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CS/13165
17 janvier 2018
8159e séance – après-midi

« Fragile et chancelant statu quo » en Libye, prévient le Représentant spécial devant le Conseil de sécurité

« Fragile et chancelant », le statu quo en Libye n’est pas tenable, a prévenu, ce matin, le Représentant spécial du Secrétaire général pour ce pays, M. Ghassan Salamé, qui, en dépit de signes encourageants, a rappelé au Conseil de sécurité la persistance du « spectre de la violence ».

Au lendemain du deuxième anniversaire de l’Accord politique libyen, observé le 17 décembre 2017 « en l’absence de violences et protestations notables », le haut fonctionnaire s’est voulu prudent, en rappelant que récemment, une importante cargaison d’explosifs avait été saisie par des gardes-côtes grecs, en dépit de la sévérité de l’embargo sur les armes pourtant en vigueur en Libye.

Réagissant à cette information, le représentant libyen a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à faire respecter cet embargo, appelant par ailleurs le Groupe d’experts du Comité des sanctions à faire la lumière sur les faits entourant cet incident.  La Présidente de ce Comité établi par la résolution 1970 (2011) du Conseil de sécurité a, de son côté, annoncé l’approbation de « deux demandes d’exemption » à l’embargo sur les armes au cours du mois écoulé.

« Une arme de plus dans un pays où en circulent déjà 20 millions est une arme de trop », a résumé M. Salamé, qui est également le Chef de la Mission des Nations Unies pour la Libye (MANUL).  Or, au cours du mois écoulé, des affrontements ont éclaté près de la frontière avec la Tunisie entre des forces affiliées à deux communautés rivales, tandis que la zone à l’est de Tripoli reste un point chaud et que les tensions sont vives autour de Derna, a-t-il précisé.

« Des hommes, des femmes et des enfants continuent d’être tués ou blessés lors de tirs croisés et d’attaques aveugles, les groupes armés se livrant à des affrontements dans des zones résidentielles », a déploré le Représentant spécial.

Dans ce contexte sécuritaire à hauts risques, M. Salamé a estimé que le « Plan d’action des Nations Unies en vue de la reprise d’un processus politique sans exclusive pris en main par les Libyens » fournissait la feuille de route idoine pour rétablir la stabilité dans le pays et mettre en œuvre l’Accord politique libyen. 

De la Chine au Kazakhstan, en passant par les Pays-Bas et la France, cet appel a, aujourd’hui, été repris à leur compte par la plupart des membres du Conseil.

Mais la transition en cours ne prendra fin qu’avec l’adoption d’une constitution, dont le texte préparé par l’Assemblée constituante fait actuellement l’objet d’un examen juridique, a souligné le haut fonctionnaire. 

De ce cadre constitutionnel, et de législations adéquates, dépendent la tenue d’élections crédibles plus tard cette année et la formation d’un gouvernement en mesure de répondre aux attentes des citoyens.  M. Salamé s’est toutefois félicité des avancées réalisées dans l’actualisation des listes électorales.

Autre tâche prioritaire fixée par le Plan d’action supervisé par les Nations Unies, la réconciliation nationale, qui suppose de ramener graduellement dans le « giron politique » les principaux acteurs et groupes précédemment marginalisés, a poursuivi le Représentant spécial.

Intervenant par visioconférence depuis Tunis, Mme Hajer Sharief, cofondatrice de Together We Build, une organisation de la société civile libyenne, a témoigné qu’aujourd’hui, ses compatriotes campent devant les banques dans l’espoir de pouvoir y retirer des espèces pour subvenir à leurs besoins ou se retrouvent contraints de fournir leurs propres médicaments pendant la durée de leur hospitalisation. 

Pour cette activiste, la Libye fait face à une forme de violence « qui dépasse de loin celle que le Conseil de sécurité cherche à prévenir ».  Elle a notamment déploré l’absence d’une « stratégie d’autonomisation de la population », expliquant que son association cherche à y remédier à son niveau en fournissant une plateforme pour valoriser le rôle que femmes et jeunes peuvent jouer dans le redressement de leur pays.

La crise humanitaire qui sévit en Libye continue également de toucher les migrants en partance pour l’Europe, a rappelé M. Salamé.  Comme lui, les membres du Conseil ont condamné les « marchés aux esclaves » et les conditions de détention « inhumaines » observées dans certains centres de transit, et les sévices auxquelles ces populations vulnérables sont soumises.

Le représentant libyen a assuré qu’une enquête avait été ouverte par le procureur national sur ces allégations, affirmant que les autorités s’efforcent de prodiguer des abris et des soins adéquats aux victimes en attendant leur rapatriement. 

Le Représentant spécial a d’ailleurs attiré l’attention des membres du Conseil sur le groupe de travail créé par l’Union africaine, l’Union européenne et l’ONU, qui a permis d’assurer le retour volontaire, dans leur pays d’origine, de milliers de migrants.

À l’instar de la France ou du Kazakhstan, plusieurs membres du Conseil se sont alarmés des risques de voir les ressources naturelles considérables de la Libye, notamment pétrolières, échapper au « contrôle exclusif » du Gouvernement d’entente nationale.

Le conflit autour de la prédation des ressources est en effet au cœur de la crise libyenne, a rappelé le Représentant spécial.  Selon lui, la MANUL n’épargne aucun effort pour veiller à ce que les richesses nationales soient orientées vers la fourniture de services publics plutôt que vers la satisfaction des « intérêts particuliers ». 

LA SITUATION EN LIBYE

Déclarations

M. GHASSAN SALAMÉ, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye et Chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), a informé le Conseil de sécurité que l’ONU était maintenant prête à accroître sa présence à travers tout le pays.  « Car, ce n’est qu’en comprenant véritablement la Libye que nous pourrons réussir à mettre en œuvre le Plan d’action des Nations Unies en vue de la reprise d’un processus politique sans exclusive pris en main par les Libyens et aider ses citoyens à mener à son terme une transition trop longue. » 

Le 17 décembre 2017 a marqué le deuxième anniversaire de l’Accord politique libyen.  Malgré des opinions divergentes sur ce que pourrait signifier cette journée, les Libyens ont finalement choisi de le passer sans violence ni protestation notable, a relevé le haut fonctionnaire.  « Que l’anniversaire se soit déroulé pacifiquement est en grande partie dû à l’unité dont a fait preuve ce Conseil », a-t-il assuré, en soulignant que la déclaration présidentielle en date du 14 décembre avait adressé un message clair en ce sens.

Il faut toutefois rester vigilant, a prévenu M. Salamé, pour qui le spectre de la violence reste présent.  Près de la frontière avec la Tunisie, des affrontements ont éclaté entre des forces affiliées à deux communautés rivales. 

La zone à l’est de Tripoli reste un point chaud et les tensions sont également en hausse autour de la ville de Derna, a-t-il relevé.  Des civils, des hommes, des femmes et des enfants continuent d’être tués ou blessés lors de tirs croisés et d’attaques aveugles, les groupes armés se livrant à des affrontements dans des zones résidentielles, sans égard pour les civils, a déploré le Représentant spécial. 

Alors que l’embargo sur les armes n’a jamais été aussi contraignant, les informations récentes faisant état d’une importante cargaison d’explosifs interceptés par les garde-côtes grecs sont particulièrement alarmantes.  « Un pays où circulent 20 millions d’armes n’a pas besoin d’une seule de plus », a-t-il rappelé.  Dans ces conditions, a-t-il observé, « le statu quo fragile et chancelant » n’est pas tenable.

La Libye a besoin d’un gouvernement compétent et efficace, qui puisse fournir les services de base dont les gens ont désespérément besoin.  La modification de l’Accord politique libyen est à notre avis le moyen le plus approprié pour accomplir cet effort.  Et conformément à ce Plan d’action, les éléments suivants sont, et seront, « l’objectif ultime de notre travail ». 

Premièrement, a dit M. Salamé, la Libye a besoin d’un cadre juridique permanent solide.  Selon lui, la transition ne pourra prendre fin que lorsque la Libye sera dotée d’une véritable constitution.  « Le projet de constitution, tel que prévu par l’Assemblée constituante, fait actuellement l’objet d’un examen juridique.  Une fois la décision prise, nous déterminerons comment nous pouvons le mieux soutenir ce processus », a ajouté le Représentant spécial.

M. Salamé a ensuite mis l’accent sur la réconciliation nationale.  « À moins de reconstruire un système politique national, aucun progrès significatif ne pourra être accompli pour unifier les institutions nationales, prévenir les flambées de violence ou faire accepter les résultats des élections.  Pour le haut fonctionnaire, reconstruire une politique nationale libyenne suppose d’atteindre les principaux acteurs et groupes précédemment marginalisés, pour les ramener graduellement dans le giron politique. 

Par ailleurs, le Représentant spécial a attiré l’attention sur l’importance des élections.  Il s’est déclaré satisfait par l’actualisation du registre électoral initié le 6 décembre 2017 par la Haute Commission électorale nationale et par le nombre de nouveaux électeurs, 600 000 jusqu’à présent, qui se sont inscrits pour voter dans un peu plus de six semaines, portant le nombre total de votants à deux millions.

Cependant, avant que des élections crédibles puissent avoir lieu, un cadre constitutionnel doit être convenu, les conditions de sécurité être propices à un processus libre et équitable, et les résultats acceptés par tous, a insisté le Représentant spécial.  « Et pour organiser un référendum, des élections présidentielle ou parlementaires, des lois sont nécessaires.  Les institutions pertinentes de la Libye ont l’obligation de produire la législation requise et de le faire d’une manière compatible avec l’Accord politique libyen. 

« J’exhorte ces institutions à éviter la suspicion mutuelle et l’action unilatérale, et à placer l’intérêt du peuple libyen au-dessus de toute autre considération », a déclaré le haut fonctionnaire.

La crise politique en Libye continue de s’accompagner d’une crise humanitaire.  Pour répondre aux besoins les plus urgents, les Nations Unies lanceront la semaine prochaine un plan d’intervention humanitaire dans le pays, lequel mettra l’accent sur des interventions vitales telles que les services de base, le logement, la nourriture et le déminage. 

Dans ce contexte, la situation désastreuse à laquelle de nombreux migrants continuent de faire face en Libye est un sujet de grande préoccupation, alors qu’ont été réunies des preuves que de nombreux migrants font l’objet de sévices graves à l’intérieur et à l’extérieur des lieux de détention officiels, y compris de diverses formes de violence sexuelle. 

M. Salamé a exhorté les autorités à éradiquer ces crimes flagrants et à traduire les responsables en justice.  S’agissant de la question des migrations, il a salué la forte coopération entre l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations Unies, qui ont créé un groupe de travail, qui a progressé dans le soutien des retours volontaires des migrants.  « Au cours des dernières semaines de 2017, des milliers de migrants ont été volontairement rapatriés à des fins humanitaires de la Libye vers leur pays d’origine », a précisé le Chef de la MANUL. 

Cependant, des milliers d’autres migrants restent en détention arbitraire dans des centres, dont beaucoup « dans des conditions inhumaines ». 

« Ce qui nous inquiète le plus », a poursuivi le Représentant spécial, ce sont les « programmes prédateurs individuels » qui continuent d’être mis en œuvre au détriment de l’intérêt collectif.  Car le conflit sur les ressources est en effet au cœur de la crise libyenne, a-t-il rappelé, en assurant que la Mission n’épargnerait aucun effort pour faire en sorte que les richesses nationales soient orientées vers la fourniture de services publics plutôt que vers des intérêts particuliers. 

« Cela est d’autant plus nécessaire que les pénuries de carburant, d’électricité et d’eau sont courantes dans tout le pays », a constaté le Représentant spécial, pour qui les avoirs libyens gelés doivent être gérés comme une garantie pour l’avenir.

Mme IRINA SCHOULGIN NYONI (Suède), qui préside le Comité du Conseil de sécurité établi par la résolution 1970 (2011) concernant la Libye, a indiqué que le Comité avait approuvé deux demandes d’exemption à l’embargo sur les armes, et qu’il avait par ailleurs reçu deux notifications après livraison de la part de la MANUL et des Pays-Bas.  Le Comité a aussi répondu à deux demandes de directive, l’une venant de l’Algérie et l’autre d’un département de l’ONU.

S’agissant des mesures prises pour prévenir les exportations illicites de produits pétroliers, Mme Schoulgin Nyoni a rappelé que les navires Capricorn et Lynn S figurent actuellement sur la liste des sanctions du Comité.  Elle a fait savoir que le Comité avait reçu une lettre de la République arabe syrienne l’informant que le Capricorn avait déchargé du gazole dans les pétroliers de la Syrian Company Oil for Transformation et que le Gouvernement syrien avait depuis informé toutes les autorités concernées de ne pas accepter l’arrivée de ce navire.

Elle a précisé qu’une réponse du Comité est toujours à l’étude, ajoutant que l’État du pavillon de ce navire, qui était autrefois la Tanzanie, est désormais inconnu. 

En ce qui concerne le Lynn S, le Comité a rédigé des lettres à l’intention des États de destination dans le but d’obtenir des clarifications.  Le Comité doit par ailleurs examiner, le 9 février, le rapport intérimaire et les recommandations du Groupe d’experts.

Intervenant par visioconférence depuis Tunis, Mme HAJER SHARIEF, cofondatrice de Together We Build, a déclaré que la Libye, dont la situation est débattue aujourd’hui, n’était plus le pays riche d’autrefois, décrivant une population dormant devant les banques dans l’espoir de pouvoir obtenir de l’argent liquide pour subvenir à leurs besoins et des passants obligés de fournir leurs propres médicaments lors de leur hospitalisation. 

Elle a rappelé l’adoption, en 2011, de la résolution 1973 (2011) qui appelle à la protection de la population civile, indiquant qu’à l’heure actuelle, la Libye faisait face à une forme de violence qui dépasse de loin celle que le Conseil de sécurité cherchait à prévenir.

À l’époque, a-t-elle poursuivi, cette résolution avait été une véritable bouée de sauvetage pour de nombreux libyens.  « Mais notre espoir s’est ensuite transformé en désespoir et les Libyens se sont rapidement sentis abandonnés par la communauté internationale. »  Elle a notamment déploré l’absence d’une stratégie d’autonomisation de la population qui aille au-delà de l’intervention militaire ainsi que d’un plan de redressement face aux violences extrêmes qu’a subi la société.

Mme Sharief a appelé à ce que l’appui de la communauté internationale soit conçu pour autonomiser la population libyenne, notamment les femmes et les jeunes, afin de leur permettre de jouer un rôle actif dans la consolidation de la paix.  « Nous ne pouvons pas nous permettre de reproduire l’appui international de 2011 lequel a eu un impact direct sur les structures du pouvoir en Libye », a-t-elle souligné.

S’agissant de la mise en œuvre du Plan d’action de la MANUL, elle a jugé essentiel de définir qui bénéficie de l’appui de la communauté internationale, qui participe aux négociations et quelles sont les menaces sécuritaires qui méritent une attention prioritaire.  La représentante a parlé du risque que représentent les frontières ouvertes, notamment en matière de trafic d’armes et d’êtres humains, ainsi que l’extrémisme violent. 

Mme Sharief a aussi estimé que le Plan d’action devait accorder une attention particulière au rôle des femmes et des jeunes.  Elle a ensuite expliqué que son association visait à fournir à ces derniers une plateforme pour appuyer leur valorisation.

Constatant que les problèmes de la Libye sont liés non seulement au conflit, mais également à la manière dont les parties au conflit communiquent entre elles, la représentante a appelé à établir des canaux de communication entre les parties directement impliquées dans le conflit, mais également entre l’ensemble des acteurs libyens, à savoir les acteurs étatiques, non étatiques et la société civile.

Elle a aussi estimé que la mise en œuvre du Plan d’action doit systématiquement intégrer les résolutions 1325 (2000) et 2250 (2015), non seulement pour faire figurer les femmes et les jeunes à la tête des négociations pour la résolution et la prévention des conflits, mais aussi pour répondre aux questions structurelles qui sont souvent négligées dans le cadre de la consolidation de la paix en Libye.

Mme Sharief a notamment appelé le Conseil de sécurité à veiller à la mise en œuvre de la résolution 2376 (2017) et à assurer la pleine participation des femmes aux efforts de réconciliation et de transition démocratique.  Alors que la Libye est constituée de 50% de femmes et de 60% de jeunes, il est évident que les personnes chargées d’apporter une paix durable ne représentent pas la structure démographique du pays, a-t-elle commenté.

Elle a aussi réclamé une meilleure participation des femmes et des jeunes à la prochaine conférence nationale, ainsi que l’adoption de lois électorales établissant des quotas distincts pour la participation des femmes et des jeunes.  Elle a aussi appelé le Représentant spécial à mener des consultations régulières avec les femmes et les jeunes au sujet du Plan d’action de la MANUL. 

Les efforts consacrés au désarmement méritent également d’être renforcés, et la participation des femmes et des jeunes aux discussions qui y sont liées doit être promue.  Mme Sharief a enfin appelé à enquêter sur les violations des droits de l’homme, à commencer par les actes de violence sexuelle et sexiste, en mettant notamment l’accent sur les victimes et leurs familles.

M. JONATHAN GUY ALLEN (Royaume-Uni) a rappelé que le Conseil de sécurité avait, le 14 décembre dernier, lancé un appel à l’unité de tous les Libyens: chacun doit se sentir représenté et compris par ses dirigeants, a-t-il dit, en soulignant que la priorité est à la mise en place d’une plateforme politique inclusive. 

Par ailleurs, a observé le représentant, la situation sécuritaire reste gravement préoccupante en Libye, où aucune solution militaire ne permettra de trouver de solution au conflit.  Des forces de sécurité unifiées sous le commandement d’un gouvernement civil permettront cependant, selon lui, de réduire la menace posée par les éléments extrémistes et de mettre fin à une situation aux répercussions humanitaires très lourdes, y compris pour les migrants.

À cet égard, le délégué britannique s’est alarmé des allégations d’esclavage de ces populations en transit dans le pays, comme de la répression vis-à-vis de minorités religieuses soufies.  Pour le Royaume-Uni, un gouvernement libyen stable et uni reste le meilleur moyen de rétablir la paix durable en Libye.

Mme LISE HUBERTA JOHANNA GREGOIRE VAN HAAREN (Pays-Bas) a souligné que l’année 2018 sera cruciale pour la Libye, appelant à ne pas perdre l’occasion d’opérer une transition politique par l’intermédiaire de la mise en œuvre réussie du Plan d’action des Nations Unies.  Elle s’est dite profondément préoccupée par les accrochages qui se sont produits lundi à l’aéroport de Mitiga.

La représentante a appelé les parties à continuer de travailler dans le cadre de l’Accord politique libyen, soulignant que cet accord demeure le seul cadre viable pour mettre un terme à la crise politique libyenne.  Aussi, a-t-elle exhorté la délégation de la Chambre des représentants et le Haut Conseil de l’État à promptement finaliser leurs négociations sur les amendements limités à apporter à l’Accord.  Elle a aussi constaté que la séquence des opérations du Plan d’action sera d’une importance cruciale pour assurer la bonne préparation des élections.

La déléguée s’est également déclarée préoccupée par des graves violations des droits de l’homme et de la culture d’impunité qui prévaut en Libye.  Elle a appelé à prendre des mesures immédiates pour améliorer le sort des migrants et des réfugiés.  Le démantèlement des réseaux de trafics criminels qui les exploitent et qui déstabilisent la Libye nécessite une attention particulière, a-t-elle ajouté.

Elle a notamment salué l’action de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), des pays d’origine et des autorités locales pour faciliter le retour d’un nombre croissant de migrants, y voyant la démonstration de l’importance d’une coopération renforcée pour trouver des solutions « concrètes et humaines » au problème complexe de la migration.

Tournant ensuite son attention sur le problème de l’impunité, Mme Gregoire van Haaren a exhorté les parties à respecter les droits de l’homme, appelant dans la foulée au respect des résolutions 1970 (2011) et 2174 (2014).  Elle a aussi engagé le Gouvernement libyen à pleinement coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI). 

La représentante s’est par ailleurs félicitée des progrès réalisés pour assurer le retour de la MANUL en Libye, soulignant que l’élargissement de sa présence sur place sera bénéfique pour son rôle de coordination dans les domaines de l’aide humanitaire, la sécurité et les droits de l’homme.

La stabilisation de la Libye demeure une priorité pour la France, a expliqué son représentant, M. FRANÇOIS DELATTRE, pour lequel la mise en œuvre du plan d’action du Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye, M. Ghassan Salamé, est la clef pour atténuer les tensions et parvenir à une solution politique inclusive. 

Il a salué les premières étapes positives franchies dans le processus politique, notamment les consultations entre les deux chambres qui ont permis de faire émerger un consensus sur des points essentiels dans la révision de l’Accord de Skhirat, « accord qui reste le seul cadre valide et légitime pendant toute la transition ». 

Les prochaines étapes seront la conférence nationale inclusive qui sera décisive, selon M. Delattre, pour la réconciliation nationale et pour sceller le processus politique nécessaire au bon déroulement des élections.  L’autre échéance est celle de la tenue d’un processus électoral transparent et démocratique en 2018 qui permette au peuple libyen de s’exprimer.  Il a appelé à soutenir les efforts de M. Salamé, qui « travaille activement à la préparation de ces deux échéances ».

La France reste néanmoins préoccupée par l’évolution de la situation sur le terrain qui reste volatile, alors que des milices radicales ont mené ces derniers jours une nouvelle offensive à Tripoli et dans la région de Syrte, où Daech continue à sévir. 

Pour sa délégation il n’y a pas de solution militaire en Libye où la sortie de crise passe par une solution politique: la réconciliation nationale et la restauration d’un État qui contrôle l’intégralité de son territoire.  « La construction d’une architecture nationale de sécurité unifiée sous l’autorité du pouvoir civil est une priorité absolue », a insisté le représentant.  

Reste que la situation humanitaire et économique des Libyens continue à se détériorer et que cela pèse sur les équilibres politiques, a noté M. Delattre, qui a estimé que le rôle du Conseil est aussi de veiller à ce que le peuple libyen puisse bénéficier des richesses considérables de son pays, ajoutant que ses ressources pétrolières doivent rester sous le contrôle exclusif du Gouvernement d’entente nationale.  La France appelle à veiller à l’application des sanctions pour lutter contre l’économie parallèle qui nourrit les divisions politiques.

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a réaffirmé le soutien de son pays aux efforts des Nations Unies en vue de mettre fin à la crise libyenne, en particulier au Plan d’action des Nations Unies pour la Libye dont les principales priorités sont d’amender l’Accord politique libyen, d’organiser la conférence nationale et de préparer les élections ainsi que d’apporter l’aide humanitaire à ceux dans le besoin.

Quatre mois après la présentation de ce plan d’action par le Secrétaire général, le représentant a noté des signes encourageants, notamment les mesures prises pour relancer le processus politique en Libye.

« Nous ne ménagerons aucun effort pour préserver l’unité de ce Conseil pour dissuader tout ce qui pourrait entraver l’unité du peuple libyen en vue de parvenir à la sécurité et à la stabilité en vertu de l’Accord politique », a déclaré le représentant koweïtien pour lequel il s’agit de l’unique voie à suivre pour une solution politique de la crise. 

Il a souligné l’importance pour tous les Libyens de souscrire au paragraphe 5 de la résolution 2259 (2015) du Conseil de sécurité qui rejette toute tentative de saper le processus politique dirigé par les Libyens et facilité par les Nations Unies. 

Le Koweït encourage les parties libyennes à accélérer ce processus par le dialogue en vue de parvenir à une gouvernance efficace, qui a une large représentation, et est unifiée et stable en vertu de l’Accord politique.  Cela permettrait la tenue de la conférence nationale, a estimé le représentant ajoutant qu’il s’agit là du « prélude » de l’adoption d’un cadre électoral et constitutionnel permettant l’organisation d’élections générales acceptables par tous les Libyens l’année prochaine. 

Ces efforts doivent viser l’adoption d’une nouvelle loi électorale, l’établissement des listes électorales et le lancement de la campagne d’enregistrement, a-t-il précisé. 

Avant de conclure, le représentant a fermement condamné l’assassinat du maire de Misrata et a exhorté les autorités libyennes à traduire les responsables de ce crime en justice et de lutter contre l’impunité.  Il a également plaidé en faveur de l’unification et du renforcement des forces armées libyennes.

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) a dit qu’il attendait avec beaucoup d’intérêt la tenue de la conférence d’entente nationale pour la Libye, prévue en février.  Il a estimé que les progrès enregistrés par la Haute Commission électorale nationale marquent une avancée importante vers un scrutin accepté par tous. 

Le représentant s’est ensuite attardé sur la situation des migrants en transit en Libye, dont le sort ne s’est pas amélioré, les corps de 443 personnes ayant été repêchés par des gardes-côtes libyens au large du littoral au cours du mois écoulé.  Il a en outre exhorté les autorités du pays à diligenter des enquêtes pour faire traduire en justice les auteurs de violations des droits des migrants. 

La Bolivie a enfin réitéré son appui au Comité 1970 (2011) du Conseil de sécurité, qui surveille l’état de mise en œuvre des sanctions applicables à la Libye, un pays dont la situation actuelle résulte selon elle d’actions unilatérales. 

Mme MAHLET HAILU GUADEY (Éthiopie) a rappelé le soutien de son pays au Plan d’action des Nations Unies endossé par le Conseil de sécurité et salué les efforts du Représentant spécial pour faciliter sa mise en œuvre en étroite coopération avec les Libyens et les autres parties concernées.  Elle a jugé encourageants les progrès réalisés en vue d’amendements limités à l’Accord politique de 2015, lequel demeure pour l’Éthiopie le seul cadre viable pour assurer la transition. 

Elle a également salué les efforts de M. Salamé visant à la tenue, durant l’année, d’élections et a estimé que l’enregistrement de plus de deux millions d’électeurs témoignait de l’implication des Libyens en faveur d’un processus électoral démocratique.  Elle s’est aussi félicitée de l’organisation de réunions publiques dans différentes villes et des projets de tenue d’une conférence nationale.

La représentante a néanmoins reconnu que la mise en œuvre du Plan d’action se heurtait à de sérieuses difficultés, y compris du fait de l’absence d’institutions nationales unifiées, de l’insécurité et de la traite des êtres humains, entre autres.  La représentante a donc souhaité des efforts mieux coordonnés, tant de la part des Libyens que de la communauté internationale, aux efforts du Représentant spécial pour assurer la mise en œuvre du Plan d’action.

Les acteurs libyens doivent ainsi renouveler leur engagement en faveur du processus politique et les Nations Unies doivent pour leur part renforcer encore leur partenariat pour saisir l’occasion qui se présente actuellement.  La représentante s’est ainsi félicitée de la récente visite en Libye du Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Jeffrey Feltman. 

Elle a souhaité notamment que la communauté internationale, et en particulier le Conseil de sécurité, continue d’appuyer la mise en œuvre du Plan d’action et a estimé à cet égard que la déclaration présidentielle du 14 décembre avait adressé le bon message.

Enfin, la déléguée éthiopienne a rappelé le rôle essentiel des pays voisins et des organisations régionales dans la crise libyenne et a salué la visite du Représentant spécial au siège de l’Union africaine, saluant l’accord conclu entre les Nations Unies et l’Union africaine pour contribuer ensemble à créer un consensus en Libye.

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) a estimé que le Plan d’action des Nations Unies était la solution la plus appropriée pour trouver une issue à la situation politique en Libye.  Elle a aussi insisté sur le rôle des femmes. 

La représentante s’est ensuite déclarée préoccupée de la détérioration de la situation en Libye, s’attardant notamment sur la crise migratoire et les risques qu’elle représente pour la sécurité régionale et internationale.  Elle a appelé à répondre aux racines de ces mouvements, notamment les déplacements forcés et la traite des personnes.

Elle a aussi engagé les autorités libyennes à prendre des mesures concrètes pour combattre les violations des droits de l’homme commises dans les centres qui sont sous leur contrôle.  La déléguée a par ailleurs dénoncé les personnes qui font obstacle à la mise en œuvre de l’Accord politique libyen.

Mme NIKKI R. HALEY (États-Unis) a estimé que la situation en Libye pouvait être ramenée à la question des droits humains et des libertés individuelles, affirmant que le renversement du précédent régime résultait de l’aspiration du peuple libyen à réaliser ses droits et libertés fondamentaux.  Malheureusement, cet objectif n’a pas été atteint, a-t-elle constaté. 

Elle a ensuite condamné l’existence de marchés aux esclaves dans le pays, demandant l’ouverture d’enquêtes transparentes et impartiales pour établir les responsabilités dans les violations commises.  Cette situation démontre selon elle à quel point le peuple libyen a besoin d’un gouvernement capable de garantir la protection des populations les plus vulnérables. 

Après avoir rappelé l’aide apportée à la Libye depuis 2011 par les États-Unis, la déléguée américaine a souligné que les richesses naturelles libyennes doivent être protégées, en dénonçant le trafic illicite de carburant, au mépris du régime de sanctions en vigueur dans le pays. 

Par ailleurs, en dépit de l’affaiblissement de Daech, la menace terroriste continue de peser sur la Libye, a-t-elle prévenu.  Pour Mme Haley, l’Accord politique libyen doit rester le cadre pour assurer une transition politique.  Aussi, a-t-elle exhorté toutes les parties libyennes à le respecter.

M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) a insisté sur l’engagement de son pays en faveur de la stabilisation et de la réconciliation en Libye et a rappelé le rôle joué dès 2011 par le Président Obiang Nguema Mbasogo, alors Président en exercice de l’Union africaine, pour tenter de mettre fin aux hostilités en facilitant le dialogue entre les parties belligérantes.

Pour le représentant, l’Accord politique de 2015 doit rester la base des efforts de réconciliation tout en tenant compte des aspirations des deux chambres du pays et le Plan d’action des Nations Unies lancé le 20 septembre dernier doit avoir pour objectif de renforcer l’Accord politique.

Le représentant a apporté son appui au travail de la MANUL, rappelant qu’elle avait notamment apporté l’assistance technique nécessaire à la Haute Commission électorale nationale et tente d’établir les conditions politiques, législatives et de sécurité nécessaires à la tenue de telles élections en 2018, a constaté M. Ndong Mba.

Le représentant a jugé gratifiantes les avancées modestes réalisées dans la mise en œuvre du Plan d’action et notamment les réunions tenues à Tunis, qui ont permis de mettre en œuvre l’article 2 de l’accord de paix.  Le peuple libyen souhaite la paix, a affirmé le représentant, qui s’est dit convaincu que les efforts des différentes instances internationales étaient essentiels pour ramener la paix en Libye.  La complexité de la situation et le degré des antagonismes nécessitent en effet une médiation extérieure, a-t-il expliqué.

M. Ndong Mba a enfin rappelé les défis persistants que représentent notamment l’insécurité, la situation humanitaire, les violations des droits de l’homme et la situation des migrants.  Il a dénoncé des cas flagrants d’impunité et d’anarchie.  Le pays est encore très en deçà du niveau d’éducation, sanitaire ou de sécurité qui était le sien en 2011, a-t-il rappelé.  Il a demandé aux autorités libyennes de relever ces défis, y compris ceux relatifs aux migrants.

M. BERNARD TANOH-BOUTCHOUE (Côte d’Ivoire) a dit que le processus politique en Libye était entré dans une phase décisive, qui nécessitait que tous les acteurs impliqués dans la recherche de la paix dans ce pays travaillent désormais ensemble à une sortie de crise durable.  Le représentant a ajouté qu’aucune autre initiative ne ramènerait la paix et la stabilité en Libye.  Il a encouragé les pays voisins de la Libye, ainsi que la France, l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations Unies à œuvrer ensemble afin d’offrir aux Libyens la paix.

Sur le plan de la situation humanitaire et sécuritaire, il s’est dit préoccupé par les nombreuses violations des droits de l’homme, occasionnées en majeure partie par les milices armées et les groupes terroristes qui empêchent l’État d’étendre son autorité sur l’ensemble du territoire et d’y maintenir l’ordre.  La situation sécuritaire en Libye constitue une réelle source d’inquiétude pour la communauté internationale qui craint l’enracinement de Daech et de plusieurs groupes terroristes dans ce pays marqué par la prolifération des milices armées.

Le délégué ivoirien a en outre exprimé ses vives protestations contre l’exportation illicite de pétrole brut de Libye.  Ce commerce est de nature à prolonger inutilement la souffrance du peuple libyen, et à compliquer le règlement du conflit.  L’ONU et le Conseil de sécurité ne peuvent courir le risque de laisser prospérer ce commerce illicite et devraient, par conséquent, prendre toutes les mesures nécessaires afin d’y mettre un terme.

Mme IRINA SCHOULGIN NYONI (Suède), qui s’exprimait cette fois-ci en sa qualité nationale, a encouragé les Nations Unies à jouer un rôle de premier plan dans les efforts de médiation en Libye, avant de saluer la récente visite sur place du Secrétaire général adjoint, M. Jeffrey Feltman.  Sa délégation soutient en outre le Représentant spécial, M. Ghassan Salamé, et le Plan d’action des Nations Unies pour la Libye. 

« Après des années de conflit, il est difficile de rétablir la confiance entre les communautés », a reconnu la représentante pour laquelle il s’agit pourtant d’une condition préalable à la reconstruction du pays.  Ainsi, l’approche en cours « du bas vers le haut » pour promouvoir la réconciliation et l’unité nationales, tant au plan national que local, lui semble être la bonne pour jeter les bases du processus électoral. 

La Suède encourage tous les dirigeants politiques libyens à s’engager de manière constructive dans ce processus et à créer les conditions politiques, légales et sécuritaires nécessaires pour les la tenue des élections en 2018.

La représentante a également mis l’accent sur l’importance de la représentation des femmes et de leur pleine participation au processus politique libyen allant de l’avant.   « En Libye, nous devons maintenant saisir l’élan et placer la pleine jouissance par les femmes de leurs droits au cœur de la paix et de la sécurité internationales », a exigé la déléguée suédoise pour laquelle il ne s’agit pas d’une « question de femmes », mais bien « d’une question de paix et de sécurité ». 

Mme Schoulgin Nyoni a aussi fait part de ses préoccupations au sujet de la situation des migrants et des réfugiés dans le pays, et a appelé à un accès sans entrave de l’aide humanitaire aux centres de détention et à transformer ces centres en points de transit qui respectent les normes internationales. 

Avant de conclure, la représentante a demandé à ce que les richesses de la Libye puissent bénéficier à tout son peuple, et s’est dite préoccupée par la gestion des actifs gelés de la Libye et par les indications d’un épuisement de ces fonds.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a insisté sur l’importance de progresser dans la mise en œuvre de l’Accord politique libyen et du Plan d’action des Nations Unies pour faciliter le processus politique entre les différentes parties libyennes.  Le Pérou considère ainsi comme positif le dialogue établi entre le Haut Conseil d’État et la Chambre des représentants, dans lequel il voit une reconnaissance réciproque et un intérêt à faire progresser la transition sur la base de l’Accord politique de 2015.

Il lance un appel à toutes les parties pour participer activement à ce processus, estimant qu’il reste la seule voie pour parvenir à l’unité et la stabilité du pays.

Le représentant a également salué l’initiative visant à convoquer une conférence nationale sur les auspices du Secrétaire général de l’ONU et a insisté sur la nécessité d’impliquer tous les acteurs concernés par le retour d’une paix durable dans le pays, y compris les femmes et les jeunes.  Cette conférence nationale devrait représenter un tel espace de dialogue inclusif et de réconciliation et mener prudemment à des élections générales, transparentes, crédibles et acceptables par toutes les parties, a poursuivi M. Meza-Cuadra, qui a rappelé que le soutien de la communauté internationale sera indispensable.

Le Pérou constate en revanche avec préoccupation la poursuite des affrontements dans l’est comme dans l’ouest de la Libye, ainsi que de graves violations des droits de l’homme, y compris la traite de personnes et la situation de certains groupes de migrants.

Le représentant a notamment rappelé le chiffre de 36 000 mineurs migrants qui ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence dans ce pays.  Le statut de pays de transit international pour les migrants oblige à renforcer les mesures destinées à prévenir les violations des droits de l’homme, a poursuivi M. Meza-Cuadra, qui a donc souhaité que soient étudiées les initiatives proposées pour mettre en place des mécanismes d’inspection et de contrôle du territoire.

M. VLADIMIR K. SAFRONKOV (Fédération de Russie) a salué les contacts entre les parties au conflit en Libye et les discussions en cours sur les amendements à apporter à l’Accord politique libyen.  Il a souhaité que les négociations se poursuivent à présent pour définir un accord stable.  Il a aussi jugé nécessaire de renforcer la sécurité, de combattre le terrorisme et de se pencher sur le problème de la criminalité et de la migration, insistant sur l’importance de la coopération avec la communauté internationale en la matière.

Le représentant s’est aussi dit préoccupé des heurts récents aux alentours de l’aéroport de Tripoli, dénonçant un contrôle insuffisant de la situation qui, a-t-il estimé, souligne la nécessité de renforcer le contrôle de l’État. 

Il s’est opposé à toute exclusion injustifiée des discussions en cours sur l’avenir politique de la Libye.  Il a salué l’initiative visant à renforcer le rôle de coordination de l’ONU en la matière, ajoutant qu’une attention particulière doit aussi être apportée aux propositions de l’Union africaine.  « En 2011, en ignorant les dynamiques sur le terrain, on a raté l’occasion de trouver une solution pour le pays », a-t-il déploré.

Le délégué russe a par ailleurs appelé au contrôle le plus strict des livraisons d’armes en Libye.

M. WU HAITAO (Chine) a exhorté l’ensemble des parties libyennes à respecter l’Accord politique libyen et à mettre en œuvre le Plan d’action des Nations Unies en vue de la reprise d’un processus politique sans exclusive pris en main par les Libyens, et à régler leurs différends par l’entremise d’un dialogue inclusif. 

La communauté internationale doit de son côté, a-t-il ajouté, créer des conditions de sécurité propices à l’application du Plan d’action, renforcer la confiance mutuelle des parties, et soutenir le rôle du Représentant spécial, en coopération avec les organisations régionales et sous-régionales pertinentes. 

M. BARLYBAY SADYKOV (Kazakhstan) a rappelé que l’Accord politique libyen devait rester le seul cadre viable pour mener à bien le processus de transition en cours.  Selon lui, les efforts de la communauté internationale doivent être unifiés dans le cadre du Plan d’action des Nations Unies. 

Après avoir souligné la nécessité de remédier au sort des migrants, le représentant a rappelé à quel point il était important de protéger les ressources naturelles de la Libye de tout trafic illicite.

M. ELMAHDI S. ELMAJERBI (Libye) a indiqué que l’Accord politique libyen demeure l’unique cadre du processus politique dans son pays, assurant que le Gouvernent d’entente nationale œuvrait pour contrer les obstacles qui entravaient sa mise en œuvre à tous les niveaux.  Il a déploré le fait que de nombreux engagements n’eussent pas pu être tenus en raison notamment de l’existence d’institutions parallèles.  Il a appelé la communauté internationale à travailler pour éviter que la situation ne se détériorât davantage, soulignant que la seule solution à la situation dans laquelle se trouve son pays était politique, globale et consensuelle.

S’agissant des prochaines élections générales en Libye, le représentant a indiqué que le nombre d’électeurs avait augmenté et a espéré que le processus électoral dans son ensemble puisse être couronné de succès.  Il faut à présent s’assurer de l’acceptation des résultats par l’ensemble des parties et éviter toute faille pouvant conduire à leur contestation à l’avenir, a-t-il estimé.  Il a aussi indiqué que son gouvernement travaillait avec la société civile pour établir un dialogue et répondre aux préoccupations de la population.

Le représentant s’est ensuite attardé sur l’affaire du navire Andromeda, récemment saisi par les forces grecques alors qu’il était en route pour la Libye.  Il a indiqué que ce navire contenait à son bord des tonnes de matériaux dangereux pour la fabrication d’explosifs.  Le délégué a réaffirmé l’engagement de son gouvernement envers l’embargo sur les armes à destination de son pays, appelant par ailleurs le Groupe d’experts du Comité des sanctions à faire lumière sur les faits entourant cet incident.

Le représentant a ensuite condamné les violations et les souffrances endurées par les migrants.  Il a indiqué que les autorités s’efforçaient de leur prodiguer des abris et des soins adéquats en attendant leur rapatriement.  Le procureur national a en outre lancé une enquête sur les allégations de violation des droits de l’homme.  Il a aussi salué les efforts des acteurs internationaux pour trouver une solution et assurer le rapatriement de ces personnes.

Le délégué s’est également inquiété des pertes encourues annuellement sur les avoirs libyens gelés et a salué les efforts en cours pour contrer cette situation.  Il a expliqué que les banques imposent des intérêts négatifs élevés sur ces fonds, érodant ainsi ces avoirs.  Il a rappelé que ce gel ne constituait pas une mesure punitive contre le Gouvernement et a appelé à trouver une solution pour protéger ces investissements tout en les maintenant gelés.

Il a ensuite appelé la communauté internationale à être au rendez-vous pour assurer la construction d’un État démocratique en Libye.

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