Assemblée générale: la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien donne lieu à des propositions pour régler le conflit israélo-palestinien

AG/12095
29 novembre 2018
Soixante-treizième session, 42e séance plénière – après-midi

Assemblée générale: la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien donne lieu à des propositions pour régler le conflit israélo-palestinien

En cette Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, l’Assemblée générale a entendu, cet après-midi, des propositions pour mettre fin au conflit israélo-palestinien, et conduire, à terme, à la concrétisation de la solution des deux États. 

La Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien est célébrée tous les ans le 29 novembre, date à laquelle l’Assemblée générale a adopté en 1947 la résolution 181 (II), dite « résolution sur le plan de partage », qui prévoyait la création en Palestine d’un « État juif » et d’un « État arabe », Jérusalem étant placée sous le régime international spécial du « corpus separatum ».

Soixante-dix ans après la partition de la Palestine et la Nakba, plus de 50 ans d’occupation israélienne, l’éloignement des espoirs et la multiplication des problèmes, les Palestiniens restent déterminés à réaliser leurs droits inaliénables à la liberté, à la paix et la sécurité sur leur terre, a déclaré l’Observateur de la Palestine, M. Riyad Mansour.  Il a tout de même prévenu que le fossé énorme entre nos « nobles » convictions et la réalité « abominable » sur place doit être rapidement comblé avant que ce ne soit trop tard pour les Palestiniens, pour les Israéliens et pour la région dans son ensemble.  M. Mansour a réitéré son appel à la communauté internationale pour qu’elle raffermisse sa détermination à honorer son obligation de faire de la paix une réalité.  

L’Observateur a donc demandé à tous les États de respecter le droit international et de mobiliser la volonté politique nécessaire à la mise en œuvre des résolutions pertinentes; d’affirmer leur appui aux droits inaliénables du peuple palestinien et de reconnaître l’État de Palestine dans ses frontières d’avant 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale; de ne pas se faire complice des actions illégales d’Israël et de distinguer clairement le territoire de la Puissance occupante du territoire occupé depuis 1967; et de mettre fin à l’impunité du Gouvernement israélien, des organisations et individus et de leurs actions politiques, diplomatiques et économiques illégales.

Israël est également venu avec des propositions, d’abord que les Palestiniens renoncent à leur attitude anti-Israël car « nous n’allons pas disparaître et l’ignorer ne peut être qu’une perte de temps et d’énergie ».  Deuxièmement, les Palestiniens doivent « cesser de propager la haine et de financer le terrorisme » au lieu de consacrer cet argent aux salaires des enseignants.  Enfin, si le statu quo ne leur convient pas, les Palestiniens doivent élire des responsables qui s’intéressent vraiment à leur sort.  Ce n’est que lorsque ces trois mesures seront respectées que la paix sera possible, a souligné Israël. 

Félicitée pour sa médiation en faveur de la réconciliation interpalestinienne, l’Égypte a précisé qu’aucun peuple ne pourra vivre en paix sans avoir reconnu l’autre.  Il n’y a pas d’autre alternative, a-t-elle asséné: la solution à un État ayant été rejetée pour des raisons « bien compréhensible », revenir à la table des négociations sur la base de la solution des deux États est la seule voie possible.  L’Égypte, qui a reconnu l’État d’Israël dès sa création, s’est dit convaincue que son expérience de paix peut être répétée ailleurs.

La voie à suivre, a suggéré, avec d’autres, le Koweït, est de veiller à ce que les efforts internationaux appuient l’Initiative de paix arabe et la proposition française de convoquer une conférence internationale de paix, laquelle pourrait ouvrir la voie à la création d’un État palestinien souverain et indépendant.  Nous devons créer un environnement respectueux des droits des Palestiniens, débarrassé des provocations et où les libertés fondamentales ne sont ni niées et restreintes.  Passons la première étape, en accueillant la Palestine et membre à part entière des Nations Unies, ont encouragé les Maldives, soutenues par plusieurs délégations.  En attendant, le Venezuela a appuyé l’idée de l’État de Palestine de créer un système de protection internationale dans les territoires occupés. 

L’Assemblée poursuivra son débat demain matin à 10 heures, avant de se prononcer sur quatre projets de résolutions sur la question de la Palestine et de deux sur le Moyen-Orient.  Chaque année, s’est impatienté Israël, l’ONU adopte pas moins de 20 résolutions pour me condamner.  Mais cette année, la communauté internationale peut faire preuve d’éthique et condamner le Hamas et ses tirs de roquette sur des civils, son détournement de l’aide humanitaire à Gaza ou encore sa propension à faire des civils des boucliers humains.  Si la communauté internationale ne condamne pas le Hamas, alors elle cautionne le terrorisme, a tranché Israël.  Nous n’accepterons pas, a prévenu l’Observateur de la Palestine, les accusations selon lesquelles les résolutions des Nations Unies sont « anti-israéliennes ».  Il a appelé l’Assemblée générale à rester ferme dans son appui aux droits du peuple palestinien, à la solution des deux États et à la défense du droit international et du véritable multilatéralisme. 

QUESTION DE PALESTINE – LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT

Déclaration

Malgré les mésaventures, les souffrances, les déceptions et les crises, nous restons fermes dans la foi, dans la justesse et la dignité de notre cause et dans notre conviction qu’avec l’aide de l’Assemblée générale, cette injustice finira par être corrigée, a déclaré M. RIYAD MANSOUR, Observateur de l’État de Palestine.  Même à ce moment existentiel, 70 ans après la partition de la Palestine et la Nakba, plus de 50 ans d’occupation israélienne, l’éloignement des espoirs et la multiplication des problèmes, nous restons déterminés à réaliser nos droits inaliénables à la liberté, à la paix et la sécurité sur notre terre, a-t-il souligné. 

En cette Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, l’Observateur a réitéré son appel à la communauté internationale pour qu’elle raffermisse sa détermination à honorer son obligation de faire de la paix une réalité.  Nous rappelons ici, a dit l’Observateur, le sens historique de l’action collective pour surmonter l’injustice et résoudre les conflits, comme on l’a vu avec la défaite de l’apartheid et du colonialisme, mais aussi les efforts contre les fléaux des dernières guerres mondiales. 

La voie que nous avons choisie, a souligné l’Observateur, est la voie de la paix.  Il a exprimé son attachement aux moyens diplomatiques, politiques, juridiques et pacifiques pour réaliser les droits du peuple palestinien, convaincu que le respect du droit international est « essentiel » à des négociations crédibles et constitue la base « fondamentale » de la solution.  Nous gardons foi dans l’autorité et le pouvoir du Conseil de sécurité et de l’Assemblée, malgré les coups portés à leur crédibilité, de respecter le droit dans la recherche d’une solution juste, durable et pacifique d’une question qui « contrarie » les Nations Unies depuis leur création. 

L’Observateur a insisté sur sa foi dans l’état de droit et le multilatéralisme même quand la situation se dégrade, qu’Israël étend son occupation, qu’il intensifie son oppression, qu’il détruit les perspectives de paix et qu’il démantèle la solution des deux États.  Et même quand, a-t-il poursuivi, nous sommes soumis à des mesures punitives dont la décision des États-Unis de se prononcer sur Jérusalem, d’arrêter le financement de l’UNRWA, de nier le statut et les droits légitimes des réfugiés palestiniens, de déformer la réalité et de détourner l’attention des questions sous-jacentes, « et tout cela parce que nous avons refusé de capituler devant l’injustice et que nous continuons à réclamer nos droits et notre liberté ». 

Notre attachement au droit et notre conviction dans le caractère « inévitable » de la justice doit être vue comme « remarquable », a estimé l’Observateur, étant donné qu’Israël continue à être récompensé pour ses violations et ses crimes de guerre, rendant encore plus difficile de justifier notre choix du pacifisme et de convaincre notre peuple, en particulier les jeunes, de sa logique et de ses bienfaits, quand ils ne les voient pas dans leur vie quotidienne et que leur horizon est bouché par l’occupation, le conflit et les manques.  Le danger de cette situation ne saurait être surestimé, a prévenu l’Observateur.  Le fossé énorme entre nos nobles convictions et la réalité abominable sur place doit être rapidement comblé avant que ce ne soit trop tard pour les Palestiniens, pour les Israéliens et pour la région dans son ensemble, a averti l’Observateur. 

Il a dénoncé la violation par Israël de ses obligations en vertu du droit international, son mépris flagrant du Conseil de sécurité, la poursuite des colonies de peuplement avec les confiscations de biens palestiniens et les déplacements forcés, les provocations contre les lieux saints, les rhétoriques incendiaires du gouvernement et des militaires israéliens, l’extrémisme des colons et les punitions collectives, dont un blocus de 11 ans à Gaza caractérisé par une grave crise humanitaire et une pauvreté « suffocante ».  Comme si cela ne suffisait pas, a-t-il ajouté, nous voyons les lois discriminatoires et les politiques racistes se succéder les unes après les autres, dont la moindre n’est pas la « loi sur l’État-nation juive » qui s’apparente au régime de l’apartheid. 

La communauté ne peut plus se contenter de dénoncer la violation des droits des Palestiniens et la destruction de la solution des deux États sans agir pour mettre fin à cette situation illégale.  L’Observateur a donc demandé à tous les États de respecter le droit international et de mobiliser la volonté politique nécessaire pour mettre en œuvre les résolutions pertinentes; d’affirmer leur appui aux droits inaliénables du peuple palestinien et de reconnaître l’État de Palestine dans ses frontières d’avant 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale; de ne pas se faire complice des actions illégales d’Israël et de faire une distinction claire entre le territoire de la Puissance occupante et le territoire occupé depuis 1967; de mettre fin à l’impunité du Gouvernement israélien, des organisations et individus et de leurs actions politiques, diplomatiques et économiques illégales.

Nous n’accepterons pas, a conclu l’Observateur, les accusations selon lesquelles les résolutions des Nations Unies sont « anti-israéliennes ».  Il a appelé l’Assemblée générale à rester ferme dans son appui aux droits du peuple palestinien, à la solution des deux États et à la défense du droit international et du véritable multilatéralisme.

Débat général

M. DANNY DANON (Israël) a dit que chaque année, l’ONU adopte pas moins de 20 résolutions condamnant Israël et aucune condamnant le Hamas.  Or, ces textes encouragent les Palestiniens à rester bloqués dans le passé.  Cette année, des résolutions annuelles vont encore sans surprise être adoptées, mais la communauté internationale peut faire preuve d’éthique et condamner le Hamas et ses tirs de roquette sur des civils, son détournement de l’aide humanitaire à Gaza ou encore sa propension à faire des civils des boucliers humains.  Si la communauté internationale ne condamne pas le Hamas, alors elle cautionne le terrorisme, a tranché le représentant. 

Il est ensuite revenu aux rêves de retour d’un peuple exilé dans le monde entier et qui n’a pas hésité à accepter le Plan de partage des Nations Unies, il y a 70 ans.  Ce peuple, qui depuis lors n’a jamais connu la paix, a pourtant réussi « le miracle » de créer une oasis dans le désert.  Ce sont, a affirmé le représentant, les Palestiniens qui ont tout rejeté au moment de l’adoption du Plan de partage, préférant apprendre à leurs enfants à « haïr Israël ».  Or, « sept décennies de miracles », Israël a promu des élections justes et transparentes et la liberté d’expression, dans une région dont les pays sont connus pour faire taire les critiques.  Israël, a-t-il poursuivi, est le pays de l’innovation, comme en témoigne une de ses entreprises qui a créé un système d’exosquelette permettant aux personnes qui ont de graves problèmes orthopédiques à se mouvoir.  « Alors que nous n’avions rien au départ, nous avons tout bâti, c’est inscrit dans notre ADN », s’est enorgueilli le représentant, regrettant que les Palestiniens « ne promeuvent que la haine ».  Au lieu de choisir le progrès, ils se tournent vers le passé » et quand « nous leur tendons la main, ils tendent une main armée ».

Le représentant a décrit une situation où le mandat du Président de l’Autorité palestinienne a expiré depuis 2005 et où les journalistes palestiniens sont emprisonnés ou empêchés de s’exprimer librement.  Il a accusé le Président Mahmoud Abbas d’avoir versé 355 millions de dollars de « salaires » aux terroristes.  Pendant ce temps-là, a-t-il dit, Israël, qui est résolument tourné vers l’avenir, souhaite que les Palestiniens les rejoignent sur la voie du progrès, malgré « leur manque d’intérêt ».  La Bande de Gaza, a-t-il affirmé pour illustrer ses propos, aurait pu devenir la « perle de la Méditerranée », au lieu de cela, elle est devenue un « repère de terroristes » dès qu’Israël s’en est retiré. 

Pour faire changer les choses, le représentant a fait trois propositions-phares, d’abord que les Palestiniens renoncent à leur attitude anti-Israël car Israël ne va pas disparaître, et l’ignorer ne peut être qu’une perte de temps et d’énergie.  Deuxièmement, les Palestiniens doivent « cesser de propager la haine et de financer le terrorisme, qu’ils consacrent plutôt cet argent aux salaires des enseignants.  Enfin, si le statu quo ne leur convient pas, les Palestiniens doivent élire des responsables qui s’intéressent vraiment à leur sort.  Ce n’est que lorsque ces trois mesures seront respectées que la paix sera possible, a souligné le représentant.  Si nous voulons changer la situation actuelle, nous devons changer notre manière de faire et cesser, s’est expliqué le représentant, d’adopter des résolutions « symboliques » et « vides de sens ».  L’Assemblée doit prendre ses responsabilités et obtenir des Palestiniens qu’ils reconnaissent Israël comme un État juif, mettent fin à leur campagne de haine et élisent de bons responsables.  Nous sommes prêts, a conclu le représentant, à nouer des partenariats avec nos voisins mais leur refus de nous rejoindre ne nous empêchera pas de continuer à nous épanouir. 

Mme SIMA SAMI I. BAHOUS (Jordanie) a salué les efforts du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, qui ne sont pas vains puisqu’ils visent la reconnaissance d’un État de Palestine indépendant.  Insistant sur la solution des deux États avec un État palestinien dont la capitale serait Jérusalem-Est, la représentante a souligné que le choix des pays de la région, c’est une paix durable et globale, conformément à l’Initiative de paix arabe.  Les conditions de vie très difficiles, les souffrances, la pauvreté, la colère et les frustrations du peuple palestinien exigent des États Membres un ralliement autour de la cause juste d’un peuple qui n’a que trop souffert.  La représentante a aussi rappelé que le Roi de Jordanie est le gardien des lieux saints de Jérusalem.  Elle a donc mis en garde contre toute modification du statut de cette ville sainte et a conclu en appelant à un appui renforcé à l’UNRWA. 

M. ELMAHDI S. ELMAJERBI (Libye) a regretté qu’Israël, Puissance occupante, refuse toujours d’appliquer les résolutions et les décisions de l’ONU dont la résolution 2334 (2016) du Conseil de sécurité.  « C’est à se demander pourquoi l’Assemblée générale continue à débattre de cette question », s’est-il impatienté, accusant la Puissance occupante de manipuler les outils démocratiques pour renforcer le joug de l’occupation comme le prouvent les élections municipales « imposées » dans le Golan syrien occupé pour en déposséder les citoyens de leur identité syrienne.  Le représentant a aussi dénoncé la « Loi fondamentale: Israël, État-nation du peuple juif », une loi qui devrait s’appliquer en Israël et dans les territoires annexés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est.  Il est grand temps, a prévenu le représentant, que la communauté internationale appréhende « avec responsabilité » la question de Palestine car tous les États Membres de l’ONU ont contribué, historiquement, à la consolidation de l’occupation israélienne et à l’abandon des Palestiniens, « les laissant seuls face à l’occupant ».  Pour le représentant, il n’y a que deux choix: soit la communauté internationale fait ce qu’il faut pour que soient concrètement appliquées les résolutions adoptées, soit elle avoue « clairement et intelligiblement » à un peuple plongé dans « un désespoir absolu », que les Nations Unies sont incapables de l’aider à réaliser son droit légitime et historique à un État pleinement souverain sur ses terres ancestrales.  

Mme AISHATH FAREENA (Maldives) a estimé que la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien est l’occasion pour la communauté internationale de reconnaître que la question de Palestine n’est toujours pas résolue et que le peuple palestinien n’a pas encore réalisé son droit à l’autodétermination, sans ingérence extérieure, son droit à l’indépendance et à la souveraineté, et son droit au retour.  Il a exhorté la communauté internationale à protéger ces droits, et Israël à revenir « du bon côté du droit international ».  Israël, a-t-il précisé, doit relancer les négociations avec le leadership de l’État de Palestine et créer les conditions nécessaires à l’édification d’un État palestinien souverain et indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale, dans les frontières d’avant 1967.  C’est la solution promue par les résolutions du Conseil de sécurité et c’est la seule solution viable, a martelé le représentant.  Il a aussi insisté sur la responsabilité de la communauté internationale de veiller à la pleine mise en œuvre de ses résolutions, en identifiant les obstacles et en déployant tous les instruments nécessaires pour les surmonter.  Nous avons la responsabilité commune de réaliser la paix et de promouvoir les droits de l’homme, et pour ce faire, nous devons, a conclu le représentant, créer un environnement respectueux des droits des Palestiniens, débarrassé des provocations et où les libertés fondamentales ne sont ni niées et restreintes.  Passons la première étape, en accueillant la Palestine et membre à part entière des Nations Unies, a encouragé le représentant. 

M. BADER ABDULLAH N. M. ALMUNAYEKH (Koweït) a également appelé Israël au respect de ses obligations découlant des Conventions de Genève et au droit international humanitaire.  Il a rappelé que depuis la Grande marche du retour, les Palestiniens, en particulier les jeunes, ont fait l’objet de toutes sortes de violations des droits de l’homme, ce qui éloigne encore la perspective de la solution des deux États, Israël ne cessant d’étendre son occupation.  Tous les efforts internationaux doivent appuyer l’Initiative de paix arabe et la proposition française de convoquer une conférence internationale de paix, laquelle pourrait ouvrir la voie à la création d’un État palestinien souverain et indépendant, a-t-il encouragé.  Aujourd’hui, la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien renvoie aux souffrances de ce peuple mais aussi, et surtout, à une persistance sans pareille à réclamer son droit à l’autodétermination, a-t-il ajouté.  Il a appelé la communauté internationale à continuer de soutenir l’UNRWA et Israël, à respecter ses obligations à l’égard des Palestiniens. 

Pour M. MARTÍN GARCĺA MORITÁN (Argentine), 25 ans après les Accords d’Oslo, la question de Palestine est à un de ses moments les plus difficiles et la gravité de la situation exige un effort collectif pour avancer vers la solution des deux États.  Le représentant a réitéré l’attachement de l’Argentine à l’autodétermination du peuple palestinien et à son droit à un État indépendant et viable, mais aussi au droit d’Israël de vivre en paix avec ses voisins dans des frontières sûres.  Il a réaffirmé l’inquiétude de son pays face à l’expansion des colonies israéliennes dans les territoires occupés, qui constituent un obstacle à la paix.  Dans le même temps, il a estimé que les attaques contre les civils israéliens sont totalement « inadmissibles » et doivent cesser immédiatement.  Il a condamné les actes terroristes du Hamas et d’autres organisations palestiniennes mais tout en reconnaissant le droit d’Israël à la légitime défense, il a rappelé que ce droit ne peut s’exercer en violation du droit international humanitaire et notamment du principe de distinction entre civils et combattants.  Il a appelé les organisations palestiniennes qui ne l’ont pas encore fait à reconnaître l’État d’Israël, à renoncer à la violence et à respecter les accords existants.  Il a réaffirmé le statut spécial de Jérusalem, condamnant par avance toute tentative unilatérale de le modifier.

M. SAUD HAMAD GHANEM HAMAD ALSHAMSI (Émirats arabes unis) a appelé la communauté internationale à prendre les mesures qui s’imposent pour mettre fin aux souffrances du peuple palestinien conformément au droit international et à la Charte des Nations Unies.  Nous devons mettre fin à l’occupation israélienne et barrer la route à quiconque voudrait compromettre les efforts collectifs en faveur de la paix et de la stabilité, au risque de continuer « à gérer les crises au lieu de les résoudre ».  Le représentant a salué les initiatives régionales et internationales pour faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient, dont les efforts de l’Égypte en faveur de la réconciliation interpalestinienne.  Il a appelé la communauté internationale et les donateurs à accroître leurs contributions, compte tenu de la détérioration de la situation humanitaire et économique du peuple palestinien.  Pour 2017 et 2018, a-t-il rappelé, les Émirats arabes unis ont promis une somme de 173 millions de dollars à l’UNRWA dont 65 millions ont déjà été versés.  La paix et la stabilité dans la région, a conclu le représentant, exigent des solutions politiques aux crises prolongées et des efforts plus intenses contre l’extrémisme et le terrorisme, en particulier les extrémistes et les terroristes qui abusent des crises pour propager violence, chaos et destruction avec l’aide et les financements de « certaines entités régionales ». 

M. SAMUEL MONCADA (Venezuela) a rappelé, à son tour, la célébration, hier, de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, une occasion de poursuivre les efforts de sensibilisation à la nécessité d’aboutir à une solution juste, globale et durable de la question de Palestine.  Il a plaidé pour une solution à la situation difficile des réfugiés palestiniens, conformément à la résolution 194 (III).  Il a en particulier appuyé la demande du Gouvernement de l’État de Palestine de créer un système de protection internationale de la population palestinienne dans les territoires occupés, conformément à la Quatrième Convention de Genève et à la résolution 904 (1994), compte tenu des agressions continues en Cisjordanie, notamment à Jérusalem-Est, et à Gaza.  En effet, a constaté le représentant, la Puissance occupante n’est nullement disposée à assumer sa responsabilité de protéger les Palestiniens en vertu de la Convention de Genève.  Le représentant a insisté sur la solution des deux États, sur la base des frontières d’avant 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale de l’État palestinien comme « membre de plein droit des Nations Unies ». 

Mme MALEEHA LODHI (Pakistan) a jugé que la situation en Palestine n’a fait que s’aggraver depuis que la solution des deux États a été envisagée en 1971 par cette Assemblée.  Voyant le risque que court toute la région de plonger dans le vortex de la violence, la représentante a reconnu le défi que cela représente pour les engagements et les valeurs de l’ONU.  Pour elle, la situation actuelle est un « échec collectif » à défendre des idéaux fondamentaux.  Alors que les principes de la solution des deux États ne cessent de s’effriter, la représentante n’a pu s’empêcher de remarquer que l’instabilité dans la région est vue par tous comme « la norme ».  Mais la réalité, a-t-elle prévenu, c’est que les gens sont en train de perdre le peu d’espoir qu’ils avaient encore.  Les résolutions dont celle sur le statut de Jérusalem sont méprisées, et certains pays déménagent leur ambassade, en jetant de l’huile sur le feu.  À cela s’ajoute l’expansion des colonies, le blocus illégal de Gaza qui asphyxie une société autrefois prospère, les déplacements forcés des Palestiniens, l’occupation du Golan syrien qui altère la composition démographique et la décision américaine de retirer son aide financière à l’UNRWA.

Nous savons tous à quoi ressemblerait une solution à ce conflit, a soufflé la représentante en faisant référence à la solution des deux États.  Pour y parvenir, a-t-elle estimé, le rôle du Conseil de sécurité reste essentiel et il gagnerait en crédibilité s’il veillait au plein respect de ses propres résolutions.  La souffrance du peuple palestinien remonte aussi loin que l’histoire des Nations Unies, a-t-elle conclu.  Il est temps de mettre un terme à cette tragédie et de donner un nouveau souffle au processus de paix.

M. JAMAL FARES ALROWAIEI (Bahreïn) a déclaré d’emblée qu’il ne saurait y avoir de paix au Moyen-Orient sans la création d’un État palestinien et le retour des réfugiés.  Le peuple palestinien doit pouvoir jouir de ses droits inaliénables historiques, y compris son droit à l’autodétermination et à un État indépendant.  Ses souffrances ont atteint un degré « indescriptible » qui exige la mise en œuvre de l’Initiative de paix arabe pour faire en sorte que la région tout entière vive dans la paix et la sécurité. 

Mme AMAL MUDALLALI (Liban) s’est exprimée dans le même esprit, ajoutant que la communauté internationale doit assumer ses responsabilités et « rétablir la paix dans la ville de la paix » car, en dépit de dizaines de résolutions, de réunions multiples et des cycles de négociations, la situation dans les territoires occupés va en s’aggravant, la phase actuelle étant « plus dangereuse que jamais auparavant ».  Toutes les résolutions de l’Assemblée générale sont des piliers de la paix mais restent lettre morte, aggravant le désespoir.  Aujourd’hui, a encore dénoncé la représentante, certains États ont décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de transférer leur ambassade alors que les colonies de peuplement menacent le rêve du peuple palestinien de parvenir à un État indépendant.  La situation à Gaza est, quant à elle, « une bombe à retardement »: des manifestants pacifiques sont arrêtés par des tirs à balles réelles.  La représentante, qui a demandé le retrait total d’Israël des territoires occupés, a exigé un traitement juste des réfugiés, exprimant la disposition de son pays à tisser « des liens normaux » avec Israël s’il renonce à la force et à ses activités illégales. 

Selon M. WU HAITAO (Chine), l’évolution de la situation en Palestine ne va pas dans le bon sens compte tenu, entre autres, de l’expansion des colonies.  La précarité de la situation humanitaire et sécuritaire est une entrave à la paix durable, a-t-il ajouté, chaque partie doit donc faire preuve de retenue pour éviter l’escalade.  Appelant à remettre la question palestinienne sur la voie d’une solution négociée, il a plaidé pour la solution des deux États, le plein respect des résolutions de l’ONU et la fin de l’occupation.  Il est essentiel que la communauté internationale parle d’une seule voix et assume de toute urgence ses responsabilités.  Le représentant a mis en garde contre les actions et les rhétoriques qui pourraient envenimer la situation.  Il a appelé les parties qui ont de l’influence au Moyen-Orient à jouer un rôle constructif.  Pour lui, le statut final de Jérusalem est la clef, mais c’est une question « sensible » sur laquelle toutes les parties doivent faire preuve de prudence pour éviter d’enflammer la situation.  La situation au Moyen-Orient est complexe et les enjeux sont interconnectés, a conclu le représentant, qui a dit sa préférence pour des solutions politiques au lieu du cercle vicieux de la violence.  Les droits légitimes de chacune des parties doivent être pris en compte pour « faire de la stabilité une paix durable plutôt qu’un répit », a-t-il ajouté. 

M TORE HATTREM (Norvège) a réitéré l’engagement ferme de son pays à une solution négociée des deux États.  Un règlement complet qui aborde le statut final et les aspirations de deux peuples n’a que trop tardé, a-t-il martelé, insistant sur le fait que seule la solution des deux États peut apporter la paix et la sécurité durable pour les deux parties.  Il s’est en outre déclaré profondément préoccupé par la fragile situation dans et autour de Gaza, et a appelé les parties à éviter toute escalade de la violence et à faire un effort sérieux pour stabiliser la situation.  Il a insisté sur l’importance pour les populations locales et la stabilité régionale, d’acheminer l’aide humanitaire sans entrave.  Revenant sur la responsabilité du Hamas dans la situation à Gaza, le représentant a insisté sur le fait que c’est l’Autorité palestinienne et la communauté internationale, et pas le Hamas, qui fournissent de l’aide au peuple palestinien.  Il a appuyé la médiation égyptienne en faveur de la réconciliation interpalestinienne ainsi que les efforts de l’Autorité palestinienne pour réinstaller son autorité à Gaza et réunir la Palestine autour de son autorité légitime.  En attendant, a estimé le représentant, il serait contre-productif de cesser de soutenir Gaza financièrement, et en conséquence, d’appauvrir encore plus la population.  Israël doit lever les restrictions sur le mouvement des personnes et de biens vers et hors de Gaza, a-t-il martelé.  Il a conclu sur le travail indispensable de l’UNRWA et a appelé les donateurs à maintenir leur appui, y compris financier. 

M. MOHAMMED HUSSEIN BAHR ALULOOM (Iraq) a fait lecture d’un message du Président irakien à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien affirmant sa détermination à sensibiliser le monde sur la situation dans les territoires occupés mais aussi sur l’importance historique de la résolution 181 de 1947 relative à la partition de la Palestine, le symbole clair de la responsabilité à l’égard du peuple palestinien et de la reconnaissance juridique d’une juste cause.  Le représentant s’est dit alarmé par les immenses souffrances du peuple palestinien dues aux pratiques du Gouvernement israélien qui continue de bombarder des maisons, de fouler au pied le caractère sacré des lieux saints et de construire des colonies de peuplement aussi bien sur les terres qu’à proximité de la ville de Jérusalem.  Le représentant a réitéré la nécessité d’une solution juste et globale qui ne peut se faire sans la création d’un État de Palestine indépendant, conformément à l’Initiative de paix arabe et aux instruments internationaux.  Il a exhorté les États du monde entier qui ne l’ont pas encore fait à reconnaître rapidement l’État de Palestine, en particulier les États européens, comme l’a fait la Suède en 2014.  Il a appuyé l’Autorité palestinienne qui doit faire face aux ramifications profondes de l’occupation dont des pertes économiques substantielles.  Il a aussi appuyé l’unité palestinienne pour mieux protéger les droits des Palestiniens.   

En cette Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, M LUIS HOMERO BERMÚDEZ ÁLVAREZ (Uruguay) a souligné la volonté de son pays d’être rapidement témoin de la paix tant désirée au Moyen-Orient et de l’exercice par le peuple palestinien de son droit légitime à un État souverain et indépendant.  Revenant sur le soixante-et-onzième anniversaire de la résolution 181 de l’Assemblée générale qui a entériné la création de deux États, un arabe et un juif, il a estimé qu’elle avait permis à Israël et à la Palestine de consolider leurs identité, droits et obligations comme États et entités juridiques reconnues par la communauté internationale.  Il a réitéré le soutien de l’Uruguay à cette solution, « convaincu qu’elle permettra à Israël et à la Palestine de vivre en paix dans des frontières sûres ».  Le représentant a encore insisté sur le soutien de son pays à la solution des deux États, estimant que c’est la seule option qui permette une coexistence pacifique d’Israël et la Palestine. 

Il n’existe ni n’existera jamais de plan B, a-t-il prévenu, rappelant que son pays a très tôt reconnu l’État d’Israël et quand il a réalisé que ce processus « incomplet » ne pouvait plus attendre, il a reconnu l’État de Palestine.  Pour parvenir à une solution pacifique, juste, négociée, durable et conforme au droit international, les parties doivent s’abstenir d’adopter des décisions unilatérales qui font obstacle au dialogue.  Le représentant s’est déclaré préoccupé des décisions que ne cessent de prendre les autorités israéliennes, comme la construction des colonies en territoires occupés, la confiscation des terres ou la destruction des logements palestiniens.  Il a encouragé Israël à cesser ces pratiques, arguant qu’elles rendent pratiquement impossible la solution des deux États. 

Mme INA HAGNININGTYAS KRISNAMURTHI (Indonésie) a constaté que l’Assemblée générale s’est installée dans une sorte de « routine », exprimant chaque année sa solidarité avec le peuple palestinien.  Cette routine vise à maintenir en vie les espoirs de la population plutôt qu’à trouver une solution au problème, d’autant plus que le Conseil de sécurité semble de plus en plus désarmé face aux violations du droit international commises par la Puissance occupante.  De surcroît, a souligné la représentante, la politique de colonisation de la Puissance occupante -qui s’ajoute à la construction d’un mur de séparation, au déplacement de Palestiniens et à l’usage de la force- est le reflet éloquent de son ambition et non d’un quelconque intérêt dans la paix et le règlement.  Pour l’Indonésie, a-t-elle insisté, la Puissance occupante doit comprendre que ces mesures, de même que les efforts destinés à changer la composition démographique, le statut juridique et le caractère du Territoire occupé palestinien, y compris Jérusalem-Est, ne peuvent conduire ni à la paix ni à la sécurité. 

Déplorant que l’ONU se soit montrée incapable de faire cesser ces actes illégaux contre le peuple palestinien, elle a réitéré l’engagement de son pays en faveur de l’état de droit et de la justice, appelant les États Membres qui ne l’ont pas encore fait à reconnaître l’État de Palestine et à soutenir les efforts visant à mettre fin à l’occupation et à rétablir les droits fondamentaux du peuple palestinien.  De l’avis de la représentante, une solution juste ne peut être trouvée que si les deux parties sont mis sur un pied d’égalité.  Or, la triste réalité à laquelle nous assistons aujourd’hui est celle d’une « solution à un État », le Conseil de sécurité étant à la traîne en matière de justice.  Dans ce contexte, l’Indonésie exhorte tous les États à prendre conscience du danger que représente tout retard dans la concrétisation de la solution des deux États et appelle Israël à lever son blocus « illégal et déshumanisant » de la bande de Gaza, où « tous les aspects de la vie ont pris la forme d’une catastrophe humanitaire ». 

Par nature, l’occupation est illicite, mais celle-ci est lentement mais sûrement en train de devenir semi-permanente », a prévenu M. TAREK FATHI MOHAMED MOHAMED TAYEL (Égypte) en parlant de la situation israélo-palestinienne, une situation qui risque de perpétuer les conflits au Moyen-Orient et de mettre en danger toute coexistence pacifique.  Après un quart de siècle, les Accords d’Oslo et plusieurs résolutions internationales, les colonies illégales se multiplient sur le territoire palestinien, semblant tirer le trait sur la solution des deux États.  Nous ne parlons pas de la Palestine pour cibler une partie ou retirer des droits à une autre, a dit le délégué, qui a d’ailleurs rappelé que son pays a reconnu Israël dès sa création, il y a 70 ans.  Toutefois, a-t-il ajouté, si nous avons reconnu Israël en tant qu’État indépendant, il est logique que nous reconnaissions aussi un État palestinien.  La proclamation chaque année de l’engagement de la communauté internationale en faveur de la Palestine est la seule lueur d’espoir à laquelle les Palestiniens peuvent s’accrocher alors que leurs droits inaliénables sont remis en question jour après jour.

La Palestine et Israël vont perdurer, a-t-il souligné.  On ferait mieux de reconnaître cette réalité puisqu’aucun peuple ne pourra vivre en paix sans avoir reconnu l’autre.  Il n’y a pas d’autre alternative: la solution à un État ayant été rejetée pour des raisons « bien compréhensible », revenir à la table des négociations sur la base de la solution des deux États est la seule voie possible.  Je suis certain que l’expérience égyptienne de la paix avec Israël peut être répétée, a conclu avec optimisme le représentant.

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