Le Séminaire régional pour le Pacifique du Comité spécial de la décolonisation termine ses travaux à la Grenade

AG/COL/3321
11 mai 2018
Séminaire régional pour le Pacifique

Le Séminaire régional pour le Pacifique du Comité spécial de la décolonisation termine ses travaux à la Grenade

SAINT GEORGES, LA GRENADE, 9 au 11 mai -- Le Séminaire régional pour le Pacifique du Comité spécial de la décolonisation, qui s’est tenu à la Grenade, du 9 au 11 mai 2018, a terminé ses travaux sur un appel à l’action pour relever les défis auxquels sont confrontés les territoires non autonomes en matière de développement, compte tenu notamment de leur vulnérabilité face aux catastrophes naturelles et à la dégradation de l’environnement. 

Cette année, le séminaire avait pour thème: « Mise en œuvre de la troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme: problèmes sociaux, économiques et environnementaux liés à la réalisation des objectifs de développement durable dans les territoires non autonomes ».  Il a permis de faire le point sur la situation dans les 17 territoires non autonomes qui relèvent du Comité spécial. 

« Le processus de décolonisation n’est pas achevé », a tenu à rappeler le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, dans son message adressé au Séminaire, qui a été lu par la Chef du Groupe de la décolonisation au Département des affaires politiques, Mme Josiane Ambiehl.  De l’avis du chef de l’ONU, la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 revêt une importance particulière pour les territoires non autonomes qui sont confrontés aux défis posés par les changements climatiques, l’accès aux soins de santé, la diversification des économies, la conservation des ressources marines et la pénurie d’eau potable.

À l’ouverture du Séminaire, le Président du Comité spécial, M. Walton Alfonso Webson, d’Antigua-et-Barbuda, a lui aussi réitéré l’importance d’encourager le développement économique et social durable de ces territoires, qui comptent 1,7 million d’habitants.  Étant donné le caractère intersectoriel des défis, que ce soit dans le Pacifique ou dans les Caraïbes, il faut continuer de renforcer les capacités administratives, la bonne gouvernance et la durabilité économique, a-t-il insisté. 

« L’élimination du colonialisme doit rester au rang des priorités de l’ONU », a plaidé à son tour le Ministre des affaires étrangères et du travail de la Grenade, M. Peter David, qui a mis en garde contre l’imposition unilatérale de politiques susceptibles d’entraver les aspirations des territoires en matière de développement.

Pendant trois jours, au cours de tables rondes, les experts et les participants ont abordé divers thèmes liés à la réalisation des objectifs de développement durable dans les territoires, notamment l’appui qui leur est accordé par le système de l’ONU.  Une majorité d’entre eux a encouragé le dialogue avec leurs puissances administrantes respectives, à savoir les États-Unis, la France, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni.

Un expert a rappelé combien les ouragans Irma et Maria de 2017 avaient été dévastateurs pour Anguilla, les îles Vierges britanniques et les îles Turques et Caïques.  Il a relevé que certains territoires se sont montrés critiques par rapport à la réponse du Royaume-Uni à cet égard.  Ces territoires, qui sont en outre préoccupés par le Brexit, explorent de nouvelles voies pour défendre leurs intérêts, a-t-il expliqué.  Le Premier Ministre de Montserrat a argué que ce territoire ne pourrait pas atteindre ses objectifs de développement tant qu’il resterait dépendant. 

Le Coordonnateur résident et Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à la Barbade et pour l’Organisation des États des Caraïbes orientales (OECO), M. Steven O’Malley, a indiqué que l’UNICEF avait déployé des équipes techniques dans la région pour le secours et le relèvement à la suite du passage d’Irma et de Maria.  Il a par ailleurs annoncé que l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avaient récemment signé une stratégie de coopération technique avec les six territoires britanniques dans les Caraïbes jusqu’en 2022. 

S’agissant de la région du Pacifique, le représentant des Samoa américaines a fait valoir que le peuple de ces îles était satisfait dans l’ensemble de sa relation avec les États-Unis.  Par contre, la représentante de Guam a assuré vouloir progresser vers l’autodétermination. 

Pour sa part, le représentant de la Polynésie française a estimé qu’il existait un statut légitime et acceptable pour les petites îles qui ne sont pas complètement indépendantes.  Mais pourtant, a-t-il ajouté, « cela ne signifie pas que nous sommes des colonies ».

Résumant les travaux, au nom du Président du Comité spécial, Mme Keisha McGuire, de la Grenade, a mis l’accent sur le rôle central joué par les agences spécialisées et les autres organisations du système des Nations Unies pour fournir une assistance aux territoires non autonomes. 

L’approche régionale est la meilleure façon d’aborder la dynamique coloniale contemporaine, a ajouté le Secrétaire permanent du Ministère des affaires étrangères de la Grenade, M. Alva Brown.  Reconnaissant que le processus de décolonisation s’était ralenti et qu’il était devenu plus complexe, il a conclu que les recommandations pratiques faites lors de ce séminaire devraient pouvoir guider les États Membres lors de leurs délibérations de la session de fond de juin.

Le Comité a adopté un projet de rapport procédural sur le Séminaire (CRS/2018/CRP.19/Rev.1), ainsi qu’une résolution (CRS/2018/CRP.18) pour remercier la Grenade d’avoir accueilli le séminaire.

Les 17 territoires qui relèvent du Comité spécial sont: Anguilla, les Bermudes, Gibraltar, Guam, les îles Caïmanes, les îles Falkland (Malvinas)*, les îles Turques et Caïques, les îles Vierges américaines, les îles Vierges britanniques, Montserrat, la Nouvelle-Calédonie, Pitcairn, la Polynésie française, le Sahara occidental, Sainte-Hélène, les Samoa américaines et les Tokélaou.

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* La souveraineté sur les îles Falkland (Malvinas) fait l’objet d’un différend entre le Gouvernement de l’Argentine et le Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (voir ST/CS/SER.A/42).

 

 

 

 

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