L’Assemblée générale engage à contribuer au nouveau Fonds des Nations Unies pour la sécurité routière et proclame le 3 juin « Journée mondiale de la bicyclette »

AG/12008
12 avril 2018
Soixante-douzième session, 82e séance plénière – matin

L’Assemblée générale engage à contribuer au nouveau Fonds des Nations Unies pour la sécurité routière et proclame le 3 juin « Journée mondiale de la bicyclette »

Aujourd’hui comme chaque jour, 3 400 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la circulation.  C’est le bilan de ces accidents dans le monde qui a conduit l’Assemblée générale à adopter, ce matin, une résolution visant l’« amélioration de la sécurité routière », après que la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Amina J. Mohammed, a annoncé la création effective du Fonds des Nations Unies pour la sécurité routière.

L’Assemblée, qui a également proclamé le 3 juin « Journée mondiale de la bicyclette », s’est aussi prononcée sur d’autres sujets, comme la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, et le sauvetage de la mer d’Aral. 

Les accidents de la route, qui sont la principale cause de décès chez les enfants et les jeunes âgés de 15 à 29 ans, font plus de 1,3 million de décès par an et jusqu’à 50 millions de blessés, dont 90% des victimes dans les pays en développement.  Face à cette « crise humanitaire silencieuse », selon les mots de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, une quinzaine de délégations ont fait part de leur inquiétude: au rythme actuel, la cible 3.6 des objectifs de développement durable -diminuer de moitié, à l’échelle mondiale, le nombre de décès et de blessures dus à des accidents de la route- ne sera pas atteinte d’ici à 2020.

La création du Fonds des Nations Unies pour la sécurité routière fait suite à la demande de l’Assemblée générale au Secrétaire général, a indiqué Mme Mohammed en précisant que cet effort doit permettre de soutenir la mise en œuvre du Plan mondial pour la Décennie d’action pour la sécurité routière 2011-2020 et les objectifs de développement durable en rapport avec la sécurité routière.

« Avec ce Fonds et la résolution de ce jour, il existe une nouvelle possibilité de synergie, d’efficacité et d’action coordonnée », s’est-elle félicitée en notant que la communauté internationale a « une chance de sauver la vie de millions de personnes à travers le monde, et de prévenir les blessures, les souffrances et les pertes d’opportunités liées aux accidents de la route ».   

L’Assemblée générale s’est donc félicitée de la mise en place du Fonds et a engagé tous les acteurs de la sécurité routière à y contribuer.  Elle a aussi préconisé la tenue, à un moment opportun après 2020, d’une réunion de haut niveau sur l’amélioration de la sécurité routière dans le monde, qui visera à évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des cibles du Programme 2030 liées à cette question.  Ladite réunion interviendra la même année que la troisième Conférence mondiale sur la sécurité routière qui aura lieu en Suède.

Cette adoption a été l’occasion pour plusieurs délégations de présenter les mesures prises ou envisagées dans la lutte contre les accidents de la circulation dont le coût économique pour certains pays atteint 5% du produit intérieur brut (PIB) annuel.  Pourtant, ont-ils noté, la très grande majorité des décès et des traumatismes dus aux accidents de la circulation sont évitables.  C’est pour renforcer la lutte contre ce fléau que certains ont proposé une nouvelle Décennie d’action pour la sécurité routière entre 2021-2030. 

Dans la résolution adoptée, l’Assemblée encourage également les États Membres à promouvoir des modes de transport de qualité, écologiques, sûrs et accessibles, à un coût abordable, en particulier des modes de transport publics et non motorisés.  Les vélos, qui sont utilisés chaque jour par un milliard de personnes dans le monde, seront d’ailleurs désormais à l’honneur chaque 3 juin pour la « Journée mondiale de la bicyclette ».  Le texte adopté à ce sujet précise que l’utilisation de la bicyclette comme moyen de transport permet d’améliorer la santé de manière générale.

La santé était encore au cœur des préoccupations de l’Assemblée générale lors de cette séance qui a conduit à l’adoption d’une autre résolution prévoyant la tenue d’une réunion de haut niveau sur l’état des lieux de la prévention et de la maîtrise des maladies non transmissibles.  Celle-ci se tiendra à New York au troisième jour du débat général de sa soixante-treizième session.

Par un autre texte, l’Assemblée générale a demandé de renforcer la coopération et la coordination entre le système des Nations Unies et le Fonds international pour le sauvetage de la mer d’Aral qui dépérit depuis des décennies, avec un impact néfaste sur la faune, la flore et la vie des populations.

Par ailleurs, l’Assemblée générale a décidé que le thème principal de la deuxième Conférence de haut niveau des Nations Unies sur la coopération Sud-Sud s’intitulera « Rôle de la coopération Sud-Sud et mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030: difficultés et perspectives ». 

Enfin, elle a autorisé le Secrétaire général à fournir gracieusement des locaux à l’« Association internationale des Représentants permanents auprès de l’Organisation des Nations Unies », une association qui existe depuis 1988. 

AMÉLIORATION DE LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE MONDIALE

Projet de résolution (A/72/L.48)

L’Assemblée générale a adopté par consensus la résolution intitulée « Amélioration de la sécurité routière mondiale » aux termes de laquelle elle se félicite de la mise en place du Fonds des Nations Unies pour la sécurité routière, destiné à appuyer l’action menée en vue de la réalisation des objectifs de développement durable liés à la sécurité routière et des autres cibles mondiales en la matière.  L’Assemblée engage tous les acteurs de la sécurité routière à y contribuer.

L’Assemblée note en effet que les accidents constituent la principale cause de décès et de traumatismes à l’échelle mondiale, tuant plus de 1,3 million de personnes et faisant jusqu’à 50 millions de blessés par an, 90% des victimes étant dans les pays en développement.  Qui plus est, elle se dit préoccupée par le fait que les accidents de la circulation sont la principale cause de décès chez les enfants et les jeunes âgés de 15 à 29 ans.

Au rythme de progression actuel, la cible 3.6 des objectifs de développement durable ne sera pas atteinte, constate l’Assemblée qui invite de nouveau les États Membres et la communauté internationale à intensifier leur collaboration à l’échelle nationale, régionale et internationale, afin d’atteindre les cibles ambitieuses ayant trait à la sécurité routière définies dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Ce texte encourage également les États Membres à promouvoir des modes de transport de qualité, écologiques, sûrs et accessibles, à un coût abordable, en particulier des modes de transport publics et non motorisés. 

L’Assemblée préconise enfin la tenue, à un moment opportun après 2020, d’une réunion de haut niveau sur l’amélioration de la sécurité routière dans le monde, qui visera à évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des cibles du Programme 2030 liées à la sécurité routière.

Avant l’adoption de ce texte, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme AMINA J. MOHAMMED, a souligné le nombre important de morts et de blessés que font les accidents de la route chaque année, se désolant que ces accidents soient la principale cause de décès des jeunes et soient, en outre, responsables de la pauvreté de millions de personnes.  Pas plus tard que la semaine dernière, les réalités personnelles profondément affligeantes derrière de telles statistiques nous ont été rappelées, a-t-elle dit en citant les accidents de la route tragiques au Canada et en Inde et qui ont complètement bouleversé des familles et des communautés.  Elle a présenté ses sincères condoléances à tous ceux qui ont été touchés par ces événements.

Pour l’avenir, Mme Mohammed a souligné l’importance de tenir compte de la croissance de l’urbanisation, de la motorisation, du développement des infrastructures et du nombre de véhicules dans le monde.  C’est pourquoi, a-t-elle plaidé, il faut mettre en place des mesures pour éviter que le nombre de morts et de blessés du fait d’accidents de la route ne continue de s’élever.

La Vice-Secrétaire générale a misé sur la troisième conférence mondiale de haut niveau sur la sécurité routière qui aura lieu en Suède en 2020, espérant qu’elle apporte une contribution importante.  Elle a indiqué qu’après la demande faite par l’Assemblée générale au Secrétaire général, le Fonds des Nations Unies pour la sécurité routière est donc créé pour soutenir la mise en œuvre du Plan mondial pour la Décennie d’action pour la sécurité routière 2011-2020 et les objectifs de développement durable en rapport avec la sécurité routière.  Elle a remercié les entités du secteur privé qui ont promis des contributions initiales au Fonds. 

Maintenant, a invité la Vice-Secrétaire générale, nous devons commencer à mettre en commun nos ressources et notre expertise pour avoir un réel impact sur nos objectifs mondiaux pendant les trois années restantes de la Décennie d’action pour la sécurité routière et au cours de la durée du Programme 2030.  Avec la résolution de ce jour et la création du Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour la sécurité routière, il existe une nouvelle possibilité de synergie, d’efficacité et d’action coordonnée, s’est-elle félicitée.  Et par cette action, « nous avons une chance de sauver la vie de millions de personnes à travers le monde, et de prévenir les blessures, les souffrances et les pertes d’opportunités liées aux accidents de la route ».  Elle a conclu son intervention en lançant un appel à tous les acteurs de la sécurité routière, y compris les États Membres, pour qu’ils contribuent au Fonds et redoublent d’efforts pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de sécurité routière.

M. ALEKSANDR V. GOROVOY, Premier Vice-Ministre de l’intérieur de la Fédération de Russie, a présenté le projet de résolution, avant de saluer la diminution du nombre de morts sur les routes de son pays au cours des six dernières années, qui a baissé d’un tiers du fait des mesures prises par son gouvernement.  Il a expliqué que ce texte se focalise sur le renforcement de la coopération multilatérale pour réduire le nombre de victimes des accidents de la circulation.  Le document souligne qu’une réponse mondiale aux défis de la sécurité routière n’est possible qu’avec la participation de toutes les parties prenantes, y compris le secteur privé et la société civile, a-t-il fait remarquer.

M. GERARDUS VAN DEN AKKER, de l’Union européenne, a dit que l’objectif poursuivi est d’arriver à ce qu’il n’y ait plus de mort sur les routes de l’Union européenne d’ici à 2050.  Le Cadre européen de sécurité routière 2011-2020 guide les efforts des États en ce sens, a-t-il indiqué en énonçant ses priorités, par exemple la réduction des accidents de la route en zone rurale ou encore la protection des usagers vulnérables - les piétons, les cyclistes, les motocyclistes, les enfants et les personnes âgées.  Ces mesures ont permis, s’est-il félicité, la baisse du nombre de morts sur les routes de 20% entre 2010 et 2017.  L’Union européenne voulant faire davantage de progrès, elle a adopté la Déclaration de La Valette en mars 2017, un guide pour l’application du nouveau cadre politique 2020-2030 sur la sécurité routière au sein de l’Union européenne.

Mme ISABELLE F. PICCO (Monaco) a dit que son pays privilégie la prévention et en premier lieu l’éducation des futurs usagers.  Les autorités insistent donc sur l’enseignement des risques et des règles applicables pour chacun des types d’usagers de la route.  Un enseignement, du reste obligatoire, est intégré dans le cursus scolaire dès le collège.  En outre, Monaco punit sévèrement les usagers qui adoptent des comportements dangereux tels que la conduite sous l’emprise d’alcool ou de substance psychoactive, a précisé la représentante.

Le Ministre des infrastructures du Luxembourg, M. FRANÇOIS BAUSCH, a regretté que 3 400 personnes perdent la vie chaque jour du fait des accidents de la circulation dans le monde.  Le nombre de morts dans ces circonstances sur 200 jours est équivalent à la population de son pays, a-t-il dit en imaginant ainsi le Luxembourg rayé de la carte de la terre en une si courte période.  Il a rappelé que dans les années 1970, le Luxembourg comptait 100 décès par an du fait des accidents de la circulation.  En 2010, on en était à 32, soit une baisse de 68%, s’est-il enorgueilli avant de citer un éventail de mesures prises par son gouvernement qui vise maintenant l’objectif de zéro décès.

Mme SIGRUN RAWET (Suède) a dit que son pays serait honoré d’accueillir, en 2020, la troisième Conférence mondiale de haut niveau sur la sécurité routière.  Dans son pays, les autorités travaillent à rendre concrète la stratégie « vision zéro » adoptée en 1997 pour réduire les pertes en vies humaines des suites d’accidents de la route.

M. MAJID YAHYA KHALIFA AL MUGHAIRI (Oman) a salué la réduction des accidents de la route dans le sultanat, et ce, malgré l’augmentation considérable du nombre de voitures en circulation sur son territoire.

Le Prince MICHAEL DE KENT, membre de la famille royale du Royaume-Uni, a rendu hommage au réseau routier britannique qui est « l’un des plus sûrs au monde ».  Cela est dû aux mesures prises par son gouvernement qui a vu passer le nombre de morts sur les routes de 7 000 en 1931, quand le pays comptait à peine 2,3 millions de véhicules, à 1 700 de nos jours avec pourtant 38 millions d’automobiles.  Sur le plan international, le Ministère britannique du développement international (DFID) participe à des programmes de sécurité routière de la Banque mondiale. 

M. LLEW O’BRIEN, membre du Parlement d’Australie, a indiqué que son pays avait adopté une approche sûre dans le domaine de la sécurité routière, insistant sur l’importance de l’échange d’expériences et de bonnes pratiques entre États sur la question.  C’est dans cette optique que l’Australie a accueilli les manifestations de la Semaine de la sécurité routière de 2017 des pays du Pacifique occidental.

M. ANDRIAN CANDU, Président du Parlement de Moldova, a plaidé pour des mesures législatives, des campagnes de sensibilisation et la mise en place d’infrastructures adéquates afin de réduire le nombre de victimes d’accidents de la route.  Son pays a vu une baisse des morts sur ses routes de 30% entre 2010 et 2016, mais vit une remontée des chiffres ces derniers temps. 

Mme SOFYA SIMONYAN (Arménie) a témoigné que les campagnes de sensibilisation sur la sécurité routière sont de mise dans son pays, notamment dans les régions rurales.  Le but est de connecter les producteurs locaux aux marchés pour lutter contre la pauvreté, mais en toute sécurité.

M. CESAR V. SARMIENTO (Philippines) a parlé des sept mesures clefs prises par son gouvernement, y compris des lois.  Ces mesures concernent l’usage obligatoire de ceintures de sécurité; le port obligatoire du casque pour les motocyclistes; la lutte contre l’usage de l’alcool et des drogues par les usagers de la route; l’interdiction aux motocyclistes de transporter des enfants; la lutte contre les distractions pour ceux qui sont pris en flagrant délit d’utilisation de téléphone au volant; les limitations de vitesse partout; et les tests antidrogues auxquels sont soumis les usagers de la route voulant faire prolonger leur permis de conduire.

M. FREDERICO SALOMÃO DUQUE ESTRADA MEYER (Brésil) a insisté pour sa part sur la nécessité de mobiliser un engagement politique renforcé et de disposer de davantage de fonds si l’on veut réaliser la cible 3.6 des objectifs de développement durable d’ici à 2020.  La tolérance zéro en matière d’usage de l’alcool par les automobilistes a permis de faire baisser le nombre de victimes des accidents de la route dans son pays, a-t-il noté.  En janvier dernier, la Congrès brésilien a approuvé une loi qui vise la diminution de moitié du nombre de victimes de la route d’ici à 10 ans.  Il a rappelé que c’est le Brésil qui avait abrité la deuxième Conférence mondiale de haut niveau sur la sécurité routière en 2015.

Mme OLGA SEHNALOVÁ (République tchèque) a salué particulièrement la directive européenne qui a établi un numéro vert des secours sur les routes, le 112, une mesure qui a le potentiel de sauver 2 500 vies par an.

M. LOK BAHADUR POUDEL CHHETRI (Népal) a souligné que le territoire de son pays est constitué à 85% de montagnes, ce qui rend difficile la construction des routes.  Il a également attiré l’attention sur le caractère dangereux du transport sur ces routes de montagne ainsi que son coût élevé.

Mme GIRON (Espagne) a dit que son pays avait connu son record de morts sur les routes en 1989, soit 5 940.  L’Espagne a ensuite connu, entre 2004 et 2014, une réduction de 62% du nombre d’accidents de la route.  Le pays entend réviser sa stratégie nationale de sécurité routière afin d’y intégrer les vélos et d’impliquer davantage les communautés locales et la société civile dans la prévention, notamment les victimes d’accidents et les membres de leur famille.  Elle a également prôné la recherche et l’innovation en matière de sécurité routière.  Un thème qui sera débattu la semaine prochaine au cours de la septième assemblée générale de l’Observatoire ibéro-américain sur la sécurité routière, a-t-elle annoncé.

M. ALADE AKINREMI BOLAJI (Nigéria) a indiqué que son pays avait créé en octobre 2017 un fonds d’affectation spéciale pour les routes afin d’accélérer la mise en place d’infrastructures routières.  Ce fonds bénéficie d’un budget de 37 millions de dollars rien que pour 2018 et entend débloquer 700 millions de dollars au cours de la prochaine décennie afin de sauver cinq millions de vie et éviter 50 millions de blessés au Nigéria du fait des accidents de la route.

M. MODEST JONATHAN MERO (République-Unie de Tanzanie) a relevé que son pays était l’un des plus atteints par les accidents de la circulation du fait des comportements des usagers de la route qui conduisent en état d’ébriété, ne portent pas de casque à moto ou de ceinture de sécurité en voiture.  Les autorités entendent renforcer le cadre législatif entourant la sécurité routière et améliorer la collecte des données relatives aux accidents de la route, a-t-il dit avant de mentionner aussi l’introduction de cours sur la sécurité routière dès le primaire.

Mme LIANA GHUKASYAN, de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a parlé des accidents de la route comme d’une « crise humanitaire silencieuse » car peu évoquée par les décideurs malgré le 1,3 million de morts par an dans le monde.  En attendant la fin de la Décennie mondiale, elle a invité les États à mettre en œuvre les 12 objectifs généraux volontaires concernant les facteurs d’insécurité routière et des mécanismes de prestation de services.

M. DAVID ASHLEY BAGWELL (États-Unis) a dit que son pays se dissociait de certains paragraphes du dispositif, précisant notamment que ce texte n’est pas contraignant et ne donne pas lieu à des engagements financiers de la part des États Membres.  Il a insisté sur le fait que chaque pays est libre d’appliquer ce texte en tenant compte de ses propres priorités nationales et de sa législation, rappelant en outre que les « normes techniques » dont il est fait mention dans le préambule ne sont pas des normes approuvées par l’Assemblée générale de l’ONU et pourraient prêter à confusion.  

Adoption de la résolution sur « Le sport au service du développement et de la paix: édification d’un monde pacifique et meilleur grâce au sport et à l’idéal olympique » (A/72/L.43)

Le 3 juin sera désormais la Journée mondiale de la bicyclette en vertu de ce texte adopté par consensus par l’Assemblée générale.  L’Assemblée encourage ainsi les États Membres à adopter des politiques et des mesures destinées à protéger activement les piétons et à promouvoir l’utilisation de la bicyclette comme moyen de transport, en vue d’améliorer la santé de manière générale, s’agissant en particulier de la prévention des blessures et des maladies non contagieuses.

Les États Membres devront adopter les meilleures pratiques et les moyens permettant de promouvoir l’utilisation de la bicyclette auprès de tous les membres de la société, encourage l’Assemblée qui se félicite, à cet égard, des initiatives visant à organiser des promenades à bicyclette aux échelles nationale et locale en tant que moyen de fortifier la santé et le bien-être physiques et mentaux et de développer une culture du cyclisme dans la société.

En présentant ce texte, Mme AKSOLTAN ATAEVA (Turkménistan) a indiqué qu’environ un milliard de personnes se déplacent à vélo chaque jour dans le monde.  La Journée entend donc célébrer cet outil qu’utilisent les Hommes depuis déjà deux siècles, à la fois pour le transport et pour le sport.

Décision sur la question « Application et suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées par les Nations Unies dans les domaines économique et social et dans les domaines connexes » (A/72/L.47)

L’Assemblée générale a décidé que le thème principal de la deuxième Conférence de haut niveau des Nations Unies sur la coopération Sud-Sud s’intitulera « Rôle de la coopération Sud-Sud et mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030: difficultés et perspectives ».

Après l’adoption de cette décision, le délégué de l’Égypte, au nom du Groupe des 77 et la Chine (G77), a tenu à préciser que la coopération Sud-Sud ne remplace pas la coopération Nord-Sud mais la complète.  Le G77 attend également que le Corps commun d’inspection présente, d’ici à la fin de la soixante-douzième session de l’Assemblée générale, un rapport sur les progrès de la mise en œuvre des recommandations formulées par cette dernière sur le renforcement du Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud.

Le représentant des États-Unis a dit que son pays estime que l’on n’a pas besoin de se servir de plateformes multilatérales comme l’ONU pour glorifier des actions de coopération bilatérale de dirigeants de certains pays.

La Représentante de l’Union européenne a proposé que la résolution annuelle de l’Assemblée générale sur la coopération Sud-Sud soit désormais remplacée par une décision portant sur le document final qui sera adopté au cours de la deuxième Conférence de haut niveau des Nations Unies sur la coopération Sud-Sud.

Adoption d’une résolution sur le thème « Développement durable » (A/72/L.42)

Dans cette résolution, intitulée « Coopération entre l’Organisation des Nations Unies et le Fonds international pour le sauvetage de la mer d’Aral » et adoptée par consensus, l’Assemblée générale note qu’il importe de renforcer la coopération et la coordination entre le système des Nations Unies et le Fonds international pour le sauvetage de la mer d’Aral.  Elle invite le Secrétaire général à tenir à cette fin des consultations régulières avec le Président du Comité exécutif du Fonds dans le cadre des structures et mécanismes interorganisations compétents.  L’Assemblée invite également les institutions spécialisées et les divers organismes, fonds et programmes des Nations Unies, ainsi que les institutions financières internationales, à resserrer leurs liens de coopération avec le Fonds international pour le sauvetage de la mer d’Aral.

En présentant ce texte, Mme AKSOLTAN ATAEVA (Turkménistan) a expliqué la nécessité de sauver ce lac qui fut, dans les années 1960, le quatrième plus large du monde, abritant la pratique de ports et l’exploitation de pêcheries.  Ce lac s’est rétréci au cours des cinq dernières décennies et se retrouve maintenant 15 fois plus petit que sa taille originelle.  Le niveau des eaux a baissé de 29 mètres, a encore indiqué la représentante en précisant que sa surface est désormais formée de 5,5 millions d’hectares de sel et de sable, ce qui a un effet néfaste sur la faune, la flore et la vie des populations.

La représentante du Kirghizistan a fait valoir que son pays s’était retiré du Fonds international pour le sauvetage de la mer d’Aral du fait des mésententes entre ses membres.  Son pays est ouvert à tout consensus pour le rendre plus efficient et réceptif aux besoins et priorités des États concernés.

Le représentant de l’Afghanistan a dit que son pays était prêt à continuer de coopérer avec le Fonds international pour le sauvetage de la mer d’Aral auprès duquel il a le statut d’observateur.

Adoption d’une résolution sur la question de la « Suite donnée aux textes issus du Sommet du Millénaire » (A/72/L.46

Toujours par consensus, l’Assemblée générale a adopté la résolution intitulée « Portée, modalités, forme et organisation de la troisième Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles ».

Elle décide ainsi de faire convoquer, par son président, une réunion de haut niveau d’une journée dédiée à l’état des lieux de la prévention et de la maîtrise des maladies non transmissibles, qui se tiendra à New York, au troisième jour du débat général de sa soixante-treizième session, de 10 heures à 13 heures et de 15 heures à 18 heures.  Cette réunion de haut niveau portera sur le thème suivant: « Développer les solutions multipartites et multisectorielles de prévention et de maîtrise des maladies non transmissibles dans le contexte du Programme de développement durable à l’horizon 2030 ».

La réunion de haut niveau devra déboucher sur l’adoption d’un document final concis et pragmatique, qui s’inspirera des opportunités et des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des précédents engagements, qui fera l’objet d’un consensus préalable obtenu au terme de négociations intergouvernementales, et que son président présentera à l’Assemblée pour adoption.

Après l’adoption de cette résolution, le représentant des États-Unis a dit que son pays était prêt à partager son expérience dans la lutte contre les maladies non transmissibles. 

Adoption d’une résolution sur le « Renforcement du système des Nations Unies » (A/72/L.45)

La résolution sur l’« Association internationale des Représentants permanents auprès de l’Organisation des Nations Unies » a également été adoptée par consensus par l’Assemblée générale.  Présentée par le Honduras, qui a qualifié cette association d’« atout pour les Nations Unies et pour la communauté internationale », ce texte invite les États Membres de l’ONU à appuyer les travaux de l’Association et engage les représentants permanents actuellement en fonctions et leurs prédécesseurs à participer aux manifestations et réunions qu’elle organise.

Par ce texte, l’Assemblée autorise le Secrétaire général à continuer de fournir gracieusement des locaux à l’Association, dans les limites des ressources disponibles, et à remplacer son bureau actuel par un espace plus adapté où l’Association pourra tenir ses réunions.  Elle lui demande également de doter l’Association d’une page Web distincte qui sera hébergée dans la section consacrée aux délégués du site Web de l’Organisation et dont le contenu sera fourni par l’Association et complété occasionnellement par des informations sur ses activités récentes.

Après l’adoption de ce texte, le délégué du Bélarus, M. ANDREI DAPKIUNAS, a tenu à préciser que cette association, créée en 1988, n’est « pas un club de loisirs, ni un syndicat d’ambassadeurs ».  C’est plutôt un « outil sous-estimé » permettant de briser les murs du formalisme des Nations Unies, a-t-il précisé.   

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