Le Comité spécial de la décolonisation se rend en Nouvelle-Calédonie en prévision du référendum d’autodétermination

AG/COL/3315
22 février 2018
Session de 2018, 1re séance plénière – après-midi

Le Comité spécial de la décolonisation se rend en Nouvelle-Calédonie en prévision du référendum d’autodétermination

Le Comité spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux a tenu, cet après-midi, la réunion d’organisation de sa session 2018 prévue du 11 au 22 juin *.

En présence du Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, de nombreuses délégations ont fait part de leur désir de faire partie du trio qui se rendra en Nouvelle–Calédonie du 12 au 16 mars prochain, sur invitation de la France, Puissance administrante, en prévision du référendum d’autodétermination fixé au plus tard en novembre 2018.  Au nom du Groupe du « fer de lance mélanésien », le représentant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée a dit attendre avec intérêt les conclusions de la réunion prévue à Paris, du 27 au 29 mars 2018, entre le Comité de signataires de l’Accord de Nouméa et la Puissance administrante sur les questions en suspens relatives au statut politique futur de la Nouvelle-Calédonie.

La Troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme (2011-2020) approchant de sa fin, le Président élu du Comité spécial et Représentant permanent d’Antigua-et-Barbuda a invité ses collègues à intensifier leurs efforts pour la mise en œuvre, au cas par cas, de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.  M. Walton Alfonso Webson a aussi invité les membres du Comité à mettre l’accent sur le maintien et le renforcement d’un dialogue honnête et d’une coopération franche et constructive avec les puissances administrantes et les territoires non autonomes.

Le représentant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée a salué la seconde visite que le Comité s’apprête à effectuer en Nouvelle-Calédonie, après celle de 2004.  Le territoire, a-t-il souligné, vit sa phase la plus critique avant le référendum d’autodétermination et sa situation nécessite un suivi étroit de toutes les parties concernées, y compris le Comité spécial.  Il a proposé que les Fidji fassent partie de la délégation, au nom du Groupe du « fer de lance mélanésien » qui comprend également Vanuatu, les Îles Salomon et le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS).

Pour ce Groupe, il est important que toutes les options soient présentées au peuple néo-calédonien, afin qu’il comprenne ce que ce référendum signifie et en accepte la finalité, quel qu’en soit le résultat.  Il est important, a insisté le représentant, d’éduquer les électeurs et de sensibiliser le public, comme le recommandait lui-même le Comité spécial après sa visite en 2004.  Le représentant a donc invité les autorités de Nouméa, les parties politiques et la Puissance administrante à continuer de renforcer les programmes de plaidoyer et de sensibilisation.

Pour le Groupe du « fer de lance mélanésien », il est fondamental que la liste des électeurs néocalédoniens soit « authentique, crédible et intègre », ce qui est une autre recommandation du Comité spécial.  Il a invité ce dernier à considérer la question du transfert des pouvoirs et compétences qui avait été définie dans l’Accord de Nouméa du 5 mai 1998.  Ces mesures doivent être respectées quel que soit le résultat du référendum d’autodétermination.  

Ses homologues de la Sierra Leone et du Timor-Leste ont également exprimé leur souhait de faire partie de la délégation en Nouvelle-Calédonie.  Pour la représentante du Timor-Leste, il est déplorable qu’il n’y ait pas eu d’avancées sur l’autodétermination depuis 2002, date à laquelle son propre pays a été retiré de la liste des territoires non autonomes.

Le délégué de l’Indonésie a insisté sur le fait que la situation de chaque territoire est unique et que le processus de décolonisation doit se faire au cas par cas, avec la collaboration des puissances administrantes.  Sa collègue de Cuba a salué les dialogues officieux constructifs avec les puissances administrantes, ce qui a permis au Comité spécial de se tenir au courant de la situation des territoires non autonomes.

Élevé sous « la dictature de Salazar » qui maintenait sous occupation des territoires éloignés du Portugal, le Secrétaire général de l’ONU a rappelé, dans son propos liminaire, que le dialogue et la coopération entre le Comité spécial, les puissances administrantes et les territoires non autonomes et d’autres parties était « crucial ».  Il a exprimé sa solidarité avec les territoires non autonomes affectés pas les ouragans en 2017 et salué l’initiative du Comité spécial d’appeler les puissances administrantes et les agences onusiennes à aider ces territoires dans leurs efforts de reconstruction.

Le Comité spécial attend toujours que des pays se proposent pour accueillir le Séminaire régional de la région du Pacifique en 2018.  D’ici au 8 mars, si aucun État de la région ne s’est proposé, les autres membres du Comité spécial pourront se porter candidat, a indiqué le Président élu qui prend ses fonctions aux côtés de Mme Anayansi Rodríguez Camejo, de Cuba, et MM. Dian Triansyah Djani de l’Indonésie, et Adikalie Foday Sumah de la Sierra Leone, comme Vice-Présidents.  M. Bashar Ja’afari de la Syrie assumera les fonctions de rapporteur.

En plus de ses 29 membres, le Comité spécial compte comme observateurs l’Argentine, le Bangladesh, l’Espagne, le Liban, le Mozambique, le Maroc, la Turquie et l’Uruguay.

Les territoires non autonomes dont le Comité spécial s’occupe sont Anguilla, Bermudes, îles Vierges américaines, Îles Vierges britanniques, Îles Caïmans, Îles Turques et Caïques, Guam, Montserrat, Pitcairn, Samoa américaines, Sainte-Hélène et Tokélaou.  Gibraltar, les Îles Falkland (Malvinas), la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et le Sahara occidental sont également inscrits à l’ordre du jour du Comité.

* A/AC.109/2018/L.1 et A/AC.109/2018/L.2

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