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CS/13053
2 novembre 2017
8083e séance – matin

Face aux déplacements massifs de population, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés encourage le Conseil de sécurité à assumer sa part de responsabilité

De retour du Bangladesh, où il a été témoin, à la frontière avec le Myanmar, de « l’exode de réfugiés le plus rapide depuis les mouvements massifs de population du milieu des années 90 », le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, M. Filippo Grandi, en a, ce matin, appelé au leadership du Conseil de sécurité pour mettre fin à une crise mondiale qui n’a de cesse de s’aggraver.

« Lorsque mon prédécesseur s’est exprimé pour la dernière fois devant ce Conseil, c’était en janvier 2009, lors d’une intervention pendant laquelle M. António Guterres avait prévenu que le monde entrait dans une période de crises interdépendantes profondes », a déclaré M. Grandi.  « Presque neuf ans plus tard, cette sombre perspective est devenue une réalité frappante », a-t-il reconnu. 

Le nombre de personnes contraintes au déplacement à travers le monde approche les 66 millions, comparé à 42 millions il y a huit ans.  Parmi elles, 17,2 millions de réfugiés sont sous la responsabilité du HCR, « soit une hausse de 70% par rapport à 2009 », a précisé le haut fonctionnaire.  L’Iraq, ainsi que la Syrie, marquée par un conflit « cataclysmique » ayant jeté 11 millions de personnes sur la route, représentent à eux deux pas moins d’un quart des déplacés dans le monde.

Comment expliquer une telle hausse?  L’apparition de nouveaux foyers de crise dans des régions caractérisées par une faible gouvernance, comme en Libye, au Mali, en Ukraine, au Yémen et dans le bassin du lac Tchad, est un élément de réponse.  Ils sont venus s’ajouter à ceux qui, après une embellie passagère, ont connu des revers, par exemple au Burundi, au Soudan du Sud ou encore en République centrafricaine.  Sans compter l’enlisement de situations qui durent depuis des décennies pour certaines, comme celles des réfugiés afghans en Iran et au Pakistan, et qui peinent à absorber les « ondes de choc sociales, économiques et politiques qu’entraîne l’afflux de réfugiés ».

Cette forte hausse du nombre de déplacements forcés reflète aussi, a analysé M. Grandi, les faiblesses de la coopération internationale, et le « déclin des capacités » à prévenir, contenir et résoudre les conflits, dans une logique où « les intérêts de court terme » sont privilégiés au détriment de la « stabilité collective durable ».

« Sommes-nous devenus incapables de négocier la paix? » s’est demandé le Haut-Commissaire, en adressant cette question au Conseil de sécurité, dont la « raison d’être », a-t-il souligné, est le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Si des mesures importantes ont été prises depuis l’adoption en 2016 de la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, a-t-il reconnu, seule une mobilisation pour rétablir la sécurité, résoudre les conflits et bâtir la paix permettra de trouver une solution au problème des réfugiés.

Prévention des crises; rôle des Casques bleus pour sécuriser l’accès humanitaire; renforcement de la capacité des États à faire face à l’afflux de réfugiés et de migrants et à les réinstaller; et recherche d’une paix durable: telles ont été les recommandations du Haut-Commissaire, alors que la communauté internationale s’apprête à adopter deux nouveaux traités mondiaux en 2018 -le pacte mondial sur les réfugiés et le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières- conformément à l’engagement pris par les États Membres en vertu de la Déclaration de New York.

Les membres du Conseil, dont certains sont directement touchés par la crise des réfugiés, ont favorablement accueilli les suggestions de M. Grandi.  Cela a été le cas de l’Éthiopie, qui a renouvelé son engagement à rester un pays d’accueil pour les Somaliens tout en insistant sur une meilleure répartition du « fardeau », ou encore de l’Italie, qui avait convoqué cette réunion, un des temps forts de la présidence des travaux du Conseil de sécurité par son pays en novembre.

« Sans réponse globale ni renforcement de la coopération entre pays d’origine, de transit et de destination, nous continuerons d’assister à de nouveaux flux de migrants et de réfugiés, toujours plus considérables », a mis en garde le Sous-Secrétaire d’État italien aux affaires étrangères et à la coopération internationale, M. Vincenzo Amendola, en assurant que les deux pactes évoqués « constituent une avancée pour prévenir et traiter les causes profondes de ces migrations forcées ».

Pour l’Italie, il faut investir dans les pays d’origine et de transit, protéger les réfugiés et les migrants les plus vulnérables –femmes, enfants et personnes handicapées–, et mettre en valeur les multiples aspects positifs des flux migratoires.  Si le nombre effrayant -un demi-million- de Rohingya ayant fui du Myanmar vers le Bangladesh a préoccupé les membres du Conseil, M. Amendola a attiré l’attention sur le cas de la Libye, où il est crucial d’améliorer la protection des demandeurs d’asile, des réfugiés, des déplacés et des migrants, à la lumière de la hausse potentielle du nombre de candidats au départ, « dans des conditions précaires et sans sécurité ».

« L’accueil des réfugiés est non seulement un devoir moral mais aussi une obligation au regard de nos engagements internationaux », a estimé de son côté le représentant de la France, en rappelant que son pays vient de lancer les premières « missions de protection » en vue de la réinstallation des réfugiés en Europe dans le cadre du Plan d’action pour la Méditerranée centrale.

Une autre façon de protéger les réfugiés serait de leur offrir une « citoyenneté universelle », a proposé le délégué de la Bolivie en indiquant que son pays réfléchissait à la question.

À la suite du Haut-Commissaire, le Sous-Secrétaire d’État italien a mis en avant la responsabilité directe du Conseil de sécurité, en l’appelant à « répondre aux attentes de ces millions de personnes qui comptent sur nous pour restaurer la paix ».  Le représentant de l’Uruguay a d’ailleurs souhaité que le Haut-Commissaire s’exprime devant le Conseil une fois par an.

EXPOSÉ DU HAUT-COMMISSAIRE DES NATIONS UNIES POUR LES RÉFUGIÉS

M. FILIPPO GRANDI, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a indiqué qu’il y a quelques semaines, il se trouvait au Bangladesh, à la frontière avec le Myanmar, témoin de l’exode de réfugiés le plus rapide depuis les mouvements massifs de population du milieu des années 90.  « Une situation qui illustre les conséquences des causes profondes d’un conflit lorsqu’elles ne sont pas prises en compte et que la relation entre un État et une partie de sa population s’est rompue », a analysé le haut fonctionnaire.  Partout dans le monde, les pays frontaliers de zones de crise peinent à absorber les ondes de choc sociales, économiques et politiques qu’entraîne l’afflux de réfugiés, tandis que les conséquences de conflits irrésolus se font ressentir partout dans la région.  Si la protection des réfugiés est une obligation juridique, elle contribue aussi à la stabilité régionale et mondiale, a ajouté M. Grandi.

Lorsque son prédécesseur s’est exprimé pour la dernière fois devant ce Conseil en sa qualité de Haut-Commissaire, c’était en janvier 2009, lors d’une intervention où il avait prévenu que le monde entrait dans une période de crises interdépendantes profondes.  « Presque neuf ans plus tard, cette sombre perspective est devenue une réalité frappante », a constaté M. Grandi.  Le nombre de personnes contraintes au déplacement à travers le monde approche les 66 millions, comparé à 42 millions en 2009.  Parmi elles, 17,2 millions de réfugiés sont placés sous la responsabilité du HCR, soit une hausse de 70% par rapport à 2009.  Le conflit « catastrophique » en Syrie a poussé 11 millions de personne à fuir leurs foyers, la Syrie et l’Iraq représentant un quart des personnes déplacées au niveau mondial.

Or, de nouvelles crises ont éclaté en Libye, au Mali, en Ukraine, au Yémen, et dans le bassin du lac Tchad, a poursuivi le Haut-Commissaire.  Nombre d’entre elles sévissent dans des zones caractérisées par l’absence de gouvernance, et résultent d’une combinaison de facteurs tels que la pauvreté et le sous-développement, la détérioration de l’environnement, les inégalités et la persécution.  Dans le nord de l’Amérique centrale, la violence des gangs est devenue une des principales raisons des déplacements de population, a noté le chef du HCR.  Certaines situations de crise qui semblaient s’être stabilisées, comme au Burundi, au Soudan du Sud ou encore en République centrafricaine, ont connu des revers, provoquant de nouveaux départs de populations, a observé M. Grandi, qui s’est également alarmé de l’enlisement de crises prolongées, comme celles des réfugiés afghans en Iran et au Pakistan.  Quant à l’attaque terroriste commise à Mogadiscio le mois dernier, elle est, à ses yeux, la sanglante illustration de l’instabilité touchant la Somalie. 

Cette forte hausse du nombre de déplacements forcés à travers le monde reflète aussi les faiblesses de la coopération internationale, et le déclin des capacités à prévenir, contenir et résoudre les conflits, dans une logique où les intérêts de court terme sont privilégiés au détriment de la stabilité collective durable, a-t-il estimé.  « Sommes-nous devenus incapables de négocier la paix? » s’est demandé M. Grandi, en adressant cette question au Conseil de sécurité, dont la « raison d’être » est le maintien de la paix et de la sécurité.  Depuis l’adoption de la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, des mesures importantes ont été prises à tous les niveaux pour concrétiser le « pacte mondial » en faveur de ces infortunés.  Mais une réponse complète au problème ne pourra être trouvée qu’au moyen d’une action visant à rétablir la sécurité, à résoudre les conflits et à bâtir la paix, a plaidé le haut fonctionnaire.

Dans ce contexte, le Conseil de sécurité pourrait s’engager dans cinq domaines en particulier, a-t-il suggéré.  Le premier est la prévention, a dit M. Grandi, en citant en exemple l’action décisive lancée en janvier dernier pour dénouer la crise en Gambie.  Le second est selon lui le rôle crucial que peuvent jouer les Casques bleus, notamment en sécurisant davantage les opérations humanitaires, comme cela pourrait être le cas au Kasaï, en République démocratique du Congo (RDC). 

Le Haut-Commissaire a ensuite identifié un phénomène croissant, celui des mouvements migratoires dans des situations particulièrement instables.  Ils se produisent le plus souvent dans des environnements où les institutions de l’État sont faibles ou absentes, comme le long de l’itinéraire qu’empruntent les migrants depuis l’Afrique subsaharienne jusqu’à l’Italie, parcours pendant lequel ils s’exposent à de nombreux abus.  Actuellement, avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le HCR œuvre à la mise en place d’un « ensemble complet de mesures de protection et de solutions dans les pays d’origine, de transit et d’accueil », destinées à prendre en compte les causes profondes de ces mouvements, tout en renforçant la capacité des États à faire face à l’afflux de réfugiés et de migrants et à les réinstaller. 

Le quatrième domaine évoqué par le Haut-Commissaire est la recherche d’une paix durable, une démarche qui est déterminante pour trouver une solution à la problématique du déplacement.  Il a mentionné les résultats obtenus par les acteurs régionaux pour mettre fin à une grave crise politique en Côte d’Ivoire, permettant le retour de 250 000 réfugiés dans le pays.  « Mais c’est malheureusement une exception », a regretté M. Grandi, qui a indiqué qu’à peine un demi-million de réfugiés sont rentrés chez eux cette année dans le monde.  Il a toutefois placé des espoirs dans le processus de paix en Colombie, même s’il ne s’est pas encore traduit par des solutions significatives pour les réfugiés et les personnes déplacées.  Comme dernière orientation, M. Grandi a plaidé pour que la protection des réfugiés reste une priorité tant que les solutions ne sont pas trouvées, ce qui doit se faire notamment par un soutien aux pays d’accueil.  Le Haut-Commissaire a cité à ce propos les situations actuelles en Syrie et en Iraq.  « Les populations déracinées comptent sur le leadership du Conseil de sécurité pour parvenir à des solutions », a-t-il ajouté en conclusion.

Déclarations

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a souligné le niveau alarmant des déplacements à l’échelle mondiale.  Aucune tendance encourageante n’est constatée s’agissant de la réponse de la communauté internationale pour y remédier, a-t-il dit.  Il a rappelé que l’une des situations les plus graves en Afrique se trouvait en Somalie.  Mon pays accueille des réfugiés provenant de Somalie et du Soudan du Sud, a-t-il poursuivi, avant de pointer du doigt le partage inégal du fardeau entre les pays dans l’accueil des réfugiés.  Il a plaidé pour la création de conditions propices et sûres au retour volontaire des réfugiés dans leurs foyers.  Il faut trouver des solutions politiques durables aux conflits, a poursuivi le délégué éthiopien qui a appelé la communauté internationale à favoriser le retour des réfugiés somaliens dans leur pays.  La seule approche valable est la prévention des conflits et la pérennisation de la paix, a affirmé M. Alemu.  Il a mis en garde contre une politisation de la question des réfugiés et appelé le Conseil à préserver son unité lorsqu’il est saisi de ce dossier.  Enfin, le délégué a promis que l’Éthiopie continuerait d’ouvrir ses frontières aux réfugiés et de leur apporter une protection internationale.

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni) a commencé son allocution par l’histoire tragique d’une mère rohingya dans l’État Rakhine.  Il a souligné le rôle unique du Conseil pour remédier à la situation au Myanmar et atténuer les souffrances des réfugiés.  Nos méthodes ne fonctionnent pas, a-t-il dit, en soulignant l’acuité de la crise des réfugiés.  Il faut encourager l’autonomisation des réfugiés et appuyer les pays accueillant un grand nombre de réfugiés, a affirmé M. Rycroft.  Le délégué a insisté sur le rôle vital du HCR en appui des efforts des gouvernements, notamment au Myanmar et au Bangladesh.  Le HCR devra néanmoins, comme d’autres entités onusiennes, se réformer, a-t-il déclaré.  Le délégué a demandé davantage de transparence et un nombre accru de programmes pluriannuels.  Nous devons accroître nos efforts pour mettre en œuvre cette nouvelle vision et définir de nouvelles méthodes, a conclu le représentant du Royaume-Uni. 

Mme IRINA SCHOULGIN-NYONI (Suède) a dit sa préoccupation devant la situation au Myanmar et au Bangladesh et encouragé les États Membres à contribuer financièrement à la réponse apportée pour y remédier.  Jugeant cruciale une solution politique, elle a appuyé la voie esquissée par le Secrétaire général pour y parvenir.  Cela inclut la fin de la violence, un accès humanitaire sans entrave et une réponse à la question de la citoyenneté des Rohingya, a-t-elle affirmé. 

La déléguée a demandé une aide accrue au HCR afin d’appuyer sa réponse non seulement aux crises « qui font les gros titres » mais aussi aux crises oubliées comme en République démocratique du Congo.  Elle a souhaité l’apport d’aides « souples » au HCR.  L’incapacité à résoudre un conflit a pour conséquence des déplacements massifs de population, a-t-elle dit, en prenant l’exemple de la crise syrienne.  La déléguée de la Suède a souligné l’importance de prévenir les conflits.  C’est la mission de l’ONU et de ce Conseil, a-t-elle affirmé.  Elle a aussi demandé le plein respect du droit humanitaire et des droits de l’homme en vue de protéger la vie, la santé et la dignité des personnes prises au piège des conflits, faisant en outre remarquer que « la moitié des réfugiés sont des enfants ».

Elle a ensuite salué les pays et communautés accueillant en leur sein des réfugiés en soulignant la nécessité de leur apporter un appui.  En œuvrant ensemble, la communauté internationale et les pays hôtes peuvent fournir aux réfugiés les moyens de subvenir à leurs besoins, maximisant, ce faisant, la contribution que ces réfugiés peuvent apporter à leur communauté d’accueil, a poursuivi la déléguée suédoise.  Le nouveau pacte mondial sur les réfugiés fournira un cadre crucial pour apporter des réponses complètes aux déplacements de grande échelle et prolongés, a-t-elle déclaré.  En conclusion, la déléguée a souhaité un nouvel échange de vues avec M. Grandi en 2018. 

Le Haut-Commissariat pour les réfugiés est « une boussole qui doit guider notre action », a affirmé M. FRANÇOIS DELATTRE (France).  Rappelant que l’insécurité et les violations massives des droits de l’homme sont les causes premières de déplacement, il a rappelé qu’il appartenait au Conseil de sécurité d’y remédier dans le cadre de son mandat de gardien de la paix et de la sécurité internationales.  Il a aussi noté que le transfert forcé de populations pouvait constituer un crime contre l’humanité au sens du Statut de Rome, et que le Conseil avait, là aussi, la responsabilité de prévenir de tels crimes. 

Le représentant a condamné les attaques perpétrées depuis le 25 août dernier contre les populations rohingya dans « l’État de l’Arakan », un « nettoyage ethnique » qui a déjà forcé plus de 600 000 personnes à traverser la frontière.  Il a rappelé les trois priorités adressées aux autorités birmanes: cesser les opérations militaires, rétablir un accès sûr et sans entrave de l’aide humanitaire, afin de permettre ensuite, le retour sûr, volontaire et durable des réfugiés.  Il a appelé la communauté internationale à appuyer le Bangladesh, qui accueille des centaines de milliers de réfugiés, son pays ayant contribué à hauteur de 2,7 millions d’euros lors de la Conférence des donateurs du 23 octobre.  Le dialogue entre la Birmanie et le Bangladesh sur le retour des réfugiés doit associer le HCR, a-t-il estimé en demandant aussi de prendre en compte les causes profondes de la crise, et particulièrement la question de la citoyenneté et de l’égalité des droits pour toutes les personnes appartenant à la communauté rohingya.

Observant ensuite que le nombre de réfugiés centrafricains présents dans les pays voisins avait atteint un niveau similaire à ce qu’il était au plus fort de la crise, en 2013, M. Delattre a dénoncé une dégradation de la situation sécuritaire dans l’est et le nord-ouest de ce pays, imputable à des affrontements entre des groupes armés « dont le seul but est de s’accaparer les territoires et les ressources naturelles, et de discréditer les autorités centrafricaines et la MINUSCA », la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine.  Pour lui, « la spirale doit être interrompue », notamment grâce à un renouvellement du mandat de la MINUSCA, qui « doit accroître ses moyens humains et recentrer son action sur la protection des civils, du soutien au processus politique et de l’accès humanitaire ».

Enfin, M. Delattre est revenu sur la situation humanitaire en Syrie, rappelant que 11 millions de syriens avaient été déracinés et que quelque 6,3 millions étaient déplacés à l’intérieur du pays, avec un accès humanitaire limité.  Il s’est dit particulièrement préoccupé de la situation des déplacés dans la Ghouta orientale, dans la province d’Edleb et au Bern.  Il a aussi tenu à remercier le Liban, la Jordanie et la Turquie, qui accueillent une grande partie des cinq millions de réfugiés ayant fui la Syrie.

« L’accueil des réfugiés est non seulement un devoir moral mais aussi une obligation au regard de nos engagements internationaux », a conclu M. Delattre, en précisant qu’il fallait renforcer la lutte contre les trafiquants et les passeurs.  La France a ainsi mis en place les premières missions de protection en vue de la réinstallation des réfugiés en Europe dans le cadre du Plan d’action pour la Méditerranée centrale.  Rappelant l’exigence de solidarité via les pays voisins de zones de conflit, en première ligne face aux déplacements de grande ampleur, son pays a également décidé d’augmenter de 10 millions d’euros son soutien financier au HCR et à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a fait savoir M. Delattre, qui a également affirmé que la France avait pris l’engagement de réinstaller 10 000 réfugiés depuis la Turquie, le Liban, la Jordanie, le Niger et le Tchad à l’horizon 2019. 

Mme MICHELE J. SISON (États-Unis) a jugé indispensable pour le Conseil de sécurité d’en faire davantage pour mettre en œuvre les mandats des opérations de maintien de la paix de l’ONU et faire respecter les décisions prises dans cette enceinte.  Alarmée par la situation des Rohingya déplacés à l’intérieur de la « Birmanie » et réfugiés au Bangladesh, elle a salué la solidarité démontrée par ce pays voisin.  Elle a encouragé la « Birmanie » et le Bangladesh à coopérer avec le HCR pour laisser un accès sans entrave aux organisations humanitaires qui doivent aider les réfugiés.  Sa délégation estime également que cette situation illustre le poids que fait peser l’accueil de réfugiés dans des pays qui n’ont souvent pas les moyens de faire face à un tel afflux.

Après avoir qualifié d’« effrayant » le chiffre de 13,5 millions de personnes nécessitant une assistance en Syrie, la représentante a accusé le « régime de Bashar Al-Assad » d’agir clairement à l’encontre du droit international, d’empêcher les organisations humanitaires d’avoir accès aux populations dans le besoin et de poursuivre sa « pratique de détournement de l’aide ».  Mme Sison a ensuite indiqué que son pays avait fourni un total de 8 milliards de dollars d’aide humanitaire en 2017, ce qui constitue un « record », dont une contribution d’un montant de 1,5 milliard de dollars rien que pour le HCR. 

M. EVGENY T. ZAGAYNOV (Fédération de Russie) a déclaré que la crise des réfugiés était une résultante de l’ingérence dans les affaires intérieures des pays en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.  Il a souligné la nécessité d’une aide appropriée pour les pays d’accueil et d’origine des réfugiés, afin de favoriser leur retour dans leur foyer.  Les réfugiés ne doivent pas être l’objet de tractations politiques, a-t-il dit.  Le délégué a en même temps mis en garde contre le danger posé par la présence d’éléments terroristes parmi les réfugiés arrivant dans un pays.

La Fédération de Russie est une contributrice stable au HCR et prend des mesures pour le retour des réfugiés en Syrie, a fait remarquer le représentant.  Il a également indiqué qu’un million d’habitants de l’Ukraine se trouvaient actuellement en Russie qui leur fournit des moyens pour mener une vie digne.  En conclusion, le représentant russe a mentionné l’appui de son pays à l’action du HCR en Ukraine et demandé une évaluation objective des conséquences de la crise humanitaire en Ukraine. 

M. WU HAITAO (Chine) a recommandé de se pencher sur les causes profondes des crises de réfugiés et d’œuvrer à la recherche de solutions afin de permettre leur retour dans leur pays d’origine.  Dans ce contexte, la communauté internationale doit s’abstenir de toute politisation de la question des réfugiés, a préconisé le représentant.  Lors de la table ronde des dirigeants du Sommet de la nouvelle Route de la soie, qui s’est déroulé en juin 2017, la Chine s’est engagée à financer à hauteur de 8 millions de dollars, au travers du Fonds de coopération Sud-Sud, des programmes d’aide aux réfugiés.  Abordant le « problème » de l’État Rakhine, dans le nord du Myanmar, le représentant a estimé que ses causes étaient complexes et profondes.  Il a assuré que le Gouvernement de ce pays s’efforce de trouver une solution, en coopération avec le Bangladesh, souhaitant que la communauté internationale fasse « preuve de patience » pendant que ces efforts sont en cours. 

M. YURIY VITRENKO (Ukraine) s’est particulièrement félicité de l’adoption par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) des cinq directions stratégiques décidées pour la période 2017-2021.  « Vu l’échelle des conflits sur l’échiquier mondial et le nombre toujours plus important de personnes touchées, la réforme du HCR et de ses capacités à répondre aux nouveaux défis est particulièrement bienvenue », a déclaré le représentant.  Pour lui, l’implication des acteurs internationaux du développement dans la recherche de solutions à long terme pour les crises humanitaires est remarquable, et il a encouragé à poursuivre dans cette voie. 

M. Vitrenko a aussi dit son espoir que les engagements historiques pris par les États Membres en septembre 2016, avec la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, mèneront à une mise en œuvre réussie du pacte mondial sur les réfugiés.  L’Ukraine se réjouit particulièrement de l’engagement du HCR à protéger les personnes déplacées à travers le monde, a indiqué le représentant avant de saluer la visite du Haut-Commissaire l’année dernière dans son pays, une visite qui a donné un élan positif dans la réponse à ce problème.  Il y a 1,7 million de personnes déplacées en Ukraine, forcées de quitter leur maison en Crimée et dans certaines parties de Donetsk et Louhansk suite à l’agression militaire russe, a-t-il rappelé à cette occasion.

M. BARLYBAY SADYKOV (Kazakhstan) a plaidé pour des solutions collectives, un leadership visionnaire et une coopération mondiale pour mettre fin aux conflits, défaire les groupes terroristes qui chassent les populations, mettre en œuvre les accords de paix et garantir un accès humanitaire sans entrave.  « Le processus d’Astana qui appuie le processus de Genève en vue d’améliorer la situation en Syrie en est une bonne illustration », selon lui.  Pour le délégué, la protection des civils relève avant tout de la responsabilité des États.  Il a aussi recommandé d’inclure cette question dans les mandats des opérations de paix de l’ONU, ainsi que dans le travail des comités de sanctions du Conseil. 

Le représentant a rappelé qu’une augmentation du taux d’insécurité alimentaire de 1% se traduit par une augmentation de 2% du nombre de réfugiés.  Il a demandé un soutien accru pour le HCR afin d’apporter une aide de première nécessité aux réfugiés.  Le partage du fardeau de l’accueil des réfugiés doit être plus solidaire, a-t-il ajouté avant d’exhorter tous les pays à lutter contre les organisations criminelles qui exploitent réfugiés et migrants.  Nous devons également lutter contre la xénophobie et le racisme, a-t-il poursuivi, en soulignant l’utilité des congrès triennaux de responsables religieux accueillis par son pays.  En conclusion, le délégué a mentionné « l’excellent niveau de coopération » du Kazakhstan avec le HCR et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) notamment. 

M. PEDRO LUIS INCHAUSTE JORDÁN (Bolivie) a déclaré que la communauté internationale est confrontée à la série de crises humanitaires des plus graves dans le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.  Parmi elles, celle qui sévit au Myanmar, d’où un demi-million de Rohingya ont fui vers le Bangladesh, pays que le représentant a félicité pour avoir ouvert ses frontières.  En vue de mettre fin à ces crises, il a recommandé de se pencher sur les racines des conflits, souvent le résultat de « politiques interventionnistes » et de « changements de régime », a estimé le délégué, qui a également dénoncé certains pays qui ferment leurs frontières, « érigent des murs », et promeuvent le racisme, la xénophobie et l’intolérance. 

Le délégué a rappelé qu’en juin dernier, son pays avait proposé de travailler à une « citoyenneté universelle » pour abattre les barrières auxquelles se heurtent les réfugiés.  Certes, le régime de protection des réfugiés a été renforcé depuis l’adoption de la Convention relative au statut des réfugiés en 1951, mais ce régime est aujourd’hui remis en cause par une mise en œuvre lacunaire, a déploré l’intervenant.  Il a ensuite regretté que les programmes du HCR ne soient financés qu’à hauteur de 31%, avant d’exhorter les États Membres à prendre des engagements concrets à l’appui des pays d’accueil.  Ils doivent également œuvrer au retour volontaire des réfugiés et inclure dans leurs programmes de développement des solutions adaptées à leurs besoins spécifiques, en les associant à l’élaboration de telles politiques. 

M. LUIS BERMÚDEZ (Uruguay) a souhaité que le Haut-Commissaire s’exprime devant le Conseil une fois par an.  Il a souligné la relation directe entre les conflits et les flux de réfugiés, avant d’appeler le Conseil à mettre l’accent sur la prévention des conflits.  Mon pays reconnaît le droit d’asile, a-t-il dit en mentionnant le principe fondamental de non-refoulement qui prévaut aux frontières uruguayennes.  « Dans mon pays, tout demandeur d’asile a également droit à recevoir des pièces d’identification jusqu’à ce que sa demande soit tranchée », a-t-il indiqué.  Le délégué a appelé la communauté internationale à envisager la question des réfugiés de manière positive, avant de demander un partage plus équitable du fardeau de leur accueil.  Enfin, M. Bermúdez a promis l’aide constructive de son pays à l’élaboration du pacte mondial sur les réfugiés.

M. KORO BESSHO (Japon) a indiqué que le Japon avait offert cette année une aide de 150 millions de dollars au HCR, par le biais notamment de dons d’urgence pour le Myanmar et le Bangladesh.  Il a regretté que le Conseil de sécurité, qui s’occupe de la crise humanitaire en Syrie depuis six ans, ne soit parvenu à aucune amélioration substantielle.  De son côté, a fait savoir le délégué, le Japon a fourni une assistance aux communautés qui accueillent des réfugiés syriens par le biais des Nations Unies, et a accueilli plusieurs étudiants syriens pour les aider à continuer leurs études au Japon.  « De telles opportunités éducatives peuvent contribuer à construire les capacités de la jeunesse d’aujourd’hui, et permettre ainsi aux jeunes de reconstruire la Syrie de demain ».  Concernant la situation des réfugiés et des personnes déplacées au Myanmar et au Bangladesh, M. Bessho a fait savoir que le Japon avait augmenté de 4 millions de dollars son aide d’urgence en septembre, qui viennent s’ajouter aux 12 millions de dollars déjà fournis plus tôt cette année.

Poursuivant, le délégué a salué les efforts du HCR pour mettre en place le Cadre d’action global pour les réfugiés, un élément important du pacte mondial sur les réfugiés qui sera adopté l’an prochain.  Cette initiative correspond au lien à faire entre l’humanitaire et le développement, comme le soutient le Japon, a expliqué M. Bessho qui a précisé que son pays, sur base de cette idée, avait porté des projets dans les domaines de l’assistance humanitaire et de la coopération au développement, notamment avec le HCR en Ouganda, Iraq et Turquie.  Il a ensuite mis en garde sur le fait que les solutions ne pouvaient pas seulement relever de l’aide humanitaire d’urgence.  « Soutenir l’autosuffisance des réfugiés est essentiel pour le jour où ils se rapatrieront et se réinstalleront. »  Il est donc essentiel de fournir de l’assistance dans la construction de la paix, la réduction de la pauvreté et le développement économique pour stabiliser et empêcher la reprise des conflits, a affirmé en substance le représentant.

M. AMR ABDELLATIF ABOULATTA (Égypte) a évoqué la crise au Myanmar, où un demi-million de réfugiés ont fui une crise « systémique », ainsi que le sort des Palestiniens qui vivent depuis des décennies dans des pays du Moyen-Orient.  Dans ce contexte, la recherche d’une démarche holistique au problème des déplacements de population se fait plus que jamais impérieuse, a estimé le représentant, en assurant que les solutions sécuritaires et la fermeture des frontières ne sont pas constructives.  Aussi a-t-il encouragé le Conseil de sécurité à s’engager en faveur de solutions préventives et à définir une stratégie de long terme pour renforcer la paix dans les pays concernés.  « Guidé par nos convictions profondes, l’Égypte accueille des réfugiés de différentes nationalités, dont nombre jouissent d’un statut similaire à celui des citoyens égyptiens, que ce soit pour les soins de santé ou l’accès à l’éducation », a précisé la délégation.

M. FODÉ SECK (Sénégal) a regretté qu’à une époque où l’humanité dispose, plus qu’auparavant, des ressources et des capacités pour que chaque individu puisse vivre dans la dignité, la communauté internationale en soit encore à la recherche de solutions et de fonds pour résoudre des crises causées par l’homme, qui sont donc évitables.  Il a rappelé que le cadre normatif existant fait obligation aux parties au conflit et aux autres intervenants de ne procéder à aucun déplacement de populations civiles et de prendre des mesures pour prévenir et gérer les déplacements éventuels.  Et quand les gouvernements nationaux ne peuvent ou ne veulent assumer leur responsabilité de protection des déplacés et des réfugiés, alors les acteurs internationaux doivent agir.  C’est pourquoi le Sénégal souligne que le Conseil de sécurité devrait davantage user de tous les moyens dont il dispose pour amener les parties impliquées à mieux assumer leurs obligations vis-à-vis des réfugiés et des déplacés.  Dans cette même optique, les actions internationales devraient être renforcées pour offrir un meilleur soutien aux personnes concernées, ainsi qu’aux communautés d’accueil et de transit, lesquelles se trouvent pour la plupart dans des pays en développement à faible revenu. 

Les partenariats avec les organisations régionales et sous-régionales pourraient aussi améliorer la prise en charge en termes d’accueil, d’insertion, de fourniture de services de base ainsi que de gestion des cas d’apatride.  Les 10 millions d’apatrides enregistrés par le HCR en 2016 témoignent, souligne le Sénégal, de la vulnérabilité des réfugiés face aux risques de perte d’identité.  Il a rappelé que l’Afrique accueille 30% des 65,6 millions de réfugiés et de personnes déplacées.  Pour réduire l’ampleur du phénomène, le Sénégal plaide pour une meilleure prévention des conflits, basée sur des systèmes d’alerte fiables et rigoureux, et sur la nécessité d’une franche coopération avec tous les acteurs concernés, notamment les organisations régionales et sous-régionales.  Il a aussi appelé la communauté internationale à adopter le pacte mondial sur les réfugiés en 2018, et à accompagner les pays en conflit dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable, notamment ceux qui ont un lien avec la problématique des déplacements forcés.  Il l’appelle aussi à promouvoir la culture de la paix en renforçant l’implication des femmes dans la résolution des conflits, et à œuvrer pour des sociétés pacifiques et prospères. 

M. VINCENZO AMENDOLA, Sous-Secrétaire d’État aux affaires étrangères et à la coopération internationale de l’Italie, a assuré que le HCR pouvait compter sur le plein soutien de son pays pour travailler à ses côtés, « du Myanmar à la Libye, de la Somalie au Yémen », pour assurer protection et assistance aux populations civiles.  Il a indiqué que l’Italie avait prévu d’accroître son soutien financier au HCR, restant ainsi l’un de ses principaux donateurs.  Rappelant les chiffres « dramatiques » présentés par le HCR, il a estimé que la communauté internationale faisait face « à l’un des défis les plus sérieux pour la stabilité internationale, en particulier pour le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».  « Nous devons passer d’une attention portée sur les mobilités humaines, à une attention concentrée sur le long terme », a-t-il insisté, saluant l’adoption de la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants en 2016, mais appelant désormais à la mettre en œuvre en respectant les engagements pris à cette occasion.

« Sans réponse globale et renforcement de la coopération entre les pays d’origine, de transit et de destination, nous continuerons de voir de nouveaux et plus vastes flots de migrants et de réfugiés », a mis en garde M. Amendola, souhaitant que le pacte mondial sur les réfugiés et le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, qui doivent être adoptés l’année prochaine, « constituent une avancée pour prévenir et traiter les causes profondes de ces migrations forcées ».

Le Sous-Secrétaire d’État a présenté la position de son pays, basée sur trois actions: investir dans les pays d’origine et de transit, protéger les réfugiés et les migrants les plus vulnérables, mettre en valeur les multiples aspects positifs des flux migratoires.  Pour l’Italie, la priorité est de promouvoir deux principes clefs.  D’abord, les partenariats entre pays d’origine, de transit et de destination, car « il ne suffit pas de combattre le trafic d’êtres humains et ses réseaux, il faut surtout collaborer pour traiter les causes profondes des migrations ».  Ensuite, il faut « partager les responsabilités dans la gestion de ces flux et dans la protection des migrants, particulièrement les plus vulnérables qui sont les femmes, les enfants et les personnes handicapées ».

À propos du pacte mondial sur les réfugiés, le représentant a insisté sur la nécessité de renforcer les réinstallations et de mettre en place des parcours d’admission supplémentaires, « afin de pouvoir gérer les énormes flux actuels liés aux crises en Syrie, en Libye, au Soudan du Sud, en Somalie, en Afghanistan et au Myanmar ».  Il a souligné le cas de la Libye, où il est critique, selon lui, d’améliorer la protection et le soutien aux demandeurs d’asile, aux réfugiés, aux déplacés et aux migrants, à la lumière de la baisse des arrivées en Italie au cours de l’été mais de l’augmentation potentiel du nombre de candidats au départ en Libye, dans des conditions précaires et sans sécurité.  « Accroître la présence du HCR en Libye est importante pour la protection des droits de l’homme dans les camps de réfugiés », a-t-il insisté.

M. Amendola a poursuivi en rappelant le rôle central du Conseil de sécurité dans la prévention et la résolution des conflits, qui restent la cause première des vastes mouvements de migration, soutenant le Secrétaire général et son approche de « pérennisation de la paix ».  Une paix durable ne peut être obtenue, selon lui, que par une approche multidimensionnelle, qui intègre la prévention des conflits, le déploiement éventuel d’opérations de maintien de la paix, la reconstruction postconflit, la réconciliation nationale et un processus de développement économique pérenne.  Il a insisté sur « l’outil extraordinaire » que représentent les opérations de maintien de la paix pour protéger les réfugiés et les migrants, et faciliter leur réinstallation.  Il a mis en avant la responsabilité directe du Conseil de sécurité qui doit agir de manière unie et proactive pour mettre un terme aux crises qui ont généré des flots sans précédent de réfugiés ces dernières années.  « Nous avons une responsabilité première dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, nous devons répondre aux attentes de ces millions de personnes qui comptent sur nous pour restaurer la paix », a-t-il conclu.

Mon pays accueille un million de résidents ukrainiens, a rappelé le délégué de la Fédération de Russie en reprenant la parole.  Peu importe la propagande antirusse de l’Ukraine, ces personnes trouvent une protection dans mon pays, a-t-il affirmé. 

 

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