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SC/12818
11 mai 2017

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur la Guinée-Bissau

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de mai, M. Elbio Rosselli (Uruguay):

Les membres du Conseil de sécurité se sont déclarés profondément préoccupés par la persistance de la crise politique et institutionnelle en Guinée-Bissau du fait de l’incapacité des acteurs politiques à s’entendre sur une solution consensuelle durable, situation à l’origine de l’impasse actuelle.

Les membres du Conseil ont salué l’action menée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), se sont félicités de la visite effectuée par la mission ministérielle de haut niveau de la CEDEAO à Bissau les 23 et 24 avril 2017 dans le but d’évaluer et de mesurer l’état de la mise en œuvre des Accords de Conakry, et ont souligné à cet égard qu’il était nécessaire que la communauté internationale reste mobilisée et continue de soutenir les efforts régionaux déployés pour trouver une solution à l’impasse politique.

Les membres du Conseil ont pris note du communiqué final publié par la mission ministérielle et réaffirmé le caractère central des Accords de Conakry, qui constituent le principal cadre pour le règlement de la crise politique.  Le Conseil a engagé les parties prenantes bissau-guinéennes à s’abstenir de tout acte qui pourrait aggraver les tensions et inciter à la violence et à respecter strictement les Accords de Conakry et la feuille de route de la CEDEAO pour régler leurs divergences et relever les défis que connaît leur pays.

Les membres du Conseil ont invité le Président José Mario Vaz à nommer un premier ministre dans les conditions prévues par les dispositions des Accords de Conakry.

Les membres du Conseil se sont déclarés préoccupés par la situation de la population civile en Guinée-Bissau, qui subit les répercussions négatives de la crise politique, ont exhorté tous les acteurs politiques à placer l’intérêt du peuple bissau-guinéen au-dessus de tout, et ont à cet égard invité les dirigeants bissau-guinéens, notamment le Président, le Président du Parlement et les responsables des partis politiques, à donner suite à l’engagement qu’ils ont pris d’instaurer la stabilité politique en Guinée-Bissau en lançant un véritable dialogue, y compris sur la révision constitutionnelle, et en trouvant un terrain d’entente pour un règlement rapide de la crise politique.

Les membres du Conseil ont rappelé que la mise en œuvre des Accords de Conakry pouvait être un moyen de rétablir la confiance des partenaires et permettre à la communauté internationale de tenir les engagements pris à la conférence de Bruxelles en mars 2015 en faveur du programme « Terra Ranka » et du développement de la Guinée-Bissau.

Les membres du Conseil se sont félicités de la non-ingérence des forces de défense et de sécurité dans la situation politique en Guinée-Bissau et les ont exhortées à garder cette même attitude.

Les membres du Conseil ont réaffirmé leur détermination à continuer de suivre la crise politique actuelle et se sont dits prêts à prendre les mesures nécessaires pour faire face à l’aggravation de la situation en Guinée-Bissau.

Les membres du Conseil ont salué l’action menée par la Mission de sécurité de la CEDEAO en Guinée-Bissau (ECOMIB) pour renforcer la stabilité dans le pays, pris note de la décision prise par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO de retirer l’ECOMIB du 28 avril au 30 juin 2017, et exhorté la communauté internationale à apporter tout l’appui nécessaire en vue d’assurer le transfert complet et sans heurt de l’architecture de sécurité aux forces nationales de défense et de sécurité.

Les membres du Conseil ont rappelé que la Commission de consolidation de la paix apportait une contribution importante à l’instauration d’une paix durable en Guinée-Bissau, et se sont réjouis de l’action vigoureuse que la Commission mène auprès des parties prenantes concernées sur le terrain et des organisations régionales en vue de favoriser les efforts tendant à un règlement politique.

Les membres du Conseil ont exprimé leur profonde préoccupation devant les problèmes que pose la criminalité transnationale organisée et devant les autres grands dangers qui pèsent sur le pays, comme le trafic de drogues, l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme et les menaces terroristes.

Les membres du Conseil ont exprimé leur soutien au Représentant spécial Modibo Touré ainsi qu’aux organisations sous-régionales et les ont engagés à continuer de se coordonner et de collaborer étroitement avec toutes les parties prenantes en vue du règlement de la crise politique en Guinée-Bissau.

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