indépendant.  Il a rappelé le caractère très sensible de Jérusalem, pour les croyants des trois religions monothéistes. 

Si le choix d’une ambassade revient à un pays, il doit néanmoins se faire dans le cadre international, a souligné l’Observateur permanent, en parlant d’un cadre qui existe de longue date puisque la résolution 2234 de 2016 est venue renforcer la résolution 478 de 1980.  L’Observateur permanent a donc rejeté la position américaine exprimée le 6 décembre, estimant qu’elle porte atteinte au processus de paix.  Il s’est réjoui du « consensus international » illustré par les 14 voix obtenues au Conseil sur le projet de résolution soumis par les États arabes et la « majorité écrasante » sur le même texte à l’Assemblée générale.  Il a dénoncé le chantage à l’aide économique des États-Unis pour tenter de changer les intentions de vote, y compris les menaces contre l’UNRWA et l’Autorité palestinienne. 

Enfin, l’Observateur permanent a condamné les « mesures provocatrices » d’Israël, Puissance occupante, l’accusant d’avoir encore accéléré la colonisation, y compris à Jérusalem-Est.  Si Israël veut devenir un membre non permanent du Conseil de sécurité, il devrait tenir compte de la légitimité internationale et cesser de violer les résolutions du Conseil de sécurité, a conseillé l’Observateur. 

Au nom du Mouvement des pays non alignés, M. SAMUEL MONCADA (Venezuela) a constaté que les perspectives de paix diminuent au Moyen-Orient.  Il a insisté sur le rôle fondamental des négociations pour trouver une solution juste et durable au conflit et pour faire valoir les droits inaliénables du peuple palestinien.  Il a engagé le Conseil de sécurité à faire respecter ses propres résolutions, faisant observer que celles-ci constituent la base d’une solution juste au conflit.  Il a appelé à intensifier les efforts régionaux et internationaux allant dans ce sens et estimé que la résolution 2334 est la voie la plus viable pour parvenir à la paix, ce texte établissant les paramètres essentiels d’une solution juste.  Le mépris à l’égard du Conseil de sécurité et de ses résolutions, mettant en garde contre les conséquences d’une telle position.

Il s’est inquiété de l’évolution de la situation après la décision unilatérale « d’un certain Gouvernement » de transférer son ambassade à Jérusalem, soulignant que toute tentative de modifier le statut de la Ville sainte doit être considérée comme nulle et non avenue et que la question de son statut final doit être résolue dans le cadre de négociations.

Il s’est aussi inquiété d’une possible aggravation de la situation sur le terrain, dénonçant notamment les lois adoptées par Israël pour asseoir son occupation et faciliter l’acquisition illégale de territoires par la force.  Il a averti que de telles mesures pourraient avoir des conséquences très graves pour la solution des deux États et dénoncé la poursuite, par Israël, de ses activités de peuplement.

M. Moncada a appelé à la levée du blocus de Gaza, appelant à résoudre la situation dans la bande sur la base du droit international humanitaire et des droits de l’homme.  Il a aussi averti que les menaces qui pèsent contre l’UNRWA pourraient avoir des conséquences humanitaires tragiques à Gaza et avoir des effets déstabilisateurs dans les pays où vivent les réfugiés palestiniens.  Il a engagé les États à revoir de toute urgence à la hausse leurs contributions à l’UNRWA.  Le délégué a par ailleurs appelé Israël à respecter la résolution 497 du Conseil de sécurité et à se retirer du Golan syrien occupé.  Il a aussi engagé Israël à se retirer de l’ensemble des territoires libanais occupés.

M. EDGAR SISA (Botswana) a apporté son soutien aux différentes initiatives de paix entreprises par les Nations Unies, le Quatuor et la communauté internationale afin de trouver une solution stable, juste et durable à la question du Moyen-Orient, y compris au conflit israélo-palestinien, dans le respect des résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale et de la solution des deux États, la seule viable.  Le Botswana continuera donc d’appuyer une solution négociée et souligne que la question de Jérusalem relève des négociations sur le statut final.  Le représentant a donc dénoncé la décision des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. 

M. LYLE PATRICK DAVIDSON (Afrique du Sud) a dit continuer de croire que la meilleure option pour résoudre le conflit israélo-palestinien est de se fonder sur le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et l’indépendance, le droit des peuples israélien et palestinien de vivre côte-à-côte dans la paix dans leur État respectif, le fait qu’il n’y pas de solution militaire au conflit et qu’une négociation pacifique est le seul moyen pour assurer la paix, la sécurité et la stabilité; et l’attachement au multilatéralisme.  Aucun acte unilatéral ne doit préjuger de l’issue des négociations sur le statut final.

Le représentant a souhaité que le débat d’aujourd’hui soit l’occasion de parler du sort des enfants détenus dans les prisons militaires israéliennes.  À la lumière des données du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), nous sommes préoccupés, a avoué le représentant, par le taux élevé de violences physiques, des fouilles corporelles, de mise en isolement, de menaces et d’abus verbaux dont sont victimes ces enfants.  De tels abus ne feront que renforcer la haine entre les deux parties, prolongeant la crise, a prévenu le représentant.

M. Davidson s’est également dit préoccupé de l’action unilatérale de certains États Membres pour reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, ce qui sape le processus de paix.  Les résolutions de l’ONU et les accords bilatéraux sur le statut de Jérusalem devraient rester l’élément central de toute solution négociée à trouver par les parties.  Jérusalem reste un espace sacré pour les grandes religions abrahamiques et c’est l’unique raison pour laquelle elle est un des aspects les plus disputés du processus de paix.  Préjuger de l’issue des négociations peut mettre en péril l’ensemble du processus de paix, et en particulier la solution des deux États, a prévenu le représentant qui a également voulu mobiliser les soutiens à l’UNRWA.     

M. ABDALLAH Y. AL-MOUALLIMI (Arabie saoudite) a souligné que Jérusalem est le berceau des trois religions d’Abraham et que la ville est la capitale historique de la Palestine.  Il est revenu sur les nombreuses résolutions adoptées par le Conseil de sécurité qui soulignent que toute tentative de modifier le statut historique de Jérusalem sera considéré, entres autres, comme une violation des conventions agréées.  Il a souligné que ces textes ne peuvent être ignorés et a dénoncé les actions prises par Israël pour modifier le statut de Jérusalem, soulignant que ces actes ne sont fondés sur aucune norme.

Le représentant a rappelé que son pays est à l’origine de l’Initiative de paix arabe et a insisté sur le fait que tout transfert d’ambassade à Jérusalem ne contribuera qu’à attiser les tensions au Moyen-Orient.  Il a aussi dénoncé « l’ingérence flagrante » de l’Iran dans les affaires des autres États.  Il a accusé ce pays d’être le parrain du Hezbollah, qui déstabilise le Liban.  L’Iran, a-t-il poursuivi, fournit des armes aux Houthistes, au Yémen, qui ont lancé plus de 90 attaques contre l’Arabie saoudite avec des roquettes de fabrication iranienne.  Il a appelé le Conseil de sécurité à faire preuve de fermeté face à l’Iran et aux pratiques terroristes qui menacent la région.  Il est plus que temps de répondre à la menace que représente le Hezbollah, a-t-il souligné.

S’agissant de la Syrie, le délégué a estimé que la seule solution au conflit est d’obtenir un consensus syrien, indiquant que la Conférence de Riyad, qui s’est tenue en 2017, a contribué à l’unification de l’opposition syrienne.  Le délégué s’est aussi dit préoccupé par la situation humanitaire dans le pays et a réclamé un accès immédiat aux personnes dans le besoin.

M. SAMSON SUNDAY ITEGBOJE (Nigéria) a dit sa vive préoccupation face à la situation alarmante dans plusieurs zones du Moyen-Orient.  Il rappelé le soutien de son pays à la solution des deux États et estimé que les efforts devaient viser à une reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens.  Il a salué l’adoption par l’Assemblée générale de la résolution sur Jérusalem et a insisté sur le fait que l’évolution récente de la situation ne devait pas masquer les problèmes sous-jacents.  Il a demandé à Israël de cesser sa politique d’implantation mais aussi aux dirigeants palestiniens de démontrer leur disponibilité à retourner à la table des négociations, y compris en se montrant unis.

M. SVEN JÜRGENSON (Estonie) a prévenu qu’il n’y a pas d’alternative à la solution des deux États et souligné que le statu quo n’est plus une option.  La solution des deux États se voit constamment érodée par une situation en constante évolution.  Il faut que la question de Jérusalem soit réglée dans des négociations qui doivent reprendre le plus rapidement possible.  Le représentant a ensuite voulu que l’on inverse la tendance négative qui prévaut sur le terrain et que l’on mette fin à la violence.  Il a exhorté Israël à cesser ses activités de peuplement et à lever les obstacles au développement des Palestiniens.  Il s’est aussi dit profondément préoccupé par les coupes budgétaires à l’UNRWA, « bouée de sauvetage des Palestiniens ».  L’aide humanitaire ne saurait être politisée, a martelé le représentant.

M. MARTÍN GARCÍA MORITÁN (Argentine) a rappelé que son pays appuyait tous les efforts en faveur de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, y compris les efforts régionaux et ceux des grandes puissances pour faire progresser une solution négociée.  Dès lors, l’Argentine souhaite que l’on évite les actions unilatérales ou les provocations et condamne avec insistance toutes formes de violence.  Le représentant a rappelé le soutien de son pays au peuple palestinien et à son droit d’édifier son propre État, vivant en paix avec ses voisins dans des frontières reconnues internationalement.  Il a exprimé sa préoccupation face à la poursuite des implantations illégales israéliennes.  Citant la résolution 2334 (2016), il a rappelé que ces implantations sont contraires au droit international et sapent la perspective de la solution des deux États.  Il a aussi dénoncé comme inacceptables les attaques contre les citoyens israéliens, tout en s’inquiétant de l’usage excessif de la force par Israël et des actes de violence perpétrés par les colons.

La représentant a réaffirmé le statut particulier de Jérusalem et s’est dit en accord avec les résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.  L’Argentine est en conséquence opposée à tout acte unilatéral tendant à porter atteinte à ce statut et considère que l’accès des croyants des trois grandes religions monothéistes à leurs lieux saints doit être garanti.  Toute tentative de nier ou de relativiser la signification profonde de ces lieux est inacceptable et ne contribue en rien à résoudre le conflit.

S’agissant de la Syrie, a poursuivi le représentant, l’Argentine est favorable à une solution politique qui respecte la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale du pays.  C’est pourquoi elle soutient les discussions de Genève et le travail de l’Envoyé spécial du Secrétaire général, de même que le Processus d’Astana.  L’Argentine, a conclu son représentant, condamne tout recours aux armes chimiques et salue le travail indépendant et technique de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et du Mécanisme d'enquête conjoint OIAC-ONU.  Elle souhaite la poursuite d’enquêtes impartiales.

M. MOUNZER MOUNZER (République arabe syrienne) a condamné, à son tour, la décision prise par les États-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem, dénonçant une décision unilatérale qui « entre dans la logique d’oppression du peuple palestinien ».  Il a aussi rappelé le veto des États-Unis, le 18 décembre dernier, qui montre, si besoin en était, que ce pays n’a jamais été un acteur viable du processus de paix au Moyen-Orient.  Il a aussi dénoncé la politique d’agression qui ne fait que déstabiliser davantage la région.  Alors que la communauté internationale se tient aux côtés du peuple palestinien, les États-Unis sont isolés comme jamais, a-t-il déclaré.  Le représentant a appuyé le droit au retour des réfugiés et la reconnaissance de la Palestine comme État Membre à part entière de l’ONU.

Il s’est étonné que le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient n’ait pas parlé de la situation dans le Golan syrien où Israël étend ses colonies et pose des mines.  Il a rappelé le cas du « Mandela syrien », Sedqi al-Maqt, arrêté de nouveau en 2015, alors qu’il avait déjà passé 27 ans dans les geôles israéliennes pour avoir diffusé des vidéos prouvant la coopération entre Israël et le Front el-Nosra.  Le représentant a rejeté les préparatifs pour élire de prétendus conseils locaux.  Les colons doivent quitter le Golan car la Syrie entend bien reconquérir son territoire, a prévenu le représentant, en appelant le Conseil de sécurité à obtenir le respect de ses propres résolutions.

Réagissant à l’intervention de l’Arabie saoudite, le délégué a souligné que pour parvenir à un consensus en Syrie, la famille royale saoudienne doit cesser de publier des fatwas en faveur du terrorisme.  Le régime saoudien, a-t-il accusé, soutient plus de 100 groupes terroristes en Syrie auxquels il fournit des substances toxiques.  Ce régime est totalement responsable du fléau du terrorisme qui frappe de nombreux pays du monde, a-t-il martelé.

M. MAURO VIEIRA (Brésil) a tenu à réitérer l’appui de son pays à la solution des deux États et souligné qu’au cœur de cette « formule » se trouve la nécessité de travailler à l’émergence d’un État palestinien pleinement souverain, économiquement viable et territorialement contigu.  L’expansion des colonies de peuplement en Palestine compromet donc la réalisation d’une paix durable dans la région, a estimé le représentant.  Mon gouvernement, a-t-il précisé, compte que le statut final de la ville de Jérusalem sera défini dans les négociations entre Israël et la Palestine, sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier les résolutions 478 de 1980 et 2334 de 2016. 

S’agissant de la Syrie, le représentant a pleinement appuyé les efforts de l‘Envoyé spécial et les négociations intersyriennes de Genève.  Il est temps, a-t-il dit, que la communauté internationale envoie un message unifié pour appuyer une solution politique inclusive à la crise syrienne, fondée sur les paramètres fixés par la résolution 2254 de 2015.  Le but, a précisé le représentant, est d’avoir un processus mené par et pour les Syriens et de préserver l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.  L’appui de la communauté internationale, en particulier du Conseil de sécurité, est essentiel pour obtenir que les négociations avancent de manière constructive et concrète.  Le représentant a plaidé pour l’accès humanitaire à la Ghouta orientale, exprimant aussi sa préoccupation face à la situation dans le nord de la Syrie et à la violence à Afrin.  Il a demandé à toutes les parties de respecter le droit international et a conclu en soulignant la nécessité d’un plan de stabilisation et de reconstruction à long terme en Iraq et d’un règlement négocié au Yémen, sans oublier de mentionner le rôle toujours vital de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) dont le Brésil dirige la composante maritime depuis 2011.

M. HICHAM OUSSIHAMOU (Maroc) a rappelé l’importance que son pays attache à la question palestinienne et ses efforts inlassables en faveur d’une paix juste au Moyen-Orient sur la base de l’Initiative de paix arabe et des décisions de la communauté internationale.  Il a dénoncé la poursuite de la colonisation et de la judaïsation des territoires occupés et a dit ne pas avoir d’espoir de paix à court terme.  Il a rappelé les préoccupations exprimées par le Roi du Maroc lorsque les États-Unis ont décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.  Le Roi du Maroc avait prévenu des violences liées à cette « décision unilatérale dangereuse ».  Le représentant a conclu en insistant sur le respect du statut juridique et historique de Jérusalem. 

Au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), M. FERIDUN H. SINIRLIOĞLU (Turquie) a condamné la décision des États-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem, y voyant non seulement une violation des droits des Palestiniens mais aussi un « affront douloureux » aux droits religieux des Chrétiens et des Musulmans.  Il en va de la responsabilité de l’ensemble de la communauté internationale de préserver le statut historique de la ville, a-t-il estimé, ajoutant que les décisions unilatérales sapent les perspectives d’une paix juste et durable au Moyen-Orient.

Toute mesure visant à modifier la composition démographique et le statut de Jérusalem doit être considérée comme illégale, a insisté le représentant qui a dénoncé la poursuite des activités de peuplement d’Israël et les mesures visant à modifier le caractère démographique de Jérusalem-Est et à changer le statut historique et juridique de la mosquée Al-Aqsa.  Il a engagé le Conseil à prendre des décisions fermes face à la situation, sans oublier celle des colons qui commettent des actes de violence comme à Al-Khali/Hebron.  De tels actes risquent de transformer un conflit politique en guerre religieuse sans fin, a averti le représentant.

L’inaction du Conseil de sécurité, a-t-il dit craindre, ne fera qu’enhardir Israël et l’encourager à poursuivre ses violations dans les territoires palestiniens occupés.  L’espoir est revenu après l’adoption de la résolution 2334 et pourtant les activités de peuplement se sont accélérées spectaculairement.  Les condamnations de la communauté internationale doivent prendre une forme concrète.  L’OCI appelle aussi cette communauté internationale à maintenir son appui aux efforts de réconciliation palestinienne et réclame la levée du blocus de Gaza.  Le représentant a aussi souligné la nécessité de donner toute l’assistance nécessaire à l’UNRWA, après la décision des États-Unis de réduire substantiellement leur contribution

S’agissant de la Syrie, il est revenu sur les mesures de confiance prises à la Conférence d’Astana, estimant que les Processus de la capitale kazakhe et de Sotchi doivent être vus comme complémentaires aux négociations menées sous l’égide de l’ONU.  Le délégué n’a pas oublié de mentionner le lancement par son pays de l’opération « Rameau d’olivier ».  Il s’agit de combattre le terrorisme et de protéger les frontières turques des attaques des rebelles kurdes et de Daech, a-t-il assuré.

Au nom du Groupe arabe, M. SAUD HAMAD GHANEM HAMAD ALSHAMSI (Émirats arabes unis) a souligné le mépris d’Israël pour le Conseil et pour ce qu’il représente.  Il a dénoncé la stratégie de ce pays qui veut rendre la solution des deux États « caduque » sur le plan pratique.  Nous tenons à réaffirmer que le cœur du conflit est l’occupation israélienne, a martelé le représentant, en jugeant nécessaire que les négociations se déroulent dans un cadre de référence agréé.  Il a rejeté la décision des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y établir l’ambassade américaine.  Il s’agit d’une action « dangereuse », qui viole le droit international et d’une attaque contre les nations arabes et musulmanes, mais aussi contre les chrétiens du monde entier, a-t-il prévenu.  Le délégué a exhorté les États Membres à mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité, avant de formuler les recommandations suivantes: ne pas reconnaître les mesures unilatérales qui portent atteinte au statut particulier de Jérusalem ou à sa composition démographique; s’abstenir d’établir des missions diplomatiques à Jérusalem; souligner que le statut final de la Ville sainte doit être tranché dans des négociations directes entre les parties; mettre en évidence la gravité des actions unilatérales qui menacent la solution des deux États; et intensifier les efforts en faveur d’une paix durable au Moyen-Orient.

M. TORE HATTREM (Norvège) a rappelé que l’objection de sa délégation aux colonies est « ancienne et ferme » car ces colonies sapent la recherche de la solution des deux États et doivent s’arrêter.  En ce moment critique et avec le soutien des parties et autres parties prenantes, la Norvège et l’Union européenne ont décidé de convoquer, à Bruxelles le 31 janvier, une session ministérielle extraordinaire du Comité spécial de liaison pour la coordination de l'assistance internationale aux Palestiniens.

La réunion répondra à deux questions dont la première est la nécessité urgente de débattre des mesures qui pourraient avoir un impact positif sur les efforts visant à redémarrer les négociations sur le statut final, car il faut faire des progrès vers la réalisation de la solution des deux États.  La deuxième question est celle des efforts visant à aider l’Autorité palestinienne à exercer son contrôle à Gaza comme l’indique l’Accord du Caire du 12 octobre 2017.

Le représentant a reconnu une situation « critique » à l’UNRWA, lequel risque de ne plus être en mesure de s’acquitter de son mandat.  Avec l’Office, les donateurs doivent trouver des solutions pour faire face à cette crise, a exhorté M. Hattrem qui, avant de conclure, a demandé au Gouvernement iraquien de s’attaquer aux facteurs qui ont conduit à l’émergence de l’État islamique.  Concernant la Syrie, il a réitéré la nécessité de respecter la résolution 2393 (2017) du Conseil de sécurité sur l’accès de l’aide humanitaire.  La Norvège, a-t-il précisé, a versé plus d’un milliard de dollars d’aide en Syrie depuis 2011 et elle déboursera une autre somme de 500 millions de dollars au cours des deux prochaines années.  

M. MOHAMMED HUSSEIN BAHR ALULOOM (Iraq) a mis en garde contre une mauvaise gestion de la question palestinienne et du risque de voir le conflit se transformer en conflit confessionnel.  Il s’est dit profondément préoccupé par les souffrances humanitaires du peuple palestinien.  Il a engagé le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités pour mettre un terme aux exactions sans précédent contre le peuple palestinien.  Le délégué a condamné les activités de peuplement d’Israël, y voyant un obstacle majeur à la paix.  Il a affirmé que la partie arabe agit de bonne foi et cherche à obtenir une paix juste.  Il a également averti du risque de voir des extrémistes exacerber la situation.  Il faut se saisir de l’intérêt « renouvelé » pour la cause palestinienne et mener des négociations sérieuses, a estimé le représentant qui a attiré l’attention sur l’Initiative de paix arabe.

M. EINAR GUNNARSSON (Islande) a rappelé qu’il y a à peine plus d’un an, l’Assemblée générale avait créé, par sa résolution 71/248, le Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en République arabe syrienne.  Cet organe, s’est-il réjoui, témoigne de la volonté d’assurer la justice sur le long terme.  Le représentant a demandé que davantage d’attention soit accordée à la situation au Yémen, en proie à une guerre « stupide » où la population paie un lourd tribut et qui fait s’interroger sur l’humanité de ceux qui en sont responsables.

Face à ces conflits, celui qui oppose Israéliens et Palestiniens, semble soluble, a poursuivi le représentant, qui a rappelé qu’il existe un objectif clair: la solution des deux États.  Il faut donc s’abstenir de toute mesure qui nous éloigne de cette solution, a-t-il conseillé, en appelant les « États influents » à créer un environnement favorable à la reprise des négociations de paix.  Rappelant que la situation à Gaza est à la fois une question humanitaire et de sécurité, il a mis en garde contre toute mesure qui affaiblirait l’UNRWA et son travail « essentiel ».  Ne pas répondre aux besoins humanitaires des réfugiés palestiniens, c’est risquer de créer un terrain favorable à l’extrémisme des jeunes privés d’enseignement et d’espoir.  « Saper l’UNWRA maintenant, c’est saper la paix et la stabilité au Moyen-Orient », a averti le représentant.

M. MOHAMED OMAR MOHAMED GAD (Égypte) a jugé « grave » l’évolution de la question palestinienne et a rappelé que son pays avait mis en garde à plusieurs reprises contre les mesures unilatérales contraires au droit international.  L’Égypte estime que la paix passe avant tout par le respect de ce droit qui, seul, peut garantir ceux des peuples.  Tout ce qui sape le droit international ne peut que servir de prétexte aux partisans de la violence, a prévenu le représentant.  La communauté internationale se retrouve aujourd’hui face à un dilemme, a-t-il poursuivi.  Est-on capable de faire appliquer les décisions prises?  Sommes-nous dans une situation où n’importe quel pays peut violer impunément des décisions agréées?  Nous sommes tous responsables, a-t-il répondu, et c’est ensemble que nous devons résoudre les difficultés de la région. 

Le représentant, qui a dit craindre l’effondrement des institutions, a rappelé que malgré ses nombreux défis, l’Égypte a toujours recherché les moyens de faire face à la situation humanitaire à Gaza, sans pour autant oublier d’insister sur la responsabilité de la Puissance occupante.  Les mesures unilatérales n’apporteront pas la paix, a averti le représentant.  Seule la solution des deux États protégerait les intérêts des deux parties.  L’Égypte, a-t-il conclu, est attachée à la réconciliation palestinienne, qui est l’un des meilleurs moyens de faire d’une société palestinienne unie et forte un partenaire de négociations.   

Mme ALYA AHMED SAIF AL-THANI (Qatar) a jugé que la situation qui prévaut actuellement au Moyen-Orient pointe vers la nécessité de renforcer la coopération entre les pays de la région.  Elle a appuyé les efforts visant à relancer les négociations pour trouver une solution au conflit palestinien, en n’oubliant pas de souligner qu’Al-Qods fait partie intégrante de la solution.  Elle a donc dénoncé toute tentative d’en modifier la composition démographique, avant de s’inquiéter de la situation en Syrie.  Elle a appelé au maintien de l’unité du pays et a appuyé les efforts visant à y éradiquer le terrorisme.

La représentante a ensuite prévenu que le blocus imposé à son pays a un impact néfaste sur les efforts de lutte contre le terrorisme.  Elle a prôné des relations de bon voisinage et dénoncé toute violation de la souveraineté du Qatar.  Elle a appelé la communauté internationale à appuyer l’initiative lancée par le Koweït pour trouver une issue à la crise que connaît son pays.

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) s’est dit profondément préoccupé par les décisions et les actions unilatérales qui compromettent la place de Jérusalem comme une question relevant des négociations sur le statut final et qui contribuent à changer le statut historique et juridique de la Ville, sa composition démographique et son caractère arabo-islamique.  Le représentant a réaffirmé l’importance primordiale de préserver le statut de Jérusalem établi par les résolutions de l’ONU.

M. Bin Momen a exhorté le Conseil de sécurité à persuader Israël d’arrêter immédiatement ses implantations illégales dans les territoires palestiniens occupés, de lever le blocus de Gaza et de mettre fin à toutes les formes d’occupation et de violence.  Nous sommes inquiets du mépris total d’Israël à l’égard de la résolution 2234 (2016) du Conseil de sécurité, s’est indigné le représentant.  La protection internationale du peuple palestinien qui souffre depuis des décennies des punitions collectives de la Puissance occupante doit être une priorité, a-t-il estimé avant de demander aux États Membres de maintenir la capacité de l'UNRWA à faire la différence dans la vie des réfugiés palestiniens. 

Le Président du Comité des droits inaliénables du peuple palestinien, M. FODÉ SECK, a rappelé la résolution de l’Assemblée générale, adoptée lors d’une session extraordinaire le 21 décembre, qui déclare nulle et non avenue toute décision ou action visant à modifier le caractère, le statut ou la composition démographique de Jérusalem et qui demande à tous les États de s’abstenir d’établir des missions diplomatiques dans la Ville sainte. 

Signalant un projet de loi adopté, début décembre, par le Parlement israélien qui, dans les faits, empêchera tout futur gouvernement israélien de céder tout ou partie de Jérusalem, y compris Jérusalem-Est, à un État palestinien dans le cadre de négociations de paix, M. Fodé Seck a aussi fait observer que le Comité central du Likoud, parti au pouvoir en Israël, avait adopté en décembre dernier une résolution dans laquelle il demande que la loi israélienne soit imposée dans toutes les colonies de Cisjordanie, ce qui reviendrait de facto à les annexer.  M. Seck a redouté qu’un tel texte, une fois devenu loi, ferme par principe la porte à une solution négociée.  Il incombe, a-t-il dit, à la communauté internationale de défendre les droits inaliénables du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’indépendance de son État, ayant Jérusalem-Est pour capitale.

M. Seck a appelé la communauté internationale à continuer d’appuyer les institutions palestiniennes et l’UNRWA qui restent des piliers essentiels, porteurs de stabilité et d’espoir dans la région.  « Il est de notre responsabilité collective de garantir le droit à un État indépendant et souverain au peuple palestinien dans un souci de justice et de paix », a martelé le Président du Comité.

M. JA SONG NAM (République populaire démocratique de Corée) a attribué l’absence de solution à la question de Palestine à la politique antipacifique d’occupation d’Israël mais aussi à la politique de « deux poids, deux mesures » des États-Unis au Moyen-Orient, dans le seul but de protéger Israël.  Le représentant a rappelé que la création d’un État palestinien ayant Al-Qods comme capitale est une revendication immuable de la communauté internationale, confirmée par l’adoption en décembre dernier de la résolution de l’Assemblée générale sur le statut de Jérusalem.  Il a estimé que la décision prise par le Président des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël méritait la condamnation la plus ferme de la communauté internationale dans la mesure où elle constitue « une insulte ».  Il a pressé Israël et les États-Unis de prêter attention aux efforts de la communauté internationale pour résoudre le conflit au Moyen-Orient, dans le cadre du droit international et les résolutions du Conseil de sécurité.  La République populaire démocratique de Corée a reconnu dès 1988 le statut d’État à la Palestine et lui a toujours démontré sa solidarité, a rappelé le représentant. 

M. M. SHAHRUL IKRAM YAAKOB (Malaisie) a estimé que la faiblesse des perspectives de paix au Moyen-Orient était imputable pour une large part à l’attitude de défiance d’Israël, la Puissance occupante, face aux résolutions du Conseil de sécurité, dont la résolution 2234(2016).  Il a demandé à Israël de mettre fin à ses activités illégales et de se soumettre à toutes les obligations que lui imposent ces résolutions.

Rappelant qu’il incombe à tous les États Membres des Nations Unies de contribuer à une solution juste et durable, le représentant a exprimé sa préoccupation face à la décision des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y déplacer son ambassade.  Cette décision, qui sape les efforts pour une paix durable, a suscité « consternation et frustration » dans la majorité des États Membres et notamment dans le monde musulman et chez tous ceux qui recherchent la paix, la stabilité et la sécurité dans la région, a-t-il rappelé.  Plus grave encore, cette décision viole et sape les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, y compris les résolutions 478 (1980) et 2334 (2016), qui sont la base du processus de paix et affirment que la question de Jérusalem relève des négociations directes sur le statut final.  La Malaisie appelle donc les États-Unis à revenir sur leur décision, a indiqué le représentant, avant de s’inquiéter, à son tour, de l’assèchement des ressources de l’UNRWA et de demander aux États Membres de renforcer leur soutien à l’agence.  La Malaisie continuera de soutenir l’UNRWA, a-t-il promis.

Mme HADAS ESTER MEITZAD (Israël) a tenu à répondre à la déclaration de son homologue libanais, qui a notamment décrit le « rôle complémentaire » joué par le Hezbollah aux côtés de l’Armée libanaise.  Elle a plutôt encouragé le Gouvernement du Liban à mettre en œuvre la résolution 1701 (2006) du Conseil et à rétablir son autorité sur tout le territoire libanais.  Elle a ensuite rappelé que le régime syrien attaque ses propres citoyens et les massacre dans la Ghouta orientale.  Mon pays, a souligné la représentante, fournit de l’aide à de nombreux réfugiés syriens, en particulier en les recevant dans les hôpitaux israéliens.  Après avoir qualifié le Venezuela de « pays en banqueroute » et dénoncé la déclaration « incorrecte » du délégué bolivien de la situation sur le terrain, elle a attiré l’attention sur les restrictions à la liberté d’expression au Koweït, jugeant « absurde » la déclaration faite aujourd’hui par son représentant. 

 

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