Afrique de l’Ouest et Sahel: le Représentant spécial affirme devant le Conseil de sécurité que la situation sécuritaire reste gravement préoccupante

CS/13161
11 janvier 2018
8156e séance – matin

Afrique de l’Ouest et Sahel: le Représentant spécial affirme devant le Conseil de sécurité que la situation sécuritaire reste gravement préoccupante

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest, M. Mohamed Ibn Chambas, a expliqué, ce matin, devant le Conseil de sécurité, qu’en dépit de progrès continus réalisés en matière de transition démocratique et politique, la situation sécuritaire dans la région demeurait une source de grave préoccupation. 

Venu présenter le dernier rapport* du Secrétaire général sur les activités de Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), M. Chambas s’est notamment dit préoccupé par les incidents sécuritaires au Mali, du fait notamment des activités de groupes affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique du Grand Sahara, ainsi qu’au Niger.

Il a souligné qu’après un déclin notable des attaques perpétrées par Boko Haram, les incidents se sont multipliés depuis le mois de septembre.  En tout, deux millions de personnes attendent désespérément que se termine la crise dans le bassin du lac Tchad, s’est-il alarmé.

Aux activités terroristes s’ajoutent également les effets délétères de la désertification qui, a relevé le représentant de la Guinée équatoriale, pousse les éleveurs à la transhumance, une source constante de tension dans la région.  La propagation exponentielle des conflits intercommunaux et entre agriculteurs et éleveurs a du reste été qualifiée de véritable « bombe à retardement » pour la région par M. Chambas.

Face à autant de défis, de nombreux membres du Conseil ont plaidé pour la mise en œuvre intégrale de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, le représentant de la Guinée équatoriale jugeant en outre urgent que la communauté internationale apporte un soutien décisif à la Force multinationale mixte et à la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S). 

Alors qu’une structure de commandement militaire ainsi qu’un quartier général de la Force conjointe du G5 Sahel ont récemment été établis, le Représentant spécial a aussi estimé que la réponse sécuritaire devait être complétée par des mesures destinées à renforcer la gouvernance, le développement ainsi que la résilience de la population sahélienne. 

Le représentant de la Côte d’Ivoire a également appelé à tirer le meilleur parti des organisations régionales et sous-régionales, comme l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont les médiations au Burkina Faso, en Guinée-Bissau et en Gambie, a-t-il noté, se sont avérées décisives. 

À l’instar du Pérou, plusieurs délégations ont par ailleurs salué l’efficacité de l’UNOWAS, notamment dans les domaines de la diplomatie préventive, la coordination avec les organismes sous-régionaux et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Le représentant du Kazakhstan a toutefois noté que l’UNOWAS se voyait confronté à de nouveaux défis depuis la fermeture de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), ainsi qu’en raison de la menace croissante posée par le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et au Sahel. 

Estimant que toute approche militaire et humanitaire devrait être assortie d’un volet « développement », soutenu par un financement durable et prévisible, la délégation kazakhe a en outre estimé nécessaire de reconfigurer la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.

Dans son intervention, le Chef de l’UNOWAS a par ailleurs salué l’aboutissement du processus électoral au Libéria, où un nouveau président a été élu à l’issue d’un « remarquable processus électoral », pour citer les propos de la délégation bolivienne qui y a vu la preuve que les processus de réconciliation axés sur un processus sans exclusive sont essentiels.

M. Chambas a estimé que le Conseil devait à présent porter son attention sur les élections qui doivent se dérouler prochainement en Sierra Leone et en Guinée, avertissant par ailleurs que l’absence de consensus sur la mise en œuvre des réformes constitutionnelles au Togo menace le déroulement des élections législatives et locales qui y sont prévues cette année.

Il a également touché mot de la situation au Burkina Faso et en Gambie où les Nations Unies continuent de mettre en œuvre une approche pionnière en matière de pérennisation de la paix. 

* S/2017/1104

CONSOLIDATION DE LA PAIX EN AFRIQUE DE L’OUEST

Rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (S/2017/1104)

Déclarations

M. MOHAMED IBN CHAMBAS, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), a indiqué qu’en dépit de progrès continus réalisés en Afrique de l’Ouest et au Sahel, notamment en ce qui concerne les transitions démocratique et politique pacifiques, la situation sécuritaire dans la région demeurait une source de grave préoccupation.  Il a notamment évoqué les attentats au Mali, dont certains se sont soldés par la mort de Casques bleus, à Kidal notamment, précisant que ceux-ci étaient attribués aux groupes affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique du Grand Sahara. 

Au Niger, a-t-il poursuivi, la hausse des incidents sécuritaires contraint désormais le Gouvernement à consacrer, en 2018, 17% de ses dépenses publiques au secteur de la sécurité, comparé à 15% en 2017, provoquant des manifestations dans la capitale en raison de l’impact de cette mesure sur l’octroi des services sociaux. 

Par ailleurs, après un déclin notable des attaques perpétrées par Boko Haram, les incidents se sont multipliés depuis le mois de septembre, faisant 143 victimes parmi les civils au courant du seul mois de novembre.  L’utilisation d’enfants kamikazes a quintuplé depuis 2016 et en dépit de la libération de 700 personnes, le groupe continu d’enlever des innocents.  En tout, deux millions de personnes attendent désespérément que se termine la crise dans le bassin du lac Tchad, s’est-il inquiété.

M. Chambas a indiqué que le Groupe des cinq pays du Sahel avait réalisé des progrès notables pour opérationnaliser leur Force conjointe, notamment en établissant une structure de commandement militaire ainsi qu’un quartier général à Sévaré.  Une première opération militaire a également été lancée au mois d’octobre avec des troupes françaises.  Il a souligné que la réponse sécuritaire devait être complétée par des mesures destinées à renforcer la gouvernance, le développement ainsi que la résilience de la population sahélienne. 

Le Représentant spécial a aussi indiqué qu’un plan d’appui à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel sera prochainement partagé avec les partenaires nationaux, régionaux et internationaux afin d’harmoniser les efforts et de définir un appui effectif pour le Sahel.

Poursuivant, le Représentant spécial a affirmé que la propagation exponentielle des conflits intercommunaux et entre agriculteurs et éleveurs avait fait des centaines de victimes et a averti que cette situation, véritable bombe à retardement, risquait de dépasser le niveau communautaire si on l’ignorait.  Il a également signalé que la migration était devenue l’une des activités les plus lucratives des réseaux criminels de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel et a appelé à continuer de faire de l’élimination de la traite des êtres humains une priorité pour 2018.

M. Chambas a ensuite indiqué que l’ONU continuait de mettre en œuvre une approche pionnière en matière de pérennisation de la paix en Gambie et au Burkina Faso.  Il a précisé qu’un ferme appui de la communauté internationale au plan d’urgence du Burkina Faso permettra à ce pays de faire face aux menaces à sa paix et à sa sécurité. 

Alors que le processus de consolidation démocratique est en cours en Gambie, le Représentant spécial a estimé que davantage d’attention devait être accordée aux défis auxquels font face ces deux pays dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité, la réconciliation nationale et la justice. 

Il a par ailleurs salué l’adoption, au Burkina Faso, d’une nouvelle loi sur les défenseurs des droits de l’homme ainsi que l’adoption d’une loi visant à établir une commission nationale des droits de l’homme en Gambie.  Le lancement, au Nigéria, de procédures judiciaires contre les personnes soupçonnées d’appartenir à Boko Haram mérite également d’être salué, a-t-il ajouté.

Le Représentant spécial a par ailleurs parlé de la situation au Libéria où un nouveau président a été élu à l’issue d’un processus pacifique, saluant le fait que les différends liés au scrutin aient été réglés par des moyens exclusivement juridiques.  Il y a également vu la démonstration de l’efficacité de la diplomatie préventive. 

Il a appelé à se pencher à présent sur les élections qui doivent se dérouler prochainement en Sierra Leone et en Guinée, avertissant par ailleurs que l’absence de consensus sur la mise en œuvre des réformes constitutionnelle au Togo menace le déroulement des élections législatives et locales qui y sont prévues cette année.

Enfin, après avoir rendu hommage à la Présidente sortante du Libéria, Mme Ellen Johnson-Sirleaf, M. Chambas a appelé à redoubler d’efforts pour promouvoir la participation des femmes au processus de prise de décisions et veiller à ce que les jeunes de la région occupent une place centrale dans les politiques de développement.

En dépit des progrès enregistrés en Afrique de l’Ouest, M. BERNARD TANOH-BOUTCHOUE (Côte d’Ivoire) s’est déclaré préoccupé par la prévalence de l’insécurité dans la région, et par les phénomènes qui en sont les corollaires, comme la traite des êtres humains ou le trafic de stupéfiants, particulièrement dans les zones caractérisées par l’absence d’institutions régaliennes de l’État.  Il lui a paru indispensable, dans ce contexte, de tirer le meilleur parti des organisations régionales et sous-régionales, comme l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont les médiations au Burkina Faso, en Guinée-Bissau et en Gambie se sont avérées décisives.  Le représentant a ensuite plaidé pour la mise en œuvre intégrale de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, qui reste tributaire de la matérialisation des engagements pris par les bailleurs de fonds internationaux. 

M. Tanoh-Boutchoue s’est réjoui de l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2391 (2017), qui demande la fourniture, par l’intermédiaire de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), d’un appui opérationnel et logistique spécial à la Force conjointe du G5 Sahel.  La délégation ivoirienne appelle en outre à des mécanismes de financement prévisibles et durables de la Force conjointe du G5 Sahel.  Le représentant a par ailleurs salué les efforts déployés par les pays participants à la Force multinationale mixte, qui a permis de réduire l’insécurité, même si elle perdure dans certaines parties de la région.  Il a enfin salué le lancement de l’Alliance pour le Sahel qui entend fédérer les partenaires internationaux dans l’aide qui doit être apportée pour favoriser le développement de cette région, avant de donner l’assurance que son gouvernement continuerait de fournir au Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) l’appui indispensable dont celui-ci a besoin. 

Pour M. OLOF SKOOG (Suède), les bureaux régionaux des Nations Unies, comme l’UNOWAS, doivent jouer un rôle de premier plan pour placer la prévention des conflits au cœur du travail des Nations Unies.  Il a salué les actions de prévention menées par l’UNOWAS, notamment ses missions de bons offices ainsi que sa contribution précieuse en termes d’analyses stratégiques et intégrées des opportunités, risques et défis auxquels les autorités nationales et locales font face dans leurs efforts de maintien de la paix.  La Suède appuie fermement ce travail et souhaiterait le voir répliqué dans d’autres régions.

Le représentant a notamment salué les développements positifs au Libéria, pour son processus électoral pacifique, transparent, libre et juste, et en Gambie.

Alors que le Conseil de sécurité demande à l’UNOWAS de faire davantage –y compris en apportant son soutien à la transition de cadres avec une mission de maintien de la paix à des cadres sans mission au Libéria et en Côte d’Ivoire, ou encore pour appuyer les efforts régionaux de lutte contre le terrorisme-, la Suède estime qu’il faut lui garantir les ressources adéquates pour s’acquitter de ces fonctions. 

Son représentant a également mis l’accent sur les approches holistiques pour pouvoir répondre aux causes profondes des problèmes et de l’instabilité que rencontrent les pays de la région et qui ne connaissent souvent pas de frontières, comme le terrorisme, les crises humanitaires ou la compétition pour les ressources limitées.  À ce titre, il a encouragé la coopération entre l’UNOWAS et d’autres organisations régionales pour développer de telles approches.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a dit considérer l’UNOWAS comme un outil sui generis efficace, dont la vision holistique et de portée régionale offre une capacité d’action particulière du fait de sa souplesse qui le rend adaptable aux différents défis de la sous-région.  Pour le Pérou, l’UNOWAS représente également une plateforme appropriée pour articuler les efforts régionaux et intrarégionaux destinés à traiter les défis complexes qui affectent l’Afrique de l’Ouest.  Le représentant a mentionné trois succès qui illustrent le potentiel de l’UNOWAS.  En premier lieu, il a cité la diplomatie préventive, concrétisée dans des activités de médiation et de bons offices qui ont permis d’éviter l’apparition ou la dégradation de crises politiques.  Cette activité doit être renforcée, a plaidé M. Meza-Cuadra.

En deuxième lieu, le représentant a salué le « remarquable travail de coordination » de l’UNOWAS avec l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et d’autres organismes sous-régionaux dans le domaine du développement, citant aussi le renforcement des institutions politiques et la mise en œuvre d’instruments de sécurité transfrontalière.  Il a également salué le récent accord conclu entre l’UNOWAS et le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC) pour améliorer l’assistance dans la région du bassin du lac Tchad. 

Enfin, le représentant a estimé que l’UNOWAS avait démontré son efficacité dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.  Il a ainsi salué sa contribution à la lutte contre Boko Haram, non seulement les programmes de réinsertion des personnes liées à ce groupe terroriste, mais aussi la lutte contre l’impunité.  L’UNOWAS doit aussi être doté des moyens de faire face à la lutte contre la criminalité organisée qui finance souvent le terrorisme, a ajouté M. Meza-Cuadra.  Il a conclu en insistant sur l’importance de doter le Bureau des ressources nécessaires pour lui permettre de s’acquitter de ses tâches.  Il a enfin salué des initiatives complémentaires en citant l’Alliance pour le Sahel, dirigée par l’Union européenne et à laquelle sont associés la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, ainsi que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). 

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) a jugé primordiale l’activité des missions politiques spéciales en général.  Dans le cadre des différentes activités de l’UNOWAS, il a notamment salué son action de promotion de la participation active des femmes aux processus de paix, ainsi que sa coordination avec les organisations régionales comme l’Union africaine ou la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  Le représentant a également rendu hommage au « remarquable processus électoral » mené au Libéria l’année dernière et en a félicité le peuple de ce pays, y voyant la preuve que les processus de réconciliation axés sur un processus sans exclusive sont essentiels.

Le représentant a ensuite salué les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, qu’il a jugée décisive pour relever sur le long terme les défis dans le domaine de la sécurité et pour contribuer à la stabilité sociale et économique et au développement.  M. Llorentty Solíz a appelé à aider le Mali qui continue de subir une grave crise.  Le représentant a attribué celle-ci aux conséquences des politiques interventionnistes de changement de régime en Libye, qu’il a une nouvelle fois condamnées.  Il a appelé de ses vœux à un accord technique entre les Nations Unies, l’Union européenne et le Groupe de cinq pays du Sahel dans le cadre de la résolution 2391 (2017) du Conseil.  Le représentant a également condamné le terrorisme et toutes les actions violentes et criminelles menées dans la région, en insistant sur la pleine mise en œuvre de la résolution 2349 (2017) sur la lutte contre le terrorisme, notamment Boko Haram et Daech.  À cet égard, il a salué le travail de coordination entre l’UNOWAS, la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S) et la Force multinationale mixte, ajoutant que ces efforts devraient bénéficier du plein soutien des États Membres. 

Enfin, M. Llorentty Solíz s’est dit préoccupé par la grave situation humanitaire que connaît la sous-région et a exhorté la communauté internationale à apporter coopération humanitaire et assistance technique pour défendre les plus vulnérables.  Il a également rappelé la nécessité d’appuyer l’architecture régionale et sous-régionale de règlements des conflits en Afrique et a invité à la poursuite des processus de stabilisation politique de la région, et ce, dans le plein respect des principes de souveraineté, d’indépendance et d’intégrité territoriale des États. 

Pour Mme LISE HUBERTA JOHANNA GREGOIRE VAN HAAREN (Pays-Bas), l’UNOWAS reste un facilitateur essentiel du soutien de la communauté internationale à cette région pour y promouvoir la stabilité.  Elle a identifié trois domaines dans lesquels l’UNOWAS apporte une « valeur ajoutée »: la prévention des conflits, la coopération transfrontalière et régionale et la coordination, trois éléments clefs, selon elle, pour aborder les causes profondes de l’instabilité dans cette région et permettre son développement inclusif et pacifique.

Pour ce qui est de la prévention des conflits, elle a cité le cas de la Gambie où, un an après le changement de pouvoir turbulent, le pays semble être aujourd’hui sur la bonne voie.  Au Libéria, a-t-elle rappelé, l’UNOWAS a également joué un rôle important dans la tenue d’élections pacifiques et le prochain rendez-vous sera en Sierra Leone pour tester la marche de l’Afrique de l’Ouest vers la démocratie. 

L’approche pluridimensionnelle des objectifs de développement durable est l’outil privilégié de la prévention, a estimé Mme Gregoire Van Haaren, en prenant le cas du lac Tchad où les ressources limitées en eau sont l’une des causes profondes du conflit. 

En attendant la réalisation de ces objectifs, sa délégation soutient les activités du Représentant spécial en termes d’alerte rapide et propose qu’une mission conjointe avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur ce sujet soit mise sur pied.  De plus, elle souhaiterait une analyse détaillée et distincte de la situation au lac Tchad, y compris une analyse en termes d’alerte rapide, dans le prochain rapport du Secrétaire général.

M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) a salué « l’excellent travail » du Représentant spécial du Secrétaire général en Afrique de l’Ouest malgré un contexte difficile marqué notamment par le terrorisme.  Face à la grave crise humanitaire et alimentaire que subit la région, il est urgent que la communauté internationale apporte un soutien décisif à la Force multinationale mixte et à la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S), a-t-il ajouté.  Il a en outre souligné les effets délétères de la désertification, qui pousse les éleveurs à la transhumance, laquelle est toujours source de tension dans la région. 

Le représentant a dit sa confiance dans la capacité de l’UNOWAS à mettre en avant l’esprit de la Déclaration de Praia sur les élections et la stabilité en Afrique de l’Ouest.  Il s’est dit satisfait des aspects positifs recensés dans le rapport du Secrétaire général, tels que la croissance économique de la région, les progrès enregistrés dans la réforme du secteur de la sécurité en Gambie ou au Burkina Faso et le bon déroulement de l’élection présidentielle au Libéria.  Il a aussi exhorté la communauté internationale et l’UNOWAS en particulier à appuyer les efforts menés en Guinée-Bissau pour régler définitivement la crise politique, en misant sur un dialogue qui inclue tout le monde.  M. Ndong Mba a conclu en dénonçant les menaces terroristes qui pèsent sur l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale ou ailleurs.  Faisant référence aux infiltrations de mercenaires dans son pays fin décembre, il a appelé la communauté internationale à contrôler ces groupes qui sèment l’instabilité et l’insécurité dans la région. 

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a affirmé que la collaboration entre les Nations Unies, l’Union africaine et Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) était cruciale.  Il a salué le déroulement pacifique des élections au Libéria, estimant qu’un cap important avait été franchi pour édifier une démocratie durable dans le pays.  Il a noté toutefois que ce pays continuait d’avoir un besoin notable de l’appui de la communauté internationale, soulignant que les institutions démocratiques doivent être renforcées par les secteurs économiques et sociaux.  Le délégué s’est également préoccupé des défis sécuritaires que doit affronter la région, à commencer par l’extrémisme, le trafic de stupéfiants et d’autres crimes transnationaux organisés.

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a souligné les nouveaux défis auxquels est confronté l’UNOWAS en raison de la fermeture de l’Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), en particulier à la lumière de la menace croissante posée par le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et au Sahel.  Il s’est dit préoccupé par l’insécurité alimentaire et les déplacements forcés de population causés par les violences dans ces régions.  Dans ce contexte, le Kazakhstan a déclaré qu’il soutenait pleinement les initiatives régionales qui cherchent à répondre à ces menaces au travers de la Force conjointe du G5 Sahel et de la Force multinationale mixte, tout en saluant les partenaires internationaux qui œuvrent pour mobiliser l’aide financière à l’appui de ces initiatives.  Selon la délégation, toute approche militaire et humanitaire devrait être assortie d’un volet « développement », soutenu par un financement durable et prévisible.  À cet égard, le représentant a jugé qu’il fallait reconfigurer la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel et prévoir une approche intégrée pour la région du bassin du lac Tchad.

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