Première Commission: Impatience croissante des États non nucléaires face au manque de progrès du Désarmement

AG/DSI/3603
16 octobre 2018
Soixante-treizième session, 8e séance – après-midi

Première Commission: Impatience croissante des États non nucléaires face au manque de progrès du Désarmement

L’impatience des États non dotés d’arsenal nucléaire s’est clairement manifestée, aujourd’hui, à l’avant dernier jour du débat général de la Première Commission (désarmement et sécurité internationale).  Face au manque de progrès sur la voie du désarmement, plusieurs délégations ont notamment dénoncé le « manque d’ambition » de la communauté internationale pour parvenir à cet objectif majeur des Nations Unies.

Il faut persister malgré le manque de résultats et préserver l’architecture du désarmement nucléaire, a notamment insisté l’Espagne.  À cet égard la Conférence d’examen des parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui doit se tenir en 2020, doit être un succès, a-t-elle estimé, car un nouvel échec, après celui essuyé en 2015, porterait un coup dur à cette pierre angulaire du désarmement, ont également prévenu le Cambodge et le Bénin.

Le manque de confiance entre les États, en particulier au sein de la Conférence du désarmement, suscite beaucoup de doutes, a relevé Oman alors même que ces États sont confrontés à une diversité de menaces qui font courir un risque accru de recours à l’arme atomique. 

Face à cette perspective « qui, à elle seule, devrait convaincre la communauté internationale d’accentuer ses efforts », selon le Bénin, il n’est « pas normal » de considérer que le désarmement nucléaire puisse être renvoyé au long terme, en misant sur la dissuasion nucléaire pour préserver la sécurité et la stabilité internationales, a renchéri la République démocratique du Congo.

Le signe de cet échec, a fait valoir le Bélarus, réside dans la paralysie de la Conférence du désarmement, incapable d’adopter un document de travail. 

Insistant en revanche sur les résultats obtenus grâce au Plan d’action global commun sur l’Iran dans le cadre de l’architecture de non-prolifération, la Lituanie a également souligné l’importance de préserver l’intégrité du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire qui, a-t-elle souligné, constitue un instrument essentiel de la stabilité stratégique, notamment en Europe. 

Le représentant lituanien a également rejoint les nombreuses délégations qui ont dénoncé le recours récent à l’arme chimique, notamment sur le sol européen, « pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale », estimant que pareille violation de la Convention sur les armes chimiques –dont il n’a pas cité les auteurs- ne pouvait plus être tolérée.

S’exprimant en fin de séance, le représentant de la République arabe syrienne a, lui aussi, condamné les « crimes » dus aux armes chimiques et a affirmé que son pays tenait ses engagements au regard de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, « malgré les moments difficiles qu’il traverse ».

Ce dernier a en revanche accusé certains États, « parfois membres du Conseil de sécurité », de parrainer et d’avoir fourni des armes chimiques aux organisations terroristes comme Daech et le Front el-Nosra, en passant par la Turquie et avec l’aide de cette dernière.  Certaines armes ont été « transférées depuis la Libye », a-t-il encore affirmé, provoquant un droit de réponse et de vives dénégations de cet État.

Pour leur part, les États-Unis ont regretté, également dans le cadre d’un droit de réponse, que la République arabe syrienne continue de nier avoir recouru aux armes chimiques, « alors que les preuves sont là » et ont prévenu que « si elle recommence, il y aura une réponse très claire de mon pays et de ses alliés ».

La Première Commission reprendra ses travaux demain, mercredi 17 octobre, à partir de 10 heures.

DÉBAT GÉNÉRAL SUR TOUS LES POINTS DE L’ORDRE DU JOUR TOUCHANT LE DÉSARMEMENT ET LA SÉCURITÉ INTERNATIONALE

Déclarations (suite)

M. AGUSTÍN SANTOS MARAVER (Espagne) a appelé à assurer le succès de la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2020, avertissant qu’un nouvel échec, comme cela s’est produit en 2015, porterait un coup dur à cette pierre angulaire du désarmement.  Comme tout autre traité, celui-ci doit se fonder sur la confiance pour progresser non seulement vers la non-prolifération mais aussi vers un monde dénucléarisé.  Il a appuyé la négociation en vue d’un traité sur l’interdiction des matières fissiles et demandé l’entrée en vigueur sans tarder du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). 

Le représentant a salué l’action de l’Iran dont « tout montre » qu’il respecte les dispositions du Plan d’action global commun.  Il a toutefois pointé la mise au point de missiles balistiques iraniens qui constitue selon lui une « inquiétude légitime » et impose d’entamer un dialogue franc avec l’Iran.  Il a aussi jugé convenable de maintenir la pression pour un désarmement nucléaire complet et irréversible de la péninsule coréenne.

Il a vivement dénoncé l’usage d’armes chimiques, en Syrie, y voyant une violation flagrante de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC)), et a rappelé que son pays avait appuyé la création d’un mécanisme d’attribution des responsabilités décidée, en juin, dans le cadre de cet organisme.

Enfin, il a rappelé que le Groupe d’experts intergouvernementaux sur les systèmes d’armes non autonomes, réuni à Genève, a réussi à établir les bases pour avancer sur ce sujet mais jugé qu’il serait utile de consolider le débat pour respecter pleinement le droit international humanitaire.  Il a suggéré une déclaration politique et un code de conduite pour régir les activités menées dans l’espace extra-atmosphérique et préserver l’intégrité de l’environnement spatial.

Mme VICTORIA LIETA LIOLOCHA (République démocratique du Congo) a indiqué que son gouvernement avait chaleureusement accueilli l’adoption, le 7 juillet 2017, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  Aussi, n’est-il pas normal de considérer que le désarmement nucléaire puisse être renvoyé à un processus à long terme, « avec comme seul argument le rôle que la dissuasion nucléaire doit jouer dans la préservation de la sécurité et de la stabilité régionale et internationale », a affirmé la représentante.  Elle a ensuite déclaré que la RDC a été victime, au cours des 20 dernières années, d’activités déstabilisatrices menées par des groupes armés, aussi bien étrangers que nationaux, qui prennent part aux activités déstabilisatrices du pays en se livrant au commerce illicite de ressources naturelles.  Les opérations de déminage et de neutralisation des explosifs permettent de restituer l’usage des champs, des infrastructures et des routes aux civils qui cherchent à reprendre le cours de leur vie, a-t-elle expliqué. 

Pour ce qui est de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, la RDC a réalisé plusieurs actions dans le cadre de sa mise en œuvre, au nombre desquelles la représentante a cité la promulgation de la loi portant sur la mise en œuvre de la Convention, la mise en place du centre congolais de lutte antimines, et l’élaboration du plan stratégique national de lutte antimines.  Son pays, a affirmé Mme Liolocha, est sur le point de sortir de la liste des pays infestés par les mines antipersonnel et de réaliser le rêve de l’objectif zéro mine à l’horizon 2021, conformément au Traité d’Ottawa.  Par ailleurs, la déléguée a fait valoir la création, en 2008, de la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre (ALPC), et de la réduction de la violence armée.  Elle s’est félicitée de pouvoir annoncer la mise en place d’antennes provinciales de la Commission, l’élaboration et la validation du nouveau plan d’action national de contrôle et de gestion des ALPC pour la période allant de 2018 à 2022, et enfin la mise en place d’un registre électronique national pour la gestion interconnectée des données des armes en circulation sur l’ensemble du territoire national.

Pour Mme ZELMA YOLLANDE NOBRE FASSINOU (Bénin), la diversité des menaces et l’érosion de la confiance qui révèlent, selon elle, d’« un ordre mondial déréglé » avec le risque accru d’utilisation de l’arme nucléaire, voulu ou pas, pèsent sur la stabilité et la sécurité mondiales.  Elle a rappelé que le désarmement est un des principaux rôles assignés à l’ONU et a demandé l’accélération des efforts de désarmement et de non-prolifération nucléaire.  Le Bénin, a-t-elle rappelé, a soutenu le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires adopté en juillet 2017, et a rejoint la liste des pays qui l’ont signé car, selon lui, l’existence d’armes nucléaires porte en elle-même le risque de les voir utilisées.

De même le Bénin a signé la Convention de Pelimbada, en vue de créer une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique, mais il demeure profondément préoccupé par les conséquences catastrophiques de ces armes qui risquent de se retrouver entre les mains d’organisations terroristes.  Cette perspective à elle seule devrait convaincre la communauté internationale de renforcer ses efforts, a-t-elle estimé.

Le Bénin, a poursuivi la représentante, appuie l’agenda pour le désarmement lancé par le Secrétaire général, qui lie désarmement et développement durable.  Pour lui, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) demeure le pilier de l’architecture internationale du désarmement nucléaire, aussi a-t-elle déploré l’absence de consensus lors de la Conférence d’examen en 2015 et l’impossibilité d’adopter un document final.  Elle a donc exprimé le vœu de voir le traité se renforcer et s’élargir et que la Conférence de 2020 soit « marquée d’un nouveau sursaut ». 

Elle a enfin salué les travaux du Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique estimant qu’il mérite un financement pérenne et conforme à son agenda.

M. SOVANN KE (Cambodge) a regretté l’échec à parvenir à un consensus lors de la dernière Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Nous aimerons voir un engagement actif et positif de la part des États nucléaires et des États non nucléaires pour atteindre les objectifs du TNP, a-t-il déclaré.  Et le Cambodge espère que la Conférence de 2020 aura un résultat fructueux.  Le représentant a également regretté que le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) ne soit pas encore entré en vigueur et a appelé tous les pays qui ne l’ont pas encore fait à le ratifier. 

Le représentant a par ailleurs averti que l’augmentation du trafic illicite d’armes classiques reste un des plus importants défis de notre temps, et a appelé la communauté internationale à travailler ensemble pour les réguler ».  Une application correcte du Programme des Nations Unies pour éradiquer le commerce des armes légères et de petit calibre, pourrait permettre de contrôler le flux des armes, ainsi que d’éviter qu’elles tombent dans les mains d’acteurs non étatiques, a-t-il indiqué.  Il a aussi salué la tenue, en fin d’année, de la dix-septième réunion des États parties à la Convention d’Ottawa.

Mme AUDRA PLEPYTĖ (Lituanie) a constaté que l’environnement sécuritaire actuel est « dynamique, complexe et imprévisible ».  Parmi les nouveaux défis sécuritaires, elle a cité les renforcements de capacités militaires, des exercices d’une ampleur sans précédent, des opérations de renseignement, et des cyberattaques « particulièrement sophistiquées ».  Autant de développements, a-t-elle estimé, qui mettent sous pression nos instruments de contrôle et la cohésion de la communauté internationale.

Compte tenu de ces constats, la Lituanie a insisté sur la nécessaire préservation des trois piliers du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Elle a aussi considéré contre-productif de tenter de délégitimer les armes nucléaires.   Si elle soutient une démarche étape par étape vers le désarmement nucléaire, elle a appelé à rester réaliste.  « Ce désarmement est impossible sans l’engagement des États dotés », a-t-elle souligné, préférant mettre en avant les mesures de renforcement de la confiance, la transparence réciproque et les processus de vérification comme des instruments à même de contribuer à la sécurité internationale.

La déléguée a en revanche longuement insisté sur l’importance de préserver l’intégrité du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire qui constitue un instrument essentiel de la stabilité stratégique.  Reconnaissant par ailleurs les résultats obtenus par le Plan d’action global commun dans le cadre de l’architecture de non-prolifération, elle a prévenu qu’il ne couvrait que le programme nucléaire de l’Iran, pas son programme de missiles balistiques.  À ses yeux, ce sujet particulier doit donc être traité de manière adéquate.

S’alarmant des attaques chimiques qui ont eu lieu en République arabe syrienne, mais aussi, « c’est une première depuis la Seconde Guerre mondiale », sur le sol européen, elle a asséné qu’on ne pouvait pas tolérer davantage de violation de la Convention sur les armes chimiques.  À ce titre, elle s’est d’ailleurs félicitée qu’en juin 2018, les pouvoirs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques aient été renforcés pour lui permettre de mieux identifier ceux qui utilisent ces armes.

M. HAMOOD SALIM ABDULLAH AL TOWAIYA (Oman) a estimé que malgré tous les efforts consentis dans le cadre de la Conférence du désarmement, il reste encore beaucoup à faire en matière de non-prolifération et de désarmement.  Selon lui, les blocages rencontrés en termes de désarmement nucléaire font douter certains de l’utilité du mécanisme multilatéral qui est dans l’impasse depuis trop de temps.  Il a appelé à préserver la volonté politique des États face aux échecs répétés de la Conférence du désarmement à aboutir à un consensus.

Le délégué a rappelé que le désarmement nucléaire ne sert pas qu’à renforcer la paix mais permet aussi de dégager d’importantes ressources pour le développement durable.  C’est aussi pour cela qu’il a réclamé la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  « Pour nous, la concrétisation de cet objectif stabiliserait la région, a-t-il assuré. »  « La création d’une telle zone est une question de prime importance qui mérite l’appui et l’assistance de la communauté internationale ».  Il a donc appelé Israël à adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) pour appliquer l’Accord de 1995. 

Sur le commerce des armes légères et de petit calibre, le représentant a mis en avant combien ces armes gaspillaient les ressources et les efforts de développement durable.  Outre le grand danger qu’elles font courir en termes de vies humaines, elles ont un lien étroit avec le commerce de drogues et la criminalité organisée, a-t-il souligné.

M. GEORGI VELIKOV PANAYOTOV (Bulgarie) s’est inquiété de l’augmentation des cas d’utilisation d’armes chimiques depuis l’an dernier, non seulement en Syrie, mais aussi au Royaume-Uni.  Par ailleurs, il a estimé que les développements récents dans la péninsule coréenne sont encourageants.  Ces premières étapes doivent cependant être suivies d’efforts par la République populaire démocratique de Corée pour aboutir à une dénucléarisation complète, entière et vérifiable, notamment en respectant à la lettre les résolutions du Conseil de sécurité.

Le Plan d’action global commun sur le programme nucléaire iranien conclu en juin 2015 reste d’une portée historique, a poursuivi le représentant, qui a relevé que les rapports de l’AIEA ont montré que l’Iran applique ses engagements en matière nucléaire.  Il a encouragé toutes les parties à se conformer aux termes du Plan d’action global commun.

Le représentant a ensuite réitéré son engagement d’atteindre un monde sans aucune arme nucléaire, ce qui ne sera possible, a-t-il affirmé, que dans le cadre du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) et notamment de son Article VI.  Le TNP reste la pierre angulaire du régime de non-prolifération et du désarmement nucléaire, et tous les efforts doivent être déployés pour atteindre cet objectif lors de la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, en 2020.

Le représentant a par ailleurs salué le résultat de la troisième Conférence d’examen du Programme d’action relatif aux armes légères qui fournit une bonne base pour renforcer le régime global contre le commerce des armes légères, et pour appliquer le Programme 2030.

Selon M. NIKOLAI OVSYANKO (Bélarus), le monde est le théâtre de tensions sans précédent entre les grandes puissances.  « Les problèmes liés aux armes nucléaires ne sont pas résolus: ils se sont aggravés », a-t-il affirmé.  À ce titre, il a considéré que les initiatives de création de normes parallèles visant à interdire les armes nucléaires n’ont contribué qu’à générer des polémiques puisqu’aucun des pays dotés n’a participé à ces initiatives.  « Il faut permettre leur participation et favoriser le renforcement de la confiance pour avancer », a-t-il insisté.

Appelant à l’adoption de mesures de renforcement du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) pour parvenir progressivement à l’élimination complète de ces instruments, il a souligné aussi l’extrême importance du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).  C’est à ce titre qu’il a regretté que les conditions de la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient ne soient toujours pas réunies.  Il a d’ailleurs rappelé que son pays avait demandé la même chose en Asie centrale et de l’Est, mais qu’il n’avait pas été écouté.

Le représentant s’est ensuite prononcé contre tout usage d’armes chimiques et toutes décisions de nature conflictuelle qui irait à l’encontre des travaux de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).  Le Bélarus a aussi dit accorder une importance toute particulière à la Conférence du désarmement: « Il faut qu’elle sorte de l’impasse pour que nous bâtissions un monde plus sûr ».  Regrettant que la Conférence du désarmement n’ait pas échappé à la politisation de ses activités, il a néanmoins considéré que la création de cinq organes subsidiaires devrait permettre d’approfondir les points à l’ordre du jour.  « Il faut appuyer la dynamique positive actuelle », a-t-il insisté.

Saluant les travaux de la Chine et de la Russie sur la question de l’espace extra-atmosphérique, il a noté que ce sujet était de la plus haute importance étant donné le danger croissant du placement d’armes en orbite spatiale.  Il faut trouver un accord sur cette question, a-t-il insisté, précisant que le Bélarus travaille sur des recommandations pour disposer d’un instrument international dans ce domaine.

Le délégué s’est enfin dit « préoccupé » par la méfiance qu’il a constaté dans le cadre de la Troisième Conférence d’examen du Programme d’action des Nations unies en vue de prévenir, combattre et éradiquer le commerce illicite des armes légères et de petit calibre.  Jugeant finalement nécessaire d’adopter des mesures pour lutter contre les cybermenaces, son pays a appuyé le projet de résolution sur les technologies d’informations et de communication.

M. BASHAR JA'AFARI (République arabe syrienne) a dénoncé la prolifération des armes nucléaires et de groupes terroristes encouragés, selon lui, par certains États Membres, qui sont parfois membres permanents du Conseil de sécurité mais qui « parrainent » ces organisations.  Pour protéger Israël et ses possessions d’armes nucléaires, et malgré sa non adhésion au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), les États-Unis et le Royaume-Uni ont veillé à faire de la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) un échec en 2015, a-t-il accusé.  De plus, quand la République arabe syrienne a lancé en 2003 une initiative pour promouvoir une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, les États-Unis ont menacé de faire usage de leur droit de veto.

Le représentant a ensuite condamné les crimes perpétrés à l’aide d’armes chimiques en rappelant que son pays a adhéré au Traité de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).  Nous tenons tous nos engagements malgré les moments difficiles que nous traversons, a-t-il souligné.

M. Ja'afari a accusé « certains États » de fournir des armes chimiques aux organisations terroristes, dont certaines, a-t-il affirmé, ont été transférées depuis la Libye avec l’assistance des agences de renseignements de pays hostiles qui les ont fournies à Daech et au Front el-Nosra avec l’aide de la Turquie.  Il a également accusé les Casques blancs d’actes terroristes.

Le représentant a par ailleurs affirmé que les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et d’autres de leurs alliés ont contribué à faire obstruction au travail de la Conférence du désarmement en la politisant.  Mais, a-t-il prévenu, « le terrorisme mordra la main qui l’a nourri ».

Droits de réponse

Réagissant à l’intervention de l’Espagne, pour qui ce sont les sanctions qui ont poussé la République populaire démocratique de Corée (RPDC) à la table des négociations, son représentant a fait observer que son pays subit des sanctions depuis 70 ans.  « Nous sommes devenus très autonomes et autosuffisants, ce qui nous permet de surmonter toutes sanctions », s’est-il félicité.  « Vous pouvez continuer à voter des sanctions pendant encore un siècle, ça ne fera que nous rendre plus forts ».  À ses yeux, c’est l’absence de volonté politique et de mesures de confiance qui avait jusqu’à présent fait capoter ce processus de dénucléarisation.

Le représentant des États-Unis a regretté que la République arabe syrienne continue de nier qu’elle a utilisé des armes chimiques « alors que les preuves sont là ».  La Syrie fait porter le blâme aux Casques blancs et à d’autres pays, mais ses attaques sont infondées, a-t-il asséné.  « Ce pays doit comprendre que, s’il recommence, il y aura une réponse très claire de mon pays et de ses alliés, a affirmé le délégué.  « La Syrie n’est pas crédible et personne n’est dupe dans cette salle. »

Le représentant de la Libye a affirmé que les insinuations de la Syrie, qui avait impliqué son pays dans un transfert de sarin, sont sans fondement.  La Libye n’a jamais possédé de tels gaz et toutes ses armes chimiques ont été détruites par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) », a-t-il souligné.

Le délégué de la Syrie a affirmé qu’un pays comme les États-Unis qui protège et couvre les arsenaux nucléaires et biologiques d’Israël, qui invente des prétextes fallacieux pour protéger leurs propres arsenaux nucléaires, qui a détruit l’Iraq sur la foi de mensonges, et qui s’est retiré de l’UNESCO, n’a aucun droit d’accuser à tort le sien. D’autant plus, a-t-il ajouté, que leur propre histoire est marquée par des faits avérés d’usage de ces armes.

À la Libye, il a précisé qu’il n’avait jamais dit que le sarin avait été produit en Libye, mais seulement qu’il avait été transféré depuis la Libye sur un vol civil.

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