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CS/12978
4 septembre 2017
8039e séance – matin 

Réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur la RPDC: les États-Unis annoncent un projet de résolution sur des sanctions « plus fermes »

Après l’essai nucléaire que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a effectué hier, dimanche 3 septembre, soit le sixième depuis 2006, le Conseil de sécurité s’est réuni en urgence ce matin à la demande des États-Unis, de la France, du Japon, de la République de Corée et du Royaume-Uni.  Les États-Unis ont annoncé leur intention de présenter un projet de résolution pour répondre à une situation qui n’a jamais atteint un tel niveau: l’impact du dernier essai nucléaire est cinq fois plus important que la bombe larguée sur Hiroshima, selon les experts.  Plusieurs appels ont été lancés pour des mesures plus vigoureuses contre la RPDC mais aussi pour la poursuite de la voie diplomatique dont la reprise des Pourparlers à six.

Les Pourparlers à six n’ont jamais fonctionné, ont tranché les États-Unis, estimant que « l’heure est venue de renoncer aux demi-mesures » après « la gifle » que la RPDC vient de « nous administrer à tous ».  Si mon pays ne veut pas la guerre, a affirmé la représentante américaine, il a toutefois l’intention de défendre ses alliés et son territoire.  « Lorsqu’un régime voyou menace, on ne peut pas baisser la garde », a-t-elle prévenu, ajoutant que « seules les sanctions les plus fermes permettront de résoudre cette crise », une « crise qui dépasse l’ONU ».  Devant l’urgence de la situation, la représentante a annoncé un projet de résolution, réclamant des négociations dès cette semaine pour une adoption lundi prochain.

C’est la deuxième réunion d’urgence que le Conseil de sécurité tient en moins d’une semaine, a rappelé le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Jeffrey Feltman, qui a dénombré 10 réunions consacrées à la RPDC cette année.  Aujourd’hui, s’est-il alarmé, « tout indique que la RPDC pourrait se préparer à de nouveaux essais balistiques ».

C’est donc avec « un profond sentiment de déception, de frustration voire de colère » que le représentant de la République de Corée a parlé.  Il a appelé le Conseil à répondre à cette grave provocation, en adoptant une nouvelle résolution incluant non seulement des mesures additionnelles pour bloquer les fonds qui pourraient servir à financer le programme nucléaire illégal de la RPDC mais aussi des mesures véritablement handicapantes comme l’interdiction d’importer du pétrole et des produits pétroliers. 

Son homologue de la France, appuyé par les représentants du Japon et du Royaume-Uni, a acquiescé, ajoutant l’éventualité de mesures contre le tourisme et les travailleurs nord-coréens.  « Gardons notre sang froid », a conseillé le délégué de la Fédération de Russie, car il faut avouer qu’en se concentrant uniquement sur les sanctions, la communauté internationale n’a pas réussi à résoudre le problème.  Il faut agir « avec calme et pondération », a-t-il argué, en attirant l’attention sur la feuille de route que son pays a proposée avec la Chine, soit « le gel pour gel », comme l’a décrit le représentant de la Bolivie.  Il s’agit, selon les mots de son homologue chinois, d’une approche à deux volets comprenant, d’une part, la dénucléarisation de la péninsule coréenne et le processus de paix dont les Pourparlers à six et, d’autre part, la suspension par les États-Unis et la République de Corée de leurs exercices militaires.  L’objectif est d’apaiser les tensions le plus vite possible, a-t-il expliqué.

Avec la montée des tensions, les risques d’incompréhension, de mauvais calcul et d’escalade sont élevés, a reconnu le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques qui a plaidé, à son tour, pour « une réponse globale, laquelle, pour être efficace, doit inclure « une diplomatie sage et audacieuse ».

M. Jeffrey Feltman est revenu sur les faits: selon la presse nationale, le dernier essai nucléaire a été « une chance très particulière d’atteindre l’objectif ultime d’un État nucléaire ».  L’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) a indiqué que ses stations de surveillance ont évalué la manifestation sismique à une magnitude d’environ 6, les experts situant l’impact entre 50 et 100 kilotonnes, soit cinq fois plus que la bombe larguée sur Hiroshima. 

Le Secrétaire général adjoint s’est inquiété de ce que le Président nord-coréen ait inspecté « une bombe thermonucléaire multifonctionnelle dotée d’une grande capacité de destruction qu’une attaque superpuissante à la bombe électromagnétique peut faire exploser même à haute altitude ».  Il s’agit là, a relevé M. Feltman, d’une rare référence à la bombe électromagnétique. 

Cette posture du « marche ou crève » et l’« aspiration illusoire de devenir une puissance nucléaire » ont été décriées par la République de Corée qui a exhorté son voisin du nord à renoncer à la voie de l’autodestruction.  La RPDC doit choisir la voie de la dénucléarisation qui est la seule option et le bon choix pour sa survie.  « La balle est dans son camp. »

Cette première séance publique du mois de septembre, sous la nouvelle présidence de l’Éthiopie, s’est tenue lors d’un jour férié aux États-Unis, quelques jours après la célébration de la Journée internationale contre les essais nucléaires, comme l’a fait remarquer le représentant de la République de Corée.

NON-PROLIFÉRATION/RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE

Déclarations

M. JEFFREY FELTMAN, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a confirmé la dépêche de l’agence de presse de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) selon laquelle le pays a effectué avec succès un sixième essai nucléaire.  La RPDC a qualifié l’évènement « de succès parfait dans le test d’une bombe à hydrogène pour un missile balistique intercontinental », ajoutant que c’est « une chance très particulière d’atteindre l’objectif ultime d’un État nucléaire ».  Le Secrétaire exécutif de l’Organisation du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) a indiqué, dans une déclaration, que ses stations de surveillance ont relevé une manifestation sismique inhabituelle dans la zone utilisée par la RPDC pour ses essais nucléaires.  L’OTICE a évalué la manifestation à une magnitude d’environ 6, d’autres pays la situant à 6.3.  Il est évident, a prévenu le Secrétaire général adjoint, que l’impact a été bien important que les autres essais nucléaires.  Les experts le situent entre 50 et 100 kilotonnes, soit cinq fois plus que la bombe larguée sur Hiroshima.  L’OTICE a détecté une autre manifestation sismique plus petite sur le site d’essai, 8 minutes 30 après la principale manifestation.  La presse nord-coréenne indique que le leader du pays a inspecté ce qu’elle appelle une bombe à hydrogène, « une bombe thermonucléaire multifonctionnelle dotée d’une grande capacité de destruction qu’une attaque superpuissante à la bombe électromagnétique peut faire exploser même à haute altitude ».  Il s’agit là, a relevé le Secrétaire général adjoint, d’une rare référence à la bombe électromagnétique qui lorsqu’elle est déclenchée par une arme nucléaire produit des dégâts généralisés et paralyse les systèmes électriques et électroniques, y compris les satellites.

Le Conseil, a compté le Secrétaire général adjoint, tient aujourd’hui sa deuxième réunion d’urgence en moins d’une semaine, ayant consacré cette année 10 réunions à la République populaire démocratique de Corée.  Le 31 août dernier, le Ministre des affaires étrangères de la RPDC a publié une déclaration pour rejeter la dernière déclaration présidentielle du Conseil de sécurité et menacer Guam.  Or aujourd’hui, s’est alarmé le Secrétaire général adjoint, tout indique que la RPDC pourrait se préparer à de nouveaux essais balistiques.  Nous sommes, a-t-il avoué, préoccupés par cette provocation dangereuse que le Secrétaire général condamne.  La RPDC est le seul pays à continuer de violer la norme contre les essais nucléaires.  Le Secrétaire général, a confié son adjoint, réitère son appel au leadership du pays pour qu’il cesse de tels actes et respecte pleinement ses obligations internationales en vertu des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Mais avec la montée des tensions, les risques d’incompréhension, de mauvais calcul et d’escalade se multiplient, a prévenu le Secrétaire général adjoint.  Il faut une réponse globale pour briser le cycle des provocations de la RPDC et pour être efficace, cette réponse doit inclure une diplomatie sage et audacieuse.

Mme NIKKI HALEY (États-Unis) a rappelé que, depuis plus de 20 ans, la RPDC défie la communauté internationale.  En 1993, la résolution 825 lui demandait de demeurer dans le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires(TNP) mais elle s’est retirée pour poursuivre son programme nucléaire.  En 2006, les Pourparlers à six ont échoué et, la même année, un premier essai nucléaire a été mené par la RPDC, aboutissant aux premières sanctions à son encontre.  Après un nouvel échec des Pourparlers à six en 2009 et un nouveau tir, le Conseil de sécurité avait décidé un élargissement des sanctions.  Mme Haley a encore rappelé que, en 2012, deux nouveaux tirs dans l’espace avaient conduit à une nouvelle résolution du Conseil de sécurité.

Après le rappel des différents tirs et résolutions subséquentes, la représentante a mentionné le durcissement des sanctions décidé le mois dernier par le Conseil de sécurité.  Si le Conseil a parfois été trop lent ou trop faible, selon Mme Haley, il n’a pas laissé les divisions s’installer.  La représentante s’est dite convaincue que le régime prépare un nouvel essai intercontinental.  Cela suffit, a-t-elle martelé, en faisant remarquer que l’approche actuelle n’a pas fonctionné: les pourparlers n’ont jamais fonctionné.  L’heure est venue de renoncer aux demi-mesures, a-t-elle lancé.  « Nous devons agir avant qu’il ne soit trop tard », a-t-elle exigé, en réclamant les mesures les plus fortes possibles.

Les agissements de Kim Jong Un ne peuvent être considérés comme défensifs, a-t-elle estimé, en y voyant plutôt une intention d’utiliser abusivement les armes nucléaires.  Cela montre, a-t-elle ajouté, qu’il ne demande qu’une chose, la guerre.  Affirmant que ce n’est pas ce que veulent les États-Unis, Mme Haley a exprimé l’intention de son pays de défendre ses alliés et son territoire.  « Lorsqu’un régime voyou menace, on ne peut pas baisser la garde », a-t-elle prévenu.  Il faut épuiser toutes les voies diplomatiques pour régler cette crise et « seules les sanctions les plus fermes permettront de résoudre cette crise qui dépasse l’ONU ».  S’agissant des pays qui travailleront avec la RPDC, elle a prévenu que les États-Unis considéreront qu’ils aident ce pays.

M. KORO BESSHO (Japon) est revenu à l’annonce selon laquelle la RPDC avait réussi à miniaturiser une bombe nucléaire et que, quelques heures après, un sixième essai nucléaire avait été effectué.  Ces actes montrent à quel point la RPDC est « belliqueuse et dangereuse », a-t-il estimé, « ce qui pose un problème à l’ensemble de la communauté internationale ».  Il a appelé le Conseil de sécurité à ne pas perdre de temps et à mettre un terme à ces défis odieux.  Le représentant a fait remarquer que la RPDC est le seul pays à avoir réalisé des essais nucléaires au XXIe siècle.  Après le cinquième essai, la communauté internationale avait exhorté la RPDC à cesser ces actes mais le pays a continué avec un sixième essai, s’est-il alarmé.  En ce qui concerne les tirs de missiles, le Conseil de sécurité a adopté des déclarations fermes, a-t-il aussi rappelé, en soulignant le niveau de gravité jamais atteint.  Ces actes violent clairement les résolutions du Conseil de sécurité, a-t-il fait remarquer, ainsi que les Pourparlers à six.

Si le Japon se félicite que de nombreux pays, les membres du Conseil de sécurité et le Secrétaire général aient déjà publié des déclarations condamnant fermement ces actes, il estime que la communauté internationale doit aller au-delà.  Il faut dire à la RPDC, a réclamé le représentant, que la poursuite de sa politique aura de graves conséquences.  Il faut obtenir de ce pays qu’il change de cap et applique les résolutions à la lettre.  Le représentant a insisté sur la nécessité pour le Conseil de sécurité d’adopter rapidement une nouvelle résolution avec des sanctions plus vigoureuses encore.  Le Conseil de sécurité doit agir et appliquer ses résolutions qui prévoyaient des mesures encore plus sévères en cas de violation.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a constaté qu’hier, la Corée du Nord a franchi, une nouvelle fois, « un seuil majeur vers l’escalade ».  Il a lancé un appel à « la lucidité, avec un profond sentiment de gravité ».  Ne nous y trompons pas: c’est évidemment chacun d’entre nous aujourd’hui qui est concerné, car c’est chacun d’entre nous qui est menacé, a-t-il prévenu.  « La menace à notre sécurité, à la stabilité stratégique et à la paix internationale est grave, elle est majeure et elle est mondiale » a-t-il poursuivi.  Le représentant a dénoncé l’obsession de la RPDC de posséder un arsenal nucléaire opérationnel destiné à changer les équilibres non seulement régionaux mais aussi mondiaux.  Aujourd’hui, la menace n’a pas seulement évolué, elle a acquis une nouvelle dimension.  « Les missiles balistiques intercontinentaux nord-coréens constituent désormais un danger tous azimuts », s’est expliqué le représentant.  Le temps nous est compté car Pyongyang n’hésite pas et n’hésitera pas, au prix du sacrifice de sa population, à s’affranchir des règles les plus élémentaires que nous avons érigées, en matière de non-prolifération et au-delà.  Il s’agit d’une remise en cause majeure et revendiquée de tous les fondements de notre système de droit et de sécurité que nous ne pouvons pas accepter, a estimé le représentant.  Il en va de notre crédibilité. 

« À ceux qui pensent que la volonté de dialogue de la communauté internationale manquerait, la situation actuelle est malheureusement loin d’offrir les conditions d’une négociation. »  Face à un tel mépris du droit international et de l’autorité de ce Conseil, nous ne devons pas transiger, a martelé le représentant.  La violation de nos propres décisions ne peut faire l’objet d’un marchandage.  Nous ne pouvons pas nous laisser dicter notre réaction.  Seule une réponse collective ferme peut avoir une efficacité pour réussir à ramener la Corée du Nord, sans condition, à la table des négociations.  Le représentant a prôné la poursuite de la mise en œuvre des sanctions existantes, « pleinement et avec responsabilité ».  Elles ne sont pas une fin en soi mais elles ont leur efficacité.  Face à la nouvelle évolution, la France, a-t-il dit, soutient l’adoption rapide de nouvelles sanctions, notamment dans le domaine économique et sectoriel, s’agissant du pétrole, du tourisme et des travailleurs nord-coréens et de mesures sur le plan diplomatique.  La France s’engagera rapidement dans un travail similaire au sein de l’Union européenne.  La Corée du Nord devra assumer les conséquences de son entêtement acharné, a prédit le représentant.  L’unique réponse en ce moment est une politique d’intransigeance sans ambigüité et le démantèlement des programmes nord-coréens doit rester notre objectif commun.  Face à cette menace aigüe et d’une extrême gravité, la France saura être à la hauteur des responsabilités qui lui ont été octroyées, a conclu le représentant.

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni) a indiqué que c’est la deuxième fois que le Conseil de sécurité condamne la RPDC en moins d’une semaine et que le monde retient son souffle.  L’essai nucléaire d’hier est le plus important jamais enregistré, a indiqué le représentant qui a rappelé que le Conseil de sécurité a déjà adopté huit résolutions contre la RPDC qui continue pourtant de développer son programme de missile balistique et nucléaire.  C’est une situation sans précédent et troublante.  Le représentant a noté que les sanctions actuelles contre la RPDC portent leurs fruits, notamment les mesures contre les exportations de marchandises.  Elles compliquent la tâche de la RPDC pour financer son programme nucléaire.  Les déclarations enragées de la RPDC contre ces mesures sont la preuve de leur efficacité, a insisté le représentant face à un pays qui préfère développer son programme nucléaire plutôt que de veiller au bien-être de son peuple.  

Le Conseil de sécurité devrait condamner l’essai nucléaire effectué hier, a estimé le représentant, en prévenant qu’un retour à la table des négociations sans volonté réelle de la RPDC est voué à l’échec.  Le Royaume-Uni estime que de nouvelles sanctions sont nécessaires.  Il faut aller plus loin, s’agissant des flux financiers vers Pyongyang et des travailleurs nord-coréens, a-t-il préconisé.

M. LIU JIEYI (Chine) a fermement condamné le nouvel essai de la RPDC, exhortant cette dernière à répondre favorablement à la communauté internationale qui lui demande de dénucléariser la péninsule coréenne et de ne pas prendre de mesures qui aggravent la situation.  La Chine n’acceptera ni le chaos ni la guerre dans la péninsule, a prévenu le représentant, avant d’appeler à des mesures pratiques pour atténuer les tensions et empêcher toute détérioration de la situation.  Il a plaidé pour une approche à deux volets: la dénucléarisation et un processus de paix, d’une part, et la suspension par les États-Unis et la République de Corée de leurs manœuvres en mer.  Cette approche, s’est expliqué le représentant, est la base de la proposition que la Chine présente aux côtés de la Fédération de Russie, l’objectif étant d’apaiser les tensions le plus vite possible.  Grâce au dialogue, nous pourrons garantir la dénucléarisation de la région, a-t-il prédit, en espérant que les parties concernées répondraient à cet appel.

M. VOLODYMYR YELCHENKO (Ukraine) a réitéré la déclaration de son Ministre des affaires étrangères disant que « le programme agressif de missile balistique de Pyongyang pose maintenant une menace réelle non seulement sur les pays voisins mais aussi sur toute la communauté internationale ».  L’Ukraine, qui a renoncé volontairement à son arsenal nucléaire et à ses moyens stratégiques de lancement, regarde les derniers actes de Pyongyang comme une provocation « dangereuse, consciencieuse et audacieuse ».  L’Ukraine juge déplorable que les dirigeants nord-coréens aient, une fois encore, défié manifestement et cyniquement les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité.  

Le représentant a appelé Pyongyang à s’abstenir de toute démonstration de force, à cesser tous ses essais nucléaires sans délai et à entamer un dialogue constructif sans condition préalable afin d’assurer l’abandon complet, irréversible et vérifiable de ses programmes de missiles et nucléaires.  L’Ukraine, a dit le représentant, est prête à rejoindre les autres membres de la communauté internationale, en prenant des mesures fortes et décisives pour réduire les menaces nucléaires et balistiques.  Pour renforcer le régime de non-prolifération nucléaire, le représentant a appelé le Conseil de sécurité à mener une enquête minutieuse sur le développement des programmes nucléaires et balistiques de la RPDC afin de détecter toute aide étrangère.   Il a en effet relevé une certaine persistance et une certaine clarté dans la politique de Pyongyang et son mépris du droit international et des nombreux appels contre ses activités illégales.  Pyongyang tient un discours agressif et essaie de donner une légitimité à ses actes, en accusant les autres États de faire monter les tensions dans la région, « ce qui est absolument inacceptable ».  Le Conseil de sécurité devrait utiliser tous les outils à sa disposition pour assurer la pleine mise en œuvre de ses résolutions.  En même temps, a conclu le représentant, il faut de toute urgence des mesures plus fortes pour répondre à la menace nord-coréenne croissante dans la région. 

M. SEBASTIANO CARDI (Italie) a réitéré la condamnation de son Ministre des affaires étrangères contre le dernier essai de la RPDC.  L’Italie continuera à faire pression sur la RPDC qui est une menace à la paix et la sécurité internationales, a indiqué le représentant.  Il est temps que la RPDC agisse avec réalisme et respecte les résolutions du Conseil de sécurité.  L’Italie se tient aux côtés des pays de la région et appelle la RPDC à mettre fin à son programme nucléaire de manière vérifiable.  Tenant à l’unité du Conseil de sécurité, l’Italie, a poursuivi le représentant, considère qu’une réponse « ferme et unie » est la marche à suivre.  Il faut une solution pacifique et à long terme dans la région, et faire en sorte que les sanctions n’aient pas d’effets néfastes sur la population, a conclu le représentant, en annonçant des actions de sensibilisation à la résolution 2371 (2017).

Mme IRINA SCHOULGIN-NYONI (Suède) a fermement condamné l’essai nucléaire effectué hier par la RPDC, soulignant notamment que les mesures dangereuses prises par ce pays détériorent encore plus une situation humanitaire déjà précaire.  Elle a voulu que l’on prenne de toute urgence des mesures pour faire baisser les tensions et a appelé la RPDC à abandonner cette voie dangereuse et à respecter le droit international.  Le Conseil de sécurité doit apporter une réponse ferme et demeurer uni face à cette menace sur les voisins de la RPDC, la région et le régime de non-prolifération, a-t-elle dit.

« Nous sommes prêts à envisager de nouvelles sanctions », a indiqué la représentante tout en appelant à une pleine application des sanctions déjà imposées.  Elle a dit attendre avec intérêt les conclusions du Comité créé en vertu de la résolution 1718 qui seront présentées le 11 septembre prochain, et les discussions sur les mesures supplémentaires pour renforcer les sanctions en vigueur.  En même temps, a-t-elle admis, les sanctions ne pourront résoudre l’escalade de la situation.  Elle a donc plaidé pour des efforts diplomatiques et un mécanisme de sécurité.

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) a, à son tour, condamné l’essai nucléaire hier qui aurait été 10 fois plus puissant que celui de 2016 et 100 fois plus que le premier en 2006.  Forte de sa tradition pacifiste, la Bolivie rejette cet essai, a-t-il dit, en rappelant que l’Amérique latine est la première zone à avoir été déclarée exempte d’armes nucléaires.  Le représentant a lancé un appel à la RPDC pour qu’elle renonce à son programme nucléaire et demandé aux parties concernées d’éviter les rhétoriques dangereuses et les provocations.

La Bolivie, a-t-il dit, appuie l’initiative de la Chine du « gel pour gel », qui permettrait un arrêt simultané des actes déplorés aujourd’hui.  La Bolivie rejette toute idée de sanctions unilatérales, a ajouté le représentant, en soulignant que cela sape les efforts de la communauté internationale.  Les sanctions, a-t-il souligné, ne sont pas une fin en soi et il faut éviter les solutions militaires dans la péninsule coréenne.

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a exprimé sa préoccupation face à l’essai d’hier, estimant qu’on est dans une des phases les plus aigües et graves de la situation dans la péninsule coréenne.  Il a appelé à une condamnation ferme de tels actes, déplorant que les dirigeants de la RPDC soient à l’origine d’une véritable menace pour la paix et la sécurité régionales et internationales.  Le représentant a estimé qu’il n’y a pas de solution militaire au problème de la péninsule coréenne, insistant plutôt sur la nécessité de « garder notre sang froid ».  Il faut éviter, a-t-il précisé, les mesures visant à renforcer les sanctions mais obtenir la pleine mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité.

Beaucoup aujourd’hui, a poursuivi le représentant, ont fait un historique de la situation et des résolutions adoptées.  Or, il faut avouer qu’en se concentrant uniquement sur les sanctions, la communauté internationale n’a pas réussi à résoudre le problème.  Le représentant a dès lors appelé les parties concernées à reprendre le dialogue et les négociations et a souhaité la mise en œuvre de la feuille de route que son pays a présentée avec la Chine.  Il faut agir avec calme et pondération, a-t-il conclu, insistant sur les moyens politiques et diplomatiques, notamment les efforts de médiation du Secrétaire général.

M. ELBIO ROSSELLI (Uruguay) a condamné l’essai réalisé hier, soulignant que plus personne ne fait ce genre d’essai sauf la RPDC qui ignore les sanctions internationales et ses effets pervers sur sa population et la région, s’est étonné le représentant.  Ces essais et ces tirs de missiles sont des provocations qui alimentent l’instabilité dans la région, a-t-il poursuivi.  Il a encouragé la RPDC à adhérer au TNP et à s’abstenir d’autres actes provocateurs.  Il lui a demandé de respecter toutes les résolutions du Conseil de sécurité et a souligné l’importance d’adopter des mesures conformes à la Charte des Nations Unies.  Le représentant s’est dit prêt à adopter de nouvelles mesures contre la RPDC lesquelles doivent être respectées par tous les États Membres.  Il a dit miser sur la diplomatie pour sortir de la situation actuelle, prônant l’unité du Conseil de sécurité.  La communauté internationale doit parler d’une seule et même voix pour parvenir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a jugé « inacceptable » l’essai mené hier par la RPDC.  C’est frustrant d’entendre de telle nouvelle quelques jours à peine après la commémoration de la Journée internationale contre les essais nucléaires.  La RPDC doit reprendre le chemin des négociations et à la lumière des tensions actuelles, il faut trouver une solution acceptable pour geler le programme nucléaire de la RPDC et dénucléariser la péninsule coréenne, en sachant que les solutions militaires ne résoudront pas le problème de manière durable.  Rien ne justifie ces essais et il faut une action globale contre les agissements de la RPDC, a insisté le représentant, en appelant à l’audace diplomatique.  Il a voulu que la RPDC prenne exemple sur le Kazakhstan, l’enjoignant d’opter pour la voie de la prudence.  

M. AMR ABDELLATIF ABOULATTA (Égypte) a condamné l’essai nucléaire de la RPDC, estimant qu’il faut à tout prix préserver la crédibilité du TNP et celle du Conseil de sécurité sur cette question.  Le représentant a encouragé la RPDC à adhérer au Traité et à s’abstenir de tout autre acte de provocation.  Il a appelé la communauté internationale à maintenir la paix et la sécurité internationales, se déclarant favorable à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.  Il faut préserver l’unité du Conseil de sécurité sur cette question qui nous concerne tous, a-t-il conclu.

M. FODÉ SECK (Sénégal) a condamné avec la plus grande fermeté l’« attitude de défiance » de la RPDC qui constitue une nouvelle violation de ses obligations internationales.  « La crédibilité de notre Conseil est mise à l’épreuve », a-t-il estimé, en s’interrogeant sur ce qu’il faut faire pour résoudre ce problème.  Le Conseil doit d’abord rester uni et ferme dans ses condamnations, a-t-il recommandé, avant d’enjoindre tous les États de mettre pleinement les sanctions.  Puisqu’il ne peut y avoir de solution militaire, il a exhorté les autorités de la RPDC à respecter les résolutions du Conseil, à cesser leur programme nucléaire et l’utilisation d’armes de destruction massive, et à revenir à la table des négociations dans le cadre des Pourparlers à six.

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a constaté que la situation dans la péninsule continuait de se compliquer.  Nous condamnons l’essai nucléaire mené quelques jours après la condamnation par ce même Conseil du tir de missile, la semaine dernière.  Ce nouvel essai montre que nous pourrions être au bord du précipice et que nous sommes déjà dans une phase dangereuse.  Il faut dès lors prendre des mesures adéquates et continuer d’exercer des pressions sur la RPDC.  Le représentant a assuré que sa délégation accordait une grande importance à l’unité du Conseil de sécurité sur cette question.  

M. CHO TAE-YUL (République de Corée) a déclaré que c’est avec « un profond sentiment de déception, de frustration voire de colère » qu’il s’adresse aujourd’hui au Conseil de sécurité.  Après la première mise en garde d’il y a un an, la RPDC a lancé 20 missiles balistiques plus de 15 fois, en violation flagrante des multiples résolutions du Conseil de sécurité.  Une nouvelle fois, la RPDC vient de choisir une voie dangereuse malgré les fermes mises en garde de la communauté internationale qui devant le comportement « marche ou crève » du pays a réagi sévèrement.  En effet, s’est réjoui le représentant, de nombreux États ont élevé le ton face au dernier essai nucléaire.  Même les pays, qui essayaient de montrer « autant d’empathie que possible » vis-à-vis des préoccupations sécuritaires de la RPDC ont ajouté leur voix aux condamnations.  C’est la preuve que le dernier essai de la RDPC constitue un défi immense qui menace non seulement la paix et la sécurité de la péninsule coréenne mais aussi en Asie du Nord-Est et dans le monde entier. 

Le Conseil doit donc répondre à cette grave provocation, en adoptant une résolution sur des mesures plus dures et conformes à la magnitude et à la gravité du dernier essai.  Le temps est venu, a insisté le représentant, de prendre des mesures suffisamment fortes et robustes pour obliger la Corée du Nord à s’engager sérieusement dans un dialogue.  La nouvelle résolution doit inclure non seulement des mesures additionnelles pour bloquer les fonds qui pourraient servir à financer le programme nucléaire illégal de la RPDC mais aussi des mesures véritablement handicapantes comme l’interdiction d’importer du pétrole ou des produits pétroliers.  Aujourd’hui l’émergence d’un monde sans essais nucléaires est empêchée par un seul pays qui poursuit avec entêtement son chemin régressif et déstabilisateur, a dénoncé le représentant.  L’aspiration illusoire de la RPDC de devenir un État nucléaire est la seule raison pour laquelle la Journée internationale contre les essais nucléaires a été proclamée.  Nous devons y mettre fin immédiatement, a martelé le représentant, en appelant tous les États, y compris les membres du Conseil, à prendre une action ferme et décisive.  Il a conclu en conseillant à la RPDC de renoncer à la voie de l’autodestruction et à prendre une décision stratégique sans plus tarder.  La RPDC doit choisir la voie de la dénucléarisation qui est la seule option et le bon choix pour sa survie.  « La balle est dans son camp », a prévenu le représentant.

Invoquant l’urgence de la situation, la représentante des États-Unis a repris la parole pour exhorter le Conseil de sécurité à agir rapidement.  « La RPDC vient de nous gifler tous », a-t-elle estimé, avant d’annoncer que les États-Unis proposeront un projet de résolution.  Elle a appelé à des négociations cette semaine pour pouvoir adopter le texte lundi prochain.

 

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