L’Assemblée générale proclame la période 2019-2028 « Décennie Nelson Mandela pour la paix »

AG/12060
24 septembre 2018
Soixante-treizième session, 4e & 5e séances plénières – matin & après-midi

L’Assemblée générale proclame la période 2019-2028 « Décennie Nelson Mandela pour la paix »

L’Assemblée générale a adopté ce matin, à l’unanimité et sous les applaudissements, une déclaration* politique proclamant la période 2019-2028 « Décennie Nelson Mandela pour la paix ».  Cette adoption fut le point d’orgue du Sommet pour la paix, organisé aujourd’hui en son nom.  Le parcours unique du leader sud-africain, disparu en 2013, a inspiré les déclarations à la tribune de près d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement.  Nelson Mandela fut « l’un des grands leaders de notre temps, qui nous a enseigné qu’il est possible de pardonner », a résumé la Présidente de l’Assemblée générale, Mme María Fernanda Espinosa-Garcés, à l’ouverture de la séance.

La Déclaration politique adoptée au Sommet de la paix Nelson Mandela exhorte tous les États Membres, pendant les 10 prochaines années, à « redoubler d’efforts en faveur de la paix et de la sécurité internationales, du développement et des droits de l’homme ».  « Résolus à passer des paroles aux actes », les chefs d’État et de gouvernement s’engagent ainsi à « bâtir un monde juste, pacifique, prospère, ouvert à tous et équitable, et à raviver les valeurs défendues par Nelson Mandela », en plaçant la dignité humaine au centre de leurs actions.

Nelson Mandela, « fondateur de notre démocratie », a rappelé M. Cyril Ramaphosa, Président de l’Afrique du Sud, laisse un héritage en forme d’antidotes aux blocages diplomatiques d’aujourd’hui.  Selon sa veuve et personnalité éminente, Mme Graça Machel, Nelson Mandela croyait fermement qu’il n’y a rien de plus sacré que la protection des droits de tous les êtres humains, contrairement à « la préservation de l’ego, la politique partisane, et les considérations géopolitiques ».

Voyant en Mandela « l’un des plus grands dirigeants de l’histoire », le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, a rappelé qu’en sa qualité de sage respecté, l’ancien Président de l’Afrique du Sud a chéri « l’idéal d’une société démocratique et libre, une cause primordiale pour laquelle il était prêt à lutter, et mourir ».  M. Guterres a évoqué « la fierté » ressentie par l’Organisation pour avoir joué un rôle de levier, de soutien et de relais dans la lutte des Sud-Africains pour la fin de l’apartheid.  Pour le Secrétaire général, cette époque est un des succès phares de l’ONU.

Mais en ces temps de repli sur soi, « que nous aurait-il dit? » s’est interrogé le Président de la Commission de l’Union africaine, M. Moussa Faki Mahamat.  « Pas de résoudre nos conflits par le feu, le sang et la haine.  Mais de redoubler d’efforts.  D’oser lutter, d’oser vaincre. »

La journée fut lourde de sens pour de nombreux dirigeants: « rendre hommage à Nelson Mandela aujourd’hui n’est pas un devoir de routine mais un devoir de cœur, un devoir d’humilité », a dit le Président du Mali, M. Ibrahim Boubacar Keïta.  Beaucoup ont décelé dans la vie de « Madiba », comme il a été affectueusement surnommé à de nombreuses reprises, un parallèle avec le destin de leur propre pays.  Le Premier Ministre irlandais, M. Leo Varadkar, a comparé la fin des troubles en Irlande du Nord avec celle de l’apartheid en Afrique du Sud.  « Grâce à ses mots et ses actes, Mandela a montré que la paix ne se faisait pas avec ses amis, mais avec ses ennemis », et que l’on pouvait libérer d’un même geste prisonniers et geôliers.

« Même si les plaies étaient encore béantes, Mandela avait compris qu’elles pouvaient être utilisées pour un avenir durable », a analysé pour sa part le Chef de l’État rwandais M. Paul Kagame.  « Mandela a fait ce qui était juste, même lorsque c’était impopulaire.  Au Rwanda, notre histoire tragique nous a appris l’humilité et la réconciliation pour le bien de l’État. »

Nelson Mandela a laissé une empreinte indélébile, il a consacré sa vie à lutter pour le peuple africain et son développement, a renchéri le Président du Ghana, M. Nana Addo Dankwa Akufo-Addo.  « Un engagement qui lui a valu 27 ans d’emprisonnement, mais aussi une place dans le panthéon des dirigeants africains » pour avoir été l’homme qui a su garder son calme et inviter ses ennemis à la table des négociations.

D’un ton urgent, le Secrétaire général d’Amnesty International M. Kumi Naidoo, représentant la société civile, a exhorté les États Membres à mettre fin aux tragédies actuelles en s’inspirant de Nelson Mandela.  « Alors que l’esprit de Madiba est parmi nous, ne vous adaptez pas au génocide dont sont victimes les Rohingya; ne vous adaptez pas aux Palestiniens de Gaza vivant sous un blocus implacable, à la domination sur les peuples autochtones, aux conflits en Syrie et en Afghanistan, à la marginalisation des handicapés, des jeunes et des enfants », a-t-il martelé.

Le Ministre des affaires étrangères de l’Arabie saoudite, M. Adel Ahmed Al-Jubeir, qui s’exprimait au nom du Groupe arabe, a salué en Nelson Mandela « le premier défenseur des causes arabes ».  De son côté, le Ministre des affaires étrangères de Singapour, M. Vivian Balakrishnan, au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a assuré que le message de Nelson Mandela continuait de résonner dans cette région du monde. 

Si les chefs d’État de tous les continents ont déclaré prendre Nelson Mandela pour modèle, l’un d’eux, M. Maithripala Sirisena, Président de Sri Lanka, a toutefois regretté qu’il n’existe plus de leaders d’une telle trempe dans le monde actuel.

Pour finir d’entendre la soixantaine d’intervenants qui n’ont pas eu le temps de s’exprimer aujourd’hui, l’Assemblée générale consacrera une deuxième journée a ce sommet le mardi 2 octobre.

*A/73/L.1

RÉUNION PLÉNIÈRE DE HAUT NIVEAU « SOMMET DE LA PAIX NELSON MANDELA »

Déclarations

La Présidente de l’Assemblée générale, Mme MARÍA FERNANDA ESPINOSA-GARCÉS, s’est dite honorée de célébrer la mémoire de Nelson Mandela, « l’un des grands leaders de notre temps qui nous a enseigné qu’il est possible de pardonner ».  « Cinq ans après sa mort, l’héritage de Nelson Mandela est plus vivant que jamais », a déclaré la Présidente, ajoutant qu’il a toujours été guidé par les principes de la Charte des Nations Unies.  Pour elle, Nelson Mandela incarnait les valeurs de paix, de solidarité, de coopération et de respect de tous les êtres humains, sans distinction de race ou de religion.  L’amour de Madiba pour l’Afrique du Sud « brillait dans ses yeux », et il se refusait à accepter les injustices de son temps, a-t-elle relevé, ajoutant qu’il représentait une « lueur d’espoir » dans un monde déchiré par les conflits et la souffrance. 

Après avoir évoqué les menaces à la paix et la sécurité internationales, elle a déclaré qu’il incombe à chacun de nous de résoudre ces problèmes ensemble.  Nous vivons à une époque où les principes de la Charte des Nations Unies et du multilatéralisme sont remis en cause, a-t-elle déploré.  « Nous éloigner du multilatéralisme revient à mettre en péril l’avenir de notre espèce et de notre planète », a prévenu Mme Espinosa-Garcés, notant que l’Assemblée générale représente l’espace le plus représentatif et légitime dont nous disposons pour assurer la poursuite du dialogue et la réconciliation.  La Déclaration politique que nous adopterons aujourd’hui démontre le rôle central joué par l’Assemblée dans la réalisation d’accords mondiaux sur la paix et la sécurité internationales, a estimé la Présidente.  La Déclaration de paix Nelson Mandela réaffirme l’engagement des États Membres à respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’indépendance et le droit des peuples à l’autodétermination. 

Voyant en Nelson Mandela « l’un des plus grands dirigeants de l’histoire », M. ANTÓNIO GUTERRES, Secrétaire général de l’ONU, a rappelé qu’en sa qualité de sage respecté, l’ancien Président de l’Afrique du Sud a chéri « l’idéal d’une société démocratique et libre, une cause primordiale pour laquelle il était prêt à lutter, et mourir ».

Rappelant que Nelson Mandela était devenu le point de ralliement d’un mouvement planétaire qui a conduit à la fin de l’apartheid, le Secrétaire général a, dans le même temps, mis en avant le rôle des Nations Unies dans le processus d’accès à la démocratie pour l’Afrique du Sud, et « la fierté » ressentie par l’Organisation pour avoir joué un rôle de levier, de soutien et de relais dans la lutte des Sud-Africains pour la fin de l’apartheid.  Pour le Secrétaire général, cette époque est un des succès phares de l’ONU.

« Nous devrions nous laisser inspirer par cet homme exemplaire et hors du commun, sa sagesse et son courage », a ajouté M. Guterres, qui a mis en parallèle l’esprit de grands textes fondateurs du droit international comme la Charte des Nations Unies, ou encore la Déclaration universelle des droits de l’homme, et l’apport du grand homme à l’histoire et l’espoir qu’il inspire encore pour bâtir une civilisation « de paix, de prospérité, et développement durable inclusif ».

Pour M. MOUSSA FAKI MAHAMAT, Président de la Commission de l’Union africaine, « la vie, le combat, l’œuvre et le symbole de Nelson Mandela dépassent notre imagination ».  Il a été « l’incarnation de la plénitude et de l’épanouissement », a-t-il rappelé, « jetant ses lumières dans cette salle et dans tous les recoins de la planète pour la paix et l’égalité entre les hommes ».  En souvenir, les chefs des États membres de l’Union africaine ont désigné la décennie 2014-2024 « Décennie Mandela » sur le continent. 

L’Assemblée générale des Nations Unies, en 2017, avait convoqué une réunion plénière de haut niveau pour marquer le centenaire de la naissance de Nelson Mandela, a rappelé le Président.  Mandela, un « géant grandi dans les souffrances, l’épreuve et l’adversité », a consacré sa sagesse, son courage, sa pensée, son éthique, son humanisme et toute sa foi à la liberté de l’homme.  « De l’homme noir », a-t-il souligné, mais plus généralement « de l’Homme en ce qu’il se confond avec l’histoire et en ce que l’histoire se confond avec lui ».

M. Mahamat s’est aussi déclaré fier d’avoir Nelson Mandela comme « symbole suprême de l’homme africain ».  En ces temps de repli sur soi, « que nous aurait-t-il dit? » s’est-il interrogé face à l’Assemblée générale.  « Pas de résoudre nos conflits par le feu, le sang et la haine.  Mais de redoubler d’efforts.  D’oser lutter, d’oser vaincre. »

M. CYRIL RAMAPHOSA, Président de l’Afrique du Sud, a salué la tenue de ce sommet de la paix en l’honneur du « fondateur de notre démocratie ».  La signature de la Charte des Nations Unies, il y a 70 ans, est intervenue dans un monde bien différent de celui que nous connaissons aujourd’hui, a-t-il déclaré.  Nelson Mandela allait représenter les espoirs de millions de Sud-Africains victimes de l’exclusion en raison de la couleur de leur peau.  Il a évoqué les nombreux troubles qui ont affecté notre monde, notamment le génocide au Rwanda et le massacre de Srebrenica.  Des menaces continuent de peser sur la paix et la sécurité internationales, a déploré le Président, évoquant les conflits au Sahara Occidental et en Palestine, le nombre croissant de réfugiés et le terrorisme, autant de défis auxquels doit faire face l’humanité. 

L’ONU ne peut pas reposer que sur les seuls intérêts politiques des États, a prévenu M. Cyril Ramaphosa, notant que l’Organisation ne peut faire face à ces problèmes que si les dirigeants politiques sont à la hauteur.  Nous devons prendre les mesures qui s’imposent pour faire cesser les guerres qui continuent de faire des victimes, a plaidé le Président.  Les femmes ont un rôle particulier à jouer dans la transition politique et les négociations de paix, a-t-il relevé, ajoutant qu’elles doivent être au premier rang lorsqu’il s’agit de paix et de sécurité.  M. Ramaphosa a rappelé que son pays est sur le point de ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  « Pourquoi les nations ont-elles besoin d’armes de destruction massive? » s’est demandé Nelson Mandela lors de sa dernière allocution devant l’Assemblée générale.  C’est là une question qui demeure sans réponse, a conclu M. Ramaphosa.

M. LEO VARADKAR, Premier Ministre de l’Irlande, a insisté sur l’héritage immense laissé par Nelson Mandela, un homme que l’Irlande a soutenu sans relâche dans sa lutte.  « Dans les combats et les triomphes d’un seul individu, nous reconnaissons les difficultés de toute l’humanité pour accéder à la liberté, peu importe sa race, sa couleur ou sa religion, et où l’impossible peut devenir réalité. »

M. Varadkar a dressé des parallèles entre l’histoire tourmentée de l’Afrique du Sud et les décennies de violence dont l’Irlande a été le théâtre, entre la fin de l’apartheid et l’issue positive concrétisée par le processus de paix en Irlande du Nord.  Ce dernier a pu aboutir « grâce à l’aide du monde entier y compris ici, aux Nations Unies », a-t-il pointé.

Grâce à ses mots et ses actes, « Mandela a montré que la paix ne se faisait pas avec ses amis mais avec ses ennemis », qu’il fallait ouvrir ses bras au pardon, et que l’on pouvait libérer les prisonniers et les geôliers « d’un même geste ».  Le Premier Ministre s’est rappelé quand, petit garçon, il avait regardé Nelson Mandela à la télévision, à l’occasion d’une invitation par le Parlement irlandais.  « Ses mots ont été source d’inspiration, notamment quand il a rendu hommage à ceux qui se battaient pour la liberté. »

« Son héritage international, a-t-il assuré, son message, continueront de vivre et d’être entendus pour l’éternité. »  M. Varadkar a estimé qu’il faudrait donner aux opprimés du monde entier une voix, dans le double cadre du multilatéralisme et de la liberté de l’individu.  « Il nous faut donner aux jeunes davantage de pouvoir », a-t-il conclu.

Mme GRAÇA MACHEL, personnalité éminente, veuve de Nelson Mandela, s’est exprimée en tant que militante des droits de l’homme et citoyenne engagée du monde.  Célébrer la vie de Nelson Mandela et sa contribution au monde a deux facettes: s’inspirer de ses valeurs et imiter son engagement pour la liberté, l’égalité, la justice et la dignité pour tous.  Dans le même esprit, Mme Machel a invoqué l’héritage de Kofi Annan, sa fortitude morale et son engagement pour la justice.  Nelson Mandela, a-t-elle souligné, croyait fermement qu’il n’y a rien de plus sacré que la protection des droits de tous les êtres humains; contrairement à « la préservation de l’ego, la politique partisane, et les considérations géopolitiques ». 

Préoccupée par les conflits qui ravagent le monde, notamment au Yémen, en Palestine, au Soudan du Sud, en République centrafricaine et au Myanmar, et les milliers de morts dont des enfants, des femmes, des familles entières, Mme Machel a déclaré « trop c’est trop »!  Pour elle, le sens de la célébration de Madiba est de mettre fin d’urgence à cette violence insensée.  « Je vous encourage à vous demander et à défaire ce qui alimente ces conflits. »  « Vous avez la capacité d’arrêter la mort et la destruction dont nous sommes témoins chaque jour », a jugé l’intervenante, avant d’avertir que « l’histoire vous jugera si vous restez trop longtemps dans l’inaction ».

En juillet dernier, a-t-elle indiqué, Mme Machel a lancé avec le Président de l’Afrique du Sud, M. Cyril Ramaphosa, une nouvelle initiative de la société civile baptisée « Paix Mondiale », dans la poursuite de l’expérience « ACCORD », qui devrait contribuer au développement et la stabilité des nations, tout en renforçant le multilatéralisme.  Au nom des « Sages » qui ont préparé la célébration du centenaire de la naissance de Nelson Mandela, Mme Machel a évoqué les « étincelles d’espoir » qu’ils ont recueillies dans un ouvrage consacré à 100 idées promues par 100 organisations de la société civile pour un monde plus libre et plus équitable.  « Je vous mets au défi avec les mots de Mandela: créer un monde meilleur pour tous est entre vos mains », a lancé Mme Machel.

M. KUMI NAIDOO, Secrétaire général d’Amnesty International, en tant que représentant de la société civile, a estimé qu’aucun progrès n’est possible sans la volonté politique, le sentiment d’urgence et le courage nécessaires pour résoudre les conflits et mettre fin aux injustices.  Il s’est inquiété du sort des personnes aux prises avec les conflits, l’exclusion et les crises multiples aux quatre coins du monde.  Des milliers de militants et de défenseurs des droits de l’homme sont incarcérés et tués, l’espace civique a été fermé dans plusieurs pays où les citoyens n’ont pas le droit de participer à la vie de leur pays, a-t-il déploré.  « Alors que l’esprit de Madiba est parmi nous, ne vous adaptez pas au génocide dont sont victimes les Rohingya, ne vous adaptez pas aux Palestiniens de Gaza vivant sous un blocus implacable, à la domination sur les peuples autochtones, aux conflits en Syrie et en Afghanistan, à la marginalisation des handicapés, des jeunes et des enfants », a martelé M. Naidoo. 

L’humanité ne juge pas ses progrès à l’aune des plus puissants, mais bien à celui des personnes les plus démunies, a poursuivi M. Naidoo.  Nous ne devons pas nous habituer aux impasses qui paralysent le Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents ne travaillent pas à assurer la paix et la sécurité internationales mais plutôt à protéger leurs privilèges, appelant au respect des normes et des conventions des Nations Unies.  Alors que nous célébrons le vingtième anniversaire du Statut de Rome établissant la Cour pénale internationale (CPI), il a invité la Russie, les États-Unis et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité, à ratifier le Statut.  Notant que l’existence même des petits États insulaires en développement est mise en péril par les changements climatiques, il a appelé les dirigeants à se placer du « bon côté de l’histoire ».  « Être courageux ne signifie pas ne pas avoir peur mais être en mesure de vaincre la peur », a-t-il conclu, citant Nelson Mandela. 

Nelson Mandela a laissé une empreinte indélébile, il a consacré sa vie à lutter pour le peuple africain et son développement, a résumé M. NANA ADDO DANKWA AKUFO-ADDO, Président de la République du Ghana.  « Un engagement qui lui a valu 27 ans d’emprisonnement, mais aussi une place dans le panthéon des dirigeants africains » pour avoir été l’homme qui a su garder son calme et inviter ses ennemis à la table des négociations.  L’impact de Madiba subsistera dans les siècles à venir, a renchéri M. HAGE G. GEINGOB, Président de la République de Namibie. Dans cet esprit, M. EMMERSON DAMBUDZO MNANGAGWA, Président du Zimbabwe, a salué les efforts de paix déployés par M. Mandela pour faire de l’Afrique du Sud un pays démocratique.

Pour sa part, M. MOKGWEETSI ERIC KEABETSWE MASISI, Président du Botswana, premier pays visité par Nelson Mandela devenu Président, a rappelé qu’aujourd’hui, « nous bénéficions de la liberté qu’il a obtenue ».  Madiba a une place à part dans le cœur des Africains, « nous sommes de fiers héritiers de son legs », a témoigné M. UHURU KENYATTA, CGH, Président du Kenya.  Comme d’autres dirigeants africains avant lui, « il a semé les graines du panafricanisme et de la liberté dans un continent épris de liberté et de stabilité ».  « Il a refusé la domination blanche comme la domination noire revancharde », a ajouté M. AZALI ASSOUMANI, Président des Comores.

D’après M. PAUL KAGAME, Président du Rwanda, Nelson Mandela a fait ce qui était juste même lorsque c’était impopulaire.  « Au Rwanda, notre histoire tragique nous a appris l’humilité et la réconciliation pour le bien de l’État. »  M. GEORGE MANNEH WEAH, Président du Libéria, a rappelé qu’en accédant au pouvoir Nelson Mandela a pardonné à ses anciens ennemis.  « Un modèle qui représente une source de courage face à l’adversité », a-t-il apprécié.  Madiba a prouvé qu’il est possible de panser les plaies, a reconnu à son tour le Président de la Zambie, M. EDGAR CHAGWA LUNGU, pour qui les principes et les valeurs qu’il défendait devraient rester la pierre angulaire d’une paix mondiale pérenne.

« Rendre hommage à Nelson Mandela aujourd’hui n’est pas un devoir de routine mais un devoir de cœur, un devoir d’humilité », a estimé M. IBRAHIM BOUBACAR KEÏTA, Président du Mali.  Selon le Président de la Guinée équatoriale, M. TEODORO OBIANG NGUEMA MBASOGO, M. Mandela demeure une inspiration pour les peuples qui luttent encore aujourd’hui pour leur liberté.  Réfléchir à la façon dont son héritage pourrait influer sur les grandes questions actuelles comme le racisme ou les inégalités sociales, c’est ce qu’a proposé M. ADAMA BARROW, Président de la Gambie.  De son côté, M. DANNY FAURE, Président de la République des Seychelles, a invité les États Membres à protéger la planète des effets des changements climatiques.

La création de l’Union européenne, après la Seconde Guerre mondiale, a opposé la force du droit à la force des armes et l’inclusion à l’exclusion, a expliqué M. JEAN-CLAUDE JUNCKER, Président de la Commission européenne, avant de souligner les efforts déployés pour mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre des objectifs de développement durable.

Pour M. IVÁN DUQUE MÁRQUEZ, Président de la République de Colombie, « Mandela nous inspire par-delà les latitudes et les générations.  Il a été un homme, un prisonnier, un combattant, un défenseur de la réconciliation.  La Colombie puise son inspiration dans les idéaux de Mandela », a-t-il insisté.  Citant M. Mandela, M. LENÍN MORENO GARCÉS, Président de l’Équateur, a déclaré que « tant que l’injustice subsistera dans le monde, aucun d’entre nous ne pourra se reposer », et que la meilleure arme est de s’asseoir et parler.  M. MIGUEL DÍAZ-CANEL BERMÚDEZ, Président de Cuba, a voulu, quant à lui, se souvenir du « rebelle » que représentait Nelson Mandela.  « Pas de paix et de sécurité sans développement économique », a-t-il aussi mis en garde. 

M. JUAN CARLOS VARELA RODRÍGUEZ, Président du Panama, a salué en Nelson Mandela le « défenseur de la culture de la paix ».  La guerre et les conflits sont les principales causes des migrations massives, a-t-il relevé, estimant que les principes de non-violence représentent les armes les plus efficaces pour y mettre fin.  Allant dans le même sens, M. BORUT PAHOR, Président de la Slovénie, a indiqué que les Nations Unies étaient le meilleur moyen pour continuer son œuvre.  « Nous devons pouvoir prendre des décisions collectives en cas de violation du droit international.  Nous devons agir.  Cela fait partie de son legs », a insisté Mme KOLINDA GRABAR-KITAROVIĆ, Présidente de la Croatie.

« Ce type de dirigeant manque au monde d’aujourd’hui », a regretté M. MAITHRIPALA SIRISENA, Président de Sri Lanka.  Notant que Nelson Mandela avait été prêt à renoncer au pouvoir après son premier mandat, il a invité tous les dirigeants à suivre son exemple.  Pour M. TOMMY ESANG REMENGESAU Jr., Président des Palaos, le plus grand hommage à rendre à Madiba est de faire en sorte « que nos choix soient le reflet de nos espoirs, et non de nos peurs ».

« Les hommes historiques construisent des ponts et non des murs », a fait remarquer M. HASSAN ROUHANI, Président de la République islamique d’Iran, saluant la lutte de Nelson Mandela contre l’apartheid et son « voyage unique dans l’histoire humaine ».

Le Premier Ministre de Norvège, Mme ERNA SOLBERG, qui s’exprimait au nom des pays nordiques, a souligné l’importance des deux leçons retenues de l’héritage de Nelson Mandela: la réconciliation et l’inclusion.  Devenu citoyen honoraire du Canada en 2001, Nelson Mandela a toujours entretenu une relation privilégiée avec son pays, s’est félicité le Premier Ministre du Canada, M. JUSTIN TRUDEAU.  À son tour, le Premier Ministre de la Nouvelle-Zélande, Mme JACINDA ARDERN, a évoqué l’impact profond de M. Mandela sur son pays: sa lutte était soutenue jusque dans les arènes sportives, une référence à l’équipe des All Blacks.  Bien que loin de l’Afrique du Sud lui aussi, le Premier Ministre de la Grèce, M. ALEXIS TSIPRAS, s’est enorgueilli que les principes énoncés par Mandela trouvent un écho dans son pays.

Le Ministre des affaires étrangères de Singapour, M. VIVIAN BALAKRISHNAN, qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a assuré que le message de Nelson Mandela continue de résonner dans cette région du monde.  Par ailleurs, le Ministre des affaires étrangères de l’Arabie saoudite, M. ADEL AHMED AL-JUBEIR, qui s’exprimait au nom du Groupe arabe, a salué en Nelson Mandela « le premier défenseur des causes arabes », dont la cause palestinienne.  Nelson Mandela nous a montré ce que c’est que de se « libérer de la domination », a dit le Vice-Président de l’Indonésie, M. JUSUF KALLA, saluant des valeurs qui transcendent les frontières.  Le Premier Ministre de l’Arménie, M. NIKOL PASHINYAN, a ainsi raconté avoir puisé dans l’autobiographie de Nelson Mandela une motivation pour son propre « voyage contre l’injustice ».  « Nous apprécions encore plus l’engagement de Nelson Mandela car l’Estonie sait ce que le prix de la paix et de l’indépendance coûtent », a témoigné à son tour le Premier Ministre de l’Estonie, M. JÜRI RATAS. 

Dans sa longue marche pour la liberté, M. Mandela a compris qu’il devait « mettre de côté son amertume » et, comme lui, nous devons nous engager en faveur de la consolidation pacifique, a enchaîné le Premier Ministre de la Jamaïque, M. ANDREW HOLNESS.  La Vice-présidente du Costa Rica, Mme EPSY CAMPBELL BARR, a saisi cette occasion pour appeler le Nicaragua à créer les conditions de sortie de crise sur la base du dialogue.  Son pays œuvre sur la voie de Nelson Mandela en créant des opportunités pour tous, a souligné le Président de la République du Honduras, M. JUAN ORLANDO HERNÁNDEZ ALVARADO.

Notre existence pacifique, « nous la devons à un solide corpus de droit international et aux Nations Unies », a reconnu le Premier Ministre de Saint-Vincent-et-les Grenadines, M. RALPH E. GONSALVES.  C’est avec fierté que le Premier Ministre des Fidji, M. JOSAIA VOREAE BAINIMARAMA, a dit avoir appuyé la Déclaration politique.

Au-delà des discours et des promesses, il faut s’atteler à des réformes qui permettent des solutions justes et durables, a toutefois fait valoir le Chef de l’exécutif de l’Afghanistan, M. ABDULLAH ABDULLAH.

Comme son homologue de la Géorgie, M. MAMUKA BAKHTADZE, le Premier Ministre du Monténégro, M. DUŠKO MARKOVIĆ, a plaidé en faveur du multilatéralisme, sur la base de l’héritage de Nelson Mandela.  Le multilatéralisme reste la meilleure réponse aux tentations de repli national et un pilier de notre diplomatie, a acquiescé le Vice-Premier Ministre de la Belgique, M. DIDIER REYNDERS.

Le Premier Ministre du Lesotho, M. THOMAS MOTSOAHAE THABANE, a vu en Nelson Mandela « l’un des plus grands dirigeants de tous les temps » et rappelé que son pays a bénéficié de son soutien pour régler son propre conflit interne.  Le Ministre des affaires étrangères et de la coopération du Maroc, M. NASSER BOURITA, a souligné l’estime que le Maroc portait à cette « icône des grandes causes pour l’égalité et la justice ».  Il est revenu sur l’appui inconditionnel que son pays a apporté au combat pour les indépendances en Afrique.

Pour sa part, le Ministre des affaires étrangères du Japon, M. TARO KONO, a appelé à agir plus rapidement et plus efficacement au bénéfice de tous, exhortant l’ONU et le Conseil de sécurité à se réformer.  Le Ministre des affaires étrangères de l’Espagne, M. JOSEP BORRELL FONTELLES, a opposé aux sceptiques la conférence sur les changements climatiques de Paris, la marche des femmes démocratiques à travers le monde, le pacte mondial sur l’immigration, « autant d’actions qui font avancer la paix et la stabilité dans le monde ».  Bien que l’héritage de Nelson Mandela continue de résonner aujourd’hui, nous continuons de lutter pour un monde plus juste et stable, a également assuré la Ministre d’État du Royaume uni, Mme HARRIETT BALDWIN.

S’exprimant au nom du Mouvement des pays non alignés, M. JORGE ARREAZA MONTSERRAT, Ministre des affaires étrangères du Venezuela, a mis l’accent sur le respect mutuel des États, le respect de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale des États, la non-ingérence et le règlement pacifique des conflits afin de parvenir à la paix.

Il ne peut y avoir de développement sans paix et de paix sans développement, a argué le Premier Ministre et Ministre des affaires étrangère de Samoa, M. TUILAEPA SAILELE MALIELEGAOI, en soulignant l’importance de mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Une position partagée par le Premier Vice-Premier Ministre de la Serbie, M. IVICA DAČIĆ, et le Président du Sierra Leone, M. JULIUS MAADA BIO, qui a également salué les efforts déployés par le Secrétaire général en faveur de la prévention des conflits.  Pour assurer une paix durable et prévenir les conflits, nous devons changer notre façon de penser, a estimé à son tour le Ministre des affaires étrangères de la Malaisie, M. DATO’ SAIFUDDIN ABDULLAH, pour qui les initiatives de paix doivent être mieux coordonnées, intégrées et inclusives, tant au sein des Nations Unies que des organisations nationales et régionales, tout en soutenant la réalisation des objectifs de développement durable. 

Pour sa part, la Ministre des affaires étrangères du Liechtenstein, Mme AURELIA FRICK, a réaffirmé son appui à la Cour pénale internationale (CPI) pour mettre fin à l’impunité et prévenir les conflits qui ont longtemps déchiré l’Europe.  Il faut d’abord s’attaquer aux causes profondes des problèmes de notre époque, tels que les migrations illégales, a préconisé le Ministre des affaires étrangères de la Hongrie, M. PÉTER SZIJJÁRTÓ.  De son côté, le Vice-Ministre des affaires étrangères de la Chine, M. JUN ZHANG, a déploré le protectionnisme et l’unilatéralisme en plein essor, plaidant pour une plus grande prévisibilité dans les relations internationales.

Le Ministre des affaires étrangères du Sénégal, M. SIDIKI KABA, a parlé de la communion des valeurs universelles incarnées par les Nations Unies et de la nécessité de réaffirmer notre attachement commun pour la dignité humaine incarnée par Nelson Mandela.  Selon le Ministre des affaires étrangères de la Libye, M. MOHAMED T. H. SIALA, rejoint par son homologue du Brésil, M. ALOYSIO NUNES, l’héritage le plus important de Nelson Mandela est la culture de la paix, qu’il a réussi à transformer en force motrice dans le monde. 

Pour sa part, la Ministre des affaires étrangères de l’Inde, Mme SUSHMA SWARAJ, a considéré que les valeurs d’ouverture et de compassion sont plus nécessaires que jamais.  Déclarant Nelson Mandela un « fils de l’Inde », elle a mis en parallèle ses valeurs de paix et de compassion avec celles de Mahatma Gandhi.  Notre survie commune en tant que famille humaine nécessite le courage d’hommes et de femmes comme Nelson Mandela pour nous guider, a-t-elle conclu.

Déclaration politique adoptée au Sommet de la paix Nelson Mandela

1.    Nous, chefs d’État et de gouvernement, représentants d’État et de gouvernement, sommes réunis au Siège de l’Organisation des Nations Unies, le 24 septembre 2018, à l’occasion du Sommet de la paix Nelson Mandela, pour réfléchir à la paix mondiale en l’honneur du centenaire de la naissance de Nelson Mandela.

2.    Nous saluons son humilité, sa bienveillance et sa compassion, ses valeurs et son dévouement au service de l’humanité, qu’il a manifesté par son action humanitaire dans les domaines du règlement des conflits, du désarmement, des relations entre les races, de la promotion et de la protection des droits de l’homme, de la réconciliation, de l’égalité entre les sexes, des droits des enfants et des personnes vulnérables, et du progrès des communautés démunies et sous-développées.  Nous reconnaissons sa contribution à la lutte pour la démocratie à l’échelle internationale et à la promotion d’une culture de paix dans le monde entier.

3.    Nous nous engageons à redoubler d’efforts pour bâtir un monde juste, pacifique, prospère, ouvert à tous et équitable, et pour raviver les valeurs défendues par Nelson Mandela, en plaçant la dignité humaine au centre de nos actions.  Nous nous engageons à faire preuve de respect mutuel, de tolérance, de compréhension et de conciliation dans nos relations.

4.    Nous sommes conscients que le monde a considérablement changé depuis la fondation de l’Organisation des Nations Unies et qu’à ce jour la paix ne règne pas dans le monde.  Nous, les dirigeants du monde d’aujourd’hui, portons plus que jamais une responsabilité particulière lorsque nous prenons la parole et que nous agissons en faveur d’un monde libéré de la terreur et de la misère.  Les conflits prennent naissance dans l’esprit de l’humanité, et nous sommes le peuple qui peut trouver des solutions viables pour apporter une paix durable aux générations d’aujourd’hui et de demain.  Nous reconnaissons qu’il importe de s’attaquer aux menaces pesant sur la paix et la sécurité dans le monde, notamment la remise en cause de la primauté du multilatéralisme.

5.    Nous réaffirmons les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme, à l’origine de notre vision commune pour le monde.  Alors que nous célébrons le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, nous rappelons son principe fondateur, selon lequel tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

6.    Nous réaffirmons également notre volonté de défendre l’égalité souveraine de tous les États, le respect de leur intégrité territoriale et de leur indépendance politique et le devoir des États Membres de s’abstenir, dans leurs relations internationales, de recourir d’une manière incompatible avec les buts et les principes des Nations Unies à la menace ou à l’emploi de la force, et de promouvoir le règlement des différends par des moyens pacifiques et respectueux des principes de la justice et du droit international, du droit des peuples qui sont encore sous domination coloniale ou sous occupation étrangère à disposer d’eux-mêmes, de la non-ingérence dans les affaires intérieures des États, des droits de l’homme et des libertés fondamentales, de l’égalité des droits de tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, de la coopération internationale comme moyen de résoudre les problèmes internationaux d’ordre économique, social, culturel ou humanitaire, et de l’exécution de bonne foi des obligations découlant de la Charte.

7.    Nous savons que la paix et la sécurité, le développement et les droits de l’homme constituent la clef de voûte du système des Nations Unies et le fondement de la sécurité et du bien-être collectifs, et que le développement, la paix et la sécurité, et les droits de l’homme sont intimement liés et se complètent.

8.    Nous réaffirmons le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et considérons que l’élimination de la pauvreté sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions, y compris l’extrême pauvreté, constitue le plus grand défi auquel l’humanité doive faire face, et qu’il s’agit d’une condition indispensable au développement durable.  Nous restons attachés à réaliser le développement durable dans ses trois dimensions –économique, sociale et environnementale– d’une manière qui soit équilibrée et intégrée.  Il ne saurait y avoir de développement durable sans paix et sans sécurité, et inversement, sans développement durable, la paix et la sécurité sont en danger.  Nous renouvelons notre engagement à ne laisser personne de côté.

9.    Nous considérons que le respect de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables, ainsi que de leurs libertés fondamentales, constitue le fondement de l’ouverture à tous, de la justice et de la paix dans le monde.  Nous déclarons que le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée représentent l’exact opposé des nobles buts de l’Organisation des Nations Unies.  Nous sommes conscients que la tolérance des différences culturelles, ethniques, raciales et religieuses est indispensable à une paix durable et à l’entente et l’amitié entre les peuples, les nations, les civilisations, les cultures et les personnes.  Nous formons tous une seule famille humaine.  Par conséquent, nous nous engageons à ne pas laisser nos différences compromettre notre cause commune et entamer notre vision universelle, à nous appuyer sur ce qui nous unit et à innover pour surmonter nos divergences.

10.   Nous sommes résolus à passer des paroles aux actes pour promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques, justes, ouvertes à tous et non discriminantes, sachant l’importance de la participation pleine et égale des femmes et de l’implication concrète des jeunes à tout ce qui est entrepris pour maintenir et promouvoir la paix et la sécurité, et à redoubler d’efforts pour que les femmes, les jeunes et les enfants soient à l’abri de toute forme de violence, de peur, de discrimination et de mauvais traitement.

11.   Nous sommes conscients de la contribution des femmes à l’évolution des sociétés et de leur rôle dans la prévention et le règlement des conflits à différents niveaux.  Nous sommes déterminés à soutenir, protéger et respecter les droits de toutes les femmes et de toutes les filles, en œuvrant pour la pleine égalité des sexes et l’élimination de toutes les formes de discrimination et de violence visant les femmes et les filles, et en donnant aux femmes et aux filles les moyens de réaliser tout leur potentiel.

12.   Nous sommes résolus à assurer la protection, le respect des droits et le bien-être des enfants, en particulier en cas de conflit armé, afin que les enfants puissent réaliser leurs rêves et grandir à l’abri de la peur, de la discrimination et de l’exclusion.  En protégeant les enfants, nous contribuons à briser le cycle de la violence et nous préparons la paix de demain.

13.   Nous soutenons qu’il incombe à chaque État de protéger sa population du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité et reconnaissons la nécessité de mobiliser la sagesse, les compétences et la volonté politique de la communauté internationale afin d’encourager et d’aider les États qui en font la demande à s’acquitter de cette responsabilité.  Nous devons renforcer nos moyens de prévenir, maîtriser ou faire cesser les conflits, conformément à la Charte et au droit international.

14.   Nous tenons pour incontestable le fait que les conflits sont, à tous égards, plus coûteux que la diplomatie préventive.  Il ne faut ménager aucun effort pour régler les conflits par des voies pacifiques.  C’est pourquoi, nous soutenons pleinement les travaux de l’Organisation des Nations Unies et mettons tout en œuvre pour soutenir les processus de paix, la prévention et le règlement des conflits, la consolidation de la paix et la reconstruction et le développement après un conflit.

15.   Nous engageons les parties à un conflit armé à prendre des mesures immédiates et concrètes pour mettre fin aux hostilités et prévenir les résurgences.  Nous sommes conscients du fait que de multiples acteurs prennent part aux conflits armés, dont des agents non étatiques, et exhortons toutes les parties à s’acquitter des obligations que leur impose le droit international, notamment le droit international humanitaire.  Nous sommes prêts à user de nos bons offices pour les y aider, au besoin.

16.   Nous savons qu’il n’y a pas qu’un chemin vers la paix et qu’il faut tirer les leçons de la succession de réussites et d’échecs en la matière pour régler les conflits de manière négociée et pacifique.  Nous nous engageons à partager nos meilleures pratiques avec quiconque cherche de nouvelles voies vers la paix.  Le dialogue est indispensable, et il faut avoir le courage de faire le premier pas pour instaurer la confiance et faire fond sur les acquis.  Nous déclarons, par conséquent, soutenir pleinement les négociations tenues de bonne foi.

17.   À cet égard, nous soulignons que l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales disposent d’une multitude d’outils et de mécanismes au service de la paix et souhaitons continuer à évaluer l’efficacité de ces outils dans la lutte contre les conflits armés.  Nous nous engageons à veiller à ce que le dialogue soit maintenu entre les parties pendant les tentatives de règlement afin de prévenir des escalades évitables et la rupture de la confiance.  Nous nous engageons à trouver des interlocuteurs crédibles pour entrer en relation avec toutes les parties à un conflit armé et assurer une paix juste et durable.

18.   Nous reconnaissons que la société peut jouer un rôle majeur dans la prévention des conflits et dans la consolidation et la pérennisation de la paix.  Nous reconnaissons également que, selon la nature du conflit, un grand nombre d’interlocuteurs peuvent proposer leurs bons offices et jouer un rôle important dans le continuum de la paix, notamment les chefs d’État et de gouvernement, en exercice ou non, des groupes tels que les Sages, le Groupe des Sages de l’Union africaine, les chefs coutumiers, les dignitaires religieux, les personnalités culturelles, les notables, les chefs d’entreprise, les représentants des femmes et des jeunes, les universitaires, les personnalités sportives et les célébrités.  Le sport et les arts, notamment, ont le pouvoir de faire évoluer les mentalités, d’éliminer les préjugés et de changer les comportements ainsi que d’inspirer l’être humain, de faire tomber les barrières raciales et politiques, de combattre la discrimination et de désamorcer les conflits.

19.   Nous soulignons l’importance d’une approche globale de la pérennisation de la paix, reposant en particulier sur la prévention des conflits et l’élimination de leurs causes profondes, le renforcement de l’état de droit aux échelles internationale et nationale et la promotion d’une croissance économique soutenue et durable, de l’élimination de la pauvreté, du développement social, du développement durable, de la réconciliation et de l’unité nationales, y compris grâce à un dialogue ouvert à tous et à la médiation, de l’accès à la justice et à la justice transitionnelle, de la responsabilité, de la bonne gouvernance, de la démocratie, de la transparence des institutions, de l’égalité des sexes, et du respect et de la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales.  

Nous réaffirmons qu’il importe que les activités de consolidation de la paix soient prises en main et dirigées par le pays concerné, sachant que la responsabilité de la pérennisation de la paix incombe aussi bien au gouvernement qu’aux autres parties prenantes nationales.

20.   Il est manifeste qu’une paix durable ne découle pas uniquement de l’absence de conflit armé mais qu’elle requiert un processus de dialogue continu, positif, dynamique, ouvert à tous et participatif qui permette de régler toutes les questions en suspens dans un esprit d’entente et de respect mutuels, et dans le cadre d’une coopération et d’une vision à long terme.  Nous reconnaissons que, pour prévenir la résurgence des crises et assurer la cohésion sociale, la restauration de l’État, l’appropriation et le principe d’inclusion, il convient de mettre fin à l’impunité et de garantir le principe de responsabilité, notamment par la justice internationale, la justice transitionnelle et la réconciliation, dans le cadre de la reconstruction et du développement.

21.   Nous sommes conscients que, pour consolider et pérenniser la paix, il faut mettre en œuvre des moyens significatifs, après le confit, afin de s’engager sur la voie du relèvement, de la reconstruction et du développement.  Il importe de ne pas laisser la voie ouverte à une reprise du cycle du conflit, qui découlerait, notamment, d’un arrêt prématuré de l’aide et de l’implication internationale.  Pour obtenir une paix durable, il faut s’impliquer, s’engager et s’investir dans la durée.

22.   Nous nous félicitons de l’exemple donné par l’Afrique du Sud, qui a démantelé unilatéralement son programme nucléaire, et rappelons l’engagement ferme pris par Nelson Mandela en faveur de l’élimination totale des armes nucléaires.

23.   Notre commune humanité exige de nous que nous faisions l’impossible. Cherchant à convaincre les cœurs et les esprits, nous incitons à l’action, dans l’intérêt des générations futures.  Par conséquent, nous:

      a)    Proclamons la période 2019-2028 Décennie Nelson Mandela pour la paix et exhortons tous les États Membres, pendant cette période, à redoubler d’efforts en faveur de la paix et de la sécurité internationales, du développement et des droits de l’homme;

      b)    Saluons la création du Comité consultatif de haut niveau chargé des questions de médiation et entendons soutenir les contributions qu’il apportera, à l’avenir, au maintien de la paix et de la sécurité internationales et à la prévention des conflits armés, notamment en usant de ses bons offices;

      c)    Rappelons l’objet du Prix des Nations Unies Nelson Rolihlahla Mandela et du Prix des Nations Unies pour la cause des droits de l’homme, et invitons la Présidente de l’Assemblée générale et le Secrétaire général à œuvrer de concert pour faire connaître ces prix afin d’amener les Nations Unies à davantage prendre en compte et célébrer les valeurs, buts et principes de l’Organisation, qui sont à l’image des valeurs défendues par Nelson Mandela;

      d)    Recommandons que, dans la lignée de l’héritage de Nelson Mandela et de l’engagement intergénérationnel en faveur de la dignité et de la sécurité qui sous-tend la Charte, l’Organisation des Nations Unies considère les moyens de prendre en compte systématiquement les besoins des générations présentes et futures, notamment en ayant recours au dialogue intergénérationnel, dans son processus de prise de décision.

24.   Au moment de quitter l’Assemblée générale, nous sommes conscients de notre responsabilité collective envers les valeurs et principes de la présente déclaration, et aspirons à un monde juste, pacifique, prospère, démocratique, équitable et ouvert à tous. Nous appelons nos citoyens à célébrer la richesse de notre diversité, la créativité et la sagesse de nos aînés et le bien-être et la survie de la Terre nourricière, et invitons nos jeunes, nos artistes, nos sportifs, nos musiciens et nos poètes à insuffler une vie nouvelle aux valeurs et principes de l’Organisation des Nations Unies.

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