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AG/AB/4283
31 mai 2018
Soixante-douzième session, 43e séance – matin

Cinquième Commission: Plébiscite de la réforme de la gestion pour lutter contre la « lourdeur » de la bureaucratie onusienne

Nombreuses ont été les délégations, ce matin, à la Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires, à applaudir les propositions du Secrétaire général pour réformer la gestion de l’ONU et à plébisciter la stricte séparation entre les politiques de gestion, d’une part, et l’appui opérationnel au terrain, d’autre part.  L’ONU pourra ainsi réduire « la lourdeur de sa bureaucratie ».

Des processus lents et lourds, des chevauchements, des lignes de responsabilité floues, une hypercentralisation, des structures fragmentées et un déficit de confiance entre le Secrétariat et les États Membres, c’est en effet ce qu’a trouvé le Secrétaire général lorsqu’il a pris les manettes de l’ONU, ont rappelé les États-Unis.  La gestion à l’ONU était devenue trop complexe pour répondre « avec souplesse et agilité » aux problèmes actuels, a diagnostiqué l’Union européenne.  Il faut saluer la priorité accordée par le Secrétaire général à la « rationalisation des processus », a applaudi l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).

 Saisissons cette chance, qui ne surgit qu’une fois par génération, pour réaliser une réforme organisationnelle concrète aux avantages réels pour les opérations sur le terrain et pour les peuples qu’elles servent, a encouragé le CANZ (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande).  En tant que « Chef de l’administration », nous devrions donner au Secrétaire général toute notre confiance et approuver toutes ses propositions, a-t-il estimé.  « Il a plaidé sa cause avec conviction », se sont exclamés les États-Unis.

L’une des propositions phares de M. António Guterres consiste à réorganiser le Département de la gestion et le Département de l’appui aux missions actuels en deux nouvelles structures:  le Département des stratégies et politiques de gestion et de la conformité et, celui de l’appui opérationnel, qui servira de « point focal unique » avec les pays fournisseurs de troupes.  Les deux nouveaux départements seront au service de tout le Secrétariat; au Siège, dans les commissions régionales, dans les bureaux hors Siège et dans les missions.  Le Secrétaire général compte déléguer directement aux chefs des quelque 100 entités du Secrétariat les pleins pouvoirs administratifs nécessaires pour leur permettre de gérer efficacement leurs ressources financières, humaines et matérielles.

Le Secrétaire général a présenté « très clairement » les rôles et responsabilités futurs des deux départements, c’est la base nécessaire pour des lignes hiérarchiques plus claires, une meilleure redevabilité et la transparence et la performance tant attendues, a salué l’Union européenne.  L’ONU va enfin pouvoir passer à une culture « motivée par les résultats, plutôt que par les processus », se sont réjouis la Suisse et le Liechtenstein, séduits par la perspective de règles simplifiées marquées du sceau « du bon sens ».

La vraie réforme, ont tout de même prévenu les États-Unis, n’aura lieu que si elle s’accompagne d’une transformation de la culture organisationnelle, celle qui récompense et encourage la performance et l’innovation, et punit la sous-performance.  La vraie réforme, a ajouté le Brésil, c’est aussi une représentation équitable de toutes les nationalités au sein du Secrétariat et la parité entre les sexes.  Il faut, ont embrayé le Groupe des 77 et la Chine, comprendre pourquoi certains groupes régionaux dominent dans certains départements.  « Un système non discriminatoire et débarrassé de tout ce qui est contraire à l’esprit de la Charte », c’est ce qu’a dit attendre le Groupe des États d’Afrique. 

L’ampleur de la tâche a incité le Groupe des 77 et la Chine à ne pas arrêter hâtivement une date pour la fin du processus: « nous ne devrions pas fixer des délais artificiels ».  Il est temps de passer à l’action, s’est, au contraire, impatientée l’Union européenne et cela veut dire, se mettre d’accord sur la réforme de la gestion, avant la fin du mois de juin.  Nous devons saisir l’élan imprimé pour lancer la mise en œuvre de la réforme d’ici à janvier 2019, ont précisé les États-Unis.  Il est temps de donner au Secrétaire général le « top départ » du remodelage de l’Organisation et de le mettre en position, lui, ses cadres et son personnel, d’imprimer de réels changements dans les méthodes de travail et la culture de travail d’une Organisation moderne, a estimé la Norvège. « Nous devons collectivement saisir cette occasion de mettre en place une ONU plus efficace, plus efficiente et plus responsable », a conclu le Japon.

La Commission était aussi saisie d’un projet de résolution sur le financement de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), pour laquelle le Secrétaire général demande une enveloppe de 483 millions de dollars pour 2018-2019, réduite de 2 millions par le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB).  Le projet de texte, qui n’a pas encore été adopté, souligne qu’Israël est tenu de payer la somme d’1 million de dollars pour les dépenses occasionnées par le bombardement du quartier général de la FINUL à Cana, le 18 avril 1996. 

Au moment où nous allons débattre des projets de réforme de la gestion de l’ONU, nous sommes une nouvelle fois devant ce qui est devenu un rituel sur la question de la FINUL, un rituel, s’est expliqué Israël, consistant à politiser le travail de la Cinquième Commission.

La prochaine réunion de la Cinquième Commission sera annoncée sans le Journal des Nations Unies.

FINANCEMENT DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX

Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) (A/C.5/72/l.31)

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, M. KARIM SAMIR ISMAIL ALSAYED (Égypte) a souligné qu’Israël était tenu de s’acquitter de la somme de 1 117 005 dollars correspondant aux dépenses occasionnées par les faits survenus à Cana le 18 avril 1996.  Il a prié le Secrétaire général de faire un rapport sur la question à l’Assemblée générale.  Le représentant a en effet rappelé que son Groupe est l’initiateur du projet de résolution.  Il a salué la FINUL pour sa contribution positive au rétablissement de la paix dans la région.

La situation est un peu paradoxale, a commenté M. YARON WAX (Israël).  Au moment où nous allons débattre des projets de réforme de la gestion des Nations Unies, nous sommes une nouvelle fois devant ce qui est devenu un rituel sur la question de la FINUL.  Ce rituel consiste à politiser le travail de la Cinquième Commission, en adoptant un projet de résolution contraire aux principes de base des méthodes de travail de la Commission qui sont fondés sur la coopération, la négociation et le consensus et limités aux aspects budgétaires du maintien de la paix.

Au lieu de cela, le Groupe des 77 et la Chine ont choisi de « prendre en otage » les discussions et de s’en prendre à un seul État Membre, mettant à jour une fois encore des « préjugés tenaces » sur Israël.  Cette année, a poursuivi le représentant, le mépris des méthodes de travail de la Commission s’est illustré par le fait que le nouveau libellé du projet de résolution n’a même pas été soumis aux consultations informelles, raison « claire » pour laquelle la Commission s’est vue dans l’incapacité de parvenir à un consensus.  Ce « mépris » des procédures est un « précédent dangereux », a mis en garde le représentant qui a néanmoins réitéré l’appui de son pays à la FINUL.  « Nous allons discuter de la réforme des Nations Unies plus tard dans la journée, et, ce faisant, nous devrions réfléchir à cette manipulation inappropriée de la Cinquième Commission, laquelle est devenue un rituel », a tranché le représentant. 

EXAMEN DE L’EFFICACITÉ DU FONCTIONNEMENT ADMINISTRATIF ET FINANCIER DE L’ONU

Rapport du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) sur « Un nouveau modèle de gestion pour l’Organisation des Nations Unies: améliorer l’efficacité et l’application du principe de responsabilité grâce à une nouvelle structure de gestion » (A/72/7/Add.49)

Pour l’établissement de ce rapport, le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) a examiné celui du Secrétaire général (A/72/492/Add.2) qui donne des informations générales sur ses projets de réforme.  Le Comité consultatif souligne la singularité de l’ONU: l’un de ses six organes principaux, le Secrétariat, est chargé de mettre en œuvre les activités qui sont décidées par les cinq autres et qui couvrent un champ très vaste et varié.  Sur les 39 651 fonctionnaires, 49,8% (19 754) sont déployés sur le terrain et 50,2% sont affectés dans les bureaux centraux, pour la plupart dans les départements et bureaux du Siège. 

Le CQQAB note que le Secrétaire général pense qu’il faut remédier aux insuffisances constatées dans le style de gestion et le modèle de leadership et qu’il propose la réorganisation du Département de la gestion et du Département de l’appui aux missions qui deviendront le Département des stratégies et politiques de gestion et de la conformité et le Département de l’appui opérationnel.  Les deux nouveaux Départements seront au service de tout le Secrétariat, au Siège, dans les commissions régionales, dans les bureaux hors Siège et dans les missions.  Dans ce cadre, le Secrétaire général indique qu’il compte déléguer directement aux chefs des quelque 100 entités du Secrétariat (départements, bureaux, commissions régionales, tribunaux et missions) les pleins pouvoirs administratifs nécessaires pour leur permettre de gérer efficacement leurs ressources financières, humaines et matérielles, lesquels seront chargés à leur tour de déléguer leurs pouvoirs à d’autres fonctionnaires de l’entité, en fonction des attributions de ces derniers.

Le Secrétaire général explique aussi qu’aujourd’hui, il est difficile de tenir un fonctionnaire responsable de telle ou telle décision ou de telle ou telle action du fait de la complexité des politiques, des procédures et des délégations de pouvoirs en vigueur.  Il indique qu’il compte simplifier le cadre réglementaire existant au cours de l’année à venir; le Règlement du personnel et les règles de gestion financière devant être révisés en fonction.

Ayant pris note des détails, le CCQAB recommande que l’Assemblée générale prie le Secrétaire général d’envisager de revoir la proposition visant à transférer au Département de l’appui opérationnel la fonction d’achat et les fonctions de facilitation correspondantes.  Si la Division des achats était rattachée aux structures qu’il est proposé de créer au Département des stratégies et politiques de gestion et de la conformité, cela permettrait de maintenir une séparation essentielle des tâches ainsi qu’un contrôle interne solide.  Le Comité consultatif recommande également que l’Assemblée générale prie le Secrétaire général d’envisager de revoir la proposition de rebaptiser le Comité des marchés du Siège en Comité consultatif des achats et celle de placer le secrétariat du Comité consultatif des achats sous la responsabilité du Directeur (D-2) de la Division de la transformation opérationnelle et des questions de responsabilité.  En outre, le Comité consultatif est d’avis que des mesures supplémentaires devraient être mises en place afin de renforcer l’efficacité opérationnelle et d’améliorer la communication et la collaboration entre les Divisions des achats et de la logistique, y compris des mesures de responsabilisation. 

Le Comité consultatif n’est pas non plus convaincu que la séparation des fonctions ressources humaines, qu’il est proposé d’opérer entre le Bureau des ressources humaines du Département des stratégies et politiques de gestion et de la conformité et la Division des Services des ressources humaines du Département de l’appui opérationnel, soit rationnelle.  En conséquence, il recommande à l’Assemblée générale de prier le Secrétaire général d’envisager de regrouper les fonctions ressources humaines en une structure administrative unique, afin d’adopter une approche unifiée, d’optimiser la répartition des fonctions et d’éviter les doubles emplois.

Le Comité compte aussi que le Secrétaire général expliquera en détail comment il faut opérer et gérer la délégation de pouvoirs pour la gestion des ressources humaines, financières et matérielles des offices des Nations Unies à Genève, Vienne et Nairobi, étant donné que les montants de leurs besoins en ressources sont présentés dans divers chapitres du budget.

Le Comité consultatif considère que, compte tenu de ses observations et recommandations, les modifications que le Secrétaire général se propose d’apporter au plan-programme biennal et aux priorités pour la période 2018-2019, et aux postes et ressources financières approuvés, ainsi que le montant de 364 millions de dollars qu’il demande doivent être mises à jour.

Le Comité consultatif compte que la réduction de 5% du montant des ressources demandées pour les postes sera appliquée pour calculer les prévisions de dépenses pour 2019.  Il compte également que la réduction s’applique dans l’exécution du budget-programme de 2018-2019 depuis le 1er janvier 2018.  Le Comité compte aussi que le Secrétaire général continuera de rechercher des moyens d’éliminer les doubles emplois et les chevauchements et qu’il pourra optimiser l’utilisation des structures, et que le résultat de ces efforts sera pris en compte dans le montant des ressources nécessaires.  Il s’attend à ce que le Secrétaire général établisse, dès le début du processus, un état des lieux qui permettra d’évaluer les domaines à améliorer.

Sous réserve de ses observations et recommandations, le Comité consultatif recommande à l’Assemblée générale d’approuver la proposition tendant à réorganiser les actuels Département de la gestion et Département de l’appui aux missions en un nouveau Département des stratégies et politiques de gestion et de la conformité et un nouveau Département de l’appui opérationnel.  Le Secrétaire général doit être prié de présenter les prévisions révisées correspondantes, à jour, du budget-programme de 2018-2019 et le montant actualisé des ressources du compte d’appui aux opérations de maintien de la paix pour 2018/19.

Déclarations

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, M. MOHAMED FOUAD AHMED (Égypte) a rappelé que la réforme de la gestion vise à améliorer la faculté de l’Organisation de s’acquitter efficacement des mandats qui lui sont confiés.  Les fonctions de gestion du Secrétariat sont « l’épine dorsale » du système des Nations Unies et une bonne mise en œuvre de la réforme de ces fonctions permettrait d’appuyer les deux autres grands projets de réforme, à savoir le repositionnement du système des Nations Unies pour le développement et la restructuration du pilier paix et sécurité de l’Organisation.

À l’origine de ce projet de réforme, a poursuivi le représentant, se trouve la résolution 72/266 de l’Assemblée générale, adoptée en décembre 2017, qui a approuvé la proposition de M. António Guterres de passer d’un budget biennal à un budget annuel: « l’un des changements les plus importants » dans la gestion budgétaire de l’ONU depuis les années 1970. 

Tout en soutenant ce processus, le représentant a rappelé que cette réforme doit dûment être supervisée par les États Membres, ce qui est l’un des principes « non négociables » de la Charte des Nations Unies.  Le plein respect de la nature intergouvernementale des négociations et des procédures de l’Assemblée générale demeure « la pierre angulaire » du processus, a-t-il insisté.  Dans cette perspective, le représentant a estimé que M. Guterres avait « travaillé dur » pour gagner la confiance des États Membres, une confiance qui ne peut, selon lui, demeurer que si les mesures de réformes sont prises « par les voies appropriées et de manière transparente ».

Sur cette base, le représentant a souhaité rappeler un certain nombre de principes clefs, à commencer par le besoin d’améliorer la transparence et la responsabilité vis-à-vis des États Membres.  « L’ONU doit réduire la lourdeur de sa bureaucratie », s’est-il expliqué.  En second lieu, il a rappelé que l’objectif de la réforme n’est pas de « couper les dépenses et les postes », mais d’améliorer la capacité de l’ONU à remplir ses mandats.  Il s’est ainsi félicité de la création de la Division de l’appui au personnel en tenue, qui servira de « point focal unique » avec les pays fournisseurs de troupes sur toutes les questions logistiques et administratives.  Nous espérons, a-t-il dit, que cela permettra d’améliorer l’appui du Secrétariat à ces pays.  De ce point de vue, le représentant a estimé qu’il ne serait pas « réaliste » de demander au Secrétaire général d’améliorer la gestion sans lui fournir les ressources nécessaires pour y parvenir.  Il a par conséquent appelé tous les États Membres, y compris les pays en développement, à s’acquitter de leurs obligations financières à l’égard de l’ONU.

Dans le même ordre d’idée, le représentant a rappelé à M. Guterres que la réforme doit être « suffisamment flexible pour accommoder l’ensemble des mandats de l’ONU ».  Il a salué l’utilisation accrue de nouveaux outils pour offrir davantage d’informations détaillées aux États Membres concernant la performance du budget-programme.  Enfin, le représentant a appelé M. Guterres à formuler, dans le cadre de la réforme, une stratégie de représentation géographique équitable, afin d’identifier les raisons pour lesquelles certains groupes régionaux dominent dans certains départements ou dans certains postes de direction.  « La réforme de la gestion n’est pas un évènement mais un processus », a-t-il conclu.  « Nous ne devrions pas fixer des délais artificiels. »

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. MARCIO SANDRO ALEIXO PEREIRA BURITY (Angola) a indiqué que pour son Groupe, le plus important est de comprendre le lien entre la réforme proposée et la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et du Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement.  En naviguant dans ces propositions, nous voulons savoir ce qu’il adviendra des autres départements et structures des Nations Unies dont le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique et le Bureau du Haut-Représentant pour les pays les moins avancés, pour les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement. 

Le Groupe, a dit le représentant, tient à un système efficace de gestion des ressources humaines, un système géographiquement représentatif et soucieux de la parité entre les sexes.  Le Groupe attend avec intérêt les discussions sur la manière de doter l’ONU d’un système de gestion des ressources humaines modernisé, rationalisé et intégré dans lequel certains postes ne sont pas réservés à certains États et régions.  Le Groupe appelle à un système non discriminatoire et débarrassé de tout ce qui est contraire à l’esprit de la Charte.  Il juge fondamentale la révision de la formule de la « fourchette souhaitable ».  Aucune initiative ne doit être mise en œuvre sans l’approbation des organes intergouvernementaux, a insisté, à son tour, le représentant.

Au nom du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (CANZ), M. MICHAEL DOUGLAS GRANT (Canada) a réitéré le soutien de ces pays la vision du Secrétaire général pour la réforme de la gestion.  En tant que « Chef de l’administration », nous devrions, a plaidé le représentant, lui donner toute notre confiance et l’aider à améliorer et à moderniser l’ONU, en approuvant toutes ses propositions.  Des changements pratiques comme le « guichet unique » pour les pays contributeurs de contingents rendront l’ONU plus efficace et serviront au mieux les États Membres.  Les propositions de réforme, a rappelé le représentant, sont le début d’un processus.  Les changements structurels qui nous sont proposés doivent être assortis de changements culturels, y compris dans le leadership et la manière dont l’ONU rend compte de ses actes.  L’ONU, a-t-il insisté, doit encourager la collaboration et penser différemment la manière de régler les problèmes.  Pour nous, a avoué le représentant, le Secrétaire général « mène par l’exemple » s’agissant d’une culture de leadership plus forte et plus responsable.  Le représentant a conclu en estimant qu’il faut saisir cette chance, qui ne surgit qu’une fois par génération, pour réaliser une réforme organisationnelle concrète qui aura des avantages réels pour les opérations des Nations Unies sur le terrain et pour les peuples qu’elles servent.

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), Mme DIANA LEE (Singapour) a salué le rapport du CCQAB qui constitue une très bonne base pour structurer les discussions, en particulier ses conclusions sur la réforme de la gestion des ressources humaines, des achats et des technologies de l’information et des communications.

S’agissant du contenu de la réforme, la représentante a insisté pour qu’elle se focalise sur l’amélioration des résultats, de la qualité des services rendus et du principe de responsabilité vis-à-vis des États Membres.  Elle a par conséquent salué la priorité accordée par le Secrétaire général à la « rationalisation des processus et à la réduction de la bureaucratie inutile ».  Dans le même temps, Mme Lee a déclaré que l’ASEAN accorderait une attention particulière au rôle des structures de supervision, notamment le Bureau des services de contrôle interne, le Comité des commissaires aux comptes et le Corps commun d’inspection.

Par ailleurs, elle a salué la volonté du Secrétaire général de promouvoir un « changement de culture » au sein de l’Organisation, notamment au moyen des « évaluations à 360 degrés ».  Elle a appelé M. Guterres à faire en sorte que les progrès engendrés par la réforme soient quantifiables, en particulier dans la répartition géographique équitable au sein de l’ONU.  La réforme est un « processus conjoint », a-t-elle conclu, auquel les États Membres doivent contribuer en s’acquittant en temps voulu de leurs obligations financières auprès de l’Organisation.

Mme JOANNE ADAMSON, déléguée de l’Union européenne, a appuyé les propositions du Secrétaire général, sachant que la réforme de la gestion n’est pas seulement une question de restructuration mais un moyen de rendre l’ONU mieux à même de remplir ses mandats.  La gestion à l’ONU, a-t-elle souligné, était devenue trop complexe pour répondre aux problèmes actuels avec souplesse et agilité.  Il est temps d’évoluer et de hisser l’Organisation à la hauteur des enjeux.  La réforme, a insisté la représentante, doit conduire à une transformation amenant une meilleure façon d’exécuter les programmes, des structures d’appui plus solides et une décentralisation plus intelligente, doublées d’un leadership et d’une culture organisationnelle renforcés.  Les améliorations doivent donner une plus grande responsabilité aux managers et assurer une redevabilité plus systématique. 

La séparation entre politique et stratégie, d’une part, et l’appui opérationnel, d’autre part, permettra au personnel de se concentrer sur son travail et d’assurer efficacité et efficience aux activités du Secrétariat.  La représentante a félicité le Secrétaire général pour avoir présenté « très clairement » les rôles et responsabilités futurs des deux départements, c’est la base nécessaire pour des lignes hiérarchiques plus claires, une meilleure redevabilité et la transparence et la performance tant attendues, bref, les principes essentiels d’un processus de réforme.

Nous allons étudier attentivement, a promis la représentante, les observations et les recommandations du CCQAB et nous demanderons des garanties s’agissant des questions en suspens.  Nous ne perdrons pas de vue, a-t-elle aussi promis, que l’objectif ultime de la réforme est une ONU plus efficace à même de s’attaquer au mieux aux problèmes du monde.  Nous avons maintenant, a-t-elle rappelé, trois résolutions de l’Assemblée générale qui guident les réformes: le système de développement des Nations Unies, la restructuration du pilier « paix et sécurité » et la réforme de la gestion.  Il est temps de passer à l’acte et de lancer les réformes sans plus tarder.  Cela veut dire qu’il faut se mettre d’accord sur la mise sur pied de l’architecture « paix et sécurité » et sur la réforme de la gestion, y compris le Dispositif de prestation de services centralisée, avant la fin du mois de juin, a prévenu la représentante. 

Au nom du Liechtenstein et de la Suisse, M. JÜRG LAUBER (Suisse) a souligné que les structures organisationnelles de l’ONU, la culture qui l’anime, les processus et les règles qui la guident et la manière dont les États Membres collaborent avec elle, doivent lui permettre de s’acquitter de ses mandats de la meilleure manière possible.  La réorganisation du Secrétariat, telle que proposée, a-t-il-estimé, permettra une exécution plus efficace et efficiente des mandats en assurant une unité de commandement, ainsi qu’une définition claire des rôles et responsabilités, tout en renforçant le contrôle et le principe de responsabilité.

Un changement de culture au sein de l’ONU, a-t-il estimé, doit être le pivot de la réforme.  Selon lui, l’Organisation doit passer à une culture motivée par les résultats plutôt que par les processus.  Le travail quotidien de l’ONU doit être axé sur des objectifs clairs et guidé par des règles et processus simplifiés, « marqués par le bon sens ».  À ses yeux, la pièce maîtresse de ce changement de culture doit être une plus forte délégation de pouvoirs afin d’accorder plus d’autonomie d’action aux cadres et fonctionnaires. 

Parallèlement, a-t-il dit, ces derniers doivent être tenus responsables de leurs actions et résultats par un système efficace d’application du principe de responsabilité et un cadre de gestion efficient, axé sur les résultats.  Cette transformation doit également s’accompagner d’une réforme globale de la gestion des ressources humaines, a-t-il estimé.  Par ailleurs, a ajouté le représentant, un mode de conduite exemplaire des cadres supérieurs sera déterminant afin de donner le ton et de fixer les standards du changement de culture qui s’impose.

Des lignes de responsabilité floues, une hypercentralisation, des structures fragmentées, des processus lents et lourds, des chevauchements, un déficit de confiance entre le Secrétariat et les États Membres.  Voilà, a rappelé Mme CHERITH NORMAN-CHALET (États-Unis), le diagnostic du Secrétaire général quand il a pris la tête de l’ONU.  Mme le Chef de Cabinet, a dit la représentante, nous pensons que le Secrétaire général a plaidé sa cause avec conviction, en empruntant une voix prudente qui tient compte de tous les points de vue.  Le message est clair: le statu quo n’est pas une option parce que la nature fragmentée de l’ONU et le peu d’obligation de rendre des comptes sont tout simplement intenables.  Le temps de l’action a sonné, a décidé la représentante.  Nous devons saisir l’élan imprimé depuis quelques mois pour lancer la mise en œuvre de la réforme d’ici janvier 2019.  Nous devons viser l’efficacité et l’efficience dans l’exécution des mandats car l’efficience est essentielle à cette réforme, compte tenu du devoir qu’ont tous les États Membres envers leurs contribuables de veiller à ce que les ressources de l’ONU soient utilisées avec « sagesse ».

La réforme, a poursuivi Mme Norman-Chalet, n’est pas une question de restructuration.  C’est un changement du paradigme dans la gestion, un changement caractérisé par la décentralisation, l’élimination des doublons et un meilleur contrôle.  La vraie réforme, a-t-elle prévenu, n’aura lieu que si elle s’accompagne d’une transformation de la culture organisationnelle, qui récompense et encourage la performance et l’innovation, et punit la sous-performance.  Ce changement nécessitera un leadership fort et présent, un engagement total avec le personnel et l’appropriation par le Secrétariat de la réforme.  Les cadres et fonctionnaires de l’ONU doivent avoir la capacité et les moyens d’obtenir des résultats de manière transparente et responsable.  À cette fin, a conclu la représentante, nous encourageons le Secrétaire général à continuer de conduire l’ONU avec la même audace vers un avenir plus efficace. 

M. JESÚS VELÁZQUEZ CASTILLO (Mexique) a salué la distinction dans la réforme proposée entre les structures responsables des activités opérationnelles et des décisions politiques.  Il a dit attendre davantage d’informations sur l’incidence financière des mesures proposées sur le budget biennal 2018-2019.  Le représentant a appuyé la simplification des procédures et le renforcement du principe de responsabilité.  Il a demandé plus de détails sur les futurs mécanismes de délégation de pouvoirs, y compris au niveau de la gestion des risques.  Il sera également utile, a enfin estimé le représentant, de voir quand et comment les États Membres pourront évaluer les résultats de cette réforme, notamment en matière de gains d’efficacité. 

M. FREDERICO SALOMÃO DUQUE ESTRADA MEYER (Brésil) a rappelé que la réforme attendue par des pays comme le sien est celle du Conseil de sécurité, « qui ne représente plus la réalité du monde d’aujourd’hui ».  Il faut aussi renforcer le Conseil économique et social (ECOSOC) et revitaliser l’Assemblée générale.  Mais il est vrai que le Secrétariat mérite d’être changé pour pouvoir mettre en œuvre sa myriade de mandats de manière efficiente et efficace partout dans le monde.  L’idée d’un Secrétariat davantage tourné vers le terrain veut dire, a-t-il noté, délégation de pouvoirs sur les ressources humaines, financières et matérielles aux chefs des entités sur le terrain et restructuration des départements au Siège.  L’allègement de la bureaucratie et la simplification des procédures ne signifient en rien, a prévenu le représentant, que le système de contrôle des affaires budgétaires et administratives prévu par la Charte a échoué.  De même, la séparation entre l’appui opérationnel, d’une part, et la politique et la stratégie, d’autre part, ne veut pas dire cloisonnement mais au contraire adaptations constantes de l’un et l’autre. 

La réforme de la gestion ne saurait être réalisée sans des mesures concrètes de représentation géographique équitable et de parité entre les sexes au Secrétariat, a poursuivi le représentant.  La réforme doit aussi conduire à l’élargissement de l’accès des entreprises du Sud aux appels d’offres des Nations Unies.  Mais, a-t-il conclu, le Brésil ne se fait aucune illusion: la réforme de la gestion ne saurait en elle-même corriger les défauts les plus fondamentaux des Nations Unies.  Nous soulignons aussi, a-t-il ajouté, la nécessité de résoudre la question du financement et de l’appui aux missions politiques spéciales, « une question de gestion à laquelle cette Commission doit encore trouver une solution ».  Mais, a reconnu le représentant, le Secrétaire général s’est montré audacieux dans ses propositions.  Il nous revient maintenant, nous États Membres, de faire les ajustements nécessaires et de lancer la seconde étape de la vision. 

M. OMAR HILALE (Maroc) a salué la proposition tendant à réorganiser les actuels Départements de la gestion et de l’appui aux missions.  Pour ce qui est du style de gestion et du leadership, il a déclaré que l’exemplarité des hauts fonctionnaires est indispensable pour créer une solide culture de responsabilité et garantir le respect des règles.  À ce propos, il a estimé qu’une attention particulière devait être accordée aux modes de recrutement et de promotion du personnel de l’ONU, dans le cadre de l’examen de la nouvelle stratégie des ressources humaines.

Dans le même ordre d’idée, le représentant a estimé que des « changements consensuels » devaient être apportés au niveau des autres systèmes institutionnels, tels que la gestion du risque et la gestion axée sur les résultats.  Il s’est ainsi félicité des moyens et outils préconisés par le Secrétariat pour renforcer sa culture de gestion et de leadership.

S’agissant de la délégation des pouvoirs, le représentant a appelé à des garanties afin de veiller à un usage responsable du système de délégation, dont la mise en place de mécanismes de gestion des risques.  Concernant le principe de responsabilité, le représentant a dit attendre avec intérêt les résultats de l’examen complet en cours des politiques et du cadre réglementaire, de l’inventaire des délégations de pouvoirs en vigueur, ainsi que de l’évaluation des capacités des différentes entités.

Ce qu’il faut à l’ONU, a estimé Mme MALEEHA LODHI (Pakistan), c’est un système qui garantisse la transparence et la responsabilité non seulement à l’égard du Secrétaire général mais de tous les États Membres.  Le rôle de l’Assemblée générale et de ses organes intergouvernementaux doit donc être renforcé pour pouvoir évaluer la performance des cadres à tous les niveaux.  L’ONU doit 1,2 milliard de dollars aux pays fournisseurs de contingents ou de police et sur cette somme 70 millions de dollars sont dus au Pakistan qui a déployé plus de 172 000 Casques bleus depuis 1962.  La représentante s’est donc félicitée de l’engagement du Secrétaire général à opérationnaliser la Division d’appui aux personnels en uniforme pour accélérer les remboursements. 

La représentation géographique équitable, y compris celle des pays fournisseurs de contingents ou de police, suscite toujours des préoccupations, a avoué Mme Lodhi qui s’est tout de même félicitée de l’engagement du Secrétaire général en faveur de la parité des sexes.  Elle a conclu en prévenant que le mot d’ordre « faire plus avec moins » est devenu intenable.  Il faut impérativement des ressources adéquates pour obtenir les résultats désirés sur le terrain.  Des activités sous-financées saperont sans aucun doute la performance des cadres sur le terrain. 

M. DAOPENG FU (Chine) a renouvelé l’appui de son pays à la réforme de la gestion de l’ONU.  Il a estimé que le changement de culture préconisé dans le cadre de cette réforme devait se traduire par une plus grande diversité au sein de l’Organisation.  Les Nations Unies comptent 193 États Membres, a-t-il dit, mais il existe « un grave déséquilibre au niveau de la représentation géographique des pays », déséquilibre caractérisé selon lui par une « sous-représentation des pays en développement ».  À ses yeux, la réforme de la gestion doit mettre fin à ces déséquilibres. 

En outre, a poursuivi le représentant, cette réforme doit permettre de mettre en place une « gestion efficace, scientifique et efficiente » pour garantir une meilleure mise en œuvre des mandats.  De ce point de vue, le représentant a pris note des remarques du CCQAB sur les mesures proposées en matière de gestion des ressources humaines et des achats.  Il a appelé le Secrétariat à répondre à ces recommandations.  En outre, le représentant a appelé à renforcer le principe de responsabilité et la gestion des risques, deux conditions « sine qua none » de la décentralisation proposée.  « Cette réforme doit être un processus dirigé par les États Membres et sans date butoir artificielle », a conclu le représentant.

Mme ANA SILVIA RODRÍGUEZ ABASCAL (Cuba) a rappelé combien la réforme de la gestion était nécessaire, ce pour quoi de nombreuses délégations ont appelé à mettre en œuvre rapidement les propositions du Secrétaire général.  Toutefois, elle a appelé les États Membres à ne pas reléguer au second plan d’autres questions d’une importance également vitale pour l’Organisation, dont l'adoption des budgets des opérations de maintien de la paix.  « Certes, il existe un consensus sans équivoque autour de la réforme, mais nous devons également garantir le fonctionnement adéquat de ces opérations sur le terrain et nous n’avons plus beaucoup de temps pour la réflexion », a-t-elle déclaré.

La représentante s’est en outre félicitée des assurances données par le Secrétaire général concernant le fait que la réforme n’était pas un « simple exercice pour faire des économies ».  La recherche de l’efficacité ne doit pas se traduire par la réduction des dépenses et des postes, a-t-elle insisté.  En revanche, elle a appelé tous les États Membres à s’acquitter en temps voulu de leurs contributions obligatoires auprès de l’ONU.

Par ailleurs, la déléguée s’est plainte des retards dans la publication de plusieurs rapports important sur le processus de réforme, un problème qu’elle a qualifié « d’endémique » à la Cinquième Commission, en particulier le rapport sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre d’un système de responsabilité au Secrétariat.

Par ailleurs, pour la représentante, la simplification des procédures et la décentralisation des processus de décisions doivent aller de pair avec le renforcement des outils de planification et des systèmes de responsabilisation.  Il est également important, a-t-elle ajouté, de responsabiliser les cadres supérieurs en cas de mauvaise performance afin de garantir une véritable culture de transparence et de responsabilité.  Enfin, la représentante a dit attendre avec impatience d’obtenir davantage d’informations sur les incidences financières de la restructuration proposée par le Secrétaire général sur le budget 2018-2019.

M. MARIA V. FROLOVA (Fédération de Russie) a appuyé les principales orientations de la réforme mais a jugé indispensable de conserver les leviers des États Membres en matière de contrôle de l’utilisation des ressources humaines et financières de l’ONU.  Cela passe notamment par le renforcement du principe de responsabilité, qui devrait permettre « d’éviter les voies parallèles et la dispersion des ressources humaines et financières ». 

Le représentant a appuyé la création d’un Département des stratégies et politiques de gestion et de la conformité et d’un Département de l’appui opérationnel.  Il a appelé le Secrétariat à fournir davantage d’informations sur les implications financières de ces propositions.  En outre, il a pris note des réserves du CCQAB sur la réforme de la structure des achats et des ressources humaines, ainsi que sur les questions de responsabilité concernant les technologies de l’information et des communications.  Il serait par ailleurs utile, a-t-il estimé, que le Secrétariat prépare un complément d’informations sur les liens entre cette réforme et d’autres réformes en cours, en particulier le déploiement d’UMOJA, le Dispositif de prestation des services centralisée et la Stratégie des technologies de l’information et des communications.

Mme LILL-ANN BJAARSTAD MEDINA (Norvège) a estimé que la réforme de la gestion peut être le facilitateur des autres réformes.  C’est aussi une réforme « essentielle » pour l’Organisation.  En effet, pour être capable d’exécuter les mandats agréés et obtenir des résultats dans les pays, et pour avoir plus d’impact sur la paix et la sécurité, le développement et la protection des droits de l’homme, les procédures doivent être simplifiées et les décisions, décentralisées.  Les propositions que le Secrétaire général présente aujourd’hui sont « un point de départ pour le changement », a estimé la représentante.  Elles peuvent aussi constituer une base pour mesurer les progrès.  La représentante a d’ailleurs encouragé le Secrétaire général à se servir de la réforme de la gestion pour créer des indicateurs d’efficacité. 

La réforme, a-t-elle prévenu, ne devrait pas servir de prétexte pour procéder à des coupes budgétaires.  Supprimer des processus lents et obsolètes sert à rendre l’administration plus rentable et plus efficace, et à libérer ainsi des ressources qui « peuvent et doivent » être utilisées pour mieux exécuter les mandats et obtenir des résultats substantiels pour les États Membres et les peuples.  Il est temps de donner au Secrétaire général le « top départ » du remodelage de l’Organisation et de le mettre en position, lui, ses cadres et son personnel, d’imprimer de réels changements dans les méthodes travail et la culture de travail d’une Organisation moderne. 

M. KATSUHIKO IMADA (Japon) a souligné l’importance accordée par son pays à l’amélioration de la responsabilité et de la transparence au sein de l’Organisation, deux éléments selon lui essentiels pour mettre en œuvre la décentralisation et la délégation de pouvoirs proposés dans le cadre de la réforme.  Il a ainsi jugé utile pour le Secrétariat de publier davantage d’informations concernant la performance de chaque programme, sous forme de tableaux de bord à destination du public et des États Membres, en gardant à l’esprit le fait que l’Organisation est financée par les contribuables.

Le représentant a par ailleurs souligné l’importance du Dispositif de prestation de services centralisée, qui, a-t-il rappelé, fait « partie intégrale » de la réforme de la gestion.  Le Japon, a-t-il poursuivi, a depuis le début été l’un des fervents défenseurs du concept de prestation de services centralisée, qui permettra selon lui d’améliorer l’efficacité de l’Organisation.  Il s’est par conséquent dit impatient d’entamer des discussions sur les nouvelles propositions du Secrétaire général pour pouvoir mettre en œuvre ce type de prestation de services dès le mois de janvier 2019, de façon à rationaliser et limiter le nombre des centres administratifs.

« Avec l’arrivée du Secrétaire général, nous avons désormais un élan en faveur d’une réforme longuement attendue », a-t-il dit en conclusion.  « Nous devons collectivement saisir cette occasion de mettre en place une ONU plus efficace, plus efficiente et plus responsable. »

M. DANILO XIMENES GONCLAVES (Timor-Leste) a voulu que l’on soutienne la mise en œuvre des réformes proposées par le Secrétaire général, lesquelles font écho à la réforme du « pilier paix et sécurité ».  Pour permettre à l’Organisation de s’acquitter efficacement de son mandat, le pouvoir doit être délégué au terrain, a ajouté le représentant.  Il a donné l’exemple de la deuxième mission des Nations Unies au Timor oriental, qui a été très lente à se déployer sur le terrain, malgré le besoin urgent de relancer les fonctions centrales de l’État en matière de finances publiques, de justice et de police.  À l’époque, a-t-il dit, le Représentant spécial du Secrétaire général avait été frustré par son incapacité à recruter du personnel et par son contrôle limité sur le budget et les fonctions administratives de la Mission.  Le représentant a par conséquent appuyé les propositions sur la délégation de pouvoirs sur le terrain.

M. ROBERT NGEI MULE (Kenya) a rappelé que le nouveau paradigme de gestion vise à autonomiser les managers et à leur donner les moyens de déterminer eux-mêmes la meilleure façon d’utiliser leurs ressources.  « La future délégation de pouvoirs devrait par conséquent être appliquée de façon à tenir les managers pour responsables de leur performance », a-t-il affirmé.  Or, il a rappelé les conclusions du Comité des commissaires aux comptes, selon lesquelles le niveau de délégation de pouvoirs actuel est relativement « faible ».  Il a par conséquent appelé l’Assemblée générale à suivre de près les progrès en la matière.

La réforme vise également à s’attaquer aux défis actuels concernant la culture de gestion et le leadership en mettant davantage l’accent sur les résultats que sur les procédures, a poursuivi le représentant, mais aussi sur la gestion du risque, la mise en place d’indicateurs pour mesurer les performances et la formation des talents.  Le représentant a aussi appelé à revoir les procédures et règles actuelles afin de les simplifier, de les clarifier et de les moderniser, le tout pour améliorer la réalisation des mandats et la supervision des États Membres.

En outre, le représentant a appuyé la création d’un Département des stratégies et politiques de gestion et de la conformité et d’un Département de l’appui opérationnel.  Il a estimé que la rationalisation de la fonction et des procédures d’achat pourrait permettre de mieux utiliser les ressources de l’Organisation.  Quant à la gestion des ressources humaines, il a estimé que celle-ci doit s’effectuer avec prudence et stratégie.  « Je pense donc qu’il serait utile de mieux comprendre les propositions faites par le Secrétaire général sur cette question », a-t-il dit.  Enfin, le représentant a insisté pour que la modulation des ressources préconisée dans le cadre de la réforme ne soit pas utilisée de façon à réduire les budgets et couper des postes.

 

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