Première Commission: pour certains États, l’évolution en péninsule coréenne est la preuve de la pertinence du multilatéralisme

AG/DSI/3600
11 octobre 2018
Soixante-treizième session, 5e séance – matin

Première Commission: pour certains États, l’évolution en péninsule coréenne est la preuve de la pertinence du multilatéralisme

Avec les interventions de la Chine, de la République de Corée et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), c’est l’apaisement de la situation dans la péninsule coréenne qui a dominé, aujourd’hui, le quatrième jour du débat général de la Première Commission (désarmement et sécurité internationale).  Sans surprise, le multilatéralisme a été le mot d’ordre de tous leurs discours.

Pour la Chine qui a longuement insisté sur les mérites de cette approche, c’est clairement la concertation qui a permis de reprendre le dialogue avec le régime de la RPDC, une analyse partagée par la République de Corée.

« Les dirigeants des deux Corée et des États-Unis ont su saisir les occasions qui se présentaient, notamment lors des Jeux olympiques de février, qui ont ouvert la voie à la tenue de trois sommets intercoréens », a notamment insisté le représentant de la République de Corée.  Par la Déclaration de Panmunjom du 27 avril, la République de Corée et la RPDC ont confirmé un objectif commun de dénucléarisation de la péninsule, comme ils l’ont fait de nouveau à Singapour le 12 juin.  « Et malgré des hauts et de bas, a-t-il ajouté, les négociations entre les États-Unis et la RPDC avancent et un nouveau sommet est prévu cette année ».

Ce changement de direction a aussi été mis en avant par la République démocratique de Corée qui a insisté sur la dimension historique de la réunion au sommet du 12 juin 2018 qui a eu lieu à Singapour entre le Dirigeant suprême Kim Jong-un et le Président Donald Trump.

« La déclaration conjointe qui en était issue démontre que même des pays qui entretenaient jusqu’ici de mauvaises relations peuvent parvenir à des résultats concrets », s’est réjouie la délégation.

Cette dernière a assuré que la RPDC restait déterminée à mettre en œuvre les différents points de la déclaration conjointe, mais a toutefois insisté sur le fait que la dénucléarisation ne pourra être possible que si la RPDC et les États-Unis parviennent à bâtir une confiance mutuelle.

« Nous avons pris l’initiative d’interrompre nos essais de missiles, de démanteler de façon irréversible nos installations et d’agir de manière transparente, a rappelé le délégué.  « Il est nécessaire d’adopter une approche par étape pour parvenir à cette dénucléarisation et s’écarter des anciennes méthodes. »

C’est ce même multilatéralisme que plusieurs pays appellent de leurs vœux pour régler d’autres questions liées au désarmement, à commencer par le problème de l’impasse dans laquelle se trouve la Conférence du désarmement.

L’Inde a notamment regretté que celle-ci soit « prisonnière d’intérêts sécuritaires nationaux étroits » et que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires ait été négocié en dehors du cadre onusien.

Un identique esprit multilatéral animait le représentant du Costa Rica lorsqu’il a espéré que la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2020 aboutirait à des résultats concrets, et non pas à une impasse comme en 2015.

Mais, comme plusieurs délégués l’ont relevé, cette approche concertée des problèmes ne doit pas concerner uniquement les armes de destruction massive.

 « Ce ne sont pas elles qui causent le plus grand nombre de victimes, ce sont les armes légères et de petit calibre », a rappelé la Colombie qui a aussi ajouté les engins explosifs à son tableau.  Il a été appuyé dans ce sens par le Guatemala qui a averti que le trafic des armes légères et de petit calibre empêche la mise en place d’un développement économique, humain et durable.  Les travaux de cette Commission doivent permettre d’avancer vers une prise de décisions effective face au problème, a estimé la délégation, qui a dit son attachement au Traité sur le commerce des armes.

Le délégué costaricain a cependant rappelé que le contrôle de l’offre et de la demande de ces armes ne suffirait pas pour garantir la paix.  Seule la modification des doctrines des nations dans le sens de l’état de droit, de la sécurité et du développement donnerait les gages nécessaires. 

La Guinée a considéré pour sa part que la coopération sous-régionale, régionale et internationale constitue un levier essentiel de lutte contre la circulation et le trafic irresponsable des armes et des munitions et a attiré l’attention sur la situation préoccupante qui prévaut actuellement dans la région sahélo-saharienne, à cause du trafic illicite des armes et de la multiplication des réseaux et des groupes terroristes.

À cet égard, la déléguée du Ghana s’est félicitée des résultats de la troisième Conférence d’examen du Plan d’action sur les armes légères et de petit calibre (ALPC) en juin 2018 qui, pour la première fois, a pris en compte les munitions, la violence sexiste, le genre, et le développement durable.  Elle a toutefois réclamé davantage de soutien financier et matériel pour les pays en développement pour les aider à mettre en œuvre le Traité sur le commerce des armes, entre autres.

La Première Commission poursuivra ses débats demain, vendredi 12 octobre, à partir de 10 heures.

DÉBAT GÉNÉRAL SUR TOUS LES POINTS DE L’ORDRE DU JOUR TOUCHANT LE DÉSARMEMENT ET LA SÉCURITÉ INTERNATIONALE

Déclarations (suite)

M. PANKAJ KUMAR SHARMA (Inde) a salué les progrès réalisés concernant la question de la République populaire démocratique de Corée qui, a-t-il estimé, ont fait de l’année 2018 un moment important pour la sécurité internationale.  Il a ensuite regretté que la Conférence du désarmement, « prisonnière d’intérêts sécuritaires nationaux étroits », n’ait pas réussi à adopter son programme de travail.  Il s’est également inquiété de la tendance à traiter du désarmement en dehors de l’architecture onusienne.

À cet égard, l’Inde estime que le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, qui a été négocié en dehors de la Conférence du désarmement ne lui crée aucune obligation.  L’Inde, a insisté le représentant, n’est liée que par les traités auxquels elle a souverainement adhéré.  Le délégué a de plus estimé que ce nouveau traité ne contribue pas au développement du droit international, tout en assurant que l’Inde se tient prête à œuvrer avec ses signataires pour créer un monde débarrassé de l’arme nucléaire.

Il s’est dit convaincu que les divisions au sein de la communauté internationale pour atteindre cet objectif doivent être surmontées par la voie du multilatéralisme, du dialogue et de la coopération.  Il a appelé à un dialogue de fond entre États détenteurs afin de renforcer la confiance et de réduire la prééminence du nucléaire dans la doctrine de dissuasion.  Dans cet esprit, l’Inde présentera de nouveau deux projets de résolution, afin de réduire le danger des armes nucléaires, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le représentant a souligné l’attachement de son pays à la Convention sur les armes chimiques et partagé la préoccupation sur les informations faisant état de l’utilisation de ces armes en divers endroits du monde.  Les auteurs de tels actes doivent répondre de leurs actes, a-t-il insisté.  Face aux défis posés à cette Convention, l’Inde veut maintenir sa crédibilité et souhaite que soit renforcée son efficacité et sa mise en œuvre.

Après avoir souligné la situation précaire de la conjoncture internationale, M. Jorge SKINNER-KLEÉ ARENALES (Guatemala) a insisté sur le risque que représentent les armes nucléaires, notamment si elles tombent dans les mains de mouvements terroristes.  Il a jugé anormal de développer des armes nucléaires alors que l’on ne trouve pas d’argent pour financer la lutte contre la faim et la pauvreté.  Il a également qualifié de « fallacieux » l’argument qui consiste à dire que les armes nucléaires sont indispensables pour la protection nationale.  Il a rappelé que le Guatemala faisait partie d’une zone exempte d’armes nucléaires et que ces zones constituaient un contrepoids aux puissances atomiques.  Il a, à cet égard, insisté sur la nécessité de créer une zone de ce type au Moyen-Orient.  À l’approche de la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2020, il a prié les États dotés de respecter leurs obligations, notamment en éliminant les armes nucléaires de leurs doctrines militaires et sécuritaires.

À propos des armes légères et de petit calibre, il a rappelé que son pays avait beaucoup souffert de ce fléau. Expliquant qu’elles coûtaient la vie à de trop nombreux jeunes, femmes et enfants, il a insisté pour que les travaux de cette Commission permettent d’avancer vers une prise de décisions effective face au problème. « L’une des principales priorités de notre gouvernement est la sécurité citoyenne », a-t-il expliqué. Or, le trafic des armes légères et de petit calibre empêche la mise en place d’un développement économique, humain et durable. C’est pourquoi son pays attache une importance particulière au Traité sur le commerce des armes. « Le multilatéralisme est la seule voie pour arriver à des sociétés pacifiques et durables », a-t-il insisté.

Le représentant s’est par ailleurs, inquiété de la possibilité de voir émerger une course aux armements dans l’espace extra-atmosphérique. Il a aussi demandé la création d’un instrument interdisant les armes autonomes létales. Plus globalement, il a estimé que la communauté internationale doit relever des défis importants pour le désarmement, a-t-il conclu. « Il faut des mesures concrètes et vérifiables. Il y a des arsenaux exorbitants qui continuent à être modernisés, » a-t-il dit.

Mme MARIA DE JESUS DOS REIS FERREIRA (Angola) a déclaré qu’en raison de 30 ans de guerre fratricide, son pays avait été sévèrement affecté par différents types de mines antipersonnel. Mais grâce à l’engagement d’organisations non gouvernementales, de la communauté internationale et de la Croix-Rouge, elle a été possible d’engager un processus de déminage pour permettre la circulation des personnes et des biens. Les 27 et 28 novembre 2017, s’est tenue à Maputo, au Mozambique, une réunion avec 19 États africains, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), le Comité internationale de la Croix-Rouge (CICR), le Réseau international d’action sur les armes légères, et d’autres organisations de la société civile. L’objectif, a expliqué la représentante, était de partager des connaissances et des preuves sur les problèmes causés à la société civile par l’utilisation d’armes explosives dans les zones peuplées, et d’aborder cette question aux niveaux politique et opérationnel. Lors des échanges, les représentants ont conclu que l’implication des États africains et de la société civile, la promotion de la coopération bilatérale et régionale, les initiatives au niveau international et la coopération renforcée avec les organisations internationales peuvent contribuer à jouer un rôle moteur pour améliorer la protection des civils.

En dépit du succès de la huitième Conférence de révision du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), il reste beaucoup à faire en matière de désarmement, a par ailleurs estimé Mme Ferreira. Plus de 40 années après l’entrée en vigueur du TNP, il reste de nombreux stocks d’armes nucléaires et le risque de prolifération nucléaire maintient en vie la possibilité de leur utilisation, que ce soit intentionnel ou non. Ce serait catastrophique pour l’humanité, s’est-elle alarmée, avant d’exhorter la communauté internationale à continuer de faire du désarmement nucléaire sa priorité.

M. ABDALLAH Y AL-MOUALLIMI (Arabie saoudite) a appelé à soutenir le cadre des traités existants pour la création de zones exemptes d’armes nucléaires, notamment au Moyen-Orient. Il a accusé Israël de s’opposer à toute initiative en ce domaine, pointant notamment son refus d’adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et de soumettre ses infrastructures militaires à une évaluation internationale. L’Arabie saoudite va donc présenter un projet de résolution suggérant au Secrétaire général d’inviter les pays de la région à négocier un traité en vue d’établir une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.

Le représentant a ensuite accusé l’Iran d’avoir profité de la levée des sanctions qui lui avait été imposées pour reprendre ses activités terroristes, notamment en appuyant le Hezbollah ainsi que la milice houthiste qui, s’est-il indigné, continue de lancer des missiles balistiques de fabrication iranienne contre l’Arabie saoudite. Dans la seule journée d’hier, a-t-il affirmé, 199 missiles ont été lancés. Et l’Iran continue également d’entraver les activités maritimes en mer Rouge. En conséquence, il a appelé la communauté internationale à adopter une position unie et ferme contre l’Iran « qui déstabilise la région ». L’Iran doit cesser de soutenir le terrorisme et de s’immiscer dans les affaires des autres États, a-t-il martelé.

M. Al-Mouallimi a par ailleurs fait part de son appui à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire et a insisté sur l’importance du transfert de technologie, appelant dans la foulée à lever les obstacles qui en privent les pays en développement. Enfin, le délégué a déploré que le régime syrien continue de perpétrer des atrocités contre son peuple et espéré qu’il sera tenu responsable de ces crimes.

M. FU CONG (Chine) a insisté sur les bienfaits du multilatéralisme, assurant qu’elle était une approche efficace pour aborder les défis communs.  « Il faut prendre en compte les problèmes de sécurité de tous les pays pour arriver à une sécurité globale et commune », a-t-il indiqué, citant notamment en exemple la manière dont le dialogue a permis de faire avancer la situation en péninsule coréenne.  Toujours au crédit du multilatéralisme, il a également cité le Plan d’action global commun qui est, à ses yeux, un grand succès de la diplomatie onusienne et qu’il a appelé à poursuivre.

Le représentant a en revanche regretté que la situation en Syrie soit bloquée depuis plusieurs années et estimé que les responsabilités quant aux attaques chimiques ne devaient être imputées que sur la foi de preuves solides.  Il ne peut y avoir aucune place pour des présupposés, a-t-il insisté.

Après avoir appelé à préserver le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), il a dit attacher une grande importance à la destruction des stocks d’armes chimiques.  Il s’est également préoccupé du blocage au sein de la Conférence du désarmement et a demandé aux États Membres de garder à l’esprit le fait que l’approche sécuritaire se devait d’être de plus en plus large et efficace, tandis que la nécessité d’un désarmement multilatéral ne faisait qu’augmenter.  Il s’est aussi préoccupé des liens entre les armes de destruction massive et l’intelligence artificielle et a par ailleurs appelé les États Membres à s’accorder sur l’adoption d’un traité sur la production des matières fissiles.

M. RUDOLPH MICHAEL TEN-POW (Guyana) a souligné, que comme le Programme de développement durable à l’horizon 2030 le précise, il n’y pas de développement possible sans une paix durable.  Il a salué le succès de la troisième Conférence des Nations Unies chargée d’examiner les progrès accomplis dans l’exécution du Programme d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects.  « Les efforts pour lutter contre le trafic des armes de petit calibre sont particulièrement importants pour nous, en tant que petit pays en développement, notamment en raison de leur impact en termes sociaux et humains », a-t-il indiqué.  Il a appelé urgemment tous les États Membres à travailler à la pleine mise en œuvre du Plan d’action et a souligné l’importance de la coopération internationale à cet égard

Le représentant a ensuite indiqué que l’adoption, l’an dernier, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires avait permis de combler un écart juridique important et de renforcer les normes mondiales en vue de l’élimination totale des armes nucléaires.  Soulignant que leur élimination dépend à la fois des États nucléaires et des États non nucléaires, il a appelé urgemment tous les États Membres à le ratifier pour que son entrée en vigueur soit effective.

Le représentant a par ailleurs condamné l’utilisation des armes chimiques par qui que ce soit, quelles que soient les circonstances et a souligné l’importance de s’assurer que ceux qui en ont fait usage ne restent pas impunis.

M. CHOE TAE-YUL (République de Corée) a remarqué que ce débat se tenait dans des conditions très différentes de celui de l’an dernier en raison des progrès enregistrés en matière de dénucléarisation dans la péninsule coréenne.  Les dirigeants des deux Corée et des États-Unis ont su saisir les occasions qui se présentaient, notamment lors des Jeux olympiques de février, qui ont ouverts la voie à la tenue de trois sommets intercoréens, a-t-il salué.  Par la Déclaration de Panmunjom du 27 avril, la République de Corée et la République populaire démocratique de Corée ont confirmé un objectif commun de dénucléarisation de la péninsule, comme ils l’ont fait de nouveau à Singapour, le 12 juin.  Malgré des hauts et des bas, a-t-il ajouté, les négociations entre les États-Unis et la RPDC avancent et un nouveau sommet est prévu cette année.

Le représentant a insisté sur le rôle indispensable que devaient jouer les Nations Unies dans ces efforts et a espéré que le récent Programme pour le désarmement du Secrétaire général permettra de répondre aux défis émergents et d’apporter une solution plus globale et plus efficace.  Pour avancer sur la voie d’un monde débarrassé des armes nucléaires, a—t-il estimé, il faut tenir compte des réalités géopolitiques et des changements de dynamiques dans le monde.  Pour cette raison, il a prôné l’adoption d’une approche progressive sur la base du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), pierre angulaire de l’architecture du désarmement.

M. Choe a aussi appelé la communauté internationale à axer ses efforts sur l’entrée en vigueur du TICE et le lancement des négociations sur l’élaboration d’un traité interdisant la production de matières fissiles.  La communauté internationale doit aussi accroître ses efforts pour répondre aux menaces que pose la prolifération des armes de destruction massive et empêcher qu’elles tombent entre les mains de groupes non étatiques, d’extrémistes violents et de groupes terroristes, a-t-il ajouté.

S’agissant de la cyber sécurité, il a appelé la Première Commission à s’accorder sur le rétablissement du Groupe consultatif d’experts sur la sécurité de l’information afin de poursuivre les discussions fondées sur les rapports qu’il avait établis en 2010, 2013 et 2015.

M. RODRIGO ALBERTO CARAZO ZELEDÓN (Costa Rica) a regretté que l’utilisation des armes nucléaires continue d’animer autant les discussions, tout en reconnaissant que « l’attitude » de certains acteurs appelle à rester exigeant.  Il a invité tous les États à adhérer au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, estimant que celui-ci permettra, une fois en vigueur, de renforcer les normes entourant ces armes, en partant du principe du danger humanitaire qu’elles font peser.

Après avoir appelé les États détenteurs à respecter l’article 6 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), le représentant a espéré que la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2020 aboutirait à des résultats concrets, et non pas à une impasse comme en 2015.  Il s’est ensuite félicité des évolutions dans la péninsule coréenne et a appelé dans la foulée tous les États dotés à réduire et à cesser de moderniser leurs arsenaux.  « Les progrès de la science et de la technologie doivent être utilisés pour le bienfait de l’humanité », a-t-il insisté à ce propos.

Rappelant l’appui du Costa Rica à l’élaboration d’un traité sur l’interdiction de la production de matières fissiles, le représentant a estimé que celui-ci doit inclure des règlementations pour les stocks existants.  Il a ensuite regretté la paralysie qui mine les travaux de la Conférence du désarmement et à demander à reprendre les discussions autour de l’ordre du jour.

Il a aussi insisté sur l’importance du Traité sur le commerce des armes, et a estimé par ailleurs qu’il reste beaucoup à faire en matière de lutte contre les armes légères et de petit calibre.  À cet effet, s’il a jugé nécessaire de contrôler davantage l’offre et la demande, il a rappelé que ce contrôle ne suffisait pas pour garantir la paix.  Seule la modification des doctrines des nations dans le sens de l’état de droit, de la sécurité et du développement donnerait les gages nécessaires, a-t-il affirmé.

Mme ELIF ÇALIŞKAN (Turquie) a regretté l’érosion de la confiance entre États Membres et les divergences d’opinion sur la voie à suivre en matière de désarmement nucléaire, alors même que l’utilisation des armes chimiques refait surface sans aucune reddition de comptes.  En attendant des mesures concrètes pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne, la Turquie salue les pourparlers intercoréens ainsi qu’avec les États-Unis et espère que cette « opportunité historique » puisse mener à la dénucléarisation totale et vérifiable de la péninsule ainsi qu’à une paix durable.  Parmi les autres réalisations importantes de la diplomatie multilatérale, la représentante a cité le Plan d’action global commun, sur le nucléaire iranien, soulignant que selon les rapports de l’AIEA, l’Iran respecte cet accord. 

Elle a estimé que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) demeure la pierre angulaire du régime de désarmement et de non-prolifération, et a déploré qu’il n’ait pas été possible de parvenir à un document final consensuel lors de sa dernière Conférence d’examen en 2015. Elle a aussi appelé à progresser dans la mise en œuvre du Plan d’action de 2010 du TNP ainsi que dans l’organisation d’une conférence pour la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.

Sur le dossier des armes chimiques, la Turquie regrette que le mandat du Mécanisme d’enquête conjoint de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et de l’Organisation des Nations Unies pour la Syrie n’ait pas été renouvelé.

M. BHARAT RAJ PAUDYAL (Népal) a affirmé que seule l’interdiction complète des armes nucléaires fournira une garantie de sécurité pour les États qui n’en sont pas dotés.  Il a estimé que la conclusion d’un traité sur l’interdiction sur la production des matières fissiles contribuerait grandement à la mise en œuvre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.  Il a ensuite annoncé que le Népal s’apprête à ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires et a appelé les États Membres à en faire de même.  Des efforts s’imposent également pour renforcer la Convention sur les armes chimiques.  Le délégué s’est par ailleurs inquiété de la rapidité de certains progrès technologiques, jugeant notamment que la technologie 3D pose de graves menaces, et a estimé urgent d’élaborer un cadre international de contrôle.

Comme les années précédentes le représentant a annoncé que le Népal allait déposer un projet de résolution sur le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Asie et dans le Pacifique, et a soutenu l’appel du Secrétaire général aux pays de la région à verser leur contribution à ce centre.  Il a par ailleurs salué le lancement récent du Programme pour le désarmement du Secrétaire général.

M. BAH OURY (Guinée) a déclaré que les délibérations de cette Commission interviennent dans un contexte international marqué par les progrès en matière de maîtrise des armements conventionnels et par la volonté de renforcer davantage la coopération internationale.  L’objectif est de trouver des réponses aux défis mondiaux, malgré la « léthargie » de la Conférence du désarmement, a-t-il estimé. 

Il s’est dit convaincu que les armes nucléaires ne peuvent garantir la sécurité internationale, estimant au contraire que leur existence constitue une menace à la paix.  Leur élimination doit figurer au cœur de nos préoccupations, a-t-il souligné.  C’est pourquoi la Guinée est favorable au lancement de processus de négociations sur un traité interdisant la production de matières fissiles.  Nous considérons que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) demeure la pierre angulaire du désarmement et que son universalisation peut être perçue comme un gage de paix, a-t-il déclaré.

Le représentant a indiqué que son pays est partie au Traité sur le commerce des armes et a pris part aux travaux de sa quatrième conférence, qui s’est tenue du 20 au 24 aout 2018, à Tokyo, au Japon.  Il s’est félicité des résultats positifs qui y ont été obtenus.  Il a indiqué que la Guinée est déjà en train de prendre les mesures législatives, administratives et pratiques pour prévenir le commerce illicite des armes de petit calibre. Le pays a également organisé, du 19 au 21 septembre à Conakry, avec le soutien de la Fondation ADENAUER, un séminaire régional des parlementaires ouest-africains en charge des questions de défense et de sécurité sur l’apport du législatif dans la mise en œuvre du Traité sur le commerce des armes dans l’espace de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest).  Il a aussi parlé de la situation préoccupante qui prévaut actuellement dans la région sahélo-saharienne, à cause du trafic illicite des armes et de la multiplication des réseaux et des groupes terroristes.  Il a indiqué que la Guinée considère que la coopération sous-régionale, régionale et internationale constitue un levier essentiel de lutte contre la circulation et le trafic irresponsable des armes et des munitions.

M. FRANCISCO ALBERTO GONZALEZ (Colombie) a estimé que le contrôle des armes classiques était fondamental pour empêcher leur trafic.  « Ce sont ces armes qui causent le plus grand nombre de victimes, pas celles de destruction massive », a-t-il rappelé.  Le contrôle des armes légères et de petit calibre permettrait ainsi d’éviter qu’elles ne tombent entre les mains de groupes armés ou d’acteurs non étatiques.  À cet égard, il a rappelé qu’avec l’Afrique du Sud et le Japon, son pays présentait une résolution sur ce sujet.  Il s’est ensuite félicité des résultats obtenus, en 2018, lors de la conférence d’examen du Programme d’action sur les armes légères et a demandé des actions concrètes sur le terrain.

Le représentant s’est ensuite attardé que la question des engins explosifs artisanaux.  Il a expliqué que ces armes étaient majoritairement développées par des groupes armés illégaux, qu’elles ressemblaient à des mines antipersonnel, pour ensuite demander que les normes sur l’élimination de ces engins tiennent compte des réalités et spécificités de chaque pays.

Après avoir salué l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, le délégué a appelé à l’universalisation de la Convention sur les armes biologiques et demandé à reprendre le dialogue sur ces armes.  S’il a rejeté l’utilisation des armes chimiques quelles que soient les circonstances, il s’est félicité des progrès dans la destruction de ces armes.  Il a finalement regretté que la Conférence du désarmement demeure dans une impasse et appelé la communauté internationale à surmonter les obstacles de procédure qui empêchent la reprise de ses travaux.

Mme MARTHA AMA AKYAA POBEE (Ghana) a exprimé sa déception face à la lenteur des négociations sur le désarmement et s’est inquiétée du risque que la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2020 pâtisse d’un manque de consensus.

Elle a dénoncé le fait que certains pays développés continuent d’investir des milliards de dollars pour augmenter leurs stocks d’armes de destruction massive au mépris de leurs engagements.  Pour le Ghana, seule une interdiction complète des armes nucléaire garantira leur élimination totale, d’où l’importance qu’il accorde au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires qui, a estimé le délégué, permet de renforcer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.  Elle a également appelé les États à ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). La représentante a ensuite estimé qu’un prochain traité sur l’interdiction de la production de matières fissiles devra tenir compte des stocks existants.

Enfin, Mme Pobee a rappelé que la circulation continuelle et illégale des armes légères et de petit calibre continue de perturber les communautés dans le monde et pose une menace considérable à la sécurité internationale.  Elle s’est donc félicitée des résultats de la troisième Conférence d’examen du Plan d’action sur les armes légères et de petit calibre (ALPC) en juin 2018 qui, pour la première fois, a pris en compte les munitions, la violence sexiste, le genre et le développement durable.  Elle a toutefois réclamé davantage de soutien financier et matériel pour les pays en développement pour les aider à mettre en œuvre le Traité sur le commerce des armes.

Mme ELSA HAILE (Érythrée) a constaté que, partout en Afrique et au Moyen-Orient, le terrorisme se développe à une vitesse galopante, a-t-elle expliqué avant de rappeler que l’architecture de la sécurité internationale commence au niveau régional.  « Il faut lutter contre les racines profondes de ces jumeaux que sont l’insécurité et la pauvreté, a-t-elle souligné.  Une région blessée et non inclusive ne peut pas offrir de sécurité à ses citoyens. »

Il y a peu, a-t-elle poursuivi, la région de la Corne de l’Afrique était décrite comme une zone très dangereuse qui a dû faire face à la pauvreté, aux famines et aux déplacements. « Mais depuis juin, les pays de la région ont montré leur détermination: ils veulent changer leur destin », s’est-elle réjouie.  Selon elles, ces États engrangent des progrès remarquables et cette nouvelle phase leur permet d’aller vers la paix.  Grâce aux accords bilatéraux et trilatéraux, ces pays veulent saisir l’occasion historique d’accélérer l’intégration économique.

L’Érythrée s’est par ailleurs dite convaincue que seule l’élimination des armes nucléaires nous conduira à la sécurité.  Réaffirmant son attachement au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), la représentante a insisté sur le droit inaliénable des États à utiliser le nucléaire à des fins pacifiques.

M. ELMEHDI ELMEJERBI (Libye) a dit son attachement au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et a regretté le manque de résultats de la dernière Conférence d’examen en 2015, pointant les pays qui auraient empêché l’adoption d’un document final en raison de l’appel qui y figurait, de créer une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Cette attitude sème le doute sur le sérieux de ces pays car la Conférence de 1995 avait déjà appelé à créer cette zone, a-t-il fait remarquer.  C’était même la condition sine qua non pour assurer la stabilité dans la région, un fondement pour forger la confiance, a-t-il ajouté.

Le représentant a ensuite appelé les délégués à se mobiliser pour combattre la prolifération d’armes légères et de petit calibre, soulignant que des milliers de personnes en sont victimes et que leur utilisation entrave le développement et encourage l’instabilité.

Il a souligné enfin le rôle essentiel que joue la Conférence du désarmement et a enjoint à redoubler d’efforts pour parvenir à un consensus en son sein.  Son succès, a-t-il insisté, dépend de notre capacité commune à parvenir au consensus afin de relever le défi gigantesque d’un désarmement complet et général.

M. WEI’EN JOHN KHOO (Singapour) a salué la réduction des tensions dans la péninsule coréenne, insistant sur la contribution « modeste mais concrète » de son pays qui a accueilli le sommet entre les Présidents Trump et Kim.  Il s’est déclaré encouragé par le fait que la Thaïlande et Tuvalu ont signé et ratifié le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) respectivement.  À présent, tous les États Membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) sont parties prenantes au TICE, s’est-il félicité.  Cela montre l’implication de tous les pays de l’ASEAN envers le désarmement nucléaire.  Le même engagement se retrouve dans le Traité sur la zone exempte d’armes nucléaires en Asie du Sud-Est, que Singapour soutient résolument.  « Nous continuerons notre dialogue avec les États nucléaires pour résoudre ces questions et travaillerons pour la signature collective des protocoles du Traité sur la zone exempte d’armes nucléaires en Asie du Sud-Est, sans aucune réserve », a-t-il déclaré.

En outre, le représentant s’est déclaré heureux que le Programme pour le désarmement du Secrétaire général, lancé en mai 2018, fournisse un cadre général pour revigorer le dialogue et les négociations sur le désarmement international.

Le représentant a ensuite indiqué qu’en juillet 2018, une des bases de données du système de santé de Singapour avait été piratée via une cyberattaque.  « Dans ce contexte, nous accueillons avec bienveillance l’engagement du Secrétaire général pour faciliter le dialogue entre les États Membres pour renforcer l’adhésion aux normes et principes concernant le comportement dans le cyberespace ».  Enfin, Singapour estime que l’espace extra-atmosphérique devrait rester un lieu pacifique.  « Une course aux armes dans l’espace devrait être évitée à tout prix ».  À cet égard, il a salué l’engagement du Secrétaire général pour renforcer l’application de la transparence et de la confiance dans les activités liées à l’espace extra-atmosphérique.

M. KIM SONG (République populaire et démocratique de Corée) s’est réjoui du changement de direction dans la péninsule coréenne et de la volonté de tous d’écrire un nouveau chapitre.  Jugeant historiques la réunion au sommet qui a eu lieu à Singapour et les pourparlers avec le Président Donald Trump, il a souligné que la déclaration conjointe qui en est sorti avait démontré que même des pays qui entretenaient jusqu’ici de mauvaises relations pouvaient parvenir à des résultats concrets.  « Grâce à cela, la communauté internationale n’est plus aussi préoccupée par la situation dans la péninsule coréenne », s’est félicité le délégué.

Il a assuré que la RPDC restait déterminée à mettre en œuvre les points de la déclaration conjointe, mais a toutefois insisté sur le fait que la dénucléarisation ne pourra être possible que si la RPDC et les États-Unis parviennent à bâtir une confiance mutuelle.  « Nous avons pris l’initiative d’interrompre nos essais de missiles, de démanteler de façon irréversible nos installations et d’agir de manière transparente, a rappelé le délégué.  Il est nécessaire d’adopter une approche par étape pour parvenir à cette dénucléarisation et s’écarter des anciennes méthodes ».  Il a conclu en répétant que la RPDC continuerait à mettre en œuvre, de bonne foi, cette déclaration conjointe et faciliterait les contacts étroits.

Mme LEENA PYLVÄNÄINEN (Finlande) a appelé les États Membres à renforcer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) estimant que la Conférence d’examen de 2020 doit être une opportunité pour réaffirmer leur engagement aux trois piliers du Traité et à son article VI.  La mise en œuvre continue, par les États-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie, du nouveau Traité sur des mesures visant de nouvelles réductions et limitations des armements stratégiques offensifs (START) et du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire sont d’une importance vitale pour la sécurité européenne et internationale.  Il a appelé les États-Unis et la Fédération de Russie à résoudre urgemment leurs différends.

Le représentant a également jugé urgent de préserver l’intégrité de la norme contre l’utilisation des armes chimiques afin d’assurer que ceux qui les violent rendront des comptes.  Le renforcement des capacités de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) pour identifier les auteurs de l’utilisation d’armes chimiques est un pas important pour combattre l’impunité, a-t-il estimé, mais il faut aussi s’assurer que l’OIAC dispose des ressources financières nécessaires pour appliquer les décisions.

Concernant les armes classiques, le représentant a déclaré que la tâche est claire: s’assurer de l’application effective des engagements pris au travers des différents instruments.  La Finlande s’est engagée activement dans le Groupe d’experts gouvernementaux sur les systèmes d’armes létales autonomes.  En dépit de vues divergentes sur la question, toutes les parties sont tombées d’accord sur le fait qu’aucune arme létale ne devrait être utilisée en dehors du droit international humanitaire.  « C’est ce consensus que ne devrions trouver », a-t-il conclu.

Droits de réponse

La Syrie a réagi à l’intervention prononcée hier par les États-Unis en soulignant que la plupart des 700 bases militaires dont ce pays dispose dans le monde sont dotées d’armes nucléaires, en violation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Il a également accusé les États-Unis d’avoir facilité le transfert de substances toxiques vers des terroristes en Syrie et d’avoir formé des combattants en Turquie pour les utiliser sur le territoire syrien.

Il a aussi dénoncé les essais nucléaires de la France en Polynésie française et dans le désert algérien. 

Le représentant syrien a ensuite accusé l’Arabie saoudite d’avoir enlevé le Premier Ministre d’un État, enlevé un agent étranger en Turquie, de financer le terrorisme en Syrie et en Afghanistan, d’avoir lancé une guerre sanglante au Yémen et de contribuer au terrorisme dans le monde.  Il s’en est également pris à la Turquie pour avoir, selon lui, facilité le transfert d’armes chimiques à travers ses frontières.

Enfin le représentant syrien a qualifié d’illégitime une résolution des États parties à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), à La Haye, avertissant qu’elle risque de diviser encore davantage ses membres et de compliquer la tâche de l’OIAC.

Répliquant au droit de réponse prononcé, hier, par la Fédération de Russie, le représentant du Royaume-Uni est revenu sur le déroulement des événements à Salisbury.  Selon lui, des agents russes ont mené une tentative d’assassinat sur le territoire britannique et une jeune femme est morte.  L’enquête a permis de traduire deux ressortissants russes devant les tribunaux.  La Russie, a-t-il accusé, tente de mettre en place une campagne de diffamation pour tromper tout le monde.

Le délégué de l’Iran a dénoncé les allégations fallacieuses de l’Arabie saoudite.  « C’est un tissu de mensonges de nous accuser d’avoir transféré de missiles au Yémen », a-t-il notamment affirmé, pour ensuite accuser l’Arabie saoudite de s’octroyer des dépenses militaires titanesques et d’être un importateur « gigantesque » d’armes américaines.  « Les mêmes armes qui ciblent des écoles, des bus et des centres médicaux au Yémen », a-t-il précisé.  Même si l’Arabie saoudite tente selon lui de bâillonner les médias, elle ne pourra pas rejeter éternellement le règlement diplomatique de la crise au Yémen, a-t-il affirmé, accusant par ailleurs ce pays d’être le « plus grand exportateur de terroristes dans la région ».

Le délégué des États-Unis a ensuite dénoncé l’accusation fallacieuse de l’Iran qui avait affirmé, hier, que son pays s’était retiré de nombreux organisations et traités internationaux.  L’Iran, a-t-il affirmé, tente de se draper dans la modération et les droits de l’Homme alors qu’il mène des actions terroristes dans le monde.  Égrenant des attaques en Israël, en Uruguay, en Argentine, à Katmandou, à New Delhi, à Karachi derrière lesquelles il voit la main de l’Iran, le délégué a déclaré que « la menace iranienne n’est pas européenne, elle est mondiale ».  L’Iran essaie même de mener des activités de la même nature en Amérique du Nord, a-t-il asséné, citant une tentative d’assassinat de l’ambassadeur d’Arabie saoudite.  Il a aussi affirmé que l’Iran avait violé les termes de l’accord du Plan d’action global commun en continuant de lancer des missiles.

Le représentant américain a ensuite vertement rappelé que la Syrie avait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple et gazé des enfants et des femmes à plusieurs reprises.  « C’est un État voyou qui n’a aucune crédibilité », a-t-il affirmé.

Le représentant de la France a dénoncé la « tentative grossière » de la Syrie de détourner l’attention de la Commission avec un sujet qui n’a rien à voir avec ses travaux.  Ce qui nous préoccupe ici ce sont les attaques chimiques, a-t-il souligné, et le régime syrien viole de manière répétée toutes ses obligations internationales.  Il a indiqué que les attaques chimiques n’ont pas cessé depuis 2013 et que la responsabilité du régime de Damas avait été démontrée à trois reprises.

La République arabe syrienne, a poursuivi le représentant, a dénoncé la résolution des États parties à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), à La Haye, comme illégitime mais elle a été adoptée à la très vaste majorité de ces États.  Elle fait force de loi et doit être mise en œuvre, a-t-il insisté.

Le représentant de l’Arabie saoudite a appelé l’Iran à agir de façon responsable, à cesser de s’immiscer dans les affaires internes des pays de la région et de soutenir le terrorisme.

Concernant le Yémen, le délégué a souligné que son pays était un État responsable qui respecte les conventions internationales, tout en réaffirmant qu’il privilégie une solution pacifique au Yémen.  Il s’est dit convaincu que la paix et la sécurité au Moyen-Orient ne seront possibles que si elle arrive à contrer la politique expansionniste de l’Iran dans la région.

Quant à la Syrie, il a affirmé que son délégué n’avait aucune autorité à parler des droits de l’homme.

Reprenant la parole, le représentant de l’Iran a accusé les États-Unis d’avoir aidé à la création de groupes terroristes.  « Depuis que les États-Unis ont choisi de créer des problèmes dans la région, les ennuis se sont multipliés », a-t-il affirmé.  Il a ensuite accusé l’Arabie saoudite d’être « un royaume de la terreur ».  Ironisant sur le fait que son représentant n’avait peut-être pas toutes les bonnes informations, il a rappelé que l’Arabie saoudite avait jusqu’ici refusé d’entamer des pourparlers de paix au Yémen.

Le délégué de la Syrie a vertement condamné la « campagne de mensonges menée par la France » vis-à-vis de son pays, l’accusant par ailleurs d’avoir participé à l’agression contre son pays et d’entretenir des relations avec le Front el-Nosra.

Il a ensuite dénoncé les mensonges de l’Arabie saoudite, et a vu quelque ironie à ce que le royaume saoudien finance des fonds antiterroristes alors qu’il continue à investir, selon lui, des millions de dollars dans des groupes terroristes afin de diffuser la philosophie wahhabite.  L’Arabie saoudite oppresse son peuple.  Ce régime a détruit des universités, a décapité plus de 100 personnes à l’épée en 2017, « comme Daech », a-t-il affirmé.

Il a aussi avancé que les États-Unis développeraient un programme secret d’armes bactériologiques et biologiques et qu’ils ne s’étaient toujours pas débarrassés de leur stock d’armes chimiques.

Les États-Unis ont évoqué la liste de tous les actes de terrorisme commis par l’Iran, estimant qu’il pourrait remonter à la prise d’otages à l’ambassade américaine à Téhéran en 1979.  Quant aux propos de la Syrie, c’est une blague, rien d’autre à ajouter, a commenté le représentant.

La France de nouveau a récusé les propos fantaisistes de la Syrie.  La France ne finance ni ne soutient le terrorisme, elle en est victime et le combat partout, a indiqué le représentant.

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