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CS/12915
19 Juillet 2017
8006e séance – matin

« L’Afrique ne pourra pas financer seule les initiatives de paix », avertit le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine

Le Secrétaire général détaille le « Cadre commun pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité » signé avec l’Union africaine

« L’Afrique ne pourra pas financer seule les initiatives de paix », a averti ce matin le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), M. Smail Chergui, lors d’un débat ouvert du Conseil de sécurité consacré au « renforcement des capacités africaines dans les domaines de la paix et de la sécurité ».

À cette occasion, le Secrétaire général, M. António Guterres, a détaillé les modalités du « Cadre commun ONU-Union africaine pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité » qu’il a signé le 19 avril dernier avec le Président de la Commission de l’Union africaine.  Ce cadre vise à faire travailler étroitement les deux organisations sur la base des principes de respect mutuel et d’avantage comparatif, à tous les stades du cycle d’un conflit, d’une manière prévisible, systématique et stratégique.

Inspiré par une note de réflexion de la présidence chinoise du Conseil, le débat, lors duquel se sont exprimées une cinquantaine de délégations, s’inscrivait dans le cadre plus général de la coopération entre les Nations Unies et l’Union africaine dans le domaine du maintien de la paix, une question marquée par une série de développements ces derniers mois.

Le 18 novembre 2016, le Conseil avait adopté sa résolution 2320 (2016), dans laquelle il réaffirmait « sa détermination à resserrer encore » les relations entre l’ONU et l’UA, et insistait sur la nécessité de rendre plus prévisible, durable et souple le financement des opérations de soutien à la paix dirigées par l’UA qu’il a autorisées.

Plus récemment, après avoir signé le Cadre commun lors de la première Conférence annuelle ONU-UA, le Secrétaire général a publié un rapport* consacré aux « modalités possibles du processus d’autorisation des opérations de paix de l’Union africaine et de la fourniture d’un appui à ces opérations ».  M. Guterres y revient notamment sur « l’éternelle question » de leur financement, selon l’expression utilisée par sa Directrice de cabinet lors d’un premier débat au sein du Conseil, le 15 juin.

En présentant les quatre axes du Cadre commun, M. Guterres a dit que le premier -la prévention des conflits et la médiation pour pérenniser la paix- suppose de travailler de façon coordonnée pour parvenir à une même compréhension des problèmes et agir au plus tôt.  Plusieurs des intervenants ont mis l’accent sur la prévention, à l’image de la Suède ou de la Chine, se félicitant que le Secrétaire général en fasse une priorité.

La compréhension commune, jugée « pragmatique et juste » par la Namibie, permet aussi de rechercher les visions africaines de résolution et de prévention des conflits.  C’est un élément de la formule « à problème africain, solution africaine » qui accorde en outre une importance primordiale aux pays de la région concernée par le conflit.  Le rôle positif des organisations régionales et sous-régionales a du reste souvent été souligné lors du débat, à l’image de celui joué par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) lors de la crise gambienne.

Deuxième axe de coopération, la réponse aux conflits.  M. Chergui et les États africains ont beaucoup insisté sur les « immenses efforts » consentis par le continent à cet effet.  Des efforts illustrés notamment par le déploiement sur le terrain de plus de 100 000 personnels, civils ou en uniforme, souvent dans des environnements à haut risque, ce dont témoignent les pertes considérables en termes de vie humaine.  Mais les efforts portent aussi sur l’organisation et les ressources, avec la mise en place de la Force africaine en attente ou l’engagement pris par l’UA de financer par elle-même, d’ici à 2020, 25% du montant de ses opérations de paix.

Là réapparaît le problème du financement et des capacités du continent, dans un contexte marqué par la propagation du terrorisme et de l’extrémisme violent, elle-même favorisée par la persistance de conflits apparemment insolubles.  C’est ce qui rend nécessaire le soutien de la communauté internationale, ont plaidé les États africains, dont M. Chergui a rappelé la « position commune »: obtenir un « financement prévisible et durable » des opérations de paix de l’Union africaine en utilisant les contributions des États Membres de l’ONU.

Souplesse, prévisibilité et durabilité des financements ont aussi été jugées nécessaires par la grande majorité des intervenants non africains, mais peu d’entre eux se sont prononcés précisément en faveur de l’une ou l’autre des options proposées par le Secrétaire général dans son rapport.  Certains pays, comme la France, ont mis en avant les modalités de leur propre assistance au renforcement des capacités.  Le financement prévisible n’est d’ailleurs pas le seul moyen d’améliorer le fonctionnement des opérations de paix africaines, a fait observer l’Italie.

D’autres, comme l’Irlande ou encore l’Inde, ont rappelé le lien entre paix et développement durable et fait observer qu’en aidant au développement durable de l’Afrique, on donnerait au continent les moyens de mieux financer par lui-même ses opérations de paix, tout en rendant ces dernières moins nécessaires puisque le développement permettrait de traiter des causes profondes des conflits, troisième axe du Cadre commun.

Il reste que les consultations régulières entre les deux organisations –dernier axe du Cadre commun- supposent aussi des normes communes, notamment en matière de respect des droits de l’homme, de conduite et de discipline au sein des opérations de paix.  Le Secrétaire général et plusieurs délégations ont insisté sur ce point, à l’image des Pays-Bas, qui ont averti: dans le cadre de son partenariat, l’Union africaine doit agir conformément aux normes des Nations Unies.

* S/2017/454

PAIX ET SÉCURITÉ EN AFRIQUE

Renforcement des capacités de l’Afrique en matière de paix et de sécurité

Lettre datée du 5 juillet 2017, adressée au Secrétaire général par le Représentant permanent de la Chine auprès de l’Organisation des Nations Unies (S/2017/574)

Déclarations

M. ANTÓNIO GUTERRES, Secrétaire général de l’ONU, a rappelé que, dès son entrée en fonctions, il avait assisté au Sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba et souhaité lancer une nouvelle ère de coopération avec cette organisation fondée sur une convention commune.  La communauté internationale doit changer sa vision de l’Afrique, a-t-il dit en souhaitant voir renforcé le niveau de coopération avec le continent d’une façon qui reconnaisse son énorme potentiel.  Les Nations Unies et l’Union africaine ont un intérêt commun à renforcer les mécanismes d’atténuation des conflits avant que ceux-ci ne prennent de l’ampleur, ainsi que les mécanismes de gestion des différends.  Il est donc essentiel de renforcer les capacités africaines, selon le Secrétaire général, pour faire face aux défis qui menacent la paix et la sécurité internationales et pour assurer l’autonomie de l’Afrique.

M. Guterres a ensuite rappelé que, le 19 avril, il avait signé un Cadre commun ONU-Union africaine pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité, lors de la première Conférence annuelle ONU-UA.  Notre objectif, a-t-il expliqué, est de travailler étroitement sur la base des principes de respect mutuel et d’avantage comparatif, à tous les stades du cycle d’un conflit, d’une manière prévisible, systématique et stratégique.

M. Guterres a ensuite examiné les quatre principaux axes du Cadre commun.

Le premier, la prévention des conflits et la médiation pour pérenniser la paix, suppose de travailler de façon coordonnée pour identifier les causes profondes des conflits, développer des analyses communes, partager les informations et parvenir à une même compréhension des problèmes afin d’agir au plus tôt.  Certains de ces domaines font déjà l’objet de coopération, a précisé le Secrétaire général en citant les bons offices et la médiation, les questions électorales et de droits de l’homme, et l’assistance humanitaire.  M. Guterres a également recommandé de s’appuyer sur les capacités des organisations sous-régionales, qui ont prouvé leur efficacité, par exemple dans la crise gambienne.  

Le deuxième axe consiste à répondre aux conflits.  À cet égard, l’Union africaine et les organisations sous-régionales ont consenti des efforts considérables pour mettre au point et rendre opérationnelle la Force africaine en attente, qui permet un déploiement rapide.  Avec le nouveau cadre, nous espérons renforcer cette Force et explorer les synergies possibles avec le système de réponse des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, a déclaré le Secrétaire général.  Il a également prôné une meilleure coordination des efforts pour lutter contre les menaces asymétriques et les menaces pour la paix et la sécurité internationales que représentent le terrorisme et l’extrémisme violent. 

Le Secrétaire général a ainsi rappelé qu’en Somalie, les Nations Unies continuent de fournir une assistance technique et logistique et une formation à la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) et à l’Armée nationale somalienne, soulignant les progrès ainsi obtenus malgré toutes les difficultés rencontrées.  M. Guterres s’est dit convaincu qu’avec un soutien renforcé à l’AMISOM et un financement prévisible, ainsi qu’avec un effort coordonné pour renforcer les forces nationales somaliennes, les Chabab pourront être vaincus.

Le Secrétaire général a également cité en exemple le Mali, apportant son appui à la force créée par les pays du G5 Sahel, ainsi que la région du bassin du lac Tchad, où il a plaidé pour un soutien continu à la Force multinationale mixte.

Passant au troisième axe -le traitement des causes profondes des conflits-, M. Guterres a rappelé que le Cadre commun met l’accent sur un renforcement de la coopération dans les domaines de la consolidation de la paix et de l’état de droit. 

Enfin, le Secrétaire général a souligné l’importance d’un examen continu du partenariat entre les Nations Unies et l’Union africaine, par le biais de consultations régulières.  M. Guterres a enfin rappelé que le renforcement des capacités africaines dans les domaines de la paix et de la sécurité nécessitait un financement prévisible et adéquat des opérations de paix de l’Union africaine, un financement qui arrive en temps et en heure.  Il a rappelé à cet égard qu’il avait présenté un rapport en application de la résolution 2320 (2016), laquelle avait salué la décision de l’Union africaine de financer par ses propres moyens, d’ici à 2020, 25% du montant de ses opérations de paix.

Ce rapport, a rappelé le Secrétaire général, présente différentes options de financement.  Il insiste aussi sur la nécessité d’un contrôle de ces opérations par un mécanisme robuste de suivi en ce qui concerne le respect des droits de l’homme, ainsi que par un cadre disciplinaire.  L’Union africaine travaille à mettre au point de tels mécanismes et les Nations Unies sont prêtes à leur apporter tout le soutien nécessaire, a-t-il conclu.

L’Union africaine (UA) est un partenaire indispensable à la promotion de la paix et la sécurité en Afrique, a affirmé M. SMAIL CHERGUI, Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), précisant qu’au cours des 10 dernières années, l’UA avait autorisé le déploiement sur le terrain de plus de 100 000 personnels, en uniforme et civils, pour la plupart dans des environnements « très risqués et instables ». 

Les pertes en vies humaines occasionnées par cet engagement ont été « considérables », a souligné le Commissaire à la paix et à la sécurité, ajoutant que les décès parmi les troupes africaines dans le cadre d’opérations de soutien à la paix au cours de la dernière décennie dépassaient les pertes encourues dans le cadre des opérations de maintien de la paix de l’ONU au cours des 70 dernières années.  « Cela démontre de manière convaincante l’engagement des Africains et de l’Union africaine en faveur d’une paix durable et de la stabilité sur le continent », a déclaré M. Chergui.

En dépit de ces sacrifices, les troupes africaines font face à de nombreux défis, y compris le manque de financement, a estimé le Commissaire à la paix et à la sécurité.  La semaine dernière, a-t-il rappelé, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a estimé que la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) avait réalisé son mandat avec succès au cours des 10 dernières années.  Pourtant, l’AMISOM reste la mission la moins dotée en ressources, en comparaison avec d’autres missions déployées dans la région, a-t-il déploré.

Dans ce contexte, M. Chergui a appelé l’ONU et la communauté internationale à promouvoir davantage la coopération stratégique et la cohérence dans la prévention des conflits.  Dans ce cadre, a-t-il dit, l’ONU et l’UA doivent établir des passerelles institutionnelles pour renforcer les « consultations en temps réel », les « évaluations conjointes » et la formulation « d’options cohérentes ».

Le Commissaire à la paix et à la sécurité a également appelé à renforcer l’état de préparation opérationnelle de la Force africaine en attente.  L’UA et ses forces régionales en attente ont fait « d’immenses efforts » pour développer cette Force et l’habiliter à intervenir rapidement, mais, malgré cette « réalisation historique », des défis persistent concernant le déploiement et le financement de la Force, qui rendent nécessaire l’aide de la communauté internationale, a-t-il expliqué. 

Par ailleurs, M. Chergui s’est inquiété de la propagation de l’extrémisme violent en Afrique, en dépit des solutions mises en place par les États africains, telles que la Force multinationale mixte et la Force conjointe du G5 Sahel.  L’UA et l’ONU doivent coopérer pour régler les conflits qui semblent insolubles et constituent un terreau fertile à la propagation de l’extrémisme violent, a-t-il estimé, tout en appelant, en parallèle, à davantage d’investissements dans l’humanitaire et le développement de la part de la communauté internationale.

Le financement des opérations de soutien à la paix demeure un problème chronique qui doit être réglé, a par ailleurs estimé le Commissaire à la paix et à la sécurité.  « L’Afrique ne pourra pas financer seule les initiatives de paix », a-t-il mis en garde, tout en plaidant en faveur d’un « financement prévisible et durable » de ses opérations, en utilisant les contributions des États Membres de l’ONU.  « Cela reste une position africaine commune », a-t-il insisté.  « Sans votre coopération et votre soutien, réaliser la paix collective en Afrique et au-delà sera difficile. »

M. MANKEUR NDIAYE, Ministre des affaires étrangères du Sénégal et des Sénégalais de l’extérieur, a déclaré qu’avec l’expérience de la Mission internationale de soutien au Mali, de la Mission internationale de soutien à la République centrafricaine ou encore de la Mission de l’UA en Somalie, l’Union africaine avait su montrer ses capacités à apporter les premières réponses aux conflits qui éclatent sur le continent.

Au niveau sous-régional, les résultats tangibles des opérations menées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la résolution de plusieurs crises avec notamment le déploiement de sa Brigade de surveillance du cessez-le-feu sur de nombreux théâtres, y compris au Libéria, ainsi que les succès de ses missions en Guinée-Bissau et en Gambie, attestent du rôle crucial que les organisations sous-régionales africaines peuvent jouer dans la promotion de la paix sur le continent.

Toutefois, les leçons apprises, notamment dans les transitions des opérations de paix de l’UA vers des opérations de maintien de la paix de l’ONU, montrent les limites des organisations africaines sur les plans logistique, opérationnel et capacitaire, selon le Ministre.  À cela s’ajoute la complexité des nouveaux défis dans le domaine de la paix et de la sécurité, qui découlent de la montée de l’extrémisme violent, la prolifération des groupes terroristes et la cybercriminalité.

Avec plus de 20 000 attaques enregistrées chaque année en Afrique, « la cybersécurité constitue un des défis majeurs qui mettent à rude épreuve nos capacités à faire face aux procédés ingénieux et sophistiqués de leurs auteurs », a expliqué M. Ndiaye avant de citer aussi un autre défi majeur, la sécurité maritime.

Le Ministre a fait remarquer que, comme en témoignent plusieurs initiatives en cours, les États africains concernés, malgré leurs capacités limitées, ont renforcé leur mobilisation et leur coopération pour faire face aux menaces à la paix et à la sécurité.  Au-delà de ces efforts louables, il a recommandé de renforcer la mobilisation internationale et d’adopter une démarche qui privilégie la prise en compte des causes profondes des conflits.

C’est tout l’esprit du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, dont la quatrième édition prévue à Dakar les 13 et 14 novembre 2017 portera sur les nouveaux enjeux stratégiques du continent.  Le renforcement des capacités africaines dans le domaine de la paix et de la sécurité sera au cœur des échanges, a assuré le Ministre.

Il a poursuivi en assurant que la mise en place de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) de l’Union africaine était l’expression de la volonté réelle de l’Afrique de prendre à bras le corps les questions liées à la paix et à la sécurité du continent, malgré le nombre et l’ampleur des difficultés à surmonter dans ce domaine.  En témoigne l’adoption de la Feuille de route 2016-2020 qui vise, entre autres, à prévenir et à lever les obstacles à la pleine opérationnalité de l’APSA.

Le renforcement du partenariat existant avec l’ONU aux niveaux stratégique et opérationnel devrait assurément permettre à l’UA de se doter d’outils appropriés pour une action efficace face à l’évolution des défis sécuritaires auxquels l’Afrique est confrontée et dont l’appréhension requiert par ailleurs la prise en compte de la dimension « pérennisation de la paix ».

Le Ministre a ajouté que l’absence de financement prévisible et durable obérait le potentiel de l’organisation panafricaine dans ce domaine.  Les quatre options de financement identifiées par le Secrétaire général de l’ONU dans son rapport sont solides, réalistes et à même d’aider le Conseil de sécurité à prendre des mesures concrètes à ce sujet, a-t-il estimé.  En conséquence, « nous osons espérer que le Conseil fera montre de toute la volonté politique nécessaire pour réserver une suite appropriée à cette importante question ».

M. SERGIY KYSLYTSYA, Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Ukraine, a rappelé que les Nations Unies doivent encore se réformer pour maintenir leur crédibilité dans le domaine du maintien de la paix et être en mesure de prendre des mesures préventives rapides lorsqu’une crise se profile.  En 1994, les Nations Unies n’avaient pas été capables de prévenir un génocide au Rwanda, a-t-il rappelé en remarquant que, 20 ans plus tard, elles n’ont pas été en mesure d’intervenir après l’agression contre l’Ukraine.

Il a souligné en même temps que les organisations régionales restent un des mécanismes les plus efficaces pour répondre à un conflit à grande échelle ou en cas de danger pour les populations civiles.  L’Union africaine (UA) a fait des progrès considérables pour développer ses capacités en matière de soutien à la paix depuis le déploiement d’une mission au Burundi en 2003, a ainsi estimé le Vice-Ministre en faisant observer que l’UA est désormais la première à répondre aux crises sur le continent avec l’autorisation du Conseil de sécurité.  L’Ukraine, observateur auprès de l’UA et qui est depuis longtemps un important fournisseur de contingents dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies en Afrique, suit avec attention l’évolution de ses capacités en matière de paix.  Le Vice-Ministre a dit partager l’avis du Secrétaire général selon lequel le monde peut grandement profiter de la sagesse africaine et des idées de l’Union africaine.

M. Kyslytsya a également apporté son soutien à l’idée d’une collaboration trilatérale entre les Nations Unies, l’Union africaine et l’Union européenne (UE).  Le cinquième sommet UE–UA, qui aura lieu en novembre, sera l’occasion d’en parler, a-t-il estimé.

Rappelant le débat tenu en juin au Conseil de sécurité sur les modalités de coopération entre l’ONU et l’UA, M. Kyslytsya a jugé essentiel d’appuyer la pleine mise en œuvre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité de l’UA et, en même temps, de soutenir financièrement ses opérations de paix, d’une manière à la fois durable et prévisible.  Il a estimé que le Darfour était un bon exemple en ce sens et a salué l’engagement de l’Afrique dans ce cadre, avant de citer également l’assistance apportée par les Nations Unies à l’AMISOM en Somalie.  C’est aussi une forme de coopération et de coordination internationale qui est désespérément nécessaire au Burundi, a ajouté le Vice-Ministre, qui a demandé aux autorités de ce pays d’accepter le déploiement des observateurs militaires et de droits de l’homme de l’UA.

« En tant que pays méditerranéen, nous savons qu’il est capital de renforcer les capacités des opérations de soutien à la paix de l’Union africaine (UA) », a déclaré M. SEBASTIANO CARDI (Italie), en saluant la conclusion, en avril dernier, d’un nouvel accord-cadre UA-ONU visant à renforcer le partenariat entre les deux organisations en matière de paix et de sécurité.  Cet accord, ainsi que le nouveau mécanisme pour le financement des opérations de soutien à la paix de l’UA, consacrent l’avènement d’un « nouveau partenariat » entre les deux organisations, a-t-il salué, se félicitant également de la mise sur pied de la Force africaine en attente.

Aux yeux du représentant, la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), ainsi que la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel démontrent le succès de la coopération entre l’ONU et l’UA.  Il a particulièrement insisté pour que le Conseil de sécurité continue à soutenir efficacement la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, afin notamment de lutter contre la propagation de l’extrémisme violent dans la région et au-delà.

Par ailleurs, a poursuivi le représentant, l’établissement de commandements unifiés entre l’ONU et l’UA, notamment en République centrafricaine et en Somalie, a également contribué à renforcer la collaboration entre les deux organisations.

Le représentant a enfin appelé à mettre en place un financement plus prévisible pour les opérations de l’UA approuvées par l’ONU.  Il s’est ainsi déclaré favorable à l’utilisation des contributions des États Membres de l’ONU pour améliorer la capacité des contingents africains de paix.  Le financement prévisible n’est toutefois pas le seul moyen d’améliorer leur fonctionnement, a-t-il observé, ajoutant que la formation adaptée des troupes était également primordiale.

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni) a cité Nelson Mandela, qui aurait eu 99 ans hier: « La bonté de l’homme est une flamme qui peut être cachée mais qui jamais ne s’éteint. »  Cette flamme reste cachée pour bien trop de personnes sur le continent africain, et pour les populations du Kasaï ou du Soudan du Sud elle peut même sembler s’être éteinte, a poursuivi le représentant.  Pourtant, a-t-il fait observer, elle réapparaît ailleurs, comme en Côte d’Ivoire, ou encore en Somalie où près d’un quart de femmes ont été élues en février au parlement national.

Le Conseil de sécurité a un rôle essentiel à jouer pour alimenter cette flamme, a déclaré le représentant.  Il faut donc que tous œuvrent ensemble -l’ONU, le Conseil de sécurité, les États et les organisations du continent africain- pour prévenir les crises plutôt que pour y répondre.  C’est pourquoi le Royaume-Uni approuve l’orientation donnée par le Secrétaire général en faveur d’une diplomatie préventive et de la médiation, en utilisant l’expérience des pays de la région concernée, comme ce fut le cas récemment en Gambie.  En outre, il faut que tous soient prêts à réagir quand les conflits surgissent, a poursuivi M. Rycroft, qui a rappelé que les États africains fournissent la moitié des contingents en uniforme des opérations de maintien de la paix des Nations Unies déployées en Afrique.  Mais il faut aussi avoir la confiance de ceux que les opérations de maintien de la paix entendent protéger, ce qui signifie une tolérance zéro en cas d’exploitation sexuelle par des soldats de la paix, a-t-il ajouté.

Enfin, le représentant a préconisé un partenariat plus systématique entre les Nations Unies et l’Union africaine et a apporté son soutien au Cadre commun signé le 19 avril.  Il s’est également dit favorable à une source de financement prévisible pour les opérations de paix de l’Union africaine, disant attendre avec intérêt la visite du Conseil de sécurité au Siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, prévue en septembre. 

La collaboration entre l’ONU et l’Union africaine (UA) est fondamentale pour lutter contre l’extrémisme violent, les crises humanitaires et les violations des droits de l’homme sur le continent, a déclaré M. ELBIO ROSSELLI (Uruguay).  Dans ce cadre, il a salué la signature, le 19 avril, d’un nouvel accord-cadre Union africaine-ONU visant à renforcer le partenariat entre les deux organisations en matière de paix et de sécurité.  « Le défi réside maintenant dans la bonne mise en œuvre de cet accord-cadre », a-t-il déclaré.

Sur 16 opérations de la paix des Nations Unies, neuf se déroulent en Afrique, a par ailleurs souligné le représentant, ajoutant que 80% du personnel en uniforme des Nations Unies était déployé sur le continent et que 50% de ce même personnel provenait d’États membres de l’UA.  Constatant que le personnel de maintien de la paix n’était pas toujours bien placé ou ne disposait pas nécessairement des capacités nécessaires pour accomplir son mandat, le représentant a appelé à renforcer la coordination entre l’ONU et l’UA dans le cadre des opérations de soutien à la paix de l’UA autorisées par le Conseil de sécurité.  Cette coopération doit se produire, a-t-il ajouté, « durant toute la durée de vie de la mission ».  Pour cela, il a appelé à réaliser davantage d’évaluations conjointes avant la mise sur pied d’une opération, ainsi qu’à mieux coordonner les efforts durant et après son déploiement.  Cela suppose également, a-t-il ajouté, de renforcer le financement de ces opérations.

Par ailleurs, « nous accordons une très grande importance à la responsabilité des pays fournisseurs de contingents », a insisté le représentant.  À ses yeux, il est impératif que les pays contributeurs de troupes dans le cadre d’opérations de soutien à la paix de l’UA respectent les même règles éthiques, y compris en matière de reddition de comptes, que les pays contributeurs de troupes pour des opérations de maintien de la paix de l’ONU.

M. PETR V. ILIICHEV (Fédération de Russie) s’est félicité des efforts déployés par les pays africains pour tenter de résoudre les conflits sur le continent et a pris note de la mise en place d’une architecture de paix et de sécurité régionale, qui implique à la fois l’UA et des organisations sous-régionales.  La Fédération de Russie appuie la démarche « à problème africain, solution africaine » pour régler les conflits en Afrique sur la base de la Charte des Nations Unies et en respectant les principes fondamentaux du maintien de la paix.  Pour la Fédération de Russie, les conflits doivent être réglés de manière politique.

Le représentant a dit comprendre le souhait des États africains de voir augmenter la prévisibilité, la fiabilité et la souplesse du financement des opérations de paix de l’UA et des opérations conjointes ONU-UA.  La Fédération de Russie, qui n’a pas d’objection de principe, prend note des différentes options présentées par le Secrétaire général dans son rapport.  Elle rappelle toutefois qu’il faudra garantir la transparence et la responsabilisation dans l’affectation des ressources et moyens, de même que la participation du personnel de l’ONU à toutes les étapes de ce financement.

Le représentant a ensuite dénoncé les « tentatives d’ingénierie politique » de certains États, notamment en Afrique du Nord, ainsi que l’application de « dogmes idéologiques » qui ont provoqué des ingérences grossières dans les affaires de certains pays africains, ont abouti à la destruction d’États et facilité l’émergence de groupes terroristes, y compris l’État islamique d’Iraq et du Levant (Daech).

M. Iliichev a également dénoncé les activités des différents groupes terroristes en Afrique, que ce soit au Sahel, dans la région du bassin du lac Tchad ou encore dans la Corne de l’Afrique.  La Fédération de Russie veut une unification des efforts internationaux pour lutter contre la menace terroriste sur le continent africain en mettant l’accent sur l’aide aux États de la région et le renforcement de leurs capacités antiterroristes.  À cet égard, le représentant a dit que son pays était prêt à partager avec les pays africains son expérience dans la lutte contre le terrorisme.  Il a par ailleurs déploré la « nouvelle tentative de la délégation de l’Ukraine de détourner l’attention du Conseil de sécurité » de la question dont il est saisi aujourd’hui.

Saluant la signature du Cadre commun ONU-Union africaine pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité, M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a appelé à investir davantage de ressources dans la prévention des conflits plutôt que dans le maintien de la paix, ainsi qu’à élaborer une démarche globale incluant à la fois la dimension sécuritaire, les efforts humanitaires et le développement.  De ce point de vue, il a estimé que la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel était un « bon modèle » pour la paix et la sécurité, car elle prend en compte toutes ces dimensions.

Le représentant a enfin appelé l’ONU à s’appuyer davantage sur l’UA dans le maintien de la paix, notamment en multipliant les structures intégrées de commandement et les évaluations conjointes.  Le représentant a par conséquent appelé à allouer davantage de ressources à l’UA et à ses opérations de soutien à la paix approuvées par le Conseil de sécurité.

Heureux que l’Afrique soit désormais « un continent d’espoir » comme en témoignent les progrès remarquables faits par de nombreux pays en matière de croissance économique et de stabilité, M. KORO BESSHO (Japon) a néanmoins souligné que cet « avenir brillant » dépend de la consolidation de sociétés pacifiques vivant à l’abri des conflits, de la pauvreté et de l’extrémisme violent.  La clef est une conjugaison d’appropriation africaine et de partenariat international.  Il faut non seulement répondre aux crises immédiates mais aussi aller aux racines mêmes des conflits. 

L’Union africaine, a estimé le représentant, est le premier exemple d’appropriation africaine pour réaliser l’intégration politique et économique et pour prévenir et régler les conflits sur la base de la solidarité et des valeurs communes.  L’ONU, a-t-il encouragé, peut élargir son partenariat dynamique avec l’Union africaine et aller au-delà des opérations d’appui à la paix pour travailler aux racines des conflits.  Le Conseil de sécurité, en particulier, peut réfléchir aux divers domaines de coopération compris dans le Cadre commun ONU-Union africaine signé en avril dernier par le Secrétaire général de l’ONU et le Président de la Commission de l’Union africaine.

Le représentant a ajouté que la coopération entre l’ONU et l’Union africaine sur les objectifs de développement durable et l’Agenda 2063 jouera également « un rôle vital » pour la paix et la stabilité.  Rappelant que son pays organise depuis 1993, la Conférence internationale sur le développement de l’Afrique (TICAD), le représentant a promis que le Japon restera activement engagé en faveur des deux piliers que sont l’appropriation africaine et le partenariat international.

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a jugé bon que cette réunion se tienne au lendemain du vingt-neuvième Sommet de l’Union africaine au cours duquel les chefs d’État et de gouvernement ont réaffirmé leur attachement à la Feuille de route pour « faire taire les armes » d’ici à 2020 sur le continent.  Bien sûr, le chemin sera ardu, a admis le représentant, ajoutant que c’est la raison pour laquelle les chefs d’État et de gouvernement ont insisté sur l’importance de s’attaquer aux causes sous-jacentes des conflits, à la réforme du secteur de la sécurité, au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration dans les pays émergeant des conflits pour empêcher qu’ils ne replongent dans les troubles.  Ils ont aussi reconnu que sans les réformes institutionnelles nécessaires et sans une indépendance financière, l’Afrique ne pourra pas contribuer à une paix et une prospérité durables. 

C’est pourquoi le vingt-neuvième Sommet a pris des décisions importantes sur le futur Fonds pour la paix, « un facteur clef » pour le succès des efforts de paix du continent.  Dans ce cadre, l’Union africaine se félicite du Cadre commun qu’il a signé avec l’ONU lequel fournit des options pour autoriser et appuyer, au cas par cas, des opérations de paix menées par l’Union africaine.  L’avancement des discussions sur cette question est d’une « importance capitale » pour aider l’Afrique à améliorer sa faculté de relever les défis de la paix et de la sécurité, a souligné le représentant.  Le Conseil de sécurité, a-t-il ajouté, doit désormais traduire ses promesses d’engagement en actions concrètes, en prenant des mesures pratiques pour financer les opérations de l’Union africaine qu’il autorise.  

Appuyer et renforcer la capacité des États d’Afrique à faire face aux menaces à la paix et à la sécurité sur le continent est essentiel pour le succès de nos efforts globaux, a déclaré M. OLOF SKOOG (Suède).  Le soutien apporté par le Conseil à la création et au déploiement de la Force conjointe du G5 Sahel, a-t-il estimé, offre un exemple de la forme que doit prendre cet appui.

Investir davantage dans les efforts de prévention des conflits est également primordial, a estimé le représentant, ajoutant que, du point de vue préventif, la coopération entre l’action au niveau sous-régional et au niveau régional était particulièrement efficace.  C’est ce que démontre, selon lui, l’exemple de la Gambie, où une réponse adaptée à la crise traversée par le pays a été apportée par l’action conjointe de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union africaine (UA).

Une coopération accrue entre l’ONU et l’UA est également capitale, a déclaré le représentant.  À ses yeux, ce sera un élément clef de la résolution de la crise au Soudan du Sud.  Il s’est ainsi félicité de la signature d’un accord-cadre UA-ONU visant à renforcer le partenariat entre les deux organisations en matière de paix et de sécurité.  Le représentant a également appelé à mettre en place un financement plus « prévisible et durable » des opérations de soutien à la paix de l’UA.

Enfin, le représentant suédois a plaidé en faveur de la mise en œuvre de plateformes de collaboration trilatérale entre l’ONU, l’UA et l’Union européenne, comme cela a été le cas en Somalie, dans le cadre de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).

M. RENÉ ERNESTO FERNÁNDEZ REVOLLO (Bolivie) a rappelé d’emblée que le développement des capacités africaines dans le domaine de la paix et de la sécurité devait respecter les principes de souveraineté, indépendance et intégrité territoriale, en s’alignant sur les priorités nationales de chaque État.  Il a aussi souligné la pluralité des cultures africaines qui, avec leurs écosystèmes et ressources naturelles, constituent le patrimoine des Africains comme celui de l’humanité.  Après avoir fait l’historique des institutions africaines, il a souligné combien celles-ci peuvent bénéficier de l’expérience des autres organisations internationales, citant le cas de l’Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) qui a permis à l’UA d’accomplir un travail important dans le domaine de la protection des civils.  De même pour la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) qui donne la preuve de la participation active de l’UA dans la région en termes de dialogue et de réconciliation.

Citant les autres organisations régionales, le représentant a mentionné en particulier le Groupe de cinq pays du Sahel qui renforce le travail de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), notamment dans la sécurité aux frontières.  Le représentant a jugé essentiel de consolider l’association stratégique entre l’ONU et l’UA dans les domaines politique, opérationnel, tactique et financier.  Il faut, a-t-il ajouté, arriver à une compréhension commune des facteurs à l’origine des conflits, échanger les informations d’alerte précoce sur les conflits en latence, travailler ensemble pour envisager les possibilités de prévention des conflits, et coordonner la mise en œuvre conjointe de l’appui mutuel aux différentes étapes de la réponse à un conflit.  Il a misé sur le multilatéralisme, la diplomatie préventive, la médiation, les bons offices et le dialogue inclusif pour promouvoir la paix et le développement en Afrique.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) s’est réjoui de l’engagement fort des pays africains et des organisations africaines pour la paix et la sécurité, citant en particulier la volonté des pays du G5 Sahel de s’impliquer pleinement dans la lutte contre les groupes terroristes qui déstabilisent cette région.  La France, a-t-il assuré, soutient pleinement l’engagement du continent africain pour la paix et la sécurité.  À son avis, le plan décennal de l’UA pour le renforcement des capacités africaines illustre bien cette volonté africaine.

À titre bilatéral, la France est l’un des premiers partenaires des pays du continent, a-t-il poursuivi, avant de préciser que la France contribue à la formation de 25 000 militaires africains par an dans 11 pays.  Ces formations portent sur 57 thématiques différentes parmi lesquelles le maintien de la paix, la formation des cadres, la logistique, le déminage ou encore la sécurité maritime.  Elles sont dispensées grâce non seulement au réseau de 14 écoles nationales à vocation régionale, mais aussi de l’accueil des écoles d’officiers françaises.  M. Delattre a aussi rappelé que les forces françaises Barkhane combattent aux côtés des forces africaines et de la MINUSMA pour stabiliser la région et soutiennent dans le golfe de la Guinée les efforts des pays de la région en matière de sécurité maritime.  Il a également fait valoir que la France, l’Allemagne et l’UE avaient lancé, le 13 juillet 2017, une Alliance pour le Sahel, qui promeut une approche intégrée pour la région, portant dans un premier temps sur la sécurité et la stabilisation, puis sur le développement à moyen et long terme.

Pour le représentant de la France, le partenariat entre l’ONU et l’UA est plus que jamais un gage de progrès dans le renforcement des capacités africaines de paix et de sécurité.  Les rapports du Secrétaire général et du Président de la Commission de l’UA, remis conformément à la résolution 2320 (2016) du Conseil de sécurité, ont apporté selon lui des précisions utiles sur les progrès accomplis ainsi que les objectifs qui restent à atteindre.  M. Delattre s’est aussi félicité de l’engagement pris par l’UA de financer 25% des coûts des opérations de paix africaines et de conduire ces opérations en appliquant des mécanismes de reddition de comptes ou de respect des droits de l’homme par les forces concernées.

« Ces derniers mois, nous avons constaté de nombreuses évolutions dans le renforcement de la paix et de la sécurité en Afrique », a déclaré M. IHAB MOUSTAFA AWAD MOUSTAF (Égypte), mentionnant notamment la signature, en avril, d’un accord-cadre UA-ONU visant à renforcer le partenariat entre les deux organisations en matière de paix et de sécurité, ainsi que la publication par le Secrétaire général, le 25 mai, d’un rapport sur les modalités possibles du processus d’autorisation des opérations de paix de l’UA et de la fourniture d’un appui à ces opérations.

Le représentant a également salué les « expériences couronnées de succès » consacrant la coopération entre les deux organisations, dont l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) et la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  L’ONU a également participé, a-t-il ajouté, au renforcement des capacités institutionnelles et humaines du Secrétariat de l’UA.

Face à l’essor de la criminalité organisée transnationale, du terrorisme, de la piraterie et du commerce illégal des armes légères et de petit calibre, le représentant a estimé que l’ONU devait renforcer encore davantage les capacités institutionnelles et humaines de l’UA, afin que cette dernière pérennise la paix sur le continent.  Cela suppose de renforcer la prévention des conflits et le règlement pacifique des différends par le biais, notamment, du Groupe des Sages de l’UA et des mécanismes d’alerte précoce.

« Nous espérons que l’UA obtiendra les moyens nécessaires pour ces actions de prévention », a-t-il dit, tout en appelant également à appuyer les efforts de réconciliation nationale en soutenant davantage les mécanismes nationaux et traditionnels.  Enfin, le représentant a appelé à utiliser les contributions des États Membres au budget de l’ONU pour financer de manière plus durable et prévisible les opérations de paix de l’UA.

Mme NIKKI R. HALEY (États-Unis) a constaté que ces dernières décennies avaient vu un « changement bienvenu » dans les relations entre la communauté internationale et l’Afrique.  Les États-Unis, qui souhaitent renforcer leurs relations avec le continent, se félicitent du leadership manifesté par les États et organisations de l’Afrique pour participer aux opérations de maintien de la paix et lutter contre le terrorisme.

Toutefois, il n’y aura pas de progrès si les efforts de l’ONU et d’autres acteurs ne sont pas accompagnés de redevabilité au niveau des gouvernements et des autres acteurs impliqués dans les conflits, a averti la représentante, avant de dénoncer les risques de famine au Soudan du Sud ou encore dans le nord du Nigéria.  Ces situations devraient faire les titres de la presse mondiale, a ajouté Mme Haley.  Elle a rappelé, au passage, que les États-Unis avaient décidé d’augmenter de 446 millions de dollars leur assistance humanitaire, qui atteindra cette année un total de 1,4 milliard de dollars.

Mme Haley a rappelé que les conflits armés sont la première cause de l’insécurité alimentaire en Afrique.  « La famine en Afrique est une question de paix et de sécurité », a-t-elle estimé, soulignant que « les personnes meurent de faim non du fait de Dieu, mais du fait d’actes des hommes ».  Elle a dénoncé autant les attaques terroristes des Chabab, que les blocages administratifs des autorités somaliennes, qui limitent l’accès humanitaire dans certaines régions du pays.  De même, elle a rappelé que la crise au Soudan du Sud est celle qui a fait « le plus de réfugiés depuis le génocide rwandais ».

Ces famines « sont le signe d’un échec collectif », a déclaré Mme Haley, pour qui « toute réponse efficace doit commencer par les nations africaines elles-mêmes ».  C’est pourquoi elle a dit que l’Afrique devait trouver les moyens de renforcer les capacités des États africains dans le domaine de la paix et la sécurité internationales.  Les nations africaines doivent aussi œuvrer de manière constructive avec les Nations Unies, notamment pour promouvoir les droits de l’homme, a ajouté la représentante, arguant que les violations de ces droits sont étroitement liées aux conflits.

L’engagement en faveur des droits de l’homme doit l’emporter sur la politique, a encore ajouté Mme Haley, qui s’en est prise à la décision des États africains de présenter la candidature de la République démocratique du Congo au Conseil des droits de l’homme, une décision qui à son avis nuit autant au Conseil des droits de l’homme qu’à l’Afrique.  Les États africains doivent présenter au Conseil des droits de l’homme « des candidats crédibles », a-t-elle conseillé avant de conclure en insistant sur l’« échec inexcusable » que constitue à cet égard la présentation de la candidature de la RDC.

Renforcer les capacités africaines en matière de paix et de sécurité est dans l’intérêt de l’ensemble de la communauté internationale, a déclaré M. LIU JIEYI (Chine).  Il a ainsi salué la décision adoptée par l’UA, lors de son vingt-neuvième sommet, de rester engagée dans les différentes zones de tension en Afrique et de renforcer le cadre stratégique de la paix et de la sécurité à l’échelle du continent.  « Cela démontre la détermination de l’Afrique à faire régner la paix », a salué le délégué.

Face, cependant, à la prolifération de groupes terroristes tels que Daech, Al-Qaida, Boko Haram et les Chabab, l’Afrique n’est pas pleinement équipée, a affirmé le représentant, estimant que les opérations de paix de l’UA manquaient notamment de ressources technologiques adaptées pour faire face à ces menaces.  La communauté internationale doit les aider, a appelé le représentant, notamment en améliorant le partenariat entre les deux organisations en matière de paix et de sécurité.

De ce point de vue, le délégué a invité à prendre exemple sur les expériences réussies de coopération entre l’ONU et l’UA, comme dans le cadre de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) et de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  Il a également appelé à une mise en œuvre rapide du nouvel accord-cadre UA-ONU, notamment en multipliant les planifications et évaluations conjointes et en améliorant sans cesse la coordination entre les deux organisations au sein des opérations faisant l’objet d’un commandement conjoint.

Par ailleurs, le représentant a appelé à s’appuyer davantage et de manière plus efficace sur les opérations de soutien à la paix de l’UA, qui traversent, selon lui, des difficultés en termes de financement, de personnel et de ressources.  Partant de ce constat, il a appuyé l’idée d’un financement par l’ONU de ces opérations avec les contributions au budget ordinaire des États Membres, comme le propose le Secrétaire général dans son rapport.  Ces opérations, a-t-il insisté, doivent bénéficier d’un financement « plus prévisible et durable ».

Il faut aussi, a poursuivi le délégué, développer la prévention des conflits, en créant des mécanismes d’alerte précoce.  « Nous devons également aider l’Afrique à se développer », a-t-il ajouté, appelant à cet effet à investir davantage dans les infrastructures et l’essor économique du continent. 

Enfin, le délégué chinois a estimé que les opérations de maintien de la paix de l’ONU devaient davantage respecter la souveraineté des pays hôtes, avoir des mandats plus précis et faire évoluer leurs priorités en fonction de la situation sur le terrain.  « Il faut régler les problèmes africains de manière africaine », a conclu le représentant.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a rappelé que son pays participe aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies sur le continent africain par la présence de soldats, d’observateurs militaires et de personnel civil, et ce, dans cinq missions.  Il a noté qu’au fil des années, les Nations Unies avaient tissé des alliances stratégiques avec l’Union africaine et plusieurs organisations sous-régionales du continent.  Il a dit reconnaître les progrès réalisés par les pays africains et le leadership dont ils savent faire preuve, estimant qu’ils avaient su créer « un cercle vertueux de coopération et de synergies positives ».

Le Pérou salue le rôle joué par l’UA, depuis sa création en 2002, dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité sur le continent.  Il se félicite du Cadre commun signé le 19 avril pour renforcer la coopération entre l’ONU et l’UA en matière de sécurité.  Il juge importante la volonté affichée par le Conseil de sécurité de soutenir les efforts africains de lutte contre les groupes radicaux, comme l’a encore montré l’adoption de la résolution 2359 (2017) relative à la Force conjointe du G5 Sahel.  Le représentant a d’ailleurs estimé que des mesures de même nature pourraient être reproduites pour d’autres régions du continent.

La création ou le renouvèlement d’opérations de maintien de la paix représentent des occasions  d’associer les pays africains et les organisations régionales et sous-régionales, a estimé le représentant.  Ces occasions doivent être analysées consciencieusement et l’association doit être accompagnée des ressources nécessaires.  Dans la mesure où la paix et le développement sont directement liés, la communauté internationale doit renforcer les capacités des États africains pour leur permettre de faire face aux menaces à la sécurité sur le continent et rendre la paix possible, a-t-il argué.

Enfin, il a appelé les organisations et États africains à assumer davantage de responsabilités en matière de paix et de sécurité sur le continent.  Ce ne sera possible que grâce à une coopération étroite entre le Conseil de sécurité, les agences du système des Nations Unies et les instances régionales et sous-régionales africaines, ce qui permettra d’utiliser les avantages comparatifs de chaque acteur à partir d’une bonne compréhension des menaces et des spécificités du terrain, a conclu le représentant.

M. MAURO VIEIRA (Brésil) a rappelé que son pays contribuait actuellement aux effectifs de sept missions de maintien de la paix.  En sa capacité de Président de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix, le Brésil attache une grande importance à la coopération avec les institutions africaines, en particulier l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Il a ajouté que l’armée brésilienne était impliquée dans des projets de partenariat triangulaire pour l’entraînement des techniciens militaires africains devant être déployés dans les opérations de maintien de la paix.  En Namibie, a-t-il précisé, la marine brésilienne a entraîné plus de 2 000 hommes de la marine namibienne.  À Cabo Verde depuis 2013 et Sao Tomé depuis 2015, le Brésil envoie des missions navales dans le but d’identifier des opportunités de coopération avec ces pays.

M. Vieira a aussi mis l’accent sur le potentiel de la zone de paix et de coopération de l’Atlantique Sud (ZPCAS) à laquelle participent 24 pays, y compris tous les pays situés sur la côte de l’Afrique de l’Ouest, allant de Cabo Verde au Sénégal et jusqu’à l’Afrique du Sud.  Il s’est félicité des progrès réalisés depuis 15 ans en matière de coopération dans le domaine de la paix et de la sécurité entre l’ONU et l’UA.  Il a salué tout particulièrement l’adoption de la résolution 2330 (2016) et la mise en œuvre du Cadre commun pour un partenariat renforcé dans ce domaine entre les deux organisations.

Mme MALEEHA LODHI (Pakistan) s’est félicitée du dialogue de plus en plus étroit entre le Conseil de sécurité et l’UA –et en particulier son Conseil de paix et de sécurité- pour apporter une réponse plus efficace aux questions relatives à la paix et la sécurité en Afrique.  Le Pakistan estime qu’il faut un partenariat stratégique entre l’ONU et l’UA, fondé sur les avantages comparatifs respectifs, le partage du fardeau et un processus de décision consultatif, comme l’a d’ailleurs reconnu le Conseil de sécurité dans sa résolution 2320 (2016).  S’il est poursuivi objectivement, un tel dialogue contribuera à renforcer les capacités africaines dans les domaines de la paix et de la sécurité, a estimé la représentante.

Mme Lodhi a invité le Conseil de sécurité à investir davantage de ressources dans le renforcement des capacités de maintien de la paix de l’UA et dans le financement de ces capacités, notamment en ce qui concerne les opérations de maintien de la paix mandatées par le Conseil lui-même.  Un tel soutien doit être souple, durable et prévisible, a précisé la représentante.  Le Pakistan se félicite également de la signature du Cadre commun entre l’ONU et l’UA dans ce domaine.

Le Pakistan, qui compte parmi les principaux pays fournisseurs de contingents aux opérations de maintien de la paix, a contribué à de nombreux succès en Afrique, a poursuivi Mme Lodhi, qui a regretté que la voix de son pays ne soit pas sollicitée ou pas entendue quand des décisions importantes sont prises concernant de nouveaux déploiements ou lors de la définition de nouveaux mandats et de stratégies relevant de la coopération régionale et trilatérale.  « Cette culture de croisement doit changer », a-t-elle demandé, avant de mettre en garde que les réductions du budget des opérations de maintien de la paix ne pouvaient que saper les efforts de paix en Afrique.

M. JOÃO PEDRO VALE DE ALMEIDA, Chef de la délégation de l’Union européenne, a déclaré que le rapport du Secrétaire général du 26 mai 2017 sur les options pour autoriser ou soutenir des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine et la mise à jour y relative de l’UA sont de belles démonstrations du renforcement de la coopération et de la coordination entre l’ONU et l’UA.  Il a précisé que l’Union européenne (UE) coopérait déjà avec l’ONU dans le cadre de toutes les missions communes de sécurité et de défense de l’UE.  Il a précisé que ces deux organisations travaillaient à la programmation conjointe et la coordination des mécanismes de soutien à la réforme du secteur de la sécurité et de l’état de droit en République centrafricaine, ainsi qu’à des projets pilotes au Mali et en Somalie.

Notant que le rapport du Secrétaire général appelle à mettre l’accent sur les domaines des droits de l’homme et de la discipline, le représentant a fait part des efforts de l’UA pour mettre en place des mécanismes effectifs de respect des droits de l’homme dans toutes ses missions.  Il a souhaité des progrès dans la mise en œuvre et le respect de normes conjointes en matière non seulement de rédaction de rapports et de redevabilité, mais aussi de protection.  Soulignant l’importance de la diversification des sources de financement, il s’est félicité de la décision prise lors du Sommet de l’UA, à Kigali, en juillet 2016, de financer le Fonds pour la paix de l’UA.  Il a aussi salué le développement significatif que constitue l’engagement de l’UA de financer 25% du budget de ses opérations de paix d’ici à 2020.  Le cinquième Sommet conjoint UA-UE, qui se tiendra à Abidjan les 29 et 30 novembre 2017, sera une occasion importante pour tirer parti de toutes ces évolutions, a-t-il dit en concluant. 

M. MOHAMMED BESSEDIK (Algérie) a rappelé que le Président algérien, M. Abdelaziz Bouteflika, avait présenté, en tant que Coordonnateur de l’UA pour la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, un mémorandum pour la Stratégie africaine de lutte contre le terrorisme, lors du dernier Sommet de l’UA.  Ce mémorandum, qui servira de feuille de route à l’organisation pour lutter contre le fléau terroriste, a été adopté à l’unanimité par les chefs d’État et de gouvernement des 55 pays de l’UA, a salué le représentant, ajoutant que cette adoption témoignait de la contribution de l’Algérie à la paix et à la sécurité en Afrique.

« Il faut trouver des solutions africaines durables aux problèmes africains », a par ailleurs déclaré le représentant, tout en précisant que beaucoup d’initiatives et d’engagements pris par les 55 États de l’UA allaient dans ce sens.  Dans ce monde interconnecté, la contribution de l’Algérie à la paix en Afrique est aussi une contribution à la paix mondiale, a-t-il fait remarquer.

Le délégué s’est par ailleurs félicité de la signature du Cadre commun ONU-Union africaine pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité, qui témoigne de la volonté des deux organisations de renforcer leur coopération et de la rendre plus « durable, prévisible et systématique ».

En mai dernier, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a adopté une décision concernant les opérations de paix mandatées par l’UA avec l’autorisation des Nations Unies, a-t-il rappelé en précisant que le texte demande la mise en place d’un cadre détaillant les étapes nécessaires pour l’autorisation par le Conseil d’opérations de paix de l’UA financées par les contributions des États Membres au budget de l’ONU.

Par ailleurs, le représentant a également estimé que l’Afrique méritait un siège de membre permanent au Conseil de sécurité, compte tenu des réalités géopolitiques actuelles.

M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie), qui a déclaré que son pays avait été « avec l’Afrique depuis le début », a mentionné sa coopération avec le continent, y compris dans le cadre de la coopération Sud-Sud ou triangulaire pour le renforcement des capacités techniques.  Le développement de l’Afrique ne doit pas nuire à l’Afrique, a poursuivi le représentant, qui a affirmé la disponibilité de son pays, de manière bilatérale ou dans le cadre de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), à jouer un rôle plus important pour appuyer les efforts de paix sur le continent.

Ceci se fera en sus des contributions de l’Indonésie aux opérations de maintien de la paix en Afrique, qui représentent 1 550 militaires et policiers présents dans huit missions, a précisé M. Djani.  L’Indonésie, a-t-il ajouté, appuie l’Agenda 2063 de l’Afrique et son pilier qui vise une « Afrique libérée des conflits ».  Il a vu dans l’engagement de l’UA à financer, d’ici à 2020, 25% des opérations de paix un autre signe concret de la détermination de l’organisation à construire une paix durable.

Toutefois, il est impossible de traiter de tous les défis à la paix et la sécurité internationales en Afrique sans des financements prévisibles et adéquats, a poursuivi M. Djani.  On ne peut traiter du renforcement des capacités africaines dans les domaines de la paix et de la sécurité sans traiter de la manière dont un appui politique et financier peut lui être apporté, a-t-il insisté.  L’Indonésie se félicite des références à cette question qui figurent dans la résolution 2320 (2016) et dans le rapport du Secrétaire général.  Elle soutient en outre pleinement le Cadre commun signé le 19 avril et juge essentiel que toutes les entités des Nations Unies, de même que leurs États Membres, jouent leur rôle pour en assurer le succès.  

M. GÜVEN BEGEÇ (Turquie) a salué la volonté du Conseil de sécurité de renforcer la coopération entre l’ONU et l’UA et s’est félicité à ce titre de la conclusion du Cadre commun ONU-Union africaine pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité.  Tout en exprimant son attachement au principe d’appropriation régionale, à savoir de « mettre en place des solutions africaines aux problèmes africains », il a rappelé que son pays était très impliqué dans la paix en Afrique.  En effet, la Turquie a alloué 4 millions de dollars à l’AMISOM et mène depuis 2014 un projet à grande échelle à Mogadiscio pour reconstruire et former l’armée somalienne.

La prévention des conflits doit également être privilégiée, a estimé le représentant turc, précisant que son pays coopérait avec l’UA pour réaliser des projets dans les domaines du commerce, du développement rural, de l’état de droit, des infrastructures, de la santé et de l’éducation.

M. SVEN JÜRGENSON (Estonie) a salué la signature en avril 2017 du Cadre commun pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité entre l’UA et l’ONU.  Il s’est aussi félicité de la décision de l’UA de financer 25% des budgets des opérations de paix africaines et d’opérationnaliser le Fonds pour la paix de l’UA.  Il a considéré comme une évolution majeure la Feuille de route africaine sur les mesures pratiques visant à faire taire les armes en Afrique d’ici à 2020.

Mais pour faire taire les armes, a-t-il ajouté, il faut s’attaquer aux racines des conflits.  Dans ce contexte, il a appelé à identifier les déficits démocratiques et les faiblesses de gouvernance en rappelant les liens intrinsèques entre gouvernance, paix et sécurité.  Il a précisé que l’Estonie souhaite participer à ces efforts en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, position pour laquelle son pays s’est porté candidat pour la période 2020-2021.

M. ANDREW DOYLE, Ministre d’État chargé de l’alimentation, de la forêt et de l’agriculture de l’Irlande, a estimé que les fondations pour un partenariat renforcé entre l’ONU et l’UA avaient été bien établies.  Les trois examens de 2015 sur les questions de paix et de sécurité ont démontré la nécessité d’un partenariat plus approfondi.  Le Conseil de sécurité a traité de la question durant les deux années écoulées, que ce soit à l’occasion du renouvèlement de mandats d’opérations de maintien de la paix ou d’initiatives thématiques plus larges, comme la résolution 2320 (2016).  En outre, deux accords majeurs adoptés par l’ensemble des États Membres –le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et les résolutions sur la pérennisation de la paix-, nous appellent tous à rechercher des partenariats comme éléments essentiels de notre action, a-t-il souligné. 

« Ce qu’il faut désormais, c’est agir », a déclaré le Ministre.  Il faut nous assurer que le partenariat ONU-UA soit transcrit au niveau opérationnel, au quotidien.  Pour M. Doyle, dans les domaines de la paix et la sécurité, la coopération entre la communauté internationale et l’Afrique existe déjà, comme on peut le voir dans l’engagement existant entre l’opération de paix de l’UA et la mission politique spéciale des Nations Unies en Somalie, dans la mission conjointe au Darfour et dans les efforts de la Commission de consolidation de la paix pour établir des liens plus étroits avec l’UA.

Il faut toutefois aller au-delà, a poursuivi le Ministre, qui a estimé que le travail du Dispositif de paix pour l’Afrique de l’Union européenne pourrait jouer un rôle utile.  M. Doyle a par ailleurs estimé qu’il fallait explorer les options de financement des opérations de paix de l’UA, ce domaine devant à son avis être réformé.  À cet égard, le rapport du Secrétaire général constitue un premier pas, a dit le Ministre avant de poser une question plus large: « Comment la communauté internationale peut-elle appuyer au mieux l’Afrique afin qu’elle puisse mieux financer ses opérations de paix? »  Ni le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ni l’Agenda 2063 de l’UA n’établissent de liens directs mais, s’ils sont mis en œuvre, ils pourront aider l’Afrique à financer elle-même ses opérations de paix, selon lui.  L’UA pourra ainsi, à long terme, dépasser son seuil de financement de 25%.  En outre, « si nous investissons en faveur du développement de l’Afrique, nous contribuerons à supprimer les causes profondes des conflits » et « le continent aura davantage les moyens de financer ses opérations de paix » qui, d’ailleurs, seront moins nécessaires, a estimé le ministre.

M. Doyle a également relevé que le rapport du Secrétaire général insistait sur l’importance du respect de certaines normes, particulièrement dans les domaines des droits de l’homme, du comportement et de la discipline.  Il existe des préoccupations graves concernant toutes les opérations de paix et, en tant que pays fournisseur de contingents, l’Irlande les prend très au sérieux, a poursuivi le Ministre, qui s’est félicité des efforts en cours au sein de l’UA pour mettre en place des mécanismes efficaces visant à faire respecter les droits de l’homme dans ses missions de paix.

Tout en reconnaissant l’importance des « engagements formels » entre l’UA et l’ONU, Mme FELICITY ROXBURGH (Nouvelle-Zélande) a estimé que c’était avant tout à travers les « engagements informels », à savoir des « échanges réguliers, spontanés et constructifs » sur des sujets spécifiques, que les deux organisation pourraient parvenir à une « meilleure compréhension des différentes perspectives », une « plus grande unité au niveau des objectifs » et, en définitive, un « partenariat amélioré ».  De manière générale, a-t-elle estimé, « nous avons besoin de plus de coopération, via davantage de missions conjointes, d’échanges d’informations et de formations ».

En second lieu, nous devons régler la question du financement des opérations de soutien à la paix menées par l’UA, a déclaré la représentante, afin de rendre ce financement plus prévisible.  À cette fin, elle a appuyé les propositions de l’UA appelant à ce que l’ONU finance à hauteur de 25% les opérations de paix en Afrique.  Elle a également souscrit à la possibilité, dans certains cas, de financer ces opérations de l’UA au moyen des contributions des États Membres au budget ordinaire de l’Organisation.  Par ailleurs, la représentante néo-zélandaise a appuyé la proposition du Secrétaire général pour la mise en place de budgets de développement conjoints UA-ONU.

M. SYED AKBARUDDIN (Inde) a rappelé que les organisations régionales et sous-régionales bénéficiaient souvent d’avantages comparatifs, comme la connaissance du terrain et de la langue.  Toutefois, « la question du renforcement des capacités et des contraintes budgétaires est bien réelle ».  Il existe aux termes de la Charte une responsabilité collective des États Membres concernant la paix et la sécurité internationales, a rappelé le représentant.  Or, l’Inde considère que, malgré l’importance des déploiements, les résultats atteints en matière de maintien de la paix sont mitigés.  Il faut donc en tirer des enseignements.

L’Inde, qui a participé à la plupart des opérations de maintien de la paix en Afrique, est disposée à coopérer, a assuré le représentant en expliquant que son pays s’était toujours concentré sur le renforcement des capacités, notamment humaines, des pays africains.  Les contingents de l’Inde contribuent notamment à la promotion des femmes, comme cela a été le cas avec une unité militaire indienne exclusivement constituée de femmes au sein de la Mission des Nations Unies au Libéria.

L’Inde regrette par ailleurs qu’il n’existe actuellement pas d’accord sur une augmentation du financement de la Commission de consolidation de la paix (CCP), alors que l’examen de l’architecture de paix et de sécurité entrepris l’an dernier a défini le concept de pérennisation de la paix et appelé à doter la CCP de moyens plus importants.  Pour M. Akbaruddin, c’est d’autant plus déplorable que l’adoption du Programme 2030 comme celle de l’Agenda 2063 mettent l’accent sur le lien entre le développement durable et la paix.

Le représentant s’est également montré très préoccupé par l’expansion des groupes terroristes en Afrique qui représentent une menace pour la communauté internationale dans son ensemble.  Voulant une action plus forte, il a vu l’Union africaine comme un véritable partenaire pour l’ONU dans la lutte contre le terrorisme.  La question est dès lors de savoir si le Conseil de sécurité est disposé à faire les efforts nécessaires pour changer la donne, a conclu M. Akbaruddin.  

M. JUERGEN SCHULZ (Allemagne) a salué l’initiative du G5 Sahel visant à déployer une Force conjointe, les progrès réalisés par l’UA dans le développement et la mise en œuvre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité, ainsi que la signature, en avril 2017, d’un Cadre commun UA-ONU.  Le représentant a également appuyé l’initiative africaine visant à augmenter la part d’autofinancement des opérations de paix de l’UA et élargir l’assiette du Fonds pour la paix.  « Mais il est clair que pour renforcer ce partenariat nous aurons besoin de déployer des efforts des deux côtés », a déclaré le représentant, tout en réaffirmant la volonté de l’Allemagne d’accompagner ces différents efforts.

M. IB PETERSEN (Danemark), qui s’exprimait aussi au nom des autres pays nordiques (Finlande, Islande, Norvège, Suède), a estimé que les pays africains assumaient leur part de responsabilité face aux menaces du terrorisme, de la radicalisation et de l’instabilité, en lien avec leurs partenaires dont les pays nordiques.  Saluant ces efforts, le représentant a estimé que la coopération renforcée en matière de paix et de sécurité entre l’UA et l’ONU était la clef pour mieux faire face aux défis.  La prochaine étape est de fournir un appui prévisible et durable aux opérations de l’Union africaine, a-t-il ajouté.

Le rapport du Secrétaire général du 26 mai expose des options utiles pour cet appui et pour la prise de décisions communes, a rappelé M. Petersen qui a souhaité que le Conseil de sécurité donne son consentement à l’utilisation, au cas par cas, des contributions évaluées par l’ONU pour financer les missions de soutien de la paix de l’UA mandatées par le Conseil.  Il faudra également une implication étroite de l’ONU, comme souligné dans le rapport du Secrétaire général, a-t-il précisé. 

M. MACHARIA KAMAU (Kenya) a indiqué soutenir la coopération et les partenariats entre l’UA et l’ONU sur les questions de paix et sécurité en Afrique, une coopération ancrée dans la Déclaration d’Addis-Abeba de 2006.  Il a énuméré les différentes entités dont la création a découlé de cette déclaration, telle que l’Équipe spéciale conjointe ONU-UA chargée des questions de paix et de sécurité.  Il s’est félicité de voir les deux organisations se coordonner, plus que jamais, dans la réponse aux défis changeants à la paix et à la sécurité sur le continent.  Il reste cependant beaucoup à faire dans ce domaine, a-t-il tempéré.

M. Kamau a plaidé en faveur d’une architecture africaine de paix et de sécurité bien financée, arguant que c’est nécessaire sur le plan stratégique.  À son avis, les quatre options de financement proposées par le Secrétaire général constituent une base solide pour approfondir les relations entre les deux organisations dans ce domaine.  Il a exhorté le Conseil de sécurité à entériner ces solutions et à prendre les mesures nécessaires pour financer au mieux les opérations de paix de l’UA, appelant à examiner les possibilités qui rendraient ce financement prévisible et fiable.

Le représentant a ensuite invité à faire le lien entre sécurité et développement, prônant une coopération internationale qui permette d’atteindre les objectifs de développement durable.  Il a salué plusieurs initiatives telles que celle, chinoise, appelée « One Belt, One Road », portant sur les infrastructures, et, celle intitulée « Power Africa », des États-Unis, qui promeut les énergies propres et renouvelables.

M. NEVILLE MELVIN GERTZE (Namibie) a souhaité que l’UA et l’ONU exposent clairement les grandes lignes de leurs rôles en fonction de leurs avantages comparatifs.  Le partenariat entre les deux organisations ne peut cependant pas se substituer à l’appropriation par l’Afrique de ses propres défis, a-t-il tenu à préciser, estimant « pragmatique et juste » de rechercher les visions africaines de résolution et de prévention des conflits par des réunions formelles et informelles entre les deux organisations.  Le représentant a aussi souligné le rôle important des arrangements régionaux et sous-régionaux en matière de promotion de la paix et de la sécurité, ainsi que pour le développement économique et social. 

La Feuille de route pour la paix et la sécurité de l’Afrique pour la période 2016-2020 demeure également essentielle pour la légitimité et l’efficacité sur le terrain, a-t-il poursuivi.  Afin de rendre encore plus efficace cette architecture de paix africaine dans les circonstances économiques difficiles actuelles, il a jugé important d’utiliser le plein potentiel de l’expertise et des connaissances disponibles sur le terrain et au niveau régional.  Les actions entreprises doivent se faire sur la base des programmes africains déjà développés dans des forums de haut niveau, a-t-il ajouté. 

M. STEPHANE OJEDA, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a rappelé que le CICR, qui consacre 40% de ses ressources à l’Afrique, se concentre sur le renforcement du respect du droit international humanitaire sur le continent et sur le soutien aux services de base, deux éléments qui doivent rendre possible le développement de l’Afrique.

Il ne peut en effet y avoir de paix sans un plus grand respect pour le droit international humanitaire, a averti M. Ojeda, qui a jugé essentiel de faire changer de comportement les nombreuses parties aux conflits sur le continent.  Le CICR plaide et travaille en ce sens auprès de ses nombreux partenaires africains, a-t-il assuré, notant que « les progrès sont nets » au sein des forces armées africaines comme dans l’engagement de l’UA et de ses États membres à respecter des normes de plus haut niveau lors des opérations de paix.  Il est toutefois toujours difficile de mettre en œuvre de telles politiques dans un environnement opérationnel, a poursuivi le représentant.  L’Afrique et ses partenaires militaires doivent donc coopérer de manière permanente pour assurer le respect du droit international humanitaire sur le terrain.

La fourniture de services sociaux de base tels que l’accès à l’eau, l’assainissement, l’énergie ou l’éducation est en outre essentielle au développement de l’Afrique, a déclaré M. Ojeda en rappelant que les écoles et autres infrastructures doivent être épargnées lors des conflits.  Là encore, le CICR travaille constamment avec les autorités africaines pour garantir cette protection et la fourniture continue des services de base à la population.

M. HAHN CHOONGHEE (République de Corée) a rappelé que les opérations de maintien de la paix de l’ONU en Afrique consomment la plus grande partie du budget de ces opérations et emploient le plus grand nombre de personnels en mission.  Il a souligné en même temps le renforcement des partenariats stratégiques entre l’ONU et l’UA, une coopération qui est reconnue comme un modèle d’arrangement régional selon le Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies.  L’UA est en outre vue de plus en plus comme un « sauveteur », qui intervient en premier dans les crises sur le continent avant que l’ONU ne prenne le relai, comme cela a été le cas avec le Burundi, le Soudan, le Mali et la République centrafricaine.   

Il apparaît cependant que l’ONU ne peut pas répondre seule aux multiples défis, a remarqué le représentant en voyant la nécessité pour l’Organisation de travailler avec toutes les parties prenantes.  Dans cette optique, il a recommandé à l’ONU de respecter l’appropriation du maintien de la paix sur le continent par les pays africains lorsqu’elle aide à renforcer les capacités de l’UA et des organisations sous-régionales.  Il a souligné que l’UA avait prouvé son efficacité et son engagement à financer ses opérations de maintien de la paix.  Si les partenaires africains doivent prendre la direction de la promotion de la paix, la communauté internationale doit cependant apporter des ressources prévisibles et durables, a-t-il ajouté avant de citer l’aide en ce sens que fournit son pays.

Autre recommandation de la République de Corée: « nous devons suivre une approche complète et intégrée pour atteindre une paix et un développement durables en Afrique ».  Il faut, pour cela, mieux coordonner les activités des différents acteurs –UA, Banque africaine de développement, Banque mondiale, sociétés civiles– et des secteurs privé et public.  C’est là que la Commission de consolidation de la paix (CCP) joue un rôle important, a noté le représentant en rappelant que son pays, qui assure la présidence de cet organe cette année, a œuvré pour aider la Gambie et les pays du Sahel à consolider la paix.  La CCP a renforcé son partenariat avec les institutions financières et notamment la Banque mondiale, a-t-il indiqué.

Enfin, le représentant a appelé à mieux écouter les voix et les doléances des communautés locales, arguant que ce sont les habitants des zones rurales qui souffrent le plus de l’instabilité causée par l’extrémisme violent et les groupes armés.  Il a donc encouragé l’ONU à renforcer ses engagements stratégiques avec ces communautés.

Certes, selon la Charte des Nations Unies, la principale responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité internationales incombe en premier lieu au Conseil de sécurité, a déclaré M. EPHRAIM LESHALA MMINELE (Afrique du Sud).  Cependant, ce sont souvent les organisations régionales, telles que l’UA, qui sont les premières à répondre en cas de conflit et à déployer des forces de manière précoce pour stabiliser les conflits et créer un environnement plus favorable au déploiement des opérations de maintien de la paix de l’ONU.  « Ce n’est pas un accident », a-t-il dit, expliquant que les organisations régionales étaient souvent mieux positionnées pour comprendre l’origine des conflits armés, en raison de leur connaissance étendue des réalités régionales.  De plus, a-t-il dit, ces organisations régionales ont souvent une volonté plus importante de résoudre les conflits, afin d’éviter que leur propre région ne soit déstabilisée.

Il est donc impératif, a estimé le représentant, que l’ONU et l’UA travaillent plus étroitement pour faire régner la paix sur le continent africain.  Cela implique, a-t-il poursuivi, non seulement de collaborer dans le cadre des missions de maintien de la paix, mais également de développer les capacités de l’UA en matière de médiation et de rétablissement de la paix.

Par ailleurs, le représentant a estimé que le financement des opérations de paix de l’UA était l’un des plus gros défis à la paix sur le continent.  Ces opérations, lorsqu’elles sont autorisées par le Conseil, doivent être financées correctement et dotées des ressources adéquates, a-t-il estimé, appelant l’ONU à financer ces opérations au moyen des contributions des États Membres au budget ordinaire de l’Organisation, et ce, afin de parvenir à un financement « prévisible, durable et souple ».  Le délégué a également appelé à faire en sorte que la coopération entre l’ONU et l’UA ne se cantonne pas aux périodes de conflits, mais s’étende à la consolidation de la paix, à la reconstruction après les conflits et au développement.

M. MARC PECSTEEN DE BUYTSWERVE (Belgique) a fait remarquer l’importance du Cadre commun ONU-UA pour le partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité, en soulignant deux de ses aspects: la médiation et la jeunesse.  Il a estimé que l’ONU devrait soutenir la médiation régionale par des financements ou un renforcement des capacités.  Il a observé que les organisations régionales apportent leur connaissance et leur expertise locales, tandis que l’ONU offre sa neutralité, son autorité et des normes universelles.  La Belgique poursuivra le débat sur la médiation efficace et organisera dans les prochains mois un événement sur la médiation en Afrique.

Le représentant a ensuite rappelé qu’investir dans la jeunesse était le thème choisi par l’UA cette année, étant donné l’importance d’investir de façon continue dans les jeunes et les enfants pendant un conflit pour éviter une « génération perdue » à l’issue du conflit.

Pour le représentant, le niveau d’ambition élevé du partenariat ONU-UA doit se traduire par des progrès opérationnels sur le terrain, dans la mesure du possible en s’appuyant sur les leçons apprises pour continuer à améliorer le partenariat.  M. Pecsteen de Buytswerve a voulu que l’on saisisse l’occasion de la création de la Force conjointe du G5 Sahel pour avancer concrètement dans l’établissement d’un cadre d’action commune en ce qui concerne la planification, les opérations, les rapports et le suivi, comme envisagé dans le rapport du Secrétaire général.  

« Nous pensons qu’il est crucial d’appuyer efficacement les travaux de l’Union africaine et des communautés économiques régionales, aux côtés des efforts menés aux niveaux national et communautaire », a déclaré M. ÁLVARO MENDONÇA E MOURA (Portugal) en invitant en outre à envisager de nouvelles dynamiques de coopération entre l’ONU et l’UA.  Il s’est par conséquent félicité des mesures prises dans ce sens, y compris l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2320 (2016) et la signature, en avril 2017, d’un nouveau Cadre commun ONU-UA.

Au titre de son engagement en faveur de la paix et la sécurité en Afrique, le représentant a rappelé que son pays participait aux opérations en cours au Mali, dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), et en République centrafricaine, dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).

Le représentant a par ailleurs jugé insuffisant le niveau actuel de soutien international aux programmes multinationaux de paix et sécurité menés par l’UA.  « Nous allons devoir diversifier les sources de financement », a-t-il affirmé, tout en voyant la création du Fonds pour la paix comme « un pas dans la bonne direction ».  Il a également salué les différentes options de financement des opérations de paix de l’UA autorisées par le Conseil présentées dans les rapports du Secrétaire général et du docteur Kaberuka.  Il a plaidé pour que ces nouvelles modalités de financement soient prévisibles et durables, sans toutefois que cela se traduise par une diminution du financement du développement de l’Afrique. 

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) s’est félicité de la coopération entre les Nations Unies et l’Afrique et des avancées obtenues par les opérations de paix de l’UA, en suivant l’idée « à problème africain, solution africaine ».  L’adoption de la résolution 2320 (2016), les décisions de l’UA concernant le financement de ses opérations de paix et la signature du Cadre commun renforcent le partenariat, tout en permettant de trouver des modalités de financement plus souples, a estimé la représentant. 

Le Bangladesh souligne notamment l’importance du renforcement des capacités d’analyse et d’évaluation conjointe.  Il estime aussi que les propositions du Secrétaire général pour le financement des opérations de paix de l’Union africaine permettraient de lever une partie des incertitudes liées aux fonds de contributions volontaires.  Il espère à ce sujet des décisions concrètes du Conseil de sécurité avant la fin de l’année.  Le Bangladesh rappelle en outre que le mandat des opérations de maintien de la paix existantes ne devrait pas, au motif de la lutte contre le terrorisme, être élargi d’une manière qui mette en danger la vie du personnel des missions.

Au nom du Mouvement des pays non alignés, M. HENRY ALFREDO SUÁREZ MORENO (Venezuela) a déclaré qu’il n’y avait « pas de paix sans développement, ni de développement sans paix ».  Il a rappelé l’importance des synergies entre les initiatives régionales et sous-régionales pour que les mesures visant la paix et le développement soient complémentaires.  Tout en saluant la volonté réciproque de l’ONU et de l’UA de renforcer leur partenariat stratégique, le représentant appelé le Conseil à tenir davantage compte du fait que l’UA bénéficie d’une « autorité politique reconnue » dans sa région et d’une « expérience prouvée dans le règlement pacifique des différends ».  S’il s’est félicité de la signature du Cadre commun ONU-UA, en avril 2017, le représentant a également souligné l’importance de trouver des solutions pour parvenir à un financement « prévisible et durable » des opérations de paix de l’UA, ainsi que pour développer les capacités logistiques et humaines de l’organisation régionale.

Mme LISE H.J. GREGOIRE-VAN-HAAREN (Pays-Bas) a salué les progrès réalisés dans le partenariat entre les Nations Unies et l’Union africaine depuis l’adoption de la résolution 2320 (2016), dont témoigne la signature en avril du Cadre commun.  Pour la représentante, le rapport du Secrétaire général fait des propositions intéressantes pour le débat d’aujourd’hui.  Il met aussi l’accent sur les questions de respect des droits de l’homme, de conduite et de discipline au sein des opérations de paix de l’Union africaine. 

Les Pays-Bas reconnaissent les efforts faits par l’UA, pour améliorer l’autofinancement de ses opérations de paix.  Ces mesures sont indispensables pour que l’UA puisse traiter des divers aspects de son partenariat avec les Nations Unies, qui suppose de travailler en conformité avec les normes de l’Organisation.  Les Pays-Bas appuient également une coopération accrue entre les Nations Unies, l’Union africaine et l’Union européenne.

La représentante a dit être favorable à une coopération plus institutionnalisée.  Elle a appuyé les propositions du Secrétaire général concernant l’autorisation et le soutien aux opérations de paix de l’UA.  En même temps, a-t-elle remarqué, les opérations de paix ne sont qu’une composante d’une approche plus intégrée et plus large, à tous les stades du conflit.  Il faut donc également s’attaquer aux causes profondes des conflits afin de pérenniser la paix, ce qui suppose la coopération de tous les organes des Nations Unies.  La résolution 2320 et le rapport du Secrétaire général sont à cet égard des jalons importants, selon la représentante.

La paix est une condition préalable au développement, a déclaré M. MANSOUR AYYAD SH A ALOTAIBI (Koweït), estimant que les États africains étaient souvent pris dans le cercle vicieux de l’instabilité et du chômage.  Le représentant a appelé à renforcer la coopération entre l’ONU et l’UA, qui doit selon lui se baser sur des « consultations fréquentes », un « partage du fardeau », des « analyses conjointes », la « transparence » et le « partage des responsabilités ».  Il a en outre appelé à développer la coopération entre l’Afrique et les États arabes.

M. MOHAMMED I. HAIDARA (Nigéria) a rappelé que si la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales incombe au Conseil de sécurité, les acteurs régionaux peuvent alléger son fardeau, ce qui rend plus légitime le multilatéralisme.  La Charte des Nations Unies envisage un monde où l’ONU et les organisations régionales collaborent pour prévenir et gérer les crises, a-t-il rappelé.  Le Nigéria salue ainsi les efforts de l’ONU pour renforcer sa coopération avec l’Afrique, et notamment la signature du Cadre commun pour renforcer le partenariat entre les Nations Unies et l’Union africaine dans le domaine de la paix et la sécurité, cadre qu’il faut désormais mettre en œuvre.

Le représentant a souligné l’importance d’un financement souple, prévisible et durable pour les opérations de paix de l’Union africaine.  L’option d’un budget conjoint pour de telles opérations supposerait des études plus approfondies, mais le Nigéria appuie les quatre options du Secrétaire général et souhaite que le Conseil de sécurité les approuve en principe. 

L’Union africaine (UA) est la mieux placée, « en terme de connaissance et proximité », pour se mobiliser et répondre rapidement aux menaces existantes à la paix et la sécurité sur le continent, a affirmé Mme VALENTINE RUGWABIZA (Rwanda).  Dans ce cadre, la représentante a estimé que la signature du Cadre commun ONU-UA entre le Secrétaire général de l’Organisation et le Président de la Commission de l’Union africaine (UA), en avril 2017, offrait un « cadre nécessaire » pour une « coopération plus étroite et ciblée » entre les deux organisations.  « Il faut maintenant institutionnaliser cette coopération », a-t-elle appelé.

La représentante a en effet estimé qu’il était nécessaire d’organiser des consultations et dialogues réguliers entre l’UA et l’ONU pour aider cette dernière à mieux comprendre le contexte et les causes à l’origine des conflits.  Elle a aussi appelé à investir davantage dans les capacités de l’UA à procéder à des interventions et déploiements rapides, ainsi que dans des mécanismes d’alerte précoce.  « Souvent, dans les situations de conflit, la seule action de prévention crédible est l’action rapide », a-t-elle estimé.

Le financement « prévisible et durable » demeure le défi majeur concernant la capacité de l’UA à intervenir de manière efficace sur le continent, a par ailleurs déclaré la représentante.  Lors de son dernier sommet, a-t-elle rappelé, l’UA a déclaré son intention de financer à hauteur de 25% les opérations de paix placées sous son commandement.  C’est à cette fin que le Fonds pour la paix de l’Union africaine a été créé, a-t-elle ajouté, déclarant que le soutien à ce Fonds, y compris au moyen des contributions des États Membres de l’ONU, permettra d’assurer un financement prévisible pour faire régner la paix en Afrique.

Mme SAADA DAHER HASSAN (Djibouti) a rappelé que l’Afrique concentre 70% des crises actuelles recensées dans le monde et que le Conseil de sécurité lui consacre deux tiers de ses délibérations.  L’Afrique reste fragile face à ces crises, qui sont multiformes.  En même temps, le déploiement de Casques bleus africains, qui forment parfois 50% des effectifs des opérations de maintien de la paix, témoigne de l’engagement du continent, a-t-elle estimé.

La représentante a rappelé que l’Union africaine avait entrepris des réformes majeures, y compris celle de sa Commission, dans la perspective de la mise en œuvre de l’Agenda 2063.  L’Afrique a en outre comme atout ses organisations sous-régionales, qui consacrent beaucoup d’énergie à la détection des crises émergentes et à leur résolution, a rappelé Mme Hassan.  Pour sa part, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine s’est révélé être un partenaire fiable.  Pour la représentante, cela devrait conduire inéluctablement à l’élaboration de stratégies communes, grâce notamment à des évaluations conjointes et des mécanismes de décisions solides fondés sur la consultation et le partage des informations.

La représentante a cité toute une série d’étapes importantes et profitables aux deux organisations, dont la dernière a été la signature du Cadre commun.  Il est toutefois urgent de trouver un terrain propice à plus de synergies et de fournir davantage d’efforts conjoints pour une mobilisation accrue des ressources, a-t-elle dit.

Dans une déclaration très brève, M. CHARLES THEMBANI NTWAAGAE (Botswana) a appelé la communauté internationale à aider les États africains, l’Union africaine (UA) et les communautés régionales économiques de l’Afrique à relever les défis que représentent les conflits, le terrorisme et le trafic illégal d’armes légères et de petit calibre, notamment par un renforcement de la coopération institutionnelle entre l’ONU et l’UA.  L’Afrique a besoin de moyens de financement, d’une assistance technique et d’un renforcement des capacités dans le domaine de la paix et de la sécurité, a-t-il affirmé.

M. ADONIA AYEBARE (Ouganda) a rappelé que la responsabilité première du maintien de la paix et la sécurité internationales repose sur les épaules du Conseil de sécurité des Nations Unies.  Mais comme l’Afrique joue un rôle de plus en plus important dans ce domaine, il faut un partenariat à la hauteur entre l’UA et l’ONU, a-t-il argué.  Il a dit soutenir activement les opérations menées par l’UA et les autres initiatives de paix régionales.  L’Ouganda a été le premier et le plus grand contributeur de troupes dans la Mission de l’UA en Somalie, a-t-il illustré.

Le représentant a également jugé important que l’ONU et son Conseil de sécurité en particulier reconnaissent le rôle critique des mécanismes régionaux en Afrique, en tant que parties intégrantes de l’Architecture africaine de paix et de sécurité.  L’Ouganda joue un rôle de leader dans les efforts de la Communauté de l’Afrique de l’Est pour encourager les parties prenantes burundaises à s’engager sur la voie d’un dialogue inclusif.  L’Ouganda travaille aussi, par le biais de l’IGAD, à résoudre le conflit au Soudan du Sud.

Le représentant a insisté sur la nécessité de mettre pleinement en œuvre l’Accord cadre sur la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région, signé le 24 février 2013, dont l’ONU et l’UA sont les garants.

Il a ensuite fait remarquer les problèmes de financement et de logistique que rencontrent les opérations de la paix de l’UA, comme l’AMISOM, soulignant à cet égard le besoin de ressources prévisibles et durables, par le biais des contributions des États Membres au budget ordinaire de l’ONU.  Il a aussi partagé les vues de ses collègues quant à la nécessité de suivre une approche qui privilégie l’appropriation de l’Afrique pour résoudre les problèmes africains, ce qui implique que le Conseil de sécurité écoute l’Afrique et ses mécanismes régionaux.

M. ISSA KONFOUROU (Mali) a plaidé pour le renforcement des capacités africaines en matière de prévention des conflits.  Il a ensuite souligné l’importance de la coopération régionale et sous-régionale contre les menaces communes, comme le terrorisme, l’extrémisme violent ou la criminalité transnationale organisée.  Il a rappelé à cet égard la création de la Force conjointe du G5 Sahel.  Il a aussi souligné l’importance de la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales africaines, en particulier l’Union africaine.  Il a salué les mesures en cours entre le Secrétariat de l’ONU et la Commission de l’Union africaine.  Le représentant a tenu à souligner l’urgence qu’il y a à travailler à la cohérence et à la coordination indispensables des différentes stratégies et actions de l’ensemble des partenaires bilatéraux et multilatéraux qui interviennent dans la gestion et la résolution des crises sur le continent africain.

Mme HADAS ESTER MEITZAD (Israël), après avoir relevé la prolifération des groupes terroristes en Afrique au cours des dernières années, a comparé le continent avec son pays en ce qu’ils partagent des expériences semblables en termes de sécurité.  Il est donc de l’intérêt d’Israël d’édifier un partenariat solide et durable avec l’Afrique, a-t-elle ajouté.  Elle a mentionné les solutions de lutte antiterroriste qu’a développées Israël pour faire face au Hamas et au Hezbollah, en termes de savoir-faire, technologies, ou encore de recherche et développement, qui sont partagées avec les pays d’Afrique.  La représentante a aussi dit soutenir les partenariats entre l’UA, les groupes régionaux et les nations partenaires en vue d’améliorer la sécurité collective. 

Il n’y aura cependant pas de sécurité sans développement, et vice-versa, a-t-elle fait remarquer.  La représentante a indiqué que le Premier Ministre israélien s’était rendu en Afrique de l’Est l’an dernier pour discuter de ces questions et qu’il avait participé, le mois dernier, à la réunion des chefs d’État de la CEDEAO qui s’est tenue au Libéria.  Elle a expliqué que la coopération d’Israël avec l’Afrique ne couvrait pas seulement la lutte antiterroriste, mais englobait le développement, par l’aide officielle comme avec celle de la société civile.  L’agence israélienne de développement international mène ainsi des programmes en Afrique pour autonomiser les communautés, surtout les jeunes et les femmes.  Celles-ci sont notamment encouragées à s’engager activement dans les domaines de la politique, la consolidation de la paix, la médiation et la résolution des conflits.

M. MICHAEL DOUGLAS GRANT (Canada) a dit que la nouvelle politique d’aide internationale féministe du Canada mettait en évidence l’importance de collaborer avec les gouvernements africains pour faire en sorte que les femmes participent activement à la création de solutions politiques aux conflits violents.  Il s’agit aussi de promouvoir la participation plus intensive et plus significative des femmes dans les opérations de maintien de la paix, de protéger et promouvoir les droits des femmes et des filles, ainsi que de prévenir la violence sexuelle et d’intervenir à cet égard, notamment lorsque les actes d’exploitation et de violences sexuelles sont commis par le personnel de maintien de la paix.  « Nous devons appuyer nos partenaires africains qui s’efforcent de suivre des approches holistiques pour contrer les facteurs favorisant les conflits, en accordant une importance toute particulière au renforcement du pouvoir des femmes et des filles. »

Ensuite, a poursuivi M. Grant, il est crucial de faire davantage pour renforcer les partenariats entre le système de l’ONU, les pays Membres et les organisations régionales africaines et leurs pays membres.  En tant que pays hôte de la Réunion des ministres de la défense des pays participants aux missions de maintien de la paix de l’ONU de 2017, le Canada réunira les pays pour discuter de moyens de renforcer les partenariats afin d’améliorer l’efficacité des opérations de l’ONU.  Il a aussi souhaité promouvoir les efforts visant à améliorer la viabilité des opérations de paix de l’UA.  À cet égard, le Canada interpelle tous les pays pour qu’ils appuient les efforts de l’UA en ce sens, notamment pour mobiliser au mieux les ressources africaines pour financer les opérations et les programmes de la Commission de l’UA, notamment dans le domaine de la paix et de la sécurité. 

M. OMAR HILALE (Maroc) a déclaré que son pays avait accueilli avec satisfaction la signature du Cadre commun ONU-Union africaine en espérant qu’il puisse être mis en œuvre de manière effective.  Selon lui, ce nouvel accord vient couronner les efforts des deux organisations et de leurs États membres, qui « reconnaissent de manière unanime la nécessité de renforcer leur partenariat ». 

Toutefois, « la coopération entre l’ONU et l’UA ne date pas d’hier », a déclaré le représentant, mentionnant les cas de la MINUAD et l’AMISOM.  « Le passage de missions de l’UA à des missions onusiennes au Mali et en République centrafricaine a mis en exergue certaines lacunes des opérations de paix de l’UA », a en outre estimé le représentant, déclarant que ces lacunes étaient principalement liées à un manque de moyens.

Les circonstances actuelles ont démontré les limites de ces types de partenariats, ainsi que l’urgence de les adapter, a poursuivi le délégué marocain.  Il a donc appelé à discuter avant tout des moyens de garantir un financement prévisible, souple et durable pour les opérations de paix de l’UA autorisées par le Conseil.  Ce financement permettra notamment d’accélérer le renforcement des capacités africaines en matière de paix et de sécurité, a-t-il dit.

Les rapports rédigés par les deux organisations à ce sujet ont souligné la nécessité d’accorder aux opérations de paix africaines un financement adéquat, proposant différentes options, a noté le représentant.  Les pays africains, a-t-il ajouté, ont démontré leur volonté de s’engager davantage sur cette voie, en garantissant le financement de 25% de ces opérations de paix d’ici à 2020.  La résolution sur la Force conjointe du G5 Sahel, adoptée récemment par le Conseil, aurait pu fournir une alternative aux formes de soutien existantes, mais les positions africaines n’ont malheureusement pas pu être soutenues, a regretté le représentant.  « L’Afrique attend toujours un signal fort de la part de ses partenaires », a-t-il dit. 

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