Assemblée générale: impatience face à la lenteur de la réforme du Conseil de sécurité, 10 ans après le lancement des négociations

AG/12091
20 novembre 2018
Soixante-treizième session, 36e & 37e séances plénières –matin & après-midi

Assemblée générale: impatience face à la lenteur de la réforme du Conseil de sécurité, 10 ans après le lancement des négociations

Les 55 délégations qui se sont exprimées, aujourd’hui, à l’Assemblée générale ont appelé à des progrès concrets dans une réforme du Conseil de sécurité qui touche à cinq aspects: les catégories de membres; la représentation géographique; la relation entre le Conseil et l’Assemblée générale; la taille d’un Conseil élargi et ses méthodes de travail; et la question du droit de veto.  Dix ans après le début des négociations intergouvernementales, les délégations ont eu du mal à cacher leur impatience.

Cette question est en fait examinée depuis deux décennies, sans pour autant déboucher sur un accord, a avoué la Présidente de l’Assemblée générale, Mme María Fernanda Espinosa Garcés, qui a nommé comme cofacilitateurs de la onzième année des négociations intergouvernementales les Représentants permanents des Émirats arabes unis et du Luxembourg.  Nous avons produit des volumes de documents, prononcé un nombre incalculable de déclarations et répété sans fin notre désir de voir une expression tangible de la volonté politique de réformer le Conseil de sécurité mais nous n’avons toujours par de texte à négocier, s’est impatienté le Groupe L.69, constitué des petits États d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Asie et du Pacifique et qui tire son nom de la résolution L.69 de 2007 demandant au Président de l’Assemblée de faciliter des négociations intergouvernementales.

Soyons lucides, s’est impatientée à son tour la France.  Année après année, nous reprenons les mêmes discussions sans ouvrir de réelles négociations », en dépit d’un document-cadre, des « Éléments de convergence » et des « Points communs établis », a-t-elle dit, énumérant les documents élaborés jusqu’ici.  Ces « Points » pourraient être le point de départ de discussions « ouvertes et transparentes », a estimé l’Inde, au nom de l’Allemagne, du Brésil et du Japon (G4) qui réclament chacun un siège permanent dans un Conseil réformé.  L’Inde a demandé un document qui reflète avec exactitude les positions de tous les groupes, et par exemple, la position commune africaine qui a généré l’appui d’une partie très large des États Membres.  Une nouvelle fois, le Groupe des États d’Afrique a réclamé deux sièges non permanents supplémentaires et deux sièges permanents avec droit de veto.  Quand 70% des décisions prises concernent un cinquième de la population mondiale, ce un cinquième se demande pourquoi il n’est pas représenté parmi les membres permanents du Conseil, a fait valoir le Groupe des États d’Afrique.

L’Assemblée générale, a reconnu l’Italie, au nom du Groupe « Unis pour le consensus », doit corriger la sous-représentation de l’Afrique.  Mais elle doit aussi reconnaître l’importance croissante des régions d’Asie-Pacifique et d’Amérique latine et leur assurer une représentation plus équitable.  Elle doit en plus écouter les pays arabes qui demandent une représentation plus proportionnelle et plus stable que la « chaise musicale » qu’ils ont en ce moment.  Elle doit en outre écouter les plus de 60 pays, dont les petits États insulaires en développement ou pas, qui n’ont jamais eu l’occasion de siéger au Conseil et ne le feraient que très rarement sans une vraie réforme.  L’Assemblée ne doit pas non plus oublier les 23 pays d’Europe orientale qui veulent un siège de plus pour augmenter leur chance de siéger au Conseil.

Compte tenu de toutes ces revendications, « Unis pour le consensus », a affirmé l’Italie, a « mis sur la table » une proposition globale et détaillée qui consiste à créer de nouveaux sièges non permanents au mandat plus long que les deux ans actuels, avec une possibilité de réélection immédiate, et à assurer une répartition plus équitable des sièges entre groupes régionaux.  Nous aurions donc, a précisé l’Italie, un Conseil de 26 membres pour ne pas élargir « le petit cercle des membres permanents » mais donner la chance à tous les États Membres de contribuer à la recherche de solutions aux problèmes liés à la paix et à la sécurité internationales.

Ce qu’il faut, a renchéri le Pakistan, autre membre d’« Unis pour le consensus », c’est trouver un terrain d’entente car il n’y a pas d’autre alternative au consensus.  Mais à l’Assemblée générale, a ironisé l’Allemagne, il est difficile de dégager un consensus sans négociations.  Ce qu’il faut surtout, a ajouté le Brésil, c’est que les négociations se déroulent comme tous les autres processus à l’Assemblée générale, « avec un texte, avec des propositions et avec des positions clairement identifiées ».  C’est ce que l’on appelle une négociation et ce que les négociations intergouvernementales doivent devenir si l’on veut que les États restent engagés dans l’exercice, a prévenu le Brésil.

À l’Assemblée générale, a martelé l’Inde, le travail consiste à négocier sur la base d’un document et tous ce que peuvent faire les opposants, c’est voter « non ».  Mais l’on ne peut laisser ces opposants paralyser une majorité écrasante d’États Membres et tenir en otage tout le processus, en se jouant des règles de négociations.  Nous risquons, a prévenu l’Inde, de casser le processus sans espoir de le réparer.  La réforme du Conseil de sécurité a atteint un point d’inflexion. Sans progrès au cours de cette prochaine session, la légitimité et la viabilité du processus seront remises en cause, s’est alarmé le Japon.

L’Assemblée générale poursuivra ses travaux demain, mercredi 21 novembre à 10 heures pour la commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves.

QUESTION DE LA REPRÉSENTATION ÉQUITABLE AU CONSEIL DE SÉCURITÉ ET DE L’AUGMENTATION DU NOMBRE DE SES MEMBRES ET AUTRES QUESTIONS CONNEXES AYANT TRAIT AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

Déclaration liminaire

La Présidente de l’Assemblée générale, Mme MARÍA FERNANDA ESPINOSA GARCÉS (Équateur), a rappelé que cette question est examinée depuis deux décennies, sans pour autant déboucher sur un accord relatif à la réforme de « cet organe essentiel ».  Elle a dit avoir reconduit la Représentante permanente des Émirats arabes unis comme Cofacilitateur des négociations intergouvernementales et nommé le Représentant permanent du Luxembourg.  Les États Membres, a-t-elle retenu, ont admis la nécessité de réformer le Conseil de sécurité.  Pendant le débat général, au moins 80 dirigeants ont insisté sur ce point.  Soulignant l’importance de la volonté politique pour avancer, la Présidente a souligné que le Conseil de sécurité doit s’adapter aux nouvelles réalités politiques.  La réforme du Conseil est importante, a-t-elle insisté, pour tout le système des Nations Unies.  « Un système plus représentatif, efficace et transparent donnerait des solutions plus légitimes et favoriserait le multilatéralisme », s’est-elle expliquée.  Ce processus est entre les mains des États Membres, a conclu la Présidente, en appelant chacun au sérieux et à l’ouverture.  Elle a encouragé les États à envisager des approches plus pragmatiques pour progresser, en particulier sur les aspects les plus controversés.

Débat général

Au nom du Groupe des États arabes, M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a souligné qu’alors que l’ONU s’emploie à consolider sa place dans le multilatéralisme, la réforme du Conseil de sécurité, organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales en vertu de la Charte, s’avère vitale pour la rendre plus crédible.  Il faut aller de l’avant et accélérer les négociations intergouvernementales de l’Assemblée générale, seule habilitée à mener cette réforme.  Appelant à la cohérence entre les cinq aspects de la réforme, le représentant a rejeté d’emblée l’idée d’imposer d’autres étapes que celles déjà agréées.  Il s’est attardé sur le droit de veto, facteur de la paralysie du Conseil, pour faire observer que ces dernières années, ce droit a surtout été exercé sur des sujets relatifs à la région arabe.  Que l’on augmente ou pas le nombre des sièges permanents, il a plaidé pour une bonne représentation « juste et équitable » du Groupe des États arabes, lequel Groupe représente environ 25% de tous les États Membres de l’ONU.  Le représentant s’est aussi prononcé pour un Règlement intérieur « permanent » au lieu du Règlement provisoire, la réduction du nombre des séances à huis clos afin d’assurer la transparence et une meilleure interaction entre les organes subsidiaires du Conseil et les autres États Membres.  Relevant des « divergences de fond », le représentant a jugé important de poursuivre les négociations pour parvenir à « un socle commun ».

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. FRANCIS MUSTAPHA KAI-KAI (Sierra Leone) a prévenu: « à moins de s’attaquer à la réforme du Conseil de sécurité, notre Organisation continuera d’avoir une approche discriminatoire ».  Il a en effet rappelé que l’Afrique est le seul continent non représenté parmi les membres permanents du Conseil de sécurité et sous-représenté parmi les membres non permanents.  L’Afrique, a-t-il réaffirmé, réclame deux sièges non permanents supplémentaires et deux sièges permanents avec droit de veto.  L’Afrique, a expliqué le représentant, est contre le droit de veto mais tant que ce droit ne sera pas remis en cause, tous les membres permanents au Conseil doivent en être dotés.  Le représentant a souligné que sur 7,5 milliards d’habitants de la planète, 1,2 milliard sont des Africains.  Nos revendications, en a-t-il conclu, sont donc une question d’équité.  Quand 70% des décisions prises concernent un cinquième de la population mondiale, ce un cinquième se demande pourquoi il n’est pas représenté parmi les membres permanents du Conseil.  Le représentant s’est réjoui du soutien de plus en plus large aux revendications de l’Afrique pour corriger « une injustice historique » et permettre au continent d’occuper la place qui lui revient dans le système multilatéral.

S’il a regretté les points de divergence dans les négociations intergouvernementales, le représentant a vu dans la décision prise le 29 juin 2018 de poursuivre ces négociations, « un pas en avant », et l’acceptation par tous de cette modalité.  Insistant sur le fait que le statu quo sape les principes de responsabilité, d’équité et de transparence qui sont au cœur du multilatéralisme, le représentant a prévenu qu’on ne peut plus ignorer la marche du monde.

Au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), M. RUDOLPH MICHAEL TEN-POW (Guyana) est revenu sur « la myriade » de propositions qui ont été faites sur la réforme du Conseil de sécurité.  Il est « lamentable », s’est-il impatienté, que ce lourd investissement en temps et en ressources n’ait donné à un quelconque progrès.  Chaque pays doit faire montre de volonté politique, a encouragé le représentant, soulignant que chaque session qui s’achève sans arriver à l’un ou l’autre des objectifs de la réforme pérennise les déséquilibres du Conseil et le statu quo.  Parmi ces déséquilibres, le représentant a cité l’exclusion de régions entières, en particulier l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes, de la catégorie des membres permanents.  Cela veut dire, a-t-il précisé, qu’environ 50% des États Membres de l’ONU sont exclus de l’un des principaux organes des Nations Unies.  Cela veut également dire que la composition du Conseil n’est en rien conforme à l’évolution de l’ONU.  On peut s’interroger sur sa représentativité, a avoué le représentant, avant de rappeler que lorsqu’en 1993, l’Assemblée avait envisagé la réforme du Conseil, elle fondait sa décision sur la nécessité d’en augmenter le nombre de membres, en particulier des pays en développement, et sur les changements intervenus dans les relations internationales.  Or, le maintien du statu quo prive le Conseil d’une diversité de perspectives et d’expériences.

La CARICOM demande donc une bonne représentation des petits États insulaires en développement qui ont des contributions importantes à faire au maintien de la paix et de la sécurité internationales, compte tenu de leurs expériences « uniques ».  Pour avancer, le représentant a estimé que les « Points communs établis et les questions à examiner plus avant » doivent être la base du travail.  Il est temps, a précisé le représentant, de répondre aux attentes sur la composition du Conseil, dans un esprit de transparence, et d’éviter de rejeter d’emblée toute idée de réviser les « Points communs établis ».  Il faut, a insisté le représentant, respecter la voix et les points de vue de tous les États Membres car en tant que pays souverain, chacun de nous peut contribuer de manière substantielle au dialogue.  Il faut encourager la participation de tous car c’est un moyen de renforcer la légitimité du processus.  Nous avons passé, s’est impatienté le représentant, beaucoup de temps à « peaufiner » nos positions.  L’heure est venue de dépasser cette étape, a-t-il estimé. 

Au nom du Groupe L.69, Mme NEDRA MIGUEL (Saint-Vincent-et-les Grenadines) a d’abord expliqué que son Groupe est composé des petits États d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Asie et du Pacifique, unis autour de la cause commune d’une réforme « globale et durable » du Conseil de sécurité.  Mon Groupe, a-t-elle dit, est prêt à consolider les acquis des précédentes sessions et à entamer des négociations sur un texte.  « Nous avons produit des volumes de documents, prononcé un nombre incalculable de déclarations et répété sans fin notre désir de voir une expression tangible de la volonté politique de réformer le Conseil ».  Pourtant, s’est lamentée la représentante, « nous n’avons toujours pas de texte à négocier ».  Ces deux dernières années, a-t-elle rappelé, au moins 164 États Membres ont appelé à un texte de négociations.  Le Groupe a d’ailleurs pris l’initiative, à la dernière session, de compiler les documents produits ces 25 dernières années de discussions, jugeant nécessaire de souligner la quantité de travail, de temps et d’efforts diplomatiques déployés pour faire avancer le processus dans un monde dont le tissu des règles multilatérales est déchiré, faisant le lit du dysfonctionnement et de la paralysie grandissants du Conseil de sécurité.

C’est nous, a souligné la représentante, qui avons le remède pour « soigner la maladie du Conseil et faire baisser sa fièvre ».  Elle a espéré qu’alors que le Groupe intergouvernemental sur la réforme du Conseil s’apprête à tenir sa onzième session, la « ferveur entourant le multilatéralisme et l’engagement à aboutir à un Conseil représentatif et opérationnel » donnera aux négociations l’espoir et la vitalité qu’il faut pour faire des Nations Unies un organisme « vivace et énergique », fortement engagé dans le travail quotidien et concret de résoudre les problèmes mondiaux par la coopération entre nations.  Après avoir paraphrasé ainsi le Secrétaire général, Mme Miguel s’est prononcée pour l’augmentation du nombre de membres permanents et non permanents.  Il faut honorer la promesse faite à la soixantième session de l’Assemblée général et montrer aux peuples du monde que les États sont sérieux dans leur engagement de passer de la rhétorique aux actes et dans leur volonté de façonner un Conseil qui soit le forum où l’engagement multilatéral mène véritablement à la paix et la sécurité internationales.  Cela est d’autant plus important que l’ONU est plongée dans un débat sur les moyens de réaffirmer l’engagement en faveur du multilatéralisme.  Le déblocage du processus ne pourra être vu que comme une confirmation du bien-fondé de ce multilatéralisme, a estimé la représentante.     

Au nom du Groupe des Quatre -G4, M. SYED AKBARUDDIN (Inde) a rappelé la position de son Groupe en faveur d’une augmentation du nombre des sièges permanents et non permanents du Conseil de sécurité et de l’amélioration de ses méthodes de travail.  Cette position, a-t-il affirmé, est partagée par le Groupe africain, la CARICOM, le Groupe arabe et un grand nombre d’autres États.  Nous ne pouvons plus, s’est impatienté le représentant, retarder les choses.  Il faut passer de la parole aux actes car après une décennie de débats, il est temps de normaliser le processus des négociations intergouvernementales.

Nous n’avons pas à réinventer la roue, a dit le représentant, en soulignant la pertinence des « Points communs établis et des questions à examiner plus avant ».  Ce document, a-t-il fait valoir, peut être le point de départ de discussions « ouvertes et transparentes ».  Le G4 demande que l’on y reflète avec exactitude les positions de tous les groupes, et par exemple la Position commune africaine qui a généré l’appui d’une partie très large des États Membres. 

Nous devons, a poursuivi le représentant, renforcer et non saper le dialogue.  Les discussions doivent donc commencer le plus tôt possible et sans date butoir artificiel.  Les négociations intergouvernementales doivent être menées sur la base des règles « normales » de procédure, comme tous les processus de l’Assemblée générale où le travail consiste à négocier des compromis, sur la base d’un document, avec les coprésidents comme facilitateurs du dialogue.  À l’Assemblée, tous ce que peuvent faire les opposants, c’est voter « non ».  Or, ce que nous avons fait ces deux dernières années ne nous glorifie pas.  On ne peut, s’est expliqué le représentant, laisser des opposants jeter une ombre sur les travaux et paralyser une majorité écrasante d’États Membres.  On ne peut laisser certains d’entre nous tenir en otage tout le processus, en se jouant des règles de négociations.  Nous risquons, a prévenu le représentant, casser le processus sans espoir de le réparer.

Pour que les négociations soient substantielles, il faut lister les différents aspects de chaque position.  Il est donc crucial d’avoir un texte de négociations.  Ce n’est pas un slogan, a averti le représentant.  C’est une nécessité pour un processus transparent et mené de bonne foi.  Un texte reflétant toutes les positions et propositions sera une marque de crédibilité pour aller de l’avant.  En cas d’échec, n’hésitons pas à revoir tout le processus même.  Nous devons rester ouverts à toutes les options. 

Au nom du Groupe « Unis pour le consensus », Mme MARIA ANGELA ZAPPIA (Italie) s’est attardée sur les « Points communs établis » que sont l’augmentation du nombre de sièges non permanents au Conseil de sécurité, le fait que cette augmentation doit favoriser les régions sous-représentées du monde et l’opposition à l’octroi du droit de veto à d’autres États Membres, voire l’appui à la suppression de ce droit.  Nous avons aussi vu des progrès dans l’aspect « méthodes de travail » du Conseil, a souligné la représentante, ajoutant « mais le travail est loin d’être fini ».  La question la plus entendue, a estimé la représentante, c’est « quelles sont nos chances de siéger un jour dans un Conseil élargi ».  Pour y répondre, a-t-elle constaté, l’Assemblée générale doit tenir dûment compte des revendications de l’Afrique en vue de « corriger sa sous-représentation ».  Elle doit aussi reconnaître l’importance croissante des régions d’Asie-Pacifique et d’Amérique latine et leur assurer une représentation plus équitable.  Les pays arabes demandent une représentation plus proportionnelle et plus stable que la « chaise musicale » qu’ils ont en ce moment.  Il faut aussi écouter les plus de 60 pays, dont les petits États insulaires en développement ou pas, qui n’ont jamais eu l’occasion de siéger au Conseil et ne le feraient que très rarement sans une vraie réforme.  N’oublions pas les 23 pays d’Europe orientale qui veulent un siège de plus pour augmenter leur chance de siéger au Conseil.

Compte tenu de toutes ces revendications, « Unis pour le consensus », a affirmé la représentante, a « mis sur la table » une proposition globale et détaillée qui consiste à créer de nouveaux sièges non permanents au mandat plus long que les deux ans actuels, avec une possibilité de réélection immédiate, et à assurer une répartition plus équitable des sièges entre groupes régionaux.  Nous aurions donc, a précisé la représentante, un Conseil de 26 membres dont 21 sièges non permanents: 6 sièges pour l’Afrique, dont 3 à mandat plus long; 5 sièges pour l’Asie-Pacifique, dont 3 à mandat plus long; 4 sièges pour l’Amérique latine et les Caraïbes, dont 2 à mandat plus long; 3 sièges pour l’Europe occidentale et autres États, dont 1 à mandat plus long; 2 sièges pour l’Europe oriental et 1 pour les petits États insulaires en développement et petits États. 

La rotation n’empêchera personne de présenter sa candidature au sein de son groupe régional.  C’est au contraire l’occasion de doubler les chances de siéger au Conseil.  Personne ne sort perdant et la faculté du Conseil à prendre des décisions reste intacte, a souligné la représentante.  Pour renforcer la confiance de l’opinion publique dans le Conseil, il nous faut, a insisté la représentante, un organe « véritablement représentatif, responsable, démocratique, transparent et efficace ».  Il ne s’agit pas d’élargir « le petit cercle des membres permanents » mais de donner à tous les États Membres, même aux petits, une plus grande chance de contribuer à la recherche de solutions aux problèmes liés à la paix et à la sécurité internationales.  Dans ce contexte, on ne voit pas comment l’addition de nouveaux détenteurs du droit de veto rendra le nouveau Conseil plus efficace et plus réactif aux crises internationales, a tranché la représentante.  Le plus grand obstacle de la réforme du Conseil, a-t-elle affirmé, est l’idée d’augmenter le nombre des sièges permanents au profit d’« une poignée d’États Membres ».

Au nom du Danemark, de la Finlande, de la Norvège et de la Suède, Mme BERGDIS ELLERTSDOTTIR (Islande) a expliqué que comme les défis politiques et multidimensionnels complexes du monde d’aujourd’hui ont également un impact direct sur le rôle des Nations Unies, il est plus important que jamais de faire du Conseil un organe plus transparent, plus efficace, plus responsable et plus représentatif.  Elle s’est prononcée pour un élargissement « équilibré » du Conseil, l’objectif étant de refléter les réalités politiques et économiques du monde actuel et de garantir une meilleure représentation des pays en développement, en particulier de l’Afrique, dans les catégories des membres permanents et non permanents.  Il est tout aussi important, a-t-elle poursuivi, d’offrir aux petits États la possibilité de participer au processus de décisions du Conseil, en qualité de membres élus.  Elle a appelé au lancement de négociations sur un texte, comme meilleur moyen d’exploiter les progrès enregistrés dans les négociations intergouvernementales et d’aller de l’avant.

M. KIM SONG (République populaire démocratique de Corée (RPDC) a accusé le Conseil de sécurité de violer les principes de non-ingérence et d’indépendance des États souverains.  Soixante-dix ans après la création des Nations Unies, a-t-il tranché, le Conseil de sécurité est devenu le « nid de l’unilatéralisme », « un Conseil d’insécurité » alors qu’il doit servir les intérêts de tous les pays et non d’un seul.  La réforme, a poursuivi le représentant, doit s’appuyer sur la recherche de la justice, de l’impartialité et de la démocratie, donc mettre l’accent sur les principes de souveraineté et de non-ingérence.  Cette réforme doit aussi s’appuyer, a-t-il insisté, sur la pleine représentation de toutes les régions du monde.  La façon la plus réaliste de surmonter des négociations intergouvernementales, c’est, a estimé le représentant, d’augmenter immédiatement le nombre des sièges non permanents.  Il n’a pas oublié de réitérer son opposition catégorique à l’idée que le Japon devienne un membre permanent du Conseil de sécurité, car « ce pays a envahi les autres et commis des crimes atroces qu’il refuse de reconnaître ».

Mme TEGAN BRINK (Australie) a souligné qu’en tant que membre fondateur des Nations Unies, son pays n’a cessé de préconiser deux voies pour améliorer l’efficacité et renforcer la légitimité du Conseil de sécurité: la transparence et les limites à l’exercice du droit de veto.  Les « Points communs établis » représentent, a estimé la représentante, un pas dans la bonne direction.  Mais compte tenu des progrès « minimes », il faut changer notre approche, et à ce propos, la présentation d’un texte de négociations peut accélérer le processus, comme c’est le cas ailleurs à l’ONU.  Passons des déclarations à un projet de texte, a dit la représentante, avant de plaider pour une meilleure représentation de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine au sein du Conseil de sécurité.  Mais, a-t-il prévenu, il faut préserver au Conseil élargi la faculté de réagir rapidement et de manière décisive.

M. ELMAHDI S. ELMAJERBI (Libye) a souscrit à la déclaration de la Sierra Leone et du Koweït et espéré commencer un processus de négociation « sérieux » pour apporter une réforme « inédite » au Conseil de sécurité.  Il a plaidé pour une représentation « équitable » des pays africains qui forment la majorité « écrasante » des États Membres de l’ONU.  Il faut, s’est-il expliqué, corriger le tort fait à l’Afrique qui représente 54 pays et qui occupe 70% de l’ordre du jour du Conseil.  Le représentant a d’ailleurs dit avoir entendu des pays qui ont siégé au Conseil se plaindre d’un mandat trop court et de l’hégémonie des membres permanents.  Il a aussi jugé important d’assurer une meilleure harmonie entre le Conseil et l’Assemblée pour ne plus donner l’impression que ces deux organes principaux des Nations Unies travaillent à des objectifs différents.

Selon M. GEORG HELMUT ERNST SPARBER (Liechtenstein), l’impasse des négociations sur la réforme du Conseil de sécurité ne fait que confirmer la triste incapacité de l’Assemblée générale de tenir ce dernier comptable de ses actes.  Nous savons que nous devons rendre le Conseil plus représentatif, plus efficace et plus transparent mais nous sommes incapables de surmonter notre impasse, s’est-il désolé.  Il a rappelé la proposition de son pays de créer une nouvelle catégorie de sièges dotés d’un mandat de huit à dix ans, avec une possibilité de réélection immédiate et sans droit de veto.  Le représentant s’est dit ouvert à l’idée de créer d’autres sièges dotés d’un mandat de deux ans mais a dit tenir à une clause d’examen et à une autre clause « flip-flop » pour interdire à ceux qui se sont portés candidats à un siège de huit et de dix ans de se rabattre sur un siège de deux ans. 

L’élargissement de la composition du Conseil de sécurité ne veut pas dire réforme, a prévenu le représentant.  Savoir qui siège est important mais savoir comment le Conseil travaille est tout aussi important.  Avec d’autres, a-t-il rappelé, le Liechtenstein a aidé le Conseil à améliorer ses méthodes de travail.  Le représentant a rappelé la création du poste d’Ombudsman pour le régime des sanctions contre Al-Qaida, dont le mandat devrait d’ailleurs être élargi à d’autres régimes de sanctions.  Il a aussi rappelé le Code de conduite du Groupe ACT -Groupe Responsabilité, cohérence et transparence- qui est appuyé par 118 États dont neuf membres actuels du Conseil de sécurité.  À partir de 2019, s’est-il réjoui, les deux tiers des membres du Conseil auront signé ce Code et fait le serment de prévenir et de mettre fin aux atrocités de masse pendant leur mandat au Conseil.  Les situations auxquelles s’appliquent le Code sont le Myanmar, la Syrie et le Yémen, a précisé le représentant.  Adhérer au Code est le minimum que l’on puisse attendre d’un membre du Conseil, a souligné le représentant, promettant que le Groupe ACT ne soutiendra que la candidature des États qui ont signé le Code et ce, pour faire une contribution concrète à l’amélioration des méthodes de travail du Conseil.  Voilà d’ailleurs une mesure très concrète, a conclu le représentant, que l’Assemblée pourrait prendre tout en poursuivant les discussions sur la réforme du Conseil.

Après avoir souscrit à la déclaration de St-Vincent-et-les Grenadines au nom du Groupe L.69, M. SUKHBOLD SUKHEE(Mongolie) a jugé qu’il est temps d’entamer les négociations sur un texte plutôt que de s’épuiser dans des discussions en boucle et sans productivité.  Il a plaidé pour un élargissement « juste et équitable » de la composition du Conseil pour assurer une représentativité « indiscutable ».  Il a aussi demandé l’abolition du droit de veto, tout en estimant que tant il existera les nouveaux membres permanents devraient en être dotés.  Mon pays, a conclu le représentant, accorde une grande importance au principe de répartition géographique équitable.  Assurer une rotation équitable et juste au sein d’un même groupe régional pour les sièges non permanents est essentiel, a ajouté le représentant qui a milité pour l’attribution de sièges supplémentaires aux groupes régionaux actuels et pour une bonne représentation des petits États en développement. 

Pour M. ALI NASEER MOHAMED (Maldives), parler de la réforme de l’ONU équivaut à imaginer un « Conseil de sécurité représentatif des réalités du monde dans lequel nous vivons, un Conseil où les débats et le processus de prise de décision sont conformes aux valeurs démocratiques que nous prêchons et promouvons chez nous, et un Conseil dont les membres, et la façon avec laquelle ils sont élus, reflètent l’esprit et la lettre des dispositions de l’Article 23 de la Charte des Nations Unies ».

Cela signifie, a dit le représentant, une représentation géographique équitable et la présence des pays en développement, y compris des petits États.  Un Conseil réformé, c’est un Conseil dont les candidats n’ont pas à mener des campagnes ruineuses.  À ce jour, a fait observer le représentant, seuls huit petits États insulaires ont pu y siéger depuis la création de l’ONU, alors même qu’ils apportent une perspective unique et des idées nouvelles.  La représentation géographique équitable ne saurait être un principe onéreux, a-t-il tranché exigeant que cette question soit débattue dans le cadre de la réforme du Conseil de sécurité.  Il faut, a conclu le représentant, que le Conseil dépasse la définition traditionnelle de la sécurité et examine les menaces émergentes comme les changements climatiques et l’élévation du niveau de la mer qui sont des multiplicateurs des menaces.  Le Conseil doit donc tenir un dialogue régulier avec l’Assemblée générale et les autres agences pertinentes de l’ONU pour pouvoir examiner de manière plus holistique et plus coordonnée les menaces à la paix et à la sécurité internationales découlant des changements climatiques.

Après quatre décennies, s’est impatienté M. MAURO VIEIRA (Brésil), nous ne voyons toujours pas les progrès que nous avions espéré lorsque nous avons lancé les négociations intergouvernementales, il y a 10 ans.  On ne saurait se vautrer dans des débats sans fin sur des concepts abstraits qui ne mènent nulle part, a-t-il averti.  Il est plus que temps de commencer à négocier un texte, a-t-il tranché.  Nous devons commencer la session par des discussions sur les « Points communs établis » pour veiller, entre autres, à y inclure tous les points de vue qui ont reçu le franc soutien des États Membres et qui n’ont malheureusement pas été pris en compte.  Nous devons reprendre les négociations intergouvernementales aussi tôt que possible, sans imposer de date butoir artificielle car pourquoi fixer les choses au mois de juin? s’est étonné le représentant alors que la coutume veut que les négociations importantes aillent jusqu’au dernier jour d’une session, soit en août voire en septembre.  Les Cofacilitateurs doivent faire preuve de souplesse pour pouvoir convoquer autant de réunions qu’il faudra et la Présidente de l’Assemblée pourrait aussi convoquer une autre séance plénière, comme l’a proposé le Groupe L.69.

Les négociations doivent suivre les règles de procédure, a tonné le représentant et comme le droit de veto n’existe pas à l’Assemblée générale, il est « déraisonnable » de laisser un petit groupe d’États prétendre obstruer toutes les négociations alors que la grande majorité travaille de manière constructive.  Il est nécessaire, a-t-il ajouté, que les négociations se déroulent comme tous les autres processus à l’Assemblée générale, à savoir « avec un texte, avec des propositions et des positions clairement identifiées et avec l’engagement sincère et transparent de chaque État Membre à trouver un compromis acceptable ».  C’est ce qu’on appelle une négociation et ce que les négociations intergouvernementales doivent devenir si l’on veut que les États restent engagés dans l’exercice, a prévenu le représentant.

Pour M. BURHAN GAFOOR (Singapour), la réforme du Conseil de sécurité est une question à la fois complexe du point de vue technique et chargée du point de vue politique.  Ce n’est que trop évident lorsque l’on constate les progrès limités faits en 25 ans.  Le processus des négociations intergouvernementales doit produire des résultats tangibles de toute urgence pour montrer que les progrès sont faisables et que la réforme est possible.  Sinon, le processus risque de perdre toute sa pertinence, a dit le représentant, craignant pour la crédibilité générale des Nations Unies.  La réforme du Conseil de sécurité, a-t-il estimé, passe par une meilleure représentation de la diversité des États Membres, une meilleure répartition géographique et plus d’inclusivité.  Il faut élargir le nombre des sièges permanents et non permanents et veiller à répondre aux attentes des petits États insulaires en développement.  Le Conseil doit aussi devenir plus pertinent et plus réactif car un Conseil paralysé par des divisions politiques ou bloqué par le droit de veto n’a pas sa place dans l’environnement actuel, marqué par des mutations géopolitiques rapides.  Le Conseil, a poursuivi le représentant, doit être plus transparent et plus comptable de ses actes, ce qui passe par l’amélioration de ses méthodes de travail et par des liens de travail plus étroits avec l’Assemblée générale.

Le représentant s’est attardé sur les méthodes de travail et a estimé que l’on peut faire plus pour veiller à l’équité dans la répartition des présidences des organes subsidiaires et des porte-plumes.  L’Assemblée doit aussi réfléchir à une meilleure date pour l’examen du rapport annuel du Conseil de sécurité pour permettre un débat plus « engagé, plus rigoureux et plus robuste ».  Le représentant a également exploré « le monde sous-terrain » des sanctions qui réclame plus de lumière.  Le Conseil doit travailler avec l’Assemblée générale sur cette question, a estimé le représentant, en se félicitant des initiatives prises par plusieurs pays et le Groupe des États d’Asie-Pacifique.  

M. MARTĺN GARCĺA MORITÁN (Argentine) a souscrit à la déclaration de l’Italie, au nom d’« Unis pour le consensus » et s’est prononcé en faveur d’un processus de négociation régi par les principes de démocratie, de transparence et de souplesse.  Il a défendu le consensus le plus large possible.  Il s’est dit disposé à proposer des formules novatrices et solides garantissant une présence plus démocratique au sein du Conseil, une amélioration de la rotation des membres non permanents et une reformulation des méthodes de travail.  L’Argentine et « Unis pour le consensus » sont également disposés à œuvrer en faveur d’une réforme viable et réaliste, qui explore des formules intermédiaires et alternatives respectant l’égalité entre les États et une rotation adéquate pour arriver au consensus le plus large possible.  M. Moritán a demandé, en particulier, de remédier à la sous-représentation de certaines régions, l’Afrique en particulier, une question à laquelle répond « Unis pour le consensus ».  Il a réitéré son opposition au droit de veto.   

M. JERRY MATTHEWS MATJILA (Afrique du Sud) a demandé, à son tour, la négociation d’un texte et un calendrier clair, arguant que 164 États sur 193, soit 80% des États Membres de l’ONU exigent une telle négociation.  Nous n’avons pas, a-t-il dit, à réinventer la roue.  Nous pouvons partir des « Points communs établis ».  Il a prévenu que fixer le mois de juin comme date butoir pourrait empêcher des discussions approfondies.  Il n’est pas normal, a-t-il dit en conclusion, que plus d’un milliard de personnes sur cette planète ne soit pas représenté au Conseil.  « L’impasse actuelle et l’échec du Conseil de sécurité à exécuté son mandat est largement liée à sa configuration actuelle », a-t-il conclu.

M KORO BESSHO (Japon) a regretté l’absence de progrès 10 ans après le lancement des négociations intergouvernementales qui « remet fortement en question » la place des Nations Unies, comme l’a déjà signifié le Premier Ministre Shinzo Abe.  Il a demandé « avec force » l’ouverture de négociations trop longtemps attendues sur la base d’un texte que 10 années écoulées n’ont même pas permis de produire.  Plus de 160 pays ont exprimé leur appui en ce sens, il est temps d’agir, a-t-il souligné.  Dans ce texte, la contribution des États Membres doit être mentionnée de façon précise afin de connaître la position claire de chacun au moment d’engager les discussions, notamment la Position commune africaine, a-t-insisté.  Pour sa part, le Japon prône l’augmentation du nombre des sièges permanents et non permanents et estime que l’actuel processus des négociations doit être révisé car il associe de facto une poignée de pays alors qu’il faut au contraire atteindre le consensus.  En conclusion, il a estimé que la réforme du Conseil de sécurité a atteint un point d’inflexion et que, sans progrès au cours de cette prochaine session, la légitimité et la viabilité du processus seront remises en cause.  Il est « urgent » de se montrer productif.

M. GUILLERMO ROQUE FERNÁNDEZ DE SOTO VALDERRAMA (Colombie) s’est associé à la déclaration d’« Unis pour le consensus », prévenant que la question de la réforme « indispensable » du Conseil pèse sur la crédibilité de l’ONU.  Il a appelé à des négociations les plus consensuelles possibles, soulignant que la position historique de la Colombie a été toujours guidée par les principes d’inclusion et d’égalité.  Après avoir rappelé que son pays s’oppose au droit de veto depuis 1945, le représentant a milité pour le principe de la rotation régionale au Conseil pour permettre à des régions comme l’Amérique latine et les Caraïbes, les petits États insulaires en développement, les pays d’Europe orientale et surtout les États d’Afrique d’avoir la place qui leur revient.

M. RODNEY M. HUNTER (États-Unis) a rappelé les quatre grandes lignes de la vision américaine sur la réforme du Conseil de sécurité.  Premièrement, l’élargissement « modeste » des catégories permanentes et non permanentes.  Un élargissement à propos duquel il convient d’évaluer le souhait des États mais aussi de prendre en compte la responsabilité financière accrue qui va avec un siège au Conseil de sécurité.  Le deuxième axe est une « ligne rouge », à savoir l’opposition stricte à toute abolition du droit de veto.  Troisièmement, les États-Unis militent pour le consensus le plus large possible et enfin, ils préviennent qu’ils n’appuieront que les mesures qui aideront le Conseil à remplir sa mission.  Les États-Unis prendront le temps qu’il faudra pour parvenir à la réforme la plus adéquate, a dit le représentant.

M. MA ZHAOXU (Chine) s’est dit favorable à une réforme « raisonnable », consistant à augmenter le nombre des pays en développement au Conseil.  Il a prôné « des solutions viables » et s’est opposé à un calendrier alors que des clivages importants perdurent sur certaines questions fondamentales.  

Malgré la complexité des questions à l’examen, nous avons pu progresser, a estimé M. TALAL RASHID N. M. AL-KHALIFA (Qatar) devant « une tâche délicate » sur cinq aspects.  Il a plaidé pour que l’on donne aux petits pays une place au Conseil, sans oublier les pays en développement.  Il a assuré que son pays continue à œuvrer pour un Conseil plus efficace et plus représentatif.  

Seuls un débat et des négociations fondées sur un calendrier nous permettront de parvenir à un consensus sur la réforme, a estimé Mme ANAYANSI RODRÍGUEZ CAMEJO (Cuba).  Elle a jugé essentiel que les cinq aspects de la réforme soient analysés de manière globale et non séparément.  Elle a estimé important que le Conseil ajuste ses fonctions au mandat établi par la Charte et respecte le rôle, l’autorité et les fonctions de l’Assemblée générale.  Elle a, en effet, dénoncé la tendance croissante du Conseil à examiner des questions qui dépassent sa compétence et a en examiné d’autres qui ne représentent pas une menace immédiate à la paix et à la sécurité internationales.  Elle a fustigé les deux poids deux mesures et la manipulation politique dans l’examen de certaines questions.  Elle a aussi stigmatisé la tendance à placer les agences et intérêts nationaux au-dessus de tout, soulignant que les réunions à huis clos et les consultations informelles devraient être l’exception et pas la règle.  Pour renforcer la transparence du Conseil, il faut un texte définitif sur son travail, a-t-elle dit, jugeant « incroyable » que le Conseil se serve depuis 70 ans d’un Règlement intérieur provisoire.  Après avoir souligné le caractère « anachronique » du droit de veto, la représentante s’est prononcée pour l’augmentation des sièges permanents et non permanents, surtout en faveur des pays en développement.  Elle a rejeté l’idée de n’augmenter que les sièges non permanents, craignant l’élargissement du fossé entre ces sièges et les sièges permanents et entre les pays développés et les pays en développement.  Le Conseil serait encore moins représentatif et en conséquence, encore moins légitime et efficace. 

Mme MALEEHA LODHI (Pakistan) a estimé que créer de nouveaux sièges permanents ne corrigerait en rien les dysfonctionnements actuels du Conseil, bien au contraire.  Ce serait contraire à la nature démocratique et représentative du processus de réforme, car cela nierait le droit démocratique des États de tenir le Conseil comptable de ses actes, dans un environnement où près du tiers des États Membres n’y a jamais siégé.  Un élargissement de la catégorie des membres permanents au détriment de celle des membres non permanents ne ferait que réduire les chances des petits États, en particulier les petits États insulaires en développement, d’être élus au Conseil.  La question du veto est un autre aspect du caractère « permanent » des sièges.  Si le Conseil ne peut concilier les intérêts de cinq membres permanents, comment le ferait-il pour plus de membres, tout en restant efficace?  Une solution qui offre plus de sièges à plus de région donne l’occasion à tous de siéger au Conseil.  C’est la raison pour laquelle la proposition d’« Unis pour le consensus » vise l’augmentation du nombre des sièges élus pour tous les groupes régionaux, en particulier l’Afrique. 

Mon Groupe, a insisté la représentante, s’oppose catégoriquement à la création de nouveaux sièges permanents parce que les nouvelles « chaînes » des privilèges hérités menaceraient invariablement les normes de la démocratie, de la responsabilité et de la transparence.  Ce qu’il faut, c’est identifier nos points de convergence et les exploiter.  Trouver un terrain d’entente exigera de la souplesse et le sens du compromis de la part de tous.  Il n’y a pas d’autre alternative au consensus car le fardeau d’un Conseil « énorme, lourd et inefficace », dirigé par une « grande clique » est un résultat que la communauté internationale ne recherche ni n’est prête à appuyer, a prévenu la représentante.  

Mme DARJA BAVDAŽ KURET (Slovénie) a estimé qu’il est temps d’aller de l’avant.  Elle a salué les « Points communs établis », soulignant qu’occuper un siège au Conseil de sécurité, c’est assumer sa responsabilité à l’égard de la communauté internationale.  La représentante a appuyé l’augmentation du nombre des sièges permanents et non permanents pour garantir une plus grande rotation régionale et une représentation plus démocratique des membres non permanents.  Elle a insisté sur l’attribution d’un siège non permanent supplémentaire au Groupe des États d’Europe orientale.  Elle a rejeté l’idée qu’un Conseil élargi compromettrait l’efficacité et, s’agissant du droit de veto, elle s’est rangée derrière la position du Groupe ACT -Groupe Responsabilité, cohérence, transparence- et a soutenu l’Initiative franco-mexicaine contre l’exercice du droit de veto en cas d’atrocités de masse et pour « l’autocensure » dans tous les autres cas.

Mme ASSIA JAZAIRY (Algérie) a insisté sur le fait que l’Afrique doit être représentée dans les deux catégories de membres au Conseil de sécurité, permanents et non permanents, avec le droit de veto, s’il n’est pas aboli.   La Position commune africaine stipule par ailleurs que la réforme du système des Nations Unies doit être inclusive et prendre en compte la nécessaire amélioration des relations entre les deux principaux organes que sont l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité.  Pour l’Algérie, les négociations intergouvernementales constituent le forum approprié pour débattre de la réforme du Conseil.  Le continent africain, qui a le plus grand nombre d’États et qui représente les trois quarts du programme de travail du Conseil de sécurité, reste mal représenté.  Aucun siège permanent n’est occupé par un État africain, a souligné la représentante.  L’Afrique réclame donc la place qui lui revient de droit et va continuer de défendre une réforme sensée qui rende le Conseil de sécurité plus adapté à l’évolution du monde et plus réactif aux défis émergents.

Pour M FERIDUN HADI SINIRLIOĞLU (Turquie), c’est l’insistance à augmenter le nombre de membres permanents au Conseil de sécurité qui paralyse les débats: les discussions sont obstruées par la volonté d’ajouter des membres permanents avec droit de veto.  Or, la présence de ce type de membres est « précisément » la raison pour laquelle le Conseil de sécurité doit être réformé!  C’est la raison pour laquelle, à maintes reprises, le Conseil a failli à sa mission et s’est montré incapable d’apporter une réponse adéquate aux crises, a-t-il insisté, en jugeant que ces privilèges ne servent que les intérêts nationaux et rendent le Conseil « dysfonctionnel, dispensé de rendre des comptes et non démocratique ».  Ceci entame la confiance dans les Nations Unies et dans le multilatéralisme en général.  Pour la Turquie, le processus de réforme engagé doit chercher à corriger ces défauts et non à les consolider.  Le Conseil de sécurité serait plus représentatif si le nombre de ses membres élus est accru et si tous les États Membres ont la possibilité d’y siéger.  Le Conseil de sécurité sera aussi davantage tenu de rendre des comptes si ses membres sont soumis à des élections périodiques.  Une meilleure répartition des membres permanents et non permanents renforcera la prise de décision et rendra le Conseil plus efficace, a-t-il jugé. 

M. ALEXEY R. BOGUSLAVSKIY (Fédération de Russie) a reconnu la nécessité d’assurer au Conseil de sécurité un caractère plus représentatif et une présence plus soutenue des États d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.  Mais il ne faut pas que cela empêche le Conseil de sécurité de réagir rapidement, a-t-il nuancé, en se prononçant pour un Conseil « compact », doté d’un nombre « optimal » de pas plus de 20 membres.  Le représentant s’est opposé à la suppression du droit de veto, « parce qu’il oblige à rechercher le consensus ».  L’exercice de ce droit ou la menace de l’exercer sont souvent déclenchés par des « aventures douteuses », a-t-il expliqué.  La réforme, a-t-il conclu, doit appartenir à tous les États Membres et sa formule, appuyée par tous.  Les précédentes sessions de l’Assemblée générale ont montré combien il est dangereux d’imposer des choses sans un large appui.  Il faut une approche inclusive sans un calendrier fixe car « on ne peut fixer de délais pour un problème aussi complexe ».

M. MICHAL MLYNÁR (Slovaquie) a estimé qu’en réformant le Conseil pour le rendre plus représentatif, efficace, inclusif et mieux armé pour répondre aux défis sécuritaires, nous investissons dans le système multilatéral.  Il a soutenu l’augmentation du nombre des sièges permanents et non permanents qui pourrait aller jusqu’à 25, dans le respect des équilibres géographiques.  Il a aussi estimé que les nouveaux membres doivent avoir les mêmes responsabilités et obligations que les membres actuels.  Il a insisté sur l’octroi d’un siège non permanent supplémentaire au Groupe d’Europe de l’Est et a salué les efforts de l’Assemblée générale pour rapprocher les positions et promouvoir une approche globale des cinq aspects de la réforme.  Il a jugé que les négociations devraient concourir à une meilleure représentation de l’Afrique, y compris parmi les sièges permanents.

M. EDUARD FESKO (Ukraine) a jugé regrettable qu’année après année, la réforme du Conseil ne fasse pas le moindre progrès: « pendant que la famille des Nations Unies procrastine, les gens meurent parce que le Conseil en l’état actuel est tout simplement incapable de leur venir en aide » a-t-il dénoncé.  Alors que s’approche un nouveau round de négociations, le représentant s’est dit ouvert à toute nouvelle option qui permettrait d’unifier le processus de négociations et de le rendre plus pragmatique.  L’Ukraine considère deux questions essentielles: d’une part, la représentation du Groupe d’Europe orientale, qui implique l’octroi d’un nouveau siège non permanent et de l’autre, la nécessité de reconsidérer le droit de veto qui a été souvent utilisé en contravention évidente avec l’impératif du maintien de la paix et de sécurité internationales.  Au minimum, a insisté le représentant, le veto ne doit pas être autorisé quand il s’agit d’empêcher un génocide ou tout autre crime contre l’humanité, ni quand un membre permanent du Conseil de sécurité est impliqué dans un conflit ou est partie à un conflit.  Le droit de veto devient, dans ce dernier cas, un moyen d’obstruction direct et même une entrave au devoir premier du Conseil.  Ces questions doivent impérativement être considérées lors des discussions et devront être appliquées dans le cadre de la réforme du Conseil, a-t-il insisté.

M. MAGDI AHMED MOFADAL ELNOUR (Soudan) a indiqué que la réforme du Conseil est un élément essentiel et indissociable de la réforme du système des Nations Unies.  La crédibilité et l’image de l’Organisation dans le monde contemporain dépendront de la capacité de le rendre plus représentatif.  Après plus de 25 ans, les négociations n’ont pas avancé et sont loin d’être à la hauteur des attentes.  Il faut que cet exercice soit intégral et global et qu’il couvre, en toute cohérence, les cinq aspects de la réforme.  Le représentant a voulu que le programme de travail du Conseil réponde aux besoins tant des pays développés qu’en développement.  Il faut corriger l’injustice historique faite à l’Afrique et aux pays arabes.  Le Conseil doit aussi renoncer au Règlement intérieur provisoire qu’il a depuis plus de 70 ans, a ajouté le représentant, qui n’a pas manqué d’exprimer sa profonde préoccupation face à l’immixtion du Conseil dans des questions relevant des prérogatives de l’Assemblée générale.  Il a fustigé les fréquents recours au Chapitre VII, alors que les Chapitres VI et VIII sont ignorés.  Il s’est aussi alarmé de l’augmentation du recours aux sanctions, alors qu’elles ne doivent être imposées qu’après épuisement de toutes les voies diplomatiques. 

M. FRANCISCO DUARTE LOPES (Portugal) a estimé que la réforme du Conseil de sécurité devrait passer par un processus inclusif et validé par un large consensus, bien au-delà de la majorité des deux tiers de l’Assemblée générale généralement requise.  Le Portugal privilégie l’augmentation du nombre de sièges permanents et non permanents mais pas la création de nouvelles catégories de membres ni l’extension du droit de veto afin de ne pas compromettre l’efficacité.  Par ailleurs, le Portugal considère que pour être plus représentatif du monde contemporain, le Conseil devrait au minimum faire place au continent africain, à l’Inde et au Brésil.  Une meilleure représentation géographique doit également donner leur chance aux petits pays et aux pays de taille intermédiaire.  Le représentant a conclu en espérant que les négociations intergouvernementales en cours allaient permettre de faire des progrès et de dégager des éléments de consensus.

M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie) a jugé que des questions légitimes se posent quant à la capacité du Conseil de sécurité de s’acquitter de sa mission.  Une réforme lui permettra d’être plus efficace et plus représentatif des régions et de la réalité contemporaine, a estimé le délégué.  Ce n’est qu’en défendant les normes universelles que la paix et la sécurité peuvent être garanties pour chacun, grand ou petit, a-t-il insisté.  Le délégué a ensuite déroulé la vision indonésienne de la réforme, dont l’abolition du droit de veto qui va à l’encontre de la majorité, donc de la démocratie.  Il faut l’interdire dans les cas de crimes contre l’humanité ou crimes de guerre.  Le représentant a ensuite plaidé pour l’octroi de sièges non permanents supplémentaires à l’Asie, à l’Afrique et à l’Amérique latine.  Un rôle plus important doit en effet être accordé aux membres élus du Conseil.  Pour ce qui est du fonctionnement et des méthodes de travail, il a jugé qu’en matière de maintien de la paix notamment, des améliorations sont possibles.  Il a ainsi souligné l’importance du dialogue entre le Conseil et les pays hôtes des opérations, un point qui peut sembler mineur mais qui est en réalité déterminant au succès.  Il a aussi souhaité une meilleure prise en compte des préoccupations des pays fournisseurs de troupes.  Les pays grands et petits doivent avoir leur place au Conseil de sécurité en fonction de leur contribution concrète au maintien de la paix et de la sécurité internationales, a-t-il conclu.

M. DAMIANO BELEFFI (Saint-Marin) s’est associé à la déclaration d’« Unis pour le consensus ».  Il a invité à plus de souplesse pour parvenir au consensus et remédier à la sous-représentation de certains groupes régionaux.  « Nous devons faire preuve d’un esprit de compromis », a-t-il encouragé. 

Pour Mme KATALIN ANNAMÁRIA BOGYAY (Hongrie), réformer le Conseil de sécurité pour l’adapter aux défis du XXIe siècle demeure une priorité car la réforme des Nations Unies ne saurait être complète sans celle de son principal organe exécutif, a-t-elle insisté.  La Hongrie défend en ce sens un agenda ambitieux: il ne faut pas rester enfermé dans le cycle des négociations intergouvernementales mais s’appuyer sur tous les documents importants pour continuer d’avancer, brique par brique.  S’agissant de l’élargissement du Conseil, la Hongrie continue de soutenir celui des deux catégories de membres, permanents et non permanents et estime qu’il est temps d’envisager pratiquement une solution intérimaire, en tenant compte d’une représentation géographique équitable.  Celle-ci passe notamment par un second siège non permanent pour le Groupe Europe de l’Est, a-t-elle plaidé, en reconnaissant les aspirations de tous les autres groupes.  Un élargissement nécessitera un remaniement complet des méthodes de travail du Conseil et imposera de revoir également la coordination et la coopération entre le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale.  Enfin, la représentante s’est dite encouragée par le soutien croissant au Groupe ACT -Groupe Responsabilité, cohérence, transparence- ainsi qu’à la proposition franco-mexicaine visant à renoncer au droit de veto en cas d’atrocités de masse.  Ces initiatives doivent permettre de déboucher sur une solution à long terme, a-t-elle jugé.

M. MOHAMED FATHI AHMED EDREES (Égypte) a déclaré qu’en cette période où les Nations Unies sont le théâtre de réformes pour faire face à des défis nouveaux et contemporains, la réforme du Conseil de sécurité est le fondement même de cette démarche car il est responsable de la paix et la sécurité internationales, et prend des décisions au nom de tous les États Membres.  Comment pourrait-il continuer à le faire si le nombre de ses membres n’a pas augmenté depuis 1965? s’est-il interrogé.  Pourquoi le continent africain est toujours mal représenté?  La question n’est pas nouvelle, a-t-il répondu, en évoquant aussi la question du droit de veto qui continue de poser problème.  Une bonne présence de l’Afrique au Conseil lui permettrait de prendre des décisions sur ses propres questions qui ont d’ailleurs la part du lion dans les travaux du Conseil, avec les questions liées à la région arabe.  Il faut aussi corriger « l’anomalie structurelle » qu’est le droit de veto en l’abolissant, purement et simplement.  C’est là un objectif fondamental de la réforme.  L’augmentation du nombre des membres permanents ne mènera nullement à la réforme structurelle nécessaire et ne fera que creuser les déséquilibres, a tranché le représentant.  Il a voulu un accord qui bénéficie de l’appui du plus grand nombre.  Pour avancer, il faut se focaliser sur l’essentiel et non sur des changements cosmétiques qui cachent mal les problèmes réels. 

À l’approche d’une nouvelle session de négociations intergouvernementales, M. ANDREJS PILDEGOVIČS (Lettonie) a salué les progrès enregistrés au cours des précédentes sessions.  Il a cité le document-cadre de 2015 « qui reflète les positions de plus de la moitié des États Membres de l’ONU », les points de convergences sur plusieurs aspects de la réforme discutés en 2016 et les « Points communs établis » examinés au cours des deux dernières sessions.  Cependant, malgré des appels répétés à un texte de négociation, l’exposé des positions déjà bien connues continue cycle après cycle.  La Lettonie juge important désormais d’avancer sur la base d’un document concret.  Sur le fond, elle estime que toutes les régions doivent être représentées de manière adéquate et équitable et que la question du veto constitue une part importante de la réforme.  Cependant le recours au veto en cas de crimes de masse, « inacceptable », est hors-débat, a estimé le représentant, en prévenant que la capacité des Nations Unies à relever les défis mondiaux est suspendue à la volonté politique de réformer le Conseil de sécurité.

Rappelant que ce processus a été entamé il y a 10 ans, M. RODRIGO A. CARAZO (Costa Rica) a dit voir des points de divergence mais aussi des points de convergence sur lesquels il faut bâtir.  Selon lui, les discussions ont bien progressé durant la dernière session de négociations intergouvernementales.  Il s’est rangé derrière la position d’« Unis pour le consensus » car ce que le Costa Rica vise, c’est un Conseil de sécurité au sein duquel tous les États se sentiront correctement représentés.  Il s’est dit convaincu que c’est par un dialogue ouvert et honnête que l’on pourra avancer.  Seule la quête du consensus permettra de consolider le processus de négociations.  « Nous avons ici l’essence même du multilatéralisme, a-t-il conclu.  Il faut assumer nos responsabilités pour redynamiser le Conseil de sécurité. »

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) a réaffirmé l’importance d’entamer les négociations sur la base d’un texte pour parvenir à une issue heureuse.  Il a salué l’ouverture et la volonté d’engager un dialogue franc et interactif.  La dernière session des négociations intergouvernementales, a-t-il estimé, a permis de parvenir à un document qui pourra servir de base de discussion l’an prochain.  Pour le représentant, il est important de reconnaître l’importance de ce document qui énumère les différentes positions à prendre en compte.  Il incombe désormais à chaque État Membre de préserver les acquis des précédentes sessions et de capitaliser dessus.  Le Bangladesh continue pour sa part de soutenir un élargissement des catégories permanente et non permanente et estime qu’il faudrait idéalement parvenir à un Conseil à 26, garantissant la représentation équitable des blocs régionaux.  Le représentant s’est à son tour opposé à l’exercice du droit de veto pour les crimes les plus graves au regard du droit international.

Mme ANNE GUEGUEN (France) a déclaré sans ambages « soyons lucides: année après année, nous reprenons les mêmes discussions sur la réforme du Conseil de sécurité sans ouvrir de réelles négociations », en dépit des efforts réels des coprésidents, dans un contexte particulièrement difficile, aboutissant à l’adoption de documents utiles.  Elle a cité en particulier l’élaboration, à la soixante-neuvième session de l’Assemblée, d’un document-cadre susceptible, selon elle, de préfigurer une négociation globale, les éléments de convergence et enfin les Points communs établis.  Mme Gueguen a jugé que ces développements ne doivent pas masquer « notre incapacité collective » à faire avancer ce dossier essentiel pour l’Organisation et pour faire advenir le multilatéralisme renforcé « exigeant et en mouvement que nous appelons de nos vœux », un multilatéralisme capable de répondre aux défis globaux de notre temps.  Soulignant l’urgence, elle a indiqué que la question de la réforme du Conseil est aujourd’hui aussi pressante qu’elle l’était lors du Sommet mondial de 2005, au cours duquel a été adopté un document final appelant à réformer cet organe pour le rendre plus représentatif et légitime.

Devant la faiblesse des progrès accomplis depuis lors, l’impatience et la lassitude des États et des peuples sont de plus en plus fortes et compréhensibles, a-t-elle averti, redisant encore avec force que c’est à l’Assemblée de prendre ses responsabilités et de mener une négociation sincère et complète.  Elle a aussi affirmé que cette réforme était fondamentale et que le Conseil de sécurité devait davantage refléter les réalités du monde d’aujourd’hui tout en renforçant sa capacité à assumer pleinement ses responsabilités en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Elle a aussi considéré qu’il est nécessaire de débuter, dès que possible, la négociation d’un texte, et souhaité que le Conseil tienne compte de l’émergence de nouvelles puissances qui ont la volonté et la capacité d’assumer la responsabilité d’une présence permanente au Conseil et en mesure d’apporter une contribution importante à son action.  Elle a ainsi apporté son appui à la candidature de l’Allemagne, du Brésil, de l’Inde et du Japon comme membres permanents ainsi qu’à une présence renforcée des pays africains parmi les membres permanents et non permanents.  Elle a en outre signalé que la proposition de la France visant à ce que les membres permanents suspendent volontairement et collectivement l’usage du veto en cas d’atrocités de masse est appuyé par 101 pays alors que le Code de conduite élaboré par le Groupe ACT a également recueilli un très grand nombre de soutiens.  Ces initiatives sur l’encadrement du droit de veto, qui vont dans le sens d’un Conseil plus juste et plus responsable, sont complémentaires à la réforme globale du Conseil, a-t-elle conclu.

M CARMELO INGUANEZ (Malte) a estimé que la réforme du Conseil de sécurité doit le rendre plus adapté à son époque, en particulier au moment où le multilatéralisme et l’ordre international sont sous le feu des critiques.  Le multilatéralisme est affaibli lorsque sa principale enceinte, l’Organisation des Nations Unies, est elle-même déficiente, a-t-il estimé.  Le véritable multilatéralisme doit se fonder sur un partage équitable et non discriminatoire du pouvoir entre tous les acteurs, chaque État disposant du même poids et du même pouvoir.  Il ne suffit pas d’augmenter le nombre de ceux « qui ont » pour les distinguer de ceux « qui n’ont pas ».  Bien au contraire, la réforme doit permettre de réduire le fossé qui sépare ces deux catégories et s’il est difficile de faire admettre à ceux « qui ont » qu’il faut avoir moins, il est davantage difficile de donner plus de droits à ceux qui n’ont rien, comme tente de le faire depuis des années le Groupe « Unis pour le consensus », qui a proposé un modèle dans lequel les aspirations et les intérêts de chacun sont présentés selon un scénario réaliste et pragmatique qui rectifie les déséquilibres et les injustices du passé.  Ce scénario vise, en particulier, à contrebalancer le poids des cinq membres permanents du Conseil par rapport aux membres élus.  Mais, a reconnu le représentant, il faudra encore du temps pour aboutir au résultat escompté.

M. OMAR HILALE (Maroc) a déclaré que la réforme du Conseil fait partie intégrante du chantier de la réforme de l’ONU, qui s’inscrit dans la volonté d’en faire une organisation en phase avec les mutations mondiales et les réalités de notre époque.  Il a jugé que le cadre défini par la décision 62/557 de l’Assemblée générale demeure idoine pour faire avancer les discussions et engager les États dans de véritables négociations.  Cette réforme devrait donner lieu à un Conseil plus représentatif mais pas au détriment de son efficacité, de son efficience et de sa responsabilité.  M. Hilale s’est dit d’avis que tout apport de l’Assemblée générale dans les questions de paix et de sécurité ne pourra être conçu que s’il est conforme aux mandats respectifs de ces deux organes et au plein respect de l’Article 1.2 de la Charte.  Il a fait remarquer d’un autre côté que l’Afrique est la seule région non représentée dans la catégorie des membres permanents, et appelé à rectifier cette injustice historique.  Il a ensuite appuyé l’octroi au Groupe arabe d’un siège permanent avec toutes les prérogatives, ainsi qu’une représentation adéquate dans la catégorie des membres non permanents.

Après avoir relevé que les discussions du jour ressemblent étrangement à celles de l’an dernier et des années précédentes, M. Mathias Licharz (Allemagne) a souscrit à la déclaration du G4.  Il s’est dit d’accord avec tous ceux qui souhaitent un consensus le plus large possible, mais à l’Assemblée générale, a-t-il ajouté, il est difficile de dégager un consensus lorsque l’on ne négocie pas.  Si nous ne réussissons pas à réformer le Conseil de sécurité, a prévenu le délégué, nous le condamnerons à perdre une crédibilité déjà mise à mal et à subir la concurrence des autres organes.  Nous ne pouvons pas le laisser dans une « camisole de force » héritée de la guerre froide, a asséné le délégué.  Nous avons besoin des Nations Unies « fortes et légitimes », a-t-il souligné, appelant à agir pour préserver un ordre qui permette de contrer l’unilatéralisme.  Il faut aller de l’avant et ne pas perdre ce temps précieux alors qu’il s’agit de préserver les Nations Unies.

M. VICTOR MURARU (Moldova) a aussi mis l’accent sur la convergence grandissante autour de quelques éléments importants, mais a relevé une différence d’opinions sur la manière dont les négociations devraient être conduites et sur quel texte.  La réforme doit aller plus loin que l’élargissement des catégories.  Elle doit viser le renforcement de l’efficacité, de la responsabilité, l’inclusivité et de la transparence du Conseil.  Le veto ou la menace d’y recourir est l’un des principaux obstacles à une performance efficace du Conseil, indépendamment de sa configuration, a-t-il estimé le représentant.  En règle générale, a-t-il confié, nous voyons la réforme comme la possibilité de minimiser l’exercice du droit de veto et non de l’élargir, au risque de saper l’efficacité du Conseil.  Les méthodes de travail de ce dernier et ses relations avec l’Assemblée générale sont très importantes car elles déterminent la dynamique quotidienne du système.  Le représentant a exhorté les cinq membres permanents à plus de souplesse car ils jouissent de la plupart des prérogatives et des pouvoirs non seulement au sein du Conseil mais aussi dans le système de l’ONU tout entier. 

M. LAZARUS AMAYO (Kenya) a rappelé que la Position commune africaine illustre l’objectif du continent de se voir pleinement représenté au Conseil de sécurité, par des membres permanents et non permanents choisis par ses soins, et selon un élargissement portant le Conseil à 26 membres au minimum.  De son point de vue, les nouveaux membres devront par principe avoir les mêmes responsabilités et les mêmes obligations que les membres actuels.  Le représentant s’est dit convaincu que les cinq points à l’examen des négociations intergouvernementales sont interdépendants.  Aussi, seule la volonté politique des États permettra de rapprocher les points de vue.  Il a d’ailleurs jugé que la position commune africaine offre une solide base de départ.

M. KARMA SONAM TSHOSAR (Bhoutan) s’est associé à la déclaration du Groupe L.69 et s’est dit « lassé » de parler de la réforme du Conseil depuis 25 ans sans arriver à rapprocher les points de vue sur l’essentiel.  La majorité des États s’évertuent à appeler au renforcement du multilatéralisme mais la réforme du Conseil est précisément l’une des plus importantes dans ce cadre, a souligné le représentant.  Il a réitéré sa position sur la représentation équitable des régions non ou sous représentées.  La composition du Conseil doit refléter de façon équilibrée les pays développés et les pays en développement, y compris les petits États.  Or, les nombreuses années de délibérations n’aboutissent à rien.  Pourquoi?  À cause de l’absence d’un texte de négociation, a-t-il répondu. 

M. KENNEDY MAYONG ONON (Malaisie) a rappelé la position de son pays en faveur de l’élargissement des catégories permanente et non permanente.  Il s’est aussi prononcé pour l’abolition du droit de veto dans sa forme actuelle et a considéré qu’il devrait, pour être recevable, être exercé par deux membres permanents, soutenus par trois non permanents.  Ce droit doit à tout prix être « encadré » en cas d’atrocités de masse.  À ce stade, a estimé le représentant, il nous faut un document de travail reprenant toutes les propositions avancées, de façon à identifier les points de convergence de la manière la plus inclusive et la plus transparente possible.  Entamons la prochaine session de négociations avec l’intention d’aller de l’avant, a plaidé le représentant.

M. ESHAGH AL HABIB (République islamique d’Iran) s’est énervé à l’idée qu’après 30 années de délibérations, le seul résultat soit des progrès limités sur les méthodes de travail du Conseil.  Le processus est certes complexe et délicat mais cela ne justifie en aucun cas sa prolongation, a-t-il estimé, renvoyant à la désaffection croissante à l’égard du Conseil et à l’érosion de sa crédibilité qui devraient obliger les États à prendre leur responsabilité au sérieux et à faire preuve de la volonté politique, de la souplesse et de l’esprit de compromis nécessaires.  La composition du Conseil ne correspond pas aux réalités actuelles et cette déficience devrait être corrigée par une meilleure représentation des pays en développement et la poursuite des discussions sur le droit de veto.  Le représentant a également noté qu’au cours des décennies écoulées, le Conseil a de plus en plus eu recours au Chapitre VII de la Charte et bien souvent de manière excessive et expéditive, comme s’il n’y avait pas d’autres dispositions dans la Charte.  À titre d’exemple, il a cité le recours aux sanctions dans des situations où elles n’étaient pas forcément nécessaires, ce qui a eu pour conséquence une violation grave des droits souverains des États et des droits de l’homme.  Cette tendance continue d’ailleurs à être un défi pour la légitimité du Conseil qui, par ailleurs, s’empare de questions relevant des prérogatives des autres organes de l’ONU.  Le Conseil est devenu un élément parmi d’autres de la « boîte à outils » de ses membres permanents, a taclé le représentant.   

Mme GERALDINE BYRNE NASON (Irlande) a jugé que l’absence de progrès réels sur la réforme du Conseil de sécurité n’est pas une excuse pour ne rien faire, bien au contraire, puisque le Conseil ne représente plus la composition actuelle des Nations Unies.  Plus cette situation perdurera, plus sa légitimité sera menacée, a prévenu la représentante, qui a dénoncé la sous-représentation « injuste » de l’Afrique.  Lors de notre mandat au Conseil de sécurité en 2001 et en 2002, s’est-elle souvenue, les pays africains n’étaient même pas présents lorsque l’on examinait que les questions de paix et de sécurité de leur continent.  Le multilatéralisme doit fournir des garanties égales aux grands comme aux petits pays.

La réforme devrait aussi rendre le Conseil plus comptable de ses actes, plus démocratique et plus transparent.  Les membres élus devraient y jouer leur rôle, y compris dans l’élaboration des résolutions.  Comme d’autres, la représentante s’est dit en faveur d’une plus grande interaction entre le Conseil et l’Assemblée générale et souligné que le veto est une responsabilité, pas un droit.  Comme on en a abusé, nous sommes pour son abolition, a-t-elle rappelé, en appuyant l’initiative franco-mexicaine et celle du Groupe ACT.

L’Irlande, a-t-elle conclu, souhaite un résultat concret découlant de la négociation d’un texte.  Même si la création de nouveaux sièges permanents n’a jamais été notre modèle favori, nous sommes prêts à le soutenir s’il y a suffisamment d’appui, a affirmé la représentante car pour elle, la souplesse, c’est prendre l’engagement de revoir la structure du Conseil au bout d’un certain temps.  Rappelant que son pays est candidat au Conseil de sécurité pour 2021-2022, elle a souligné que « le Conseil a entre ses mains le sort du système multilatéral ».

M. FERNANDO VALENZUELA (Espagne) a également déclaré que la donne mondiale est bien différente de celle qui prévalait à la création de l’ONU.  La nouvelle donne, ce sont les changements climatiques, un développement durable plus équitable et d’autres questions mondiales déterminantes.  Un Conseil, plus légitime et plus représentatif, doit être prêt à s’attaquer aux défis du XXIe siècle.  Il faut donc un consensus aussi fort que lors de sa création, a dit le représentant qui a attiré l’attention sur la proposition d’« Unis pour le consensus », laquelle s’inscrit dans le panorama plus large de l’affermissement du multilatéralisme. 

Nous avons été témoins, à de nombreuses reprises, lorsque certains membres du Conseil de sécurité ont utilisé ou menacé d’utiliser leur droit de veto de la paralysie du Conseil face à des situations qui exigeaient pourtant une action immédiate, a regretté M. GERT AUVÄÄRT (Estonie).  Les membres permanents devraient s’engager collectivement et de manière volontaire à renoncer au droit de veto dans les cas d’atrocités de masse.  Membre du Groupe ACT, l’Estonie soutient aussi le code de conduite et est naturellement favorable à l’initiative franco-mexicaine.  Ces deux initiatives sont complémentaires et partagent un objectif commun, a noté le représentant.  Il a ensuite appuyé les revendications de l’Afrique mais aussi l’inclusion dans l’ordre du jour du Conseil de questions telles que les changements climatiques et la cybersécurité parce que la notion de paix et de sécurité est en train de s’élargir, en soulevant de nouveaux défis.  Il a également plaidé pour plus de transparence, de cohérence et de responsabilité dans le travail du Conseil de sécurité et pour plus de communication entre ce dernier et l’Assemblée générale.  Le Conseil de sécurité doit être tenu responsable de ses actes devant tous les États, a insisté le représentant qui a aussi souhaité que l’on règle la question du Règlement intérieur provisoire.

M. RAYMOND SERGE BALÉ (République du Congo) a tranché d’emblée: « la représentation au sein du Conseil de sécurité n’est pas équitable.  Il faut donc établir cet équilibre » pour que le Conseil devienne représentatif des 193 États Membres que compte l’ONU de nos jours.  Le débat sur la réforme de l’organe le plus puissant de l’ONU a fini pas consumer l’énergie de plus d’une génération de diplomates, s’est lamenté le représentant.  Les Nations Unies n’ont pas vocation à se figer dans le passé: ses obligations s’accroissent aussi bien que sa taille.  Sa Charte doit être changée ainsi que ses pratiques.  Pour le représentant, la représentation géographique de l’Afrique au sein du Conseil est une question de justice, d’équité et d’équilibre régional.  L’option d’une augmentation dans les deux catégories est celle qui reflète le mieux l’équité, la représentativité et l’équilibre régional. 

Le représentant s’est dit conscient que la question du droit de veto, liée au statut de membre permanent, constitue encore un des plus grands défis des négociations intergouvernementales.  Mais accepter que l’Afrique obtienne des sièges permanents sans obtenir le droit de veto ne serait, à ses yeux, rien d’autre que continuer à manifester de l’injustice envers elle.  Ainsi, le Congo est d’avis que le privilège de veto doit être étendu à tous les États qui seront désignés comme membres permanents.  Il ne saurait en être autrement, à moins de convenir de son abolition pure et simple, a-t-il tranché, s’alignant sur la Position commune africaine déclinée dans le consensus d’Ezulwini.

M. JONATHAN GUY ALLEN (Royaume-Uni) a constaté qu’il y a un appétit grandissant pour la réforme du Conseil de sécurité et y a vu une excellente raison: le monde a changé, mais la composition du Conseil n’a pas répondu à ce changement.  Or, il est normal que le principal organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales représente le monde qu’il est censé protéger.  Pour nous, a dit le représentant, la priorité est de mettre en œuvre les dispositions de la Note 507 pour veiller à ce que le Conseil travaille de manière plus efficace, plus inclusive et plus transparente et qu’il se focalise sur les menaces actuelles et pas sur celles d’hier.  Ne sacrifions pas l’efficacité de la prise de décisions sur l’autel d’un Conseil trop grand, au risque de compromettre sa capacité à répondre rapidement aux menaces, a mis en garde le représentant.  Compte tenu de l’ampleur des défis à relever, c’est un risque que nous ne pouvons pas prendre, a-t-il insisté.  Dans le même esprit, nous ne pouvons pas accepter que la question du veto ralentisse l’élargissement du Conseil de sécurité.  Rappelant fièrement que le Royaume-Uni n’a pas exercé son veto depuis 1989, le représentant a souligné que son pays est aussi signataire du code de conduite du Groupe ACT.  Il a d’ailleurs déploré que trop souvent le veto ne soit brandi que pour défendre des intérêts étroits au détriment de la réputation du Conseil et de sa responsabilité envers ceux qui ont besoin de son aide.  Pour toutes ces raisons, le Royaume-Uni considère qu’un élargissement « modeste » des deux catégories serait la bonne approche.  Il a donc appelé tous les États à travailler ensemble avec souplesse et créativité pour trouver des aires de convergence et progresser.

M. MODEST JONATHAN MERO (Tanzanie) s’est aussi inquiété de la lenteur du processus, déclarant que l’Afrique, qui continue à être sous représentée au Conseil, en est la victime.  Pourtant, nous participons aux médiations et aux opérations de maintien de la paix.  En effet, la Tanzanie et les autres pays africains ne comptent plus les soldats de la paix qu’ils ont perdus pour l’ONU.  Le représentant a insisté sur la Position commune africaine commune dite consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte.  Il a considéré que les « Points communs établis » ne reflètent pas correctement la Position commune africaine. 

Mme MARĺA ANTONIETA SOCORRO JÁQUEZ HUACUJA (Mexique) a souscrit à l’intervention d’« Unis pour le consensus ». Elle a en effet jugé que l’augmentation du nombre de membres non permanents est le seul moyen d’arriver à un Conseil équitable et démocratique, pour autant que l’on tienne compte de la répartition régionale.  La représentante s’est aussi attardée sur les méthodes de travail du Conseil, en fustigeant son « opacité » et son manque d’efficacité face à certaines situations.  Si la transparence s’est améliorée ces dernières années, c’est surtout le fait des pays non membres du Conseil, a-t-elle estimé.  La représentante s’est en effet vantée de l’initiative franco-mexicaine et a réclamé une relation entre le Conseil et l’Assemblée générale fondée sur la responsabilité et la transparence.  Le Groupe « Unis pour le consensus » a élaboré de bonne foi des propositions.  Il n’écarte personne, donne la possibilité à toutes les régions d’être représentées et vise à répondre aux désirs de certains États d’avoir plus de responsabilités au Conseil de sécurité, a conclu la représentante.

M. CHO TAE-YUL (République de Corée) s’est associé à la déclaration du Groupe « Unis pour le consensus » et a voulu un Conseil transformé en une entité plus équitable, plus représentative et plus efficace pour être en phase avec les défis actuels.  Les gens dans les rues de Palestine et des quartiers de Syrie exigent une réforme du Conseil de sécurité et nous leur devons, à eux et aux générations futures, de les épargner du fléau de la guerre, a-t-il déclaré.  Après avoir passé en revue les différentes propositions d’élargissement du Conseil, il a rappelé que personne n’est dupe et que tous les États ont un mandat très clair de respecter les cinq principes de base imposés par les chefs d’État au Sommet de 2005.  Il a défendu les efforts et la proposition d’« Unis pour le consensus ». 

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