Pour aider les pays en développement, la Conférence sur les océans lance un appel à la lutte contre la pêche illégale et la surpêche

MER/2052
7 juin 2017
Conférence sur les océans, Matin & après-midi

Pour aider les pays en développement, la Conférence sur les océans lance un appel à la lutte contre la pêche illégale et la surpêche

Le Sous-Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a appelé, aujourd’hui, à la fin « des pratiques de pêche destructrices », à l’origine d’une perte de 80 milliards de dollars par an, et de la pêche illégale, évaluée entre 10 et 23 milliards de dollars par an.  Une exploitation plus durable des océans, a estimé la Vice-Présidente de la Banque mondiale, permettrait de prévenir ces pertes et revenus illégaux au profit des pêcheurs artisanaux des petits États insulaires en développement (PEID) et des pays les moins avancés (PMA).

Il est « inacceptable » qu’un tiers des stocks de poissons dans le monde soient surexploités, a dénoncé, le Sous-Directeur général de la FAO, lors du dialogue de partenaires sur « la pérennisation des pêches », à la troisième journée de la Conférence des Nations Unies sur les océans.  Cette Conférence, qui se déroule du 5 au 9 juin au Siège de l’ONU, vise à soutenir la mise en œuvre de l’objectif 14 du Programme de développement durable à l’horizon 2030, relatif à la conservation et l’exploitation durable des océans, des mers et des ressources marines. 

Selon les données de la FAO, la consommation des produits de la mer ne cesse d’augmenter, avec des prises annuelles de 95 millions de tonnes de poissons, alors même que la part des stocks de poissons considérés comme biologiquement pérennes est passée de 90% en 1974 à 69% en 2013. 

Parallèlement, la surpêche, a déclaré le Sous-Directeur général de la FAO, occasionne des pertes économiques annuelles d’un montant de 80 milliards de dollars, liées aux « pratiques de pêche destructrices » et à la « pêche fantôme », qui tuent les poissons avec des engins de pêche abandonnés, perdus ou rejetés.

À cela s’ajoutent les méfaits de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, dont la FAO estime qu’elle représente 11 à 26 millions de tonnes de prises de poissons par an, pour un revenu global allant de 10 à 23 milliards de dollars.

Ces pertes économiques et revenus illégaux sont d’autant plus dommageables, a souligné le Ministre des pêches du Canada et Coprésident du dialogue, que le « secteur de la pêche est l’épine dorsale de nombreuses économies ».  En effet, a-t-il rappelé, plus de trois milliards de personnes dans le monde dépendent des stocks de poissons pour leur apport quotidien en protéines animales et environ 300 millions de personnes comptent sur la pêche maritime pour leurs moyens de subsistance. 

Les participants au dialogue ont, par exemple, appelé au durcissement des sanctions, au développement de systèmes satellitaires pour identifier, en temps réel, les navires se livrant à la pêche illégale, à la fin des « subventions délétères » qui poussent à la surpêche, à la production et à l’échange de données scientifiques pour pouvoir élaborer des politiques publiques plus adaptées.

Ils ont aussi appelé à une meilleure traçabilité des produits pour empêcher la mise sur le marché de poissons pêchés illégalement, à l’expansion des zones nationales de protection marine et à la protection de la pêche artisanale, sans oublier la création de partenariats entre États, industrie de la pêche et ONG environnementales.

« Nous devons parvenir à une croissance bleue », a résumé le Sous-Directeur général de la FAO, entendant par-là la promotion d’une pêche plus respectueuse de l’environnement marin.  La Vice-Présidente de la Banque mondiale a justement insisté sur le lien entre la surpêche et la situation fragile des petits pêcheurs, lors du second dialogue sur l’augmentation des retombées économiques de l’exploitation durable des ressources marines pour les petits États insulaires en développement (PEID)  et les pays les moins avancés (PMA).

Les milliards de pertes occasionnées par la surpêche nuisent d’abord aux pêcheurs artisanaux des PEID et des PAM, a-t-elle souligné, en pointant un doigt accusateur sur la pêche industrielle.  Il faut, a-t-elle préconisé, taxer les grands bateaux de pêche pour augmenter les bénéfices des petits pêcheurs.

Le Premier Ministre de la Grenade et Coprésident du dialogue a aussi jugé utile d’investir davantage dans les technologies marines et a encouragé les gouvernements à mettre en place des institutions de promotion de « l’économie bleue », arguant que les PEID et PMA ne peuvent attendre que les pays développés décident enfin de respecter leurs engagements en matière de transfert des technologies.  

La Conférence des Nations Unies sur les océans poursuivra ses travaux demain, jeudi 8 juin, à partir de 10 heures, avec la cérémonie de commémoration de la Journée mondiale des océans.

DIALOGUE DE PARTENAIRES « PÉRENNISATION DES PÊCHES » (A/CONF.230/6)

Les participants au dialogue étaient invités à se pencher sur la question de la pérennisation des activités de pêche, conformément à la quatrième cible de l’objectif 14 du Programme de développement durable à l’horizon 2030 relatif à la conservation et à l’exploitation durable des océans, des mers et des ressources marines.  La quatrième cible appelle spécifiquement à, d’ici à 2020, « réglementer efficacement la pêche, mettre un terme à la surpêche, à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et aux pratiques de pêche destructrices et exécuter des plans de gestion fondés sur des données scientifiques, l’objectif étant de rétablir les stocks de poisson le plus rapidement possible, au moins à des niveaux permettant d’obtenir un rendement constant maximal compte tenu des caractéristiques biologiques ».

« Le secteur de la pêche est l’épine dorsale de nombreuses économies », a rappelé M. Dominic LeBlanc, Ministre des pêches, des océans et de la Garde côtière canadienne et Coprésident de ce dialogue, précisant que la pêche commerciale et l’aquaculture injectent environ neuf milliards de dollars dans l’économie canadienne chaque année et créent un grand nombre d’emplois.  Outre son pays, M. LeBlanc a rappelé que plus de trois milliards de personnes dans le monde dépendent des stocks de poisson pour leur apport quotidien en protéines animales et que 300 millions de personnes comptent sur la pêche maritime pour leurs moyens de subsistance. 

L’augmentation continue de la consommation de poisson dans tous les pays, a estimé le Ministre canadien, s’accompagne d’une « nécessité accrue de mieux gérer les ressources océaniques en parallèle ».  C’est d’autant plus urgent qu’un tiers des stocks de poissons dans le monde sont actuellement surexploités au-delà de ce qui est considéré comme durable, a jugé M. Arni Mathiesen, Sous-Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Selon les données de la FAO, le total des prises de poisson annuelles s’élève aujourd’hui à 95 millions de tonnes, soit bien plus que les années précédentes, et la part des stocks de poisson considérés comme biologiquement pérennes est passée de 90% en 1974 à 69% en 2013.  « Cette situation est inacceptable », a déclaré le Sous-Directeur général de la FAO, appelant à lutter contre la surpêche, et en particulier contre les pratiques de pêche destructrices et la « pêche fantôme », qui tuent les poissons avec des engins de pêche abandonnés, perdus ou rejetés.

Au nombre de ces pratiques de pêche destructrices, le représentant des Tuvalu a estimé que la pêche illégale, non déclarée et non réglementée était l’un des plus grands fléaux des petits États insulaires en développement comme le sien.  Outre l’épuisement des stocks de poisson, ces pratiques illégales sont sources de pertes économiques considérables, a ajouté le représentant du Gabon, estimant que la pêche illégale est responsable de plus d’un milliard de dollars de pertes pour son pays.  Faisant écho à ces préoccupations, le représentant des Vanuatu a regretté le manque de coopération internationale pour mettre fin à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée.

Nous ne pouvons pas non plus tout attendre de la coopération internationale, a estimé l’animateur du dialogue, M. Anthony Long, spécialiste de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée auprès de l’ONG « PEW Charitable Trust ».  Chaque État, a-t-il affirmé, doit prendre ses responsabilités pour lutter contre ces pratiques.  À titre d’exemple, M. Oumar Gueye, Ministre des pêches et de l’économie maritime du Sénégal et Coprésident de ce dialogue de partenaires, a déclaré que son pays avait pris des mesures pour réprimer plus durement la pêche illégale.  Désormais, a-t-il dit, les bateaux pratiquant cette pêche au large des côtes sénégalaises peuvent se voir infliger une amende allant jusqu’à deux millions de dollars.  « Et si le bateau est pris une seconde fois, il est confisqué », a-t-il affirmé.

Parallèlement au durcissement des sanctions, le représentant de la Thaïlande a déclaré que son pays avait développé un système technologique innovant permettant d’établir un rapport électronique sur les navires pêchant dans les eaux territoriales, afin de mieux repérer et appréhender ceux qui se livrent à des activités de pêche illégale.  Conscient de la nécessité d’un système satellitaire mondial permettant d’identifier, en temps réel, les navires se livrant à la pêche illégale, le représentant de Microsoft a indiqué que son entreprise travaillait actuellement avec les gouvernements et ONG pour faire avancer rapidement ce projet.  La lutte contre la pêche illégale doit également aller de pair avec la lutte contre l’exploitation des pêcheurs, a estimé la représente de l’Organisation internationale du Travail (OIT), soulignant que de nombreux pêcheurs étaient victimes de travail forcé.  « L’océan est un lieu de travail et les pêcheurs ont droit à un travail décent », a-t-elle insisté.

Outre l’éradication de la pêche illégale, le Sous-Directeur général de la FAO a appelé les États à mettre fin aux « subventions délétères » qui poussent à la surpêche et encouragent des pratiques irresponsables.  « Nous devons parvenir à une croissance bleue », à savoir la consolidation d’une pêche respectueuse de l’environnement marin.  De ce point de vue, le représentant de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a dit avoir bon espoir que la prochaine Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui aura lieu en décembre prochain à Buenos Aires, se solde par l’adoption d’un accord sur l’élimination des subventions « délétères » à la pêche.

Tout en soulignant la nécessité d’aménager la limitation des subventions en fonction des besoins spécifiques des pays en développement, M. Karl Brauner, Directeur général adjoint de l’OMC, a souligné que son organisation fournissait un cadre de négociations adapté à l’élimination des subventions.  Il a toutefois souligné la difficulté de parvenir à un traité contraignant, car, a-t-il dit, éliminer les subventions présuppose la prise en compte du cycle reproductif des différentes espèces de poissons et de l’impact des différentes pratiques de pêche.  Cela exige, a-t-il ajouté, des données scientifiques précises.  Or, à l’heure actuelle, a estimé Mme Jennifer Dianto Kemmerly, Directrice de l’Aquarium de Monterey Bay, aux États-Unis, la communauté internationale n’a manifestement pas les données sur la performance environnementale des pratiques de pêches, y compris l’aquaculture, qui croît rapidement.  Selon elle, la gestion des stocks de poisson doit davantage s’appuyer sur la recherche et la production de données scientifiques transparentes et fiables.  Elle a ainsi appelé à mieux mesurer les performances environnementales des pêches en s’appuyant sur les codes de bonne conduite de la FAO. 

S’il faut produire des données scientifiques supplémentaires pour élaborer des politiques publiques plus adaptées, le partage des informations scientifiques déjà disponibles doit également être amélioré, a argué la représentante de l’Islande.  Selon son homologue des Îles Marshall, l’amélioration de la chaîne de traçabilité des produits de la mer doit également contribuer à améliorer la diffusion de ces informations pour sensibiliser les consommateurs finaux à la pêche durable.  Le représentant du Forum économique mondial a justement salué la signature par 48 grandes entreprises de pêche, lundi 5 juin dernier, de la « Déclaration de traçabilité Thon 2020 », dans laquelle elles s’engagent à empêcher la mise sur le marché du thon pêché illégalement.

De nombreux intervenants ont par ailleurs mis l’accent sur la nécessité pour les États de renforcer leur législation environnementale.  L’une des solutions les plus efficaces, a en effet estimé le Ministre des pêches, des océans et de la Garde côtière canadienne, est d’étendre les zones de protection marine, sur la base de données et faits scientifiques probants.  Le Canada s’est engagé à atteindre l’objectif de conservation de 10% de ces eaux d’ici à 2020.  Le Ministre des pêches et de l’économie maritime du Sénégal a quant à lui indiqué que son pays avait pris des dispositions pour défendre la pêche artisanale, en lui réservant un espace dédié à l’intérieur des eaux territoriales, dans lequel les grandes entreprises et les gros bateaux n’ont pas le droit de pêcher.  Il a également précisé que son pays avait augmenté la taille légale des poissons pouvant être péchés, afin de laisser le temps aux stocks de se renouveler.

Au-delà du cadre national, la coopération régionale est également fondamentale, a ajouté M. Milton Haughton, Directeur exécutif adjoint du Mécanisme régional de gestion des pêches des Caraïbes (CRFM).  Il a souligné le rôle de son Mécanisme pour prendre des mesures de gestion des pêches dans les Caraïbes, l’une des régions les plus concernées par la surpêche, mais aussi pour pousser à la création de partenariats régionaux multipartites.  Dans ces partenariats pour promouvoir des produits durables, le secteur privé a également un rôle important à jouer, a estimé la Directrice de l’Aquarium de Monterey Bay.  Elle a indiqué que de nombreuses initiatives en cours allait dans ce sens, y compris dans l’industrie de la crevette en Asie du Sud-Est, où plusieurs petits entrepreneurs se sont associés avec des ONG pour formuler un protocole d’amélioration de l’industrie aquacole de la crevette adapté à leurs besoins.  « Mais les gouvernements sont souvent absents » de ces initiatives, a-t-elle regretté, appelant à créer des partenariats incluant à la fois les États, les ONG et les entreprises de pêche.

Dialogue de partenaires « Augmentation des retombées économiques pour les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés et accès aux ressources marines et aux marchés pour les petits pêcheurs »

Les océans offrent un large éventail d’avantages aux pays les moins avancés (PMA) et aux petits États insulaires en développement (PEID).  Dans ces pays, la pêche est très souvent artisanale et les statistiques montrent que les travailleurs impliqués dans cette activité représentent plus de 90% des employés du secteur de la pêche à l’échelle mondiale. 

Ces constats qui étaient au cœur des échanges de ce dialogue ont guidé la mise en place de la cible 14.7 du Programme de développement durable à l’horizon 2030 qui prévoit que « d’ici à 2030, il faut faire mieux bénéficier les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés des retombées économiques de l’exploitation durable des ressources marines, notamment grâce à une gestion durable des pêches, de l’aquaculture et du tourisme ».

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a ainsi établi des « Lignes Directives d’application volontaire visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté ».  Pour soutenir les pêcheurs locaux, Kiribati a, par exemple, augmenté la taxe sur les grands bateaux de pêche, mobilisant ainsi un revenu fiscal supplémentaire de 800 millions de dollars par an, a expliqué Mme LAURA TUCK, Vice-Présidente pour le développement durable au Groupe de la Banque mondiale.  Elle a relevé que l’enjeu pour les PEID et les PMA est de réduire la pêche industrielle tout en augmentant les bénéfices pour les pêcheurs artisanaux, dans un contexte international où le monde perd 80 milliards de dollars par an à cause de la surpêche.  Pour résoudre ce problème, la déléguée du Danemark a indiqué que son pays accorde davantage de licences aux petits pêcheurs dont l’impact sur les stocks de poisson est faible, tout en privilégiant les femmes.   

Peut-être faut-il commencer par exploiter toutes les richesses des fruits de mer, a préconisé M. MITCHELL LAY, Coordonnateur du Réseau caribéen des organisations de pêcheurs, qui a expliqué qu’en plus de la chair, les écailles de poisson peuvent aussi optimiser les bénéfices des petits pêcheurs.  Il a appelé les États à mettre en place un cadre législatif pour la promotion de la pêche artisanale, à organiser les communautés des pêcheurs et à renforcer leurs capacités.  Jugeant nécessaire que les pêcheurs soient davantage impliqués dans la prise de décisions les concernant, il a demandé:« combien de petits pêcheurs y-a-t-il dans cette salle? ».  Chez nous, a argué le Président de Nauru, ces petits pêcheurs vivent de la pêche au thon alors leur pays veut bien contribuer aux efforts mondiaux de conservation.  Les bailleurs de fonds devraient donc apporter une assistance technique et financière pour diversifier la pêche, voire développer d’autres moyens de subsistance.  

D’autant plus que selon la FAO, la pêche illicite, non déclarée et non règlementée priverait l’économie mondiale de 10 à 23 milliards de dollars.  C’est pourquoi elle a élaboré, en 2009, l’Accord relatif aux mesures du ressort de l’État, entré en vigueur le 5 juin 2016, et qui est le premier traité international contraignant qui vise à prévenir, contrecarrer et éliminer ce type de pêche.  Mme MEG TAYLOR, Commissaire pour l’océan Pacifique, a relevé que 80% des fruits de la pêche n’entrent pas dans l’économie formelle des pays du Pacifique, et il est crucial que ces derniers pays collaborent et initient des partenariats.

L’Australie appuie des organisations de pêcheurs des PEID du Pacifique.  Deux millions de dollars ont été débloqués pour la démarcation des frontières maritimes de ces pays, alors que quatre autres millions sur quatre ans seront dévolus à la lutte contre la pêche illégale.  Le pays entend également soutenir, grâce à un fonds de quatre millions de dollars, les petites communautés de pêcheurs de certains pays du Pacifique.

Le représentant de l’organisation Rare a promis que son ONG va mobiliser 100 millions de dollars pour renforcer les pêcheries communautaires dans les PEID et les PMA.  La déléguée de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a aussi promis que son organisation allait bientôt publier un manuel de procédure pénale pour lutter contre la pêche illégale.  La Nouvelle-Zélande, a annoncé sa représentante, entend aussi investir 54 millions de dollars pour le contrôle des mers dans la région.  Elle a aussi plaidé pour l’abolition des « subventions nuisibles » et l’accès des petits pêcheurs aux marchés internationaux.  

La nature principalement artisanale ou traditionnelle de la pêche dans les PMA et les PEID, coexistant côte à côte avec la pêche industrielle, rend plus difficile l’application des normes internationales imposées par les principaux marchés importateurs.  Il apparaît donc extrêmement difficile pour les petits exploitants d’assurer l’homogénéité dans la qualité, la sécurité et les pratiques de manutention, ainsi que le transport et l’emballage des poissons en respectant les normes internationales strictes.  L’espoir reste de mise car la FAO a annoncé quatre engagements volontaires, dont l’un est de promouvoir la croissance bleue dans les PEID grâce à un investissement de 60 millions de dollars.

La diversification de l’économie est la voie à suivre, a tout de même souligné la représentante de Sainte Lucie qui a proposé que les PEID investissent dans l’agriculture côtière, voire dans le tourisme, a ajouté le Premier Ministre de la Grenade.  Il faut également investir dans les technologies marines.  Il a par exemple salué le fait qu’en Afrique australe, certaines communautés de pêcheurs peuvent fixer les prix en consultant sur leur téléphone portable les tendances du marché.  C’est pour promouvoir les technologies que le Gouvernement de la Grenade s’est engagé à créer un organe de promotion de l’économie bleue, parce que les PEID et les PMA ne peuvent tout simplement pas attendre que les pays développés se décident à respecter leurs engagements en matière de transfert des technologies.  

À Kiribati, nous sommes prêts à nous ouvrir aux innovations, a dit sa déléguée, tandis que le Ministre de l’environnement de l’Estonie et Coprésident du dialogue, M. MARKO POMERANTS, s’est justement enorgueilli des innovations en matière de gouvernance électronique par exemple du fait que les pêcheurs peuvent y obtenir leur licence en ligne.

Le Premier Ministre de la Grenade et Coprésident du Dialogue, M. KEITH MITCHELL a introduit la dimension « tourisme ».  La valeur touristique d’un requin est de 33 000 dollars alors que le prix des ailerons de requin est de 22 dollars, a justement fait observer M. MOHAMMED SHAINEE, le Ministre des pêches et de l’agriculture des Maldives.  Le tourisme représente déjà 25% du produit intérieur brut (PIB) des PEID, a rappelé Mme FEKITAMOELOA KATOA ‘UTOIKAMANU, Haute-Représentante pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement.  Ce secteur peut donc constituer un catalyseur du développement durable, en particulier l’écotourisme qui s’appuie sur l’implication et la responsabilisation des communautés locales s’agissant de la gestion et de la protection des ressources marines.

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