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AG/12016
22 mai 2018
89e séance plénière - matin

L’Assemblée générale proclame le 30 juin « Journée internationale du parlementarisme »

L’Assemblée générale a adopté par consensus, ce matin, une résolution sur l’interaction entre l’ONU, les parlements nationaux et l’Union interparlementaire (UIP), dans laquelle elle décide de célébrer, chaque année, le 30 juin, la Journée internationale du parlementarisme.  La Présidente de l’UIP a appelé les parlementaires à continuer de faire le lien entre l’ONU et les électeurs, pour que les engagements internationaux « se traduisent en actes ».

Créée en 1889 et basée à Genève, en Suisse, l’UIP est l'organisation internationale des parlements.  Financée en premier lieu par ses membres avec des fonds publics, l’UIP a pour principal objectif d’œuvrer pour la paix, la coopération entre les peuples et l’affermissement de la démocratie représentative.

En tant que coauteur du texte, le Mexique, dont est ressortissante la Présidente de l’Union, Mme Gabriela Cuevas Barron, s’est félicité du climat constructif qui a prévalu lors des négociations.  Adoptée deux fois par an par l’Assemblée générale depuis 2004, la résolution appelle chaque fois au renforcement des relations entre l’ONU, l’UIP et les parlements nationaux, dans les domaines du développement durable, de l’égalité entre hommes et femmes, de la lutte contre les changements climatiques, de l’intégration de la jeunesse et de la prévention de l’extrémisme violent.  Fait innovant, le texte adopté aujourd’hui décide de faire du 30 juin, la Journée internationale du parlementarisme.  Il engage également l’UIP à associer l’ONU aux préparatifs de sa future conférence mondiale sur le dialogue interconfessionnel et interethnique, en présence de chefs d’État, de parlementaires et de représentants religieux.

Cette résolution est l’occasion de relancer les efforts pour améliorer la collaboration entre l’ONU et les parlements, s’est félicitée la Présidente de l’UIP.  Mme Cuevas Barron a appelé les parlements du monde entier à continuer de faire le lien entre l’Organisation et leurs concitoyens, pour que les engagements internationaux se traduisent en actes.  « En bref, nous sommes le lien naturel entre les citoyens que nous représentons et l’agenda mondial », a-t-elle déclaré.   

En tant qu’élue mexicaine, Mme Cuevas Barron s’est dite consciente du rôle fondamental des parlementaires, en particulier dans l’élaboration des budgets nationaux, « l’outil politique le plus important dont dispose chaque pays ».  Pour la Présidente, le Secrétaire général de l’ONU, lui-même ancien parlementaire, est bien conscient de ce rôle, comme en témoigne son dernier rapport sur l’« Interaction entre l’Organisation des Nations Unies, les parlements nationaux et l’Union interparlementaire », qui met l’accent sur les domaines clefs de la collaboration entre l’ONU et l’UIP.

Outre le développement durable, la Présidente a souhaité faire ressortir deux éléments clefs de cette coopération.  En premier lieu, les efforts de l’UIP pour concourir à ce que les migrations et la mobilité se fassent de façon ordonnée, sûre, régulière et responsable, notamment en mettant en place des politiques migratoires planifiées et en sensibilisant les parlementaires au sort des réfugiés.  « Les accords en la matière doivent se fonder sur les droits de l’hommes et non sur des discours xénophobes. »

En second lieu, Mme Cuevas Barron a insisté sur la représentation politique des femmes dans les parlements.  L’année dernière, a-t-elle dit, cette représentation n’a augmenté que de 0,1%.  Jugeant cette évolution trop lente, elle a appelé les parlements du monde entier à s’ouvrir davantage, non seulement aux femmes, mais également aux jeunes.  « Nous les parlementaires, ne devons jamais cesser de représenter les personnes qui nous ont élus », a-t-elle appelé.

La Namibie, dont le Parlement compte 47% d’élues, a félicité l’UIP pour son action en faveur de la représentation des femmes.  Certes, la route est encore longue avant de parvenir à une parité parfaite dans le monde, mais il y a 30 ans, lors de l’indépendance de la Namibie, le taux de représentation parlementaire des femmes n’était que de 10%.  Il est désormais de 24%.

« Au cœur même de toute démocratie se trouvent les parlements », a souligné Trinité-et-Tobago, ajoutant que ces derniers avaient la responsabilité de veiller à la bonne gouvernance « par les peuples, pour les peuples ».  La bonne gouvernance n’est pas un luxe mais une condition fondamentale pour atteindre les objectifs de développement durable, a dit le pays, appelant les parlementaires à traduire ces objectifs en stratégies nationales tenant compte des priorités de chaque pays en matière de développement. 

Nous poursuivons tous le même but, à savoir que nos pays concrétisent les objectifs de développement durable, a renchéri l’Argentine.  À travers la résolution d’aujourd’hui, a affirmé le pays, nous disposons d’une feuille de route claire pour éliminer la pauvreté.  Or, malgré les succès rencontrés par certains pays comme la Chine et l’Inde, l’Argentine a déploré la lenteur de la lutte contre la pauvreté dans le reste du monde, notamment en Amérique latine, où le taux de pauvreté moyen est d’environ 29%.  En tant que législateurs, nous pouvons travailler, avec nos gouvernements, à des lois contre la pauvreté et pour le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

La Fédération de Russie a salué « l’échange d’opinions non politisées et respectueuses des parlementaires » au sein de l’UIP.  Dans ce cadre, il est « intolérable » d’adopter des sanctions à l’encontre des parlementaires, a déclaré le pays, qui a accueilli en octobre 2017 la cent-trente-septième Assemblée des parlements nationaux à Saint-Pétersbourg.  Il est essentiel que tous les parlementaires invités à de telles manifestations internationales puissent s’y rendre sans entrave, a insisté la Fédération de Russie.

L’Ukraine a justement déploré la décision de l’UIP d’organiser sa cent-trente-septième Assemblée en Fédération de Russie, malgré « l’acte d’agression » perpétré dans le Donbass ukrainien.  Cette décision sape la crédibilité de l’UIP, a estimé l’Ukraine, qui a pour cette raison, choisi de se dissocier du consensus.

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