Première Commission: l’Iran appelle au respect des accords multilatéraux

AG/DSI/3602
15 octobre 2018
Soixante-treizième session, 7e séance – après-midi

Première Commission: l’Iran appelle au respect des accords multilatéraux

Avec l’intervention de la République islamique d’Iran, le désarmement nucléaire multilatéral a évidemment occupé une place de choix au cours de cette sixième journée de débat général de la Première Commission (désarmement et sécurité internationale).  Mais d’autres sujets, comme l’espace extra-atmosphérique, les armes classiques et les engins explosifs ou encore le rôle des femmes, ont également pris une part non négligeable dans le débat.

Sur la question nucléaire, le début de l’intervention du délégué iranien a donné le ton: « Nous assistons en fait à une diabolisation des institutions multilatérales et au non-respect des règles et normes mondiales », s’est-il alarmé.  Jugeant illégal le retrait des États-Unis du Plan d’action global commun qui, a-t-il rappelé, avait été le fruit d’intenses efforts, il a rappelé que 12 rapports de l’AIEA avaient pourtant confirmé la conformité de la République islamique d’Iran.  Accusant les États-Unis d’avoir violé les termes de la résolution en se retirant, il les a vertement critiqués pour avoir menacé, selon lui, d’autres pays de sanctions s’ils ne se retiraient pas eux aussi.

La Belgique ne s’est guère montrée plus optimiste lorsqu’elle a souligné que le désarmement est en piteux état.  C’est en ce sens qu’elle a plaidé pour une préservation du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire qui a été un pilier de la défense européenne, exhortant par ailleurs la Fédération de Russie à répondre aux préoccupations soulevées par la mise au point d’un nouveau système de missiles.  Et c’est toujours à ce titre qu’elle a demandé, « au minimum », à ce que la démarche de prolongement jusqu’en 2021 du nouveau Traité START soit entamée.

Pour le Liechtenstein, ces divergences d’opinion ont un effet destructeur sur les traités communs: ainsi une nouvelle course à l’armement a lieu au mépris des normes juridiques et en raison du manque de volonté de relever les défis liés aux nouvelles technologies, a-t-il déploré.  L’inaction a rarement été aussi couteuse qu’aujourd’hui, s’est alarmée cette délégation.

Du côté iranien, le constat global est amer: « Le désarmement nucléaire semble aussi infaisable aujourd’hui que dans les années 1970.  Aucun état doté ne fait les efforts qu’il devrait. »  Compte tenu que le problème central du désarmement nucléaire est son unilatéralisme, il en a conclu qu’il n’y aura pas de désarmement tant que les politiques américaines en la matière resteront les mêmes.

À ce titre, il a jugé « alarmante » l’annonce par les États-Unis de la création d’une force militaire pour l’espace extra-atmosphérique.  « Ils veulent dominer l’espace, en faire leur chasse gardée », a-t-il assuré.  Y voyant le signe avant-coureur d’une course à l’armement dans l’espace, il a d’ailleurs appelé à la création d’un instrument juridiquement contraignant dans le cadre de la Conférence du désarmement.

Usant de leur droit de réponse, les États-Unis ont expliqué avoir souscrit au Plan d’action global commun en misant sur une amélioration du comportement de l’Iran, et ont déploré que « cela ne se soit pas produit ».  « La communauté internationale a toujours voulu un cadre réglementaire plus contraignant mais l’Iran a toujours échappé à ces mesures de contrôle », a regretté la délégation.

Pour Trinité-et-Tobago, l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires de 2017, par une majorité d’États, a pourtant changé la perception que le désarmement est un des objectifs négligés des Nations Unies.

Pour autant, son intervention a surtout mis l’accent sur des armes infiniment moins spectaculaires, mais qui font finalement plus de dégâts comptables: les armes légères et de petit calibre.  Environ 70% des meurtres commis dans les États de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) le sont par le fait d’armes à feu, a-t-elle déploré.  « Le contrôle, la prévention et l’éradication de ce commerce illicite sont une des toutes premières priorités de mon pays », a-t-elle déclaré.

À ses yeux, le Programme d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects (POA) est un instrument important pour renforcer la coopération internationale et faire ployer le commerce illicite de ces armes.  En partant du principe qu’il soit appliqué de bonne foi, a-t-elle insisté, le Traité sur le commerce des armes pourrait quant à lui réduire la souffrance humaine, améliorer la sécurité régionale et la stabilité.

Du côté de la Slovénie, ce sont les engins explosifs qui mobilisent plus particulièrement.  Du fait de la multiplication des armes à sous-munitions, des mines antipersonnel et autres restes de guerre qui infestent, entre autres, le sol d’Europe du Sud-Est, elle a rappelé combien l’assistance aux victimes était centrale.  « Avec d’autres bailleurs de fonds, nous avons tenté d’appuyer les enfants et les adultes touchés par des conflits », a-t-elle assuré.

À ce sujet, le représentant de l’Afghanistan a rappelé que son pays comptait aussi un grand nombre de mines qui sont devenues les armes de premier choix pour les groupes armés non étatiques, provoquant la mort et l’amputation de milliers de civils.  Pour la seule année dernière, a déploré la délégation, elles ont tué ou blessé plus de 2 000 Afghans.

La Belgique s’est, elle aussi, inquiétée de la recrudescence de l’utilisation des engins explosifs improvisés pour la même raison qu’ils frappent d’abord les populations de manière indiscriminée lors des conflits et des attaques terroristes.  C’est pourquoi elle a souhaité la poursuite des travaux sur cette question dans le cadre de la Convention concernant certaines armes classiques.

Enfin, de nombreux États Membres ont fait état de la nécessaire intégration des femmes aux processus de paix et de sécurité.  La dimension sexospécifique est indéniable dans la paix et la sécurité, a noté la représentante de Trinité-et-Tobago.  « Les femmes jouent un rôle majeur pour contrer la violence et l’insécurité dans les communautés.  Elles doivent jouer le même rôle dans le désarmement. »

La Première Commission poursuivra ses travaux demain, mardi 16 octobre à partir de 15 heures.

DÉBAT GÉNÉRAL SUR TOUS LES POINTS DE L’ORDRE DU JOUR TOUCHANT LE DÉSARMEMENT ET LA SÉCURITÉ INTERNATIONALE

Déclarations (suite)

M. BACHIR AZZAM (Liban) s’est inquiété de l’impasse sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Malgré de nombreuses décisions prises dans ce sens lors de la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) notamment en 1995 et 2010, Israël cherche à préserver son programme et son arsenal nucléaires sans le moindre contrôle international et multiplie les obstacles à la création d’une telle zone, a-t-il dénoncé.  Or, celle-ci est nécessaire en termes de sécurité et de stabilité dans une région instable et menacée par les conflits et le terrorisme, a-t-il souligné.

Le représentant a demandé que la communauté internationale fasse pression sur Israël afin qu’il se conforme aux règles internationales de non-prolifération et concentre ses efforts pour arriver à créer cette zone exempte d’armes nucléaires.

Il s’est également inquiété de la prolifération des armes de petit calibre et a fait savoir que le Liban vient de signer, il y a quelques jours, le Traité sur le commerce des armes, pas important dans la lutte contre ces armes.  Par ailleurs, il a insisté sur l’engagement du Liban en faveur de la Convention sur les armes à sous-munitions et souhaité qu’elle devienne universelle, rappelant que son pays a été confronté à ces armes depuis 2006 lors du conflit avec Israël.

M. ROLLIANSYAH SOEMIRAT (Indonésie) s’est inquiété du fait que certains pays donnent l’impression de revenir à la guerre froide malgré le renforcement du multilatéralisme et des liens commerciaux.  Cette situation doit nous rappeler que les armes nucléaires méritent la plus haute priorité, a-t-il estimé.  Constatant que les approches étape par étape n’ont pas fonctionné, il a appelé les États dotés à respecter leurs obligations en matière de désarmement.  Le délégué a aussi réclamé la mise en œuvre du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, ainsi que la ratification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), espérant par ailleurs que la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2020 donne des résultats.

Le délégué a ensuite insisté pour que la région du Sud-Est de l’Asie demeure sans armes nucléaires et s’est dit en faveur de l’établissement d’une telle zone au Moyen-Orient.  À ses yeux, le Plan d’action global commun et les avancées en République populaire démocratique de Corée sont des signaux favorables.  Il a, par ailleurs, vertement critiqué l’utilisation d’armes chimiques et a appelé l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à poursuivre ses efforts.  Il a également demandé de renforcer les normes pour protéger les civils contre les armes explosives.

Mme NATASCIA BARTOLINI (Saint-Marin) a indiqué que son pays avait déposé son instrument de ratification du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires en espérant qu’il constituera une étape cruciale sur la voie d’un monde sans armes nucléaire.  S’alarmant du fait que 15 000 armes nucléaires sont stockées dans le monde entier, elle a appelé à pleinement mettre en œuvre le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), notamment son article 6, et de s’engager pour garantir la réussite de sa Conférence d’examen en 2020.

La représentante a ensuite réclamé la fin de l’impunité pour l’utilisation d’armes chimiques.  Elle s’est inquiétée des graves conséquences de l’utilisation des armes légères sur les populations et les infrastructures, ainsi que de la prolifération des armes légères et de petit calibre (ALPC) qui « encouragent terrorisme et violence, violations des droits de l’homme, recrutement d’enfants soldats et viols ».  Les groupes vulnérables, femmes et enfants sont souvent les plus touchés par ces violences à caractère sexuel, a-t-elle insisté.  Le manque de contrôle sur les armes légères et de petit calibre (ALPC) est une menace à la sécurité, la paix et la stabilité durables.  La mise en œuvre du Traité en la matière est essentielle, d’autant plus que l’augmentation continue de ces armes entravera la réalisation du Programme du développement durable.

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) a salué le Plan d’action global commun, estimant, par ailleurs, que la meilleure garantie pour la paix, c’est l’élimination des armes nucléaires.  À cet égard, il a rappelé que son pays a toujours été pour une approche de la dénucléarisation « par bloc » pour atteindre à l’objectif escompté.  Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) est, selon lui, l’un de ces blocs et ne sera pas affaibli par l’addition d’autres blocs.  Il a salué le travail du Groupe d’experts de haut niveau sur un prochain traité sur l’interdiction de la production de matières fissiles, y voyant une bonne base pour les discussions qui auront lieu à ce sujet à la Conférence du désarmement.

Concernant la République arabe syrienne, le délégué a demandé à ce que tous les responsables d’attaques chimiques soient poursuivis et à préserver la crédibilité de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).  L’usage de telles armes, ou même de cyberarmes, par des organisations terroristes est terriblement préoccupant, a-t-il ajouté.

Le représentant a, par ailleurs, appelé à tenir compte des préoccupations des pays en développement.  Au-delà du programme de désarmement tel que présenté par le Secrétaire général, le délégué a expliqué avoir été intéressé par l’idée d’un cyberespace ouvert à tous.  Évoquant le lancement de son premier satellite, le Bangladesh a souhaité qu’aucune arme ne soit placé dans l’espace et a réclamé la création d’un instrument juridiquement contraignant à cet effet.

Mme MARIA THEOFILI (Grèce) a déclaré que l’environnement sécuritaire mondial et les défis du XXIe siècle ne doivent pas faire perdre de vue la nécessité de respecter le cadre international et l’architecture du désarmement consenti sur le plan international.  Cependant, cela doit se faire par des approches « prudentes et réalistes », et notamment par un dialogue entre États détenteurs et non détenteurs, afin de parvenir à des progrès significatifs dans la réduction des armes nucléaires.  L’objectif final est le désarmement nucléaire complet, a souligné le représentant.

L’approche globale envisagée par la Grèce inclue la pleine mise en œuvre du Plan d’action global commun, afin de s’assurer que l’Iran respecte ses engagements liés à son programme nucléaire et de préserver les intérêts de sécurité de l’Union européenne.  Elle implique aussi que d’autres progrès soient faits dans le contexte du Sommet États-Unis-République populaire démocratique de Corée (RPDC), notamment en matière de vérifications et de garanties de non-prolifération, a encore expliqué le représentant.

M. KARL DHAENE (Belgique) a dénoncé les agissements de certains pays visant à miner l’ordre établi, citant le recours aux armes chimiques, la déstabilisation à travers les cyberattaques, ou encore la violation des traités internationaux.  La Belgique s’engage à préserver cet ordre et pour cette raison s’est engagée comme cocoordonnateur du processus de l’article 14 du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et poursuivra ses efforts afin de faciliter sa mise en œuvre.  Le représentant a appelé les autre États à ratifier et signer le TICE « qui ne saurait être subordonné à l’action d’autres États », a-t-il insisté.  Pour lui, la pertinence de ce Traité a été clairement démontrée lors des essais réalisés par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et malgré les efforts et progrès enregistrés, ceux-ci ne deviendront un engagement ferme que si la RPDC souscrit au TICE. 

Car le désarmement est en piteux état, a-t-il estimé.  Les avancées réelles font cruellement défaut.  Le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire a été un pilier de la défense européenne, a-t-il rappelé.  Sa préservation est cruciale et les deux parties principales à ce Traité doivent absolument poursuivre leurs efforts pour résoudre les différends qui demeurent, a-t-il plaidé.  Il a appelé la Russie à répondre également aux préoccupations soulevées par la mise au point d’un nouveau système de missiles.  S’agissant du Traité New START, « au minimum » la démarche devrait être entamée afin de la prolonger au-delà de 2021, a estimé le représentant, qui a appelé les États-Unis et la Russie à relever le niveau de leurs ambitions en la matière.

Enfin, la Belgique s’est dit préoccupée par la recrudescence de l’utilisation des engins explosifs improvisés qui frappent les populations de manière indiscriminée lors des conflits et des attaques terroristes.  Elle a souhaité la poursuite des travaux sur cette question dans le cadre de la Convention sur certaines armes classiques.

M. PATRICK SAINT-HILAIRE (Haïti) a souligné l’attachement d’Haïti au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et appuyé la relance des négociations entre les États-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC).  « Mon pays espère fortement que rien ne viendra remettre en question les efforts déployés en vue de la dénucléarisation complète et vérifiable de la péninsule coréenne. »  Le délégué a appelé au renforcement du travail, « ô combien délicat », effectué par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), et souhaité l’universalisation de la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction.  Enfin, M. Saint-Hilaire a souligné l’urgence de l’universalisation du Traité sur le commerce des armes et appelé la meilleure attention des États sur les dangers posés par les mines antipersonnel et autres engins explosifs. 

Mme CHARLENE ROOPNARINE (Trinité-et-Tobago) a souligné qu’environ 70% des meurtres commis dans les États de la CARICOM le sont par le fait d’armes à feu.  Trinité-et-Tobago est particulièrement affectée par ce type de violence qui continue à être un fléau de notre société, a-t-elle déclaré.  « Le contrôle, la prévention et l’éradication de ce commerce illicite sont une des toutes premières priorités de mon pays », a-t-elle déclaré.  Nous considérons le Programme d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects (POA) comme étant un instrument important pour renforcer la coopération internationale et faire ployer le commerce illicite de ces armes.  Elle a accueilli avec bienveillance le document de la troisième Conférence d’examen du POA qui représente une étape importante, selon elle, dans le combat contre le commerce illicite des armes légères et de petit calibre.  Elle a réaffirmé que le Traité sur le commerce des armes (TCA), s’il est appliqué de bonne foi, pourrait réduire la souffrance humaine, améliorer la sécurité régionale et la stabilité, ainsi que la promotion de la reddition de comptes et de la transparence.

Pour Trinité-et-Tobago, un monde sans armes nucléaire est le seul qui serait vraiment sans danger.  L’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, en 2017, par une majorité d’États, a changé la perception que le désarmement est un des objectifs négligés des Nations Unies.  L’impact de l’utilisation des armes nucléaires n’est pas confiné au passé, a-t-elle déclaré.  Cela reste une menace dans la poursuite du développement durable, et des objectifs relatifs à la santé, à l’égalité des sexes, à l’environnement terrestre et maritime.  La CARICOM a fait partie d’un groupe d’États qui ont milité pour une « obligation positive » au Traité.  La représentante a également souligné que la dimension sexospécifique est indéniable dans la paix et la sécurité.  « Les femmes jouent un rôle majeur pour contrer la violence et l’insécurité dans les communautés.  Elles doivent jouer le même rôle dans le désarmement », a-t-elle déclaré.

Mme AMIERA AL HEFAITI (Émirats arabes unis) a constaté que l’on recherchait dans cette enceinte un consensus pour la paix et la sécurité alors que dans le même temps des dissensions se font jour sur la planète.  Rappelant que les populations sont toujours les premières victimes de l’utilisation des armes chimiques et du commerce illicite des armes, la déléguée s’est félicitée de l’initiative du Secrétaire général à propos du désarmement et s’est dite convaincue de l’importance des forums pertinents, comme celui-ci, pour avancer sur la cause du désarmement.

Espérant que la prochaine Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires permettra de se mettre d’accord sur un plan d’action, elle a insisté sur la création de zones exemptes d’armes nucléaires partout dans le monde et particulièrement au Moyen-Orient.  À cet égard, elle a demandé à Israël de se joindre au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Les Émirats arabes unis ont toujours été à l’avant-garde des appels à la dénucléarisation, a-t-elle rappelé, et il faut que toutes les nations accèdent aux différentes conventions internationales et les mettent en œuvre.

Même si elle a espéré que la mise en œuvre du Plan d’action global commun aura des impacts sur la conduite de l’Iran, elle s’est dite inquiète face au désir de L’Iran de créer un arsenal nucléaire.  La représentante a rappelé l’importance du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) qui, selon elle, peut jouer un rôle majeur dans la promotion du désarmement nucléaire.  Elle a terminé en soulignant l’importance de l’engagement des femmes dans le désarmement à tous les niveaux de prise de décisions.  « Nous devons toucher tous les secteurs de la société si nous voulons faire preuve d’innovation », a-t-elle conclu.

M. ESHAGH AL HABIB (République islamique d’Iran) a dénoncé la diabolisation des institutions multilatérales et le non-respect des règles et normes mondiales.  Selon lui, le retrait des États-Unis du Plan d’action global commun, qui a été le fruit d’intenses efforts pour réduire une crise fabriquée, est « illégal ».  Dans 12 rapports, a-t-il rappelé, l’AIEA a pourtant confirmé la conformité de l’Iran.  Accusant les États-Unis d’avoir violé les termes de la résolution en se retirant, il les a vertement critiqués pour avoir menacé, selon lui, d’autres pays de sanctions s’ils ne se retiraient pas eux aussi.

Pour le délégué, il faut défendre le multilatéralisme et protéger sa crédibilité.  « C’est une partie de notre mandat, a-t-il insisté.  Comment faire avancer le multilatéralisme dans le cadre de la non-prolifération ? »  Il a estimé que le Secrétaire général a eu raison de dire que la réalité de l’environnement sécuritaire exige que la non-prolifération et le désarmement figurent au cœur des travaux des États Membres.  À cet égard, étant donné que l’existence des armes nucléaires continue de faire peser une menace existentielle sur l’humanité, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires constitue une avancée historique qui complète en outre le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  « Mais le désarmement nucléaire semble aussi irréalisable aujourd’hui que dans les années 1970, a-t-il déploré.  Aucun État doté ne fait les efforts qu’il devrait. »  Constatant que le problème central du désarmement nucléaire est son unilatéralisme, il en a conclu qu’il n’y aura pas de désarmement nucléaire tant que les politiques américaines en la matière resteront les mêmes.

Le manque de progrès concernant la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient est une autre source de préoccupation pour l’Iran, a poursuivi le représentant.  Les arsenaux israéliens empêcheront toujours la paix et la stabilité dans la région.  Et le passif peu glorieux de ce pays est une menace à la paix et la sécurité internationales, a-t-il ajouté.  Accusant Israël d’avoir spécifiquement menacé l’Iran d’annihilation nucléaire, M. Al Habib a considéré que les Nations Unies auraient dû réagir.

Sur la question des armes chimiques, il a souhaité que les normes internationales soient respectées partout et que l’on évite de polariser l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).  Quant aux armes biologiques, il a demandé la reprise des négociations sur un protocole juridiquement contraignant et a exhorté les États-Unis à retirer leurs objections.

Enfin, il a jugé « alarmante » l’annonce, par les États-Unis, de la création d’une force militaire pour l’espace extra-atmosphérique.  « Ils veulent dominer l’espace, en faire leur chasse gardée », a-t-il assuré.  Y voyant le signe avant-coureur d’une course à l’armement dans l’espace, la République islamique d’Iran a appelé à la création d’un instrument juridiquement contraignant dans le cadre de la Conférence du désarmement.

M. MAHMADAMIN MAHMADAMINOV (Tadjikistan) a estimé que la prolifération des armes nucléaires demeure une grave préoccupation et salué le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) comme la pierre angulaire du désarmement international.  Il a appelé à la mise en œuvre urgente de toutes les dispositions du Traité et à l’entrée en vigueur au plus vite du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).

L’entrée en vigueur du Traité portant création d’une zone exempte d’armes nucléaires en Asie centrale est une étape importante qui a permis d’apporter une contribution significative au renforcement de la sécurité régionale et mondiale, a poursuivi le représentant, qui a appelé à accélérer la ratification du Protocole attaché à ce Traité.  Enfin, le représentant a insisté sur l’importance de la Convention d’Ottawa sur les mines antipersonnel et a plaidé pour que l’Asie centrale devienne une région débarrassée de ces engins, grâce au renforcement de la coopération en matière de déminage.

M. ABDOULAYE BARRO (Sénégal) a estimé que les tensions géopolitiques et le risque croissant d’utilisation des armes nucléaires risquent de compliquer le processus de dénucléarisation.  Les négociations n’avancent guère, même si le 7 juillet 2017, les États ont adopté un traité rendant illégal ces types d’armes; a-t-il déclaré.  Il a réaffirmé que le multilatéralisme est plus que jamais l’approche la plus appropriée pour arriver à des résultats concrets.  Il a lancé un appel aux États doté de l’arme nucléaire pour qu’ils agissent et œuvre en vue de l’élimination totale de leurs ogives nucléaires.

En ce qui concerne la prolifération des armes légères et de petit calibre, la troisième Conférence d’examen du Programme d’action des Nations Unies en vue de prévenir, combattre et éradiquer le commerce illicite des armes légères, a été l’occasion de faire le bilan des efforts accomplis et d’identifier les mesures innovantes.  En vue de rendre efficiente la lutte contre le commerce illicite et la prolifération incontrôlée des armes de petit calibre, il s’est réjoui de l’entrée en vigueur, en 2014, du Traité sur le commerce des armes (TCA).  « Nous continuerons d’encourager la coopération régionale; afin de bénéficier du partage des bonnes pratiques ».  Il a appelé les pays qui ne l’ont pas fait à signer ou ratifier le Traité sur le commerce des armes (TCA).

Par ailleurs, le représentant a noté que lors de leur dernière rencontre en juin 2018, le Groupe préparatoire d’experts de haut niveau composé de 25 membres, dont le Sénégal, a réussi à négocier un rapport consensuel recommandant les éléments d’un futur traité interdisant la production de matières fissiles pour la production d’armes et autres dispositifs nucléaires.  En outre, il a appelé à la signature et à la ratification d’une convention sur l’interdiction de la mise au point, la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction, ainsi qu’à l’universalisation de la Convention sur les armes à sous-munitions.

M. SAYED MUSADDEQ (Afghanistan) a exhorté les États qui ne l’ont pas fait à ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).  Il a appuyé le dialogue entre les États-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et a plaidé pour l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Il a rappelé que son pays compte un grand nombre de mines qui ont tué ou blessé plus de 2 000 Afghans l’année dernière.  Il a noté les conséquences catastrophiques des engins explosifs improvisés pour son pays et appelé les délégations à soutenir les efforts visant à remédier à ce fléau.  Ces armes sont devenues les armes de premier choix pour les groupes armés non étatiques et sont responsables de la mort et de l’amputation de milliers de civils, a déploré M. Musaddeq.

M. PETER MATT (Liechtenstein) a estimé que les divergences d’opinion avaient un effet destructeur sur les traités communs: ainsi une nouvelle course à l’armement a lieu au mépris des normes juridiques et du manque de volonté de relever les défis liés aux nouvelles technologies, a-t-il déploré.  L’inaction a rarement été aussi coûteuse qu’aujourd’hui.  Aussi, son pays appuiera les efforts pour mettre en œuvre le programme proposé par le Secrétaire général en matière de désarmement.  Les accords de désarmement et de non-prolifération ont déjà montré leur potentiel pour faire baisser les tensions, a-t-il estimé.  Ce principe est parfois mis à mal dans les relations internationales, avec de graves conséquences quand il s’agit des armes chimiques, s’est-il inquiété.  Notre réaction doit être de renforcer les accords passés et d’accroître la responsabilité des États en cas de violation, a-t-il plaidé.  Hélas, « le Conseil de sécurité n’est souvent pas à la hauteur » a-t-il regretté.

Le représentant s’est félicité de la détente dans la péninsule coréenne, et a espéré que les engagements se traduiraient rapidement par des accords politiques.  À cet égard, l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) constituerait une étape bienvenue, a affirmé le représentant qui a regretté que les accords importants découlant du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) demeurent souvent ignorés, « y compris au sein de cette Commission ».

Il a rappelé que son pays avait signé le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires qui, a-t-il estimé, doit pouvoir renforcer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) selon lui. 

Le représentant a estimé que les règles régissant l’emploi des armes devaient s’appliquer au cyberespace.  Il s’agit là d’un élément indispensable pour les débats à venir pour identifier les lacunes existantes a-t-il insisté, ajoutant que « La résistance d’une poignée d’État ne doit pas empêcher la majorité d’avancer » sur ce sujet, ni sur les systèmes d’armes automatiques.

M. MARCELO ZAMBRANA TORRELIO (Bolivie) a rappelé que son pays fait partie de la première zone exempte d’armes nucléaires, créée en vertu du Traité de Tlatelolco, et de la première région déclarée zone de paix.  À cet égard, il s’est félicité de l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires et a lancé un appel à tous les États pour mettre en œuvre ces dispositions.  « C’est la seule solution pour éviter l’utilisation catastrophique de ce type d’armes, a-t-il estimé.  Et nous appelons les États dotés à supprimer le rôle de ces armes dans leur doctrine ».  Selon lui, elles mettent clairement en danger l’humanité puisque, en cas d’erreur de calcul, ou de problème informatique, elles pourraient produire un accident nucléaire aux conséquences imprévisibles.

Rappelant que la Charte des Nations Unies oblige à avancer avec des mécanismes pacifiques, il a plaidé pour le dialogue comme seul moyen d’arriver à une société plus juste.  Selon lui, le Plan d’action global commun est un excellent exemple de la façon dont on peut avancer vers la paix par la construction de la confiance.  Il s’est, à cet égard, dit attristé qu’une des parties se soit retirée de l’accord.  En conclusion, le délégué a déploré les investissements exorbitants consentis par l’industrie militaire.  Selon lui, ces milliards de dollars devraient être utilisés pour lutter contre la pauvreté et pour l’éducation.

M. MHER MARGARYAN (Arménie) a rappelé que son pays est pleinement investi dans la lutte contre le terrorisme nucléaire.  Il a ensuite réclamé la création d’un registre des armes classiques et la mise en œuvre complète du Traité sur le commerce des armes, indispensable selon lui pour garantir la sécurité. 

Il considère que le Programme d’action relatif aux armes légères et de petit calibre est essentiel pour parvenir à un monde plus sûr, soulignant que le trafic de ces armes représente une forte source d’insécurité et entrave le développement économique des droits humains.  Le représentant s’est exprimé avec force contre toutes les formes et manifestations du terrorisme et a indiqué que le Gouvernement arménien avait mis en place différentes mesures pour mettre en œuvre la résolution 2396 du Conseil de sécurité, notamment en établissant un système de contrôle des voyageurs.  Il a jugé important d’identifier les idéologies fondamentalistes et extrémistes provenant de « certains pays », qui encouragent la haine et la discrimination envers les pays voisins et ceux qui ont une opinion différente.  L’Arménie a toujours plaidé pour la coopération régionale et le renforcement de la confiance et souscrit pleinement au principe de l’indivisibilité de la sécurité internationale.

Mme DARJA BAVDAŽ KURET (Slovénie) s’est dite scandalisée de l’utilisation des armes chimiques « un peu partout ».  Selon elle, l’utilisation de ces armes par un État ou un acteur non étatique représente une violation du droit international et doit être condamnée dans les termes les plus forts.

Sur les armes nucléaires, elle a appelé à la pleine mise en œuvre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Elle a souligné que la Slovénie appuierait les résolutions qui se concentreront sur des résultats concrets et tangibles comme le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), un traité d’interdiction des matières fissiles et la création de zones exemptes d’armes nucléaires.

Se félicitant du travail de l’AIEA vis à vis de l’Iran, elle a expliqué que la Slovénie appuierait le Plan d’action global commun tant que son pays respectera ses engagements.  Elle appuiera aussi tous les efforts diplomatiques pour parvenir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne, a-t-elle ajouté.  Mais d’ici à la concrétisation vérifiable de cet objectif, la déléguée a estimé que les sanctions devaient se poursuivre.

La représentante s’est ensuite longuement attardée sur le sort des victimes des armes légères et de petit calibre.  Se disant concernée par la multiplication des armes à sous-munitions, des mines antipersonnel et autres restes de guerre qui infestent, entre autres, le sol d’Europe du Sud-Est, elle a rappelé combien l’assistance aux victimes était centrale.  « Avec d’autres bailleurs de fonds, nous avons tenté d’appuyer les personnes touchées par des conflits, qu’elles soient des enfants ou des adultes », a-t-elle assuré.  Concernant son propre stock d’armes de ce type, la Slovénie a confirmé sa destruction complète et irréversible, après avoir eu quelques problèmes, en 2011, avec un pays partenaire qui ne s’était pas correctement acquitté de cette tâche.  Sur les armes létales autonomes, elle a insisté sur la nécessité de disposer d’un débrayage humain pour en reprendre le contrôle.

M. NEVILLE MELVIN GERTZE (Namibie) a appuyé la « noble opinion » exprimée par la Cour internationale de Justice dans son avis consultatif de 1996, selon laquelle l’utilisation et la menace d’utilisation des armes nucléaires sont contraires au droit international.  Pointant la menace existentielle que les armes de destruction massive font peser, le délégué a tout d’abord demandé que les femmes soient présentes dans tous les processus de prise de décisions dans les affaires de désarmement, avant d’appuyer la création d’une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient.  Il a indiqué que son pays, qui compte parmi les pays producteurs d’uranium les plus importants au monde, participe aux activités de l’AIEA en vue de la promotion d’un emploi pacifique de l’énergie nucléaire, lequel demeure un droit inaliénable des pays en développement. Enfin, M. Gertze a exhorté les pays dotés de l’arme nucléaire à œuvrer à un désarmement nucléaire total.

Droits de réponse

Le représentant de la Fédération de Russie a réagi aux propos formulés vendredi par certaines délégations s’agissant de la sécurité dans le Caucase.  Il a notamment regretté que la Géorgie ait omis de retracer le contexte historique, affirmant par ailleurs que ce pays avait entamé une aventure dangereuse contre l’Ossétie du Sud en 2008, entraînant une tragédie pour les deux pays ainsi que pour les Casques bleus de l’ONU dont plusieurs ont été tués.  En revanche, l’intervention de la Russie, « à la demande des deux États menacés », a permis de rétablir l’ordre et d’éviter davantage d’atteintes à la sécurité.  Cela fait 10 ans déjà que les militaires russes sous contrôle international sont engagés dans la région, qui connaît le calme et permet la coexistence pacifique des habitants d’Ossétie, de Géorgie et d’Abkhazie, s’est-il félicité.  Il a espéré un processus politique qui puisse régler les différends dans la région.

S’agissant de la Transnistrie, il a assuré que les militaires russes déployés ne menaçaient en aucun cas les pays de la région.  La résolution présentée par la république de Moldova concernant le retrait de ces forces armées est un document provocateur, dont l’objectif est d’obtenir l’approbation de la communauté internationale pour mener des actions contre son propre peuple, a-t-il accusé, avertissant que la mise en œuvre de ces plans ouvrirait une nouvelle page meurtrière au Moldova.  Il a souligné que la présence russe dans le Caucase joue un rôle positif dans le maintien de la paix et de la stabilité régionales.

Toute déclaration affirmant par ailleurs que la Russie accroît sa présence militaire en mer Noire pour mener des actions contre l’Europe et l’Afrique du Nord est sans fondement, a-t-il ajouté.  Quant aux accusations selon lesquelles la Russie aurait utilisé des armes chimiques en Angleterre, toute expertise remettrait en cause ce qui a été avancé.  La Russie a été désignée coupable avant même que l’enquête britannique ne débute dans le but, d’ailleurs, de justifier ces accusations, a-t-il martelé.

S’agissant du conflit en Syrie, la Géorgie a rejeté les accusations de terrorisme à son égard.  Elle a souligné que son centre de santé est une institution ouverte qui respecte les obligations au titre de la Convention sur les armes biologiques.  Il a pour objectif de protéger le pays et la région des maladies infectieuses, a assuré la délégation, et les États parties à la Convention sur les armes biologiques ont été invités à procéder à un examen par les pairs, en novembre prochain, afin de renforcer la confiance entre les États parties.  Elle a regretté que les représentants russes aient refusé de participer à cette visite.  La délégation a ensuite appelé la Russie à retirer ses forces de Géorgie.

Les États-Unis ont expliqué avoir souscrit au Plan d’action global commun en misant sur une amélioration du comportement de l’Iran, et ont déploré que cela ne se soit pas produit.  Israël a obtenu des archives iraniennes montrant que le programme nucléaire iranien n’a pas été entièrement démantelé et que les recherches se poursuivent.  C’est la raison pour laquelle le Président Trump s’est retiré et les États-Unis maintiendront leurs sanctions tant que l’Iran ne changera pas de posture.

Israël a ensuite dénoncé les accusations « absurdes » de l’Iran, le « plus grand parrain du terrorisme » dans le monde.  Par le biais de ses intermédiaires dont le Hezbollah et autres milices chiites, il commet des atrocités contre le peuple syrien, menace ses voisins et déstabilise le Moyen-Orient.  On le retrouve bien au-delà du Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Europe et en Asie, a accusé la délégation.

L’Iran a alors affirmé que les États-Unis n’ont aucune leçon à donner en ce qui concerne la violation d’engagements internationaux.  Il a rappelé que se retirer du Plan d’action global commun est une violation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité.  C’est une tendance observée de la part des États-Unis qui semblent mélanger toutes les questions: cacher la réalité et raconter des mensonges sur les raisons pour lesquelles ils se défilent devant le droit international.

Il a affirmé que le Plan d’action global commun a été conclu quand les États-Unis cherchaient à nier le droit de l’Iran à mener des activités pacifiques, rappelant dans la foulée qu’il avait été approuvé par le Conseil de sécurité.  Les États-Unis, a accusé la délégation iranienne, cherchent à saper la crédibilité de l’AIEA et à l’affaiblir pour remettre en cause les institutions multilatérales.  La réalité est que l’Iran met en œuvre le protocole additionnel et coopère pleinement avec l’Agence.  Les inspecteurs de l’AIEA passent 300 jours par an sur le terrain en Iran, deux fois plus qu’en 2013.  Ils ont prélevé des échantillons, les ont placés dans plus de 2 000 paquets scellés.  Les États-Unis se fourvoient et, pendant ce temps, ils envoient des milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite qui les utilise contre les civils au Yémen et déstabilisent la région.

La délégation iranienne a par ailleurs déploré qu’Israël ne respecte aucune des 85 résolutions du Conseil de sécurité qui le concerne.

Le représentant de la République arabe syrienne a accusé la Géorgie de couvrir un grand nombre de terroristes.  Il a également affirmé que des armes biologiques sont cachées en Géorgie et que la Géorgie est le premier État à avoir exporté des armes biologiques en Syrie.

Il est par ailleurs bien amusant de voir Israël accuser d’autres États de violer les normes internationales, a-t-il déclaré.  Différents rapports montrent que cet État a fait usage d’armes chimiques, dont l’uranium et différents types de phosphores depuis 1948 et Israël a créé des groupes terroristes dans mon pays, a-t-il accusé.

Reprenant la parole, la Fédération de Russie, a fait observer que la Géorgie a déjà connu trois épisodes sanglants, depuis son indépendance, il y a 25 ans.  En 1992, puis en 1996, et enfin l’agression de l’Ossétie du Sud qui a mené au quasi-génocide de ce petit État qui a demandé assistance à la Russie.  Nous avons accepté sur la base d’accords bilatéraux, et nos activités sont menées sans contrôle international, par un mécanisme conjoint de contrôle qui comprend l’UE, les Nations Unies et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).  C’est pourquoi parler d’annexion du territoire géorgien est infondé, a—t-il conclu.

Les États-Unis ont dénoncé les commentaires « ridicules » de l’Iran et ont rappelé la prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979.  L’Iran finance son addiction au terrorisme en Amérique du Nord, Amérique du Sud, en Europe, en Afrique, en Asie et dans le monde entier et utilise énormément de subterfuges pour financer le terrorisme, usant notamment d’entreprises écrans.  La communauté internationale a toujours voulu un cadre réglementaire plus contraignant mais l’Iran a toujours échappé à ces mesures de contrôle, a regretté la délégation.

Les droits de réponse ont ensuite continué sans interprètes: Israël; Iran; et République arabe syrienne.

 

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