Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur l’attaque perpétrée contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies dans la région de Mopti, au Mali

SC/13090-PKO/690
24 novembre 2017

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur l’attaque perpétrée contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies dans la région de Mopti, au Mali

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de novembre, M. Sebastiano Cardi (Italie):

Les membres du Conseil de sécurité ont condamné dans les termes les plus énergiques l’attaque perpétrée le 24 novembre 2017 contre un convoi de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dans la région de Mopti (Mali), au cours de laquelle au moins un soldat de la paix burkinabé a été tué et d’autres ont été blessés.

Les membres du Conseil ont exprimé leurs sincères condoléances et leur profonde sympathie aux familles, ainsi qu’au Gouvernement burkinabé et à la MINUSMA, et formulé des vœux de rétablissement prompt et complet à l’intention des blessés.  Ils ont aussi rendu hommage aux soldats de la paix qui risquent leur vie.

Les membres du Conseil ont demandé au Gouvernement malien de mener sans tarder une enquête sur cette attaque et d’en traduire les auteurs en justice.  Ils ont souligné que les attaques dirigées contre les soldats de la paix pouvaient constituer des crimes de guerre au regard du droit international.  Ils ont souligné également que le fait de préparer, de donner l’ordre de commettre, de financer ou de commettre des attaques contre des soldats de la paix de la MINUSMA était passible de sanctions en application des résolutions du Conseil de sécurité.

Les membres du Conseil ont réaffirmé que le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, constituait l’une des menaces les plus graves contre la paix et la sécurité internationales.  Ils ont souligné que les auteurs, organisateurs et commanditaires de ces actes de terrorisme inqualifiables et ceux qui les finançaient devaient être traduits en justice.  Ils ont souligné également que les responsables de ces meurtres devaient répondre de leurs actes et engagé vivement tous les États à coopérer activement à cette fin avec toutes les autorités compétentes, comme le droit international et les résolutions du Conseil leur en faisaient l’obligation.

Les membres du Conseil ont redit que tous les actes de terrorisme étaient criminels et injustifiables, quels qu’en soient les motivations, le lieu, le moment et les auteurs.  Ils ont redit également que tous les États devaient combattre par tous les moyens, conformément aux obligations que leur imposait la Charte des Nations Unies et aux autres obligations que leur imposait le droit international, notamment le droit international des droits de l’homme, le droit international des réfugiés et le droit international humanitaire, les menaces que les actes de terrorisme faisaient peser sur la paix et la sécurité internationales.

Les membres du Conseil ont réaffirmé leur plein appui à la MINUSMA et aux forces françaises qui la soutiennent.  Ils ont redit qu’ils soutenaient fermement le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali, Mahamat Saleh Annadif, et la MINUSMA dans leur contribution à l’action menée par les autorités et le peuple maliens pour installer durablement la paix et la stabilité dans leur pays, notamment l’appui apporté par la MINUSMA à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.  Ils ont salué la détermination des gouvernements du Groupe de cinq pays du Sahel (G5 Sahel) à prendre les choses en main en vue de lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, notamment en menant des opérations militaires conjointes transfrontalières de lutte contre le terrorisme.

Les membres du Conseil se sont dits préoccupés par les conditions de sécurité au Mali et la dimension transnationale de la menace terroriste dans la région du Sahel.  Ils ont exhorté les parties maliennes à appliquer pleinement l’Accord sans plus tarder.  Ils ont aussi noté que la pleine application de l’Accord et l’intensification des efforts pour surmonter les menaces asymétriques pouvaient contribuer à améliorer la situation en matière de sécurité dans tout le pays.  Ils ont souligné que l’action menée par la Force conjointe du G5 Sahel afin de lutter contre les activités des groupes terroristes et d’autres groupes criminels organisés contribuerait à sécuriser la région du Sahel.

Les membres du Conseil ont souligné également qu’il importait que la MINUSMA dispose des capacités nécessaires, y compris de compagnies spécialisées en convois de combat, pour s’acquitter de son mandat et promouvoir la sûreté et la sécurité des soldats de la paix des Nations Unies, conformément à la résolution 2364 (2017) du Conseil de sécurité.

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