L’Assemblée générale demande à la Fédération de Russie de retirer ses troupes et armements de la République de Moldova

AG/12030
22 juin 2018
Soixante-douzième session, 8293e séance – matin

L’Assemblée générale demande à la Fédération de Russie de retirer ses troupes et armements de la République de Moldova

L’Assemblée générale a adopté*, ce matin, une résolution qui exhorte la Fédération de Russie à retirer en bon ordre, sans conditions et sans plus tarder ses forces et ses armements du territoire de la République de Moldova.  Une motion a été présentée au préalable par la Fédération de Russie pour ajourner l’examen de cette question, mais elle a été rejetée.  Une autre résolution a été adoptée au cours de cette séance, sur le renforcement de la coopération régionale et internationale pour assurer la paix, la stabilité et le développement durable dans la région de l’Asie centrale.

La première résolution avait trait à la question à l’ordre du jour de l’Assemblée des « Conflits prolongés dans la région du Groupe GUAM** et leurs incidences sur la paix et la sécurité internationales et sur le développement ».  Elle a été adoptée par 64 voix pour, 83 abstentions et 15 voix contre.

Pour le Ministre moldave des affaires étrangères et de l’intégration européenne, le résultat du vote montre bien que « notre appel est juste et légitime ».  M. Tudor Ulianovschi a d’ailleurs salué ce jour « historique » où, après plus de 26 ans, l’Assemblée générale a déclaré que la présence militaire russe est illégale et doit être retirée.

Par ce texte, l’Assemblée se déclare profondément préoccupée par le stationnement du Groupe opérationnel des forces russes et de ses armements sur le territoire de la République de Moldova, qui se poursuit sans le consentement de cet État Membre des Nations Unies.

L’Assemblée assure les États participants de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) de son soutien et les engage à continuer de faciliter l’achèvement du retrait des forces militaires et des armements russes du territoire de la République de Moldova, conformément aux décisions de l’OSCE et comme convenu au sommet que cette Organisation a tenu à Istanbul en 1999.

La représentante de l’Union européenne a réaffirmé son appui à la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République de Moldova dans ses frontières internationalement reconnues.  Elle a souligné l’importance de parachever les processus entamés sur la base des engagements convenus au Sommet d’Istanbul de l’OSCE de 1999.  Le respect de la neutralité de la République de Moldova est un élément clef dans les efforts déployés pour régler de façon pacifique le conflit transnistrien, a-t-elle rappelé.  À cet égard, l’Union européenne salue les progrès encourageants réalisés dans le cadre du « format 5+2 ».

La Fédération de Russie a dénoncé la politisation du problème.  Les parties ont signé un accord qui a permis de régler de nombreux problèmes de la vie quotidienne de la population comme les transports, a argué le délégué.  Cette résolution n’aidera pas ces progrès, a-t-il estimé avant de dénoncer les membres de l’OSCE qui ont voté en faveur de la résolution: « Bruxelles ne souhaite pas le règlement de la situation ».  Il a aussi regretté que l’Assemblée générale ait été amenée à ce vote.   

La République islamique d’Iran, qui a voté contre la résolution, a renchéri en affirmant que l’Assemblée générale n’est pas l’enceinte appropriée pour discuter de cette question.  De son côté le Viet Nam, qui s’est abstenu, a appelé les parties au dialogue et au règlement pacifique du différend.

Avant le vote, la Fédération de Russie a évoqué l’article 74 du règlement intérieur pour demander l’ajournement du débat sur la question soumise et pour que l’Assemblée générale ne se prononce pas sur la proposition de la République de Moldova.  La motion russe a été rejetée par 80 voix contre, 24 voix pour et 48 abstentions.

L’Assemblée générale a également adopté par consensus une résolution*** qui prône le renforcement de la coopération régionale et internationale pour assurer la paix, la stabilité et le développement durable dans la région de l’Asie centrale.  Un texte qui demande aux États Membres d’appuyer les efforts que font les États d’Asie centrale pour atténuer les effets environnementaux et socioéconomiques de l’assèchement de la mer d’Aral.  Une demande est faite aussi aux institutions spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies pour qu’ils harmonisent leurs programmes et activités à l’appui des priorités recensées par les pays d’Asie centrale en matière de coopération, d’intégration et de développement durable dans la région.

La représentante de l’Union européenne, partenaire engagé des cinq pays de la région, a salué les développements positifs en Asie centrale.  L’Union européenne, a-t-elle indiqué, lancera début 2019 sa nouvelle stratégie pour l’Asie centrale.  Elle a encouragé ces pays à continuer de créer les conditions régionales pour la paix et le développement en Afghanistan. 

Le Kirghizistan a dit s’être joint au consensus sur cette résolution mais a précisé qu’il ne pouvait pas reprendre ses activités au sein du Fonds international pour le sauvetage de la mer d’Aral sous les auspices du Turkménistan.

La prochaine réunion de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.

*A/72/L.58

** Groupe GUAM: Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan et Moldova

**A/72/L.61

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